[K ■YL.-A%^--^1 A. ^ V' V LIBRARY OF 1685- IQ56 fc '2. P ■Y GF .F ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE DE FRAINCE. Typographie et Lithographie de Félix MALTESTE, et C rue des Deux-Porles-Saint Sauveur, 18. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE DE FRANCE. Nalura miximé mirand» iii miaimii. Deaxléme Série. TOME QUATRIÈME. A PARIS, CHEZ LE TRÉSORIER DE LA SOCIÉTÉ, M. liUCIEM BUQUET, RUE DAVPBIIVE, 35. 1846. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. NOTE MONOGRAPHIQUE ET RECTIFICATIVE sur le genre Taloeporia Zeller. (Solenobia Duponche]. Par M. GUÉNÉE. (Séance du 22 Janvier 1845.) Au nombre des cbenilles décrites et fîgure'es par M. Bruand dans le 2'' N" de nos Annales pour 1844 se trouve celle d'une petite Tinéide qui vit sur les lichens des clô- tures, et dont rhistoire est faite pour intéresser les le'pi- dopte'ristes, puisqu'elle ajoute une nouvelle observation à toutes celles qui ont ëté faites sur le genre curieux au- quel elle appartient. Mais pour qu'elle porte tous ses fruits, il est utile de pi'éciser Tespèce que M. Bruand a nomme'e 2" Série, tome iv. 1 1» 6 ANNALES avec doute Solenobia clathrella, croyant ainsi n'avoir dé- couvert que les premiers e'tats d'un lépidoptère déjà connu , tandis que sa découverte est complète sous tous les rapports. Mon intention, du reste, n'est pas seulement de relever ici la plus pardonnable de toutes les erreurs, au moment surtout où je vais avoir occasion, en publiant mon catalogue des Microlépidoptères, d'en retrouver (et peut-être aussi d'en commettre) une foule de semblables, mais bien de profiter de la circonstance pour jeter quel- que lumière sur le genre curieux auquel cette Tinéide ap- partient, et sur sa place dans la méthode. Ce genre fait partie de la tribu des Psychides, que tous les auteurs ont persisté jusqu'ici à placer à côté des Bom- byx, et que M. Boisduval, dans son dernier Index, n'a pas cru devoir en séparer, tout en reconnaissant l'extrême parenté qu'il a avec les Tinéides sous ses premiers états. Il est très vrai, en effet, que quelques Psyché proprement dites ont une certaine ressemblance avec des Bombyx de la tribu des Liparides, ressemblance qu'augmente encore l'avortement partiel ou total des ailes dans quelques fe- melles de cette tribu. Toutefois, il y a loin de la femelle à ailes incomplètes de la Liparis morio, ou des femelles pres- que aptères, mais ovoïdes et velues, des Orgya gonostignia, in'gotephras, etc., à ces sortes de vers allongés, luisants, à peine pourvus d'antennes et munis d'un oviducte térébri- forme qui constituent invariablement un des sexes de la tribu des Psychides. Si l'on veut d'ailleurs examiner avec soin les insectes parfaits, on verra aussi que quelques- unes des ressemblances qui frappent au premier abord ne sont qu'apparentes. Mais en admettant même quelles soient toutes réelles, on ne pourra certainement s'empê- cher d'en trouver d'au moins aussi frappantes entre les Talœpoiia politella, pseiido-bomhycel/a, etc., et les A delà DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 pilullella, Panzerella et une foule d'autres espèces de ma tribu des Adélides. Ainsi donc, les entomologistes qui se déterminent exclusivement par les caractères des insectes parfaits doivent se trouver dans le plus grand embarras pour placer cette tribu. Quant à ceux qui font compter pour quelque cliose dans la méthode la forme, la manière de vivre et les métamorphoses des chenilles, il me semble difficile qu ils hésitent longtemps. En effet, les chenilles des Psychides qui sont vermiformes, nues et constam- ment abritées dans des fourreaux qu'elles traînent avec elles, se rapprochent autant des Adela , des Incwvaria , des Lampronis, des Psychomorpha etc., qu'elles s'éloi- gnent de celles des Liparis et des Orgya, qui sont cou- vertes de poils et vivent en plein air à la manière des au- tres Bombycides. Maintenant, la place du genre Talœporîa est-elle véri- tablement dans la tribu des Psychides? C'est ce qui me semble incontestable, et la meilleure preuve que je puisse en donner, c'est que ces lépidoptères sont si voisins des Psyché proprement dites sous tous leurs états, que M. Bois- duval n'a pas même jugé à propos de créer un genre sé- paré pour les trois espèces qu'il donne dans son cataloo-ue sous les numéros 627, 628 et 629. Mais cette séparation que notre savant collègue n'a pas voulu effectuer, sans doute faute de matériaux suffisants, Duponchel en a senti la nécessité j aussi a-t-il créé dans son supplément, pag. 197, le genre Soleiwbia, en expli- quant les principaux motifs qui éloignent ce genre des Psyché et le rapprochent au contraire des Jdela. Or, le type de son genre Solenohia{Sol. y4 nderre§gella) est préci- sément, ainsi que je le dirai par la suite, la psenclo- bombycella d'Hubner ou la Psyché n" 627 de M. Bois- 8 ANNALES fluval (1). Au reste, ce nom de Solenohia, quoique expri- mant Lien la manière de vivre des chenilles, ne peut être conserve, parla raison que M. Zeller, dès 1839, avait adopté celui de Talœporia, qui, quoique moins précis, ne manque pourtant pas dans sa signification d'une certaine originalité (2). Les Talœporia passent des yldela aux Psyché par des nuances presque insensibles : elles diffèrent surtout des premières par leurs antennes courtes, toujours plus ou moins ciliées, leurs palpes mieux développés , quoique grêles et hérissés, leur abdomen plus velu, elles ne se l'éunissent point par groupes, et n'ont point comme les Adela ce vol saccadé et comme onduleux que celles-ci aiFectent en dansant pour ainsi dire dans un ra3'0n de so- leil. Elles s'éloignent des secondes par les antennes tou- jours moins pectinées, les ailes toujours glabres, plus opa- ques, plus oblongues ; les palpes, la longueur des pattes, Faspect nullement bombyciforme, etc. ; elles ne s'accro- chent point comme celles-ci aux tiges des graminées -, en- (1) Si je relève ici la contradiction dans laquelle est tombé Du- ponthel, en laissant dans son catalogue définitif le genre Psyché au- près des Bombycides (pag. G5) , tandis qu'il place dans les Tinéides son genre Soienobia , et celle plus étrange encore qui consiste à comprendre parmi les Psyché les pseudo-bombycelta et poUtcUa, puis à donner les mêmes espèces sous d'autres noms dans le genre Soienobia , c'est que je tiens à constater en toute occasion combien est peu sûre dans l'application la méthode qui prétend trouver des caractères suflisanis dans rinsecie parfait, et comment ses plus zélés partisans sont souvent ramenés, pour ainsi dire à leur insu, à la mé- thode naturelle. (2) 2ft)x«v, tuyau, et /Sisç, vie, indique le genre de vie des chenilles. •tAXctiiTUjiU, misère, pauvreté, fait sans doute allusion à la nécessité où la chenille se trouve do composer son vêlement de lambeaux ra- massés ca et là sur les écorces et les lichens. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. fin, elles s'isolent des deux genres, sous leurs premiers étals, par leur nourriture qui consiste exclusivement en lichens, la forme de leurs fourreaux qui sont toujours tu- buleux ou ovoïdes, secs, recouverts de grains de sable ou de bois, mais jamais sacciformes ni protége's par des pail- les juxtaposées ni par des débris de végétaux en nature et imbriqués. La place de la tribu et du genre étant ainsi disculée, j'arrive à faire connaître les espèces de Talœporia qui me sont connues jusqu'ici à moi-même. Quoique le genre soit tout nouveau , la synonymie est déjà compliquée faute d'études suffisantes et nécessite elle-même une élucidation particulière. Je diviserai le genre en deux groupes. Le premier se composera des espèces à antennes simples à l'œil nu, bien qu'elles soient plus ou moins ciliées en réalité. 1 . Celle qui peut être considérée comme type est la Tal. pseudo-bomhycella Hub. Ochsenbeimer, qui ne Ta pas reconnue dans le premier auteur, en a fait sa Psychc glabrella, et Duponchel lui a donné un troisième nom, ce- lui de Solenobia^énderreggella. Sa. descrÏT^tion ne laisse au- cun doute à cet égard , et d'ailleurs je me suis assuré sur l'individu même qw i lui a servi de modèle de leur parfaite identité. 2. Vient ensuite la Tal. politella Ochs., très bien figu- rée et décrite par M. Fischer von Rosi. p. 86, pi. 38, et que cependant Duponchel vient de publier sous le nou- veau nom de Lefehvridla, Sup. p. 375. Même remarque que pour la précédente. 3. Ici se place une espèce que je n'ai point vue en na- ture, mais que , d'après la place que lui assigne M. Bois- duval (Cat. n" 629) , je suppose appartenir à ce genre. 4. Puis une autre que Duponchel noujme iinnorcHa , H) ANNALES Suppl. p. 201, el dont je n'ai vu quun individu, trop mauvais pour que je puisse me prononcer à son e'gard. Il se peut qu elle doive être rapportée à une autre espèce de ce genre. 5. Parlons maintenant de la ve'ri table clathrella, nom imposé d abord par M. Treitschke, et qu'il ne fît pas im- primer parce qu il crut reconnaître dans cette espèce la iriqmtrella d'Hub., qui est en effet une Talœporia, mais figurée sur un individu passé, de telle sorte qu'on ne peut dire si c'est à celle-ci ou à la suivante qu'elle doit être rap- jDorlée. Toutefois, la pzésence de la lunule cellulaire des premières ailes doit faire pencher pour la dernière opi- nion. M. Fischer a donc restitué à celle-ci le nom, alors mort-né, de clathrella, et il a été imité en cela par M. Zeller. C'est aussi cette espèce que Duponchel a reçue de M. Pareyss et publiée sous ce nom. Elle n'a rien de commun avec celle figurée et décrite par M. Bruand. 6. La triquetrella dtlubner 373 lui ressemble extrê- mement et n'en diffère guère que par sa taille, la lunule dont j'ai parlé et la forme de son fourreau. N'ayant point à ma disposition le Magasin entomologique de Ger- mar, je n'ai pu m'assurer si la iriquetrella de Zincken est bien identique avec elle. M. Zeller, et d'après lui M. Pareyss, qui a envoyé cette espèce à Duponchel , ont voulu reconnaître en elle la Tinea lichenclla de Linné, Syst. nat. 452. Rien ne con- ti-arie sans doute cette supposition, puisque Linné dit pour toute description : Tinea fœin. aptera lœi'îs nigraj mais comme il ne parle ni du mâle ni du fourreau, et qu'il ne cite aucun auteur à l'appui de sa description, il en résulte qu'elle peut s'appliquer indifféremment à toutes les espè- ces du genre Talœporia. Je pense donc qu'il vaut mieux renoncer à cette dénomination de lichcTicUa, et la regar- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1 1 der comme non avenue , puisqu'elle n'emporte avec elle aucune idée précise. Le deuxième groupe contient les espèces à antennes visiblement pectinées à Toeil nu. 7. A leur tête il faut mettre la Teigne observée par Réau- mur, tom. m, pag. 183, tab. 15, fig. 1-6-, 17 et 19, etële- vée depuis par Geoffroy (pag. 204, n° 53. Tinea lapi- dum involucro conico recurvo). C'est peut-être de toutes les espèces la plus commune sur les vieux murs et les pierres couvertes de lichens. On Vy rencontre par centaines, et le papillon pénètre jusque dans les appartements, au milieu même de Paris. M. Zeller, qui ne Ta point vue en nature et qui ne la connaît que par les anciens auteurs, lui a donné dans ses notes (Verz. pag. 18'2) le nom éventuel de lapidicella, que nous devons adopter de préférence à ce- lui de pectînclla de Duponchel (Supp. p. 621), d'abord parce qu il est plus ancien , et ensuite parce qu'il existe une Psyché proprement dite nommée pectinella par une foule d'auteurs. 8. Réaumur représente sur la même planche, et Geof- froy mentionne n° 54 une autre Talœporia dont le four- reau est différent, mais qu il est impossible de déterminer d'après les figures grossières et les descriptions incom- plètes de ces deux auteurs. M. Zeller la considère sans doute comme la Psyché lichcuwn de Schranck. Désignons- la sous le nom de petrtlla. 9. Enfin arrive la Tlnéide de M. Bruand, qu'il m'a obligeamment envoyée et qui diffère de toutes les autres par sa couleur foncée et par sa ressemblance apparente avec les Psyché du groupe de nitidella. Je la nommerai tahulella (1). (1) Je dois pourtant convenir que dans le petit groupe des Psyché qui a pour type nitidella, il s'en trouve quelques-unes dont les four- 12 ANNALES 11 est certain que le genre Talœporia ne se borne pas là et que Téducation des c];enilles porte-sac qui vivent sur les vieux murs et les clôtures en bois nous en fournira d'autres espèces et amènera quelques e'claircissements sur celles des anciens auteurs. On ne saux'ait donc trop enga- ger M. Bruand à employer à de nouvelles expériences sur ce sujet son talent de dessinateur et son zèle de natura- liste (1). Voici maintenant les caractères du genre Talœporia Zeller, et une liste des espèces qu'il contient avec une courte phrase diagnostique. Genus TALOEPORIA Zeller. (Hub. Verz.) Gn. — Solenobia DuponcheL Larvae subnuda? , vermiformes , folliculum oblongum nudum val pulvere granoso passini conspersum quamdiu vivunt, gestantes", Lichenibus parietum vel lapidum, ra- reaux se rapprochent un peu pour l'aspect de ceux des Talœporia, et dont par une conséquence toute naturelle les papillons avoisinent aussi ce dernier genre de plus près. M. Bruand, l'auteur de la notice dont j'ai parlé, m'en a communiqué quelques espèces qui sont incon- testablement nouvelles, mais que je ne veux point lui ôter le plaisir de faire connaître lui-même à la société. (1) Je ne suis entré dans aucun détail sur les mœurs de ces espè. ces par la raison qu'elles ont en grande partie été étudiées à fond et qu'elles vivent toutes de la même manière que celle observée par M. Bruand. Je renvoie les lecteurs curieux de connaître les légères dilTérences qui les séparent aux traités précités, et surtout à l'excel- lent ouvrage de M. Fischer, mais plus encore au grand livre qui est à la portée de tous. Presque toutes ces espèces sont en effet commu- nes sous leurs premiers états et s'obtiennent h l'état parfait sans trop de difficulté, grâce à la quantité considérable de chenilles qu'on peut récoller. DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 13 riùs vero arborum vescentes. — Pupa glabra, lœvisj in. mare subaDgusta, alarum antennarumque iuvolucro valdè extenso-, in fœmina subovata, obtusa, thorace brevissimo; in utroque sexu semper in folliculo inclusa, et post meta- morphosira semi-extricata. — Imago maris tineiformis, nitidula, antennis subbrevibus plus minusve ciliatis, pal- pis gracilioribus, hiitis, at distinctis, fronte lanata, abdo- mine villoso, pedibus sublongis, alis elongatulis, glabris, squamis nunquàm destitutis , minime liyalinis. Volatus subdiurnus, solitarius. — Fœmina aptera, oblonga , an- tennis brevibus, abdomine lanuginoso terebra ad ova du- cenda instructo. A. Antennis visu fîliforraibus. MiNORELLA Dup. Sup. 201. — Non sat vidi. jPoLiTELLA Ochs IV. 200, Tr., FR., Zell., Bd. \ Lefebvriella Dup. Statura rupellœ. Alce anticœ ex toto flavo-grisese, im- maculatse, fimbria concolore ; posticœ cinereo-fuscœ fim- bria flavo subtincta. Corpus nigruni fronte concolori. Folliculum majus, elongatum, papyraceum, anticè Iri- gonum, poslicè paullo granosura rectum. Fœmina fusco- nigra, scutulo dorsali lato fusco, lurido. /PsEUDO-BOMBYCELLAllub. 212 ^, 382 $ , Tr. FR. , Zcll, , \ Ed., Dup. Cat. ] Glabrella Och. ( Anderreggella Dup. Sup. Statura metaxellœ. A\x anticse flavo griseœ, integrœ, nervis, macula cellulari, strigisque obscurioribus iesscl- /a/^; posticsecinereo-flavescentes fimbria concolore. Cor- pus fuscum fronte lanata flava. H ANNALES Var. A. an Spec. diversa? — - Obscurior, absque flavo, aise anticae vix conspicuè tessellatœ , fronte concolori. Folliculum elongatum papyraceum anticè trigonum, passim granosum, rectuni-fœmina fusco nigra scutulo fusco lurido. MuRiNELLA. Bd, Ind. 629. Dup. Gat. (noa sup.). Magnitude viciellœ. Aise cinerese , fimbria obscuriori lucida, antennœ breviscutae (Bd.) JClathrella Tr. in not., FE.., Zell., Dup. Triquetrella Tr. Sup. Statura politeUœ. Aise anticse costa excavatee, cinereo- murinae, undique luaculis griseo albidis mamnoratae, ma- cula cellulari nulla posticse dilutè-cinerese fimbria paulo obscuriore. Corpus fronsque nigra. Folliculum subovatum, tumidum, molle, undique gra- nis coiispersum. Fsemina nigricans. (Triquetrella Hub. 373., Zck? FR. ( Lichenella Zell. Dup. Sup. Praecedenti similis at minor. Alaî anticse costa sinuatae, cinerese, undique maculis albidis marmoratae, lunula cel- lulari obscuriore. Posticœ dilutè-cinereœ -, corpus murimuni fronte concolori, ano albicante, antennis vix subciliatis. Folliculum sat elongatum, tineiforme, granosum, rec- tum. Feemina nigricans scutulo brunneo. B. Antennis valdè pectinatis. j Lapidicella Zell. h\ not., Re'auni., Geofïr. \ Pectinella. Dup. Sup. (non alior. auct.) Statura vix stclliferellœ. Alœ anlicse albo-griseae, niti- dulse, strigulis inœqualibus, puncto cellulari, maculaque apicali, obscurioribus. Posticœ albidaî', corpus cinereum. Folliculum conicum, recurvum, brève, granis undi- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 15 que conspersum Fsemina fusco-rubricaiis, scutulo brun- neo. j Petrella Ga. Réaura. GeofFr. I Psyché lichenum Schr? Zell. in not. Non vidi. ÎTABULELLà Gn. Clathrella Bruand. Statura inasculellœ . Colore Psyché nitidellœ. Ala; anticae integerrimae, costa arcuatae , fuscse, crasse squamosae, puncto cellulari obscuriori-, posticœ vix dilaliores, fîm- briis concoloribus. Corpus fuscum , fronte concolori, ti- biis posticis flavescentibus. Folliculum brève, olivœ forme, granis conspersum. — Fœmina (sicca) luteo-brunnea. Abdomine valdè lanato. Scutulo brunneo lurido. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17 MYODAIRES DES ENVIRONS DE PARIS (Suite). Par M. ROBINEAU-DESVOIDY. (Séance du 26 Février 1845.) ENTOMOBIES. IIP Section. Tertia Stirps. Les MiCROcÉRÉES. Microceratœ . Antennes raccourcies, n'atteignant pas Tepistôme -, par- fois un peu épaissies \ les deux derniers articles de dimen- sions inégales et de formes difFéi-entes. Les deux premiers articles du chète ordinairement courts. Palpes atteignant toujours Tépistôme. Corps subarrondi, et, en généx'al, déprimé. Teintes noires avec du gi'is et du fauve. Antennœ ahhreviatœ, haucl porrect(e iisquè ad epistoma, interdum incrassatce j idtiinis diiohus articidis magnitudine formdque variis. Primi duo arlicidi chcti doliio brèves. Paipi semper ad epistoma porrecti. Corpus suhrotundatiin , sepihs deprcsswn : color niger et griseus fuU'o-permixius . Le sommet des palpes qui arrive jusqu'à Tépislome, et 18 ANNALES où il peut faire saillie , se'pare nettement cette section de la précédente : par les Erigones elle forme la suite natu- relle des Macromydes. La brièveté des antennes et celle des premiers articles du chète nous fournissent deux autres caractères de haute valeur pour distinguer aisément les Microcérées des Ma- cromydes et des Antliophiles déjà étudiées. Le corps sub- arrondi et déprimé sert encore à les faire connaître du premier abord. Ces insectes, qui sont d'assez grande taille, ont des tein- tes d'un noir gris ou grisâtre , souvent taché de fauve à Tabdomen. Plusieurs mâles font entendre un fort bour- donnement durant le vol. Quelques espèces, tout à fait printannières, aiment à voltiger sur le sol et sur les feuilles desséchées des bois. La plupart se ])laisentà sucer le miel des Ombellifères. Nous avons fait subir d'assez fortes modifications aux espèces ; et, en cela, nous avons été favorisé par une série d'observations directes, et parla collection d'un grand nombre d'individus. Mais il reste encore quelques études à terminer. M. Macquarta englobé dans son genre Nemorœa les di- vers genres de cette section, à l'exception du genre Trixa. Nous pensons qu'il est impossible de réunir sous la même désignation générique les Panzéries , les Némorées et les Erigones-, autrement il faudrait renoncer à aborder l'en- tomologie. Il est constaté qu'à leur premier état ces insectes vivent dans les chenilles. / Antennes très courtes ; les deux der- I G. Trixa. \ ""'%' ^^'^'^^^' ^S*'^"^' , \ Yeux nusj sommet des palpes glo- ^ buleux. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 II. G. Panzeria. III. G. Meriania. IV. G. Nemorcea. V. G. Fausta. VI. G. Engoue. VII. G. Mencia. Antennes moins courtes ; les deux derniers articles presque d égale lon- gueur, et convexes sur le dos. Pre- miers articles du chète très courts. Yeux velus ; organe copulateur du mâle bien développé. Corps cylindrico-ax-rondi et épais. , Le dernier article antennaire pris- matique, double du second, premiers 'articles du chète très courts. Le dernier article antennaire pris- matique double du second, et non convexe sur le dos. Quelques cils faciaux au bas des fos- settes j organe copulateur du mâle peu développé. Corps déprimé. Les deux derniers articles anten- naires à peu près d'égale longueur; le troisième non élargi vers le sommet. Le second article du cbète un peu plus long que le premier. Face un peu convexe ; frontaux sil- lonnés-, faciaux non ciligères-, organe , copulateur du mâle peu développé. Antennes pouvant atteindre Tépis- tôme -, les deux derniers articles d'iné- gale longueur-, le second article du chète double du premier. Frontaux sillonnés -, organe copula- teur du mâle développé. , Le troisième article antennaire un (peu plus long que le second, un peu <. comprimé sur les côtés et convexe ( sur le flos. 20 ANNALES Antennes descendant jusqu'à Tepis- tome ; le troisième article au moins 1 double du second, aplati sur les côtés VIII.G./*/ieZ'e///a.<; et convexe sur le dos. La nervure transverse de la cellule 7c de Taile presque dx'oite \ teintes bleuâtres. L Genre Trixe. Trixa. Meig. Macq. Crameria. R. D. Myod. Antennes courtes , épaisses ; le troisième article de la longueur du second, et un peu globuleux -, premiers arti- cles du chète très courts. Yeux nus-, face oblique, péristome presque carré, sans épistorao saillant -, sommet des plaques épaissi, globuleux; corps noir assez brillant avec du gris-cendré. Autcnnis hreviorihusj incrassatis ; tertius articulas longi- iudine secundi et suhglohosus ; primls chcti articulis in- dîstinctis. Ocidinudij faciès obliqua j peristoina Jej'è quadratuin , epistomate haud prominulo •, palpis ad apicein suhglohosis ,• corpus nigro-niteti s simîd et griseo-ciuereo perrnixtuin. Nous avions dédié à la mémoire du naturaliste Cramer ce genre, que l'obliquité de sa face, son épistome non sail- lant et le sommet subglobuleux de ses palpes, caractéri- sent de la manière la plus tranchée. Avant nous, Meigen Tavait établi sous le nom de Trixe : nous devons respec- ter cette antériorité. Nous n'avons jamais rencontré, ni possédé ce genre, qui paraît renfermer plusieurs espèces d'Europe. L'individu qui servit à notre description fait partie de la collection du comte Dejean, et nous ne voudrions pas assurer que les individus observés depuis dans les collections de MM. Blondel et Leroux fussent réellement de la même espèce. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^l Quoi qu'il en soit, les Trixes, qui vivent sous notre cli- mat, nous paraissent mériter de nouvelles recherches et de nouvelles études. M. Macquart, d'après Meigen, e'crit qu'elles vivent surtout dans les forets, où elles volent pres- que toujours en faisant entendre un certain bourdonne- ment. Elles auraient ces deux rapports en commun avec iesPanzéries et les Merianies, leurs plus proches voisines dans Téchelle entomologique. N° l. Trixa œstroidea. C ramena œstroidea. R. D. Myod. N" 1. « Antejinis hrevibus, Jlai>o-ruhris^ abdomen griseo-cinc- reum, laterihus fulvcsceniîhus i tibiis fulvis ; alœ lituratœ. » Long. 5 lignes. » Antennes, palpes, jaune-fauve j face brune ^ corselet noir, rayd de gris, ainsi que Tecusson -, abdomen noir un peu luisant, avec des reflets cendres: ses côte's sont rougeâtres; cuisses noires-, tibias et tarses fauves j cuil- lerons blancs-, ailes un peu sales à la base, avec une li- ture discoïdale marquée , et les nervures transverses du sommet de Taile enfumées. » Cette espèce a été prise plusieurs fois à Paris. II. Genre Panzérie. Panzeria. R. D. Myod. Tachina. Meig. Fall. is j abdomen triplici fascid transversd albidd tessellante, lateribus haud rufis. Long. 5-7 lignes. Corps cjflindrico-arrondi, noir luisant, avec des lignes cendrées peu prononcées sur le corselet-, antennes noires, avec un peu de fauve plus ou moins obscur -, côtés du front et face d'un soyeux plus ou moins doré ou argenté-, mé- dians rougeâtres-, palpes d'un fauve testacéj écusson en tout ou en partie fauve-, abdomen noir luisant, avec trois 24 ANNALES Landes transverses de reflets blanc luisant , et avec du fauve sur les côtds des trois premiers segments -, anus noir; pattes noires-, cuillerons blancs-, ailes jaunes à la base et le long de la côte, avec une petite liture discoïdale mar- que'e. La femelle a les frontaux d'un beau noir de velours avec les côtés du front un peu bruns; son abdomen offre trois bandes transverses albides à reflets; il n'y a point de fauve sur les côtés des segments. Cet insecte se trouve à la fin du printemps et durant Tété; il n'est pas rare. IIL Genre Mérianie. Menania. R. D. Nemorœa. Macq. Caractères des Panzéries; mais le troisième article an- t(mnaire prismatique, et double du second pour la lon- gueur; premiers articles du chète très courts. Characteres Paiizeriarum; atiertius antennœ articulas secundo hilongior et prismaticus ; primi cheti articuU bre- vissimi. Les Mérianies, du moins en ce qui concerne les mâles, semblent être de véritables Panzéries, mais leur troisième article antennaire est double du second pour la longueur et prismatique; ces deux derniers articles n'étant pas con- vexes sur le dos. Nous ne connaissons encore que des mâle. N° 1. Menania syWatica. R. D. Myod. N° 1 et 3. Var. h. Meriania borealis. R. D. Mijod. N° 2. Nemorœa syhatica. Macq. N° 12-13. ^ Primi antennœ articuli fulvi aut nigricanles ; thorax niger, grisescente lineatus, scuiello testaceo^ abdomen de- pressum, nigro albido roscocjuefasciatum ; ano nigro. Long. 6-7 lignes. Face d'un jaune soyeux brunissant, ou même brun; DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25 premiers articles antennaires fauves ou bruns-, corselet noir, avec plusieurs lignes d'un gris soyeux plus ou moins prononcé -, bords extérieurs du mésothorax et écusson tes- tacés; les segments de Tabdomen formés chacun par une zone supérieure d'un blanc soyeux à reflets , et par une zone inférieure brillante, noire, et d'un rosé chatoyant en dessus-, anus et pattes noirs-, quelquefois un peu de fauve au sommet des tibias -, cuillerons blanchâtres ; ailes ordinairement déjetées sur les côtés, un peu sales à la base, avec une liture discoïdale peu marquée. Var. h. Sommet des tibias pâle : Meriania horealis. R. D. Mifod. N° 2. Nous avons trouvé cet insecte , dès le premier prin- temps, dans les bois arides de Paris, voltigeant à terre sur les feuilles desséchées des arbres-, il fait entendre un fort bourdonnement. Nous n'avons pu pi-eudre que des mâles. IV. Genre Némorée. Nemorœa. R. D. Tachina. Meig. Nemorœa. Macq. Antennes ne descendant pas jusqu'à l'épistôme -, le troi- sième article prismatique , double du second -, les deux premiers articles du chète courts. Yeux velus-, face peu développée, aplatie-, épistôme non saillant-, cils faciaux occupant le quart inférieur du bord des fossettes ; organe copulateur du mâle peu déve- loppe-, ailes trigônes. Corps assez épais, déprimé-, teintes noires, avec du fauve à l'abdomen des mâles. Antennœ non usquè ad epistoma porrectœ ; tertius arti- culas prismaticusj secundo hilongior j primi chetv articul hreviores. Oculi villosij faciès pariun lata, compr ssa^ epistoinaie 26 ANNALES non prominulo j ciliisfascialibus ejumiam partem inferioreni fovearum occupantihus j organuin copiilatmwi maris parurn- per manifestum j alce tn'gonœ. Corpus sut crassum , depresswn j color niger, ahdomine înarisfulvescen le . Les Némorées diffèrent surtout des Panze'ries par leur face aplatie, par leur corps plus déprime, par les propor- tions relatives des deux derniers articles antennaires, dont la grosseur ne répond pointa celle du corps des individus-, ces antennes leur donnent un aspect particulier. Elles en diffèrent encore par le peu de développement de Torgane de la copulation chez les mâles. Enfin il sera toujours fa- cile de les reconnaître aux fossettes de la face, qui sont ci- ligères à leur quart inférieur. Ces insectes se rencontrent une partie do Tannée dans les Lois et le long des haies •, ils aiment aussi à venir sucer le miel des ombellifères-, ils sont assez abondants. Dans notre premier travail, nous avions reconnu six espèces de Némorées, qu'il faut aujourd'hui réduire à une seule , la plupart des autres appartenant à la section des BomLomydes. Il est probable que le Nemorœa quadri- pustulata de M. Macquart, n° 16 [Tachina quadri-pustu- lata, Fabr. j^intl. n" 4) est une Minthémie. N° 1 . Nemorœa pellucida, f Tachina pellucida. Meig. N" 26. ^ \ Nemorœa fulva. R. D. Myod. N° 3. l Nemorœa J'uha. Macq. N° 15. Tachina strenua. Meig. N° 17. Nemorœa homhylans. K. D. 3Iyod.^° 1. Nemorœa ajfinis. R. D. Myod. N" 2. Nemorœa strenua. Macq. N" 14. Celte espèce , primitivement établie d après un petit DK LA SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUE. 27 nombre d'individus, est une nouvelle preuve de la difli- culté des observations exactes. Il est rare de rencontrer les deux sexes dans la même localité, et, comme ils diffè- rent par leurs teintes, il en résulte facilement le signale- ment de deux espèces distinctes. Aujourd'hui le Nemorœa strenua et le N. pcllucida sont reconnus pour être les deux sexes de la même espèce. C'est un fait désormais à Tabri de toute contestation. ^ uJntennœ Julvce , ultiuiis aHiculis apice interdîun bni- iiescenie; palpis testaceis ^ thorax uîgro-cœsius , lineis suh- cinereis j scutello testaceOj, rarihs nigro ; abdomen fuho-pel- lucidum , lineâ longitudinali nigrâ, trihusque fasciis tvans- versis albesceniihus ; alce disco liinpido, hasi et costd flaves- ceîitibus. ? Nigro-cœsittj thorace cùiereo lineoso j priinis aiitennœ articulisfulvis^ ultiwo obscuriore, palpis testaceisj scuteUi apice rariîis rufescente, abdomen cœsium, haud fulvescens, triplici fascid trans^'ersd albidd tessellatd. Long. 5-8 lignes. Le mâle. Antennes fauves, souvent un peu de brun au sommet du dernier article; face d'un brun blanchâtre ou jaunâtre-, poils du pourtour de la tête flavescents^ corselet bleu-de-pruueau, rayé de cendré j écusson tcstacé, rare- ne ment noir \ abdomen fauve-diaphane avec une 11 dorso-longitudinale noire, et trois bandes transverses de reflets cendrés-, pattes noires-, cuillerons blancs-, ailes à disque clair, mais jaunes à la base et le long de la côte. La femelle. Tout le corps bleu-de-pruneau, avec des lignes cendrées sur le corselet-, les deux premiers articles des antennes fauves ou d'un fauve brun -, le dernier d'un brun fauve-, côtés du front et face d'un soyeux albide , jaunâtre ou doré; palpes testacés -, l'écusson est rarement testacé au sommet-, l'abdomen, qui n'a point de fauve sur 2S ANNALES les côtes, offre trois bandes transverses à reflets albides; euillerons d'un blanc jaunâtre. Var. h. Sommet de Técusson fauve ou rougeâtre. Nemo- rœa affinis. R. D. Myod. N. 2. M. Macquart e'crit que sur le mâle les côtés de fabdo- men sont un peu rougfiâtres -, il doit être dans Terreur. 11 en est de même lorsqu il donne sa description du Nemo- rœa strenua comme appartenant aux deux sexes. Même er- reur lorsqu'il donne l'indication des deux sexes pour le Nemorcea pellucida. Ici, du moins, il ne fait que marcher sur nos traces, car nous fûmes le premier coupable. Cet insecte paraît avec le printemps, et se trouve jus- qu'au mois de septembre. Il doit donc subir plusieurs ëclo- sions par an. V. Genre Fauste. Fausta. R. D. Nemorœa. Macq. Antennes n'atteignant pas tout à fait le sommet de Xé- pistôme ; le premier article court -, les deux autres à peu près d'égale longueur ; le dernier non élargi vers le som- met. Le second article du chète un peu plus long que le premier. Frontaux entièrement sillonnés-, face un peu convexe-, péristome assez large, allongé, avec l'épistôme peu sail- lant; faciaux non ciligères le long des fossettes-, palpes atteignant Tépistôme -, abdomen des mâles cylindriforme, un peu courbé en dessous-, celui des femelles assez dé- primé-, cellule pc s'ouvrant avant le sommet de l'aile, avec la nervure transverse fortement cintrée. Teintes noires, nuancées de cendré. ylntennœ non usquè ad epistoma porrectce^ primo arti- ado hrcvissimo ', duohus aliis fcrè œquali longitudine inter se; ultimi apicc haud latiore. Secundus cheti articulas primo hugior. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 29 Frontalia omnmb sulcatula ; fades corn^exiuscula j pe- ristoma saiis latum, elongatunij epistomate prominulo ;fa- cialia non ciligem perjoveas ; palpi ad epistoma porrecti, maris abdomen cylindriforme ^ subtîis incurvum j fœminœ abdomen sat depressum y cellula yc aperta antè apicem aîœ, nerpo transverso valdè arcuato. Color nigerj, cinereo permixtus. Lors de la publication du genre Fauste, nous ne con- naissions que des individus femelles -, il nous est donne d'ope'rer sur les mâles qui paraissent de vëritables Eri- gones mâles, dont les parties sexuelles auraient un peu moins de développement. Les Faustes diffèrent des Erigones par leur troisième article antennaire, également aplati sur les côtés, mais non élargi vers le sommet. Les femelles ont encore l'ab- domen plus déprimé. Ces insectes se trouvent dès le premier printemps, et en été, sur la feuillée des bois, le long des baieSj et sur les fleurs des ombellifères. 11 est probable qu'il nous reste encore plusieurs espèces à reconnaître. Parmi les espèces signalées, quelques-unes demandent des reuseignements nouveaux. JNM. Fausta nigra. R. D. Myod. N° 1. JSemorœa nigra. Macq. N" 2. Var. b. JSemorœascutellaris. R. D. Myod. N° 2. Var. y. Nemorœa abdominalis. R. D. Myod. N. 3. Nigra, subnitidaj primis antennce articulis ruhricantibusj fronte pedibusque, tiigris; palpis ferrugineis \ alœ scjualidœ. Long. 6 lignes. Les deux premiers articles antennaires rougeâtres ; fron- taux noirs j côtés du front noirs i face d'un noir un peu albicant -, palpes ferrugineux -, tout le corps noir, assez lui- 30 ANNALES sant-, des lignes d'un cendrd peu apparent sur le corselet -, des fdscies de reflets cendi'és, peu manifestes sur Tabdo- men; quelquefois un peu de fauve au sommet de Técus- son,etmême sur les côtds de Fabdomen; cuillerons blancs: ailes un peu fuligineuses, sales à la base, avec une petite liture discoïdale. Cette espèce paraît être très rare. Var. h. Sommet de Tëcusson fauve. Nemorœascutellaris. R.D.N°2. Var. y. Du fauve sur les cotes de Tabdomen. JSemorœa ahdominalîs. R. D. N° 3. N° 2. Fausta viridescens. R. D. Myod, N° 4. Nemorœa viridescens. Meig. N° 3. Primis anteiince articulis ad mans birinneis, ad feminas ful\^is-,palpis testaceis^ thorax Jiigro-Jiiiensj dnereo-Unea- tus., abdomen dorso-vir [descente, tesseUisque aihidis. Long. 5-6 lignes. Les premiers articles antennaires fauves ou d'un brun fauve-, le dernier article noir, rarement un peu fauve; frontaux noirs; côtes du front noirs avec un le'ger duvet chatoyant et albide; face d'un soyeux argenté avec les médians rosés; palpes testacés; corselet noir, foi-tement bnée de cendré ; rarement un peu de fauve obscur au sommet de Técusson ; abdomen noir luisant et verdoyant sur le dos , et garni de reflets albides ; pattes noires ; cuillerons blancs ; les ailes, à disque assez clair, ont la base sale, avec une liture discoïdale brune. On distingue, mais rarement, un peu de fauve siu' les côtés du second et du troisième segments de Tabdomen. Le mâle, moins déprimé que la femelle , a ordinaire- ment lespi-emiers articles de Tantenne noix's ou d'un brun fauve et le dos de son abdomen est un peu moins ver- doyant. DE LA SOCIÉTÉ E^TOMOLOGIQUE. 31 Dans Torigine , nous ne connaissions que des femelles de celte espèce, qui n'est pas si rare que nous avions pu le soupçonner. On la rencontre dès le mois de mai sur la feuillée des Lois et en juin sur les fleurs de VHcraclewn spondylium. N° 3. Fausta Jlorea. R. D. Myod. N" 5. Affinls Foustœ viridescentijpaulo minor: abdomen nïgro- nitidum, albidè tessellans , haud viridescensj alœ paulisper Jlavescentes. Long. 4 lignes. Cette espèce, dont nous ne connaissons encore que des femelles, est voisine du Fausta viridescens\ elle en diffère par son abdomen noir et non verdoyant sur le dos-, ses ailes ont une légère teinte flavescente. Sa taille est tou- jours plus petite. Cette espèce, qui ne paraît pas commune, a été trouvée sur des fleurs d'ombellifères. N° 4. Fausta r.ervosa. R. D. Affinis Faustœ viridescmti^paulo major; coipus cincreo- grisescente lineatum et tessellans; alœ nen'is çalidiorihus . ? Long. 5 lignes. Nous ne possédons qu'une femelle de cette espèce bien distincte, et voisine du F. vïridescens L'ensemble du corps est plus robuste, les deux premiers articles antennaires d'un brun fauve sont plus courts que le troisième j côtés du front et face d'un soyeux argenté grisâtre-, palpes fau- ves -, corselet noir, fortement rayé de cendré-grisâtre -, un peu de fauve obscur au sommet de Técusson-, abdomen noir luisant, avec des reflets d'un cendré grisâtre ; le dos verdoie peut-être quelque peu à une certaine lumière y pattes noires-; cuillerons blancs-, ailes à nervures forte- ment prononcées. 32 ANNALES Cette espèce se rencontre voltigeant à terre dans les Lois, dès le printemps. N° 5. Fausta lateralis. R. D. Ficina Faustce inridescentij siatiua major; corpus cine- reo-grisescente iessellans; abdomen secundi tertiicjue seg- menti lateribus fuho-maculatis ; palporum apice solo testaceo. eas j nervus trans^^ei^sus celMce ycferè rectus. Corpus cylindriforme j colorniger nitidè-azurescens . Par ses caractères antennaires ce genre suit immédia- tement les Méricies et semble déjà par leur longueur ne plus appartenir à la tribu des Microcérées, qui néanmoins doit nécessairement le comprendre dans Tétat actuel de 2'' Série, tome iv. 3 ;{8 ANNALES la science. Ses teintes d'un bleu-azuré tendent à le rap- procher des Dorbynies. Il a été établi sur Tunique mâle qui soit en notre possession. N" I. Phehelliaœstwalis. R. D. Cœsio azureo-nitens jfrontalihus, fronte, palpi's , anten- 7iisj pedibus, nigris; abdomen duplici fasciold transversd obscure cinereo-tessellantej secundi tertiique segmenti late- inbus subfiduis ; alœ hasi et limbo subfuliginoscB. Long. 4-5 lignes. Le mâle. Cylindriforme ; tout le corps bleu de pruneau un peu azuré et luisant-, frontaux, côtés du front, palpes, antennes, écusson, pattes, noirs -, à peine un peu de cen- dré obscur sur le corselet-, deux légères bandes trans- verses d'un cendré à reflets peu prononcés vers le bord svipérieur du second et du troisième segment, dont les côtés sont un peu fauves i cuillerons blancs; ailes claires, noirâtres à la base et à disque très légèrement fuligineux. Nous avons trouvé cet insecte, en été, sur les fleurs d une orabellifère. DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39 NOTES SUR HUIT ESPÈCES NOUVELLES d'HYMÉIVOPTÈRES ET DE MÉVROPTÈRES, trouvées aux environs daix. Par M. BOYER DE FONSGOLOMBE. (Séance du 12 mars 1845,) !« j4gathis major, INoL. A. nigei'j thorace suprà sciitelloquc nifiSj aculeo lonc^ù , hiiio. Feni. Noh. an Bassus calcidalor. Fabr. Long. 0,010 mill. Le corps est noir. Le rostre, ou prolongement de la Lou- che ou de Tëpistôme, est assez distinct. Les palpes sont roussâtres. Les antennes assez épaisses, en spirale vers leur extrémité, presque de la longueur du corps, sont noi- res. Le corselet est pubescent, surtout sur les côti-s; le n\é- tatlîorax s'abaisse assez insensil)leinent en arrière satH être brusquement troni^ué, il estincnne, s,nis poiii.e^^ la- térales, marqué de lignes élevéïs ; la |)art!e supérieur.- ùu corselet, récussou et une grande taclie (un peu obscure) sur ses côlés au-dessous des ailes, sont rongeâtrcs Le^ a- les légèrement nébuleuses sont réticulées comme dans les yigatiusj Taréole est plutôt carrée ou pentagona'e que dans ÏJgathis maU'accaruni , où elle est à peu près tri an çf Pi- laire -, le stigmate grand, noir en dehors, jaunâtre iatè- 40 ANNALES rieuremeut -, la nervure costale, la racine et la tegule, jau- nâtres. Les pattes sont rousses, rextre'mité des jambes postérieures un peu renflée, leur milieu et le genou peu distinctement jaunâtre ou pâle, dernier article des tarses postérieurs et même internae'diaires, brun. A.bdomen sessile, prescjue plus court que la tête et le corselet réunis, ses côtés comprimés, le dos assez convexe-, caréné sous le ventre. Aiguillon presque de la longueur du corps, très épais, hérissé de poils, assez semblable à raiguillon des Pimpla. 2° Agatkis iiiitiatorj Nob. A. nigerj ahdominis segineniis primis j, pcdibusquc ru- fis, Masj, ISoh. Tlioracis parte anîicdj, ahdoinwc totOj, pedibusrpie ru/isj (lado brei'issiino, Fem.^ Nob. Bracon iuitiator? Fabr. Long. 0,008 mill. Le mâle. Bouche prolongée en bec; chaperon un peu renflé sous les antennes. La face est rougeâlre , le reste delà tête noir. Les antennes sjnt sétacées, à peu près de la longueur du corps, contournées en spirale^, brisées ou formant un angle après le premier article, noires -, le scape ou boulon qui fait la base du premier article est seul rouge. Le corselet est noir, le métathorax extrêmement raboteux, tout sdlonné ou réticulé de lignes élevées. Les ailes sont noirâtres avec deux ou trois taches blanches for- mant une bande transverse dans leur milieu ; le stigmate est noir, la nervure costale brune, la racine et la tégule rouge-jaunâtre. La cellule radiale (marginale) est linéaire-, il y a deux ou trois cellules cubitales (sous-marginales)^, la première étant oblitérée et à peine ébauchée, la nervure qui devrait la séparer de la discoïdale externe étant inter- rompue et manquant tout à fait dans sa partie mitoyenne-, l)i: LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 41 la deuxième est à peu près carre'e, donnant naissance in- térieurement à un petit rameau ou dent très courte-, la troisième ouverte infe'rieurement , à peine terminée au bout de Taile, la nervure intérieure étant très peu pro- noncée. Les pattes sont jaune roussâtre ; les hanches intermé- diaires, quelquefois les postérieures, quelquefois toutes, tachées de noir, quelquefois entièrement roussâlres ; Tex- trémité des jambes postérieures et les mêmes tarses, noirs. L'abdomen est presque sessile, de la longueur de la tête et du corselet pris ensemble, à peu près ovale, les côtés comprimés, l'anus obliquement tronqué, assez plane en dessus, une dépression linéaire oblique de chaque côté du deuxième segment ; les premier, deuxième et troisième segments rougeâlres, le reste noir. La femelle diffère du mâle par le devant du prothorax et Tabdomen entier, rougeâtres ; les hanches intermédiai- res noires avec une tache rousse; Taiguillon très court, mais paraissant en dehors. II existe une variété du mâle où le corselet est rougeâlre en toutou en partie; quelquefois le chaperon est noir, comme le reste de la tête. Celte esjèce se trouve sur les fleurs en ombelles, ca- rottes, panais, Eiyngium, etc. 3<^ Formica ciirsor, Nob. ? et ase; tégule jaune à point central noir, racine roussâtre, nervure costale et stigmate noir comme Taile. Pattes jaune-roussâtre , garnies de poils blancs plus longs et plus touffus sur les côtés, base des cuisses noire surtout en dessous, hanches sans dent, jaunâtres avec une tache noire ; tarses d'un roux plus marqué, ciliés de blanc comme les jambes. Une bande latérale entre le bord antérieur et postérieur des segments de Tabdomen, linéaire, élargie sur les côtés de Tabdomen, et légèrement échancrée en arrière sur les trois premiers segments; celles du troisième et des suivants presque réunies ou contiguès au milieu du segment , à peine séparées par une échancrure ; celles du sixième plus larges, toutes ces dernières non échan crées postérieure- ment; toutes ces bandes atteignant le bord latéral de Tahdomen. Le sixième segment armé de chaque côté d'une dent aiguë séparée par un petit sinus. Le septième trans- verse, coupé en arrière presque carrément, les côtés ar- rondis et le milieu produisant une dent courte, cylin- inn. C. viperinus, ejus(i. 56 ANNALES cetle curieuse espèce sur le ventre et particulièrement près des re'gions génitale et anale de ce singulier mam- mifère. Au sujet de cette espèce, nous devons dire aussi qu elle avait déjà été découverte par M. P. Gervaîs, et signalée par ce zoologiste dans le bulletin des Annales de notre société, tom, ii 2" série, p. 57; mais dans la note qui ac- compagne la découverte de cet Ixodes, il n'est nulle- ment question de caractères zoologiques de cette espèce ; voici au reste le passage inséré dans le bulletin de notre société, au sujet de cet Ixodes : « M. P. Gervais parle à la société de la découverte qu'il vient de faire, d'une nouvelle espèce Ci Ixodes qui est parasite de TOruitlior- hynque. Il en a trouvé un assez bon nombre d'exemplai- res sur un Ornitborhynque de Van Diémen, conservé dans l'alcool, et qui avait été envoyé depuis longtemps au Muséum par M. Mac-Leay. m Craignant que V Ixodes signalé par M. P. Gervais ne soit une espèce différente de ceux x'encontrés par M. Poortman, sur des Ornilhor- hynques desséchés, envoyés de la Tasmanie au Muséum, par M. Jules Verreaux , nous visitâmes l'individu de M. Mac-Leay, conservé dans l'alcool, et nous fûmes as- sez heureux pour trouver sur la région dorsale de ce monotrême deux Ixodes assez grands de l'espèce signalée seulement par M. P. Gervaîs, et qui sont tout-à-fait iden- tiques avec ceux rencontrés en assez grand nombre sur les Ox'nithorhynques de la Tasmanie, par M. Poortman. 1. Ixodes flas^omaculaius , Lucas. Long. 3 millim., larg. 2 3/4 millim. I.Corpore orbiculatOj sat fortiter punctatojfusco-rubes- cente, macuUsJlavis ornatOjhis subtilissimèfusco-rubescente punctulatis i capitefusco-rubescente, subtiliter punctidato; DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 57 palpis pedibiisf/ue fusco-rubescentihuSf priinis satelongatis, crassis , compressis, ultimis cxilibusj, satelongatis } corpore infrà flavo-cinerescen te . Le corps est orLiculaire, un peu plus large que long cependant, légèrement rétre'ci à sa partie antérieure-, il est d'un brun l'ougeâtre, parsemé de points arrondis, peu serrés, bordé de jaune testacé et orné de taches d'un jaune assez foncé ; ces taches finement pointillées de brun rou- geâtre sont au nombre de sept dont une médiane plus large que longue-, les suivantes ou celles qui sont situées près des parties latérales sont longitudinales, très dila- tées postérieurement du côté externe, tandis que celles qui occupent la partie postérieure sont à peu près de for- me arrondie et assez fortement échancrées postérieure- ment -, il est aussi à noter que de chaque côté de Téchan- crure dans laquelle vient s'insérer la tête, il existe un sillon assez profond, et entre ce sillon et le bord latéro- antérieur, on aperçoit également de chaque côté une pe- tite tache jaunâtre, quelquefois d'un jaune verdâtre ce- pendant et très finement pointillée, comme les précéden- tes, de brun rougeâtre. La tête est plus longue que large, d'un hrun rougeâtre, finement ponctuée. Les palpes pres- que aussi longs que le suçoir, comprimés, épais, sont d'un brun rougeâtre, parsemés de poils d'un jaune testacé. Le suçoir est d'un jaune testacé. Les pattes sont grêles, assez allongées d'un brun rougeâtre. Tout le corps en dessous est d'un jaune grisâtre. Cette espèce est très agile et paraît être assaz rare -, nous n'en avons rencontré que quelques individus que nous avons trouvés vivans et fixés entre les écailles du Boa conslrictor, Dum. etBib., nouvellement arrivé du Sénégal. 58 ANNALES 2. ïxodes gracilentus, Lucas. Long. 2 1/2 millim. Larg. 1 3/4 millim. /• Oi'atusj corporejlavo testaceoj thorace cordiformi,flwo- aurantiaco, ruhesc.entc transi'ersïmvittato, marginihus nibrisj pal pi s pcdibusqucflwo rubescen tibiis . Ovalaire •, le corps est d'un jaune testacë, entièrement lisse et présente quelques dépressions longitudinales. La plaque thoracique est cordiforme , d'un jaune oranger, ornée transversalement d'une bande d'un jaune oranger rougeâtre avec les parties latérales d'un rouge assez foncé', près de l'échancrure dans laquelle vient s'insérer la tête, on aperçoit de chaque côté un sillon longitudinal assez fortement prononcé avec l'espace qui existe entre ces sil- lons, d'un jaune oranger rougeâtre. La tète est plus large que longue, jaunâtre. Les palpes sont de même couleur que la tête et hérissés de poils testacés. Le suçoir est d'un jaune testacé. Le corps en dessous est de même couleur qu'en dessus, avec les pattes qui sont assez allongées, épaisses, d'un jaune rougeâtre. Cette espèce, que nous avons observée vivante, est bien moins commune que la précédente j elle se tient fixée sur le Python Sehœ, Dum. et Bibr., et se plaît particulière- ment dans les intervalles que laissent entre elles les écail- les ventrales. 3. Ïxodes ornithorhynchi, Lucas. Long. 7 millim. Larg. 4 millim. /. Oi'ato-oblongu^ j capite, thorace pedibusqiie punctatis, flavo aurantiacis j abdomine cinereo flavo aurantiaco, subti- lissimè traîisversïm conJertinK/ue striatOj laxc punctatOj flavescente piloso. Ovale oblong', la tête, plus large que longue, est d'un DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE. 59 jaune oranger, lisse à sa partie antérieure, et présente de chaque côté, vers la partie postérieure, deux petites im- pressions, arrondies, parsemées de points profondément marqués, assez forts et serrés. Le suçoir, plus long que la tête, est de même couleur que cette dernière, avec les épi- nes, dont les parties latérales sont armées, asses pronon- cées. Les palpes, presque aussi longs que le suçoir, d'un jaune oranger, ont leur troisième et quatrième articles hérissés de quelques poils testacés. Le tliorax, plus large que long, étroit et arrondi postérieurement, est d'un jaune oranger et parsemé de points assez forts et peu serrés *, de chaque côté, vers la partie postérieurej cet organe pré- sente une dépression longitudinale assez fortement pro- noncée. L'abdomen est très grand, ovale oblong, d'un gris teinté de jaune oranger j il est très finement strié transversalement, parsemé de points assez forts, peu ser- rés et de chacun desquels naît un poil jaunâtre, très peu allongé. Le corps en dessous est entièrement de même couleur qu'en dessus. Les pattes sont assez allongées , grêles, ponctuées, d'une belle couleur jaune oranger, hérissées de quelques poils jaunâtres^ avec le tarse plus ou moins dilaté près de son extrémité. Cette description a été faire sur un individu desséché ; quant à la figure, elle représente cet Ixode après un sé- jour très prolongé dans l'alcool. Cette espèce vit parasite sur l'Ornithorhynque {Otîiî- tkorjnchus paradoxus, Blum) et se tient particulièrement sur les parties latérales du ventre près des régions anale et génitale -, elle se plaît aussi sur la région dorsale de ce monotrême. Explication des figures de la planche 1 . î'ig. 1. Ixodesjlavomaculatus ? grossi, 1 a la grandeur naturelle. 1 b le même (oJ Jïauo cupreo, sat fortiterfusco-maculato, ^'ittis fusco-i'ubes- ceniibus ornato, corpore infrà virescente^ trans^ershn forii- ter rugatOj vahis ajialibusfusco-rubescentibusj pedihus sat elongatisj suh fnsco-rubescente tinctis j albicante atinulalis. Ovale; le suçoir est assez allonge', d'un brun-rougeâtre clair-, les palpes de même longeur que le suçoir, compri- més, sont d'un brun-rougeâtre assez foncé avec les der- niers articles présentant quelque poils très courts, d'un jaune-testacéj la tête est très légèrement ponctuée, triangu- liforme, d'un brun-rougeâtre brillant. Le thorax, qui chez le mâle envahit tout l'abdomen, est ovalaire avec sa partie postérieure beaucoup plus large que sa partie anté- rieure j il est d'un jaune-cuivreux, assez fortement taché de brun et orné de bandes d'un brun-rougeâtre foncé^ dont trois longitudinales situées postérieurement et se l'éunissant à leur base, une médiane transversale en for- me de croissant, et enfin une autre assez grande, située de chaque côté du sillon de Téchancrure dans laquelle la tête vient s'insérer et venant se réunir à la bande trans- versale -, il est aussi à noter que sur les côtés latéraux du corps, on voit çà et là de petites taches d'un brun-rou- geâtre foncé et des points noirs, peu serrés, occupant 62 ANNALES particulièrement les parties latérales-, tout le bord poste- rieur est parcouru par de petits sillons longitudinaux et paraît comme découpe. Tout le corps en dessous est d'un verl-clair, assez fortement ridé transversalement avec les valves anales d'un Lrun-noirâtre foncé-, les pattes sont assez allongées, légèrement teintées de brun-rougeâtre et annelées de blanchâtre, La femelle, plus large à sa partie antérieure et un peu plus grande que le mâle, en diffère par la tête qui, en dessus, présente deux impressions assez écartées et pro- fondément marquées-, parle thorax qui est beaucoup plus petit et qui n'envahit pas comme chez le mâle tout l'ab- domen -, cet organe terminé en pointe arrondie à sa base est d'un jaune-cuivreux, finement pointillé de brun et entouré de noir foncé ^ il est fortement ponctué et ces points, qui sont peu rapprochés, occupent particulière- ment la partie antérieure du thorax et les côtés latéraux. L'abdomen en dessus est d'un brun-rougeâtre fon- cé, ponctué çà et là et entouré en deçà du bord interne d'un sillon circulaire assez fortement prononcé ; il est aussi à noter que toute la partie postérieure du corps est beaucoup plus fortement découpée que dans le mâle. Cette espèce a été rencontrée en assez grand nombre sur les régions dorsale et ventrale d'un Spilotes variahilis (1), (1) Cet Ixode vit aussi sur le Bafo agua, Latr.; car sur une dou- zaine d'individus de ce crapaud pris dans les environs de Cayenne par M. Mélinon et envoyés dans ralcool au Muséum de Paris, j'ai renconiré sur ces Batraciens une vingtaine d'exemplaires des deux sexes de ['Ixodes pulchclius. J'ai trouvé ces Ixodes ayant leur suçoir profondément enfoncé dans les tubercules charnus que prcsenteni la partie supérieure et la base de la tête. Parmi ces exemplaires d'âge trèsdiUérent, j'ai rencontré une grosse femelle gorgée de sang DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 63 Dum. et Bihr., qui fait partie de la mt^nagerie du Mu- sëum et qui a e'ié trouve dans les environs de Cajenne par M. Melinon; cet Ixodes est très agile et dans le re- pos il tient toujours la première paire de pattes levée ou étendue. 5. Ixodes exilipes. Lucas. Long. 3 millira., larg. 2 mlllim. /. Suhovaiusj capite, palpis thoraceqne ruhescentibus , ul- timo siibtih'ssimè punctulato fusco nibescentcquc marginatoj corpore subtilissimè transversïm rugato j infrà lœvigaio , flaK^o cinerescente plus minus ve fusco tincto ; pcdibus exili- bus, sat elongatis testaceo rubescentibus. 11 est légèrement ovale; le suçoir est court, épais, rou- geâlre, quelquefois cependant d'un jaune-roussâtre. Les palpes de même couleur que le suçoir, un peu plus al- longés que ce dernier, ont leur premier article assez long, grêle et étroit à la naissance -, ceux qui suivent sont plus courts, comprimés et hérissés de quelques poils d'un jaune-testacé. La tête triangnliforme, rougeâtre, quelque fois d'un jaune très légèrement teinté de roussâtre, est re- marquable par les angles de la base qui sont assez sail- lans et aigus. Le thorax est assez grand et peu profondé- ment échancré pour recevoir la tête -, il est plus long que large, arrondi sur ses parties latérales ainsi qu'à sa base et présente de chaque côté un sillon assez profond légè- rement en croisant ; il est très finement ponctué, d'un et qui n'avait pas moins de 8 millini. de longueur sur 3 de largeur. Je ferai observer que c'est la première fois que ces Arachnides ont été surprises sur des Batraciens, car jusqu'à présent elles n'avaient encore été signalées par les auteurs dans la classe des reptiles que comme vivant parasites sur les Chéloniens, les Sauriens et les Ophi- diens. 64 ANNALES rougeâtre clair dans sa partie médiane et d'un brun teinté de rouge sur les côtés latéraux. L'abdomen, plus large a sa partie antérieure qu'à sa base, est ovalaire, d'un jaune- grisiître plus ou moins fortement teinté de brun j il est très finement strié transversalement en dessus avec sa partie inférieure ou le dessous entièrement lisse. Les pattes sont courtes, grêles, assez allongées et d'un testacé très légèrement teinté de rougeâtre. Le mâle diffère de la femelle par une forme un peu plus étroite , par les pattes qui sont un peu plus allongées et moins grêles et par la couleur du thorax et de l'abdomen qui est un peu plus foncé. Cette espèce, qui se plaît dans les plis des organes de la locomotion et du cou, a été rencontrée sur un Lacerta ocellata, Auct., qui a été pris dans les environs d'Alger, par M. H. Bertlioud-, ce Lacer tien fait partie de la ména- gerie du Muséum. Explication des Figures ^ et b de la Planche I. Fig. 4. Jxodes pidchellus ç grossi, 4 a la grandeur na- turelle. 4 h Ixodes pulchellus d*, grossi. 4 c la grandeur naturelle. 4 d portion antérieure du corps très grossie, dans laquelle on voit les épines dont le suçoir {^g. 4 e) est armé. 4 /"les palpes. Fig. 5. Ixodes exilipes Ç grossi, 5 a la grandeur natu- relle. DE LA SOCIÉTÉ EIslTOMOLOGIQUE. G5 DESCRIPTION DES LARVES DU STEATODERUS FERRUGINEUS, FaLr., DE l'AGRYPNUS VARIUS, Fabr., et du SILPHA OBSCURA^ Fabr. Par M. J. F. J. BLISSON. (Séance du S Octobre 1845.) Larve du Steatoderus ferrugineus . Corps dur, cylindrique, très long, très lisse et très brillant, diminuant sensiblement de grosseur seulement à partir de la naissance du onzième anneau. Dernier an^ neau conique, obtus et arrondi à son extrémité. Couleur, en dessus plus ou moins fonce'e, mais un peu plus claire sur les bords des incisions des anneaux, variant du jaune- paille à la nuance produite par la terre de Sienne brûlée, selon Tâge, les individus et le temps qui s'est écoulé après un changement de peau j en dessous plus claire et semblable à celle des bords des incisions. Tète d'un brun-marron ou jaunâtre, très brillante, aplatie en forme d« coin, concave au milieu entre la base des mandibules, ayant en cet endroit deux impressions sinueuses. Mandibules très brunes, armées d'une dent très apparente vers le milieu des côtés internes. Premier anneau d'une couleur plus foncée que celle 66 ANNALES des aulres anneaux, mais moins que celle de la tête; ayant antérieurement une ligne de petits traits présen- tant la figure d'une accolade, et un peu au-dessous de cette ligne sur chaque côté, quatre autres petits traits de différentes longueurs groupés très irrégulièrement. Sur la partie antérieure des autres anneaux, deux petits traits ainsi disposés \/, accompagnés de quelques points allongés, un peu moins apparents et dirigés dans le même sens. Sur la partie postérieure, excepté sur le dernier anneau, une ligne transversale d'une couleur un peu plus foncée, distante du fond de Tincision d'à peu près un demi milli- mètre, ce petit intervalle vu à la loupe paraissant très fi- nement strié. Dessus des anneaux, dans la partie la plus colorée parsemé d'une multitude d'atomes ou de petits points jaune-paille. De chaque côté un point touchant la ligne transversale, et au-dessus des stigmates un petit trait longitudinal au bout duquel se trouve un autre point. Tous ces points et traits sont d'une couleur un peu plus foncée que les parties sur lesquelles ils se trou- vent. De chaque côté sous le corps une ligne blanchâtre et sur le milieu du dos dans toute sa longueur, une im- pression ou petite ligne jaune-paille presque imperceptible à l'œil nu. Dernier anneau légèrement ridé , anus placé près de l'incision. Stigmates ovales sur les côtés de la tête et des trois premiers anneaux, et sur la même ligne que les stigmates un j)etit point. Quelques poils très courts implantés sur les côtés de la tête et du corps et auboutdu dernier anneau-, six pattes écailleuses brun jaunâtre à leurs extrémités. Nymphe légèrement jaune-paille rosâtre, ayant deux pointes ou épines d'un millimètre un tiers de longueur, brunes à leurs extrémités, et situées à la partie antérieure du prolhorax, derrière les yeux. Dernier anneau terminé DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 67 chez les mâles par deux pi'olongements en forme de poin- tes. Tête et extrémité de TaLdomen relevées en arc de cercle. Les larves du Stentoderus ferrugineus sont communes, on les trouve dans le bois pourri réduit à Tétat de terreau de divers arbres ; elles atteignent leur entier développement fin de mai et elles se transforment en juin. L'insecte par- fait apparait ordinairement dans les quinze premiers jours de juillet. Les nymphes sont délicates et périssent facilement. On trouve à côté des larves qui sont parvenues à toute leur grosseur, d'autres petites larves qui ont à peine un millimètre d'épaisseur et qui doivent cependant avoir près d'un an (I) ; et entre ces larves, souvent plusieurs autres offrant presque tous les degrés intermédiaires de développement. De telles différences indiquent que les Steatoderus ferrugineus doivent vivre de 3 à 5 ans sous la forme de larve. Ayant appris, depuis que j'ai rencontré la larve dont il s'agit, que M. Guérin-Méneville l'avait découverte probablement avant moi, je n'ai point voulu la décrire avant de savoir si son intention était de la publier. Ce n'est que d'après sa réponse négative que je me per- mets d'en adresser la description à la société eatomolo- gique. Larve de Y Agrypnus varias. Corps déprimé, blanc jaune-paille, renflé latéralement du quatrième au dixième anneau, pouvant s'allonger beau- coup dans la marche, et devenant alors d'égale largeur dans toute sa longueur. Tête brun-marron ou brun-rouge, aplatie autérieure- (1) Dans le premier âge elles sont blanches. G8 ANNALES ment en forme de coin, concave, rugueuse, mandibules d'une couleur plus foncée^ pointues et i-eleve'es à leur ex- tre'mite. Premier anneau plus large que le deuxième et le troi- sième, portant une large bande transversale d'une couleur plus claire que celle de la tête. Deuxième anneau ornd d'une petite ligne à peu près de même couleur, place'e antérieurement très près de Tincision. Tous les anneaux, depuis le deuxième jusqu'au dou- zième , ayant de chaque côte sur le dos un petit trait courbe, peu apparent, d'une couleur un peu plus foncée que celle du corps. Dernier anneau en partie couvert par une espèce de plaque rouge-brique en forme de fer à cheval termine'e par deux pointes bifurque'es -, sur les côtes de cet anneau qua- tre petites pointes de même couleur allant en grossissant de la première à la quatrième. Tube anal proéminent et je crois rétractile, et ce qui est très remarquable, armé postérieurement de deux forts crochets brun-marron servant probablement à la mar- che (1). Sur les côtés du corps et sur chaque anneau, particu- lièrement sur le dernier, quelques poils blonds. Six petites pattes écailleuses de même couleur que le corps, ayant les extrémités rougeâtres et aux articulations de petites taches également rougeâtres peu apparentes. Lorsqu'on inquiète cette larve, elle lève la tête et même la partie antérieure de son corps. (1) On trouve égalemeni ces deux crochets à la partie postérieure du prolongement anal do la larve de VAgrypnus marinas. Ces cro- chets sont-ils propres aux larves des Agrypnus ? Cela me semble probable, car je ne les ai aperçus chez aucune de celles que je con- nais, appartenant aux genres Athoas, Ampedus, Steatoderas, La- dias et Agriotes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. m La nymphe porte six e'pines sur le prothorax, placées savoir : deux sur le Lord antérieur, derrière les yeux ^ deux aux extrémités des angles postérieurs, et les deux autres sur le bord postérieur, au-dessus de Técusson. Ces quatre dernières sont inclinées vers la tète. Le dernier anneau est terminé par un prolongement dont les côtés sont droits et dont l'extrémité forme un angle. J'ai trouvé trois larves de cette espèce parvenues à leur entier développement avec Finsecte parfait éclos depuis quelque temps, le 1 1 juin 1845, furet de Jupilles (Sarthe), dans l'intérieur d'un gros tronc de chêne complètement échaufte dont le bois était entièrement rouge et en grande partie pourri on en poussière -, elles étaient près d'une fourmilière. Ces larves se transformèrent vers le 20 juil- let et leuréclosion eut lieu, ù l'exception de l'une d'elles c[ui périt, du 20 au 30 août. Larve du Silpha obscurci. Elle est en dessus d'une couleur blonde ou terre d'om- bre, plus claire sur les prolongements latéraux falsiformes des anneaux j le dessous du ventre est grisâtre. La tète est ronde, légèrement déprimée, de même couleur que le dessus du corps, mais un peu plus foncée près du bord antérieur du prolhorax. Les mandibules sont petites, couleur marron. Les antennes sont compo- sées de trois articles, à peu près de même couleur que les mandibules, les deux premiers sont plus gros. Derrière la base des antennes on aperçoit deux petits points ou espèces d'ocelles d'un brun-marron. Les bords latéraux des anneaux ont des dents ou prolongements en forme de faux; ces dents ont : T à leur bord supérieur une tache alongée d'un brun paraissant bleuâtre également appa- rente en dessus et en dessous -, et 2° à l'angle interne du 2* Série j tome iv. 5 70 ANNALES bord inférieur un point along^. Les anneaux sur le dos sont orne's d'une ligne de petits traits de même couleur s'arrétant vers la moitié ou les deux tiers de la longueur de chaque anneau, et de deux rangs sous-dorsaux de petits points alonge's. On aperçoit sur les côtés des trois pre- miers anneaux plusieurs autres points, disposés circulai- rement surle premier, et carrément sur les deux suivants. De chaque côté du dernier anneau et à son extrémité se trouvent deux épines, et à la base de celle-ci deux au- tres très petites. Ce dernier anneau ayant une forme carrée est terminé par un prolongement semblable, inais plus petit qui sert de point d'appui dans la marche. Les cuisses ont une tache brune et les anneaux sont marqués d'une semblable tache en forme de chevron. Les stig- mates sont représentés par un point brun , et placés un peu au-dessous des dents latérales. Les pattes sont lon- gues et couvertes surtout vers leurs extrémités de poils raides et courts. La nymphe est d'un blanc légèrement couleur de chair, sa tête est inclinée sous le prothorax et l'extrémité des palpes se trouve à la hauteur du premier article des tarses des premières pattes. Les dernières pattes sont très sail- lantes sur les côtés, surtout à l'endroit de l'articulation de la cuisse et de la jambe-, vue du côté du dos, cette partie avancée se trouve entre deux poils ; les extrémités de ces pattes se rendent jusque vers les trois quarts de la longueur de l'avant-dernier anneau. Le dernier anneau est terminé par deux prolongements cylindriques à l'ex- trémité desquels est un long poil, couleur marron, très raide , arqué intérieurement. Chaque anneau porte sur les côtés un poil long, gros a sa base, roide, de même couleur. Sur le bord antérieur du prothorax se trouvent de chaque côté, derrière les yeux, deux autres poils plus UE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7Î courts et au-dessous de ceux-ci, toujours sur le bord, un grand nombre de petits poils rougeàtres, très courts, vi- sibles seulement à la loupe. Sur le dos on voit une ligne vasculaire couleur terre d'ombre. Cette nymphe se meut et tourne sur elle-même avec une grande vivacité' lorsqu'on la touche. Elle relève son abdomen en arc de cercle. La larve de cet insecte a e'té trouve'e, par mon fils, le 18 août, courant par terre au milieu d'un champ très sablonneux entre des herbe s elle s'est transformée dans du sable quelques jours après, et Finsecte parfait est éclos le 20 septembre-, il ne s'est entièrement colore' que le 24, après avoir passé du roux au noir j le 25 du môme mois il est sorti de sa cellule. Les larves de ce kS/'/^Watteignent toute leur taille dans les derniers jours d'août. Elles vivent probablement de petites chenilles ou de larves plus faibles qu'elles, et peut- être même de substances végétales. Explication de la planche 2*. iV" 1 . Steatoderusferrugineus Fa.hr. Fi^. 1 «larve. 1 b nym- phe. A^rypnus varius Fabr. Fig. 2 a larve. 2 h nymphe. Silpha obscura Fabr. Fig. 3 a larve. 3 b nymphe. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 73 ENTOMOLOGIE FRANÇAISE. Rhymhotes. Par M. AMYOT. (Suite) (1). SUBDIVISION IL QUADRINERVES. QUADRINERFI (T). Cimex Linn. — GeofFr. — Scop. — Vill. — Ross. — Ljgœiis Fabr.— Panz. — Schel).— WolfF.— Coqb.— Fall. — SchilL — Hahn — Burm. — BrulL — Ramb. — Blanch. — Am. Serv. — Mirish. Duf. — Ljgœosoma, Arocatus Spin. Cette subdivision se distingue de la suivante par des he'tnie'lytres dont la membrane (y?g', 27) offre quatre ner- vures longitudinales dont les deux internes sont re'unies par une nervure transverse. Cette nervure transverse a pour effet de former, à la base de la membrane, une sorte de carre' irrégulier-, les nervures sont quelquefois peu distinctes à cause de Topa- cité et de l'obscurité de la membrane dans certaines es - pèces. Corps allongé, plat en dessus, légèrement velu. — Tête triangulaire, s'avançant en pointe mousse entre les an- tennes. — Yeux assez petits, globuleux. — Ocelles gros, très éloignés entre eux et rapprochés des yeux. — Anten- nes assez longues, le premier article court, dépassant à peine Textrémité de la tête, épaissi -, le second ordinaire- ment le plus long de tous -, le quatrième plus long que le précédent, légèrement fusiforme. — Prothorax trapézoï- dal, avec une double impression près du bord antérieur. — Ecusson triangulaire. — Hémiélytres de la longueur et de la largeur de Tabdomen. — Pattes assez grandes, les postérieures un peu plus longues que les autres, toutes les cuisses d'égale grosseur, non renflées. (1) Voyez : 2« Série. Tome III (1845), page 494. (4) Qtiadrus, carré, nervus, nervure. 74 ANNALES 126 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BRÉVISCUTES. (3) Les espèces de celte suLdIvision ne re'pandent en gê- nerai aucune odeur, si ce n'est peut-être, pour quelques unes, un le'ger parfum qui n'est point desagréable. 1. (10). Membrane des he'miélytres matte, opaque. 2. (7). He'miélytres ayant une large bande transversale ou une grande tache noire sur la corie. Les deux nervures externes de la membrane ne se réu- nissent pas à leur base, comme cela s'observe ailleurs, avant de toucher l'extrémité de la corie. 3. (4). Prédorsum sans ligne longitudinale rouge au mi- lieu. Érythrochile. 1 lO. Eryihrochilus (1). Prédorsum noir, bordé de rouge latéralement. Long. 0,010. aulicus Fabr. R. 220. 71. Rouge-, une linéole à l'extrémité de la tête et la partie en arrière des yeux, l'écusson, une large bande transver- sale sur la corie, la membrane, les côtés du sternum, une grande tache irrégulière au milieu du ventre et une petite de chaque côté, à chaque segment abdominal, l'anus, les pattes et les antennes, noirs*, la pointe extrême de l'écus son, rouge. ?. Environs de Marseille. Des individus en tout sembla- bles, sauf de légères nuances de couleur, viennent des di- verses parties de l'Amérique. Métulle {fg. 27). 111. Metidla (2). Prédorsum noir avec une bande rouge transversale. Long. 0,010-14. equestris lÀnn. 726. 77.— De G. 276. — Ross. 1319. (1) E>t/9/>èf, rougi, A:«'^«f» ^^^à. (2) Hébreu, y 'j no» metuUah,(\\xi éclate de pourpre. DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 75 (5) INFÉRICORNES QUADRINERVES. LAGÉNIFERE. 127 — Fabr. R. 217. 57. — Wolff. 24. pi. 3. f. 24. — Panz. 79. 19.— ScliUl. 58. 1. pi. 5. f. 4.— Fall. 48. 1.— Hahn.I. 21. pi. 3. f. 12.— Burm. 298. 3.—spe- ciosus Scop. E. 127. 369. — La Punaise rouge à ban- des noires et taches blanches. GeofFr. 442. 14. Rouge-, Textrëmité de la tête, la partie en arrière des yeux, une large bande bidentee postérieurement occupant le bord antérieur du prédorsura , une bande e'troite à son bord poste'rieur, Técusson, une bande transverse sur le disque de la corie des hémiély très formant, avec une tache qui occupe, en avant, une partie de son bord interne, à la suite de l'e'cusson, et avec la membrane, une espèce de croix de chevalier, la membrane, le sternum, une double série de taches de chaque côté du ventre, Tanus, les pat- tes et les antennes, noirs ; deux ou trois taches sur la mem- brane, et sa bordure extrême, blanches. bji1> fcgli, piélon. (2) Hébreu, nVÏ, tsaka, errer. 90 ANNALES 14'2 RHYNCHOTES, HÉMIPTÈRES. BRÉVISCUTES. ( 1 '2) erraticus F ahr. R. 232. 139. — Fall. 60. 19 {riec SchiU. 74. 15). — decoratus Hahn. I. 139. pi. 22. f. 71. La bande transverse brune des hémiélytres e'troite, in- terrompue au milieu i la membrane claire, les nervures seulement tachées de brun \ les pattes pâles, avec les cuis- ses noires -, Tarticulation du second, et du premier articles des antennes, pâle. cfç. Dans toute FEurope. 12. (3). Prothorax re'tréci antérieurement, ses angles an- térieurs ne saillant pas en dehors de la ligne des yeux. Béose. tSS. Beosiis (1). Noir, la partie poste'rieure du prédor- sum et les hémiélytres grises , avec une tache noire à rextrémité de la corie. Long. 0,007. luscus Fabr. R. 231. 133. — Wolff. 145. pi. 14. f. 139.— Schill. 67. 6. pi. 6. f. 4.— Hahn. L 48. pi. 8. f. 30.— Burm. 295. 6.— Blanch. 132. 3.— A. Cost. G. jm.—quadratusPanT.QI. 11.— Am. Serv. 254. Les bords latéraux du prédorsum pâles •, la tache noire de la corie cernant une tache blanche ; la membrane blan- châtre, tachée de brun ; pattes pâles, Textrémité des cuis- ses, noire; antennes brunes, d'ç. Dans toute l'Europe -, commun aux environs de Paris, dans les vieux arbres. Hyodochrote. 136. Hyodochrotus (2). Noir, les hémiélytres d'un noir ferrugineux avec une tache basilaire, et une autre plus petite au milieu de la corie, touchant le bord externe, pâ- les. Long. 0,003-4. (1) Hébreu, UNS, beosch, puant. (2) r'«B liepha, obscurilé. (3) Bpst^^i, court, OX//0;, tronc. 96 ANNALES 148 UIIYiNCHÛTES. HÉMIPTÈRES. BRÉVISCUÏES. (26) arenarius Linn. 729. 95. — Fabr. R. 233. 146 {nec Hahn). Les deux derniers articles des antennes assez e'paissis ; la corie finement ponctue'e , la membrane très transpa- rente, à peine nuance'e de brun-, pattes assez courtes, les cuisses antérieures peu renflées. Environs de Paris, dans les prairies. Fabricius dit : Dans les lieux sabloneux de rFhirope septentrionale. 23. (14). Prothorax rétréci en avant, les angles antérieurs ne saillant pas en dehors de la ligne des yeux. 24. (25). Abdomen notablement aplati , plus large que le prothorax, la tête très petite proportionnellement. Gastrode. 148. Gastrodes (1). Ferrugineux, la tête, la partie an- térieure du prédorsum, Técusson et le sternum noirs. Long. 0,008. ahietls Linn. 732. 115.— Fabr. R. 256. 16.— Panz. 92. 22.— F ail. 61. 21.— Burm. 295. ^.—feirugineus Linn. 730. 99-— Scliill. 82. 1. pi. 7. f. 7. Var.?— Hahn. in. pi. 84. f. 1h\.—grossJpesT>e G. 308. 31. pi. 15. f. 20. 21. Le prothorax s'élargissant notablement en arrière. èce forme, sous ce rapport, une ano- malie singulière dans les Inféricornes. SUBDIVISION V. MAGNOCULES. MAGNOCULI (i). Salda FaLr. — - Le P. Serv. — Guér. — Brull. — Geo- colis Fall. — Ophthalinicus Scliill. — Burm. — Herr. Sch. — Blanch. — Am. Serv. Cette subdivision se distingue de toutes les autres par une tète {fig' 29) large, transversale, les yeux grands, réniformes, allonge's. Tète courte, les yeux dépassant de chaque côté la ligne du prothorax, le bord ante'rieur offrant une pointe plus ou moins prolongée au milieu. — Ocelles peu distincts, aussi éloignés entre eux que des yeux. — Antennes courtes, le quatrième article aussi long que le troisième. — Pro- thorax en forme de carré plus ou moins régulier. — Ecus- son grand. — Pattes assez courtes, les cuisses un peu épaissies, fusiformes -, tarses très longs. Les autres carac- tères sont ceux des Quadrinerves, sauf la membrane des hémiélytres, qui est semblable à celle des Ondinerves. 1. (2). Hémiélytres entièrement coriaces, sans membrane, ou la corie très grande et la membrane très courte. HoLOSCYTE -f . 17». Holoscytus (T). Noir luisant, avec une hgne lon- gitudinale médiane sur leprédorsum, blanche, et Textré- mité des hémiélytres pâle. Long. 0,004. (1) MagHus, g: 311(1, ocm/iw, œil. (i) O'Vof, bou', cTKVToc, cuir. 112 ANNALES 164 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. MAGNOCULES. (3) atra Fabr. R. 1 14. 4. — Panz. 92. 20. — WolfF. 43. pi. 5f. 40. — Fall. 71.3.— Schill. 62.2. — Hahn. I. 88. pi. 14. f. 49^ 50. — Burm. 291. 2. Dans TEurope moyenne, dit M. Burmeister^ et com- mun partout (d'a|,rès les auteurs). SlRlON -j-, 113. Sirion (1). Noir, les bords du prédorsum et le contour des heuiiéiytres pale. Long. 0,004. grylloidesUnn. 1\1. 13.— Fabr. R. 115.7. — WolfF. 44. pi. 5. f. 41. — Fall. 70. 1. — Schill. 62. 1. pi. 8. f. 7. — Hahn. L 86. pi. 14. f. 48. — Burm. 291. 1. — Fieb. 123. 17. — disparWng.'^ A. Fr. 1839. 523. — Herr. Sch. ? \ H. 16. pi. 222. r 696, 697. Rare. Linné dit : Caché sous les feuilles de la patience [nimex). M. Waga dit que la femelle de son O. dispar est toute noire. M. Fieber pense que cette femelle appartient aune autre espèce (O. Vllrichii Fieb.), mais que le mâle de 10. dispar Wag. appartient à notre Sirion. 2. (1). Hémiélytres avec une membrane ordinaire. 3. (4). Tête rouge. 174. Plagiops (2). Noir luisant ponctué j les pattes ainsi que la tête d'un rouge fauve. Long. 0,009. erytluvcepkala Le P. Serv. 321. 1. — Guér. Lpl. 56. f. 4. — Brull. 387. — Blanch. 135. 2. — Am. Serv. 261. 1. — Fieb. 115. 2. —fwntalis Herr. Sch. IV. 23. pi. 117. f. 371, D. La membrane des hémiélytres claire-, le pénultième (1) ViyQJ, scliirjon, cuirasse épais^se. (î) Uxciyioc, ( blique, M^j Cfi'- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 113 (4) INFÉRICORNES. MAGNOCULES. IRACON. 1 G5 segment ventral coupé obliquement dans la femelle ; comme dans les Gésiventres. c?ç. Midi de la France -, Smyrne. Les yeux des mâles sont plus grands, plus aigus que ceux des femelles. M. Fieber fait observer que dans cette espèce la marge interne de la corie {clavus) est entière- ment distincte du reste de cette partie de The'mitilytre et forme un pli mobile avec elle. 4 (3). Tète noire. Prothorax en forme de carrd transverse. — Marge in- terne de la corie ne se pliant pas. Ophtualmique. tïS, Ophthahnicus (1). Noir, avec une ligne pre'dor- sale longitudinale médiane et les hémiélytres blanchâtres. Long. 0,004. albipennis Fabr. R. 114. 5. — Fall. 70. 2. — - Burm. 291. 3. — Herr. Sch. IV. 22. pi. 117. f. 370. — Blanch. 135. 3. — Am. Serv. 2G1. 4. — Fieb. 120. 11. L'extrémité de la corie des hémiélytres brune , quelque- fois aussi ses bords latéraux, i^ç. Marseille (Solier)-, Piémont (Ghiliani). Iracon {Jig. 29). fïO. Iracon (2). Noir luisant, le l)ord du prédorsum blanchâtre. Long. 0,004. pallidipennis Am. Serv. 261. 3. Le bord antérieur de la tête, une ligne étroite au bord (1) 0'«9ax/xôç, œil. ébreu, ■npTv 2'" Série. TOME iv. 114 ANNALES IGG RHYNCHOTES. IIÉMU'TF.P.ES. BRÉVlSCUTEi». antérieur ainsi que le bord postérieur du prédorsum, le yeux, les hémiélytres et les pattes, blanchâtres, rf'ç. Midi de la France. DIVISION III. CÉCIGÈIVES. CMCIGENjE (1) Am. Serv. Cimex Linn. — Geoffr. — De G. — Stoll. — Tign. — Lygœus Fabr. — Wolff. — Pyrrhocoris Fall, — L. Duf. — Burm. — Curt, — Ramb. — Am. Serv. — Platynotus Schill. — Hahn. — ^stemma BruU — Blancli. Cette division se distingue des deux précédentes par Tabsence des ocelles Indépendamment de ce caractère, elle se distingue aussi de toutes les autres par une disposition particulière des nervures de la membrane des hémiélytres [Jîg. 29), la- quelle offre deux cellules placées à la base et coupées obli- quement par Textrémité de la corie, en ovale irrégulier à l'extrémité opposée, accolées Tune à l'autre, rexterne un peu plus grande que Tinterne, avec des nervures droites ou fourchues en nombre variable, qui partent par irra- diation du contour de ces cellules. Cette disposition très marquée dans Tun des principaux types exotiques de celte division, le Dysderque {^KœTiigiiVahv.') , est toutefois à peine reconnaissable dans une des deux espèces euro- péennes qu'elle renferme, la Pyrrhocore, dont les hémié- lytres sont même ordinairement dépourvues de mem- brane-, mais elle est très distincte dans l'autre espèce européenne, le Platyméce. Pyrrhocore. lî'ï. Pyrrhocoris {T). Rouge, avec des taches, notam- (1) Cœcii.^, aveugle, geno, enfanter. (2) nvp'p'cs, rouge, niptf, punaise. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 115 CÉCIGÊNES. PYRRHOCORE. 167 ment deux points sur la corie des liémiél^'tres, noirs. Long. 0,010. aptcrusUnn. 727. 78.— De G. 276. 20. - Fabr. R. 227. 116. — Wo!fF. 108. pi. 11. f. 102. — Tign. 279. pi. 9. f. 5. — Schill. 57. — Hahn. L i9. pi. .3. f. 1 1 . — L. Duf. R. 42. I . — Burin. 286. 12.— Gurt. pi. 465.-Brul]. 373.— Blanch, 129. 7. pi. 5. f. 1. — Ani. Serv. 269. 1. — calman'ens/'s Fall. 45. l . — La Punaise rouge des jardins GeofTr. 440. 1 1 . pi. 9. f. 4. — La Punaise sociable. StoU. 62. pi 15. f. 103. — Lygée aptère. Faun. Fr. pi. 5. 1. 3. Tête, disque médian du prédorsum, écusson, bord in- terne de la corie le long de ce dernier, un gros point sur le disque de cette corie avec un autre plus petit près de la base, la membrane quand elle existe, le dessous du corps, les pattes et les antennes, noirs j bords de Tab- domen, un collier, une bande e'troite à chaque segment du sternum, les hanches et rextréniilé du dernier segment ventral, rouges. c^Ç. Celte espèce, des plus abondantes en Europe, vient aussi de rxAmérique septentrionale ; De Geer dit qu'elle est très commune en Hollande, mais plus rare en Suède. Elle est connue aux environs de Paris sous le nom de suisse, probablement à cause de sa couleur rouge , qui était celle de Tuniforme des troupes suisses anciennement au service des rois de France. On la nomme aussi cher- <^he-midi parce qu'on la voit rechercher les lieux expose's au soleil, au pied des arbres ou au bas des murs, entasse'e par groupes de cinquante à soixante individus, qui se tien- nent serrés les uns contre ou sur les autres, et la têle di- rigée vers un point central. On rencontre quelquefois dans nos départements méridionaux des individus dont les hémiélytres sont pourvues de membrane; dans ce cas liO ANNALES 1G8 RUY>CnOTES. HÉMIPTÈRES. BKÉVISCLITES. ils ont aussi deux ailes inférieures de couleur noire ; Geof- froy dit même qu'il en a trouvé quelcjues-unes dans cel état, aux environs de Paris. La femelle, dit M. L. Dufour (R. 209), ne présente aucun vestige d^oviscapte. Les pièces vulvaires sont au nombre de six. L'armure copulatrice ou plaque anale du mâle est une pièce arrondie, noire, une sorte de capsule cornée, en- châssée en grande partie dans le dernier anneau de Tabdomen , et articulée avec un demi segment bordé de rouge, qui en recouvre une portion. Sa face infé- rieure est convexe, très lisse, glabre, luisante sans aucune trace de division. Sa face supérieure, entièrement abritée dans Fétat de repos , sous la dei'uière plaque dorsale de l'afjdomen, est horizontale, déprimée, garnie d'un court duvet dans son contour, et on observe, vers son milieu, deux petites pièces cornées, noirâtres, lancéolées, conti- guës, mais distinctes par une rainure médiane, et dont les pointes sont dirigées en avant. Ces pièces, suscepti- bles d'un mouvement de bascule sur leur base, paraissent destinées à jouer un rôle de préhension dans l'acte copu- latif. C'est un peu en avant de leurs pointes que saillit l'organe mâle dans l'insecte vivant (/VA 166). Les accouplemens ont lieu indifféremment entre mâles et femelles soit ailés, soit aptères. Le mâle monte sur la femelle, qu'il saisit et embrasse avec ses pattes-, puis, après quelque temps, il se retourne en la lâchant, mais restant attaché à elle -, dans cet état, et étant le moins fort, il est entraîné par elle à reculons et sur le dos. On a remar- qué, en plaçant ces insectes dans des vases, que l'accouple- ment durait de trois à quatre jours sans interruption. Au commencement, les mâles et les femelles se séparent au moindre attouchement-, mais lorsque laccouplement a DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 117 BICELLULES. 169 duré déjà depuis quelque temps, on peut les saisir et les tourmenter sans qu ils se détachent. Le corps de la femelle s'élargit pendant raccouplement, et acquiert à la fin de cet acte un développement au moins double de celui quil avait auparavant. Elle se traîne ensuite lentement, et va déposer ses œufs dans les lieux humides, sous les feuilles-, ils sont disposés en tas, au nombre d'une vingtaine, grands d'un millimètre, ova- les, d'un blanc de perle, très lisses et très brillans ; leur couleur devient peu à peu bleuâtre, et ils grossissent jus- qu'à l'éclosion. (Hausmann. Magazin fiir inseht. von Illi- ger. Tome I".) Quand arrive la mauvaise saison, ces insectes se retirent sous les pierres et sous les écorces pour y passer l'hiver, pendant lequel ils restent engourdis-, ils se raniment et reprennent leurs habitudes ordinaires dès les premiers jours du printemps. Us n'exhalent absolument aucune odeur. Ils sucenl la sève des végétaux, ainsi que des in- sectes morts, dit-on, même de leur propre espèce. Platyméce. 178. Platymecus (1). Semblable à la précédente espèce, mais le corps plus oblong et un seul point noir sur les hémiél;ylres. Long. 0,008. œgyptius Linn. 727. 79. — Fabr. R. 222. 87. — Hahn.IL 10.pl. 37. f. 121. — Ramb. 157.— Am. Serv. 270. 2. Midi de la France-, Egypte; Malaga. d'ç. TRIBU TROISIÈME. BICELLULES. BICELLULI {1) Am. Serv. Cette tribu se distingue des précédentes par les deux (l)nxaTÙî, plal, («îixof, long. (2) Bis, deux fois, cellula, cellule. 118 ANNALES 170 RUYNCHOTES, HÉMIPTERFS. derniers articles des antennes très fins, setiformes, ainsi que par Texistence d'une espèce d'appendice {^fig- 37 a) à rextrémitc de la corie des hémiélytres, et d'une double cellule [id. h) à la base de la ïnembrane -, quelquefois les he'miélylres sont entièrement coriaces, sans membrane. Les ocelles n'existent pas. L'appendice (^fig, 37 a) consiste dans une pièce trian- gulaire séparée du reste de la corie par un pli transversal qui commence au bord externe et va se terminer un peu au-delà du milieu de l'iiémiélytre sans atteindre jusqu'au bord interne -, ce pli forme une espèce de coude ou d'ar- ticulation dont on ignore Fusage, mais qui ne paraît pas devoir constituer une articulation propre, puisqu'il s'ar- rête au milieu de la corie. La double cellule {id. h) qui existe à la base de la membrane, se compose d'une grande cellule ovalaire toucbant laquelle s'en trouve une autre beaucoup plus petite, quelquefois même à jieine distincte, placée au côté externe et formée par une nervure droite que projette la nervure arrondie qui circonscrit la double cellule; ces nervures, du reste, sont les seules que pré- sente la membrane. La tarière des femelles est notablement développée dans cette tribu. Les mœurs de ces insectes sont inconnues. On les trouve généralement sur les plantes et dans les fleurs oii l'on suppose qu'ils font la cbasse à d'autres insectes plus petits qu'eux, dont ils sucent la substance avec leur bec. M. Meyer (V. 15) en compte cent soixante espèces d'Eu- rope connues jusqu'à lui (en 1842), dont il a trouvé cent vingt-cinq en Suisse , ce qui fait presque le tiers du nombre total des Rliyncholes d'Europe, que le même auteur porte à cinq cent quarante. Les autres parties du uioude n'en fournissent, au contraire, qu'une assez petite DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 BICELLULES. RECTIFRONTS. 171 quantité, soit que ces insectes affection lent spécialement nos climats, soit qu'ils n'aient pas encore été suffisamment Tobjet des recherches dans les pays exotiques. Du reste, ils sont difficiles à saisir, parce qu'ils sont agiles et s'en- volent rapidement dès qu'on s'en approche. Ils aiment une température douce, et cherchent, dans les grandes cha- leurs, les lieux frais et ombragés. Ils commencent à paraî- tre avec les beaux jours et finissent avec eux vers le milieu de l'automne. La délicatesse et la mollesse des différentes parties de leur corps, qui se détachent facilement, em- pêchent qu'on ])uisse les conserver comme la plupart des autres insectes de cet ordre, dans les collections. Les Bicellules se divisent en Rectifronts et Flexifronls. DIVISION I. RECTIFROIVTS. RECTIFRONTES (1). Ciinex Linn. — Geoffr. — Ross. — MirisYahv. —Wolff. — Hahn. — F'all. — Burm. — Herr. Sch. — Blanch. — Mey. — Am. Serv. Cette division se distingue de l'autre par une tête qui, vue en dessus, est plus longue que large, dirigée hori- zontalement en [)oinle {^Jig- 35)', les antennes insérées sur un tubercule assez loin en avant des yeux. Corps allongé, étroit, linéaire, de couleur verdâtre en général. — Yeux petits, globuleux. — Antennes légère- ment velues, le premier article notablement plus long que la tête, épaissi-, le second grêle, cylindrique, le plus long de tous-, le dernier plus court et encore plus fin que le précédent. — Bec atteignant la base de l'abdomen, ses articles à peu près d'égale longueur. — Ailes inférieures presque aussi longues que les hémiélytres. — Faites lon- (1) Reclus, droit, /ronî, fronl. 120 A^NALES Ï72 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. (6) gues, les postérieures surtout-, cuisses légèrement renflées, jambes frange'es. 1. (2). Cuisses postérieures armées d'épines dans les deux sexes. Blaptomère. 199. Blaptomerus (1). Vert jaunâtre ou pâle. Long. 0,006-7. calcaratus Fall. 131. 5. — Burm. 265. 2. — Am. t?erv. 278. 2. — dentaius Hahn I. 15. pi. 2. f. 8. — Mey. 34. 1. -- Miris verdâlre? Faun. Fr. pi. 6 f. 4. Quelquefois des lignes brunâtres sur le prédorsum-, les épines, au nombre de deux, inégales, placées en dessous, vers l'extrémité des cuisses postérieures. c?ç. Assez commun partout, sur les fleurs et dans les prai- ries. 2. (1). Cuisses postérieures muliques. 3. (10). Hémiélytres pluslongues queFabdomen, la mem- brane grande, i. (9). Protliorax sans rebord applati de chaque côté. 5. (8). Corps grêle, allongé, moins élargi que dans la divi- sion opposée. 6. (7). Antennes plus courtes ou pas plus longues que le corps. CnLOROTE. ISO. Chlorotus (2). Vert pré uniforme. Long. 0009-10. vireus Linn. 730. 102. — Fabr, R. 254. 7. — Eoss. 1349. _ Wolff. 78. pi. 8. f. 75. — Hahn. IL 79. pi. 54. f. 165. — Herr. Sch. IIL 42. pi. 85. f. 257. — Mey. 35. 4. (1) BxaTTw, blesser, wnpôc, cuisse. (2) XxMpèc, vert. DE LA SOCIÉJ'E ENTOMOLOGIQUE. 121 (6) BICEILULES. RECTIFRONTS. PHÉLODERE. 173 Le premier article des antennes un peu plus long que le prothorax, notablement plus allonge et plus grêle que dans Tespèce suivante, ç. Environs de Paris et dans toute TEurope. Il paraît un peu après le Miris , dans les grandes chaleurs de Tête. Nous rapportons à la même espèce un individu ç, des en~ virons de Troyes (Berton) , dont les antennes sont plus courtes que le corps, le prothorax notablement plus al- longe, plus retre'ci en avant que dans Tespèce suivante, avec les cuisses légèrement plus renffées vers Fextre'mitë qu'à la base. MiRis {fg. 35). 181. Miris. Jaunâtre uniforme, avec deux lignes lon- gitudinales brunes sur le prêdorsum. Long. 0,008. Ice^igatus Linn. 730. 101. — De G. 292. 30. — Fabr. R. 253. 2.— Ross. 1347.— Wolff. 36. pi. 4. f. 3G.— Panz. 93.21. —Fall. 130. 4.— HahnIL 76.pl. 53.f. 161.— Burm. 365. 1.— Herr. Sch. IIL 43. pi. 85. f. 259. — Mey. 35. 3. — Am. Serv. 277. 1. — La Punaise blanchâtre aux yeux noirs. Geoffr. 457. 46. Le premier article des antennes beaucoup plus court que le prothorax. t^Ç. Commun dans toute TEurope, en été, sur les fleurs des prairies. Phélouère. 182. Pheloderes {{). Jaune verdâtre, avec quatre lignes longitudinales noires, quelquefois confondues et réduites à deux, alors très larges, sur le prêdorsum , ou même le prêdorsum tout noir. Long. 0,006-7. (1) *mX9c, tromper, iMp», cou. 122 ANNALES 17| RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. (G) erraii'cusUnn. 731. 107.— Fall. 132.6. — Hahn. II. 78. pi. 54. f. 163, 164. — Burm. 265. 3. — Blanch. 135. 2. — Mey. 34. 2. — Am. Serv. 278. 3. — lateralis Fabr. R. 254. 3. — holsatus Fabr. R. 254. 4. — Fall. 132. 7. — Herr. Sch. III. 41. pi. 85. f. 256. — Mey. 36. 5. — hortomm Wolff. 160. pi. 16. f. 154. — qwidrilineatus Schrank. F. III. 6. Les antennes finement velues, le premier article nota- blement plus court et plus épaissi dans la femelle que dans le mâle. Dans les mômes lieux, mais plus rare que le précédent. Variétés. 1° — ERRATIQUE, crraticus Linn. — quadrilineatus Schrank. Quatre lignes brunes distinctes sur le prédor- sum-, le corps, les pattes et les antennes verts, d'ç. 2° — HOLSAT. holsatus Fabr. Les quatre lignes réduites à deux plus larges ; la partie interne des hémiélytres brune, c?. 3° — LATÉRAL, lateralis Fabr. (Ilahn. f. 163). Les quatre lignes confondues ensemble-, 1 insecte noir, avec un bord latéral vert qui s'étend depuis la tête jusqu'à Textrémité de la corie -, les antennes, ainsi que les pattes, plus ou moins noires ou brunes, d*. PORPHYROCHROSE. 183. Porphyrochrosus (1). Vert pâle, avec une ligne longitudinale sur le vertex, quatre sur le prédorsum, les deux intermédiaires très rapprochées et se prolongeant sur Técusson , d'un rouge pourpre mêlé de brun, plus ou moins apparentes. Long. 0,004. nficornis Fall. 133. 8. —Herr. Sch. 111. 40. — (I) Uoftivfn, pourpre, ;tP°'^> le'nJre. DK LV SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 123 (8) BICELLULES. RECTIFRONTS. GBAMMOMF. 175 pulcliellus Hahn. II. 119. pi. 66. f. 200. — Mey. 37.6. Les antennes moins longues que le corps, pourprées, le premier article à peine aussi long que la tète ; quatre Landes longitudinales sur la poitrine et une de chaque côté de rabdomen,large, d'un rouge pourpre, quelquefois non apparentes-, les pattes d'un verdâtre nuancé de pour- pre. c?ç. Environs de Paris ; raidi de la France (Perris)-, Suètle^ Allemagne. 7. (6). Antennes plus longues que le corps. Ramame. 184. Ramanius(l). Vert jaunâtre plus ou moins taché de brun, avec trois lignes élevées plus claires sur le pré- dorsum. longicornis Fall. 129. 3. — Herr. Sch. III. 43. pi. 85. f. 258. — Mey. 37. 7. — tritici Curt? pi. 701. Le premier article des antennes plus long que le pro- thorax , les cuisses linéaires. Piémont-, Suède; Allemagne. 8. (5). Corps moins grêle, plus large que dans la division opposée. GrAmmôme. 185. Grammomus (2). Jaunâtre pâle , avec quatre li- gnes longitudinales d'un rougeâtre ferrugineux sur le prédorsum, les deux intermédiaires se prolongeant sur la tête. Long. 0,010. Les lignes assez également espacées entre elles; le pre- mier article des antennes peu plus long que la têtej la membrane blanche, les nervures jaunes. (1) Hébreu, Q^l, ramam, élever en tiaut. (2) r/ict/x//», ligne, où/xoc, épaule. 124 ANNALES I7G lUlYNCUOTliS. HÉMIPTÈRES. BICHLLULES. ( I ()) France (Muséum) ; raidi de la France (Perris). 9. (4). Prothorax ayant un rebord aplati de chaque cote, avec une notable ligne prédorsale longitudinale éle- vée au milieu. Trichilèque. 186. Trichilechus (1). Noir ou brun (quelquefois d'un pâle presque uniforme)-, les côtés du prothorax, la ligne prédorsale élevée et des lignes longitudinales sur les hc- miélytres, d'un vert pâle. Long. 0,007. carinatus Herr. Sch. VL 49. pi. 197. f. 609. Quelques taches pâles sur le vertex ; les pattes et les antennes noires, le premier article de ces dernières très petit, à peine aussi long que la tête-, les lignes pâles de la corie des hémiéljtres au nombre de trois. Tune occupant le bord externe -, la membrane enfumée , les nervures brunes. Fontainebleau, en juin (Muséum)-, Allemagne. 10. (3). Hémiélytres plus courtes que Tabdomen. Spilodè;re. IS*. Spiloderes {T). Jaune ou vert blanchâtre , le ver- tex taché de noir, et deux fortes taches noires sur le pré- dorsum, en avant. Long. 0,008-9. Le corps moins élancé que dans les espèces précéden- tes ; les hémiély très atteignant seulement les trois quarts de Tabdomen, la membrane presque seulement rudimen- taire. c^ç. Environs de Paris. DIVISION II. FLEXIFRONTS. FLEXIFRONTES (3) Cette division se distingue de Tautre par une tête in- (1) Tpfîç, trois, ;(;j?xof, bord, 'ix.'", avoir. \ï) Sttîxoc, laclie, (Tspn, cou. (5) /'7cjus, fléchi, /ro/i5, front. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 (I) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. 177 clinée et arquée en avant, plus large que longue, vue en dessus-, les antennes insérées clans un coin près des yeux. {.fis- 36). Les Flexifronts se subdivisent en Claripennes et Co- riopenues. SUBDIVISION I. CLARIPEIVNES. CLARIPENNES (1). Cimex Linn. — Geoffr. — De G. — Scop. — Vill. — Ross. — Tign. — Capsus Fabr. — Panz — Wolff. — Coqb. — Fall. — Hahu. — Burni. — Hei'r. Sch. — Blanch. — Mey. — Ani. Serv. — Miris Fabr. — Schell. — Panz. — WolfF. —Fall.— L. Duf.— Mey. —Lygœus Fabr. — Wolff. — Fall. — Heterotoina Latr. — Burm. — Blaneh. — Ain. Serv. —Globiceps Le P. Serv. — Am. Serv. — Phyto- coris Hahn. — Burm. — Blanch. — Mey. — Am. Serv. — Lopiis Halin. — Mey. — Phylas, Lygus, Pilophorus, Po- lymerus Hahn. — Attus Hahn. — Burm. — Strougylocoris Blanch. Cette subdivision se distingue de la suivante par des héaiiélytres ordinaires, munies d'une membrane cons- tante dans les deux sexes. l- (30). Second article des antennes grêle, pas notable- ment renflé vers l'extrémité ou dans toute sa lon- gueur. Les espèces si nombreuses que renferme cette subdi- vision sont, avec les Ondinerves, dans la tribu précé- dente, et les Antérocelles, parmi les Homoptères, celles qui nous ont présenté le plus de difficulté pour la classi- Geation. Elles semblent échapper à tous les efforts de la méthode par la fusion insensible des formes et des nuan- (1) Clorn,J? c'asse. 128 ANINALES 180 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (^5) Le bec blanc, ainsi que les hanches, d'ç. Dans les bois, sur Thei-be, dans les grandes chaleurs de rété. Déràmme. i91. Derammum (1). Vert pré uniforme; un sillon transverse profond au milieu du prédorsum. Long. 0,005. angulatus Fall. 80. 8.— Herr. Sch. III. 75. pi. 97. f. 292.— Mey. 89. 72. Le bourrelet antérieur du prédorsum très prononcé, formant une espèce de nodulation-, la membrane d'un vert enfumé , avec deux taches brunes sur la nervure qui forme la cellule au côté interne -, pattes et antennes d'un vert jaunâtre uniforme, ainsi que le dessous du corps. Ç. Midi de la France (Perris). Hadocrate. 198. Hadocratus (2). Testacé rougeâtre, la tête seule- ment noire, et le champ externe des bémiélytres transpa- rent, très blanc. Long. 0,004. virgulaWerv. Sch. III. 51. pi. 88. f. 268. —Mey. 85. GJ>.—pulchella Guér.? le. 348. pi. 56. f. 7. Le bord postérieur du prédorsum taché de brun, ainsi que l'extrémité de Fabdomen-, Técusson grand, sa moitié apicale d'un jaune pâle, assez tranchant", la partie externe de la corie, à partir du sillon longitudinal qui la divise en deux, blanche, la partie interne jaunâtre-, Tappendicc jaune à sa base, d'un rouge carmin vif mêlé de noir à sa pointe opicale-, la membrane d'un blanc à peine enfumé-, les ailes inférieures d'une teinte rosée métallique ; les pat- tes pâles, les antennes brunes, le premier article pâle à sa (1) AîfD, cou, ttfAfAit, nœud. (2) A".a7»oc, vcleiiient. 2*^ Sc'n'cj, To.M. IV. H 130 ANNALES 182 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (6) caricis Fall. 123. 15. — Hahn. II. 100. pi. 60. f. 184. — Mey. 85. 66. Teinte cVun rouge ferrugineux. France. Stictospire. 190. Stictospirus (1). Noir luisant ferrugineux , poin- tillé elles antennes trois fois annele'es de jaune-, les pattes pales, pointillées de noir. Long. 0,003. annulatus WolfF. 162. ]A. 16. f. 156. — Herr. Sch. III. 52. pi. 88. f. 270. — Mey. 80. 58. Quatre points jaunâtres sur le vertex dont un en avant, deux au milieu, l'autre en arrière -, trois principaux points jaunes analogues sur le bourrelet prédorsal antérieur-, un autre principal en avant sur le disque postérieur, ce dis- que d'un ferrugineux plus pâle-, deux points jaunes sur récusson -, les hémiélytres pâles, la corie finement poin- tillée de noir avec un poil assez long partant de chaque point noir-, deux petites taches noires plus sensibles à Textréiuité de la coiie, une autre à Textrémité de Tappen- dice et une autre à côté, à l'extrémité de la double cellule^ la membrane blanche, légèrement enfumée-, le second ar- ticle des antennes noir aux deux extrémités , avec un anneau jaune au milieu. Midi de la France-, Alpes-, Mont-de-Marsan (Perris). 6. (5). Hémiélytres entièrement blanches et transparen- tes-, le prothorax très rétréci en avant. DlAUGOPTÎîRE. 109. Diaugoptei'us (2). Brun, avec trois points noirs à Vexlrémité de la corie. Long. 0,005. (1) Sr/KTc;, poinlillé, a-miifu, parsemer. {'■!) A/ai-^itc, luciflc, inifiov, ailc. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 131 (7) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. PLACODÈRE. 183 errans WolfF. 161. pi. 16. f. 155. — ambidans Fall. 126. 20. — Herr. Sch. III. 109. pi. 108. f. 335. — Mey. 86. 67. Une linéole blanche sur le vertex, près de chaque œil*, prédorsum d'un brun luisant •, deux points jaunâtres à la base de Técusson \ les points noirs de la corie des lie'mie- lytres placés Tun à Textre'inite' de l'appendice, les deux autres plus petits un peu au-dessus -, pattes pâles , ponc- tuées de noir. ■?. Dans les jardins. OCHROCORE. 198. Ochrocoris (1). Jaune pâle verdâtre , les yeux noirs , la moitié apicale du premier article des antennes rouge. Long. 0,005. pallidus Berr. Sch. III. 51. pi. 88. f. 269. —Mey. 84. 64. Leprolhorax un peu renflé en voûte au milieu. Quel- quefois deux linéoles longitudinales noires sur le vertex ; une tache noire anguleuse à Textrémité de la corie, vers Tangle interne de l'appendice et une autre à l'extrémité de ce dernier ; la base et Textrémité du second article des antennes, ainsi que les deux derniers , bruns •, les pattes pâleSj, finement pointillées de brun. Nord de la France (Muséum) ; Allemagne. 7. (4). Corps légèrement velu, mat, non luisant (ordi- nairement). Le Placodère a quelquefois le corps luisant , comme dans la division opposée. Placodère. 199. Placoderes (2). Noir, quelquefois luisant ; une ta- (1) Q.'x!ioç, pâle, x.ôp(5, punaise. (2) riK^ç, plaque, cTê/m, cou. 132 ANNALES 184 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES, BICELLLLES. (7) che médiane sur le prédorsum et une autre allongée (qui disparaît quelquefois) de ehaque côté, avec des stries lon- gitudinales sur les liémiélYtres , jaunes ou rougeâtres. Long. 0.011. stnatusScop. E. 387. ^WolfF. 37. pi. 4. f. 37 {nec Linn. etc.) — Hahn. IL 134. pi. 71. f. 219.— Burm. 267. 4.— Mey. 94. 80.— Ani. Serv. 279. La tache prédorsale médiane plus ou moins élargie ; les côtés de Técusson , les nervures des liémiély très et l'appendice jaunes ou d'un l'ougeâtre ferrugineux ; pattes d'un rouge ferrugineux plus ou moins mêlé de brun foncé-, antennes noires, le premier article d'un ferrugineux brun, la base du troisième blanclie. Ç. Commun sur les fleurs des prairies, où il se trouve quelquefois en troupe. Pésèle. ZOO. Peselus (1). Jaune ou orangé, avec deux bandes longitudinales noires sur le prédorsum -, l'écusson noir taché de jaune. Long. 0,010. dolahmtus Linn. 730. 103.— Fabr. R. 253. 1 .—Fall. 128. 1. — Burm. 2G7. 5. — lîahn. IL 75. pi. 53. f. 160. — Herr. Sch. III. 45. pi. 86. f. 262.— Mey. 38. 1. _ abbreviatus WoJff. 1 16. pi. 11. f. 110 (ç). _ lateralis Fabr. R. 254. 3. — Wolff. 1 15. pi. 11. f. 109. — La Punaise jaune à antennes droites. Geoffr. 453. 36. ■ Tête noire, avec une petite tache jaune sur sa pointe antérieure et une bande de cette couleur de chaque côté, entre les yeux-, prédorsum jaune avec deux larges ban- des longitudinales noires qui parcourent toute son éten- due-, écusson noir sur les côtés, avec une petite ligne lon- il) IliUiroii, ^702» P<''^''l? iloler, graver. DE LA SOCIÉTÉ EiMOMO LOGIQUE. 133 (7) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. LEPTOSTASE. 185 gituditiale médiane jaune qui se termine par une tache assez large-, hëmiélytres jaunes ou orangées, avec une bande longitudinale médiane assez large, plus ou moins brune et disparaissant quelquefois ; dessous du corps jaune, plus ou moins taché de noir-, pattes et antennes noires, plus ou moins tachées de jaune, ou jaunes, poin- tillées de noir, d'ç. Dans les bois. ^GIRÈTE. 801. jEgiretes (1). Jaune ferrugineux verdâtre assez uniforme. Long. 0,009 populiUnn. 731. 109.— Fabr. R. 237. 171— Fall. 84. 16. — Burm. 268. 9. — Blanch. 138. 11. — Mey. 42. 1. Les pattes pâles, jaunes ou vertes, annelées de brun ^ cuisses postérieures en cjlindie épaissi. <^^. Commun dans les champs et les jardins. Il varie ex- traordinairement eu couleur, depuis le pâle jusqu'au brun ferrugineux foncé. Leptostase. «08. Lepiostasis (-2). Jaune pâle, mêlé ou taché de fer- rugineux , les cuisses postérieures très grêles , pas plus épaisses que les autres. Long. 0,007-8. ulmi Linn. 731. 110.— Fabr. R. 256. 17. — Fall. 89. 25. — Hahn. III. 9. pi. 76. f. 234. — Mey. 43. 2. — longicomis Wolff. 155. pi. 15. f. 149. —Burm. 269. 10. La partie postérieure du prédorsum d'un ferrugineux plus sombre que la partie antérieure et que la tête -, l'é- (1) Aiysipoç, peuplier, iTtiç, ami. (-2) Atinot, grèle, o-jkt^is, consislance 134 ANNALES 186 UHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (10) cusson pâle, taché de ferrugineux -, la corie des hémiély- tres pâle avec deux principales lignes longitudinales près du Lord interne, et quelques taches à rextrémité, brunes-, Tappendice teinté de rouge ; la membrane tachetée de blanc. cJ'ç. Midi de la France, notamment sur les ormes (Muséum); Suède j Allemagne. 8. (3). Corps en ovale plus ou moins large. 9. (20). Corps en ovale assez allongé (sauf Texception in- diquée à la division opposée). 10. (1 1). Prothorax plus rétréci antérieurement. Une ligne longitudinale jaune sur le prédorsum ordi- nairement. RllABDESTHE. «03. Rhahdesthes (1). Noir, avec trois bandes longitu- dinales ou points jaunes sur le prédorsum-, la corie jaune, avec trois stries longitudinales brunes, quelquefois con- fondues. Long. 0,007 — 8. striatus Linn. 730. 105. — De G. 290. 29. pL 15. f. 13, 14.— Fabr. R. 255. 15.— Panz. 93. 22.— Fall. 83. 14.— Blanch. 137. 3. pi. 5. f. Ç>.— margmeUus Fabr. R. 255. 14. — Burm. 269. 13. — Mey. 93. 79. —scriptus Hahn. H. 120. pL 66. f. 202. — La Punaise i-ayée de jaune et de noir. GeofTr. 454. 38. Le prédorsum finement rebordé antérieurement, et quelquefois postérieurement, de jaune-, Tappendice jaune plus ou moins orangé -, les cuisses noires ou rougeâtres, les jambes brunes, les antennes noires. Ç. Environs de Paris. De Geer dit : Sur les feuilles d'or- pies-, très agile. Variétés. (I) P'iC/-o{,raio, so-Ômç, habil, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 135 (10) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. ERYTHROMÈLE. 187 1° — STRIÉ. sUiatus Linn. Deux ou trois stries brunes sur la corie. 2° — MARGiNELLE. margi/2e//«/5 Fabr. — scriptus Habn. Les stries confondues, d'où re'sulte la corie noire, avec une ligue longitudinale jaune près du bord de chaque côté. Plus propxe au midi de la France. COSMEMME. 204. Cosmemma {{).^o\v luisant-, un point médian et une tache de chaque côté sur le prédorsum, Técusson et des taches sur les hémiélytres , d'un jaune vif. Long. 0,008. sexguttatus Fabr. R. 237. 172. — Fall. 86. 20. — Herr. Sch. IIL 77. pi. 97. f. 295. — Mey. 92. 77. Une tache près de chaque œil et un liséré au bord pré- dorsal antérieur ainsi que les hanches, jaunes-, les taches des hémiélytres consistant en ime bande le long du bord externe , partant de la base en s'élargissant et s'anêtant au milieu de la corie-, une autre tache oblongue commen- çant où finit la première , touchant le boid interne et toute la base de l'appendice; pattes et antennes brunes, les jambes plus pâles ; une principale tache à la base des hanches postérieures, Tarticulation de toutes les hanches et les genoux, jaunes, c?. Midi de la France (Goureau) Ce n'est peut-être qu'une autre variété du précédent. Erythkomîîle. «05. Erythromelas (2). Noir, finement velu, les bords latéraux du prédorsum, Fécusson et Fappendice, rouges. Long. 0,007-8. (1) KôiT/asc, orné, s^u^uct, habit. (2) E'pi/9/iàç, rouge, jM5Xrt?, noir. 136 ANJNALES 188 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (1^^) Halm III. 6. pi. 75. f. 231. Une tache jaune sur le vertex , près de chaque œil , et une ligne longitudinale médiane, courte, qui disparaît quelquefois, sur le prédorsum. Sardaigne-, Sicile (Ghiliani) -, Milan (Villa). LOPE. a06. Lopiis (1). Brun rougeâtre, avec une ligne longi- tudinale jaune ou rouge qui s'étend sur la tête, le pi'é- dorsuni et Técusson, et les he'miclytres bordées de blan- châtre ou de rougeâtre. Long. 0,007-8. albomargmalus Fahv. R. 245. 24.— Fall. 117. 3.— Halm. 1. 140. pi. 22. f. 72.— Ramb. 161. 4.— Mey. 40. 4. — scripUis Coqb. 41. pi. 10 f. 13. — lineolatus Brull. E. 76. 31 . pi. 3 1 . f. 6, 7.— albosUiatus Burm. 271. 21.— Mey. 40. A .—rubrostriafus Herr. Sch. III. 45. pi. 86. f. 260. — La Punaise à trois taches. GeofFr. 454. 37. Une tache près de chaque œil, une ligue qui n'atteint pas le bord antérieur de chaque côté, sur le prédorsum, et une linéole oblique, au milieu des hémiélytres, d'un jaune blanchâtre-, l'appendice blanc, la membrane brunâ- ti'e ■■) le dessous du corps offrant une bande longitudinale jaunâtre de chaque côté-, les pattes et les antennes bru- nes, ç. Sur les fleurs, en automne. Variétés. 1" — ROBROSTRiÉ. ruhroslriatiis Herr. Sch. — lineolatus Brull. Plus grand que la suivante variété, les lignes rou- ges au lieu d'être blanchâtres. 2" — ALBOMARGiNÉ. albomargùiatus Fabr. — scriptus Coqb. — albosUiatus Burm. Les lignes d'un jaune blan- châtre. 1,1) iV^n'a;, ccorce DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQIJE. 137 (12) flexifronts. claripennes. triphlycte. 189 Triphlycte. 80'ï. Triphlyctis{\'). Noire, avec une tache d'un jaune orangé vif sur Técusson, et une autre aux appendices-, ces taches disparaissent quelquefois entièrement. Long. 0,006, gothicus Linn. 726. 73. — Scop. E. 381. — Fourcr. 200. 18.— Fabr. R. 244. 22.— Ross. 1342.— WolfF. 33. pi. 4. f. 33. — Panz. 92. 15 {nec Geoffr. 445. 19). — Fall. 117. 4. — Hahn. L 12. pi. 2. f. 5. — Burm. 271. 22. — Mey. 41. 5. — superciliosus Linn. 728. 85. — La Punaise rougeâtre à antennes incar- nat? Geoffr. 445. 18. Une tache frontale en avant des antennes de chaque côté, une plus petite sur le vertex près de chaque œil, le bord prédorsal antérieur, une ligne basilaire (qui disparaît quelquefois) à la côte externe deshémiéljtres, les côtés du sternum et une bande longitudinale de chaque côté du venti-e, jaunes, plus ou moins nuancés d'orangé-, pattes et antennes noixes, les hanches tachées de jaune, (^ç. Assez commune, notamment sur Torlie. Variétés. 1° — gothique, got/nca Linn. La ligne longitudinale médiane du prédorsum très apparente. 2" — OBLITÉRÉE, obliterata* . Semblable à la précédente, sauf la ligne longitudinale médiane du prédorsum qui dis- paraît entièrement. 3" — suPERCiLiEusE. superciUosct Linn. Entièrement noire (d'après Burm.) -j- . 11. (10). Prothorax moins l'étréci antérieurement, ses bords latéraux plus élargis et plus arqués. 12. (13). Hémiélytres striées longitudinalenicnt de noir. (I)Tpi(ç, Irois, «xt/»T(;, pustule- 138 ANNALES 190 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (12) Paryphesthe. a08. Paryphesthes (1). Rouge pâle ou verdâtre, avec quatre petites taches noires en avant sur le prédorsum , et les hémielytres finement strie'es de noir. Long. 0009. striatellus F ahr. R. 236. 164. — Wolff. 156. pi. 15. f. 150. — Panz. 93. 17. — Fall. 84. 15. — Halin. IL 133. pi. 71. f. 218. — Blanch. 137. 4. ~ Mey. 94. 81. Les quatre points noirs place's transversalement sur le disque antérieur du prédorsum , avec une bande posté- rieure noire très étroite et un liséré jaune au bord posté- l'ieur, la bande se réunissant quelquefois avec une partie des points antérieurs-, les stries des hémiélytres au nom- bre de cinq ou six, avec quelques taches noires en outre à Textrémité de la corie-, Técusson et la base de Tappeu- dice d'un jaune vif, la pointe de Tappendice noire*, la membrane claire faiblement enfumée j dessous du corps jaune ou rouge, le milieu quelquefois noir-, pattes et an- tennes jaunes ou verdâtres, les cuisses tachées de rougeâ- tre. c?ç. Midi delà France. Paryphôme. «09. Paryphomiis (1). Jaime verdâtre, avec quatre li- gnes longitudinales noires sur le prédorsum et la moitié inteine des hémiélytres d'un brun rouge. Long. 0,009. pulchevEevv. Sch.IIL 75. pi. 97. f. 293. Des linéoles longitudinales fines dans la partie interne brune des hémiélytres -, Tappendice vivement taché d'o- rangé-, la membrane assez brune. (1) nâ^uïof, rayée, sa-Ôif, robe. (2) nâ|owi;iof ,rayé, ft//of, épaule. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 139 (12) FLEXIFRONTS. CLÀRIPENNES. DISTAGONE. 191 Midi de la France. Ce n'est peut-être quune variété du précédent- SOPHÈRE. «iO. Sopherus (1). Vert, avec quatre lignes longitudi- nales sur le prédorsum et deux médianes sur les liémiély- tres, noires. Long. 0,009. scriptus Fabr. R. 234. 153. Deux linéoles noires sur le vertex, qui convergent en avant et en arrière -, les deux lignes des liémiélytres se ré- unissant vers la base, l'externe dilatée à son extrémité -, une autre ligne occupant le bord interne, et les bords de Técusson, bruns-, l'extrémité des cuisses rougcâtre. ç. Midi de la France. DiSTAGONE. ail. Distagonum (2). Vert jaunâtre plus ou moins teinté d'orangé, avec deux grosses taches sur le prédor- sum et une large bande longitudinale plus ou moins di- visée sur les bémiélytres, noires. Long. 0,007. binotatus Fabr. R. 235. 159. — Fall. 78. 3. — Herr. Sch. III. 77. pi. 98. f. 29G.— Blanch. 137. 5. — Mey. 92. 78. La pointe extrême de la tête noire, avec deux petites ta- ches brunes au bord postérieur-, les taches du prédorsum larges, s'allongeant plus ou moins vers le bord antérieur (la bande noire courte, le long de Técusson, sur la corie, indiquée Jîg. 296. Herr. Sch. n'existe pas dans nos exemplaires), la membrane d'un brunâtre pâle-, une bande noire étroite de chaque côté du ventre -, les antennes et les jambes légèrement brunâtres. :?. (1) Hébreu, 'ySD» ^opher, scribe. {'i) A«f, deux, a-TAyàii, gouUe. 140 ANNALES 192 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. «ICELLULES. (14) Paris -, Milan (Villa). 13. (12). Hémielytres non slrices longitudinalement de noir. 14. (15). Corps d'un fond vert ou grisâtre moucheté de noir, mat j pattes longues, très grêles. Suivant M. Mejer, les deux espèces suivantes ne se- raient que des variétés de TiEgiiête (201)-, mais la forme plus élargie antérieurement du prothorax nous semble de- voir autoriser une opitiion contraire. DlASTiCTE. «IS. Diastictus (1). Corps grisâtre, finement velu, le prédorsum presque entièrement Lrun, avec le bord pos- térieur liséré de pâle. Long. 0,007. Schell. pi. 3. f. 3. — populi Mey. var. 42. pi. 7. f. 4. Le prothorax plus notablement élargi en arrière que dans Tespèce suivante, avec quelques points grisâtres as- sez notables sur le bord prédorsal antérieur-, la corie des hémiélylres presque entièrement couverte de mouchetures d'un noir de velours-, les bords de Tappendice , à son extrémité, aussi mouchetés de noir, de manière qu'ils figurent avec le chevron noir qu'offre la corie une espèce de rhombe allongé irrégulier-, la membrane blanche, finement mouchetée de brun-, les cuisses tachetées et les jambes trois fois annelées de noir-, les antennes noi- res, le premier article rayé longitudinalement ou tacheté de blanc, les suivans ayant la base blanche, le second avec un petit anneau blanc à Textrémité. :?'ç. Environs de Paris, sur le peuplier, en juillet. (I) AfsurTÎI&j, moucheler. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 14t (17) flexifronts. claripennes. hacode. 193 Hacode. «13. Hacodus (1). Veri pré clair, les 3jords latéraux du prédorsum bruns ou noirs , les hémiélytres vivement mouclietdes de noir. Long. 0,005-6. populi Mey. var. 42. pL 7. f. L Tête verte, sans tache, les yeux nairs^ quelques taches hrunes ou noires touchant le bord poste'rieur du prédor- sum-, une faible tache brune de chaque côté de l'écusson, près de la pointe, six à sept taches noires le long du bord externe de chaque hémiélytre, avec quelques autres par- semées à la surface, et un chevron formé par des taches noires à Textrémilé de la coric, le bord interne de cette dernière aussi tacheté de noir, jusqucs et y compris sur- tout la pointe de l'appendice, ces lignes noires formant les côtés d'une espèce de carré irrégulier vert sans taches-, la membrane blanche, finement et abondamment mou- chetée de brun, sauf un espace resté blanc près du bord, derrière la double cellule , avec une tache ronde noir« touchant la côte externe -, les deux cellules fortement nuancées de noir, la nervure qui les entoure , blanche -, pattes vertes, l'extrémité des cuisses tachetée, et les jam- bes trois fois annelées de noir-, trois taches noires au- dessus des cuisses postérieures, celles-ci beaucoup plus grandes que les autres. (^Ç. Pris sur le tronc d'un orme, à Paris, en un beau jour de septembre -, pas rare en juillet. 15. (14). Corps non d'un fond grisâtre ni vert pré mou- cheté de noir. 16. (19). Corps non d'un vert pré ni verdâtre pâle. 17. (18). Corps rouge, rougeâtre ou jaune nankin en des- (I) Hiîbreu, ~pv> Ik^oiJ , mnnjucté do lâches. 142 ANNALES 194 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (17) SUS, avec les variétés plus ou moins, quelquefois tou- tes noires, qui en dépendent. MlLTOCHLÈNE. »«4. Miltochlœna {{) . Rougeâtre brun ferrugineux uni- forme en dessus, jaune clair en dessous. Long. 0,010-1 1 • tunicatus Fabr. R. 233. 148. — Ross. 1334. — Fall. 85. 18. — Mey. 40. 3. Antennes rougeâtres, rexlrémité des second et troi- sième articles noire, celui-ci très court, pâle à sa base-, membrane légèrement enfumée, avec une tache brune près de Textrémité, au côté externe-, les nervures des deux cellules rouges, ainsi que la base et la pointe de Tappen- dice. Midi de la France -, Troyes (Berton). Phélochrôme. «t.*». Phelochronms (2). Rouge en dessus, avec six ta- ches noires plus ou moins confondues -, quelquefois tout noir-, quelquefois jaune, pâle ou rouge uniforme en des- sus. Long. 0,010-15. sexpunctatnsYdihY. R- 224. 100. — Hahn. IL 131. pl.69. f. 213, 214,215, 216- — Ramh. 160. 2. — CarceluLe P. Serv. 325. 3 L. Dufour. R. 50. 1. — nemoralis Fabr. R. 234. 151. —Burm. 269. 11. — ncmhinea L. Duf. R. 51,2. — cocciuea L. Duf. R. 51. 3. Midi de la France-, nord de l'Afrique. Cette espèce varie d'une manière exti'aordinaire sous le rapport des couleurs. 1» — SEXPONCTUÉ. sexpunctatusY dibr .^ovi^e, aveclessix (1) Mi\Toç, rouge, ;t>^«'v«i vclemenl. (2) *i)Xoc, trompeur, )(^fS-fJidL, couleur. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 143 (17) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. GONIOSPILE, 195 taches noires, deux sur le prëdorsum , les quatre autres sur les hémiélytres -, la tête, la base de Te'cusson et le des- sous du corps, ainsi que les antennes et les pattes, noirs, avec deux bandes longitudinales de chaque côte du ven- tre et un grand anneau aux jambes, rouges, cfç. M. L. Dufour dit qu'il répand une odeur particulière où Ton demèle celle des fleurs de la jacinthe. 2" — NiGRiDORSE. iiigiidorsum *. Semblable au pre'cé- dent, mais le disque prëdorsal entièrement noir. 3° — RUBRiDORSE. ruhridorsum *. Noir, le piédorsum et les pattes rouges. Alger (Vachcrot). 4o — MACTÉ. mactatus ". Noir, les angles postérieurs du prédorsum, la base, rextrémité et quelquefois le bord externe de la corie, ainsi cjue les pattes, rouges. 5° — TOUT NOIR, perniger* (liahn. f. 216). Noir, sans taches rouges. 6° — cocciNÉ. coccineus L. Duf. Rouge écarlate en dessus, avec la tête, une tache sur Técusson et la mem- brane, noirs. 7" — NÉMORAL. nemoralis Fabr. — nankineus L. Duf. Jaune rougeâtre en dessus, la tête, une tache sur Fécus- son et la membrane, noires-, le dessous du corps et les pattes jaunâtres, plus ou moins tachés de noir. àc, uni, a-KOTO!, obscurité. (2) Xx»po;, vert, o-xoTOf, obscurité. (3) Tithitt, bande, a>/xot, épaule. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 147 (19) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. DISPILODE. 199 La tête et le devant du prddorsum un peu rougeâtres, ainsi que re'cusson et une ligne étroite à la base de Tap- pendice ; la fine pointe de celui-ci, noire ; les he'miëlylres d'un jaune pâle, la membrane enfumée-, milieu du ster- num et de Tabdomen, noir -, pattes et antennes rougeâtres, Textrémité de celles-ci brune. ^ Midi delà France; Sardaigne. Enrhodesthe. sa© Enrhodesthes (I). Vert, Técusson et les hémiélv- tres teintés de ronge rosé. Long. 0,007-8. roseomaculatus De G. 293. 32. — ferrugntus Fabr. R. 236. 163. — Fall. 86. 19. — Hahn. L 204. pi. 33. f. 104. — Burm. 270. 16. — Blanch. 137. 7 — Mey. 52. 12. — cvuentatus Vill. .533. 188. — La Punaise verte ensanglantée. GeofTr. 457. 44. Une grande tache noire, quelquefois entièrement effa- cée, sur le vertex, divisée antérieurement par une linéole blanche ; deux raies longitudinales quelquefois à peine apparentes sur le prédorsum, une bande au bord interne des hémiélytres le long de l'écusson, et deux raies lon- gitudinales au-dessous atteignant Tappendice, d'un rouge rose-, une ligne longitudinale noire, quelquefois effacée, sur l'écusson; les cuisses légèrement rosées, d'ç. En juillet, sur les fleurs des prairies. DlSPlLODE. 229. Dispilodes (2). Vert, avec deux points sur le pré- dorsum et deux linéoles sur Técusson, noirs-, une bande longitudinale brune sur la corie des hémiélytres. Long. 0,007-8. (1) E'v, p'o'«t. boni. (3) rWi^of, jaunisse, x.ipdLXn, lèle. 150 AININALES 202 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BIGELLULES. (19) Le corps assez allonge. Midi de la France (Perris) -, et avec les prticédents. Mésostacte. 233. Mesostactus (1). Vert jaunâtre, avec deux taches noires sur le prédorsum, Tappendice tache de rouge, avec un point noir au milieu, touchant la côte externe. Long. 0,005. Dalmanni Fall. 87. 22. — Hahn. L 210. pi. 34. f. 108. Une tache noire à chaque angle poste'rieur du prédor- suni-, une tache cordiforme d'un jaune verdâlre sur Të- cusson ; la hase de ce dernier noire-, deux ou trois lignes longitudinales noires , quelquefois entièrement efFace'es, sur le disque de la corie des hémiélytres-, la membrane brune, les nervures blanches-, dessous du corps et pattes d'un jaune verdâtre, les cuisses et les jambes tachetées de brun. Nord de la France (Muséum) -, Suède ; Allemagne. Paykulonyme. «34. Payhulonymus (2). Vert pré uniforme, la mem- brane vivement tachée de noir et de blanc. Long. 0,005. PayTiulUY^W. 106. 57. La membrane brune , avec une tache noire, touchant la côte externe, à l'extrémité de Tappendice, cette tache entourée de blanc , avec une bande blanche ondulée al- lant de cette tache au bord interne, la double cellule of- frant un trident verdâtre formé par ses nervures à Textré- mitéj pattes et antennes noires. Ç. Midi de la France (Perris). (1) MîiToc, milieu, o-T;tx.Ti), goullc. (t) Paykul, célèbre entomologisle, huy-tn, nom. DE LA SOCIETE ENTOxMOLOGIQUE. 151 (19) FLEXlKRO>'TS. CLARIPENNES. MILTEMME. '203 TUNBERGONYME. *35. Tunhergonymus (1). Jaune verclâtre mat légère- ment velu, avec deux impressions noires prédorsales près du bord antérieur. Long. 0,003-4. Tunbergii Fall. 105. 56. — Mey. 81. 59. — hieia- ceiHahn.L 144. pi. 22. f. 73, Tête brune, avec une ligne longitudinale sur le front et une tache à la partie postérieure du vertex, jaunes-, deux larges points enfoncés bruns à la base de Técusson -, corie des hémiélytres d'un jaune verdâtre , avec les nervures longitudinales plus pâles, etj entre elles, une légère teinte brunâtre, ce qui les fait paraître comme striées; l'appen- dice brunâtre, sa pointe pâle ; la membrane très légère- ment enfumée, les nervures blanches; pattes verdâtres, légèrement ponctuées de brun. France; Allemagne. Xanthochrode. «36. Xanthochrodes (2) Vert pâle jaunâtre uniforme, très velu. Long. 0,004. Jloralis Hahn. I. 157. pi. 24 f. 81. —Mey. 50. 9. Le corps vert tendre en dessous ; les pattes d'un jaune pâle; la membrane légèrement enfumée, ç. Environs de Paris; midi de la France (Perris). MiLTEMME. «39. Mâtemma (3). Jaunâtre, teint d'un rouge brique en dessus. Long. 0,003-4. (1) ïumbcrg, célèbre enlomologislc, ô'vU|««, nom, (2) 3»v6àf, jaune, à;^pàc, pâle. (3) MixTOf, rouge. i/J-y.*, habit. 152 ANNALES 204 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (21) ruhricatus Hahn. I. 156. pi. 24. f. 80. — Mey. 73. 45. L'extrémité de la corie surtout et celle de Tappendice d'un rouge de sang -, la membrane brune j Tabdomen d'un brun ou vert rougeâtre luisant-, les pattes d'un jaune teinté de rougeâtre. Environs de Paris, en juillet-, midi de la France (Per- ris). 20. (9). Corps en ovale assez large, plus court que dans la division opposée (l). 21 . (22). Corps veit ou verdâtre assez uniforme. Phytocore (yîg-. 37). 23». Phytocoris (2). Vert jaunâtre, avec une tache cor- diforme (quelquefois de simples linéoles) d'un jaune vif sur l'écusson et quelques taches brunâtres plus ou moins effacées sur le prédorsum et les hémiélytrcs. Long. 0,007. pratensislÀr\n.l=l%. 86.— Scop. E.-386. — Fabr. R. 234.155 728.— Ross. 1335.— Fall. 90. 28.— Hahn. L 217. pi. 35. f. 112. — Burm. 272. 23.— Blanch. 138. 8. — Mey. 99. 87. — iimbellatorwn Sco^. E. 385. — Panz.? 93. 19- — pilicomis Panz..? dd. 22.— campestris Fabr. R. 234. 154. — Ross. 1336. — Fall. 91. 26.— Fall. 91.29. — Hahn. L 218. pi. 35. f. 113. — Blanch. 138. 9. — gemellatus Herr. Sch. IIL 81. pi. 99. f. 301. —La Punaise gris fauve porte-cœur. Geoffr. 451. 33. — La Pu- naise verte porte-cœur. Id. 34. Commune dans toute la France, avec de nombreuses variétés, cfç. (1) La ChloraspiJe (247) peul èlre considérée comme faisant excep- tion, (2) ^utôv plante, «ép/j, punaise. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 153 (21) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. TRIPHÉRIE. 205 1° — VERTE, viridis *. Toute verte, sans taches brunes ni tache cordiforme sur Técusson. 2" — PRATENSE. pratensis Linn. — pilicornis Panz.? Quatre bandes longitudinales inde'cises sur le prëdorsum, et une tache brune mêlée de rose sur la corie, avec la ta- che cordiforme sur l'écusson. 3° — CHAMPÊTRE, campestris Fabr. — iimbellatorum Panz? Deux ou trois linéoles jaunes, au iieu de la tache cordiforme, sur Técusson. 4" — GEMELLÉE. gcmcllatus Herr. Sch. Semblable à la précédente variété, mais avec des linéoles ou points noirs gemellés sur le prédorsum, Técusson et les héraiélytres. Plus rare. Eléochrose. 239. Elœochrosus (1) Vert olivâtre uniforme. Long. 0,004. Point de taches prononcées sur Técusson-, une tache allongée sur le disque de la corie, et rextréniilé de Tap- pendice, brunes; la membrane blanche, sans tache ^ le ventre entièrement noir, avec son extrémité olivâtre dans les deux sexes-, pattes et antennes pâles, d'ç. Environs de Paris, en marsj midi de la France (Perris). Triphérie. a-lO. Triphcria (2). A^ert pré luisant uniforme, avec deux linéoles brunes transversales arquées sur le devant du prédorsum. Long. 0,004. ienellusYaW. 103. 50. — Hahn. I. 158. pi. 24. f. 82. Un léger point brun à la base de Técusson, de chaque côté-, la membrane brunâtre, teintée de vert. (1) i.xa.'m, olive, Xf^l'") colorer. (2) tfvuxfoi, délica:. i54 ANNALES 20G RHYNCnOTES. HÉMIPTÈRES BIOELLXJLES. (^Vj Environs de Paris, sur les gramine'es et dans les jardins. POLIOTHRIX. «41. Poliothrix (1). Pâle, couvert d'un poil gris uni- forme, 1 appendice pâle, plus ou moins rosé. Long. 0,004. albipennis^^W.'i 107. 59.— Halin*? IL 91. pi. 57. f. 177. _Mey?79. 56. Les yeux noirs , deux line'oles brunes arquées sur le devant du prédorsum, la membrane d'un brun pâle, les nervures des cellules blanches. Environs de Paris (Muséum). Nous rapportons la synonymie avec doute , parce que Pappendice ne présente pas le point noir indiqué par les auteurs, et que d'ailleurs la taille de notre individu paraît être plus grande. 22. (21). Corps brun ou fortement taché de noir. 23. (26). Corie des hémiélytres variée de jaune et de noir. 24. (25). Point de ligne longitudinale jaune sur le pré- dorsum (ordinairement?). Desmochlène. ZA%. Desmochlœna (2). Prédorsum ordinairement noir, avec un liséré jaune au bord postérieur. Long. 0,005. u?iifascùitus F ahr. 243. 9. — Mey. 104. 93. — semi- Jlavus Wolff. 148. pi. 15. f. 148. — Fall. 86. 21.- Hahn. L 208. pi. 34. f. 107. — Mey. 104. 93. — lateralis Hahn. IL 85. pi. 56. f. 169. — inarginatiis Hahn. id. f. 170. Noire; une petite tache, qui disparaît quelquefois, sur le vertex, près de chaque œil, et l'extrémité de l'écusson, quelquefois tout Técusson, jaunes-, la corîe des hémiély- (I) noX(Àj, gris, 9fi<|, poil. {%) \ï4) Démahie. 244. Demahia (1). Noire luisante, le prédorsum et IV- CLisson noirs, une petite tache jaune seulement à Textré- niitë de celui-ci. Long. 0,005. Une autre petite tache jaune de chaque côté du bord de Te'cusson, à la base, la corie des hémiélytres d'un jaunâtre brun sombre, avec des taches indécises et fondues au mi- lieu et à Textrémité, noires*, Tappendice jaunâtre à la base, largement noir à son extiémité-, membrane claire, à peine brunâtre-, pattes jaunâtres, les cuisses brunes au milieu, annelées de brun à rextrémité, les jambes deux fois annelées de brun. Orléans (Fairmaire). Chloraspide. Voyez Tespèce n" 247, qui peut être également rangée dans cette division ou dans la division opposée, à cause des accidensde sa coloration. OECOPTERIS. «45. OEcopteris (2). D'un livide luisant, le prédorsum et le disque des hémiélytres noirs , ces dernières bor- dées de pâle. Long. 0,002. flicisUnn. 718. 20. — Wolff. 46. pi. 5. f. 43. — Fall. 108. 61. — Hahn? IL 86. pi 56. f. 172. — Mey. 71. 43. La tête d'un pâle rougeàtre*, le prédorsum ordinaire- ment boi'dé de pâle, au moins postérieurement-, la corie bordée de pâle aussi au côté interne ; Técusson brun ;, pat- tes et antennes pâles; l'extrémité du second article des (1) Hébreu, yQ-j, demah, pleurs, tristesse. (2) O'^moç, demeure, 'nt'iftç, fougère. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 157 (*i5) FLEXIFRONTS. CLARIPENNES. CHLORASPIDE. 209 antennes et quelquefois les deux derniers articles , noirs. c^Ç. Très commune dans le midi de la France sur les fou- gères, au printemps (Perris). 25. (24). Une ligne longitudinale jaune au milieu du prc- dorsum (ordinairement ou dans la plupart?). Triténie. 246. Tritœnia {l). Prédorsum noir, avec trois bandes longitudinales jaunes -, Técusson noir, taché de jaune. Long. 0,005. piincluIatusFaU.? 87.48. Luisante, la tête noire plus ou moins tachée de jaune-, une linéole noire de chaque côté dans la bande latérale jaune du prédorsum -, hémiéljtres testacées , avec une large bande oblique au bord interne le long deTécusson, à partir du sillon élytral, |)lus une faible tache qui va tou- cher le bord externe près de la base, et une grande tache transverse unidentée en avant, touchant Tappendice, Tex* trémité de celui-ci , la membrane et le dessous du corps (sauf quelques taches sternales et le contour de Tabdomen), noirs, cfç. Environs de Paris*, Alger (Lucas). Chloraspide. «47 . Chloraspida (2). Prédorsum jaunâtreavec deux ban- des transverses noires, Tune au bord antérieur et l'autre au bord postérieur, quelquefois diversement taché de noir-, une tache jaune cordiforme sur Técusson \ la corie jaune avec une tache à Textrémité et la pointe de Tappendice, noires. Long. 0,005. (I) T(i«7f, trois, Tithut, bande. (-2) XXîjpoc, vert, ia-ir»;, PCUS 00. 158 ANNALES 210 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (*25) Kalmii Linn. 728. 84. -— Mej. 105. 95. —trcms- versalis Fabr. R. 238. 175. — flavovarius Fabr. R. 243. 10. — Schell. pi. 3. f. ' 2. — Fall. 93. 34. — Hahn. I. 211. pi. 34. f. 109. — Burni. 272. 24. — Blanch. 139. 16. — La Punaise verte porte-cœur. Geoffr. 452. 34. N. B. Une bande brune sur la corie le long de 1 ecusson-, la membrane légèi'ement enfumée ; pattes jaunâtres, tache- tées de brun-, antennes brunes. Commune dans les prairies. 1° — TRANSVERSALE, transvcrsalis Fabr. La bande Irans- verse jaune médiane du prédorsum très nettement pio- noncée. 2° — \kvatR. Jlavovana Fabr. Le prédorsum plus ou moius brun, avec une linéole longitudinale jaune au mi- lieu. Cardiaspe. «48. Cardiaspis[V). Noir luisant, avec une ligne lon- gitudinale médiane (ordinairement?) sur le prédorsum et deux taches sur les hémiélytres, jaunes. Long. 0,004. pastinacœYAW. 94. 35. — Hahn. L 213. pi. 34. f. no. — Burm. 273. 25. Une tache jaune cordiforme (ordinairement) sur Técus- son -, la tête verdâtre, tachée de brun sur le vertex-, une tache verte ou jaune sur le bord antérieur du prédorsum, d'où part la ligne médiane, qui disparaît quelquefois -, un point noir médian à la base de Técusson-, hémiélytres noi- res, avec une bande transverse ou tache médiane et la base de l'appendice jaunes ou verdâtres^ la membrane brune ayant deux taches blanchâtres très peu sensibles \ le des- (1) Kttp8f, différent, TO/*it, article. 166 ANNALES 218 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. BICELLULES. (35) le prothorax en trapèze court, transversal -, les cuisses noi- res. Long. 0,003. magmcomis Fall. — Hahn?I. 130. pi. 20. f. 67. — Mey. 62. pi. 2. f. 4. Les deux derniers articles des antennes et les jambes pâles •, les he'miélytres dépassant de peu rextrémité de rabdomen. c?ç. Paris, en juin j Mont-de-Marsan (Perris). Les derniers articles des antennes sont noirs dans les individus du midi de la France. 34. (31). Tête globuleuse ou notablement plus large que le prothorax. 6'o/)[>* allongé , linéaire. — Prothorax rétréci en avant. 35. (36). Prédorsum non divisé en deux lobes par un sillon transverse -, tête triangulaire. PlLOPHORE. «63. Pilopkonis (1). Noir ou ferrugineux, les hémié- lytres d'un rouge ferrugineux avec deux bandes trans- verses blanches très étroites, la première interrompue. Long. 0,004. clavatus Linn. 729. 97. — Burm. 266. 1. — Ilerr. Sch. m. 47. pi. 87. f. 264. ~ Mey. 87. 70. — hi- fascintus Fall. 118. 6. — Hahn. le. Mon. Cim. \. 23 (^d'après Burm.). La tète en triangle assez allongé et pointu antérieure- ment, le second article des antennes allant en grossissant vers Vexlrémité ; le prothorax beaucoup moins rétréci en avant que dans le groupe suivant, ses bords latéraux très légèrement sinuésj le disque prédorsal uni, assez bombé-, les hémiély 1res rétrécies vers la base, les deux bandes trans- (I) n/xéw, rétrécir? »af6j, porter. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 167 (36) TLEXIFRONTS. CLARIPENNES. GLOBICEPS. 219 verses d'un blanc de neige, la première partant de la côte externe et atteignant à peine le milieu de riie'miélylre, avec un point blanc un peu au-dessus d'elle, plus près de la base-, l'appendice d'un rougeâtre orangé, avec son ex- trémité brune-, la membrane d'un brun enfumé-, l'abdo- men rétréci à sa base comme les liémiélytres, et s'élar- gissaut aussi comme elles à l'extrémité-, pattes ferrugi- neuses. Ç. Paris, en juillet-, midi de l'Europe. Pëntiiime. «64. Penthiimwi (1). Noir foncé luisant uniforme. Long. 0,003. Légèrement velu; le second article des antennes assez épaissi dans toute son étendue. Midi de la France (Perris). 36. (35). Prédorsum divisé en deux lobes par un sillon transverse très prononcé; tête globuleuse. Globiceps. «65. Globiceps (2). Noir, avec deux lignes étroites ti-ansversjs blanches , qui disparaissent quelquefois, sur les hémiélytres. Long. 0,004. hifasciatus Fabr.? R. 242. 7.— Zett. L 497. 2. — Fall. 118. 6. — Herr. Sch. IIL 48. pi. 87. f. 265. — capito Le P. Serv. 326. — Am. Serv. 282. 1 . Les deux tubercules du bourrelet prédorsal antérieur presque épineux-, un ou deux points blancs, qui dispa- raissent aussi quelquefois, sur l'écusson-, ces points, comme les lignes transverses des hémiélytres, formés par des (1) n4v9(jf, deuil, iî(M!t, habit (2) Tète globuleuse. IG8 ANNALES 220 RUYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. lilCELLULES. poils ras, soyeux, argentés, très courts-, pattes ferrugi- neuses, les hanches blanchâtres. Hare aux environs de Paris \ midi de TEurope. Leucostigme. *66. Leucostii^nms (1). Noir-, une tache longitudinale blanchâtre près du bord externe de la corie, avec un point d'un blanc vif à rextre'mité. Long. 0,004-5. punctum album Ross? 1337. — clavatus Am. Serv. 282. 2 (nec Linn.). Les deux tubercules formant le bourrelet ante'rieur du prédorsum arrondis ; le point blanc de l'extréniité des hémiélytres rond, occupant tout rapjiendice-, membrane très courte, seulement rudimentaire, formant le rebord interne de Tappendice-, les hémiéljtres n'atteignant pas, dans cet e'tat, Textre'mité de l'abdomen -, le premier arti- cle des antennes pâle, ferrugineux, le second noir, nota- blement renflé en massue à Textrémité, les suivans bruns-, pattes ferrugineuses-, hanches blanchâtres. Ç. Environs de Paris. SUBDIVISION II. CORIOPE^^]\ES. CORIOPENISES. Cicada Linn. — Salda Fabr. — Accmihia WolfF. — Lygœus Fall. — Astemma Latr. — Am. Serv. — Halti- cus Hahn. — Burni. — Eurycephala Guér. — Brull. — Blanch. — Chlamydatus Curt. — Ara. Serv. — Pachy- toma A. Cost. — Biyocoris Fall. Cette subdivision se distingue de la précédente par des hémiélytres entièrement coriaces au moins ordinairement dans les femelles, et par un corps large cl court. • (1) Aii/KÔf, blanc, fityiJLV), point. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 169 (2) FLEXIFRONTS. CORIOPENNES. PROLEUCOPE 221 1. (4). Tête et prothorax courts, transversaux. Hémiélytres (quand il n'y a pas de membrane) un peu plus courtes que TaLdomen, élargies en arrière , point d'ailes dessous. — Cuisses postérieures renflées, propres à sauter-, jambes légèrement épineuses. Les ailes inférieures existent quand la membrane des hémiéljtres est déveIoj)pée. 2. (3). Second article des antennes grêle et fin. EVALASSE 267. Evalassus (1). Entièrement noir luisant. Long. 0,004-5. mutabilis Burm. 277. 1. Les hémiélytres ont une membrane dans le mâle. Midi de la France ^ Alpes. Assez commun dans les champs, dit M. Burmeister, sur Tartémise et Tononis. ASTEMME. 268. u4stemma (2). Noir luisant bronzé ; extrémité des cuisses, jambes et antennes pâles. Long. 0,002. aptera Linn. 710. 38. — Brull. 410 — Blancli. 140. 1. — Am. Serv. 284. 1. — pallicornis Linn. F. S. 894. — Fabr. R. 1 15. 6. — Wolfï. 128. pi. 13. f. 122.— Fall. 113. 70.— llalm. L 114. pi. 18. f. 61. — Burm. 278. 2. — Mey. 110. 103. Les hémiélytres ont une membrane dans le mâle. d'ç. Commun dans toute la Fi'ance, sur les graminées et les ombellifères. ^ Proleucope. 869. Proleucopus (3). Noir luisant, les pattes (sauf (1) Eu, bien, àxxia-9-of, changer. (2) a privatif, o-rl/^^*, ocelle. (3) Tlf'o, en avant, A«u«if, blanc, ttowc, pied. J70 ANNALES 222 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES BICELLULES. (3) les cuisses postérieures) et les antennes pâles. Long. 0,0015-18. Attiis arenarius Halm. IIL pi. 84- f- 255. — mcrcu- rialis Guér. le. 347. pi. 56. f. 6. La membrane des hémiélytres existe quelquefois même dans la femelle , et dépasse alors notablement rextrémité de Tabdomen-, Tappendice très grand. c?ç. Dans toute la France. Eriatte. ZtO. Eriatlus (1). Noir; les hémiélytres pâles, avec une bande transverse ondulée brune. Long. 0,0015. saltitans Fall. 114. 72. — saltians Burm. 278. 5. — Bhnch. 141.2.— Am. Serv. 284. 2. A terre, dans les lieux élevés et secs. d'ç. 3. (2). Second article des antennes plus épais à Texlré- mité qu'à la base. PACHYTOME. «91. Pachytoma (2). Noir luisant. Long. 0,0015. minorA. Cost. A. Fr. X. 289. pi. 6. f. 4. — Am. Serv. 285. 1. Environs de Na pies, et propablement midi de la France. Chlamydate -|- . «9». Chlamydatus (3). Simple variété du précédent? Peut-être la même espèce? hirtusCuvi. pi. 693 (1838). Environs de Sandwich (Angleterre) (d'après Curt.). (1) E'pî, segmenl, «.ttw, sauier. (2) T\!Lxi>(, épais, to/xJ, article. (3) '^Kn-i/.vi, manleau. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 DUCTIROSTRES. 223 4. (1). Prothorax plus long que large, trapézoïdal-, tête triangulaire, assez étroite. Sgérophyle -j- . «9 3. Scœrophyla (1). INoir uniforme, velu, les jambes d'un rougeâtre ferrugineux. Long. 0,003-4. saltator Hahn. IIL II. pi. 76.f. 236. ~ Mey. 112. 106. Le prothorax assez retre'ci en avant, avec un bourrelet près du bord anteVieur^ le ventre élargi postérieurement, les hémiélytres un peu bombe'es, n'atteignant pas Tex- trémité de Tabdomen-, point d'ailes dessous. Environs de Nuremberg, dans les lieux sablonneux. 11 saute loin et vivement (d'après Hahn). Bryocore. 294. Bryocoris{2). Noir-, le prédorsum, Técusson, les hémiélytres et l'anus pâles. Long. 0,0015. pterldis Fall. 152. 20. — Burm. 278. 6. — Mey. 114. 109. Le bord antérieur du prédorsum brun. TRIBU QUATRIÈME. DUCTIROSTRES. DJJCTIROSTRI (3) Am. Serv. Cette tribu se distingue des précédentes par un bec de deux ou trois (4) articles apparents seulement : elle se distingue de la suivante par la disposition de ce bec qui (1) Sicotipw, sauter, «uxii, classe. (2) B/itiov, mousse, ko/xç, punaise (3) Dticius, conduit, rostrum, bec. (4) M. Fieber {Ent.'*ynon. 27) dit que le bec, dans la division des Mem- branientes, a quelquefois quatre et même cmq articles; il donne des figu- res où ce nombre d'articles est en effet présenté ; tous les auteurs jusqu'à présent, depuis Laireillc, n'en avaient compté que trois. 172 ANNALES 224 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. repose dans un canal à bords élevés ou qui s'applique du moins dans un sillon pratiqué sous la gorge. Elle se partage en cinq divisions très disparates entre elles pour les formes et les mœurs des insectes qu''elles renferment, mais que le caractère commun tiré du bec force de réunir dans une même coupe méthodique oppo- sée à la suivante-, ce sont les Spissipèdes, les Ripicoles, les Membranientes, les Corticicoles et les Lecticoles. DIVISION I. SPISSIPÈDES. SPISSIPEDES (1) Am. Serv. Ciinex Geoffr. — Panz. — Syrtis Fabr. — Burm. — Ramb. — ^ccnithia Scbell. — Wolff. — Coqb. — Phywata Latr. — Le P. Serv. — L. Duf. — Brull. — Blanch. — Westw. — Am. Serv. Cette division se distingue de toutes les autres par des pattes antérieures ravisseuses, les cuisses très épaissies {^fig- 38). Elle ne renferme qu une seule espèce d'Europe connue. Phymate. Z'35.P/iymata(T). D'un brun ferrugineux, avec un pi'O- longemeiit bifide entre les antennes et l'abdomen très dilaté de chaque côté, rhomboïdal. Long. 0,006-8. crassipes F ahr. R. 121. l.~Panz. 23. 24.— Schell. pi. 6. f. 3.— Wolff. 88. pi. 9. f. 82.— Coqb: 93. pi. 21. f. 6.— Le P. Serv. Il 9. 1.— L. Duf. R. 53. 1. —Burm. 251. 1.— Brull. 347— Ramb. 167. 1 — Blancb. 114. 1.— Westw. T. III. pi. 2. f. 2 « (an- tenne <^).— A. Cost. C. N. 19.— Am. Serv. 290. 1. — La Punaise à pattes de crabe. Geoffr. 447. 24. (I) Spissufi, épais, pes, piel. (-2) (pu/Ao., enflure. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 173 DUCTIROSTRES. SPISSIPEDES. 225 Ocelles gros, places en arrière et au-dessus des yeux sur une carène du vertex -, antennes brunâtres, insérées assez loin en avant des yeux, beaucoup plus courtes que le corps, de quatre articles, le premier très petit, à peine apparent, les second et troisième à peu près d'égale lon- gueur, le quatrième renflé en massue, fusifornie, aussi long ou plus long que tous les autres dans le mâle, nota- blement moins allongé dans la femelle-, bec ne dépassant pas rinsertion des pattes antérieures, reposant dans un canal profondément creusé , à bords membraneux très élevés •, prothorax grand, dilaté et membraneux de cha- que côté, les bords de la dilatation coupés droit, avec deux carènes longitudinales sur le prédorsum -, écusson court, triangulaire; hémiély très aussi longues que Tabdo- men , la membrane beaucoup plus longue que la corie, à nervures longitudinales plus ou moins fourchues et for- mant quelques cellules à la base j ailes inférieures plus courtes que les hémiélytres -, un bord étroit blanchâtre de chaque côlé, à la base de la dilatation abdominale, la partie postérieure du rhombe formé par elle plus claii-e c[ue la partie antérieure -, dessous du corps d'un jaune ferrugineux ; pattes brunâtres ; les hanches antérieures allongées, avec les cuisses fortement renflées, canal icu- lées en dessous pour recevoir la jambej celle-ci grêle, courte, avec un tarse très petit mais visible, suivant M. Rambur-, les quatre pattes postérieures grêles, à peu près d'égale longueur entre elles, leurs tarses grands, compo- sés d'un seul article en apparence, mais avec un ou même deux autres articles basilaires très petits ; Tarlicle en ap- parence unique légèrement courbé en dedans, avec deux forts et longs crochets au bout. '^ç. Dans toute l'Eui'ope méridionale ; pas très rare aux en- virons de Paris, sur les fleurs, dans les bois. On la rap- porte aussi de l'Amérique septentrionale. 174 AiNNALES 226 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. Cet insecte vole avec facilite' et n'exhale absolument aucune odeur, dit M. L. Dufour, quoi qu'on fasse pour l'irriter. Le renflement du dernier article des antennes est assez remarquable en lui quand on songe qu'il est es- sentiellement carnassier, les autres Hémiptères carnas- siers tels que la Punaise {Cimex) et les Nudirostres, en général, ayant les antennes terminées en soie fine et dé- liée. Cela prouve, contrairement à une assertion précé- demment émise par quelques auteurs, que le caractère de la finesse ou du grossissement des antennes n'a aucun rapport avec le mode de nourriture carnassier ou phyto- phage de ces insectes. DIVISION II. RIPICOLES. RIPICOLM (1) Am. Serv. Lygœus Fall. — Hehrus Curt. — Westw. — Burm. — Blanch. — Am. Serv Cette division , qui ne contient qu'une seule espèce connue, se distingue de la précédente par des pattes anté- rieures faites, comme les quatre postérieures, pour mar- cher et non ravisseuses : elle a de commun avec elle l'exis- tence des ocelles, ce qui la distingue des trois autres di- visions suivantes qui sont privées d'ocelles. Hebrus. ««G. Hehrus (2). Noir velouté, les hémiélytres brunes avec une tache blanche à la base et trois points blan- châtres oblongs sur la membrane. Long. 0,002. pusillusY^W. 65. 27. — Curt. E. I. 198. — Westw. A. Fr. 111. 652. pi. 6. f. 6. —Burm. 214. 1. — Blancli. 97.— Herr. Sch. VI. pi. 193. f. 596. — A. Cost. C.N. 13.— Am. Serv. 294. Quelquefois d'un brun jaunâtre ferrugineux-, la tête en (1) Ripa, rive, colo, habiter. <2) Hèbre, fleuve de Thrace. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. \75 DUCTIROSTRES. MEMBRANIENTES. 227 triangle pointu et assez allongé -, les yeux assez gros, les ocelles très distincts ; antennes de quatre (cinq , suivant M. Westwood et la figure par lui donnée) articles, le pre- mier épaissi, le second plus court que lui, aussi épaissi, les deux derniers fins, velus, d'égale longueur entre eux (1)-, bec grêle, de quatre articles (suivant les auteurs) les deux premiers petits, annuliformes, le troisième très long, le quatrième de moyenne grandeur, atteignant au moins l'insertion des pattes intermédiaires et reposant dans une rainure-, prothorax trapézoïdal, ses bords laté- raux sillonnés transversalement, le bord postérieur légè- rement arqué, les angles postérieurs arrondis, mousses, peusaillans; écusson court et large, en triangle obtu-, hémiélytres à membrane plus grande que la corie, re- montant jusqu'à Técussou, les nervures non distinctes-, la tache blanche de la corie en triangle allongé , placée près de Técusson -, les trois points blanchâtres de la mem- brane en ovale allongé, les deux antérieurs placés trans- versalement, le troisième longitudinalemenl, abdomen se rétrécissant un peu postérieurement, les bords latéraux droits, arrondi au bout -, pattes fauves, assez fortes, mu- tiques, les postérieures peu plus grandes que les autres ^ toutes les cuisses légèrement renflées , fusiformes -, les tarses de trois articles, les deux premiers (suivant les au- teurs) très petits-, les crochets grêles, très pointus et dé- pourvus de pelotte membraneuse entre eux. Midi delà France (Perris)-, Angleterre. DIVISION III. MEMBRANIENTES. MEMBRANIENTES (2). Ciinex Linn. — GeofFr. — Tingis Fabr. — Panz. — Fall. (i) C'esl ainsi du moins que nous avons cru les voir dans deux indivi- dus diffcrens, qui n'avaient chacun, il esl vrai, qu'une seule antenne, mais qui nous a paru complète. (2) Membrana, membrane, em, qui existe. 176 ANNALES 228 RIIYNCHOTES. HÉMU'TF.RES. DCCTIROSTRES. (Il) — Burm. — Herr. Sch. — Blanch. — Am. Serv. — Acanthia Panz. — Schell. — WolfF. —Monanthia Le P. Serv. — Burm. — Herr. Sch. — Am. Serv. — Fieb, — Piesma Le P. Serv. — Lap. — Burm. — Brull. — Blanch. — Am. t-erv. — Eurycera Lap. — Burm. — Brull. — Blanch. — Am. Serv. — Zosmenus Lap. — Zosmerus Burm. — Fieb. — Derephysia Spin. — SereJitJiia Spin. — Herr. Sch. — Am. Serv. — Agramma Westw. — Fieb. — Galeatus Curt. — Spin. — Cantacader, Ajioinaloptera Am. Serv. — Laccometopiis, Tropidochiln, Physantocinla Fieb. Cette division se distingue de la suivante par des hd- miélytres aussi longues et aussi larges que Fabdomen au moins et de toutes les autres par le tissu de ces hémiély- tres formé d'un re'seau à mailles nombreuses, ainsi que les dilatations membraneuses que le corps y présente souvent. Ocelles nuls. — Antennes de quatre articles ordinaire- ment, les deux premiers courts, moniliformes, à peu près d'égale longueur, le troisième le plus long, le dernier gé- néralement épaissi, noduleux. — Bec reposant ordinaire- ment dans une rainure très prononcée, à bords élevés, de trois (quatre ou même cinq, suivant M. Fieber) articles. — Héiniclytres quelquefois d'une nature homogène, la membrane alors n'étant point distincte de la corie. — Tarses de doux articles, le premier très petit. 1. (16). Ecusson recouvert par le prédorsum. 2. (15). Trois carènes longitudinales sur le prédorsum. 3.(12). Côtés du prothorax aplatis, foliacés ou tran- chants. Prédorsum se prolongeant en pointe postérieurement. 4. (11). Côtés du prothoi-ax notablement dilatés en fo- lioles. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 177 (6) MEMBRANIENTES. DÉROPHYSIE. 229 5. (8). Un notable renflement vésiculeux au bord anté- rieur du prëdorsum. 6. (7). Pas de longues cornes en forme d'épines sur la tête. TiNGIS. ««'ï. Tingts (1). Blanchâtre, avec deux taches brunes de chaque côté sur les hémiélytres. Long. 0,003. pjri Fabr. R. 126. 9.— Fall. 149. 13.— Burm. 259. I . — Herr. Sch. IV. 69. pi. 126. f. 395. — Blanch. 112. 3. pi. 2. f. 7.— A. Cost. G. N. 21.— Am.Serv. 297. 1. — Fieb. 102. 1. pi. 8. f. 34-36. —appendi- ceus Vill. 488. pi. 3. f. 19.— La Punaise à fraise an- tique. Geoffr. 461. 57. Corps brun ; côtés du prothorax notablement dilatés en feuille arrondie, transparente, le renflement prédorsal en forme de grosse vessie globuleuse ; les quatre taches des hémiélytres placées deux à la base et deux à Textrémité, se prolongeant obliquement quelquefois de manière à former entre elles une croix; pattes pâles, les antennes à articles grêles, plus ou moins tachées de brun. cfç. Dans toute la France, sur les poiriers, auxquels cet in- secte cause souvent de grands dommages par son extrême multiplication : il se fixe en général à la partie inférieure des feuilles pour s'abriter sous elles. Derophysie. «98. Derophysia (2). Blanchâtre, transparente, sans tache sur les hémiélytres. Long. 0,003. foUaceaVsW. 149. 12. — Herr. Sch. IV. 70. pi. 129 D, 130 L. M. — Spin. 166.— Fieb. 99. I. pL 8. f. 23-27. (1) Nom latin de la ville de Tanger. (2) Aïf)», cou, «lycriow, enfler. 2" iSe'n'e, TOME IV. 12 178 ANNALES 230 RHY^XIIOTliS. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRES. (7) Assez semblable, du reste, à la précédente, raais les antennes plus grosses, très velues, brunâtres -, le renfle- ment vésiculeux pre'doi'sal moins gros et celui deshe'mié- Ij très allongé en forme de carène à arèle saillante en des- sus ; les folioles latérales du prothorax moins arrondies, plus allongées-, les nervures des dilatations membraneu- ses, le corps et les pattes d'un brun ferrugineux, d*. Environs de Paris, en juillet; midi de TEurope. 7. (6). De longues cornes en forme d'épines sur la tête. ACESTROPS. Z'i9. Acestrops (1). Noirj les dilatations membraneu- ses amples, blanches, à nervures peu nombreuses noires ; un renflement discoïdal sur les hémiélytres. Long. 0,003. spimfronsYaW. 148. 11.— Spin. 164.— îlerr. Sch. IV. 66. pi. 130. f. A.B. G. G. IL — Fieb. I04. 5. pL9. f. 6-12. Les épines du front au nombre de cinq, longues, aiguës, inclinées et s'avançant jusqu'entre les antennes, la vésicule du bord prédorsal antérieur assez élevée et suivie d'une autre vésicule bivalve qui s'ouvre ordinairement en ar- rière-, la dilatation prothoracique latérale foliacée, offrant (juatre nervures longitudinales qui la divisent en cinq cellules dont l'antérieure très petite, avec une tac-he brune à l'extrémité des deux nervures intermédiaires; le ren- flement discoïdal des hémiélytres très grand, occupant presque toute leur suiface, taché de brun, ne laissant au côté externe qu'un bord assez large divisé en sept cellu- les par six nervures droites, noires, plus ou moins macu- l(!es de brun à leur extrémité-, antennes grêles, à villosité rare assez longue, brunes ainsi que les pattes, c?". Europe méridionale. (1) A'«i*in> ft.c'C, tirer l'épée. (2) Sxpi^, strie, népac, antenne. 180 ANNALES 232 nHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRES. (U) thorax arrondis en arc presque parfait. Long. 0,004-5. Fieb. 95. 3. pi. 8. f. 4-7. — crassicotnls Curt. pi. 154. Troisième article des antennes très épaissi, plus gros que les autres, hérisse de poils fins, raides-, angles humé- raux des hémiély très arrondis -, les mailles assez grandes, claires, les nervures brunes \ le prolongement prédorsal postérieur blanchâtre ; dessous du corps et antennes, noirs-, cuisses noires, jambes ferrugineuses. Midi de la France (Perris)-, Mdan (Villa)-, Bohême; Autriche. Erythrophthalme. »8i8. Erythrophthalma (1). Assez semblable à la précé- denle, mais les bords latéraux du protliorax plus droits, moins arqués, leur angle antérieur prononcé ; une corne bifurquée sur le vertex. Long. 0,004-5. Germ. Ahr. F. E. 3. 25 (d'après Fieb.)— Fieb. 94. 2. pi. 8. f. 1-3. Troisième article des antennes un peu moins gros que dans la précédente espèce-, disque antérieur du prédorsum d'un brun ferrugineux -, le reste du corps et les pattes d'un ferrugineux uniforme-, les mailles transparentes, moins nombreuses que dans fespèce précédente, avec les nervu- res ferrugineuses. Midi de la France (Perris)-, Angleterre i Allemagne. Maphe. 28». Maphiis (2). D'un grisâtre assez uniforme, les nervures brunes, les bords latéraux du prédorsum droits, ses angles antérieurs saillants, aigus. Long. 0,004. (1) E'pi;6j>«c, rouge, o«ô*X//èc, œil. (2) Hébreu, V^DQ. rnepfiiis, marteau . DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 181 (10) MEMBRAMENTES. MONANTHIE, 233 ampliata Herr. Scli. IV. 62. pi. 127. f. 397 a. — Fieb.?59.pl. 5. f. 10, 11. Pattes et antennes jaunâtres ou brunes. Environs de Paris (Signoret), et dans toute l'Europe. Nous rapportons la synonymie de Fieber avec doute parce que cet auteur semble représenter le 3" article des anten- nes comme étant grêle et non épais. DlCTYESTHE. «84. Dictyesthcs (1). D'un grisâtre pâle, les antennes moins épaisses que dans le précédent, mais velues, avec un assez notable rebord dilaté s'arquant doucement de chaque côté du prothorax. Long. 0,003. Le bord externe des hémiélytres et même la dilatation prothoracique latérale finement mouchetée de noir. Milan (Villa). 10. (9) Troisième article des antennes grêh'. MoNÀNTHIE. «85. Monantkia (2). Grisâtre, moucheté de taches brunes sur les hémiélytres. Long. 0,003-4. carc?«iLinn.718. 21.— DeG. 309.pl. 16. f. 1-6.— Fabr. R. 125. 3.— Eue. pi. 373. f. 13. 14.— Schell. pi. 6. f. 2.— WolfF. 45. pi. 5. f. 42.— Fall. 143. 2. — Burm. 260. 2. — Herr. Sch. IV. pi. 127 A, B. — Am. Serv. 298. 2.— Fieb. 61. 3. pi. 5. f. 1—8. Prothorax légèrement pyriforme, les dilatations laté- rales partant du bord postérieur pour aller en s'élargis- sant s'appliquer contre le bord antérieur, les trois carènes prédorsales également prononcées, droites et partant (1) A^> bord. M. Fiebcr écrit à tort Physatochèila. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 185 (13) MEMBRANIENTES. PLEUROEDME. 237 Tropidochile -!■ • «90. Tropidochila (1). Blanchâtre, le disque médian du prëdorsum, et les pattes, noirs. Long. 0,004. mela?JOCephala Panz. 100. 21. — Burm. 258. 2. — Fieb. 77. 20. pi. 6. f. 26—30. — eryugn Latr. H. XIIL 253.— Curt. Br. E. D'après les auteurs. Dans toute l'Europe. PiLÉMATIE. Z9t. Pilemaiia (2). Grisâtre, le renflement latéral du prédorsum droit, en bourrelet fusiforme, large, avec un double renflement discoïdal brun sur chaque hémiélytre. Long. 0,004. co5toto lïerr. Sch. IV. 15. pi. 114. f. 362. L'abdomen plus large que dans Tespèce suivante, pres- que circulaire -, l'intervalle prédorsal entre les bourrelets latéraux, noir, avec les carènes grises j des mouchetures noires sur le bord externe dés hémiély très -, les pattes et les antennes pâles, le dernier article de celles-ci noir. Environs de Paris (Signoret), et dans toute l'Europe. Pleuroedme. 29». Pleurœdma (3). Grisâtre , moucheté de brun, le renflement latéral du prédorsum droit, large-, point de renflement discoïdal sur les hémiélytres. Long. 0,003-4. lupuli Herr, Sch. IV. 13. pi. 114. f. 359. — Fieb. 85. 29. pi. 7. f. 19— 21. (1) Tpoirif, carène, ;\:«/xoc, bord. M. Fieber écrit à torl Tropidocheïla . (2) TliXii/xcL, bourrelet. (3) Tïxiufk, c6lé, olJ-fj.*, euflure. I8G ANNALES 238 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTiROSTRES. (13) Corps beaucoup moins large, plus élancé que dans la précédente-, rintervalle entre les trois carènes prédorsales, dans la partie antérieure, noir ; une douzaine de mouche- tures noires régulièrement espacées sur le bord externe de chaque hémiélytre-, trois taches brunes sur la ligne lon- gitudinale élevée du disque ; antennes grêles , pâles , le dernier article' noir-, cuisses brunes, genoux et jambes pâles. Alger (Lucas). NOHARE. «98. Noharus (1). Grisâtre en dessus, le renflement la- téral prédorsal un peu arqué-, deux taches brunes sur la côte discoïdale de chaque hémiélytre. Long. 0,003-4. convergejis Burm. 261. 5. — Herr. Sch. IV. 15. pi. 114. f. 361. La tête noire ainsi que le dessous du corps -, une tache noire de chaque côté de la carène médiane, derrière le bord antérieur du prédorsum -, de fines mouchetures bru- nes le long du bord externe des hémiélytres -, pattes et antennes d'un jaunâtre ferrugineux-, les tarses et le der- nier article des antennes, noirs. Midi de la France (Perris). Méphisse. «94. Mcphissus (2). Noir, le contour du prédorsum, ses carènes et les hémiélytres blanchâtres; le disque prédor- sal noir, avec deux taches brunes sur la côte discoïdale des hémiélytres. Long. 0,003-4. (1) Hébreu> ^ns» nahar, se joindre ensemble. Ci) Hébreu, y'EG, mephits, marleau. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 187 (14) MEMBRANIEINTES. RiTHÈQUE. 239 clavicornis Panz. 3. 24. — Am. Serv. 298. 1. — ecA/ï Wolff. 130. pi. 13. f. 124. — Herr. Scli. IV. 14. pi. 114. f. 360.— La Punaise tigre. Geoffr. 461. 56.— Réaum. pi. 24. f. 1-4. Le bord externe des hémit^lytres offrant une quinzaine de points noirs, les nervures bifurqudes de leur disque tachées de noir-, les pattes et les antennes, noires, avec les jambes, les genoux et le second article des antennes, pâles. Dans toute la France. La larve de cette espèce, dit Geof- froy, habite Tintérieur des fleurs du Chamœdrys , qui , lorsque cette larve y est renferme'e, paraissent, avant de s'ouvrir, plus grosses et plus renflées qu'à Tordinaires. Paroedme. 295. Parœdina[{^. Rougeâtre ferrugineux-, une grande tache brune discoïdale sur les hémiélytres. Long. 0,003. dumetorum Herr. Sch. IV. 57. pi. 124. f. 391. — Fieb.82.25.pl. 7. f. 4-6. Les bourrelets latéraux du prédorsum pf u renflés, or- dinairement d'une teinte plus pâle que le disque pr^dor-; sal-, la grande tache des hémiélytres occu[)ant tout leur milieu, disparaissant quelquefois-, le bord externe blan- châtre moucheté de brun. Midi de la France (Perris)-, sur le plantain. 14. (13). Prédorsum arrondi postérieurement. RiTHÈQUE. «96. Rithecus (2). Jaunâtre ou grisâtre en dessus, ta- (1) TlaLfk, proche, oti'/Aa., enflure. (2) Hébreu, rim, relhach, enflure. 188 ANNALES *240 RIIYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRES. (1')" chete de noir; un renflement vësiculeux , ordinairement semi-circulaire , de chaque côte du prédorsum, avec un renflement discoïdal sur les hémielytres. Long. 0,003. echii Fabr. R. 126. 8. — Burm. 259. 4. — Am. Serv. 297. 2. — Fieb. 88. 32. pi. 7. f. 27-32. — roturidaia Herr. Sch. IV. 59. pi- 124. f. 392. Noir en dessous, une carène longitudinale très pro- noncée entre les deux renflements serai-circulaires laté- raux du pre'dorsum, cette carène elle-même quelquefois un peu renflée à son extrémité postérieure; le renflement discoïdal des hémielytres ayant Tapparence d'un double tubercule sur chacune d'elles, leur bord externe notable- ment tacheté de noir, sans membrane distincte du reste de Thémiélytre -, pattes pâles, cuisses ferrugineuses -, an- tennes brunâtres, leurs articles grêles comme dans la Tingis. France-, Allemagne. Cantacadre. 89'». Cantacader (1) D'un jaunâtre cendré, tacheté de brunâtre, avec quatre cornes couchées et dirigées en avant sur le vertex. Long. 0,004. quadricornis Le P. Serv. 653. — Brull. 314. — Am. Serv. 299. Tête assez allongée, s'avançant un peu entre les anten- nes-, celles-ci grêles, assez longues, le quatrième article fusiforine, pointu-, prédorsum s'ari'ondissant brusque- ment à son bord postérieur, avec une ligne courbe élevée (I) Sanscrit, ^U6cr>, caniata, cpinc, '. Araëdëe-Louîs-Michel Le Peletier, comte de Saint- Fargeau, membre honoraire de la Société' entomologique de France , dont il avait e'té élu archiviste en 1832, et président en 1833, membre des Sociétés d'histoire natu- relle de Paris et de Versailles , et de celle des naturalistes de Moscou, naquit à Paris le 9 octobre 1770, de Michel- Etienne, comte de Saint-Fàrgeau , baron de Péreuse, premier président du Parlement de Paris. Il perdit son père dès Page de quatre ans , et entra fort jeune dans un des séminaires de Paris où il fit toutes ses études. Destiné à Tétat ecclésiastique , sa naissance Paurait appelé sans doute aux plus hautes dignités de PEglise, car n'étant encore que séminariste, il avait déjà en perspective Té- vêché de Saint-Papoul. La révolution de 1789 , en bouleversant tout, détruisit l'avenir du jeune homme alors âgé de dix-neuf ans. D'un naturel calme et réfléchi, porté par goût aux sciences d'observation , peut-être efFrayé des suites funestes que 2* Sériej tome iv. 1 3 J94 ANNALES pouvait avoir pour lui cette révolution, il marcha clans un sens bien opposé à celui de deux de ses frères, Michel et Félix Le Peleticr de Saint-Fargeau. Le premier, député à la Convention nationale, périt assassiné, et eut, après une mort semblable à celle de l'odieux Marat, d'exécra- ble mémoire, le honteux honneur de lui être accolé. Les vieillards se souviennent d'avoir vu les bustes de ces deux hommes, si différents enlr'eux, mis en regard dans les ateliers , les corps-de-garde et les lieux publics , sous le nom de Martyrs de la Libeiié. M. le comte Amédée de Saint-Fargeau avait un troisième frère (Daniel) qui se voua à Tétat militaire et mourut quelques années avant lui. Ce frère, qui avait servi avec distinction, obtint, sous la Restauration, une lieutenance dans les gardes du corps. Son caractère et sa manière de voir sympathisaient singulièrement avec ceux de notre respectable collègue. L'histoire naturelle eut de tout temps des charmes pour ces deux frères-, ils se livrèrent avec bonheur à la bota- nique, qu Amédée cultiva toujours avec succès (1). Il se composa un herbier remarquable qu'il augmenta no- tamment, par une excursion au Mont-d'Or, mais la séduisante entomologie finit par Temporter sur sa rivale, etTétude des Hyménoptères, les plus intéressants de tous les insectes par leurs mœurs , s'empara complètement de son affection-, il y consacra sa vie entière. Il est remar- quable qu'à la naissance de son fils aîné, en 1794, alors cju'on était dans les plus mauvais jours de la révolution , le père ne prit dans l'acte de l'état civil que le titre de naturaliste. En ces temps de crise , M. le comte de Saint-Fargeau (1) On lui doit des mémoires particuliers, dont un relatif à quel- ques nouvelles espèces de champignons. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 195 vivait loin de Paris dans une profonde retraite, mettant à profit ses loisirs, et se livrant sans cesse à de nouvelles observations ; il tâchait d'adoucir les chagrins que lui causait la dispersion et la ruine de ses proches , en scru- tant profondément les secrets de la nature. C'est dans le cours de ses promenades solitaires qu il commençait alors à faire les nombreuses découvertes qu on lui doit sur les mœurs des Hyménoptères. Le ciel Tavanlagea d'une épouse aussi bonne que pieuse, modeste et simple, qui lui prodigua jusqu'à la fin de sa vie les soins les plus affectueux, et adoucit par là les cruelles souffrances de ses derniers jours. Père de deux fils qui embrassèrent la carrière des armes, il se vit obligé de vivre souvent loin d'eux-, le cadet, officier supérieur à Tarmée d'Afrique , mourut à Paris, avec le titre de lieu- tenant-colonel , peu de mois avant son père , dont cette mort prématurée hâta peut-être la fin. Pendant le long séjour qu'il fit à Oran , ce fils recueillit beaucoup de Co- léoptères et d'Hyménoptères qu'il faisait passer à son père. Voici les ouvrages que l'on doit à M. de Saint-Far- geau, avec la date de leur apparition. Je crois qu'il débuta en 1807 ou 1808 par un petit opuscule, avec figures coloriées, intitulé : Mémoire sur quelques espèces noui'elles d'Hyménoptères porte-tuyaux , et qui doit avoir été publié dans les An- nales du Muséum de cette époque. En 1823 parut sa Monographia Tenthredinetarumj, ou- vrage fort estimable, clair, précis, d'une latinité classi- que, et regardé comme l'un des meilleurs qui soient sortis de sa plume. L'année suivante, plusieurs zoologistes des plusdistin- 196 ANNALES gues(l), à la tête desquels dtait M. Ducrotay de Blaiit- ville, conçurent Tidtie d'une Faune française j, ouvrage qui manquait et qui manque encore à notre pays, puisque cette Faune si bien commence'e, orne'e de si bonnes figures, n'a pu êti^e achevée. Nous fûmes appelés, M. le comte de Saint-Fargeau et moi , à coopérer à sa publica- tion : il eut la rédaction des Lépidoptères, et donna successivement les Diurnes , les Crépusculaires et le commencement des Nocturnes , mais son travail n'obtint pas autant d'approbateurs qu'en avaient eu ses précédents ouvrages*, on sentit que l'auteur avait marché sur un ter- rain qui ne lui était pas familier, et quelques erreurs lui échappèrent qui furent relevées par notre grand lépidop- térisle, le docteur Boisduval. Immédiatement après cette publication, l'illustre La- treille, notre maître, se chargea de la rédaction du dixième et dernier volume du Dictionnaire des Insectes de V Encyclopédie méthodique, ouvrage commencé en 1787^ par Olivier, et terminé seulement en 1825, publication qui embrasse un espace de trente-huit ans. Latreille ju- geant que ce volume serait un fardeau trop pesant pour son âge et pour sa santé trop affaiblie par tant de travaux, et afin de remplir plus promptement d'ailleurs les inten- tions de l'éditeur, M'"* Agasse, s'adjoignit trois collabo- rateurs, MM. Guérin-Méneviîle, Le Peletier de Saint-Far- geau et moi. Dans la répartition des articles, MM. Latreille et Guérin rédigèrent ceux qui traitaient des Crustacés, des Arachnides , des Myriapodes , des Thysanures et des Parasites. M. de Saint-Fargeau et moi , nous nous char- geâmes des insectes proprement dits, ce qui nous coûta deux ans d'un travail assidu. Nous fîmes nos articles en (1) MM. A. G. Desmaresl, Vieillot et Walckenaër, etc. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 197 comuiun, signes de nos initiales : mais en étudiant un peu ce travail, on reconnaît aise'ment que mon savant collaborateur a eu la plus grande part dans les articles concernant les Hyrae'noptères. Les naturalistes parurent satisfaits de ce dixième volume , qui ajouta un fleuron à la couronne entomologique de mon ami. M. Le Peletier a enrichi en outre nos Annales de mé- moires relatifs aux Hyménoptères, savoir : 1° Mémoire sur le genre Gorytes , Latroille, qu'il partage en six genres, dont quatre nouveaux. (Annales, 1'" série, tomel, 1832, page 52.) 2° Observations sur Touvrage intitulé : Bomhi Scandi- naviœ nioiiographicè tractati, etc. , auxquelles il joignit les caractères différentiels des genres BombuSj Latreille, et Psythjnis, Le Peletier. (^Idem, page 366.) 3° Description de trois nouvelles espèces de Cimbcx. (Jdein, tome II, 1833, page 454.) 4° Remarque sur les caractères donnés par M. Klug au genre Syzygonia. {Id. , pag. 456.) 5° Monographie du genre Crabro, Fabr. -, de la famille des Hyménoptères fouisseurs, conjointement avec M. A, Brullé. Les auteurs établirent dans cette Monographie neuf genres nouveaux , en restreignant beaucoup le geni^e type. (Jd., tom. III, 1834, pag. 683.) 6" Observations sur une Monographie des Odynères de Belgique de M. Wesmaél. (Jd. tom. IV. pag. Lxviii.) 7o Réponse aux observations de M. Léon Dufour sur les Crabro, Fabr. (Idj tom. vu, pag. 415.) Après 1830, le libraire Roret entreprit de donner de nouvelles Suites à Buffoii, et confia la rédaction des Hy- ménoptères à rhomme le plus capable de s'acquitter de cette tâche, c'est assez nommer M. le comte de Saint- Fargeau. Primitivement, Tordre des Hyménoptères ne 198 ANNALES devait comprendre que deux volumes, mais on s'aperçut bientôt que ce nombre ne suftisait pas, et il en fut accordé quatie. L'auteur, a cette époque, souffrait déjà beaucoup d'une gravelle qui finit par I affaiblir au point de le forcer à laisser son travail inacbevé et à s'arrêter à la fin du troisième volume (1). Le mauvais état de sa santé l'avait même obligé de mettre un intervalle de buit années entre le premier et le second tome. M. le comte de Saint-Far- geau, dans ce dernier ouvrage, a pris pour sa classifica- tion une route nouvelle en s'éloignant de la mélbode de Latreille qu'il avait constamment suivie jusque-là, sauf quelques légères modifications fort bien entendues et ex- posées dans le dixième volume du Dictionnaire encyclo- pédique déjà cité. Imbu de l'idée que les mœurs des Hyménoptères devaient être la base d'une métbode natu- relle , il abusa , je crois , de ce principe bon en lui-même , mais qu'il ne faut point pourtant suivre avec trop de ri- gueur-, il fonda rétablissement de sa première section sur le caractère unique de la sociabilité des insectes qui la composent, ce qui le força de scinder les familles les plus compactes et les plus naturelles, telles que celles des Abeilles, des Guêpes, que tous les entomologistes, avant et après Latreille , avaient considérées comme indi- visibles, en se bornant à indiquer parmi elles les espèces sociales et les espèces solitaires. L'auteur n'admit dans sa section première , comme Abeilles et comme Guêpes , que les sociales des auteurs , rejetant les Abeilles et les Guêpes solitaires dans une autre section. Son premier ^olume ne renferme que les espèces vivant en société , savoir ; les (1) C'est notre collègue , M. Aug. Frullé, maintenant professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Dijon, qui s'est chargé d'a- cbcver l'œuvre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 199 Fourmis, les Abeilles proprement dites, les Bourdons et les Guêpes (sociales), réunion qui paraît disparate et forcée , autant que la séparation absolue des Abeilles et des Guêpes solitaires peut paraître mal fondée , du moins c'est là mon opinion et celle de beaucoup d'autres ento- mologistes. Si Ton trouve ce jugement trop -sévère, je citerai pour ma justification cette maxime d un de nos écrivains : « On doit des égards aux vivans , on ne doit aux morts que la vérité. » J'ai été lié pendant plus de vingt-cinq ans avec Tex- cellent comte de Saint-Fargeau-, les deux années de notre coopération à l'Encvclopédie m'ont misa même d'apprécier ses éminentes qualités autant que son savoir. Nous pas- sions JQurnelleaient six ou sept beures ensemble; la sim- plicité, la bonboniie et la douceur de son caractère ne se sont pas démenties un seul instant. Il se distinguait surtout par une politesse exquise, une aménité et une ur- banité dans les manières , qui étaient le fruit de léduca- tion que recevaient autrefois les bommes de son rang. Hetiré depuis long-temps à Saint-Germain-en-Lave, il était Tun des marguilliers de sa paroisse : sa fin , arrivée le 23 août 1845, fut des plus édifiantes. Sa piété, qui était celle d'un vrai cbrétien , parut dans tout son jour à cette heure suprême^etle témoignage que rendait en lui une conscience pure , le fit se jeter avec confiance et sé- rénité dans le sein de son créateur. La société s honorera toujours de l'avoir compté parmi ses membres fondateurs. Elle lui a causé le plus vif plaisir le jour où elle féleva à la dignité de membre honoraire en remplacement de M. Charles Nodier, en janvier 1845 (l). Les amis de la science le regretteront sincèrement et se souviendront (l) Voyez sa touchaute letlre de rcmcrcieuieut. (Aunales, tom. III, 2* série, pag. x.) 200 ANNALES d'avoir trouvé en lui le mdrite du savant uni aux vertus de Thoraine de bien. Le faible hommage que je rends à sa mémoire serait encore plus imparfait si je n'avais reçu de l'amitié de M. Doiié notre honorable archiviste, que j'en remercie, quelques renseignements précieux sur Tami commun qui nous était si cher. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 201 DESCRIPTION DE LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX. Par M. BRUAND, (Séance du 14 Janvier 1846.) 1° Zygœna Falentini. Miki^ Enverg. 22 raillim = PI. 8. N° I. Fig. 1. Statura Z. corsiccBj paululo major ^ alce brenusculœ ; cor- pus latum, valdè villosum; abdomen haud elongatum, sum- mo carinatum , parte posteriore supra ruhrum ; antennœ brèves j haud crassœ. Descrîptio. — Abdomen nigrum-, dorsi capitisque pilis albicantibus *, alae anticae pallidè griseo-cyaneis , maculis tribus oblongis, rubris, ferè sîcut apud Z. minos , tertia (ad apicem), extrinsecus divisa-, basis ad inferiorem par- tem rubra ; alae posticaî rubrse, immaculatse, ad apicem leviter nigro-grisese-, fîmbria rubicans, lineâ nigrâ intus lirabata; pedes griseo-ochrearii. Habitat in Africâ, propè Constantinam. Cette Zygène est un peu plus grande que corsica \ elle a les ailes supérieures un peu larges, d'un gris-bleu légère- ment transparent et plus foncé vers Tangle apical , avec trois taches allongées , placées comme celles de minos , mais dont la troisième , au lieu d'être securiforme , est 202 ANNALES divisëe depuis son milieu du côté externe, et dont la su- périeure se prolonge en pointe jusqu'aux trois-quarts de Taile; la base des mêmes ailes est également rougeâtreà sa partie inférieure. Les secondes ailes sont d'un rouge peu intense, légèrement teintées de gris noirâtre à Tangle api- cal. La frange des quatre ailes est rougeâtre et précédée d'un liseré noir qui est un peu plus étroit aux ailes supé- rieures qu'aux inférieures. Le corps est gros, ( ourt et ter- miné carrément-, il est très velu, comme chez exulans j les poils qui couvrent le dos et les côtés du corselet sont blanchâtres, ceux de Tabdomen sont noirs; celui-ci est caréné au sommet comme chez occitanica , il est orné vers son extrémité d'un anneau rouge assez large qui est interrompu à la partie ventrale. Les antennes sont courtes, noires et peu épaisses. Le dessous des quatre ailes diffère peu du dessus, mais il est un peu plus pâle; les pattes sont jaunâtres, comme celles à'achilleœ. Cette Zygène , qui a été prise dans les environs de Constantine, m'a été envoyée, avec un grand nombre de coléoptères , par mon ami Valentin Devoisins, commis- saire civil à Coléah , et membre correspondant de la So- f^'iété d'émulation du Doubs. Je lui ai donné son nom en souvenir de notre bonne et ancienne amitié. 2° Zygœna Cedri. Mihi. Enverg. 23 mill. PI. 8. N° I. Fig. 2. ^taiura Z. brisce j alœ anticœ longisculœ j capita dovsoquc rillosis ; abdomen cylindricuni, valdc clongatum, parte pos- Icriore supra latc sanguin cuni j anlentuv crassŒj longiores. Descriptio. — Aise auticœ pallidè nigro-virescentes , DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 203 duobusmaculis elongatis tribusque rotundalis, ru bris or- natse^ ex his prima ad costse médium, minima-, basis li- neâ rubrâ maculata. Alaî posticae rubrae, immaculatœ; fimbria sanguinea, lineâ nigrâ in tus limbata. Dorsi capitisque pilis albicantibus , abdominis nigri- canlibus-, partis analis macula sanguinea latissima. Pedes griseo-ochrearii. Cette Zygène est à peine plus grande que la prdcédenle, mais elle a les ailes supérieures plus étroites -, celles-ci sont légèrement transparentes (surtout vers leur milieu inférieur) , de couleur verdalre , avec deux taches allon- gées et trois points rouges, plus une petite raie de même couleur située à la partie inférieure de la base de Taile. Des deux raies rouges supérieui'es , celle qui avoisine la côte est bien plus courte que celle du milieu-, quant aux points, le premier, qui esten-deça de la cellule discoïdale, est petit et un peu allongé ; les deux autres sont à peu près ronds et beaucoup plus gros, sui'tout le dernier. Les ailes inférieures sont d'un rouge peu intense. La frange des quatre ailes est rougeâtre et précédée d^un liseré noir. Le corps est très velu à sa partie antérieure-, les poils qui couvrent le dos et les côtés du corselet sont blanchâ- tres-, Tabdomen est très allongé, cylindrique, de couleur noire avec un anneau rouge-aurore très large et inter- rompu en dessous. Les antennes sont longues , noires, et s'épaississent fortement vers leur extrémité. Le dessous des quatre ailes est à peu près semblable au dessus, mais plus clair. Les pattes sont jaunâtres. Cette Zygèue a été prise en 1840 dans les environs d' Al- 204 ANNALES ger par feu mon beau-frère Eugène Cèdre, officier aux chasseurs d'Afrique, et je lui ai donné son nom. Ce jeune officier, plein de bravoure, avait, par amitié pour moi, tourné tous ses loisirs du côté de Thisloire naturelle , et il s'y livrait avec ardeur lorsqu'une fièvre cérébrale, suite de son imprudent courage , est venue lui donner la mort qu il avait bravée tant de fois, et que, trois jours auparavant , il bravait encore sur le cliamp de ba- taille. 3° Coremia pontis salaria. Mihi. Enverg. 22 à 23 millim. PL 8. N° L Fig. 3. Alis anticis griseo-alhicantihus ^ fascia fusca in basalij Jascia mcdiafusco-ntgrescensj in medio angulosa, lata ad summum infraciue coartata. Posticce cinerascentes , lineâ gemind angulosa alhicantes. Palpi hreviores j graciles. Punctum ohlongumalarum in medio j anticis nigrum^posticis nigricans ; suhtus ohliteratum. Cette espèce est voisine d'aptaria, et lorsque j'en en- voyai un exemplaire à M. Duponchel, il y a deux ans, il le prit pour une variété de cette phalénite. Mais pour peu qu'on l'examine avec attention, on y remarque des diffé- rences essentielles qui constituent une espèce bien dis- tincte. Et d'abord elle est toujours plus petite (six milli- mètres de moins d'envergure) ; le sommet des ailes supé- rieures est plus arrondi ; les palpes plus courts et moins épais i le fond est d'un gris blanchâtre et n'a jamais la teinte plus ou moins verte qui distingue aptaria, surtout quand elle est fraiche •, la bande transversale des premiù.- i-es ailes est plus soutenue et d'un brun intense; cette bande est anguleuse chez pontissalaria , tandis qu'elle est DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 205 festonnée dans aptana; enfin elle est marquée chez cette dernière de trois raies noires fortement festonnées et pa- rallèles du côté externe, et d'une seule raie semblable au côté interne; chez poiitissalaria, au contraire, il n'exisfb qu'une raie d'un brun noirâtre de chaque côté, et encore il nj a guère que la partie supérieure qui soit bien indi- quée. Enfin, des trois points noirâtres placés A'ers l'angle apical, les deux supérieurs sont seuls bien distincts. Les ailes inférieures sont grises comme celles d'aptaria, mais la bande blanchâtre qui les partage est anguleuse chez pontissalaria, elle est sinueuse chez aptaria. La femelle ne diffère du mâle que par les antennes, qui sont simples chez elle. J'ai pris pour la première fois cette phalène en 1843, au nombre d'une douzaine d'exemplaires, contre les ro- chers d'un ravin de la montagne du Larmont , près de Pontarlier (hautes montagnes du Doubs) ; en 1845 j'en ai pris encore dix individus au même endroit •, je ne l'ai jamais vue que là, taudis que nous prenons fréquemment aptaria autour de Besançon. Sur vingt à vingt-cinq exem- plaires, aucun n'a varié pour la taille et la couleur, aucun ne se rapproche &! aptaria. Cette phalène donne en juin. L'époque de son appari- tion varie du 10 au 30, selon que Tannée est plus ou moins avancée* La figure que M. Duponchel rapporte à scabraria, pL 193, fig. 1 , semblerait appartenir à l'espèce dont il s'a- git ; elle ne doit pas, selon moi, être la femelle de la fi- gure 2 de la même planche. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 207 MÉMOIRE SUR LES MŒURS DES CHENILLES DES SÉSIES. Par M. J. F. L BLISSON. (Séance du 8 Octobre 1845.) Les premiers états des Se'sies sont encore peu connus; quelques larves seulement ont été observe'es-, une seule, je crois, celle de la S. apiformisj a éié figurée par M. Rat- zeburg. Godart, dans son Histoire naturelle des Lépidoptères de France, tom, III, pag. 76 , en parlant des Sésîes en général , dit : « Leurs chenilles ont seize patles , et sont cylindriques, rases , sans corne à Textréniité du corps. Elles habitent et rongent l'intérieur de la tige ou des racines des végé- taux , y subissent leur métamorphose , et, avec les débris de la substance dont elles ont vécu, s'y construisent une coque dont le dedans est tapissé d'une tenture de soie très unie et très serrée. On ignore combien de temps elles restent dans l'état de larves. Celles que Ton con- naît passent Thiver sous cette forme , deviennent chry- salides au commencement du printemps , et insectes parfaits vers la fin de cette saison ou pendant Tété. » 208 . ANNALES Le même auteur, dans les descriptions qu'il fait en- suite des insectes parfaits, donne quelques renseignements sur les habitudes de cinq espèces de chenilles apparte- nant à ce groupe de Lépidoptères : voici ce qu'on lit dans son ouvrage : « La S. apiformis j Linné, vit solitairement à Tétat de larve , dans la tige ou dans les racines des Saules et des Peupliersj et se métamorphose en mars ou en avril. Elle est légèrement pubescente, blanchâtre, avec une ligne plus obsure le long du dos. Sa tête est grosse, et d'un brun-obscur. La chenille ne se change que deux ou trois semaines après la confection de sa coque. « La chenille de la S. asiliformis j Fabr., suivant quel- ques auteurs, vit dans le tronc du Bouleau et an Peuplier d Italie. » Ce qui semblait d'autant plus probable à Go- dard qu il avait trouvé plusieurs fois Tinsecte parfait sous ce dernier arbre. « Celle de la S. culiciformis j Linné, suivant Laspeyres, est légèx'ement pubescente , d'un blanc-sale , avec la tête brunâtre. Elle vit dans Técorce du Prunier domestic/ue et du Pommier commun. « Celle de la S. formicœformis j Lasp. , est légèrement pubescente, blanche, avec seize pattes et les stigmates noirs. Elle a la tête fauve et le ventre jaunâtre. Hubner soupçonne qu elle vit dans les branches du Saule blanc. « Celle de la S. iipuliformisj Linné, vit dans Tintérieur des rameaux du Grosciller ordinaire. Elle est blanche, avec la tête fauve, les pattes écailleuses et les stigmates noirs , le ventre jaunâtre. » M. Duponchel, dans le Supplément à Touvrage pr4* cité , tom. II , n'ajoute que très peu de chose aux faits signalés par son prédécesseur : ainsi , après avoir décrit la S. anthraciformis , Ramb., trouvée par M. Rambur, en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 209 Corse, sur les liges et les feuilles de YEuphorbla myrsini- tes, dans des lieux où il n'existait presque que cette seule plante (^«/îa/e5 delaSoc.ent., V^série-, tom.l^\pag.'2G7)y il e'met seulement Topinion de cet entomologiste qui pense que la larve de la Sésie en question pourrait bien vivre dans Tintérieur du végétal qui vient d cire indiqué. Et à regard de la iS. hjlceiformis , Lasp., qui habite rAllemagne méridionale , et que Ton rencontre dans les jardins, il cite Laspeyres qui dit que la chenille de cette S^sie vit solitairement dans Tintérieur des jeunes branches du Framboisier (Rubus idœusjj que sa longueur est d'un pouce, qu'elle est blanchâtre, subpubescente, avec la tête brunâtre. Enfin M. Boisduval , dans son Icônes historique des Lépidoptères d'Europe, tom. II,pag. 8, s'exprime ainsi: « Les Sésies vivent à l'état de larves dans les tiges ligneuses de certains arbres , ou dans les racines de quelques arbrisseaux. Plusieurs de nos espèces habitent dans les troncs des Peupliers, des Bouleaux, des Chênes, des Ormes, etc. « A l'état parfait, elles volent comme des guêpes, à l'ardeur du soleil , sur les fleurs ou sur les troncs des arbres en décomposition. » Et plus tard , dans son Gênera et Index methodicus europœorum Lcpidopterorum , il reproduit, quant aux mœurs des chenilles des Sésies, ce qu'il avait dit dans son Icônes. Toutes ces généralités résultant évidemment plutôt d'inductions tirées de quel({ues faits connus que d'obser- vations suivies et faites avec toute l'attention qu'exige l'é- tude de la nature, montrent, de même que la plupart des renseignemens particuliers qui précèdent, que l'on a ignoré jusqu'à ce jour les véritables conditions dans les- 2* ScriC:, TOME IV, 14 210 ANNALES quelles on peut espérer de trouver les larves des Sesies. On a dit, il est vrai, qu'elles se nourrissaient générale- ment de la moelle des arbrisseaux ou des parties ligneuses de divers grands arbres, mais on n'a point désigné les endroits des végétaux où il paraît qu'on les rencontre constamment j et bien certainement on n'aurait point négligé de les signaler, si on les eût connus, ceci, comme nous le verrons , étant trop important pour être passé sous silence. J'essaierai donc de suppléer à rinsufïisance des notions dont je viens de faiie l'exposé par des indica- tions [)récises , sur les habitudes de deux espèces que je commencerai par décrire-, sur celles d'une troisième dont je donnerai plus tard la description, et sur celles enfin de quelques autres espèces qui n'ont été qu'imparfaite- ment observées. Chenille de la S. mutillœformis , Lasp., God. Long. 16 à 20 millim. PI. 8. N°II. Fig. A. c. d. Corps à peu près de même largeur dans toute sa lon- gueur, d'un blanc légèrement couleur chair. Tête petite , brillante , marron clair , en partie couverte par la peau transparente du piemicr anneau , lequel à la première vue paraît porter un plaque semi-lunaire o légèrement rougeâtre , peu apparente, mais cependant distincte parce- qu'elle est plus brillante que le reste du corps \ examinée avec attention, on reconnait qu'elle est en partie pro- duite par la partie postérieure de la tête (qui semble se terminer par deux pointes coniques) vue par suite de la transparence de la peau. Cette disposition de la tête et du premier anneau est commune aux chenilles des S. nomadœformis , tt'puliformisj, et probablement encore à d'autres. Points trapézoïdaux de même couleur que le DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 211 corps , mais brillants , pilifères , les poils implantés sur les deux premiers points plus courts que les deux autres, le tout visible seulement avec le secours de la loupe. Sur la tête, sur les côte's des anneaux, et surtout sur le der- nier, quelques poils fauves, raides , très courts, imper- ceptibles à l'œil nu. Vaisseau dorsal tantôt non apparent, tantôt visible et ressemblant alors à une ligne d'une cou- leur blonde ou fauve. Stigmates très petits, paraissant comme un point roux. Pattes écailleuses, rougeâtres à leurs extrémités , les membraneuses consistant seulement dans deux rangs courbes de petits crochets de même cou- leur. Presque toujours ces chenilles, lorsqu'on les trouve, sont couvertes d'une liqueur rougeâtre qui leur donne un aspect sale et qui les fait paraître d'une couleur plus foncée. Coque de forme très allongée , composée de parcelles de bois et d'écorces détachées par la chenille, et tapissée in- térieurement d'une couche serrée de soie blanche. Chrysalide d'un jaune terre de Sienne clair , ayant deux rangs de petites pointes ressemblant à des dents de scie , à peu près de même grosseur, sur les 3% 4% 5'' et 6' anneaux, et un seul sur les trois postérieurs. Dernier anneau muni presqu à son extrémité d'une couronne de pointes plus fortes, disposées obliquement. Tête se ter- minant en pointe et en forme de cimier de casque. Les chenilles de cette Sésie habitent sur les vieux troncs et sur les grosses branches de Pommier. On les trouve à Tentour et sur les bords des caries sèches, des parties coupées depuis quelques années , des en- droits dénudés et de ceux où l'écorce est en partie détachée. On les rencontre toujours sous l'écorce dans la portion qui sépare la partie verte de la partie se- 212 ANNALES che, et qui est ordinairement éloignée de 10 à 30 mil- limètres des bords. Elles vivent ainsi sur les limites de l'écorce et du bois vif, à couvert sous les bords dessé- chés ou en voie de décomposition qui commencent à se détacher, trouvant là, probablement des sucs modifiés par le contact du bois mort ou des aliments constamment rafraîchis par la sève dont elles ne risquent pas d'être inondées. Les chenilles qui doivent se transformer dans la même année ont ordinairement toutes atteint leur entier déve- loppement au 20 juin -, beaucoup se chrysalident même vers la fin de mai, et Tinsecte parfait paraît depuis les premiers jours de juin jusque vers le 20 juillet et même jusque vers le 10 août lorsque le printemps a été froid et pluvieux comme en 1845. 11 faut chercher les chenilles du 20 avril au 15 mai-, les chrysalides du 15 mai au 10 juin -, l'apparition de Tinsecte parfait ayant coninmnémeiit lieu du 15 juin au 10 juillet. Cette espèce est très commune ; on peut , dans les lo- calités où il existe beaucoup de Pommiers dont les troncs ou les grosses branches ofl'rent des parties altérées et dé- péries, trouver une vingtaine de chenilles dans une chasse. Quelques excréments, une petite galerie humide et rougeâtre, révèlent leur présence lorsqu'on ne les dé- couvre pas du premier coup. Ordinairement on en ren- contre plusieurs dans le pourtour d'une partie sèche elles aiment notamment les sinuosités. Mais nous ferons observer qu'il est nécessaire de prendre les plus grandes précautions pour n'enlever que l'écorce morte, afin de ne pas agrandir les endroits dénudés qui tendent à faire périr ces arbres fruitiers. Il est inutile de chercher là où les bords de l'écorce sont verts , très adhérents au bois , el là où ds forment des bourrelets arrondis saiiS-parties DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 215 mortes et détachées. Ceci s'applique également aux arbres sur lesquels vivent les espèces dont il va être parlé. Chenille de la S. Jiomadceformis Lasp. God. P). 8. N»1I. Fig. B. f. e. Elle est d'une couleur blanchâtre légèrement blanc cen- dré ou terre d'ambre. La peau sur le dos est en partie transparente et en partie opaque-, les endroits non trans- parents vus à la loupe ont l'aspect de taches d'un blanc mat ou laiteux de formes irrégulières se touchant seule- ment sur quelques points. Le vaisseau dorsal est brun ou légèrement rougeâlre et très visible: il apparaît comme une suite de taches de formes irrégulières , variant selon les mouvements, la position de la chenille ou la manière dont elie est éclairée, par suite des parties opaques qui, comme des espèces de nuages, empêchent de le voir com- plètement. A la partie supérieure du dernier anneau ou presque à son extrémité, on aperçoit souvent une ombre ou une tache brune plus grande que les autres, cette tache est produite par les excréments lorsqu'ils sont sur le point de sortir. La tète est brillante , d'une couleur rouge bri- que ou brun rougeâtre, en partie couverte par le premier anneau, qui offre, quant à la transparence de la peau, les mêmes effets que celui de la chenille précédemment dé- crite. Sur les côtés de la tête et des anneaux sont implan- tés quelques poils rougeâtres, raides et très courts, pres- que invisibles à l'œil nu (ils sont exagérés dans le dessin). On aperçoit avec le secours d'une forte loupe quatre poils là où existent ordinairement les points trapézoïdaux. Les pattes écailleuses sont rougeâtres à leurs extrémités, les mcrahraneuscs sont peu apparentes et armées de 214 ANNALES deux rangs courbes de petits crochets de même couleur. La coque est allongée et compose'e avec de petites par- celles d'ecorce et de bois mort, elle est tapissëe intérieu- rement de soie blanche. La chrysalide ressemble sous plusieui'S rapports à celle de la S. mutillœformis , mais elle est ordinairement plus petite-, le second rang de pointes qui se trouve sur les 3% 4"", 5^ et 6^ anneaux est plus petit, Textrémité du dernier anneau est moins pointue, et les épines qui Tentourent sont disposées moins obliquement. Quant à la chenille, elle diffère de la première par les taches ou parties opa- ques que Ton remarque dans sa peau. Les chenilles de cette Sésie habitent sur les vieux té- tards de Chêne. On les trouve toujours de la même ma- nière que celles de la S. mutillœformis et dans des condi- tioiis analogues. Elles atteignent toute leur grosseur au commencement de mai, se transforment vers le 20 de ce mois et demeurent près d'un mois à Tétat de chrysalide. Elles ne vivent point solitairement, on en rencontre or- dinairement plusieurs sous la même écorce. Celle que j'ai représentée yzg-. B. pi. 8j N° II, a été dessinée le 22 mai 1845-, le lendemain 23 elle construisit entièrement son cocon, du moins à Textérieur, et le 21 juin suivant, sur les 6 heures 1/2 du matin, Finsecte parfait parut (1). (1) Les deuxSésies que j'adresse à la société, afin d'éviier toute erreur, sont je crois deux Sésies nomadœformis ^. Ces deux indi- vidus, dont l'un provient de la chenille représentée pi. 8, N" II, fig, B, diffèrent de la ?, si toutefois le dessin de cette dernière donné par Godart est fidèle (ce que je ne puis juger ne l'ayant point encore trouvée), par le faisceau de poils de leur abdomen, plus large, ei surtout par une ligne transversale jaune qui se trouve à sa base, et qui manque chez la ? figurée par Godard. Ainsi les c? auraient quatK; lignes transversales jaunes sur l'abdomen et les ? trois seulemeof. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 215 Chenille de la S. \>espiformis . Linné'. Dup. Bien que cette chenille m'ait fait découvrir les deux premières et que je Taie trouve'e plusieurs fois, cepen- dant je ne puis en donner maintenant la figure, ayant ne'gligé de la dessiner en 1843 et n'ayant pu la retrouver cette année quoiqu'elle ne soit pas très rare. Toutefois, comme je compte réparer cette négligence aussitôt qu'il me sera possible, je vais donner dès à présent, pour compléter les renseignements qui font principalement le sujet de ce mémoire, toutes les indications propres à la faire découvrir. Les chenilles de la S. vespiformis, de même que celles de la S. nomadœformis , vivent sur les vieux têtards de Chêne et sur les souches appartenant à ces arbres, presque coupées ras terre. On les trouve absolument de la même manière et dans les mêmes circonstances que ces derniè- res*, ainsi je les ai toujours prises dans le pourtour des parties mortes des arbres. Elles ne vivent point solitaire- ment, ordinairement on en rencontre plusieurs assez près les unes des autres. Ces larves parviennent à toute leur taille dans les vingt premiers jours d'avril, et l'in- secte parfait paraît dans les dix premiers jours de juin. Les Sésies doivent vivre sous la forme de larve de deux à trois ans, car à côté de celles que Ton trouve au mois d'avril et de mai parvenues à toule leur grosseur, on en voit souvent de beaucoup plus petites auxquelles il faut au moins un an pour atteindre la taille des pi'emières. On ne prend donc que les j)lus grosses, que l'on renferme séparément dans de petits tubes en verre , en attendant qu'on puisse les placer isolément entre deux morceaux d'écorces ni trop verts ni trop secs, que l'on attache l'un contre l'autre après avoir pratiqué dans l'épaisseur de l'un ■216 ANNALES d'eux une petite niche. L'insecte, avant de se transformer, a la sage pre'caution de se me'nager une sortie dont Ten- trée reste fermée au moyen d'une cloison forme'e avec quelques débris. Les chenilles se transforment là où elles ont vécu, d elles demeurent en chrysalide de vingt à trente jours, et même quelquefois plus, suivant la température. Ordinai- rement elles éclosent le matin. On rencontre les trois es- pèces qui précèdent aux environs de la ville du Mans, sur les Pommiers et sur les têtards de Chêne qui se trouvent dans les champs, le long des chemins, et sur les fossés qui séparent les propriétés. Afin de ne rien omettre de ce qui peut faire connaître Thistoire des premiers états des Sésies, je vais mainle- nant signaler les rapports qui me semblent exister entre trois autres chenilles et les espèces dont je viens de parler, quant aux conditions dans lesquelles on rencontre les unes et les autres-, peut-être ces rapprochements jelteront- ils quelque lumière sur les mœurs de ces insectes. Les chenilles de laiS. t/puliformis hinné, God., qui ha- bitent sur le Groseiller. suivant Godart, vivent en effet so- litairement dans rintérieur des tiges de cet arbrisseau (Ribes ruhrum L ), vulgairement appelé Castillier. Mais je ferai observer, et ceci est très remarquable quant aux rap- ports que je cherche à signaler, qu'on les rencontre seu- lement dans les branches d'une grosseur de 5 à 8 nn'llim. dont l'écorce est brune ou marron qui ont été taillées l'année ovi les années précédentes. Elles se tiennent tou- jours au haut des bouts coupés et desséchés à leur som- met. Ordinairen)ent elles ne descendent pas dans l'in- térieur de la branche à plus de 10 à 15 cent., de sorte qu'elles ont d'abord vécu à l'extrémité desséchée des bouts ou probablement elles sont écloses, et qu'elles ne DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 217 pénètrent dans la tige qu'à fur et à mesure qu'elles ont rongé la partie supérieure de la moelle sans s'y introduire entièrement comme beaucoup d'autres larves i et souvent il est facile de reconnaître le point où elles se trouvent , le dépérissement qu'elles occasionnent à la branche les suivant dans leur marche descendante. Ainsi ces chenilles comme les précédentes, demeurent constamment dans les limites qui séparent la partie verte de la partie sèche, et vivent également là où le Groseiller offre des conditions analogues à celles qui ont lieu pour les autres arbi-es. On reconnaît les bouts de Groseiller qui contiennent des larves ondes chrysalides aux signes suivants : au com- mencement du printemps , lorsque les feuilles de cet ar- brisseau se sont développées et sont d'un beau vert, celles qui touchent ces bouts sont au contraire jaunâtres et comme fanées-, l'écorce au haut de la tige, dans toute la longueur parcourue par la chenille , est ridée longitudi- nalement, et à moitié desséchée. Ce dernier indice est bien entendu le seul qui reste quand plus tard les feuilles sont tombées. Ces larves atteignent toute leur grosseur au commen- cement d'avril , se chrysalident dans le courant de ce mois, je crois vers le 20, et l'insecte parfait paraît vers le 20 mai. Elles pratiquent pour la sortie de celui-ci, au haut de la branche, une petite ouverture devant laquelle elles ont soin de laisser une très mince pellicule, comme les chenilles de Noiiagria, qui vivent dans le Typha. En attendant que je puisse offrir à la Société entomo- logique le dessin de cette espèce, dont je n'avais trouvé que les chrysalides les années précédentes , mais que je viens de découvrir dans les Groseillers de mon jardin, je vais la décrire suffisamment pour la faire reconnaître. Elle ressemble , quant à sa forme , aux chenilles des 218 ANNALES S. mutillœjormis et iiomadœformis . Arrivée à peu près à la moitié' de sa taille, elle est d'un Liane légèrement cou- leur chair. Les points trapézoïdaux sont de même couleur, mais très brillants. Elle diffère de ces deux espèces en ce qu'elle a vers le milieu de chaque anneau, sur les côte's, un groupe de trois à quatre points e'galement très bril- lants, et sur le premier anneau deux petits traits fauves ainsi dispose's \ /. Aucune chenille n'est plus facile à élever, puisque si on la découvre loin de chez soi , on peut la replacer dans une branche de Groseiller, en ayant soin de couvrir avec un petit morceau de gaze le bout dans lequel on Ta intro- duite, afin de Tempêcher de sortir. Quant aux chrysalides, il suffit de couper les bouts d'arbrisseaux qui les renfer- ment. La chenille de la S. apiformis Linné, God. , se trouve quelquefois au pied des jeunes Peupliers, dans rintcricur desquels elle pénètre et qu'elle fait périr. Mais le plus souvent on la rencontre au pied des vieux Peupliers d'Ita- lie, et des Peupliers à larges feuilles, etc. (P. nigra? Linné, ou P. f/rg'i7wa7/a Desf?) âgés d'environ vingt ans et plus. Elle se tient toujours, chez les uns comme chez les autres, au pied du tronc, ras teri'e, où l'écorce se fend et se dé- tache beaucoup plus que partout ailleurs, seul endroit où communément Ton aperçoit sur ces arbres vigoureux quelque partie desséchée ou en voie de décomposition. Il esta remarquer que sur les Peupliers d'un certain Age on ne la trouve que sous l'écorce dont elle se nourrit, ou dans son épaisseur, et préférablement au pied des troncs les plus crevassés; elle descend quelquefois sous les écor- ces que recouvre le sol -, mais je ne pense pas, sans cepen- dant pouvoir l'affirmer, qu'elle attaque les racines. Cette larve, à raison de sa taille et de sa force doit aug- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 219 menter promptement Tétat de dépérissement des écorces entre lesquelles elle est éclose ou sous lesquelles elle vil j ainsi elle ne doit pas tarder à se trouver dans les mêmes conditions que ses congénères -, plus vigoureuse que celle- ci , elle peut en outre , lorsqu'elle est née sur de jeunes Peupliers, pénétrer dans leur intérieur, et c'est alors qu'elle devient très nuisible. Les chenilles de cette Sésie, lorsqu'elles sont parve- nues à toute leur taille, sont très grosses, d'un blanc jaune paille terne-, leur tête est petite, brillante j en par- tie cachée sous le premier anneau. Elle est, en dessus, d'une couleur marron , en dessous, les côlés seulement sont de cette couleur , et la partie qui se trouve entre la base des mandibules, et qui se prolonge jusqu'au premier anneau, est d'un blanc jaunâtre comme le corps. On y remarque deux petites lignes longitudinales de même couleur que les côtés. Le premier anneau porte une pla- que dont les bords sont postérieurement ainsi contournés c/j, et d'une couleur plus foncée. Le vaisseau dorsal est très apparent, on aperçoit quelques poils très courts, principalement sur la tête, sur les côtés du corps et sur le dernier anneau. Les stigmates ont un cercle fauve. Ces chenilles ne vivent point solitairement ainsi que Ta dit Godartj souvent on en rencontre plusieurs qui sont très près les unes des autres au pied du même arbre. Les larves qui se nourrissent dans l'intérieur des tiges des arbrisseaux, comme celles de la S. tipulij'ormis j sont les seules, je crois, dont l'existence soit solitaire. M. Guérin-Méneville , dans les premiers jours de juil- let 1844, me fit voir une petite branche de Peuplier d'I- talie ou de Lèard, renfermant une chrysalide morte que nous jugeâmes être celle d'une Sésie, et probablement celle de la S. asiliforinisj Fabr. God, Celte chrysalide se no ANNALES trouvait dans l'intérieur de la branche, imme'diatemenl au-dessus d'un renflement vide à Tintérieur qui avait e'té produit par une larve de Saperda, et dans lequel relle-ci avait vëcu. Depuis, en examinant ces renflements ressem- blant à de grosses galles , que Ton voit souvent en très grand nombre sur les petites branches de diverses espèces de Peupliers , notamment lorsque ces vëge'taux ne se composent que de cdpées rabougries, il m'a semble que ces parties qui sont dans un e'tat de dépérissement très apparent, avaient une certaine analogie avec celles que j'avais vues attaque'es par des Sésies. Ne pourrait-il donc pas se faire que les chenilles de la S. asilijormis vécussent dans ces branches altérées et profitassent des plaies faites par les larves de Saperda? Cette Sésie étant rare dans la contrée que j'habite, je n'ai pu encore vérifier cette parti - cularité sur laquelle je conserve, il est vrai, quelque doute, surtout depuis que M. Graslin m'a dit avoir trouvé des en- veloppes de chrysalide qu'il croit appartenir à l'espèce en question , sur des troncs de Peupliers blancs et d'Italie , dans ou autour des caries provenant d'écorces enlevées. Mais que la S. asiliformis vive près des renflements dont il vient d'être parlé , ou dans le pourtour des caries des Peupliers, dans 1 un ou l'autre cas son genre d'exis- tence n'en serait pas moins semblable à celui des autres espèces. Pour rencontrer des chenilles de cette espèce, arrivées au terme de leur croissance, il faudrait chercher vers la lin d'avril l'insecte parfait paraissant en juin. Enfin , je ferai remarquer que la plus grande partie des autres espèces décrites par Godart et par M. Duponchel ayant été trouvées à l'état parfait, les unes sur les troncs des arbres ou sur le bois mort, et les autres dans les bois cl les forêts, on peut conclure, d'après les observations DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 221 qui précèdent, que généralement les Sésies dont on ne connaît encore que les insectes parfaits, vivent à Tétat de larve dans des conditions analogues à celles que nous ve- nons d'indiquer. Quant aux espèces que Ton prend sur les fleurs , il est probable qu'elles n'y viennent que pour butiner et non pour y déposer leurs œufs •, ces insectes , de même que beaucoup d'autres, et même mieux que beaucoup d'autres, à cause de la rapidité de leur vol , pouvant aller très loin chercher leur nourriture. Les coques, les chrysalides et les chenilles des Scsia mutillœformis et nomadœformis sont représentées pi. 8, n" IL Fig. A. B. c. d. e. f. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 223 NOTES POCR SERVIR A l'histoire DES DIPTERES DONT LES LARVES MINENT LES FEUILLES DES PLANTES. Par M. le Colonel GOUREAU. (Séance du 12 Novembre l84ii.) Lorsque Ion parcourt la campagne , on remarque une foule de plantes dont les feuilles sont marquées de taches blanchâtres d'une forme allonge'e, sinueuse, plus ou moins irrégulière, qui font contraste avec le vert des au- tres feuilles. Si on regarde ces feuilles par transparence, on voit ordinairement dans la tache hlanche une petite larve qui remue avec beaucoup de vivacité Fune de ses extrémités, laquelle paraît armée d'une pointe noire qui lui sert de pioche pour ratisser le parenchyme contenu entre les deux membranes de la feuille. D'autres fois elle est en repos -, mais dans tous les cas , sa présence est ré- vélée par une légère saillie sensible aux doigts qui tou- chent légèrement la tache blanche. Outre la larve, on dislingue des points noirs qui sont les excréments qu'elle a rendus. Dans certain temps de l'année les feuilles mi- nées ne renferment aucune larve, parce que ces vers les ont abandonnées pour aller subir leurs métamorphoses dans des lieux convenables. 224 ANNALF.S La (juantité de ces petils vers tniiieurs , dont la tête est armée d'un crochet rétractile, ou d'une petite pioche, est immense i ils se transforment en Diptères d'une taille exiguë dont le nombre est prodigieux. Ces petites mou- ches couvrent les plantes Lasses des bois, des champs et des prairies, et cependant rien n'est moins connu que leur histoire entomologique : c'est à peine si Ton sait à quelle famille elles appartiennent, Latreille (Règne animal de Cuvier, tom. V, pag. 527, 2* édit.) les place dans le genre Oscinis qui comprend celui de Chlorops j et qui renferme la Musca frit j Linné, et les Oscinis pumilionis et lineata^ Fabr. M. Macquart, auteur d'un ouvrage justement estimé, (jui sert de guide aux diptérologistes français, ne parle pas de ce genre de vie des larves, et ne cite aucun genre ni aucune espèce provenant de larves mineuses. L'atten- tion des entomologistes aurait dû être cependant attirée sur ce point par le mémoire de Réaumur {tom. III, 1""^ mémoire) sur les vers mineurs des feuilles des plantes et des arbres. Il y fait connaître, avec sa lucidité ordinaire, l'industrie de ces petits animaux , la forme de leurs dents ou crochets, celle de leur pupe^ il indicjue quelques-unes des plantes qu'ils attaquent. Mais la description qu'il donne du petit nombre de mouches qu'il a élevées est si succincte et si peu spécifique qu'il est impossible de sa- voir à quelle famille elles se rapportent: ses observations sont entièrement perdues quant à la connaissance des es- pèces. L'éducation des vers mineurs n'est pas facile et de- mande beaucoup de soins. Ceux que 1 on renferme dans des boîtes vitrées périssent bientôt dans leurs plantes dessécliées. Dans la nature, lorsqu'ils ont atteint tout leur accroissement, ils sortent généralement de leurs galeries. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 225 se laissent tomLer et s'enlerrent pour se transformer eu pupes. Beaucoup cVespèces passenlThiver sous cette forme sans e'prouver d'inconvénient des iutempe'rles des saisons ; mais les pupes que Ton conserve dans des boîtes se des- sèchent et arrivent rarement à une heureuse transforma- tion. Certaines espèces paraissent très délicates, car on voit beaucoup de cadavres dans leurs galeries où elles ont péri par suite de quelque changement atmosphérique qui ne leur convient pas, ou dévorées par de petits ichneu- raoniens dont les générations se perpétuent à leurs dé- pents, en sorte que Ton doit regarder comme un heureux hasard le succès obtenu dans l'éducation de Tun de ces vers. § I"'. Larve mineuse des feuilles du Chèvre-feuille des buissons. PI. 8. in. N" 1. Fig. 1 à 9. Phytomyza obscurci la. Le 27 mai 1845 j'ai récoUé plusieurs feuilles minées de Chèvre-feuille des buissons (Lonicera xylosteuinj . Cet ar- buste est très sujet aux atteintes de petits vers qui se tiennent entre les deux membranes des feuilles et qui se nourrissent du parenchyme interposé. Ils y pratiquent de longues galeries diversement contournées , très étroites à leur origine, s'élargissant ensuite jusqu'à leur extrémité où Ton voit ordinairement l'habitant légitime du lieu occupé à ratisser le parenchyme en faisant mouvoir son double crochet avec une très grande rapidité , et portant dans sa bouche ce qu'il détache à chaque coup de pioche. On trouve de ces larves pendant toute la belle saison. Cette année elles ont été extrêmement communes à Cher- bourg où l'on voyait au moins la moitié des feuilles atta- quées. Quoique la larve soit privée de pattes ou de T Série, tome iv. 15 J •>i>G ANNALES mamelons peditères , elle n'est cependant pas astreinte à j'imniobililt: dans sa galerie. Le double crochet de sa bou- che, qui lui sert de dents, lui sert aussi de jambes. Lors- qu'elle veut avancer, elle allonge la partie antérieure de son corps et fait sortir son double crocliet qu'elle porte aussi loin que possible-, elle le fixe dans la feuille, puis, tirant sur ce grappin, et s'aidant des contractions de ses anneaux, elle se transporte où elle a besoin d'aller. Dès qu'elle a pris son accroissement, elle perce l'une des membranes de la feuille et se laisse tomber sur la terre où elle senfonce pour subir ses métamorphoses. On trouve cependant des chrysalides dans les feuilles, mais cela arrive l'arement. L'insecte parfait, que j'ai obtenu dans une boîte, s'est montré le 1 1 juillet sous la forme d'une petite mouche apj)artenant à la tribu des Hétérowyzicles ei au genre Phy- tomyza; c'est la Phytoinyza ohscurcllaj Macq. Larve. Long, 3 millim. Blanche, molle, glabre, apode, iciractile, à anneaux peu marqués; atténuée au bout ffui porte la tête; celle-ci rentrant clans le premier segmerd ; ar- mée de deux crochets bruns , cornés ; deux mamelons sur le premier anneau , épanouis en forme de champignoTi; deux autres mamelons plus saillants en dessus du dernier anneauj, terminés par un article conique ; deux autres mamelons beau- coup plus petits en dessous du même segment; tous les c/uatre se prolongeant dans la direction du corps. On distingue obscurément deux trachées latérales qui se dirigent vers les mamelons qui contiennent probable- ment les stigmates. Pupe. Long. 2 millim. Ouoidc , un peu atténuée au bout qui conespond à la tête ; jaunâtre , lisse; les anneaux assez bien marqués ; deux petites cornes du coté de la tête ; deux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 227 autres plus saillantes à V extrémité opposée, terminées en disque. Insecte parfait. Long, du corps, \j'2 millim., avec les ailes, 2 1/4 millim. Noir; cuisses brunes ; jambes blanchâ- tres ; ailes hyalines ; balanciers blancs ; des poils sur la tête et le corselet. Dans la description de cette espèce , M. Macquart ne fait pas mention des tibias blanchâtres-, mais on doit les présumer tels , puisque l'espèce suivante , Phytomyza atraj, ne diffère de Vobscurella que parce qu elle a les pieds noirs. § 2". Larve mineuse des feuilles de Luzerne. PI. 8. III. N° 2. Fig. 10 à 17. yigromyza n igripes . Le 13 août 1845, en parcourant vm champ de Luzerne dans les environs de Cherbourg, j'ai remarqué qu'un très grand nombre de feuilles portaient des taches blanches plus ou moins étendues. En les examinant par transpa^ rence, j'ai reconnu que ces taches étaient produites cha- cune par une petite larve mineuse qui s'y était établie. Les espaces dont le parenchyme était rongé , formaient des aires irrégulières, ovalaires, s'étendant sur environ la moitié de la feuille. A chaque aire correspondait une pe- tite galerie très étroite à son origine et un peu plus large à son débouché dans la grande tache. La jeune larve , aussitôt après sa sortie de l'œuf, s'introduit entre les deux membranes -, elle chemine d'abord dans un rameau très étroit, jusqu'à ce qu'étant devenue plus forte, et trouvant un emplacement qui lui convient , elle s'y fixe et y étend sa demeure en tous sens. Cette petite larve, en rongeant le parcnchvme de la 228 ANNALES feuille, produit un dcgât sensible-, parce qu'elle ne laisse que des membranes sèches , impropres à la nourriture des bestiaux. Lorsqu'elle est très nombreuse, comme elle s'est montrée cette année, elle attaque au moins le quart ou le cinquième des feuilles de la récolte sur laquelle elle agit-, ce qui ne laisse pas de causer un préjudice notable aux propriétaires des luzernes. On la voit très bien à travers sa galerie qui ressemble à une dentelle très fine, et l'on admire la rapidité des mou- vements de ses crochets lorsqu'elle ratisse le parenchyme dont elle se nourrit. Il m'a paru qu'un assez grand nombre de ces larves périssent avant d'arriver èi leurs métamorphoses , quoique rien ne semble les déranger dans leurs habitations natu- relles, car on trouve beaucoup de cadavres desséchés sous leurs tentes. Il est à présumer que certains changements atmosphériques leur sont funestes, comme les coups de vent violents qui régnent fréquemment sur les côtes, ou une humidité trop prolongée qui engendre des maladies. On voit aussi des galeries abandonnées par les larves qui se sont enterrées pour subir leurs transformations. Le 16 août, j'ai placé dans un verre d'eau plusieurs tiges de luzerne contenant des larves, pour les tenir fraîches, et fournir à ces dernières une nourriture convenable. Le lendemain, quatre de ces larves étaient sorties de leurs habitations et s'étaient laissé tomber dans l'eau. Je les en ai retirées après dix ou douze heures d'immersion. Voyant que deux d'entr'elles donnaient des signes de vie, je les ai placées toutes les quatre dans une boîte sur la terre, où elles se sont enfoncées très promptement. Le 13 septembre suivant, deux petites mouches ont paru dans la boîte, où j'ai retrouvé plus tard les quatre pupes, dont deux ne se sont pas transformées. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 229 Cette petite mouche me paraît appartenir au genre Agromyza , et se rapportera ÏAgroinyza Jiigripes, Macq. On la trouve très fre'quemraent dans les champs de lu- zerne pendant le mois de septemhre , et on la prend en ahondanc e en fauchant avec le filet. Larve. Long. 2 ll2milliin., Blanc jaunâtre; molle, gla- bre, apode; atténuée du coté de la tête; qui rentre dans le premier anneau; deux crochets noirs, cornés, seri>ant de mâchoires ; quatre petites cornes ou tubercules à V extrémité opposée, les deux plus grands situés à la partie supérieure du dernier anneau, les deux plus petits à la partie infé- rieure. On distingue deux filets blancs flexueux qui aboutis- sent aux deux grands tubercules j et qui échappent à la vue avant d'arriver à Textrëmité antérieure , où je n'ai pas distingué de tubercules. Pupe. Long. 1 3/4 millim. Jaunâtre, ou jaunâtre brun ; atténuée du coté de la tête ; légèrement arquée; deux petites pointes à l'extrémité la plus menue ; deux plus grandes au bout opposé, ces dernières placées dans le prolongement de la face concave. Insecte parfait. Long, du corps, 2 millim.; ai'ec les ailes j 3 millim. Entièrement noir, un peu luisant; abdomen de la longueur du thorax ; yeux brun rougcâtre; tête brune en dessus ; ailes hyalines; balanciers blancs; des poils sur le sommet de la tête et le dos du corselet. Si Ton se rappelle que la larve mineuse du Chèvre-feuille des buissons donne naissance à une Phytomyza; que les larves mineuses des tiges du blé et de l'orge produisent des Oscinis et des Chlorops , on sera porté à penser qu'il est vraisemblable que les Diptères de la tribu des Hétéro- myzides, innombrables en petites espèces, est formée de 230 ANNALES mouches dont les larves ont vécu dans Tintérieur des tiges et des feuilles des végétaux, et on ne sera plus étonné de la prodigieuse multitude de ces petits animaux en remar- (juant la non moins grande quantité de végétaux minés. § 3"^. Larve mineuse des feuilles de Tlris des marais (Iris pseudacorus) . PI. 8. m. N° 3. Fig. 18 à 23. Cette larve ne diffère pas beaucoup des précédentes parles mœurs, quoiqu'elle s'en éloigne un peu par les formes. Elle se tient dans une galerie assez vaste qu'elle s'est creusée dans le parenchyme épais et succulent de l'Iris des marais , et sous la membrane supérieure de la feuille. On trouve quelquefois deux ou trois larves dans la même galerie, qui est alors très vaste, et, suivant l'é- poque, on voit des pupes dans ces mêmes galeries. La larve ne sort j)as de sou habitation pour subir ses méta- morphoses-, elle se transforme eu pupe sous sa tente , après s'être collée contre la partie charnue de la feuille. Cette précaution est nécessaire à sa conservation , car elle vit dans une plante qui s'élève du milieu des eaux, et elle aurait couru risque de se noyer si la nature ne lui avait pas donné linstinct de rester dans son logis , et de s'y fixer solidement pour résister à l'action des vents pendant tout le temps que dure son état de pupe. Le 18 octobre 1844, j'ai récolté dans les marais de Gentilly une feuille d'Iris qui contenait une seule larve. Le 25 du même mois , j'ai cueilli une seconde feuille ha- bitée par une larve et une pupe. La larve s'est transfor- mée deux jours après , c'est-à-dire le 20 octobre. Je n'ai pas eu l'avantage de voir le diptère qui en serait sorti , car à mon départ de Paris, dans le mois d avril suivant, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 231 l'eelosion n'avait pas encore eu lien, et j'ai remis les trois pupes à Tun de nos collègues, dans Tesperance qu'elles arriveraient à bonne fin. La larve en question ne ressemble pas complètement aux deux pre'cédentes. Elle est plus grosse en avant qu'en arrière. Lorsqu'elle fait sortir sa tète de l'inte'rieur de son [)remier anneau, le bout ante'rieur est conique ^ le crochet qui lui sert à prendre sa nourriture est une sorte de râteau à trois dents qu'elle fait saillir et rentrer à volont(i, à l'aide duquel elle ratisse le parenchyme de la feuille. On re- marque un mouvement de déglutition dans Je premier anneau alors que le râteau chai'gè de nourriture est venu la déposer dans la bouche. Ce râteau ou crochet me paraît être une mâchoire que l'insecte fait sortir de sa bouche et (px'il y fait rentrer à sa volonté. Le dernier anneau est armé de deux crochets, munis de trois dents ou épines courbes qui prennent naissance au bord extérieur. Ce double crochet anal et le râteau sont des organes qui ser- vent à la locomotion-, le dernier fait l'office de grappin sur lequel la larve tire pour faire avancer sa partie posté- rieure, tandis que le crochet engagé dans la feuille lui donne un point d'appui en arrière pour dégager le grap- pin et le porter de nouveau en avant. On distingue obs- curément les deux trachées flexueuses qui régnent sur les côtés du corps dont les extrémités se perdent avant que l'on puisse reconnaître leurs points d'arrivée. Je n'ai pas distingué les stigmates. Cette larve peut se définir ainsi : Long. 3 millim. Blanc jaunâtre ; cylindrico-conique ^ apode, glabre, vistjiieusej tête rctraciih, armée d'un crochet ou râteau tridentè; corps forme de douze anneaiuc dont le dernier porte deux civchets cornés tridentés. La pupe qui est placée, comme on l'a dit, sous la pel- licule très mince qui forme une des parois de riiabitatioii 232 ANNALES et qui est collée contre Vautre, se pre'sente sous Taspect suivant : LoJig. 2 1/2-3 milliin. Ovoide, plus ou moins allongée j noire, luisante j formée de neuf anneaux j deux petites poin- tes au bout le plus atténué, deux autres plus grandes au bout opposé. Les larves mineuses sont fort exposées à la piqûre des petits Ichneumons, puisqu'elles vivent sous une toile plus délicate que la plus fine dentelle. Je n'ai cependant pas encore observé ceux de ces parasites qui sVdressent aux Phytomyza obscurella et Agromyza nigripcs. Mais j'ai vu dans des feuilles minées de diverses plantes, des larves parasites qui avaient dévoré les légitimes habitants des galeries et qui avaient pris possession du logis. Elles s'en- veloppent dans un cocon de soie blanche d'un tissu très fin pour attendre le moment de leurs métamorphoses, quelles subissent dans les galeries mêmes. On reconnait à la bouche de ces larves qu'elles appartiennent à des Ichneumons, car elles n'ont pas de mâchoires, mais des lèvres trilobées propres à sucer et non à déchirer leur proie. Je n'ai pas vu celle qui se nourrit de la larve mi- neuse des feuilles dlris des marais, mais j'ai obtenu des parasites qui sont sortis de coques semblables à celle de cette dernière larve. § 4". Larve mineure des feuilles de Roseau (Arundo phragmites .) PI. 8. m. N" 3. Fig. 24 et 25. Dans les mois de juillet et d'août 1843 et 1844, j'ai ré- colté sur des feuilles de Roseau (^Arundo phragmites) crois- sant dans le même marais où j'ai récolté les feuilles d'Iris, six petites coques noires, semblables pour la forme, la DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 233 couleur et les dimensions à relie que je viens de de'crire. Elles étaient isolées et collées sur la feuille même, par conséquent entièrement à nu , et je n'ai pas remarque' de Paieries dans ces feuilles. Ces circonstances pourraient faire croire quelles appartiennent à une espèce distincte de celle qui se tient dans l'Iris. Quoiqu'il en soit, aucune ne m'a donné son Diptère ; mais il en est sorti six petits lehneumons de la division des Braconides et du genre OEnone, très voisin des Aljsiaj ce qui indique que cette espèce est très maltraitée par ses ennemis. Voici le signalement de ce parasite : OEnone. ..... Lona,. 2 1/2 mill. Noir; tête et corselet finement ponctués; abdomen lisse \ un ccusson strié sur le premier segment de l'abdomen; pattes et palpes jaunâtres ; hanches noires ; der- nier article des tarses bruns ; ailes hyalines. Eixplication desjigures du § III de la planche 8. NM. 1. Feuilles de Chèvre- feuille des buissons, a. Larve dans sa galerie. 2. Larve de grandeur naturelle. 3. Id. grossie à la loupe. 4. La partie antérieure très grossie pour montrer les stigmates. 5 et 6. La partie postérieure très grossie pour faire voir les stigmates. 7. La pupe avec la mesure de sa longueur à côlé. 8. La Phytomyza obscurella avec sa mesure au dessous. 9. L'aile grandie poiu' montrer les nervures. N° 2. 10. Feuilles de Luzerne, a. Position de la larve dans sa galerie. 2*^ Série, tome iv. 16 234 ANNALES 1 1. Feuille grandie, pour montrer la larve en h. occupe'e à manger. 12. Larve vue en dessus, avec la mesure de sa grandeur à côte. 13. Jd. vue de côte'. 14 et 15. La pupe vue de trois-quarts et de profil. Sa me- sure à côte. 16. Agromyza nigripes. La mesure de son corps à côté. 17. L'aile grandie pour montrer les nervures. N°3. 18. Fragment de feuille d'Iris des marais, a. h. Larves dans leur galerie. 19. Larve considérablement grossie, avec la mesure de sa grosseur à côté. 20. La partie antérieure encore plus grossie pour faire voir la Louche et le râteau. 21. La partie postérieure grossie pour montrer les cro- I chets tridentés qui la terminent. i 22 et 23. Pupes de cette larve avec la mesure de la lon- gueur à côté. 24. Pupe trouvée sur le Roseau (en 1843 et 1844), avec sa mesure à côté. 25. La même ouverte à Textrémilé par le parasite qui en est sorti. DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 23: REVUE DE LA TUIBU DES MEMBRACIDES. Par M. LEON FAIRMAIRE. (Séance du 12 Mars 1845.) La tribu des Membracides se distingue des autres Ho- moptères par la tête perpendiculaire et par le prolon- gement du prothorax au-dessus de Tabdomen, ce qui lui a fait donner par MM. Amyot et Serville, le nom ex- pressif de tribu des CornidoJ'ses , que je n'adopte pas, sans vouloir nier du reste qu il ne convienne parfaitement à celte division. Ce caractère surtout, combiné avec le nombre des cellules terminales , éloigne des espèces rangées par les auteurs dans cette tribu, par exemple, les Ledra et quelques Ccntrotus de Fabricius et de M. Germar-, cependant, il y a des genres ou ce caractère se modifie, les appendices du ])rolhorax ne se prolongent pas au- dessus de Tabdomen , et alors récusson est cornu ou 23G ANNALES Les Membracides sont des insectes de jjetile taille. La tête est en général grande , plus ou moins triangu- laire, large, toujours perpendiculaire : dans quelques genres, elle est au contraire allongée et membraneuse : les yeux sont gros , quelquefois très saillants -, les ocelles existent toujours, ils sont placés entre les yeux: mais dans ce court espace , leur disposition varie de manière à former des cai-actères utiles-, dans un seul genre, les ocelles se trouvent placés au-dessous des yeux. Les an- tennes, de trois articles, varient très peu-, elles sont courtes, placées en avant des yeux-, les deux premiers articles sont un peu renflés-, le troisième est très fin et le plus Jong. Le prothorax, au contraire, varie à Tinfini-, quelque- lois il enveloppe complètement Tabdonien et les aîles : tantôt c'est une j^yramide ou une plaque scutelliforme qui couvre le métathoi'ax sans cacher les aîles, tantôt un renflement vésiculeux, noduleux, ou bien ce sont des cornes qui s'élèvent au-dessus des épaules , ou des excrois- sances fongiformes qui donnent au corps un aspect (■Irange. Les éhtres, soit libres, soit plus ou moins recouver- tes par le prothorax , sont d'une consistance assez solide, ordinairement transparentes : mais le plus souvent, dans les espèces où les élytres sont cachées en partie , la por- tion restée à découvert devient quelquefois coriacée , et difl'ère beaucoup de la partie recouverte : la base est ordinairement ponctuée, et les nervures poilues. Les ély- tres sont presque toujours échancrées à Tangle interne , près du pli qui les sépare en deux parties bien distinctes, l'une interne, très étroite, ne variant jamais; l'autre, occupant la majeure partie , et susceptible de nombreuses modifuations. La forme des cellules est variable; c'est en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUi:. 237 général celle (Fun cane long, d\in trapèze ou cruu rliOiri- boide. Quant au nombre, on en trouve toujours cinq terminales, qu'il ne faut pas toutes chercher sur le bord postérieur, car souve»it on n'en rencontre ({ue trois, les autres sont échelonnées sur le bord externe : celle du mi- lieu est quelquefois formée par une nervui'e bifurquée. Il y a très peu d'exceptions à ce nombre de cinq, qui est un caractère distinctif de la tribu. Les cellules basi- laires sont au nombre de quatre , très rarement trois : les discoïdales sont au nombre de deux ou trois, tantôt réunies, tantôt séparées par une des basilaires. Entre les cellules terminales et le bord postérieur des él^tres , se trouve une bande ordinairement assez étroite : cependant, dans un genre, cette marge est considérable et tient près de la moitié de Télytre : dans un autre genre, au con- traire, les nervures aboutissent immédiatement sur le bord postérieur. Le plus souvent les nervures suivent une direction parallèle : dans quelques groupes, les nervures qui forment les cellules postérieures sont dans une posi- tion oblique par rapport aux nervures de la base. Les pattes antérieures sont courtes, prismatiques : dans certains genres, aplaties, foliacées-, les postérieures sont longues , souvent siuuées , garnies de petites épines , pris- matiques , jamais foliacées. Les tarses postérieurs sont quelquefois beaucoup plus courts que les antérieurs, ra- rement plus longs. Les insectes renfermés dans cette tribu, la plus cu- rieuse à étudier parmi tous les Hémiptères, non pour Téclat des couleurs, mais pour la bizarrerie et la variété des formes, sont pbytophages et sautent avec lapins grande facilité-, quelques-uns vivent en société, réunis en groupes presque immobiles sur les végétaux dont ils 238 ANNALES piquent les parties tendres. Leurs mœurs sont peu con- nues, pour les espèces indigènes surtout : car pour les espèces exotiques, quelques observations faites dans deux contrées fort éloigne'es Tune de fautrc, semblent assigner à la tribu des Membracides une place assez inte'ressante dans l'ensemble des harmonies naturelles, place qu'elles partagent avec les Gercopides, ainsi que me Ta fait remar- quer M. Emile Blanchard. M. Hardwicke, au Bengale, et M. Beske, au Brésil, ont observe que les fourmis viennent sucer la liqueur sécrétée par les larves de ces Uomoptères, et M. Svvainson prétend que les Mem- bracides remplacent, dans TAmérique du Sud, les Aphi- des qui ne s'y rencontrent pas. D'après M. Guilding, les fourmis savent forcer les larves à leur offrir, par le tube anal, lasécrélion saccharine : le même auteur croit que la forme recourbée du prothorax sert à certaines espèces pour obtenir le jus nectareux des fleurs à corolle recour- bée. M. Kirby dit que les formes extraordinaires de ces animaux sont destinées à tromper les oiseaux qui les prennent pour des morceaux de bois, des clavariœ ou au- tres fungi sortant des corps d'insectes morts et auxquels ils ressemblent beaucoup. La distribution géographique des Membracides est fort irrégulière : l'Europe nen possède que deux ou trois. L'Asie, l'Afrique, l'Australie, en présentent un petit nombre : le genre Oxyrachis leur est commun, L'Amé- rique méridionale, mais surtout le Brésil et la Colombie, en possèdent beaucoup plus que toutes les autres parties du monde réunies. La tribu des Membracides, formée presque exclusive- ment avec le genre Memhracis de Fabricius , a été créée par Latreille, qui la plaça dans sa famille des Cicadelles, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 23^) et n'y admit qu'un petit nombre de coupes génériques. Quelques zoologistes, MM. Germar, Burmeister, etc., v ajoutèrent un assez grand nombre de genres, et, dans ces derniers temps, MM. Amyot et Serviile en fondèrent en- core de nouveaux. Pour moi je n'ai pas cru pouvoir ad- mettre toutes les divisions proposées par les auteurs, quoique cependant je me sois vu forcé de mon côté d'en créer quelques nouvelles, et je suis arrivé à former, comme on peut le voir dans le tableau qui suit, trente- sept genres dans cette tribu. C'est un devoir pour moi de remercier ici les personnes qui ont bien voulu m'aider dans ce travail . Et d'abord , sans la riche collection de M. Maximîlien Spinola, que ce savant m'a laissée entre les mains pendant plusieurs mois, il m'eût été impossible de rendre cette énumération com- plète. M. le professeur Germar, de Halle, m'a commu- niqué les types de presque toutes les espèces qu'il a décri- tes. J'ai puisé dans les collections de MM. Guérin-Méne- ville, Signoret, Serviile et Lefebvre : ce dernier m'a prêté en outre ses notes et ses dessins. Je dois aussi des remercî- ments à notre secrétaire, M. E. Desmarest, qui a enri- chi ma collection de quelques espèces nouvelles-, et à MM. Milne-Edwards, Lucas et Blanchard, qui ont mis à me communiquer la collection du Muséum , une com- plaisance dont je leur suis reconnaissant. Enfin , au der- nier moment, j'ai reçu de M. Westwood plusieurs espèces très curieuses des Indes Orientales et du Mexique. k5 «* « o CQ H Q 1-4 o CD < H tf ft ?. ÇL Ee3 2 CA lli Ë S ij s H o j C9 ^ •- 3 j3 ■a « o 1 = S 2 « S 2^ e ssitsvnoj saiivd ■s3p:t¥noj Kov saiw §=■?•£ 3 3 « h -■ « "S "ôj o -o H H 13 c •H 5 « S = s »- S^ V ~ .S '1 ^ ^ I. ï J2 -H S S ë-§ Il à « m; D o « PP a; S a- " . î a ij """ :>42 ANNALES v^ § 1. Genre Xerophyllum*. Tête petite, un peu foliacée et tronquée à rexlréniilé, ayant entre les yeux une carène crénelée qui se bifurque antérieurement en se relevant aux deux angles de la tête, dont le milieu est im peu creusé. Yeux très saillants : ocelles placés au dessous, dans un enfoncement. Base des antennes non recouverte par le bord de la tête. Prothorax entièrement foliacé, arrondi supérieurement en demi-cercle , ayant la consistance et Taspect d'une feuille sèclie-, dépassant la tête et descendant au niveau de son extrémité ^ se prolongeant postérieurement au-delà de Tabdomen, couvert de petites rides très serrées, per- pendiculaires , et ayant inférieurement deux lignes peu élevées , presque parallèles au bord : la partie supérieure du prothorax est marquée d'un sillon qui se termine un peu avant l'extrémité postérieure. Elytres ayant la forme d'une écaille : ailes ayant un étroit i-ebord coriace. Fémurs antérieurs largement foliacés, sinués •, tibias grêles, comprimés, mais non élargis-, les pattes posté- rieures manquent dans l'individu type. Ce genre singulier est remarquable par la forme de la tête, la position anormale des ocelles, et surtout l'atro- phie des ély très. Cependant, l'individu que j'ai sous les yeux, et qui appartient au Muséum d'histoire naturelle, me semble bien adulte. 1. X. Servillei*. — Patrie inconnue. Long. 0,019. (PI. IV, fig. 10, 11 et 12.) Omnino iiigro fulvum îiigroc/ue punctaluin. Entièrement couleur de feuille morte avec quelques petits points noirâtres, épars. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 243 C § 2. Genre Membracis. Fabr., Gerni., Burm., Am. et Serv., Blancli., Cicada, Linné. Tête membraneuse, presque foliace'e, allongée, arron- die à rextrémitd. Yeuxvonàs, très saillants*, ocelles situe's sur une ligne traversant le milieu des yeux , dont ils sont plus rappro- che's qu'entre eux. i^ro^^oma: tectiforme , soit foliacé, soit caréné j tantôt dépassant la tête et atteignant l'extrémité des élylres, tantôt touchant à peine leur angle interne , et faisant une saillie peu sensible sur la tête : quelquefois armé d'une corne dirigée en avant, parfois caréné au mi- lieu et sur les côtés , mais toujours acuminé postérieure- ment. EhjtresVihYQS,, entières, à cellules parallèles, allon- gées \ deux ou trois discoïdales ; d'une couleur sombre , quelquefois plus claire à l'extrémité , ou tachetée. Tibias antérieurs à.\\ai\.és , comprimés-, les deux posté'- rieurs un pe.u comprimés , armés de fines épines. Dans la planche 37 des Insectes de Surinam, par M"" Mérian, on trouve une larve et un insecte parfait, qui appartient probablement à la division des Membracis cornues, et dont la célèbre naturaliste parle en ces ter- mes : « Sur la feuille d'en bas, il y a une petite bête blanche, tachetée de noir, qui vit sur celte plante {Kct- mia brasiliensis) , et qui, le 1" mars, se changea en un petit animal ailé qui évitait en sautant le moindre at- touchement. » En adoptant le genre Membracis tel qu il a été circons- crit par MM. Germar et Burraeister , sauf la division des Gibbosœ ou Globosœ , j'ai été obligé d'y replacer les genres 244 ANNALES Enchopliyllum et Eiichenope, Am. et Serv., qui reposent sur des caractères superficiels incomplets, et propres seu- lement à former des divisions. I. Piotborax foliacé, inerrae iFoUaceœ, Fabr. , Burm., Germ.) A. Prothorax dépassant l'angle fv interne des élytres. 1 . M. fusca.— Cicada id. Devins. 1 1 1, 208, 10, t. 32. f. 14.— Deg. Retzius. 80, 374. — ilf. atraia,Yaht' S. Rh. 8. 10. — Cayenne. Long. 0,008. Tota fusco-nigra, immaculata. ^2. M. carinata. — Fab. S. Rh. 8, 8.— Gerra. Rev. Ent. Silb. III, 224, 2. —Cayenne. Long. 0,008. (PI. IV, fig. 20.) Fusca, macuUs duahus albidis. 3. M. lunata. — ¥ah. Mant. Ins. 2, 262, 6. Ent. Syst. 4, 9, 5. S. Rh. 8, 11. — Germ. Rev. Silb. IIÏ, 224, 5.— Stoll, Gic. t. 5, f. 24, A.-^M.Joliatu, Ol. Enc. méth. 662, 3. — Brésil. Long. 0,008. Fusco nigrcij fasciis tribus albidis abbreviatis j (juarum posterior brenor. ^ 4. M, C -album* .-^àf. lunata, Fab. var. : —M.foliaia, Germ. Rev. Silb. III, 224, 4. — Ol. Enc. méth. 662, 3. ^-^ Cicada foliata fasciata, Deg. Ins. 3, 205, 8, t. 32, f. 9, 10. — Amérique méridionale. Long. 0,008. Fusco nigra,fascia anticaabbreviata, arcuque posteriorc albidis. Celte espèce a été confondue avec la précédente par Fabricius : elle lui ressemble beaucoup , mais je n'ai ja- mais vu de passages de Vwnt à l'autre : les fascies de la DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLOGIQUK. 215 seconde espèce sont beaucoup plus larges, et l'on trouve V les deux sexes parmi les individus des deux espèces. M. Germar Ta prise pour lafoliata de Linné. <> 5. M.foliata.—Fah. Ent. Syst. IV, 9, 4. S. Rh. 7, 7.— ' Am. Serv. Hem., 534.— Burm. Ent. II, 136, 4.— Uuncans Ent. Libr. I, 285, t. 24, f. 2. — OÇicada id. ,lÀnn. S. nat. II, 705, 2. — Mé- rian, Ins. Surin, t. 5.— Stoll, t. I, f. 1.~^Mjla- veola , Germ. Rev, Silb. III, 224. — Gayenne. Long. 0,010-15. (PI. IV, fig. 21.) Flava,fascia maculaque ferè triangulari nigris. 6. M. tf'imaculata* . — Nouvelle-Grenade. Long. 0,01 i. ^(Pl. IV, fig. 14.) Flcwa, tribus maculisj antica^ dorsalij termînaUj nigris. Prothorax s'avançant fortement au-delà delà tête, miis dépassant à peine Tangle interne des élytres : jaune, une tache occupant la moitié antérieure, une dorsale, une terminale, noires : une petite tache brunâtre sur chaque épaule. Goll. Signoret, Lefebvre. ^ O7. M. periphœria*. — Gayenne. Long. 0,012. (PI. IV. fig. 15.) Nigra, prothoraceJlui'Oj dorso nigro. Prothorax fortement arrondi , dépassant la tête et des- cendant au-dessous des yeux-, jaune, avec la circonfé- rence largement noire, un peu interrompue à Textré- mité postérieure qui est noire, et dépasse légèrement Tangle interne des élytres. Elytres et corps noirs. GolL Signoret, Lefebvre. B. Prollioiax ne dépassant pas l'angle interne. 8. M.fnsciata.—Fah.Mant.lns. 2, 262, 6. Ent. syst. IV, 9, 6. S- Rh. 9, 16.— Gmel. 2, 2,092, 54. —Ol. 240 ANNALES Eue. iiiétli. 6G2, 5. — Germ. Hev. Silb. 111, 225, 6. — M. ciicuUata. Ain. Serv. Heiu. 5:^4, pi. 9, f. 2. — Gayenne. Long. 0,007. Nigra ,fasciis duabus, anteriore fulva posiica alhida. 9. M. rosea*. — ^^ Brésil, Capitainerie des Mines. Long. 0,009. (PI. IV, f]g. 24.) Ele^'citaj, nigra , vitta lata laterali angulata, inacalaqnc aniè apicem carneis. Forme de la pre'cédeute : noire-, une large bande com- mençant au-dessus de la tête, se recourbant au-dessus de Tépaule, et montant à angle droit sur le milieu de la ca- rène dorsale , et une autre bande avant rcxtrémité , d'un rose rougeâtre. Coll. du Muséum. ^10. M. Lefeh'rdi\—Cdiyenne. Long. 0,007. Nigraj elevata, maculis tribus albidis. Forme des précédentes-, d'un noir peu intense; une tache étroite au-dessus de la tête, une beaucoup plus grande, au-dessus de chaque épaule, et une terminale d'un gris perle-, extrémité noire; tarses pâles. Coll. Si- gnoret. ^\\.M. tcctigem.—0\. Enc. méth. 668, 8.— Stoll, pi. 14, f. 71. —3i. elemta, Fab. S. Rh. 8, 9. — Germ. Rev. Silb. m, 225, 7. —^M. fuscata, Coq. 111. le. t. XVm, f. 1.— Brésil. Long. 0,009. Atra, margine antico macidaque antc apicem albidis. Forme des précédentes espèces-, toute noire ; le bord antérieur et une tache avant Textrémité postérieure, d'un blanc jaunâtre. Coll. Spinola. Il est évident que la ligure de Coquebert se rapporte à la tectigera, quoique Fabricius la désigne cOmme re- présentant la fuscata que je ne connais pas, et dont voici la description : DE LA SOCIETK ENTOMOLOCxIQUE. 247 ^12. M.fuscata.—FRh. S. Rh. 9, 15.— Indes Orientales. Thorace foliaceo rotundato fusco , striga antè margincm anticum fasciaque posiica albis. ^13. M. nigra.— Ol. Enc. iiiéth. 668, 4.— Stoll, Cic. t. XVIÏ,f. 92.—%. compressa. ¥ ah. S. Rh. 9, I4. — Germ. Rev. Silb. III, 225, 8. — Brësil, Cayenne. Long. 0,008. NigrUj macula antè apicem alba. Forme des prëce'dentesj noire, avec une tache blan- châtre avant Textrémité du prothorax. Coll. Spinola. ^14. M. coAi/îwa*.— Rio- Janeiro. Long. 0,008. ^(Pl. IV, f. 23.) Fusco nigra, macula antica obscure Jlavaj, maculaquc antè apicem albida. Même forme -, noirâtre -, une bande horizontale tou- chant la tête, remontant vers le sommet du prothorax, et dépassant les e'paules, d'un jaunâtre salej une tache blanche avant Textre'mitë postérieure i une tache noire au-dessus des yeux. Cette espèce a beaucoup de ressemblance avec la sui- vante : elle s'en distingue aisément par la bande anté- rieure qui touche à la tête et aux épaules. Coll. du Mu- séum. ^ 1 5.M. arcuata.—Cicadaid.Beg. Ins. III, 206, 9, t.XXXII, f. 10. — Deg. Retzius, 80, 373. — Gmel. 2,094, 60. -PMemb. id. 01. Enc. méth. 664, 14.— Germ. Rev. Silb. III, 224, 1 ( en retranchant le Syn. de Linné).— ilf. dorsata. — Fab. S. Rh. 1 1 , 26. —Brésil. Long, 0,009. (PI. IV, f. 25.) iMgra vitta longitudinali scepè interrupta albida. 16. M. malleojiotata. — Lefebv. Coll. — Brésil. Long, 0,009. 248 ANNALES l\igra, elevata, vitta média cmticc dilatata allnda , unie npicem alhida. Noire, élevée, presque trapézoïdale-, une bande hori- zontale jaune pâle, se dilatant antérieurement ; une tache d'un jaune encore plus pâle avant Textrémité. Coll. Le- febvre. *^17. M. zonata\ — Brésil. Long. 0,012. (PI. IV, fig. 10 à 19.) Nigra, vitta longitudinalijlcwa. Prothorax très arrondi, noir^ avec une Lande jaunâtre, presque droite, qui commence à Tangle supérieur et an- térieur du prothorax, touche le bord inférieur un peu au-delà de Fépaule, et se termine à la partie postérieure, dont l'extrémité n'est pas noire. Coll. Signoret. 18. M. cingulata.— Germ.^ev. Silb. Ill, 307. — Brésil. Capitainerie des Mines. Long. 0,009. DepressUj, nigra, vitta laterali angusia, hiangulata, iiia- cidaque ajitè apicem carncis. Coll. Gerniar. "^ 19. M. inexicana. — Guér. le Bèg. anlm. — Colombie. Mexique. Long. 0,008. Flava, macidis nigris, iina /mmerali, duabus dorsalibus, una posteriori, alia apicali. Prothorax peu élevé, s'avançant peu au-dessus de la tête -, d'un beau jaune , avec une tache au-dessus de cha- que œil , une au-dessus de chaque épaule, deux dorsales, une postérieure touchant aux bords inférieur et supérieur, et une terminale, noires. Souvent les taches dorsales se rejoignent, la tache humérale se dilate et va toucher la tache postérieure, également dilatée. Coll. Guérin, Spi- nola, Signoret. ^'20. M. stolida*.— Mexico. Long. 0,009. Flaça nigro inaculntûj postice l'ircscens. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 240 Prothorax jaune eu avant, vert poste'rieurement , ne saillant pas sur la tête-, une tache brune au-dessus de chaque œil ; une autre au sommet du prothorax-, une ta- che brune aux trois quarts postérieurs, rejoignant une tache humérale , extrémité noire; tête et pattes brunâ- tres. Coll. Westwood. -= 21. M. penmana*. — ChiH? Pérou? Long. 0,007. (PI. IV,fig.26.) Nigraj maculis duahuSj, dorsalij apicalij flavis. Noire-, prothorax s'avançant à peine sur la tête, peu élevé, une fois aussi long que haut-, une tache pâle, à peine visible, sur la saillie au-dessus de la tête -, une tache jaune vers le milieu de la partie supérieure du prothorax j une autre tache jaune occupant la partie postérieure dont l'extrémité est noire. Elytres noires un peu plus claires ù Textrémité. Coll. Guérin. ^22. M. intermedia*.— Brésil. Long. 0,008. Nigrctj maculis duahusj dorsali^ apicalijjlavis. Ne diffère de la précédente espèce que par la taille et la forme du prothorax qui est moins arrondi antérieurement et est sensiblement sinué sur la pi-emière lâche dorsale. La tache antérieure est aussi un peu plus marquée. Coll. Spinola. O23. M. fnco/or*. — Colombie. 0,005. Nignij, fascia antica longitudinali albida, macula poslica flaira. Prollîorax ne dépassant pas la tête-, noir, avec une pe- tite bande horizontale blanche, un peu dilatée au-dessus de la tête, mais n'y touchant pas, et une tache jaune occu- pant la moitié postérieure-, Textrémité est noire. Coll. Spinola. 24. M. ambigua^. — Cayenne. Long. 0,004. 2^ Séne^ tome iv. 17 250 ANNALES Prothorace brunneo, postice dilutOj elyirls Jiigris, plaga ad angulu/n intemum hyalina. Prothoi-ax antérieurement d'une couleur brune qui se fond au-dessus des épaules en une couleur ferrugineuse ; cette dernière occupe le reste du prothorax, sur lequel on distingue à peine deux taches plus claires , l'une dorsale , Tautre terminale; l'extre'mité est très fine et noire. Elj- tres d'un brun noirâtre avec une large tache hyaline à l'angle interne. Coll. Spinola. ÏI. Prolhorax armé antérieurement d'une corne plus ou moins avancée. [Ensatœ^ Fab. Germ. Burm. — Foliaceo-ensatœ. ^ Burm. — Genres Enchophyllmn et En- chenope, Am. Serv.) 25. 31. cruentata— Germ. Rev. Silb. III, 226, ll.—'En- chophyllum id. Am. Serv. Hém. 534, pî. 9, f. 3. Brésil. Long. 0,009. JVigraj vitta UTitica suh angulo recto ascendentc macula- que ante apiceirij sanguineis. Cette espèce, dit M. Germar, d'après M. Beske, perd facilement sa corne, et ressemble alors parfaitement à la Membracis elevata. 26. M. ensata. — Fab. S. Rh. 12, 28.— Coq. ic. 111. 2, t. XVIII, f. 2. Thoracis corna compressa supra caput protenso nigra antice maculis tribus, postice apice albis. 27. M. quinquc-maculata* . — Brésil. Long. 0,006. (Pi. IV,fig. 27.) Nigraj, supj-a caput inaculîs tribus^ wia dorsalijflcunsj al- téra apicalij cdbida. Forme des précédentes espèces : noire-, une tache sous DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 251 Ja corne , deux au-dessus des épaules et une dorsale , large, d'un beau jaune -, une tache terminale blanchâtre^ extrémité noire. Coll. Guérin. ^28. M. lanceolata. — Fab. Mant. Ins. 2, 263. — Fab. Ent. sjst. IV, 10, 10. S. Rh. 13, 32.— Ol. Enc. méth. 664, 19.— Coq. 111. t. XVIII, f. 3.~StolI, Cic. t. XXVIIL f. 166. — Latr. Voy. Humb. 169, pi. 16, f. 11. — ili. longicolliim 01. Enc. méth. 667. — Cayenne. Long-. 0,007. Nigra, cornu parîini incurt^Oj maculis duabus,, dorsalij, apicalij alhidis. ^29. M. hînotata. — Say, Narrât, of and exped. Append. 301. Journ. of the nat. Se. of Philad. — Germ. Rev. Silb. III, 226, 10. Nigruj stethidio maculis duahus dorsalis Jlavisj cornu ercctOj utrinqnc tricarinato. — Amérique boréale. A peu près deux fois plus petite que la M.fulica : d'un brun noir, opaque-, tai'ses pâles. Prothorax trica- réné, la cai'ène médiane avec deux taches oblongues, jaunâtres. M. Say dit que cette espèce ressemble beaucoup à la M. lanceolaîaj Fab., dont elle n'est peut-être qu'une variété. (5 30. M, alhidorsa*. — Brésil. Long. 0,006 -, avec la corne, 0,011. (PI. IV, f. 29.) Fusco nigrcij macula magna dorsali cdhida ; cornu çali- dumj reclwuj, oblù/uum^ utrinque vcdde carinaium. Coll. Spinola. ^ Diffère de la lanceolata par la tache dorsale et par la corne qui est plus longue et plus large ' 31. M.fulica.— Geiuv. Rev. Silb. III, 225, 9.— Brésil. Long. 0,005-, avec la corne, 0,009. (PI. IV, lig. 28.) 252 ANNALES Fusca macula antica macuUsqiie duabus dorsalihus albi- dis : cornu falcatunij compressumj utrinque carinaturrij le- viter incurmm; elytra fusco nigra ^ tarsis pallidis. Coll. Musëutn. 32, M. latipes. — Say, Narr. of an Exp. Append. Jour. Ac. Se. nat. Philad.— Germ. Rev. Silb. III, 227, 13. — Pensylvanie. Long. 0,005-6 -, avec la corne, 0,010. Fusco ferruginea j suhpuhescens j utrinque carinataj ca- rinulis anticis j cornu feminœ elongatum, hasi crassum le- viter incuivum ; ely tris pallidis j tarsis albidis. Coll. Germar. Dans le mâle , la corne est plus courte , et la couleur plus foncée , le corps est aussi plus petit. ^ 33. M. nutans.—Gevm.Ua^^.A. Ent. IV, 28, 30.— Rev. Silb. III, 227, 14. —Brésil. Long. 0,006; avec la corne, 0,009. Flai>escente griseaj, pallida^ punctata cornu gracilij, apice leviter incurvataj utrinque carinatuj elytris pallidis j, apice fere hyalinis j pectore nigroj pedibus Jlay>escentibus. Coll. Germar, Spinola. ^ 34. ifc?. altissima*. — Colombie. Long. 0,004-, avec fa corne, 0,007. (PI. IV, f. 31 .) Fusco brunîieuj postice pallida^ cornu basi crassoj apice gracili. Prothorax brun antérieurement, pâle postérieurement-, corne très large à la base, grêle à Textrémité où les ca- rènes sont pâles. Elytres diaphanes \ corps noirâti-e, pattes jaunâtres. Coll. du Muséum. (- 35. M. minans*. — Mexique. Long. 0,004-, haut. 0,004. (PI. IV,f. 32.) Toia nigra opacch apice fla^'Oj, cornu antico elevatOj gra- cili. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 253 Entièrement noire, avecl'extrt^mite'dupi'olhorax jaune^ corne antcirieure grêle , presq[ue droite à la base , se re- courbant au sommet, fortement en avant. Coll. Signoret. ^ 36. M. gracilis. — Germ. Mag. d. Ent. IV, 29, 31. — Rev. Silb. III, 227, 15. — Brésil. Long. 0,006. Flwescente grisea^ utrincjue carinataj, carinulis anticis j cornu parum elongatunij vix iiutans j capiit fasco nigrunij liinho pallidiorcj elytra flavescenti grisea^ mediofuscofas- ciataj apice pcdlidioria ,• corpus suhtus fusco brunneuiiij pc - dibus pallidioribus. Coll. Germar, Spinola. 'O 37. M. co7zco/or*.— Brésil. Long. 0,006. (PL IV, f. 30.) Tota flavescente grisecij prothoracis apice m'groj cornu parum elongatunij elytrisflavescentibusj fascia latabrunneo nigraj aut basi obscurîbus. Coll. Spinola. Ressemble beaucoup à la précédente-, en diffère par la tête et le corps qui sont jaunes, et Textrémité du pro- thorax qui est noire. <^ 38. M. monoceros.— Germ. Mag. d. Ent. IV, 28, 29.— Rev. Silb. III, 226, 12.— Brésil. Long. 0,005 i avec la corne, 0,008. iV/graj utrinque carinataj carinulis anticis ; elytra nigruj macula apicis hyalin a ^ tarsis albidis. Cornu obliquO:>ferè recto. C 39. M. iruncata" .—Buenos- Ayrcs. Long. 0,004. Prothorax brunneusj antice rectusj elevatus non in cornu productus. Prothorax coupé droit antérieurement, paraissant for- mer une corne courte, arrondie, non dirigée en avant, dont le bord antérieur est perpendiculaire et le postérieur oblique-, de chaque côté une carène de couleur brune, avec de très petits poils dorés ; têle noire ; ély très brunes. 254 ANNALES plus claires à rextrémité, avec une bande plus claire, dif- fuse, vers le bord interne. Coll. Lefebvre. 40. M. maculosa. Lefebv. Coll. — Brésil. Prothorax antice protensus, 71 on in corim productus ^ ni- gra, elytrorum maculis tribus palliais. Cette espèce forme le passage à la division suivante , le prothorax est un peu oblique antérieurement, arrondi au sommet, mais ne s'étend pas en corne;, de chaque côté une forte carène -, noire-, élytres un peu plus clairs à Tex- trémité, avec ti'ois ou quatre points pâles vers la base, qui disparaissent souvent. Coll. Lefebvre. IlL Prothorax non foliacé, caréné supé- rieurement et latéialement {Carinatœ, Germ.). 41. M. decipieT2s\— Brésil Long. 0,005. (PI. IV, f. 33). F laça j anticè expansa, fusca j duabus maculis, apicali, dorsali nigris. Prothorax s'avançant un peu antérieurement, caréné fortement de chaque côté , une carène parallèle n'attei- gnant pas l'extrémité ■■, jaune avec une tache brune occu- pant toute la partie antérieure •, une petite tache dorsale noirâtre, et une plus grande à la partie postérieure, dont Textrémité est jaune. Elytres brunes à la base, hyalines à l'extrémité, avec une bande foncée transverse, accompa- gnée d'une petite ligne brune parallèle. Tête brune. Corps brun, pattes jaunes. Coll. Signoret. 42. M. tricostata.— Germ. Rev. Sib. III, 228, 16. Mag. d. Ent., IV, 24, 24. —Brésil. Long. 0,004. Pallide ferruginea, tricostata , carina média compressa, obsolète bimaculata , elytris obscuris , apice pcdlidioribus. Coll. Gcrmar. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 255 ^ 43. i)/. ophialmica*. — Colombie. Long. 0,006. Nigra, dorso sangumeo, apicejlavo, oculis sanguineis. Prothorax noir, ayant une carène oblique de chaque côtdj une tache d'un rouge de sang occupe la partie supérieure, une tache jaune, la partie postérieure -, Textrémité noire. Yeux rouges de sang. Elytres d'un rouge sombre, noires à Textréniité, avec deux petits points jaunes à Tangle in- terne. Coll. Spinola.

ittata* . — Cayenne, Brésil. Long. 0,006. (PI. IV, f. 36). Testacea, utriiKjue nigi'o bisignata. Pro thorax testacé ayant de chaque côté de la carène dor- sale une carène parallèle qui se prolonge jusqu'à Textré- mité postérieure •, entre cette carène et Fépaule se trouve une petite ligne élevée, très courte, peu sensible ; entre la carène dorsale et la parallèle, une bande noire allant presque jusqu'à l'extrémité postérieure j sur chaque épaule une petite ligne élevée , et une bande noire s'avançant au-dessus des yeux. Elytres presque transparentes , jau- nâtres, plus foncés à la base -, poitrine noirâtre. Coll. Spi- nola, Muséum. 45.i)!f. luçonica*. — Iles Philippines. Long. 0,003. Brunneo-ju'gra, griseo puhesceiiSj postice angustataj uni- carinata. D'un brua noir mat, couverte d'une pubescence grise, serrée-, prothorax simplement caréné sur le dos, très ré- tréci et sinué postérieurement. Elytres d'un brun peu foncé, marquées de noir à la base, et maculées de brun-, extrémité plus claire. Jambes brunes, tarses ferrugineux. Coll. Westwood. ^ 46. M. sanguinolenia* . — Cayenne. Long. 0,005. Nigra, carina dorsali sangainca. 256 ANNALES Prothorax noir avec la carène dorsale rougeâtre; de chaque côté une carène allant jusqu'à rextrémitdj entré celle-ci et les épaules , deux petites lignes élevées, très courtes, peu visibles ^ sur chaque épaule une petite ligne élevée s'avançant au-dessus des yeux. Corps noir-, tête couverte de poils dorés -, pattes couleur de poix -, élytres noirâtres, extrémité plus claire-, ocelles très brillants. Coll. Spinola. ^ 47. M. bicristaîa*.— Brésil. Long. 0,005. (PI. IV, fig. 35). Flavaj maculis, dorsali, humerali antica, postica, Jii'gris. Carène dorsale sinuée postérieurement-, de chaque côté, une carène plus élevée que la dorsale, n'allant pas jusqu'à rextrémiléj entre cette carène et les épaules, deux petites lignes élevées, courtes, à peine sensibles j sur cha- que épaule une ligne élevée , venant rejoindre en avant la carène dorsale. Prothorax jaune avec une tache noire, arrondie, occupant la partie dorsale entre les deux carè- nes latérales-, une tache noire occupe la partie antérieure et les épaules-, extrémité noirâtre. Elytres transparentes, jaunâtres, brunes à la base , avec un point jaune pâle contigu à un point noir sur la première cellule basilaire. Corps noir, pattes jaunâtres. Coll. Spinola. ^48. M. pœcila. Germ. Rev. Silb. III. 228, 17. Mag. d'Ent. W., 23.— Brésil. Long. 0,004. Brunnea, subpubescens, tricarinata, canna média pallido bimaculataj elytris brunneo nigroque variisj api'ce kyalinis; tarsis albidis. Coll. Germar. ^ 49. M. iorm. Germ. Rev. Silb. III, 228, 18. — Brésil. Long. 0,003,-5. Fusco-nigra, subpubescens , protliorace septimo-carinato carinis externis abbrz\>iatis , elytris brunneisjjhwo maculatis, ojjicc hyalinis. Coll. Germar. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 257 50. M. carhonaria. Germ. Rev, Silb. III, 228, 19. — Brésil. Long. 0,003. Atraj cjuique-carinata j carina externa sœpe duplicata, elytris nigris apice hyalinis. Coll. Germar. ^ SI. M. monstrosa*. — Brésil. Long. 0,004. Atra, dorso bisiriuato, antice tricarinata, elemta. Prothorax tricaréné antérieurement, deux fois sinué sur le dos, et assez profondément-, élytres brunes, tache- tées de jaune, avec deux taches hyalines sur le bord pos- térieur. Coll. Spinola. O ^ 3®. Genre Bolbonota. & O Am. Serv. — Membracis Germ. Burm. — Centrotus Fab. Tête allongée, visiblement échancrée latéralement, ter- minée en fer de lance. Ocelles placés sur une ligne supé- rieure à celle passant par le milieu des yeux. Prothorax nonacuminé postérieurement, mais sinué de chaque côté, non foliacé, rugueux et caréné. Eljtres arrondies à Fextrémité, de couleur sombre, or- nées de taches jaunes et blanches, à cellules courtes, irré- gulières, arrondies ou rhomboïdales. Jambes postérieures prismatiques. Ces insectes se distinguent au premier abord des Mem- bracis par leur corps globuleux et leur taille qui atteint rarement quatre millimètres. ^1. B.globosa*. — Colombie. Long. 0,005. Fusca, subtus nigra, pedibus fuscisj elytris Jlai^escentibus, hasi fuscis. Prothorax d'un brun ferrugineux avec des poils dorés -, carène médiane unie, se terminant un peu avant Textré- mité postérieure; de chaque côté, trois carènes raccour- cies, celle du milieu la plus petite, et une très courte. 258 ANNALES oblique à Textremite postérieure. Elytres d'un jaune très pâle, Lrunes à la hase , avec une tache brunâtre un peu avant rextrémite. Dessous du corps foncée pattes jaunâ- tres. Coll. Spinola. ^2. B. pusilla*. — Colomhie. Long. 0,002. Nigraj pilosttj eljtn's basi brumieis, postice pallidofuscp- que variegatis. Noire, avec des poils dore's; carène me'diane arrondie en avant, très légèrement sinuée supérieurement, tron- quée postérieurement presque à angle droit-, entre les épaules et la carène médiane deux carènes élevées, cour- tes-, à la troncature postérieure deux carènes obliques. Coll. du Muséum. 3. B. pictipennis" . — Cayenne. Brésil, Long. 0,004. Nigra pîlosa, canna média intégra^ elytris nigris flavo- maculatis, angulo exteriorc hyalino. Noire, avec de petits poils blanchâtres ; carène médiane à peine ondulée; entre les épaules et cette carène trois carènes courtes. Elytres brunes, ayant des poils dorés sur les nervures et à la base, parsemées de taches jaunes-, angle externe hyalin. Coll. Spinola, Muséum. ^ 4. B, melœna. Germ. Rev. Silb. lU. 129, 20. — BrésiL Long. 0,003-4- Nigra j carina média sinuata. Ressemble extrêmenaent à la précédente-, d'un noir un peu velouté ; carène médiane déprimée au milieu-, quatre points d'un blanc soyeux sur la partie antérieure du pro- thorax. Elytres d'un noir velouté, à nervures pâles, ta- chetées de blanc et jaune-, angle externe hyalin. Coll. Muséunij Signoret. 5. B . flavicans* . Brésil. Long. 0,008. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 259 Ferrugwea^ carina média sinuatUj elytrisjlavescentibus, nigro maculatisj angulo exierno hyalino. Forme de la précédente , dont c'est peut -être une va- riété ; d'un jaune ferrugineux : protlîorax couvert de petits poils dorés, serrés -, une petite fossette noirâtre entre les carènes latérales. Elytres d'un jaune ferrugineux , poilues à la base et sur les nervures , tachetées de blanc et de brun : angle externe hyalin. Coll. Guérin. G. B. nisus. — • Am. Serv. Hém. 537. — Méinbr. id, Germ. Rev. Silb. III, 229, 2. —Brésil. Long. 0,004. (PI. IV, fig.8 et 9.) Ni'gra, dense cinereo pilosUj elytrorum margme posteriore hyalino. Noire : tête et prothorax couverts de poils cendrés soyeux : carène médiane siniiée au milieu : entre elle et les épaules, deux carènes courtes, un peu obliques. Pattes noires-, tarses pâles. Elytres d'un brun noirâtre, tache- tées de blanc et jaune , bord postérieur entièrement hyalin. Coll. Signoret. 7. B. auripennis*. — Brésil. Long. 0,003. Nigrttj pedihus fuscis j elytrisjlans hasi brunneis j apice hrunneo marginatis. Prothorax d'un brun noirâtre , couvert antérieurement de petites rugosités , avec une dépression au-delà du mi- lieu et un renflement postérieur. Elytres jaunes, brunes à la base, avec deux ou trois taches blanchâtres sur cette partie brune, terminées par une bande brune : angle ex- terne hyalin. Coll. Spinola, Signoret. ^8. B. inœqualis. — Centrotus id, Fab. S. Rh. 22, 23. — Membr. id, Germ. Rev. Silb. III, 230, 22. — Brésil. Long. 0,003. JSigerj rugulosusj, elytris hyalinisj basi airis. 260 ANNALES Noire : prothorax couvert au-dessus et eu arrière des épaules de petites carènes irrégulières, fortement déprimé au-delà du milieu, tubercule postérieurement. Elytres transparentes, noires à la base-, nervures roussâtres. Coll. Spinola. 9. B. tuberculata. — Centrotus id, Fab. S. Rh. 22, 32. Coq. 111. ic t. XVIII, f. 8. — Amérique méridionale. Atra^ thorace înermij antice elevato striano postice, tu- berculato ohtuso ahdomine breuiore ^ elytris apice bninneis nigro maculatis. ^10. B. pusio.—Membr. id, Gerra. Kev. Silb. Ill, 230, 23— Brésil. Atruj puuctataj scthidio supra midticarinataj postice iu' bcrculatOj, elytris fascia média jnargineque tenuiori albo hjalinis : M. inœcjuali minor. • § 4^. Genre Sphongophorus*. ifypsaiichenia, Am. èerv.— Centrotus, Kirby, Westw. Tête trilobée, allongée, foliacée : ocelles placés sur une ligne passant par le milieu des yeux. Prothorax de forme très variable, tantôt en arc, tantôt présentant des renflements allongés ou fongiformes : dé- passant quelquefois Textrémité des élytres. Elytres allongées, ayant rarement leur extrémité légè- rement engagées sous le prothorax. Tibias antérieurs très dilatés, les postérieurs prismati- ques, mais comprimés, à peine plus longs que ceux du milieu. J'ai été forcé de séparer ce genre de celui âHHypsau- chenia Germar, parce qu'en examinant VH. ballista, que M. Germar a eu la boulé.de me communiquer, j'ai T3E LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 261 vu que le prothorax était notablement échancré au-des- sus de Te'cusson et que les pattes n'étaient pas foliacées. l. 5. hallista. — Hypsauchenia id, Am. Serv. Hém. 535, pi. 9, f. 5. — Mexique. Long. 0,009. Brunnea, fusco irrorata, prothorace supra caput in arcu pnstice recun^o extenso, posticc eki^ato. ^ 2- S. mirabilis*. — Brésil intérieur. Long. 0,010. Long, de la corne antér., 0,018. (PI. IV, fig. 5 et 6.) Brunnea, nitida, cornu aniico*longiorej incurvoj, cornu postico triangulari. Brune, luisante, finement ponctuée : prothorax portant en avant une longue corne comprimée, courbée au mi- lieu en-dessus, et recourbée en haut en se comprimant horizontalement, tronquée à Textrémité qui dépasse de beaucoup Textrémité du prothorax : un lobe triangu- laire, comprimé, occupe la moitié postérieure du protho- rax. Elytres d'un brun mat avec un reflet doré sur la moitié interne, 3. S. paradoxa.^Memhr, id, Germ. Mag. Ent. IV, 26, 27, t. I, f. 1.— Brésil. Long. 0,008. Fusca , thoracis conni corpore longiorij recun'Oj apice adscendente scutello cruciformi erecto. ^4. S. cWana*.— Brésil. Long. 0,008. (PL IV. f. 2.) Rubiginosa, cornu antico apice bidentato, cornu mcdio cruciformi. Couleur de rouille, pulvérulente, poilue : sur Tavant du prothorax une corne dont l'extrémité manque, portant une longue dent interne -, au milieu du prothorax un ren- flement cruciforme, épais, dont le sommet louche la dent de la corne antérieure : extrémité du prothorax tronquée. Coll. Spinola. 262 ANNALES ^ 5. S. Bennetii.—Cehtrotas id, Kirby. Mag. Nat. Hist. Lond. 1829, p. 20, f. 5 a. — Ghoco, «n Colombie. Long. 0,010. (PL IV, fig. 7). Lurida f obsciira, hirsuto-pilosa ; thorace fortiter punc- tato, capitesuprà cornutOj, compressa, reciiivo, corpore lon- giore, anticè bifido , ad hasiin hifurcato ; posticè cornufo utrirKjue bifurcatoj protlwrace anticè ohtusb cornuto. 6. S. Guerinu*. — ^ Province des Mines. Long. 0,007. (PL IV,fîg. 1.) Fusca, punctata : cornu antico dentem internumferente: secundo claçatOj, longiore. Brune, mais couverte d'une poussière farineuse, très poilue : au-dessus de la tête, une corne presque cylindri- que, grêle, recourbée au sommet, portant une dent in- terne au milieu : au milieu du prothorax une seconde corne, plus grande que la première, noduleuse au milieu, légèrement échancrée au sommet : extrémité du prollio- rax tronquée. Elytres enfumées, plus foncées à la base. ^ 7. S. spatulatus* . — Pi'ovince des Mines. Long. 0,006. (PI. IV, fig. 3.) vV-...- Fusca, cornu antico recwvo, apice spatulato, prothoracis apice compressa, rotundato. D\m brun grisâtre : prothorax ponctué, poilu, portant au-dessus de la tête une corne très inclinée en arrière, den- tée au milieu, comprimée, élargie et arrondie au sommet qui dépasse le corps : à la partie postérieure du protho- rax un appendice fongiforme, arrondi, comprimé, non pédoncule : extrémité du prothorax Ironqt^iée. Ressemble beaucoup à Tespèce précédente dont elle diffère par la couleur et Lappendice postérieur non pédoncule, p ^ 8. S. biclav/itus.-^Centroius id, Westw. Dune. Nat. Libr. Eut. I, p. 286, t. XXV, L 3. (PL IV,-fîg. 4.) DE LA SOCIETE EINTOMOLOGIQUE. 203 ^ 5^. Genre Pterygia. Lap. de Gast. — Ccntrotusj, Fab. — Noiocera, Am. Serv. Tête membraneuse, allonge'e, echancrée de chaque côte', le'gèrement creusée en cuillère à rextrémité : yeux gros, très saillants : ocelles très rapprochés des yeux et du pro- thorax. Prothorax rugueux, presque toujours épineux : armé de cornes humérales, et sur son prolongement postérieur de cornes ou tubercules i ou renflé antérieurement au- dessus de la tête. Elytres légèrement engagées sous Textrémité du pro- thorax, semblables à celles des Membracis. Tous les tibias dilatés. Le corps est toujours de couleur brune ou noire, sou- vent orné de taches blanches farineuses, qui disparaissent facilement. A. — Cornes humérales très saillantes. 1. P. arietina. — Oxyrhachys id, Germ. Rev. Silb. III, 308.— Brésil. Long. 0,006. Brunneaj punctato rugosa, cornuhus anîicis validis com- pressisj tertioque pone médium brevi, erecto rotimdatoj ely- trisfusco hyalinis. — Coll. Geruiar. ^ 2. P. tripodia*. — Cayenne. Long. 0,007. (PI. VII, fig. 30.) Atraj cornubus anticis gracilibusj redis. "Noire, parsemée de petites épines : sur les épaules des cornes droites, grêles, comprimées, longues, à peine plus ■ larges au sommet qui est tronqué : au milieu du dos, un très petit tubercule épineux : à l'extrémité postérieure une corne droite, conique, foliacée, inerme. Coll. Gué- 264 ANNALES ^•^.P.cruciata. —^Centrotus id, Fab. S. Rh. 18, 8. — StoU, Cic.t.ll, f. 8, t. XV, f. ll.—^Notocera id, Am. Serv. Hdm. 536. — Cayenne. Long. 0,005-6. Nigrttj cornubus hasi gracilihus, apice dilatatis, incurvisj, cornu postico erectOj, conico. Noire, épineuse, cornes grêles à la base, dilate'es et tronquées au sommet qui est recourbé en arrière : à Tex- trémité poste'rieure une dent conique, presque aussi haute que les cornes antérieuses, foliacée; au milieu du dos un petit tubercule épineux. Elytres noires avec une bande hyaline au bord interne. Coll. Spinola. 4. P. quadridejis* . — Cayenne. Long. 0,005. Nigraj cornuhus apice dilatatis. dorso dentato. Très voisine de la précédente : noire -, épineuse : cor- nes comprimées à la base, dilatées au sommet, creusées en cuillère, tronquées : en arrière des épaules, de chaque côté, une rangée de 3 ou 4 épines plus grandes : au milieu du prolongement du prothorax une dent garnie de petites épines i presque à Textrémité une autre dent très petite, un peu inclinée en arrière, presque mutique : de chaque côté de cette dent une petite carène crénelée. CoU. Gué- rin. ô. P. crassicornis* . Brésil. Long. 0,005. Nigra, cornubus apice dilatatis^ dorso dentaio. Noire , garnie de petites épines , plus nombreuses et plus fortes sur le dos : cornes triangulaires , épaisses , tx'onquées et aplaties au sommet, recourbées en arrière : au milieu du prolongement postérieur une dent garnie de très petites épines. Coll. Spinola. ^ 6. P. satanas .-^Tragopa id, Less. 111. Zool. pi. 56, f. 2. — Brésil. Long. 0,005. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iôS Nigm, cornuhus apice truncatisj, haud dilalatis. Noire, couverte de petites épines;, cornes antérieures peu élevées, peu clivariquées, non dilatées, mais tron- quées au sommet, comprimées latéralement-, au milieu du prolongement postérieur un tubercule épineux. Ely- tres d'un brun noirâtre avec la base plus foncée, une ta- che farineuse au milieu du bord externe. Quelquefois la tête et la partie antérieure du prothorax sont farineux ainsi que les pattes et la poitrine. Coll. S|)inola. "7. P. hispida*. — Colombie. Long. 0,005. Fuscaj cornubus dilatatis, tnuicatis, supra dorsuin îritu- berculata. Brune, couverte d'un enduit grisâtre •, cornes huméra- les dilatées, divariquees, tronquées -, prolongement posté- rieur portant trois élévations, dont la première en forme de petite pointe est placée à la base des cornes humérales : rintermédiaire est la plus forte, arrondie supérieurement. Coll. Westwood. ^ 8. P. MacciuarlL -r Lap. Ann. Soc. Ent. Fr. I, 221, pi. pi. 6, f. 6. 6 a.— Brésil. Long. 0,01 1. Rugosa, iiigra, thoracis mcdio subelevalOj tarsis luleis. Cette espèce, que je ne connais [)as, a servi de type pour le genre : M. \)c Laporte prétend que M. Lessou l'a décrite plus tai'd sous le nom àe^ragopa salarias j mais en comparant les deux figures et les deux descriptions, il est difficile d'adoj)ter son opinion. B, Cornes luniiéralcs t*ès courtes ou mdimenlaiies. ^9. P. Z>raf^jcem*.— Brésil. Long. 0,004. Fuscaj profuude punctata, cornuhus anticis hrei>issimisj postice hituberculata. 2' Série ^ TOMKiv. IS ■2(Ai AIN^ALES Noire , très tachetée de ferrugineux j protliorax garni en avant d'e'pines très courtes et de points enfoncés très marque's, armé en avant de deux cornes épaisses , très courtes, dont les extrémités se touchent presque : imnjé- diatement en arrière un tubercule arrondi -, entre ce tu- bercule et Textréinité postérieure , un autr>e de même forme, plus petit. Eljtres brunes tachetées de ferrugi- neux pâle j pattes brunes, genoux pâles. Coll. Guérin. ^10. P. quinque tuherculata* . — Venezuela. Long. 0,005. Nigrciy granulosa, cornuhus aiiticis îuherculosîs, postice tritubcrculata. Noire j prothorax couvert d'épines très courtes ; cornes humérales ti'ès courtes, épaisses, tronquées, parallèles : immédiatement en arrière un tubercule -, au milieu du prothorax un autre tubercule triangulaire ; entre celui-ci et Textrémité, une petite élévation accompagnée de cha- que côté d'une forte carène. Elytres enfumées, plus fon- cées à la base. Coll. Signoret. ,': . ''' Ol 1 . P. tuberosa*. — Corieiîtes. Long. 0,004. Brunnea, prolhoj-acc anlice îrituberculato, posiicenodoso. D'un brun foncé uniforme-, protliorax armé de fines et courtes épines j au-dessus de chaque épaule un très petit tubercule arrondi ; un peu en arrière et sur la carène dorsale , un tubercule de même taille j entre celui-ci et Textrémilé postérieure, un renflement tuberculeux beau- coup plus fort que les précédents. Elytres fexTUgineuses, avec le bord externe plus foncé. Coll. du Muséum. C. Prothorax renflé au-dessus de la tête. ^12. P. pileata\ — Colombie. Long. 0,005. (PI. VII, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 267 Fusco nigraj punctatcij prothorace inflato, rotuiidato. D'un brun noir, avec des taches farineuses qui dispa- raissent quelquefois -, prothorax s'élevant au-dessus de la tcte en un renflement arrondi au sommet, à peine com- primé latéralement-, entre la base de ce renflement et Textrémité postérieure, une petite dent conique, ayant de chaque côté une légère carène. Pattes d'un jaune pâle. Elytres offrant quelques taches jaunâtres quand la pous- sière a disparu. Coll. Spinola. 013. P. capitata*. — Co\omhie. Long. 0,005. (PI. YII, fig. 29). Pallidefusca, punctata^ aspera, prothorace ele^aio,, trun- cato. D'un ferrugineux pâle-, prothorax fortement ponctué, garni d'aspérités, s'élevant en un renflement claviforme, comprimé latéralement , tronqué supérieurement, avec une très petite dent au milieu de la troncature ; enti'e la base de ce renflement et l'extrémité postéi-ieure du pro- thorax, une dent conique. Elytres pâles à nervures fon- cées, très ponctuées a la base et sur les côtés. Gollect. Spinola . QU. P. bifida*. — Cayenne. Long. 0,005. Prothorace anticc bifido , prolongatio postice in medio subelci^ato. Ne diffère de la précédente espèce que par le sommet du renflement antérieur qui est bifide, et par le prolon- gement postérieur qui est seulement un peu élevé au mi- lieu. Coll. Lefebvre. § 6*. Genre Oxyrhachis. ^Germ., Burm,, Am., Serv. — Centroius Fab. Tête tronquée, presque quadrangulaire , échancrée au iTiilieu, les deux lobes se rejoignant antérieurement. 2G8 annajj:s Yeux ronds; ocelles également éloignés entre eux et des yeux. Prothorax armé de deux cornes humérales, se prolon- geant au-delà de Tabdonien et quelquefois des élytres , en lame aiguë. Elytres assez larges, transparentes, à angle externe aigu. Tous les tibias dilatés. Les espèces de ce genre, qui est propre à l'ancien con- tinent, ressemblent beaucoup à celles du genre Centrotus, mais elles s*en distinguent aisément par Técusson caché et ia tête tronquée. ^1. O. iarandus.— Germ. Rev. Silb. III, 232, 1.— Burm. Eut. Il, 133, I. ~ Am. Serv., Hém. 536, 1.— ^Centrotus id, Fab. S. Rh. 19, 17. —Egypte, Abyssinie, Indes Orientales. Long. 0,008. (PI. IV, fig. 13). Fusco-fcrragiuea , proihorace auricidato, posticc rcciirço. ^ 2. O.furcicorms.— Germ. Rev. Silb. III, 232, 2. — Cap de Bonne -Espérance. Long. 0,008 Fusco-riigra j corniibus antice porreciisj paruni di<^ari- catis, apice truncatis. 3. O. Delalajidei". — Cap de Bonne-Espérance. Long. 0,007. Fusco-fernigineaj cornubus crassis j, truncatis j protho- race apice obtuso. D'un brun ferrugineux-, cornes antérieures épaisses, courtes, tronquées, plus claires an sommet et sur les ca- rènes-, extrémité du protliorax noirâti*e, un peu relevée, tronquée obliquement, avec une petite pointe inférieure -, dessous de ce prolongement épineux , un renflement ]3E LA SOCIKTE ENTOMOLOCJQLE. 26*) noirâlre au milieu. Elytres transparentes, jaunes à la base, à nervures brunes, un point noir à l'angle interne. Coll. du Muséum, 4. O. gamhiœ* . — Sénégal, Long. 0,007. Fusco Jïfgraj, cormibus parum divaricatisj prothorace Ic- viter recuivo. D'un brun noir, garnie de poils blancs -, tête brune , marcjuée de noir ; protborax noir, care'né, comprime pos- le'rieurement et légèrement recourbé. Elytres transpa- rentes, blanchâtres à la base; pieds et abdomen d'un brun clair. Coll. Serville. § 1" Genre Hoplophora. Germ. Burm. Am. Serv, — Centroius Fab. Tête courte, large, se'parée en deux* lobes arrondis. Yeux gros, peu saillants-, ocelles également distants entre eux et des yeux. ^/^'?7'e5 libres, transparentes, triangulaires, écliancrées, à cellules loiiffitudinaleSj deux cellules discoïdales sépa- rées par une basilaire. ProfAo/ax triangulaire, fortement ponctué ; ,i3xlréniité postérieure aiguë, touchant l'angle interne des elytres-, caréné au milieu, quelquefois inerme, quelquefois ayant une corne prolongée en avant, ou perpendiculaire et ob- tuse. Jaitibes prismatiques, \qs postérieures longues etsinuées-, tarses postérieurs beaucoup plus courts que les autres. Le corps est quelquefois très poilu. A. Prothorax inerme. I . //. gigaiitca*. — Colombie. Long. 0,019. -Mgra, pilosa, prollioracc et chjlris sangiu'jicn viltdlis. 270 ANNALES Noire, couverte de poils noirs-, yeux et deux points sur la tête, rouges; carène médiane du prothorax, bords latéraux et de chaque côté, deux bandes, d'un rouge de sang-, sous les épaules une tache rouge. Elylres noires, nervures rouges de sang. Pattes noires, à poils cendrés. Coll. Signoret, Spinola, Guérin. 2. H. saugidnosa* . — Mexico. Long. 0,010. Pimctataj sanguinea, antice fla^a, carina dorsalij antiee nigra. Fortement ponctué, d'un beau rouge-, bord antérieur jaune, carène noire antérieurement-, yeux louges-, élytres à nervures jaunes à la base, brunes à Textrémité, avec deux ou trois points noirâtres-, pattes jaunes, tarses anté- rieurs bruns. — Coll. Westwood. ^ 3. H. vicina". — Colombie. Long. 0,014. (PI. VI, fig. 10). Fla^'escensj punctataj non callosa. D'un jaune cendré, poilue-, prothorax ponctué, quel- ques points plus grands, noirs-, carène dorsale et côtés rosés. Elytres hyalines, à nervures rosées. Abdomen et poitrine noirs. Pattes poilues, rougeâtres. Coll. Signoret, Spinola, Guérin. 4. H. lineata. — Sturm. in Spin. Coll. — Amérique sep- tentrionale. Long. 0,010. (PL VI, fig. 12 à 14). Flavescens, punctata, uirinque ruhro hilineata. D'un jaune clair-, prothorax ponctué, peu poilu, carène dorsale noire, couleur qui disparaît quelquefois-, bords du prothorax rouges ; de chaque côté, une ligne rouge le long de la carène; une ligne de même couleur partant au- dessus de la tête et rejoignant le bord inférieur du pro- thorax derrière l'épaule. Bord des élytres rougeâtre. Coll. Spinola, du Muséum. DE L\ SOCIETE EJN TOMOLOGlQLlE. 271 5. If. çiltata. — Burm. Ent. Il, 134, 2. — CeutroUis id, Fab. S. Rb. 20, 23. Coqueb. 111. io. t. 21, f. 5. — Amcriqi;e. Long. 0,010. Thorace incrini: punctocinereo, postice producto clytn's : hyalùiis. ^C. H.pertusa. — Germ. Rev. Silb. III, 242, 5.— Burm. Ent. II, 134. — Am. Serv. Hém. 544. — Brésil. Long. 0,010. Flavescensj foHiter punctata, callosa. Prothorax jaunâtre, fortement ponctue'-, dans la partie ante'rieure deux forts points noirs enfoncés', dos gibbeux transversalement-, bords latéraux rougeâtres •, carène dor- sale peu distincte-, éljtres hyalines à nervures foncées. 7. H. variegata*. — - Colombie. Long. 0,01 1. Flavaj bruîineo-i'aria, dorsofoHiter calloso. Prothorax jaune grisâtre, nuancé de brun, couvert de petits poils soyeux -, au milieu une callosité transversale très marquée, noirâtre-, une ligne noirâtre anguleuse sur les épaules; carène, marquée antérieurement, brune ; à Textrémité postérieure, deux points jaune clair de chaque côté. Elytres à nervures rougeâtres, variées dé brun à la base. Tibias antérieurs rougeâtres avec un anneau jaune ; tibias postérieurs marqués de noir au milieu. Collect. Spiuola. ^ S. H. monogramma. — Germ. Rev. Silb. III, 24, 2, 6. — Mexique. Long. 0,009. Grisca, ocellato-punctatOj steihedii canna antice uigra^ dorso transversim calloso. ^ IJ. H. sordida. — Germ. Rev. Silb. III, 243, 7. —Brésil. Long. 0,009. 272 •" ANNALES Grisea, pimctataj, prothoracc postice sensim angnsfatOj, abdomiuis longiiudiuej elyiris albisj rtifo veriosis. ^ 10. /T. cribrum*. — Colombie. Long. 0,008. Fortiter punctataj testacea, m'gro varia. Prothorax teslacé, macule de noir, fortement ponctué-, pas de callosité' -, carène me'diane noire, jaune au bout -, ex- tre'mite poste'rieure du protborax presque olîtuse. Corps noir, pieds rougeâtres, elytres hyalines, à nervures rou- geâtres. Coll. Spinola. ^11..^. corroia*.— Bogota. Long. 0,008. (PI. VI, fîg. 1 1). Flavaj unicoloTj granulosa. D'un jaune clair-, protborax fortement carène, aigu pos- térieurement, ponctue', avec des rugosite's lisses, irrégu- lières. Elytres jaunâtres. Coll. Signoret, Spinola. 12. II. puuctum. — Spinola. Coll. — Colombie. Long. 0,006. Pallide /lava, carinataj elytris fere hyaîiniSj piincto ni- gro ornatis. Ressemble beaucoup à la précédente e?pèce-, carène très prononcée, surtout postérieurement ; protborax couvert de points enfoncés, séparés par des lignes un peu élevées-, épaules peu saillantes, arrondies. Elytres transparentes, marquées d'un point noir sur la discoïdale supérieure. ^13. H. cinerea*. — Mexique. Long. 0,010. Cinereaj, carinata^ humeris auriculatis . Forme des deux précédentes espèces, cendrée ; carène peu élevée-, de chaque côté, trois carènes ; protborax lar- gement échancré derrière les épaules; épaules dilatées en forme d'oreillettes, coupées obtusément à rextrémité. Elytres cendrées, plus claires à l'extrémité. Coll. Signoret- DE LA SOCIETE ENTOiMOLOGIQUE. 273 ^ 14. //. tnanguhim. — Genn. Rev. tilb. III, 242, 4. — Brésil. Long. 0,005. Brebis j trigouaj, gn'secij forîiter piaictaiaj utrinque cari- nulis lœi^ibus ; antice macula orhicidari bmniieaj supra fm- mcros stn'ga hruunea; elytris hyalinis. ColL Geruiiir. B. Prolhorax armé d'une corne dirigée en a\anr. 15. H. granadensis* . — Colombie. Long. 0,008. Cinerca, antice obscura , cornu antico comprcsso cujvo. D'un jaune cendré-, prothorax très finement ponctué, nuancé Je brun très clair, surtout antérieurement; corne antérieure courte, très comprimée, large, arrondie supé- rieurement. Eljtres cendrées, avec quelques points bruns à la base. Coll. Signoret, Guérin, Spinola. ^ \6. H. sagiitata. — Germ. Rev. Silb. III, 241. 2. — 0^ie/«Z»/am/rf, Mag. d'Ent. IV, 19, 15.— Brésil. Long. 0,010. Grisco-flcwuj punctata , inteidum fusco nebulosa , cornu compressOj, bre^'ij, roiundato , horizontal iter protcnsOj ely- tris dinplianisj nifo venosisj ab basini puncio flavo. Coll. Germar. 17. H. c/uadrilineata. — Germ. Rev. Silb. III, 241, 3. — Caroline. Long. 0,010. Sulphurca, quatuor li?icis postice abbre\^iatisj intermediis cornu cingentibusj et limbo laiercdi sanguineis ; elytra ru- hescentittj margine omni late kyalino. C. Prolhorax portant au milieu une corne tronquée. O 18. H. tuberculata* . — Californie. Long. 0,010. (PI. VI, fig. 9). 27'i ANNALES Flavescens, prothoracc mcdio tuhcrculaîo. Jaune, glaLre , ligne médiane brunâtre*, au uiilicu tlu prolhorax un lobe obtus, comprimé, épais-, de chaque côté deux lignes rouges, courtes-, bords du prothorax rou- ges , extrémités noires-, antérieurement quatre impres- sions noires. Elytres hyalines, bord externe rougcâtre. Coll. Guérin, 19. H. ornata*. — Mexique. Long. 0,010. Firescens, prothoracis cornu rotundatOj apice rubro. Formede la précédente espèce-, prothorax ponctué, un peu luisant, verdâtre , portant en arrière des épaules une corne comprimée, courte, ai-rondie, teinte de rouge au sommet j maculé de jaunâtre au-dessus de la tète, avec deux impressions noires au-dessus des yeux-, des taches d'un vert pâle sur le bord inférieur du prothorax, en avant et en arrière de la corne, d'autres moins distinctes entre les épaules, celles-ci rouges. Tête, corps, pattes jaunâtres. Elytres presque transpai'entes , à nervures brunes, presque noires à la base et marquées de deux ta- ches vert pâle. Coll. Spinola. § S*". Genre UiMBONiA. Burm. Am. Serv. — Hoplophora Gcrniar. — Ceutrotus Fab. • — • 31emhracis 01. — Physoplia Am. Serv. Les caractères de ce genre sont ceux des Hoplophora avec de légères modifications. La tcte est un peu plus triangulaire; le prothorax est j)lus long que l'abdomen, et souvent aussi long que les elytres , dont il recouvre une partie-, il est armé d'une corne aiguë, quelquefois renflée au milieu-, les épaules sont saillantes. Les elytres sont allongées, à nervures fortes, cachées en partie-, la partie découverte est souvent un peu coriacée. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 275 A. Corne profhoracique légèrement renflé ; angles huméraux peu marqués. 1 . U. nigrata. — Physoplia id, Am. Serv. lUm. 543. — Mexique, Venesuela. L. 0,01 1. (PI. VI, fig. 6et7). Brunneo-nigrajjlavo signatUj utrirKjue ruhro caiinata. D'un brun noir avec quelques lâches jaunes sur le pro- thorax •, corne un peu rëtre'cie à la base, le sommet élargi, retombant en arrière-, de chaque côté une carène rouge. Coll. Signoret, Guérin, Spinola. 2. U, crassicornis. — Physoplia id, Am. Serv. Hem. 543, pi. 10, f. 1. — Mexique. Long. 0,012. Flava, ruhro lineata, cornu apice hrunneo. Même forme que clans Tespèce précédente -, la corne plus renflée, jaune-, de c'iaque côte' de la corne et en ar- rière une ligne rouge : en avant une bande rouge qui se dilate au-dessus de la tête -, sommet brunâtre. B. Corne protlioracique, comprim.ée, perpendiculaire. O 3. U. gladius*.— Campêche. Long. 0,010. (PI. VI, fig. 4 et 5). Flavescens, cornu uirinque ruhro lineato. Jaune, ponctué-, prothorax n'atteignant pas tout à fait Textrémité des élytres, portant une corne perpendiculaire, large, comprimée, pointue, marquée de noir en avant et en arrière, carénée de rouge de chaque côté ; une marque noire au dessus de la tête sur la carène ; épaules saillantes, marquées de rouge et de noir. Elytres transparentes. Coll. Guérin. 27(i ANNALI<:S 4. IJ . iurriln. — Hoploph. id (icrin. Rov. bilb. 111, ■2-iJ, 10. —Brésil. Long. 0,013. (PI. VI, fig. 8). TcstaceofciTugi/ieûj j^ugoso punctata, Jmmens comprcssis, productis i cornu medio erectOj, compressa j apice fcre rofiin- daloj macula magna ni'gra supra caputj utrinrpie ad mar- ginem inferiorem macula hrunnca. Coll. Gcrniar. Signorel. La corne médiane est quelquefois légèrement inclinée en aA^ant. C. Corne prolboracique renversée en arrière presque horizon la- lement. O 5. U. reclùiata. — Hoploph. id Germ. Rev. Silb. III, 243, 9.— Mexique. Long. 0,011-14. (PI. VI, fig. 3). Rubrcij flavQ-maculata. D\iu rouge de sang-, antérieurement trois bandes jau- nâtres qui se fondent quelquefois avec le rouge-, deux li- gnes jaunes postérieures ^ une taclie jaune au milieu du bord inférieur-, extrémité de la corne noire, aiguë. Coll. (juérin, Spinola. D. Corne prollioiacic|ue non com- primée^ piesque dioile ou légè- ^ renient recouibée. O 6. V. spinosa. — Burm. Ent. II , 138, 1. — Am. Serv. Hém. 543. -^ Mcmh. id, Fab. Ent. Syst. IV, 11, 12. — Cm. 2, 2094, G6. — 01. Eue. niétb. 6G5, 20. — Menihr. armata 01. Enc. méth. 668, 3. — Cejitrotusspi/iosusFah. S.Rb. 17,6.— Hoploph. id. Germ. Rev. Silb. III, 243, 8. -^ HcmipUjcha id, Blanch. llém. 184, 3, pi. 13, f. 6. — Sloll, Cic. t. 21, f. I 10. —Brésil. Lonu. 0,0I.^. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 277 Flui'a, radiatim sex ruhro-lineata. Jaune-, ligne médiane et, de chaque côté, deux lignes rouges -, corne aiguë, le'gèrement courbe'e, sommet jaune et lisse. Pattes jaunes avec une ligne rouge. Epaules ob- tuses. V)7. V . orozimho. — Lefebvre. Coll. — Bre'sil, Colombie, Mexique. Long. 0,010-13. (PI. VI, fîg. 2). Firescens, rubro etjlavo lineaia, cornu jiigro signato. Verte-, deux ligues jaunes sur la partie antérieure du prothorax ; une ligne jaune s'élevant du milieu du bord inférieur, et une autre ligne enti-e celle-ci et Fextrémité \ ligne médiane, antérieui'e et postérieure, rouge; de cha- que côté de la corne une carène rouge ; souvent de chaque côté de cette carène une ligne noire-, entre les lignes jau- nes antérieures et la ligne médiane, une tache bleue, verdâtre ou brunâtre. Elytres transparentes, à bord ex- terne vert-, tibias marqués au milieu d'une ligne rouge avec une ligne verle. La taille et la forme de la corne va- rient beaucoup-, elle est quelquefois presque droite, mais ordinairement la pointe est arquée en arrière. Collect. Spinola, Guérin, Muséum, Lefebvi-e. ^^. V. pymmidalis* . — Brésil. Long. 0,014. Flaira, rubro sexlineataj cornu conico, parum elevato. Jaune, corne du prothorax conique, peu élevé, aiguë ^ ligne médiane i-ouge avec une tache noire en avant et en arrière du sommet de la corne-, de chaque côté, deux li- gnes rouges ; épaules aiguës, bordées de noir, avec une petite ligne rouge. Pattes jaunes avec une ligne obscure. Coll. Spinola. 9.Z7. AmazilV. — ^ Amérique boréaîe. Long. 0,012. Fliii'o-pallescensj, niiida^ linai incdia riihesccntc. •_)78 ANNALES Jaune , quelquefois pâle-, corne du prolhorax aiguë, mais non aciculee, conique, à peine recourbée j de chaque côté du sommet une carène rouge qui n'atteint pas la base de la corne; ligne médiane rouge, ayant de chaque côté, au-dessus de la tête, une bande obscure -, épaules peu ai- guës, ayant un point noir à Textréniité. Coll. du Muséum, Guéri n. ^10. U . Signoreti* . — Colombie. Long. 0,015. FlavUj postice elongata , quadrilincata, huniens ex- tensis. (PI. VI, fîg. G). D'un beau jaune-, coçne prothoracique droite, aiguë, s^élevant presque entre les épaules-, ligne médiane rouge, n'atteignant pas Textrémité-, de chaque côté, antérieure- ment, une bande rouge montant du bord jusqu'au som- met de la corne, qui est jaune et lisse. Prothorax bordé de jaune, lisse, très allongé postérieurement et atteignant l'extrémité des élytres. Epaules fortes, aiguës, noires, avec un liséré jaune. Elytres rouges à la base et au bord externe. Coll. Signoret. On. U. Ataliha*. — Amérique méridionale. Long. 0,015. (Pl.VI, fig. 1.) Flavuj quadrilineata^ cornu gmcilij hiimeris ohtusis. Jaune, avec la ligne médiane et deux bandes antérieu- i*es rouges-, prothorax fortement arrondi en avant-, corne située très en arrière des épaules, mince, aiguë, rouge à rextrémilé-, épaules noires, arrondies. Elytres peu hya- lines, enfumées à Textrémité. Coll. du Muséum, Lefebvre. E. Corne prolhoracique inclinée ^ en avant. 12. U. ^>enosa. — Hoplophom idGçxvn. Rev. Silb. III, •241, l. -^Mcmhmcis /^Mag. d'Ent. ÎV, 19, 1 G. — Burm. Ent. II, 134, 1 . — Brésil. Long. 0,007. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOC.IQUE 279 GriseUj utrinque multicarmata j cornu antico , erecto ., comjjresso protensoj nigroj cum linea ruhra. 13. U. îndicator*. — Cayenne. Long. 0,009j avec la corne 0,013. (PL VI, %. 15). Griseo flava, anticein cornu horizontahj cylindrico-co- nicum producta. Entièrement d^in jaune gris, très ponctue', protliorax presque cylindrique, très le'gèrement cardnéj atteignant presque Textre'mité des elytres, se prolongeant horizon- talement sur la tête en une corne cylindro-conique, aiguë; une bande obscure, nébuleuse sur les épaules et sur la base des élytres-, une petite tache brune sous chaque œil. Coll. Lefebvre, Spinola. ^ La forme ge'nérale de cet insecte le rapproche des Ho- plophora, division B -, mais le prolongement postérieur du prothorax le range parmi \e¥Unihonia , où , du reste , il n'est guère à sa place. § 9*^. Genre Triquetra*. Tête large, triangulaire, légèrement arrondie au som- met-, yeux gros, arrondis, assez saillants-, oce//c5 égale- ment distants Fun de Tautre et des yeux. Elytres à peine échancrées, libres à la base, mais légè- rement engagées sous le pi-othorax à leur extrémité, ayant souvent plusieurs nervures transverses assez variables, qui forment dans la partie postérieure un assez grand nombre de cellules irrégulières. Prothorax ayant les épaules dilatées en pointes assez longues, fortement tectiforme, quelquefois anguleux ou épineux sur le dos, se prolongeant postérieurement pres- que jusqu'à Textrémité des elytres. 1)80 ANMALES ^1. T. inermis*. — Bogota. Long. 0,013. FlcH'a, carina média uigra, prothoiace ùiernii. Finement ponctuée comme toutes les espèces du nicme genre; jaune, plus clair à la partie antérieure-, carène noire, arrondie en avant-, épaules dirigées en avant, jau- nes en dessous, jaune clair en dessus. Elytres assez trans- parentes , à nervures jaunes. Tibias souvent marqués à la base d'un point rougcAtre. Coll. Signoret, Spinola, Guérin. O 2. T. Jiigrocarùiata" . — Bogota. Long. 0,013. Flwa, carbia nigra, prothoiace avmato. Ne diffère de la précédente espèce qu'j par la carène du prothorax qui est armé entre les épaules d'une corne très courte et peu aiguë. Coll. Signoret, Spinola, Guéri n. ^ 3. T. gtossa*. — Colombie. L. 0,015. Flava^ prothomce angidatOj hiimeris acutissimis. Jaune-, le prothorax s'élève perpendiculairement au- dessus de la tête et forme un angle presque droit, ar- rondi-, les épaules sont longues, comprimées perpendi- culaii-ement, de sorte que vues d'en haut elles paraissent très aiguës, et que de face elles sont arrondies. Elytres à hase et nervures jaunes. Coll. Spinola. 4. r. tridentata* . — Bogota. Long. 0,01 i. Fla\'aj nigi'o carinat<(j Jiumeris et cornu piothoracis pa- rallelis. D'un jaune testacé -, carène médiane noire-, prothorax armé d'une corne courte, grêle, obtuse; épaules compri- mées, arrondies au sommet , dirigées parallèlement et dans le même sens que la corne prothoraciquc, Elytres transparentes, nervures jaunes à la base. CoUect. du Muséum. DE LA SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUE. >.S1 ^5. T. ustulata*. — Bogota. Long. 0,010. Obscure i'indi-brujineaj elytris humerisque nigricantibus . Prothorax d'un jaune verdâtre obscur, plus foncé au- dessus de la tête, armé d'une corne courte, peu aiguë i carène rougeâlrej épaules assez longues, arrondies, noires, avec un point jaune au-dessus des jeux. Elytres noirâ- tres avec le bord noir. Coll. Spinola. 6. T. fastidîosa* . — Colombie. Long. 0,011. Flai'o testacea j protkomce elytris breviore^ ante apicem Tii'gro punctato. D'un jaune testacé-, prothorax plus court que les éîy- tres, armé en arrière des épaules d'une petite corne coni- que, peu aiguë-, marqué de chaque côté, postérieurement, d'un petit point noir-, épaules courtes, noires en dessus. Tète marquée de noir. Abdomen noirâtre. Elytres légè- rement enfumées, avec un point noir sur le bord interne. Coll. Spinola. 7. T. testacea*. — Bogota. Long. 0,010. Testacea, cornuia, non?iigro carinata. Corps et prolhorax testacés -, point de carène colorée -, corne prothoracique assez forte , arrondie au sommet -, épaules fortement dirigées en avant, arrondies au sommet. Elytres jaunes aux trois quarts, l'extrémité presque trans- parente, marquée de noir à l'angle interne. Collection Signoret. 8. T. çiresceus^. — Bogota. Long. 0,012. Firidis, nifo carinata, cornuta. Prolhorax vert, armé entre les épaides d'une corne conique, peu aiguë-, épaules très longues, légèrement recourbées en dehors; carène jaune rougeâtre, garnie de 2'».9alde compressa , sub- erecto. utrinijue valde carinato, nigro j capite^ cojporeque j m'grisj femoribus ni'grisj, tarsis Jerrugineisj elytiis fusc/s^ apicediaphanis. Protborax d'un brun testacé, avec la carène noire, for- tement marquée de cbaque côté-, la corne gi'èle très com- primée, presque droite-, la tête et le corjjs, noirs j les cuisses noires , avec les tarses ferrugineux \ les ély très d'un brun sombre, transparentes au sommet. Collection Spinola. ^ 3. A. pugnax. — SmiUa id, Germ. Rev. Silb. III, 239, 19. — Brésil. Long. 0,006. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 295 Luteo-grisea f subpuhesccris j corne liotizoniali , elytris apice late kyalinis, dorso ad humer os transi'ersim impj'csso. La Sndlia grisescens Germ. Rev. Silb. III, 238, 17, est une variété grise de cette espèce. ^4. ^. imhellis*. — Brésil, Long. 0,004- Griseo castanea ^ aureo pubescens , cornu horizontali, elytris diaphanis, nervis fuscis. D'un gris tirant sur le marron, pubescent brillant-, à rorne liorizontale j élytres transparentes, à nervures bru- nes. Coll. Spinola. v5. ^. teligera. — Smilia id, Germ. Rev. Silb. 111, 239, 18. — Brésil. Long. 0,007. Lutea, cornu brei>i, compresso ohliquo^ elytris apice dia- plianisj punctis tribusj basali, medio, et ad angulum inter- 7IUIII, 7iigris. CG. yJ. pugionata. — Smilia id, Germ. ?vev. Silb. Ili, 238, 15. —Brésil. Long. 0,007. Fusco-nigra aureo subpubescens, cornu bievi, compresso, obliquo, elytris fuscis, apice nitidis, subdiaphanis. ^'7. y4. incumbens. -—Smilia id Germ. Rev. SiJb. 111, 239, 20. — Brésil. Long. 0,007, avec la corne 0,010. Fusco-nigra, cornu dejlexoj tricarinato „ carina média valida, elytris apice fusco-diaphanis. 'Ltsmembracis xiphias,iiastataj^cwvata, Fab. S. Rh. 13, 29, 34, appartiennent probablement à ce genre, mais il est presque impossible de les reconnaître. § 14. Genre Nessorhinus.^ Am. Serv. Prothorax se prolongeant horizontalement sur la tête, ce prolongement imitant un bec de canard, cannelé au 296 AlNiNALES milieu-, épaules saillantes, coniques-, en arrière des épau- les un lobe comprimé latéralement, arrondi supérieure- ment. Elytres allongées , libres ; quatre basilaircs, trois dis- coïdales. ^ 1 . i\^. vulpes. — Am. Serv. Hém. 542, pi. 12, f. 11.— Saint-Domingue. Long. 0,007, avec la corne 0,009. Fuscopuhescens j elytris translucentibus, nen^uris/uscis. D'un brun mat, pubescent -, élytres transparentes , à nervures brunes. Coll. Muséum, Serville, Westwood. § 15. Genre Polyglypta.^ Burm. Am. Serv. Prothorax très allongé, acuminé postérieurement, se prolongeant antérieurement au-delà de la tête-, caréné sur le dos et latéralement, fortement ponctué dans Tintervalle des carènes-, recouvrant presque complètement et dépas- sant les ailes et le corps. Elytres allongées, échancrées en arrière de Tangle in- terne -, trois cellules basilaires, une discoïdale-, les deux cellules basilaires externes très étroites, coriacées. (Pl.V, fig.25). Pattes grêles, les postérieures dentées et cilicées. ^1. P. costata. — Burm. Ent. Il, 142, 16. Rev. Silb. IV, 177, 1. — Mexique. Long. 0,012, avec la corne 0,016. Flava ^ costis septem elevatisj glahris , fiisco maculatis, inierstitiis fusco iiehulosis. Coll. Spinola. ^ 2. P. pilosa. — Germ. in litt. — Mexique. Long. 0,010.- avec la corne 0,013. Nigra, nitida, dorsopiloso, septem cari nata. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 297 Très allongée; corne ante'rieure longue, horizontale, presque droite *, extre'mité poste'rieure du prothorax mince, aiguë , légèrement arquée -, dos garni de poils noirs assez longs', noire : quelques taches jaunes sur les carènes et la tête ; pattes jaunes, base des fémurs noire. Coll. Germar. ^3. P. dorsalis. — Burm. Rev. Silb. IV, 178, 2.-?P. si- cula Am. Serv. Hém. p. 541. — Mexique. Long. 0,009, avec la corne 0,013. F lava, iioi^e mcostata^ elongata^ posticè leviter sinuata, dorsofuscoj cornu antîco leviter recurvOj compressa j cor- pore pedibusquejlavis. Coll. Spinola. P 4. P, bogotensis* . — Colombie. Long. 0,011, avec la corne 0,014. Flava-, crassa, dorso intendiimfusco, cornu antico le^>i- îer recurvoj compresso ; prothorace fusco trisignatoj inter- dàm totajluf^ttj signis fuscis laieralibas vîx conspicuîs. Très voisine de la précédente-, mais beaucoup plus épaisse. Jaune brun en dessus avec la corne anté- rieure légèrement recourbée , comprimée ; prothorax trimaculé de brun, entièrement jaune, orné sur les côtés de six taches à peine visibles. Coll. Signoret, Guérin. ^5. P. maculata. — Burm. Rev. Silb. IV, 178, 3. ~P. Jlaço-maculata, Am. Serv. Hém. 541, pi. 9, f. 9. — Mexique, Bogota, Savannah. Long. 0,009, avec la corne 0,012. JSovem-costataj nigra, flaço-maculata , pedibus pallidisj cornu recto j prothorace parum gracilij interdiim ferè tota nigra. ^ 6. P. nignifentris* . — Colombie, Long. 0,011, avec la corne 0,014. 2' Séricy TOME IV. , 20 298 ANlNALES Flwa , novem-costata, utrinquc iiigro quadrisirigala ., opice nigraj cornu antico recto j conicOj, parîim elongato, sublhs Jiigro maculato j abdomen nignimj anojlcwo, pedihus tcstaceis. Jaune, à neuf côtes, quadiimaculee de noir de chaque côte, de cette couleur antérieurement, avec la corne anté- rieure droite conique, peu allongée et maculée de noir en dessus; abdomen noir avec la partie anale jaune et les pieds testacés. Coll. Spinola, Signoret. 7. P. viridimaculata* . — Colombie. Long. 0,010, avec la corne 0,012. JSigra^ novem-costataj costis viridi-macidatis, cornu an- tico brei>ijferè declivi. La corne est très courte, presque inclinée inférieurc- ment", tête jaune avec quelques points noirs ; pattes jau- nes-, carènes tachetées de vert surtout aux épaules. Coll. Spinola. ^ 8. P. pallipes. — Burm. Rev. Silb. IV, 179, 4. — Co- lombie, Mexique. — Long. 0,007, avec la corne 0,010. Nigrciy novem-carinataj carinis gracilibusj capite punciOj maculis humcralibus pedibusque Jlavis . ^ 9. P. lineata. — Burm. Rev. Silb. IV, 179, 5. — Mexi- que. Long. 0,008, avec la corne 0,010. Luteo-fuscuj aut griseojlava, noçem-costataj cornu an- tico ferè obliquoj brevi, crasso. Coll. Spinola, Signoret. ^10. P. nigella*. — Mexico. Long. 0,007, avec la corne 0,008. Nigra j novem-costata j costis gracilibus, cornu antico brevij conico , linea sub cornu et ad humeros^ capite pedi- busque Jlavis . Coll. Spinola. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 29!) Noire, à neuf côtes-, celles-ci grêles avec la corne anté- rieure courte, conique, celle-là ornée en- dessous et vers les e'paules d'une ligné jaune ^ tête et pieds jaunes. '' a. P. tredecim-costata* . — Mexico. Long. 0,005, avec la corne 0,006. Firescens, cornu antico hre^i^ utrinque sex-costata. Corps peu allonge' i corne courte, horizontale 5 protho- rax ayant de chaque côte six j>etites carènes assez espa- cées-, verdàtre avec le dessous de la corne et la partie an- térieure bruns. Coll. Spinola. ^ 16. Genre Entylia. Gerni. Am. Serv. — Menihracis, Fab. Germ. Sav. — Hemiptycha , Burm. Tête triangulaire, arrondie au sommet-, jeux peu sail- Ixints; ocelles peu visibles, rapproches des yeux. Prothorax comprime', fortement e'chancre au milieu, recouvrant la majeure partie des ëlytresj care'né late'ra- iement. Elyires très légèrenienL échancrées, trois cellules basi- laires , deux discoïdales petites -, partie recouverte par le prothorax transparente, partie externe coriace'e, ponctue'e; les cellules internes très grandes et larges, les externes très étroites -, troisième terminale formée par une ner- vure bifurquée. (PI. V, fîg. 28). Jambes prismatiques, cilicëes, tarses égaux. Les insectes de ce genre sont de petite taille, et facile- ment reconnaissables par leur prothorax profondément échancré, M. Burmeister, qui a complètement méconnu les ca- ractères donnés à ce genre par M. Germar^ met les Enty- 300 ANiNALES lia parmi les Hemiptycha , et forme son genre Eîttylia avec des espèces voisines des Tragopa. ^1. E. gemmata — Germ. Rev. Silb. III, 248, \.—Mem- bracisid, Mag. d'Ent. IV, 16, 11.— Colombie, Patagoni^, Brésil. Long. 0,004. (PI. V, fig. 30). Antice cornu ercctum, angulatunij fasciis duahus obli- (jiàs albidis. Coll. Germar, Guérin, Spinola, Signoret. Dans certains individus, les bandes blanchâtres se fon- dent avec la couleur générale, et Ton ne voit plus que les lignes obscures qui les bordaient. ^2. E. comiculata*. — Venezuela. Long. 0,004. (PI. V, fig. M). FuscO'grisea, fasciis tribus albidis, antice cornu lato, intics producto. D'un fauve grisâtre, maculé de taches bnmes, avec trois bandes pâles bordées de brun ; corne antérieure large, tronquée au sommet, se recourbant à Tintérieurj élévation postérieure peu marquée. Coll. Signoret. O3. E. sinuata. — Germ. Rev. Silb. III-, 248, 2. -^He- miptycha id^nrm. E^nt. II. 140, 5. — Membr. id, F. S. Rh. 7, 5. — Am. Serv. Hém. 538.— Amé- rique boréale. Long. 0,005. (PI. V, fig. 29).^ Antice cornu erectunij, angulatum, posticè cornu trunca- ium ; fuscaj pallido utrinque fasciataj antice macula nigro- brimnea. Coll. Spinola. 4. E. bactriana. — Germ. Rev. Silb. III, 248, 3. — Amé- rique boréale. Long. 0,004. (PI. V, fig. 32). Prœcedenti simillimaj nigro-brunnea, postice albo-macu- lata^ pedibus flavis j cornu antico apice non latiore, nec in- îiis producto ; cornu postico Icviterrotundato. Coll. Germar. DE LA SOCIETE ENÏOMOLOGIQLE. 301 ^ 5. E. coîicam.—Germ. Rev. Silb. III, 249, i.-PMembr. ï'd, Say, Journ. Ac. se. nat. Phil. — Append. to an Exped, — Amérique bore'ale. Long. 0,004. Reticulato-iiewosa, dorso parhm emarginato, hituheroso, fusco hrunneaj Jlavescente irrorataj macula anie apicem la- terali albida, tibiis tarsisque testaceis. Coll. Spinola. Cette espèce a un aspect très difierent de celui des au- tres 'Ëjitylia. dont elle offre pourtant tous les caractères essentiels. C ^ 17. Genre Oxygonia. P . ° Entylia, Germ. — Memhracis, Ol. Fab. — ^Hemiptycha^ Burm. Piothorax légèrement comprimé, soit naviforme, soit échancré ou sinueux , soit armé antérieurement d'une corne à peine inclinée. Elytres presque complètement cachées-, partie externe fortement ponctuée j visiblement échancréesj pas de dis- coïdale ou bien une petite accidentellement-, les cellules externes très étroites-, la terminale et la basilaire internes très développées (PI. V, tig. 26). Ce genre ne diffère des Thelia que par Tabsence des discoïdales, Técliaucrure très visible et la forme étroite des cellules externes. I. IVolhorax anguleux, épineux sur la partie dorsale. ^1.0. ntjipes. Spin. Coll. — Colombie. Long. 0,007. (PI. V, fig. 19). Nigraj reticidala, dorso hidentcito. Prothorax réticulé avec une carène parallèle au bord inférieur, légèrement arrondi en avant, portant sur la ca- 302 ANNALES rêne dorsale deux dents, Fante'rieure, la plus grande, obtuse-, la seconde triangulaire, pointue. 2. O. chrysura\-^ Bogota. Long. 0,009. (Pl.V, flg. 18 ) Ni'gra, carinataj, dorso mcdio spinoso et angulatOj posticè Jlava. Prothorax caréné de chaque côté-, carènes lisses-, ar- rondi antérieurement-, épaules larges et aiguës j en arrière des épaules, sur le dos, une épine aiguë, courte, jaune au sommet-, derrière cette épine un angle arrondi-, tiers pos- térieur d'un beau jaune-, moitié basilaire des élytres d'un noir foncé -, corps noir ; tibias antérieurs couleur de poix, tai'ses jaunâtres, dernier article noirâtre. Coll. Signoret. ^ Var. : Tête, partie antérieure du prothorax et jambes antérieures jaunes avec Fépine et Fangle dorsal. 3. O. conica*. — Bogota. Long. 0,009. Testaceo-rubraj utrinque midti-carinata j prothoracc me- dio in dente conico producto. Prothorax d'un rouge testacé, formant un peu en ar- rière des épaules une dent conique-, ayant de chaque côté cinq ou six carènes lisses, parallèles, et quelques caiènes perpendiculaires à celles-ci sur la dent-, intervalles des carènes bruns j élytres rougeâtres, coriacées et fortement ponctuées à la base; dessous du corps noirâtre-, pattes d'un roux testacé. Coll. Signoret, Spinola. yar. : D'un jaune grisâtre, avec les intervalles des ca- l'ènes foncés. Coll. Spinola. ^4. O. pacifica*. —Brésil. Long. 0,006. Fla^o-gi'isea, dorso compressOj, in angulwn lolundatwn , utrinque fiisco-signatunij dilatato. Prothorax d'un gris jaunâtre, dilaté un peu en arrière DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 303 des épaules en un angle arrondi, marqué de brun latéra- lement; de chaque côté trois ou quatre carènes espacées ^ quelques nébulosités brunes entre les épaules. Collection Spinola, II. Piotliorax armé d'une corne, ou seulement anguleux anté- rieurement. 5. O. clorsalis*. ~ Bogota. Long. 0,009. Grisco-Jla\>aj, antice in cornu hrei'i productaj, nigro ca- rinata. Prothorax arrondi antérieurement, caréné latéralement, formant entre les épaules une corne courte , légèrement dirigée en avant, arrondie au sommet et paraissant pos- térieurement le prolongement de la carène dorsale ; celle- ci est noire sur le dos, et à la partie antérieure entièrement jaune j abdomen noir en dessous. Coll. Spinola^ Signoret. Oc. O. maciilicornis* . — Bogota. Long. 0,007. (PI. V^ fîg. 20).^ Griseo-^lwcij antice in cornu ercctOj, utrinque nigro li- neatoj producta. Prothorax comprimé, allongé, ayant de chaque côté cinq ou six carènes parallèles, armé antérieurement d'une corne presque droite, obtuse au sommet-, d'un jaune gri- sâtre-, de chaque côté de la corne une bande brune des- cend au-dessous des épaules-, moitié basilaire des élytres fortement ponctuée, jaune-, abdomen noir en dessous. ^f^ar. : D'un jaune nuancé de verdâtre. *^ Far. : Entièrement noire, excepté les pattes. Collect. Signoret. ^7. O. erythropus. — Hciniptycha idj Burm. Ent. II, 139, 2. — Brésil. Long. 0,008. (PI. V, fig. 17).;; Flawa, prothoracis cornu fusco, pedibus sanguineis ,- ad 304 ANNALES margùiem posticum utrinque macula nigra. Coll. Signoret. 8. O. mfiventris. —^ Entjlia id, Germ. Rev. Silb. III, 249, 5. — Memhr. id, Mag. d'Ent. IV, 14. 8. — Brésil. Long. 0,006. Grîseo-flavaspunctistcHio-quarto nigrls, ahdomine ruhro; dorso compresso, antice in cornu breui, angulatOj utrinque nigro signato. Coll. Germar. 9. O. signala.— ^Entylia id^ Germ. Rev. Silb. III, 249, ^6. Memlr. id, Mag. d'Ent. IV, 15, 9. — Bre'sil. Long. 0,005. Dorso compressa j antice in cornu rectum producto, gri- seo-flava, cornu atroj corpore, elytrorum hasi pedibusque flavis. Coll. Germar. ^10. O. atroaptera* . — Province des Mines. Long. 0,006. Ochraceaj prothorace antice angulato, nigro maculatoj elytris pedibusque nigris,femoribus rubris.^ Ressemble beaucoup à O. erythropus : prothorax semi- elliptique, tronqué en avant, veiné-, une taclie antérieure triangulaire, un point, la carène médiane et une tache oblongue postérieure noirs, ainsi que la tête et les ély très-, abdomen obscur; pieds noirs, fémurs rouges. Coll. Ser- ville. ^ Aioutez à cette division : Membracis galeata^ 01. Enc. VIL— il/, militaris, F. S. Rh. 15, 39. Sloll, Cic. t. 17, f. 90. -^3Iembr. nimbata, F. S. Rh. 15, 40. — Membr. cultrata,F. S. Rh. 14, 36, Coq. 111. ic. t. 18, f. 4. HL Prothorax en forme de carène renversée, arrondi en avant, uni sur le dos. ® 1 1 . O. alliacea. -^Eniylia id, Germ. Rev. Silb. III, 249, 7. — Brésil. Long. 0,008. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 305 Ochraccaj antice nigro-maculata j uirinquc plurîmis ca- rinulisy quatuor punctis nigris, carina dorsali nigra^ mar^ gine exteriore eljtronimfuscoj, nervis ftwis. Coll. Signoret. ^12. O. zebrina*.— Y enezueh. Long. 0,006. Griseo-albidaj nt'gro Imeolaia. Prothorax arrondi antérieurement -, dos légèrement comprimé, avec une impression latérale-, entre la carène médiane et les deux épaules une petite carène -, d'un gris perlé très légèrement jaunâtre, un peu plus foncé anté- rieurement; un point sur la tête, un trident sur la partie antérieure du prothorax et des lignes peu régulières sur le reste, noires-, corps jaune, patles noires. Coll. Signoret. ^13. O. viridula".— Bogota. Long. 0,006. Viridis, abdomine viedio nigroj pedibus fiavis. Prolhorax déprimé antérieurement , très légèrement anguleux au milieu de la carène dorsale, vert, carène jaunâtre, ayant de chaque côté cinq ou six carènes lisses, jaune pâle-, abdomen noir au milieu-, anus et pattes jau- nes; base des élytres coriacée, verte. Coll. Signoret. § 18. Genre ÏHELU. Am. Serv. — Hemiptycha^ Burm. Germ. — ^lemhmcis, Fab. Ol. Burm. — Smilîa, Am. Serv. Tête triangulaire , légèrement arrondie au sommet ; ocelles plus rapprochés entre eux que des yeux. Prothorax couvrant la majeure partie des élytres -, com - primé; se prolongeant antérieurement en une corne, ou se dilatant en lame dorsale foliacée, anguleuse, sinueuse ou arrondie. Ehjtres échanci-ées, à cellules allongées ; quatre cellules basilaires, deux discoïdales séparées par une basilaire; nOR ANNALES cellule lerniinale médiane triangulaire, formée par une nervure bifurquée. (PI. V, lig. 4). tv L'^iypa gibba, Lap. de Cast.^Vnn, SoeJ^Ent. Fr. I, '221, pi. 6, f. 5, doit être une espèce de la^2'' division, - voisine de la cristata. I. Protliorax non foliacé, ni lobé ou anguleux. ^ \. T. ursus\ — Bogota. Long. 0,009. (PI. V, fig. 10). .: Fusco-ferrugineus, senceiiSj curtuSj dorso valdè ini pressa. D'un brun ferrugineux, soyeux, avec quelques taches plus foncées-, épaides larges, arrondies-, prothorax ar- rondi antérieurement, à peine comprimé dorsalement, mais ayant une forte dépression ti'ansversale un peu en arrière des épaules-, dessous du corps et pattes d'un ferru- gineux pâle. Coll. Signoret, Guérin. ^2. T. milfogJypta''. — Bogola. Long. 0,011. (PI. V, fig. 4 et 12). Naviforniisj striolataj (lava aut saiiguineaj striis nigris. Prothorax en forme de carène renvei"sée, très peu élevé, rouge de sang ou jaune, avec des lignes enfoncées et ponc- tuées, noires, parallèles-, corps noirâtre; fémurs rouge de sang -, tibias noirs, les postérieurs avec une ligne jaune. Coll. Signoret ^ .3. T.planeflrwu. — Lefeb. Coll. —Brésil. Long. 0,006. Nai^if'orinisj rugidoso-punctata, tota flava. Prothorax en forme de carène l'cnversée, très peu élevé, rugueusement ponctué surtout à la tête-, entièrement jaune-, base de fabdomen un peu orangée-, élytres hya- lines, ayant le bord interne légèrement recouvert. ^ i. T . porphyrca* . — Amérique septentr. Long. 0,007. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 307 Brunnea, flavo-maculataj pimctata. Protliorax assez élevé, arrondi antérieurement, com- primé en arrière, ayant de chaque côté une impression deinicirculaire •, d'un ronge de Jjrique , avec une tache triangulaire, antérieure, ponctuée de brun-, une bande avant Textrémité et une tache oblique de chaque ( ôté , jaunes; tête rouge de brique ponctuée de jaune-, pattes rouge de brique. Coll. Lefebvre. If. Prolhoi-ax presque foliacé, enliei'. A. Epaules muliques. ' ^5- T. sculpta, — Germ. in lilt. — Amérique boréale. Long. 0,007. Gnseo-flwaj linea obliqua albida^ maculis duahus dor- salibus ferè pellucidisj dorso pariun elevato. Prothorax arrondi antérieurement, dos comprimé, peu élevé , d'un jaune grisâtre antérieurement ; de chaque côté, vers le milieu, une ligne oblique blanchâtre bordée antérieurement dç roux, se joignant au bord inférieur qui est étroitement blanchâtre; derrière celte ligne le pro- thorax est roussâlre, plus clair supérieurement, avec deux taches dorsales, comprimées, pâles, presque transparen- tes-, élylres peu recouvertes, hyalines-, corps et [pattes d'un jaune grisâtre. Coll. Germar, Spinola. 6. 2\ tuberosa. — Germ. in litt. — Amérique boréale. Long. 0,009. Fusca,Jascus duabusj media^ apicali, gn'seisj média Jerc pcllucida, dorso parîim elevato. Prothorax arrondi antérieurement^ dos compriij;é, peu élevé-, brunâtre avec une teinte rougeâtre aux épaules et sur la tête j une fascie médiane grise, presque transpa- rente au milieu, une autre fascie terminale-, coips et pattes 308 ANNALES cruu jaune grisâtre ^ côtés de l'abdomen rouges; élytres peu recouvertes, noires à la base, laissant voir les taches de Tabdomen, une teinte brune terminale. Coll. Germar. ^ 7. T. camelus. -^Memhr. id,Y . S. Rh. 10, 18. -^Smilia vittata,fasciata, Am. Serv. Hëm. 539. — Smilia centralis, Germ. Rev. Silb. III, 235,5. Mag. d'Ent. IV', 22, 20. — Amérique boréale. Long. 0,008-0,010. (PI. V, fîg. 5, 8 et 9). Dorso elevatOj ferèfoliaceo^ pallidè feiruginea aut brun- neo nigraj fascia lata obliqua fîava, etmaculis duabuspos- ticis , impressi'sj ferè diaphanis. Coll. Germar, Spinola , Muséum. Dans une^ variété, communiquée par M. Germar sous le nom de T. Zimmermanni,\a. bande jaune oblique est presque entièrement oblitérée. Dans cei'taius individus les taches postérieures sont très marquées, dans d'autres, au contraire, on ne les distingue qu à leur dépression. 8. T. pallida*. — Amérique boréale. Long. 0,009. Flavescenie grisea, compressa j carina dorsali nigra. Prothorax médiocrement élevé, comprimé, d'un jaune grisi carène dorsale noire, légèrement sinuée postérieure- ment-, quelques carènes parallèles à la partie inférieure-, élylres transparentes, marquées de brun à l'extrémité. Coll. Serville. 9. T. antica. — Héinipt. ?V/, Germ. Rev. Silb. 111, 247, 6. Mag. d'Ent. IV, 15, 6.— Burm. Ent. Il, 140, 3. — Brésil. Long. 0,007. Dorso compressa, foliaceo, aniicefcrè ongulatOj caiina dorsali ochraceci; macula supià caj.ut brunnea. Collection (iermar. La tache brune disparaît quelquefois, mais il reste un DE LA SOCIÉTÉ KÏNTOMOLOGIQUE. 309 point noir luisant au-dessus de chaque œil , quelquefois les fémurs sont noirs. — Coll. Spinola. ^10. T. citrina*.— Colombie. Long. 0,001. Elevata^ compressa j flavescens. Forme de la précédente espèce-, très ponctuée, d'un jaune légèrement verdâtre \ base des élytres jaune ver- dâtre -, pattes testacées. — Cuil. du Muséum. On. T. bracteata. -^Memb. id, F. Eut. Syst. IV, 10, 17. S. Rh. 10, 17. l'Horace foliaceo viridi iinmaculato . 12. T. galeata. -PMcinbr. /^, F. S. Rh. 9, 13. — Amé- rique boréale. Long. 0,005. Valdè elci^ata, ferè foliaceaj pallidè flavo-virescens j mimerosis dtomis albidis sparsuta^ carina dorsali paiiim fusco-maculata. Coll. Serville. ^ludiMembr. obtege/is, F. S. Rh. 11, 25, doit être voi- sine de ces espèces. B. Epaules très dilatées. ^13. T. expansa. —^Henvpt. id, Germ. Rev. Silb. III, 245, i.-^H. cucullata, Burm. Ent. Il, 140, 4.— Mexique, Colombie. Long. 0,008-0,010. (P1..V, fig. 6 et 7)." Compressa j foliaceaj valdè elevata^ obscure aut viridi fiavesceyiSj carina nigro punctata ^ hwneris maxime elon- III. Prolliorax comprimé^ lobé, anguleux ou sinueux supérieuremenl. ^14. T. monticola. —Membr. id, F. S. Rh. 7, 4, — Amérique boréale. Long. 0,010. (PI. V, fig. 16\ 310 AiNNALbLS Griseo-brunnea ; prothorace medio elei'ato ,■ rotundatOj posticè tmncaio , apice acuto , viargine posteriori folioli albido ;• elytris parhm recoriditis , prothorace longioribus apice fusco signatis. Coll. Spinola. C^ iS. T. excelsa. — Mexique. Long. 0,01 1 . Fla\>o-viridisj prothorace medio valdè elevato j posticè simiatOj acuto. Lobe dorsal très élevé, obtus au sommet, sa earène su- périeure est noire-, éljtres cachées au moins à moitié sous le prothorax qui est aussi long, brimes avec uiie tache liyaline externe. Coll. Signoret. 16. T. acuminata. — Cicada id, Lin. Gmél. 2,094, 67. ^Membr. id, F. E. S. IV, 11, 13. — Ol. Enc. méth. 665, 2l?Centrotus /omarginata* . — Brésil. Long. 0,007. Brunnea, cornubus valdè dwaricatis, flavomarginata. Prothorax d'un brun noir, parsemé d'atomes jaunes, 3!6 ANNALES plus serrds sur la partie dorsale et antérieure, ayant de chaque côté une bande jaune qui occupe tout le hord inférieur. Cornes fortes, comprimées, très divariquées, obtuses, d'un brun noir. Elytres presque transparentes, avec une bande obscure longitudinale. Corps noir, tibias jaunes. O 1 \\. H. xanthographa. — Smilia id, Germ. Rev. Silb. lll, 237, 13. — Brésil. Long. 0,007. Prœcedenti affinis ^fusco-brunnea, liuea a basi cornu ad médium marginis lateralis sulphurea j covnubus obscurioribus. Coll. Germar, Muséum. ^\^. H. brunîiiventris" . — Brésil. Long. 0,009. Obscure flava, cornubus compressis ferè horizontalibusj. utrinque puncto nigro signata. Protliorax d'un jaune obscur, plus clair postérieure- ment, un petit point noir au milieu du bord inférieur; plus court que les élytres -, cornes presque horizontales, comprimées, légèrement recourbées en arrière, d'un brun foncé. Elytres presque libres , transparentes , avec une bande obscure longitudinale. Corps noir, pattes jaunes. Coll. Guérin. ^ 13. H. picea*. — Brésil. Long. 0,012. Nigro-picea, cornubus conicis j acutis j, horizontalibusj^ lateribus ftwo-signatis . Prothorax large, d'un noir de poix, tacheté de jaune sur la tête, sous les épaules et sur la partie antérieure-, derrièi-e chaque épaule une bande jaune, courte-, cornes humérales, coniques, aiguës, horizontales-, élytres jaunâ- tres, brillantes, une tache brune à rextréraité. Collect. Serviile. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 317 ^14. ^. centrotoides* . — Brésil. Long. 0,011. Obscure flavescens, cornubus horizontalibus et apice pro- thoracisj jiigris. D'un jaune obscur, avec le dos plus foncé-, extrémité postérieure grêle, très aiguë, noire -, cornes larges, courtes, aiguës, légèrement courbées en arrière, noires, luisantes. Elytres jaunes, transparentes , avec le bord externe obs- cur, noir à Textrémilé, recouvertes à la base. Quelquefois la couleur brune du dos occupe la plus grande partie du prothorax, et le jaune y forme deux bandes obliques. Coll. Spinola, Ser ville. 15. H. expansicomis* . — Brésil. Long. 0,011. Testaceo brunnea j, cornubus ferè horizontalibus j latis , càmpressisj iruncatis. D'un testacé brun ^ cornes presque horizontales, lar- ges, aplaties, tronquées, avec une très légère fossette à rextrémité, et une bande noire commune aux deux cor- nes. Poitrine noire, abdomen et pattes testacés. Elytres légèrement recouvertes, transparentes, jaunes, avec une bande longitudinale obscure. Coll. Spinola. Ol6. H. alata\ — Brésil. Long. 0,011. (Pi. VI, fig. 24)." Testaceaj dorso obscuriore^ cornubus horizontalibus, ferè foliaceis. D'un testacé rougeâtre -, cornes tout à fait horizontales, presque foliacées, larges , tronquées, avec une fossette luisante à leur extrémité-, une tache noirâtre sur le dos, se prolongeant sur le bord interne des cornes -, de chaque côté un point noir sur le bord inférieur du prothorax. Elytres jaunes, bord externe brun. Coll. Guérin. 318 ANNALES B. Extrémité du prolhorax légèrement relevée. 17. H. punctum*.— Brésil. Long. 0,014. (PI. VI, fig. 22). Elongataj flavescens, dorso hrunneo, elytris, longiore, iilrinque punctum nigrwn. Prothorax allongé, un peu plus long que les élytres, corne liunidrale presque horizontale, aiguë, avec une ligne noire en dessous et un point noir à rextrémité-, jaunâtre, le clos plus foncé, de chaque côté un point noir -, extrémité noire, comprimée-, corps et pattes jaunes. Elytres brunes, luisantes. Coll. Spinola. ^18. //". lœngata*. — Brésil. Long. 0,014. BrunnecLi nitida, prothorace elytris vix longiore. Entièrement d'un brun luisant-, cornes épaisses à la base, auriculées, horizontales, noires à Textrémité; extra- mité du prothorax aigu, noir, à peine plus long que les élyti'cs-, tête et patles plus claires. Elytres enfumées, leur extrémité plus foncée. Coll. Spinola. II. Prothorax simplement anguleux au-dessus des épaules, souvent lenflé antérieurement , sinué postérieurement, '^ 19. Jï. placida. — Germ. Rev. Silb. III, 240, 4.— Brésil. Long. 0,011. leslacea, prothorace antice convexùj utriiique in coi nu conicuin, brève, horizontale producto; carina incdia rubraj cornubus ni gris , elytris fusco-brunncis j corporcj pedibus- f/ue testaceis. — Coll. (Jiennar. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 319 ^20. H. globiceps* . — Mexique. Long. 0,014. (PL VI, «g. 19).0 Flavuj pilosa, utrinque^ macula nigra. Jaune, poilue, renfle'e antërieurement-, de chaque côté une tache oblique assez grande, noire-, ëlytres brillantes-, d'un jaune un peu enfume -, quelques taches noires sur la poitrine-, dessous de Tabdomen brunâtre. — CoUect. Serville. />. C^l. H. camelus. — Darnis id. An. Kingd. Ins II, 260, pi. 109, f. ^.--Hemipt sagnta. Germ. Rev. Silb. —Mexique. Long. 0,012-0,015. (Pl.VI, iig. 21).^ Flava j dorso brunneo , macula laterali nigra , elytris brunneis. 22. H. asphaltina*. — Mexique. Long. 0,010-0,016. (PL VI, Iig. 20)^ Tota nigra j antice inflata^ tarsis flavis . D'un noir luisant, uniforme, les tarses jaunes^ protho- rax renflé et arrondi antérieurement-, coupé presque à angle droit, un peu au-delà du milieu , et terminé par une épine aiguë quî n'atteint pas tout à fait Textrémité des élytres -, dans la femelle prothorax plus anguleux aux épaules, presque aplati antérieurement-, élytres brunes ou noires, luisantes -, angles huméraux à peine marqués par une petite pointe-, de chaque côté du prothorax une dé- pression arrondie, plus ou moins marquée. Coll. Guérin, Muséum , Signoret. C> Var. : D'un brun plus clair, avec les élytres presque transparentes. 23. E. cuneata. —Germ. Rev. Ent. Silb. III, 246, 3.— Mexique. Long. 0,016. (PL VI, fîg. 26)^ ^ 320 ANNALES FiiscO'testacea, antice parum rotundata, hwneris pariim prominulis, utrinque macula jiigraj apex niger. D'un testacé brunâtre -, prothorax peu arrondi anté- rieurement, angles huméraux coniques, noirs au sommet, peu saillants j de chaque côté du prothorax, une tache npire oblique. Coll. Spinola, Germar. / DE LA SOCIÉTÉ E^TOMOLOGIQUE. 32 i HISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES DE L/i DROSOPHILA PALLIPES. Par M. LÉON DUFOUR. [Séance du 12 Novembre 184S.) Un illustre poète de nos jours dit que Fauteur de la nature : Partout, à pleines mains, prodigue l'existence, et c'est le cas de faire l'application de cette vérité' à cet obscur magma de Tulcère de TOrmeau, où, dans un es- pace qui couvrirait à peine la paume de la main, prospère une colonie fort hétérogène de larves qui appartiennent à dix espèces différentes d'insectes. Parmi ces larves il en est qui se ressemblent tellement au premier coup d'ceil, quoique devant fournir des insectes génériquement dis- semblables, qu'on les regarderait comme identiques si, dans leur étude comparative , on ne procédait pas avec cette rigueur qu'exigent les objets de minimes dimen- sions, et si, après une séquestration préalable, la méta- morphose définitive ne venait pas mettre le sceau à la conviction. Dans cette dernière catégorie sont placées la larve de 2*" Sé?iej TOME IV. 22 322 ANNALES V Aulacigaster ci celle de la Drosophila^ dont je vais met- tre au jour la triple métamorphose. L'analyse scrupuleuse des détails de composition et de structure mettra en relief les e'normes difl'e'rences qui s'observent entre ces deux larves, ayant le même habitat et se ressemblant pir l'existence d'un tube caudal rt^tractile ainsi que par la couleur et la forme générale du corps. Ce n'est pas pour ajouter à Texubérante série des Dip- tères une nouvelle espèce de petite Mouche d'un geni'e très connu que je me décide à publier l'histoire des méta- morphoses de la Drosophila palllpes, mais afin de provo- quer Tinvestigation de faits positifs dans l'intérêt efune bonne classification des larves et d'une légitime concor- rlance de celles-ci avec les insectes ailés qui en émanent. La question est plus importante et plus difïîcul tueuse qu'on ne le pense. Citons un exemple puisé dans le sujet même qui nous occupe. Dans un mémoire sur les méta- morphoses de plusieurs Diptères, publié en 1839 (1), j'ai (ait connaître celles de deux Drosophila {i7iaculata etfas- ciata) dont les larves , loin d'avoir un tube stigniatifère, ont le dernier segment du corps bordé de dentelures qui circonscrivent une caverne où s'ouvrent sessiles les stig- mates postérieurs. Plusieurs grandes Muscides, les Sar- cop/iaga, les Curtoitei^ra, etc., offrent de semblables ca- vernes. Plus récemment, en 1845, j'ai adressé à la Société royale des sciences de Lille l'histoire critique de la Droso- phila Reawmirii, qui, comme la D. pallipcs dont je vais exposer les métamorphoses, provient d'une larve à tube caudal stigmatilère rétractile. Il y a donc dans le genre Drosophila, qui semble assez homogène , assez naturel, deux divisions tranchées dans les larves. Les unes ont les (1) Annal, des Se. iiat., 2* Série, tome XII. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 323 stigmates postérieurs sessiles dans une caverne dont les dentelures jjcuvent s engrainer pour protéger Tacte res- piratoire; les autres ont ces mêmes orifices de la respira- tion placés au bout d'un tube articulé. 1° Larve. (PI. IX, N° i. fig. 1-5.) Laiva apocla, acéphales elongata, hirudinifonnis , albida, glabrcij ultimo segmenta hasi utrincjuc hidentato, postice in cnudam stigmatiferam articulaiuni attenuato ^ siigmatibus anticis quinis fasciculatis . Long. 5 mill. Hab. in ulcerihiis Ulmi. Comme la larve de Y Aulacigaster celle-ci est allongée , atténuée en arrière, légèrement convexe en dessus, plane en dessous et susceptible de changements déforme comme la Sangsue. Mais les lentilles les plus puissantes ne font reconnaître aucune villosité tégumentaire , le tube cau- dal, quoique composé de trois tuyaux, est bien plus court, et le dernier segment dorsal présente de chaque côté de sa base deux mamelons dentiformes (quelquefois un troi- sième dépendant du segment ventral) dont il n'existe aucune trace dans la larve de V Aulacigaster, et que Ton retrouve aussi dans celle de la D. Reauniurii -précitée. Ces mamelons offrent au microscope de fines rides transver- sales , ce qui prouve leur texture contractile. Les pseu- dopodes de notre larve sont glabres comme le tégument. A un fort grossissement et dans une condition opportune j'ai pu constater au pourtour du bout du tube caudal une collerette ou verticille de petits poils susceptibles de s'éta- ler à la surface de la pulpe liquide pour servir en quelque sorte de nageoire aux stigmates dans l'acte de la respira- tion. J'ai rencontré une semblable disposition dans le tube :>,-24 AiMNALKS caudal de la larve singulière du Ccria conopsoides, qui vit aussi dans la marmelade ulcéreuse de TOrme. Quoique je ne Taie point constatée dans la larve de Wliiladgastcr, je suis loin d'en nier Texislence et je suis porté à la pré- sumer d'api'ès la communauté du genre de vie. Les stigmates antérieurs, au lieu d'être pinnatifldes comme dans VAulacigastcr, se terminent par un petit' faisceau, une sorte de calice à cinq digitations. •2°PuPE. (Pl.IX.N'^ l,fig. 6-8.) Pupa nudaj ovato-oblon^a, ùiermisj glnbra, antice de- pressa, postice breviter caudata. Ici nulle trace de ces deux soies improvisées sur la région thoracique de !a pupe de YAuladgaster. Avec le secours d'une puissante lentille, les angles du bord anté- rieur du prothorax présentent quatre ou cinq spinules divergentes qui ne sont que les rudiments déchus , les vestiges des digitations sligmatiques de la larve. Au même grossissement on retrouve aussi au segment qui précède le tube caudal, la trace des papilles dentiformes de la larve changées en quatre points saillants qu un œil déjà averti peut seul saisir. Le dernier article du tube caudal est bifide ou pourfendu, ce qui indique positivement que dans la larve il y a deux tubes inclus [lour les deux trachées qui ahoutissent aux deux stigmates postérieurs. Quoique dans la phrase diagnostique de la pupe j'aie dit que celle-ci était riuda, je ne veux pas laisser ignorer que dans le bocal où j'élevais les larves de notre Droso- phile je trouvai, entre les feuillets d'un papier inclus, deux jiupes entourées chacune d'une sorte de coton sub- diaphane qui m'a paru formé par la rapure du papier même. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 325 3" Insecte ailé. (PI. IX, N° 1, fig. 9-11.) Drosophila pallipes. Nob. Drosophile à pattes pâles. Peniths castaîieo-fiisca jfacie oreque rufescentibiis ; pedi- buscjue palliais. Long. 2 mill. Hab. in ulceribus Ulmi Galliœ meridionali-occidentalis . (Saint-Sever). Cette petite Drosophile est d'un châtain fonce uniforme tant au corselet qu'à Tabdomen, sans aucune moucheture ni ligne d'une autre nuance. La face et les parties de la bouche ont une teinte rousse. Les pattes sont tout à fait pâles et les ailes diaphanes. Quelques poils he'rissent la tête, le corselet, l'ecusson -, ils sont plus rares à Tabdo- men, qui a, indépendamment de ces poils, un le'ger du- vet. Au microscope la côte externe des ailes est briève- ment ciliée, et il existe au bout de la cellule basilaire externe une petite soie raide assez prononcée. Le signalement d'aucune des vingt-trois espèces de Drosophila mentionnées dans les ouvrages spéciaux de Meigen et de M. Macquart ne saurait s'appliquer rigou- reusement à celle-ci. La D. fuscula de Fallen (Meig. Dipt. eur., 6, p. 87) serait la seule qui pourrait lui con- venir par sa taille et sa couleur générale , mais je ne vois pas que dans la nôtre le corselet ait une teinte cendrée. 11 a absolument la même couleur que l'abdomen. Explication des figures {toutes fort grossies) de la planche IX^ 'N° 1 . Fig. 1 . Larve de la Drosophila pallipes. 2. Mesure de sa longueur naturelle. 3. Portion du corps vue de profil pour mettre ou évidence les pseudopodes. 326 ANNALES 4. Stigmate antérieur isolé, avec ces cinq digitatious. 5. Portion postérieure du corps pour faire voir le tube caudal et le verticille de poils qui cou- ronne les stigmates. 6. Pupe de cette larve. 7. Mesure de sa longueur naturelle. 8. Pupe encore plus grossie avec les vestiges des stigmates antérieurs des segments et des ma- melons dentiformes. 9. Drosophila pallipes, insecte -dilé. 10. Mesure de sa longueur naturelle. 1 1 . Une antenne détachée pour faire voir sa compo- sition et sa soie unilatéralement ciliée. DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE. 327 HISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES DU RHYJVCOMYIA COLUMBIWA. Par M. LÉON DUFOUR. (Séance du 12 Novembre 1845.) On nu pas, que je sache, fait connaître les métamor- phoses du genre Rhyncoinyia , fondé par M. Robineau- Desvoidy dans le groupe des Muscides. Dans la première semaine de mai 1845 et en juillet sui- vant, je trouvai dans la vermoulure de vieilles souches de Pin maritime, à quelques lieues de Saint-Sever, des larves et des pupes qu'au premier aperçu je crus appartenir à une Lucilie ou à quelque genre voisin. Après les avoir bien étudiées et dessinées , je les enfermai soigneuse- ment , avec leur vermoulure native , dans une boîte à couvercle de verre, et un mois après j'eus la satisfaction d'en voir éclore le Rhyncomyia columbina. 1° Larve. (PI. IX, N" 2, fîg. 1-4.) Larva apoda, acephaluj coiioidech antice attenuata, vos- tice tnmcata duodccim dcntata^^dbida, inennis, glabra. Long. 15 mill. Hab. in ligna puirescente puhemceo iruncoruin Fini maritimœ. 3-28 AiVNALES La figure que je donne de cette larve n'exprime pas sa forme et sa physionomie ordinaires. Pour bien mettre en évidence sa composition et ses traits caractéristiques, j'ai dessiné un individu immergé, ayant désemboité tous les segments du corps. Alors elle paraît fort atténuée en avant, et la troncature postérieure ou la caverne stigma- tique est ouverte, très étalée, avec les dents de son limbe bien distinctes ainsi que les stigmates. Ces dents sont, pendant la vie, souples, contractiles, papilliformes. A Toeil nu ou même à une loupe ordinaire le tégument de la larve paraît lisse, mais le microscope y constate un très fin pointillé, un aspect chagriné. La lèvre est formée de deux lobes subtriangulaires séparés par une profonde échancrure et terminés chacun par un palpe fort court, biarticulé. Les matidibides ou crocs sont, comme dans la plupart des Muscides, noirâtres, cornées, protractiles laté- ralement. Les segments thoraciques, sensiblement plus étroits que les suivants, n'offrent pas le double pli trans- versal qui rend si difficile à constater le véritable nombre des segments abdominaux qui est de neuf. Nulle trace de pseudopodes. Bord supérieur de la troncature postérieure offrant quatre dents assez espacées, et l'inférieur huit dont celles des commissures peu faciles à distinguer. La sou- plesse de la membrane que bordent ces dents leur permet de devenir conniventes au gré de l'animal, et de fermer ainsi la caverne stigmatique lorsque la krve chemine dans les profondeurs de la vermoului-e, surtout dans le cas d'une grande humidité de celle-ci. Ingénieuse struc- ture, admirable disposition physiologique pour protéger la délicatesse des orifices respiratoires! Ceux-ci se pré- sentent sous la forme de deux points roussâtres, ronds, dont l'aire offre un dessin à quatre festons égaux. Pour bien que j'aie réitéré mes explorations je n'ai jamais pu décou- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 329 vrir les stigmates ant(^rieuvs. Je présume qu'ils sont pro- fonde'ment cache's entre le premier et le second segments thoraciques comme c'est Fordinaire. 2°Pdpe. (PI. IX, N0 2,fîg. 5-6.) Piipa nudaj owoideo-oblonga j fusco-cmtanea j ontice supra vi'x depressttj postice minitissime duodecim iuherculata. Long. 10-12 mill. Hab. in Uguo Fini putrescente. Dans les premiers temps de sa formation, la pupe est d'un marron presque rouge qui brunit plus tard. On lui voit quelques traces vagues de segmentation, et une loupe bien éclaire'e peut constater de très fines stries ou plis- sures transversales plus ou moins entrecoupées. Son bout postérieur, plus gros, offre les douze dents de la caverne stigmatique de la larve, mais réduites à de fort petits tu- bercules. Les stigmates sont représentés par deux légères saillies. Pour l'éclosion de l'insecte ailé, la paroi supérieure de la région thoraciquede la pupe se déchire irrégulièrement. 3" Insecte ailé. Rhyncomyia coliimbina. Macq. Dipt. II, p. 248. Rhyncomyie colombine. Tachina columbina. Meig. Dipt. Eur. IV, p. 319. Rufo-fuha ; capite suhsericeoj aniice Jiigro-subpunctato ^ thorace nigro-œneo subpruinoso ; abdominis linea dorsali iarsis(/ue uigris. Long. 10-11 mill. Hab. flores in sabidosis Galliœ meridionali-occide/italis. (."^^aint-Sever.) Soies frontales (et thoraciques) entourées à leur insertion d un peu de b.un, ce qui simule des points. Antennes 330 ANNALES rousses à palette oblongue , portant à sa base dorsale une soie glabre à l'œil nu ou à une faible loupe , briève- nient hispide au microscope et renflée à sou insertion. Trompe noire-, palpes roux, spatules (1); yeux bruns, contigus dans le mâle; ocelles bruns-, soies occipitales, thorax ou bronze ou vert, ou même presque cuivré avec un diapré gris ; pattes rousses sauf les tarses -, ligne dorsale de Tabdomen n'atteignant pas le pénultième segment^ deux points noirs sur les côtés inférieurs de Tabdomen ; ailes un peu enfumées, croisées dans le repos ou dans la simple ambulation j balanciers pâles ^ caljptres doubles arrondis j Técaille inférieure dépassant la supérieure de moitié. Mâle plus petit. Armure copulatrice cachée sous l'extrémité de Tabdomen. Explication desjîgures (toutes grossies) de la planche IX j N° 2. Fig. 1, Larve à\x Rhyncomyia columbina. 2. Mesure de sa longueur naturelle. 3. Un stigmate postérieur isolé. 4. Lèvre et palpes labiaux. 5. Pupe de cette larve. 6. Mesure de sa longueur naturelle. (1) M. Robineau-Desvoldy, en élablissant le genre Rhyncomyia sur la Musca ruficeps de Fabricius (et non felina) n'a pas sans doute étudié vivante celte espèce , puisqu'il dit que ses palpes ne sont pas dilatés. Ils le sont très positivement dans les R. ruficeps et colum- bina. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 331 NOTES SUR LES MÉTAMORPHOSES DU TACHYPORUS CELLARIS ET DU TACHINUS HUMERALIS, pour servir a l'histoire des brachélytres. Par M. Edouard PERRIS. (Séance du 14 Janvier 1846.) La famille des Brachélytres , si remarquable par le nombre et la profusion des individus qui la composent, a déjà exercé la patiente sagacité de plusieurs nomencla- teurs-, mais, autant que je puis en juger sans connaître le dernier ouvrage de M. Erichson, on ne sait que fort peu de chose sur les larves de ces insectes. On lit seulement dans Latreille que ces larves ont une grande ressemblance avec les insectes parfaits, et cela est vrai, du moins pour les Xantholinus et les Emus i mais ce principe est loin d'être exact pour les Tachinus, les Tachyporus et bien d'autres, et cette circonstance m'a donné à penser qu'il y aurait un intérêt scientifique réel à se livrer à l'étude des larves de cette famille, dans le but de contrôler la classi- fication méthodique des insectes qui la composent. J'ai déjà recueilli quelques matériaux dans ce but, et je con- sacre cefte première notice à l'examen comparatif des larves de deux espèces appartenant à deux genres conti- gus, le Tachyporus cellaris et le Tachinus humsralis. 332 ANNALES Tachyporus cellaris, Grav., Oxypo) us cellaris, F ahv. LARVE. La larve de cet insecte est longue de 5 à 6 mill. et large de 1 1/4, lisse, luisante, line'aire, assez sensiblement aplatie et d'une consistance un peu coriacée. La tête est semi-elliptique, peu arrondie postérieurement, luisante et d'un brun roussâtrc. Les antennes sont longues et de quatre articles , le premier court et cylindrique , le deuxième plus de trois fois plus long et un peu plus lai-ge à rextr<^niité qu'à la base^ le troisième aussi long que le précédent et dilate' à sa partie interne, qui porte deux appendices ou apophyses, la première triangulaire, den- tiforme et surmontée d'une longue soie, la seconde plus allongée, cultriforrae et ayant l'air d'un article supplé- mentaire, dépourvu de toute soie-, le quatrième article, de moitié moins long que le troisième et beaucoup plus étroit, de la forme d'un rhomboïde irrégulier à côtés si- nueux , et muni de deux soies latérales et de trois ou quatre soies terminales, dont une centrale fort longue. L'épistôme est court et trapézoïdal , et le labre semi- discoïdal. Les mandibules sont longues, assez fortes, mé- diocrement crochues, pointues, avec une dent au tiers supérieur. Les mâchoires sont fortes, et leur lobe interne, très allongé et conique, porte à l'extrémité et à son bord intérieur des cils spiniformes dont les supérieurs sont crochus. Les palpes maxillaires sont très longs, très sail- lants, arqués en dedans et de trois articles, le premier cylindrique^, le second deux fois plus long, le troisième aussi long que le précédent et subulé : les palpes labiaux sont aussi assez allongés et de deux articles , dont le se- cond, deux fois plus long que le premier, est subulé. La lèvre inférieure est échancrée, et au-dessus de l'échan- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLO(;iQUË. 33:^ oluire on voit saillir une languette conique, paraissant formée de deux pièces dont la première n'est, sans doute^ que le fourxeau de la seconde. A Texception des mandi- bules, qui sont brunes, toutes ces parties, ainsi que Te- pistôme, le labre et les antennes, sont d'un brunâtre livide un peu plus clair que la tête. Au-dessous de chaque antenne, du côté des joues, on voit un groupe de six ocelles noirs, punctifonnes, dispo- sés en deux séries transversales de la manière suivante, savoir : quatre supérieurs dont trois rapprochés et un écarté , et deux inférieurs dont un obliquement sous le premier de la série supérieure, et Taulx-e vis à vis Tinter- valle qui sépare le deuxième du troisième. J'ajoute en passant que le nombre et Tarrangement de ces yeux, que Ton rencontre dans beaucoup de larves de pentamères, d'hétéromères et de tétramères, présentent de bons ca- ractères distinctifs de genres et même d'espèces. Le corps est composé de douze segments, dont le pre- mier plus grand que les deux suivants, et ceux-ci un peu plus grands que les autres. Ces trois segments, plus étroits à la base qu'au bord postérieur, ont une forme trapézoï- dale ; les suivants, jusqu'au onzième inclusivement, taillés en angle obtus sur les côtés, sont hexagones-, il résulte de cette conformation que les intersections sont très mar- quées. Le dernier segment est quadrilatéral et porte, à chacun de ses angles extérieurs, un long appendice de quatre articles, dont le premier très court et les autres quatre fois au moins plus longs et de plus en plus étroits, de sorte que le dernier n'a que l'apparence d'une simple soie. Indépendamment de ces appendices, qui sont d'un roussâtre livide , le dernier segment est muni en dessous d'un long mamelon charnu, d'un blanchâtre livide, bilobé à l'extrémité, et qui, en s'appuyant siir le plan de posi- 334 ANNALES tion, sert aux mouvements de la larve, de concert avec les trois paires de pattes que portent les trois premiers segments. Ces pattes , composées de quatre articles , dont les deux premiers fort courts, sont longues, d'un roussâtre livide, hérisse'cs de fortes épines , surtout au tarse, et terminées par un on^le long, peu arqué, de la couleur du reste et muni de deux soies. Le corps est en dessus d'un brun roussâtre, comme la tête, avec le bord des segments et tout le douzième d'un blanchâtre livide, de sorte que la larve paraît fasciée de cette couleur. Les flancs, un peu dilatés en bourrelet de- puis le quatrième segment jusqu'au onzième , sont aussi d'un blanchâtre livide , et cette nuance est également celle du ventre, avec cette différence que la base des seg- ments jjourvus de bourrelet est largement teinte de bru- nâtre sale. On remarque des poils roussâtres sur les côtés de la tête et aux angles latéraux des segments. Les stigmates sont au nombre de neuf paires, savoir : une sur la ligne qui sépare le premier segment du deuxiè- me, les autres près du bord antérieur du quatrième seg- ment et des suivants, jusqu'au onzième. La larve du Tachyporus ceUaris vit sous les écorces du Pin et du Chêne morts et sous les pièces de bois gisant à terre, là enfin où des productions fongueuses, telles que des Byssus, des Rhyzomoi-pha et autres Champignons ser- vei t de nourriture à divers insectes ou larves. Elle est vive, sa marche est rapide, et lorsqu'on enlève l'écorce qui l'abrite, elle s'enfuit à toutes jambes et d'un air égaré, pour se blottir dans le premier recoin venu et se garan- tir de la lumière qui l'offusque. C'est dans les lieux mêmes où elle a vécu, et dans une petite niche pratiquée au milieu des détritus de Champi- DE LA SOCIEIE EMOMOLOGIQLIE. 335 gnons et de bois, ou bien dans la terre, q_u'elle subit sa métamorphose de nymphe. Nymphe. La nymphe est nue, blanche, et ne présente rien de particulier, si ce n'est quelques soies blanclies qu'elle porte sur le vertex, le bord antérieur et les côtés du tho- rax et les côlés de Tabdomen. Insecte parfait. Le Tachyporus cellaris est assez connu pour que je ne me ci'oie j)as obligé d'en donner une description détaillée. Il est long de 4 à 5 mill,, d'un brun noirâtre, soyeux et brillant, .avec la bouche, la base et l'extrémité des anten- nes, les angles postérieurs du thorax, une grande tache à la base des élytres et les pattes d'un jaune testacé-, le bord postérieiu' des segments de l'abdomen est roussâtrc. Tachinus hwneralis, Grav. T, riifipcs, Dabi. Oxy ponts mnrginelliis, Panz. LARVE. La larve du Tachinus hwneralis vit dans les végétaux en décomposition, fumiers, champignons, etc. Elle a les plus grands rajjports avec celle du Tachyporus cellaris : mandibules, palpes, mâchoires, pattes, appendices du dernier segment, forme et couleur du corps, tout est iden- tique, aux dimensions près, car la larve du Tachinus a de G à 7 millim. de longueur-, mais lorsqu'une attention soutenue, aidée des verres amplifiants, se porte sur tous les organes, on découvre des différences qui suffisent pour établir une distinction. La première résille dans les antennes : ainsi, l'appen- 330 ANNALES dice ou apophyse supérieure du troisième article, au lieu d'être cultriforme , comme dans la larve du Tachyporiis^ est cylindrique, et au dessus de cette apophyse sont im- plantées trois ou quatre loilgues soies dont deux seulement sont visibles du même côté-, le quatrième article est ré- gulier et rhomLoïdal ou fusiforme, et sur la partie renflée existent quatre longues soies-, rexlrémilé de ce même ar- ticle n'a qu'une couronne de petites soies courtes. La seconde diftérence se remarque dans les yeux. Ceux- ci sont, à la vérité, au nombre de six, mais les qu itre su- périeurs sont contigus et disposés en arc, tandis que, dans la larve du Tachyponis, le quatrième est éloigné des au- tres-, de plus, les yeux de cette dernière sout noirs et égaux -, ceux de la larve du Tachinus sont blanchâtres avec le contour brun, et les supérieurs sont sensiblement plus grands que les inférieurs. Les Tachinus ne diffèrent guère des Tachyporus que par les palpes qui sont tiliformes dans les premiers, subu- lés dans les seconds. On voit que les larves ne présentent non plus que de faibles différences-, mais elles sufiisent pourtant pour établir une distinction entre les uns et les autres. Nymphe. La larve du Tachinus humeralis se transforme dans la terre-, la nymphe ressemble entièrement à celle du Ta- chyporus. Insecte parfait. Le Tachinus humeralis est encore plus connu que le Tachyporus ceUaris. Il est long de 5 à 6 millim., aplati, d'un noir luisant, avec la base des antennes, le pourtour du prothorax, le bord des segments de Tabdomen et les pattes d'un roux ferrugineux -, l'écusson et les élylres sont d'un roux plus ou moins vif. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOOIQUE. 337 Je suis enclin à penser qu'on a érigé au rang d'espèce plusieurs variétés de cet insecte, par exemple les Tachinus rufîpes Fabr., signalas, pallipes et laticollis Grav. Videant periti ! Explication des figures de la planche IX j N° 3 . Fig. 1 • Larve très grossie du Tackyporus cellaris. 2. Mesure de sa grandeur réelle. 3. Antenne. 4. Mandibule. 5. Mâchoire et palpe maxillaire. 6. Lèvre inférieure, languette et palpes labiaux, 7. Yeux. 8- Patte. 9. Antenne de la larve du Tachinus humeralis. 2* 5énej tome iv. 23 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 339 NOTE rouR SERVIR A l'histoire DU MEGATOMA SERRA, Latr., DERMESTES SERRA, Fabr. , AI\THREI\US VIEN- IVEKSIS, Herbst. Par M. EDOUARD PERRIS. (Séance du 14 Janvier 1846.) Les larves du Dermestes Inrdarius et de VAttagenus fjclUo sont depuis longtemps connues ; les ravages qu'elles exercent sur des choses qui, à bon droit, nous sont pre'- cieuses , nos provisions, nos fourrures , nos collections, les ont depuis longtemps signalées à Tattention des natu- ralistes ; mais nous ne sommes pas aussi bien renseigne's sur celles des larves de ce genre qui vivent à Tétat sauvage, loin des regards de rhomme et dans de sombres retraites. La larve du Megatoma serra est de ce nombre; c'est d'elle qu'il est question dans cette notice. Cette larve est longue de 5 millim., coriace en dessus et d'un roux sale, avec le bord des segments blanchâtre-, charnue et d'un livide blanchâtre en dessous. Sa tête est assez grosse, carrée et inclinée en avant-, l'épistôme est assez grand et le labre petit et arrondi. Les mandibules sont coniques et ne présentent rien de remarquable ni par leur forme ni par leur grosseur \ elles sont roussâtres à la base, noires à l'extrémité, qui est obtuse et nullement 3iO ANNALES dentée. Les palpes sont roussâlres et coniques, les maxil- laires de trois articles, les labiaux de deux -, les antennes sont de quatre articles, le premier court et cylindrique, le second un peu plus long et faiblement conique , le troisième plus long que les deux autres ensemble, renflé extérieurement j le quatrième de la longueur du second, mais filiforme. De chaque côté de la tête, et un peu au-dessous de la base des antennes , on remarque, à la loupe, six petits tubercules noirâtres, luisants et comme ombiliqués-, ils sont disposés, savoir ; quatre suivant une ligne transver- sale légèrement arquée, et deux au-dessous, placés vis-à- vis les deux les plus rapprochés du bord inférieur de la tête. Ces tubeixules, qui se retrouvent dans plusieurs autres larves, ne sont, à mon avis, autre chose que des yeux. Le vertex et le front sont hérissés de poils fauves, raides et d'inégale longueur. Le corps est ellipsoïdal et formé de douze segments. Les trois premiers sont larges et portent chacun une paire de jiattes semi-cornées, dont les tarses sont garnis de pe- tits cils spiniformes et terminés par un ongle subulé. Le premier segment, le plus long de tous, est marqué de huit petites taches brunes, peu apparentes et obscurément limitées-, quatre de ces taches existent sur les deux seg- ments suivants. Les quatre segments qui viennent à la suite sont très courts, et, comme ceux précédents, on voit sur les côtés et le long du bord postérieur, de petits poils fauves, couchés, et convergeant vers le luilieu. Les flancs de tous ces segments sont hérissés de poils fauves, raides, d'inégale longueur, entremêlés de quelques autres beau- coup plus longs et un peu plus fins. Les quatre segments qui suivent le septième et qui sont aussi très courts, portent des franges très longues et très DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 341 touffues de poils raicles qui sont couches lorsque la larve n'a rien qui Tinquiète, mais qui, pour peu que Ton pro- voque chez elle de l'agitation , se dressent comme la queue du paon, et forment quatre larges panaches trans- versaux, occupant toute la largeur du corps et donnant à la larve un aspect étrange. Ces poils sont d'une structure très singulière : vus à la loupe ils semblent simplement en massue; examinés au microscope , ils paraissent formés d'articulations comme les tarses de certains Coléoptères; la dernière de ces ar- ticulations a la forme d'un large cône renversé; puis vient une tige grêle et cylindrique, un pédoncule supportant une sorte de chapeau allongé, fusiformc, divisé à la base en quatre lobes faiblement recourbés, et semblable, sous certains rapports, à la coiffe qui recouvre le fruit de cer- taines mousses. Quel est le but de celte organisation insolite? Quel est Tusage de ces poils , tous constitués d'une manière uni- forme et si bizarre dans sa régularité ? Pourquoi se dres- sent-ils lorsqu'on touche la larve, ou que, découvrant sa retraite, on l'offusque par l'éclat de la lumière? Veut-elle, ce qui est probable, effrayer l'ennemi qu'elle redoute, ou bien ces organes sont-ils le siège de quelque sensation, de quelque fonction vitale ou conservatrice? Autant de questions qui se présentent à l'esprit, et que je livre aux recherches des naturalistes comme digues d'intéresser la o science. Sur les côtés des segments à panache et sur toute la sur- face du douzième, qui est petit et arrondi, sont implantés de très longs poils fauves, flexibles et conformés comme ceux des premiers segments. Le dessous du corps est, comme je l'ai déjà dit, d'un livide blanchâtre; mais je dois ajouter que le mUieu du 342 ANNALES ventre est un peu brunâtre-, on i-emarqne aussi, sur toute la surface inférieure, des poils ou plutôt des soies fauves, raides et comme tronquées, destinées, sans doute, à favo- riser les mouvements de la larve qui, de même que celle de Yjîttagenus pellio glisse plutôt qu'elle ne marche. La larve du Megatoma serra vit sous les écorces du Chêne, où elle se nourrit, sans aucun doute, de petits insectes : j'en ai enfermé dans une boîte avec des Mouches mortes qui ont été en partie dévorées. On les rencontre parfois groupées en assez grand nombre sur un petit espace. Lorsque le moment de la transformation est venu , la larve, après s'être retirée dans un recoin obscur et tran- quille, se dépouille de sa peau et se trouve métamorpho- sée en une nymphe blanche, hérissée de spinules de même couleur et membraneuses. Au bout de quelques jours la peau de cette nymphe se fend le long du dos pour donner passage à Finsecte parfait. Celui-ci est long de 4 millim., ovale, d'un brun noir luisant, pubescent et ponctué -, le thorax est court, trans- versal et coupé postérieurement en angle sphérique bien marqué, et dont le sommet un peu émoussé repose sur Técusson-, les pattes et les antennes sont d'un teslacé brunâtre j la massue de celles-ci et les cuisses sont ordi- nairement plus foncées. Explication desjigiires de la planche IX ^ N° 4. /'. Larve très grossie du Megatoma serra, g. Mesure de sa grandeur naturelle. h. Antenne. i. Forme des poils érectiles. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 343 NOTE POUR SERVIR A l'histoire DU L Y G I S T O PTE RU S SANGUINEUS, Dej., LYCUS SANGUIKEUS, Fabir. , DICTYOPTERUS SANGLINEUS, Latr. Par M. EDOUARD PERRIS. (Séance du 14 Janvier 1846.) Je lis dans Y Histoire des Insectes Coléoptères de M. le comte de Gastelnau que la larve du VictYopterus aurora est linéaire, aplatie, noire, avec le dernier anneau en forme de plaque rouge, terminée par deux cornes cylindriques, comme articulées et arquées •, qu'elle a six pattes et qu'elle vit sous les écorces du Chêne, Si cette larve n'a pas été publiée, ce qui précède ne peut guère nous donner une idée de sa structure et de ses habitudes-, mais, dans tous les cas, il ne peut être inop- portun de faire connaître la larve du Lygistopterus san- guineus, insecte très voisin du précédent et qui paraît s'en rapprocher aussi beaucoup sous sa première forme. Ce que j'en dirai pourra donc servir de confirmation ou de contrôle à ce qui aurait déjà été écrit sur ce point. La larve du Lygistopterus sanguineus a, pour la forme, de très grands rapports avec celle du Lampyre. Elle est longue de 12 millim. , très aplatie et d'une consistance semi-cornée, ou plutôt coriacée. La tète est petite, à peu 344 ANNALES près semi-discoïdale et noire-, de chaque côté, el sur une toute petite éminence blanchâtre, s'élèvent les antennes qui ne m'ont paru composées que de deux articles, le premier très court, le second quatre fois plus long, à peine plus étroit, cylindrique ou très légèrement en massue, et surmonté d'un poil à son extrémité qui est arrondie. La bouche présente une organisation assez insolite. Je n'ai trouvé aucune trace d'épistôme et de labre ; au-des- sous du chaperon qui s'avance au-dessus de la tête , on aperçoit à la loupe, lorsqu'on presse un peu la larve entre les doigts, deux crochets fauves et cornés^ longs , déliés et très acérés : ces crochets sont les mandibules. Au lieu d'être insérées près des bords de la tête, leur point d'at- tache est commun et central, et on les dirait articulées on du moins implantées sur une sorte de mamelon cylin- drique. Ces mandibules sont remarquables par leur posi- tion et par leur forme effilée, sans aucune dentelure-, elles sont susceptibles d'un très grand écartement et s'ouvrent même quelquefois en forme d'accolade. Dans ce cas, de même que lorsque la larve les referme, elles se cachent dans une sorte de portefeuille formé par le chaperon d'une part, la lèvre inférieure et les mâchoires de l'autre. Les palpes maxillaires sont de trois articles, les labiaux de deux -, les premiers sont un peu arqués en dedans , et tous les quatre dépassent un peu le bord antérieur de la tête; ils sont sub-coniques, noirâtres, avec la base des ar- ticles blanchâtre-, les mâchoires, dépourvues de lobe, et la lèvre inférieure sont de cette dernière couleur. Le corps est formé de douze segments, sans compter la tête. Le premier, le plus long de tous et le plus étroit an- térieurement, est à peu près semi-ellipsoïdal; les deux suivants ont px'esque la forme d'un ellipsoïde transversal, et tous les autres sont trapézoïdaux, sauf le dernier qui a DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 345 un peu la forme du premier, avec cette difïerence qu'il est un peu plus large, plus aplati, d'une consistance plus solide et muni postérieurement de deux appendices ou crochets de même nature, d'un millimètre de longueur, émousse's, nullement articulés ou relevés, mais légèrement arqués en dedans. Tout le dessus du corps est d'un beau noir mat , à l'exception du dernier segment, qui est d'une jolie cou- leur orange, avec les crochets noirs. Le dessous du corps est d'un blanc livide, avec une tache noirâtre punctiforme sur les trois premiers segnients , triangulaire sur les huit suivants; le dernier est blanchâtre à la base, puis de la couleur du dessus. Sur les flancs existe un bourrelet blan- châtre dont la crête est marquée, sur cliaque segment, d'une tache noire elliptique-, un peu plus bas, en des- cendant vers le ventre, on aperçoit une autre tache li- néaire. Vue en dessous, la larve paraît donc, à cause de ces taches, marquée de cinq lignes longitudinales noires, deux sur chaque flanc et une au milieu du ventre. Les deux lignes latérales se réunissent en une seule lorsque le bourrelet se coniracte. Cette larve est pourvue de six pattes noires, sauf les hanches et les trochanters qui sont blanchâtres eu dehors et tachés de noir en dedans ; elles sont assez longues, de quatre articles, munies de quelques poils et terminées par des crochets coniques, peu arqués et fauves. A la base inférieure du dernier segment est un mamelon cliarim, rétractile, blanchâtre avec la base brune, faisant l'office de septième pied. Au centre de ce mamelon est l'anus. Les stigmates sont au nombre de neuf paires j la pre- mière paiie est située près du bord antérieur du 1" seg- ment, et les autres au tiers du 4'' segment et des suivants 34C ANNALES jusqu'au 1 1* inclusivement-, ils ne sont visibles que lors- qu'on regarde la larve en dessous. La larve du Lygistopterus sanguincus est Carnivore-, elle vit sous les e'corces de Chêne mort, où elle fait sa proie de larves de Bostriclius, de Clytus, etc. -, c'est en effet en lui donnant, parmi de la sciure de bois, de ces larves, qu elle suce plutôt qu elle ne les de'chire, que je suis parvenu à Telever chez moi, et il pourrait bien se faire que ses man- dibules, si longues et si déliées, fussent des suçoirs comme celles des Araignées et des larves de Fourmilions. Je ne connais pas la nymphe -, je sais seulement que la larve subit toutes ses métamorphoses aux lieux mêmes où elle a passé sa vie , car j'ai trouvé sous les écorces des Lygistopterus tout fraichement transformés. Cet insecte est trop connu pour que je ne me dispense pas de le décrire. Explication desjigures de la planche IX, N° 5. a. Larve très grossie du Lygistopterus sanguineus. h. Mesure de sa grandeur naturelle. c. Antenne. d. Ensemble de la tête pour faire voir les mandibules et les palpes. e. Patte. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 347 COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF SDR QUELQUES POINTS DE L'ENTOMOLOGIE ACTUELLE. Par M. le Docteur ROBINEAU-DESVOIDY. (Séance du 26 Août 1846.) Qu il me soit permis , dans rintérêt de la science , de ramener pour quelques instants la discussion sur plu- sieurs sujets qui ont déjà été controversés dans le sein de la Société entomologique, et qui ont pour but la classifica- tion de cette immense famille que je désignai sous Tappel- lation générale de Myodaires, tandis que M. Macquart lui continue celle deMuscioES, naguère imposée par Latreille. Cette controverse, renfermée dans les bornes des conve- nances, et resserrée dans un exposé sin^ple et rapide, ne peut (c'est du moins mon opinion) qu être utile dans Tétat actuel des choses. Certes il y a du courage, et, pour me servir d'une ex- pression presque consacrée, il y a de Théroïsme à oser af- fronter de face certaines sections de Tentomologie : on a dit que Gravenhorst avait attaqué les Ichneumonides avec les bras et les épaules d'Hercule -, enlevons à ces grands mots ce qu ils ont d'exagéré et peut-être de ridi- 348 ANNALES culc, il nous restera toujours la conviction de l'emploi (l'une grande force pour n'avoir pas recule devant les dif- ficulte's sans cesse renaissantes. Schoënnherr, pour rap- peler encore r.ne pompe de Fabricius (et la pompe est rare dans le style de cet auteur) , est aussi un des héros de notre science. Sans prétendre expliquer comment un homme peut dévouer son existence à Tétude d'une seule famille, en faire Tobjet spécial de ses prédilections, de ses études, de son culte, nous sommes dans la nécessité d'être reconnaissants pour tant de veilles, pour une si forte et une si longue tension d'esprit, pour tant d'opiniâtreté, dépensées à la recherche d'un résultat qu'on n'est pas toujours certain d'obtenir, qui recule toujours devant la main prête à le saisir, devant la plume prête a le formuler, et qui peut vous être ravi au moment oii vous croyez en être le légi- time propriétaire. Je puis et je dois appliquer ce peu de mots à l'étude des Mouches, de ces petits êtres biailés, de ces petites créa- tures de Dieu, comme l'écrit M, Macquart, qui chaque jour prennent une extension nouvelle, et qui menacent de devenir la famille entomologique la plus compliquée tant pour la multitude des individus et des espèces que pour la confusion des différences d'organisation qu'il nous est donné de signaler chez elles. En effet, nous trouvons dans leur étude les conditions de l'infini. Plusieurs de leurs tribus sont destinées à la destruction de la vie végé- tale et animale-, d'autres ont reçu en propre une plante spéciale , un animal particulier pour y passer les phases de leur existence -, il en rcsidte une immensité d'espèces s'adressant à presque toutes les créatures vivant dans l'air atmosphérique. C'est encore parmi les Mouclies qu'on trouve une famille qui, semblable à celle des Ichneumo- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 319 nides, croît et vit dans les insectes mêmes, quelt|ues soient d'ailleurs lem* classe, leur ordre, leur section et même leur genre. Devant ce résultat, il ne nous reste que l'admiration, et Fidc'e d'un incommensurable travail de la part de celui qui se risquera dans ce dédale de frêles ani- maux, paraissant presque tous identiques, et cependant différenciés entre eux par des particularités qu'il imporle de Lien saisir et de bien noter pour former de cette vaste étendue un cadre complet, et pour ramener cette famille aux règles et conditions ordinaires de la classification. La classification ! voilà le but nécessaire de tout effort actuel de rentomologie. Disons mieux : c'est Tentomologie en personne dans tout ce qui concerne ses spécialités et ses généralités. Sans la classification, comment la bt>ta- nique, encombrée des produits du globe, se reconnaîtrait- elle au milieu de ses ricliesses? 11 est donné à tout le monde de la désirer, à peu de personnes de la cliercher et de la soupçonner, et il y a trop souvent de Timprudence à la rédiger et à la produire. Je ne m'arrêtai point devant cette imprudence, lorsqu'il y a vingt ans je soumis à la section de Zoologie de l'Acadé- mie des sciences mon premier travail sur les Moucbes de Linné et de Fabricius. J'étais jeune alorsj les obstacles n'avaient pas pour moi la même valeur qu'aujourd'hui. Je souriais dédaigneusement au péril et à l'idée du péril. Je me le rappelle, il ne m'en coûta pas le plus petit effort pour proposer le brusque et l'entier renversement de l'édifice construit par mes devanciers. A l'Age de vingt-six ans, j'avais imprimé les innovations les plus hardies et les plus inattendues, dont quelques-unes sont maintenant pro- priétés reconnues et avouées de la science, quoiqu'on ait à diverses i-eprises essayé de les attribuer à d'autres au- teurs. Mais le temps, qui a commencé à me rendre justice, 350 ANNALES finira par me la rendre complète. Les clifficultés les plus sérieuses sont franchies. Pour en revenir aux Mouches, j'usai largement du droit de me frayer de nouveaux sentiers dans la carrière. Après avoir de'fini ce qu était une Mouche d'après les caractères tii'és des ailes, des antennes , de la trompe et surtout de l'état non adulte, je replaçai hardiment les Stomoxes dans cette section : je n'hésitai point d'y joindre les Ocyptères de Latreille et même les Myopes de Fabricius. Enfin, pour briser net avec le passé, et pour fixer l'é- poque de mon travail, j'inventai le nom de MyodaireSj désignation du vaste ensemble des i^aces qui composent cette famille. Ce mot englobe tout Diptère susceptible d'entrer dans la définition générale de Y être-mouche . On le trouve d'abord assez euphonique , et convenablement approprié à toutes ces espèces si différentes entre elles sous le rapport de l'organisation et sous celui des mœurs. Mais je nie l'éservai la faculté de distinguer par une autre appellation directe le groupe qui devait comprendre le Musca primitif, le Musca point de départ des anciens naturalistes-, à ce groupe j'imposai le nom de IMuscides. Jusqu'ici nul désordre dans les progrès de la science, et la marche suivie me paraissait aussi simple que naturelle. Je dois pourtant avouer que je balançai entre le mot Myo- attires et le mot Muscidaires. Le grec triompha. J'avais donc pour moi le double droit de l'invention et de la priorité. J'avais pour moi le suffrage de la commis- sion de l'Académie et surtout celui de son honorable rap- porteur. Enfin j'avais pour moi le droit de l'impression. Les naturalistes qui depuis près de vingt ans ont écrit sur celte matière ont feint de ne pas connaître mon ou- vrage, ou bien ils ont jugé plus convenable de Je regarder à peu près comme non existant : trop heureux encore DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. '^:^{ lorsque la citation de mes travaux n'était pas accompa- gnée d'épithètes et d'expressions à la fois malveillantes et méprisantes! Ce procédé a pu être commode sous plu- sieurs points de vue-, mais il manqua de justice. Encore, si Ton s'en était tenu là! mais j'ai d'autres plaintes à adresser à mes confrères -, j'ai d'autres griefs plus sérieux à exposer enfin devant le tribunal de mes pairs. Chaque objet aura son tour : aujourd'hui je n'ai a m'occuper que de ce oui regarde les Mouches. J'avais aisément signalé plusieurs coupes bien distinctes parmi mes Myodaires. J'avais séparé de nombreuses races qui ne vivent que dans les insectes. A ces races j'avais donné le nom d'ENTOMOBiES, qui exprimait parfaitement, et, j'ose le dire, avec bonheur, le mode d'existence de leurs larves. Dans l'intention, bien louable sans doute, de simplifier l'étude déjà si difficile des Mouches, et de ne pas encombrer la science d'un inutile fatras de mots, on a rejeté mon appellation. Mais le fatras qu'on voulait sans doute éviter n'y perdit rien. Au mot Entomoh'es , qu'il était ridicule d'adopter puisqu'il venait de moi, on a subs- titué le mot de Créophiles, qui exprime tout bonnement des insectes vivant de viande et de chairs ; mot qui pour- rait s'appliquer aux Calliphores et aux Sarcophages à meilleur titre qu'aux races qui vivent aux dépens de la classe des insectes. Au nom de la justice et de la raison je viens réclamer pour mes Entomobies. On a fait davantage -, et cela , toujours pour ne pas en- combrer la science d'un fatras de mots : on s'est appliqué à changer les noms que j'avais imposés aux nouveaux genres pour les remplacer aussitôt par d'autres noms ! On a encore fait mieux : on a pris mes noms de genres pour les transporter dans d'autres groupes de Myodaires. 35-2 ANNALES J'avais donne le beau nom de Ghrysomye à une splendide série de belles Mouches qui vivent aux Indes, au Bre'sil, au Mexique, au Pérou : pour ces brillantes filles du Soleil, on n'a point voulu du luxe et de la magnificence d'un nom qui scintillait d'or, d'azur, d'emeraude, de saphir et de rubis; mais, par un heureux effort d'imagination, on a change mon Clirysomya en Chrysomius, et on Ta brave- ment donné pour nom de baptême à une petite Mouche indigène que j'avais déjà baptisée d'un autre nom. Ce n'est pas tout encore : dans mon impuissance à for- ger des séries de noms grecs, à l'exemple des botanistes, j'avais eu l'idée de gratifier plusieurs de mes genres de noms de naturalistes morts ou vivants. Fi donc de cette idée! on a impitoyablement fait main-basse sur tous mes noms de naturalistes, bien entendu que cette proscription fut immédiatement suivie de la création de plusieurs noms génériques nouveaux; et cela, toujours pour ne pas en- combrer la science d'un fatras de mots. Mais, ô fragilité de la pensée humaine! M. Macquart, dans sa dernière publication sur les Tachinaires, embrasse mes errements primitifs, et il donne à un genre une appellation de natu- raliste ! Allons jusqu au bout -, nous rirons à la fin , si nous le jugeons à propos. M. Macquart fait choix du nom d'un naturaliste que j'avais déjà choisi. Illiger fut notre héros ou plutôt notre victime réciproque. J'avais créé le genre Jlligeria, M. Macquart créa le genre Illigera, mais pour désigner d'autres Mouches que les miennes. A la rigueur, il se pourrait que M. Macquart se crût le privilège de rejeter les travaux d'autrui, et qu'il eût l'es- poir d'attirer sur lui seul les legards de la science. Vaine prétention! J'ai cessé d'être mis au ban des entomolo- gistes, et il faut qu'on s'occupe de mes travaux ! DE LA SOCIETE ElNTOMOLOGlQUE 353 Nulle plainte n'est sortie de ma bouche ni de ma plume au sujet dune si étrange conduite envers moi. Je me suis contenté d'en rire. Mais mon silence ne devait pas être éternel. Si je veux mériter Testime de mes confrères, si je suis jaloux de ma considération , si je pense que mes travaux sont ma con- quête, mon inaliénable [)ropriété, je dois me venir en aide à moi-même, et faire un appel à Téquité de mes juges. Au sein de celte Société vous avez naguères protesté avec éner- gie contre les prétentions de naturalistes distingués qui se faisaient un jeu cruel de rejeter les travaux d'autres natu- ralistes qui avaient peu produit, vous comptez parmi vous des hommes dont une des plus précieuses qualités est de revenir sur les travaux oubliés ou négligés, et de faire rendre gorge à ceux qui ne fuient que des copistes plus ou moins adroits. Quant à ce cpii me concerne, votre adhé- sion fera cesser une manie déplorable dans Tétude des choses naturelles, et mettra fin à une sorte de scandale qui nous aigrit entre nous, et qui excite la pitié des éti-angers. On aura beau dissimuler, beau dire, beau écrire, on ne parviendra jamais à faire oublier que les Myodaires ont reçu rassentiinent unanime de TAcadémie des sciences, et qu'ils ont été imprimés par elle. Mais j ai hâte de quitter tes récriminations, ces contro- verses individuelles, qui sont pénibles pour celui qui les provoque , pour celui qui se trouve dans la nécessité de les faire , et pour ceux qui les écoutent ou qui les lisent. Je reviens à des discussions purement scientifiques, à celles qui devraient être seules j)ermises entre nous, si la sagesse et la raison étaient toujours écoutées et prises pour guides. Le débat s'élève entre les mjographes d'aujourd'hui au sujet de l'extension à continuer ou du resserrement à 2' Séiic,. TOME IV. 24 ..^ 354 ANNALES opérer parmi les genres de Myodaires : en deux mois, ai-je établi trop de genres parmi les Myodaires? La raison semble-t-elle exiger qu'on en supprime une bonne partie*^ Telle est la question : ma réponse n'aura rien d'ii'ritant. Je vous rappellerai toutes les études exécutées sur les Cur- culionides, sur les Garabiques, sur les Ichneumonides et sur plusieurs autres familles, et je vous dirai (jue les Myodaires, plus nombreux encore et plus diversifiés, me semblent devoir exiger un travail semblable. Le genre Musca suffisait pour l'époque de Linné ;, Fabricius le trouva déjà trop restreint; Latreille reconnut la nécessité de le constituer en une tribu spéciale, qui comprenait plusieurs genres •, Fallen et Meigen mirent bardimcnt la main à Tœuvre, et les Moucbes s'allongèrent en groupes et en genres nombreux, dont la description exigea plu- sieurs volumes pour les seules espèces européennes. Je me présentai avec une extension plus grande encore, et j'enrichis ou j'appauvris l'entomologie déjà si diffile- ment abordable d'une foule de subdivisions nouvelles et de noms nouveaux. Les Myodaires ont déjà dix-huit ans d'existence-, j'ai employé dans la solitude et loin des pas- sions aveuglantes cette période de temps à refaire mon ouvrage; je l'ai manié et remanié de cent façons différen- tes; j'ai cent fois essayé d'enlever et de détruire certaines sections et certains groupes ; j'ai cherché la plus grande simplicité possible- Eh bien ! tous mes efforts ont eu pour dernier résultat une nouvelle extension, soit dans les groupes, soit dans les genres*, et aujourd'hui même je viens vous exposer l'addition d'une tribu (celle des Bra- chymerées) parmi les Entomobies. 11 serait trop long de vous faire l'exposé de mes motifs, que tout entomologiste peut d'ailleurs se figurer pour peu qu'il ait cliercbé à aj)- profondir les différences d'organisation qu'on peut si- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 355 gnaler parmi les espèces de la Iribu la plus uniforme en apparence. Sans mes publications actuelles, faites sous les auspices de la Société, les réductions eussent pu paraître assez faciles, puisque je ne m'occupe que d'espèces vivant dans le climat de Paris. Ce travail pouvait être une sorte de species, de catalogue plutôt qu'un recueil de nouvelles dissertations sur des trompes, des jeux, des antennes et des ailes. Mais j'ai voulu ce travail complet autant que possible. Ai-je eu tort? ai-je eu raison ? Le temps pronon- cera. Pour vous prouver la nécessité d'étendre au lieu de resserrer les genres de Myodaires, je ne vous citerai que deux faits récemment arrivés à deux membres de cette Société. M. Goureau n'a pas encore précisé à quel genre il doit rapporter la Mouche parasite d'un Curculionide du Carduus nutaiis, parce qu'il n'a consulté que l'ëcrit de M. Macquart. M. Léon Dufour, avec toute sa sagacité et son habileté si bien constatées, ignore encore si la Mouche dont il a observé la larve, parasite de petits oiseaux, est une Phormie, ou une Calliphore, ou uneLucilie. 11 n'ose affirmer que son Lucilîa dispar soit une véritable Lucilie \ en cela je pensé qu'il a grandement raison et je ne puis que l'approuver. Passons à un autre s.ijct de débat. J'avais englobé dans mes Entonobies toutes les Mouches que je connaissais être ou toutes celles que je soupçonnais être entomopha- ges, à l'exception toutefois de très petites espèces que leur organisation contraint de renvoyer aux dernières tribus des Myodaires. A cette époque, M. Léon Dufour publiait que les Ocyptères à l'état de larves vivent dans les Penta- tomides, et il confirmait la justesse de mes prévisions. M. Macquart, duis sa dernière publication, reconnaît qu'on peut sans inconvénient aggréger les Ocyptères à la 35 G ANNALES famille des Tacliinaires ou Entoinobies. Un grand pas se trouva fait. Mais ce naturaliste e'met des doutes sur la véritable place à assigner aux Gymnosomées, qui sont mes Gas- trodees-, il insiste principalement sur Tignorance des ha- bitudes de leurs larves. Il m'est facile de lever les scru- pules de M. Macquart et de l'arracher à ses incertitudes. Les Gastrodées sont aussi parasites des Hémiptères : comme les Ocyptérées , leur larve vit dans Tinsecte par- fait. J'ai recueilli des Gymnosomes qui venaient de sortir par un trou pratiqué au corselet de Pentatomes piqués dans une boîte. La science n'a donc pins de lumières à réclamer sous ce rappoit, et, en j)laçant mes Gastrodées à côté des Ocyptérées, je n'avais fait qu'obéir instinctive- ment à une loi que la nature avait préétablie. Les Gastrodées ou Gymnosomées appartiennent donc d'une manière définitive à la grande famille des Ento- mobies. Meigen et M Macquart se refusent aussi à laisser leurs Myodaires ou mes Occémydes parmi les Entomobies -, ils se fondent sur l'ignorance des mœurs de leurs larves et sur la petitesse des cuillerons des insectes parfaits. Ma réponse est que sous le rapport des antennes, de la trompe et des ailes un Myopa réunit toutes les conditions attribuées à la définition d'un Myodaire : il ne doit donc plus être détaché de cette famille , et on aurait tort de le placer à côté des Conops. Quant à la petitesse des cuille- rons, c'est tout simplement un caractère qui leur est pro- pre et qui les différencie des autres Entomobies. Il a plu à la nature d'accorder à ces insectes des habitudes peu coureuses, peu vagabondes -, elle les a condamnés à une existence presque passive : alors elle leur a refusé le dé- veloppement intégral des organes du vol. II n'y a dans ce DE LA SOCIETE EN TOMOLOCxIQUE. 357 fait rien que de très ordinaire, et qu'on rencontre à chaque pas dans les études zoologiques. D'ailleurs que peut-on faire de ces Occémydes? Serail-ce une famille? Je pense d'autant moins qu'on puisse porter la prétention jusqu à ce point que j'ai à faire connaître de nouveaux genres d'Entomobies, qui conduisent directement aux insectes en question. Nul doute sur les mœurs de leurs larves • elles vivent dans les larves des Hyménoptères Mellifères solitaires, c'est-à-dire aux dépens des Andrènes et des Halictes. Je les ai prises dans les nids et au-dessus des nids de ces Apiaires", c'est même à l'aide de cette étude que je suis parvenu à découvrir plusieurs espèces que j'ai lieu de croire nouvelles, et auxquelles j'ai immédiatement imposé le nom des victimes, ainsi qu'on le verra dans la publica- tion de la tribu des Occémydes. Les Myopes sont donc reconnues pour Enlomobies ; laissons-les dans la famille où j'avais d'abord jugé con- venable de les placer. Que les Enlomobies, principal objet des diverses par- ties de cetle communication, en soient encore la fin. Ces insectes ont singulièrement attiré mon attention, et le premier j'en ai fait une famille distincte. J'ai poursuivi leur élude avec une sorte de prédilection et de persévé- rance qu'on ne peut guère attendre que d'un naturaliste. Il m'est démontré aujourd'hui que ces mouches vivent dans les Hjaiiénoptères, les Lépidoptères, les Hémiptères et les Coléoptères. Je n'en connais encore aucune qui soit parasite des Névroplères ni des Orthoptères -, et cependant il doit y en avoir pour ces deux ordres, ainsi que pour la classe des Aranéïdes. Voilà de belles découvertes à faire, et tout-à-fait dignes de nos observations et de nos re- cherches. 358 AiNiNALES Dans mon premier ouvrage, j avais mêlé ensemble les divers groupes tle mes Enlomobies, sans en tirer des con- séquences pratiques d'après les mœurs et les organisations. Mon travail est maintenant plus complet. L'EntomoLie offre un type d'oi'ganisation qui varie selon Tordre des insectes dont elle est parasite. Ce tableau sera bientôt livré à la science : si je ne Tai pas mis en avant de mes récentes puLlicationSj c'est que je considère ces mêmes publica- tions comme un Species destiné à préciser les espèces pa- risiennes plutôt que comme une méthode de classification. En attendant, et surtout dans un but de priorité, qu'il me soit permis d'exposer que je divise les Entomobies en quatre grandes sections : , r f^ ' \ Larves vivant dans les che- I. Les CiAMPOPHAGES. < .,, \ miles. „ , ^ i Larves vivant dans les lar- 11. Les LiARABOPHAGES. j r- 1 ' *' / ves de Coléoptères. -j, , _ ^ ( Larves vivant dans les nids IIL Les Sphécophages. ' . rj , .y I des Hyménoptères. ,., T /' , ( Larves vivant aux dépens IV. Les C.MECOPHAGES. ^^^^ Hémiptères. Je terminerai en invitant les naturalistes à continuer leurs études sur les Myodaires. De brillantes découvertes ont eu lieu depuis la publication de mon ouvrage : on est entré dans la bonne voie. Si pour ma faible part j'ai ajouté à la facilité ou plutôt à la possibilité de Tétude de ces ani- maux, j'ai déjà retiré la plus douce récompense que Ta- niateur sincère et /.élé de Tentomologie puisse ambitionner. DE LA SOCIÉTÉ Ex^ TOMOLOGIQUE. 35î> ENTOMOLOGIE FRANÇAISE. Rhymhotes. Pur M. AMYOT (Suite) (1). (Séance du 22 Janvier 1845.) DIVISION IV. CORTICICOLES. CORTICICOLM (2) Aiu. Serv. Cimex Lian. — De G. — Aradm Fabr. — Fall. — L. Duf. — Burm. — BruU. ~ Blanch. — Herr. Scli — Am. Serv. — Coreus Scliell. — Acanthia WolfF. — Aneu- jus Curt. — Lap. — Burm. — Am. Serv. — Piestosoma Lap. — Am. Serv, Cette division se distingue de la pre'cedente par des hë- miélytres ordinairement plus courtes et plus étroites que Tabdomen , à nervures ou cellules irrégulières. 6'o/'U5 large, très aplati. — Tête offrant, en général, un rétrécissement en forme de cou derrière les yeux. — Antennes courtes, épaisses. — Bec reposant dans un ca- nal très prononcé, mais à bords peu élevés. Insectes vivant généralement sous les écorces, comme rindique Vaplatissement de leur corps. 1 . (3). Bec plus court que la tête. Mézire. 304. Mezira (3). Noire, des hémiélytres coriaces à la base, membraneuses à rextrémité. Long. 0,008. granulaia Am. Serv. 306. (1) Voyez : 2'= série. Tome III (1845) p. 369, el Tome IV (1846) p. 73. {"!) Cortex, écorce, colo, habiter»- (3) Hébreu, "if", zor, dégoul. m) AISNALES 24G RHYNCHOTES. UÉMIPTERES. DUCTIROSTRES. (I) Tête à prolongement bifide entre les antennes, avec une epinc divergente à la base de ces dernières ; leur pre- mier article pas plus long que le prolongement de la tête*, le second au moins aussi long que le premier, et un peu plus long que le troisième", le quatrième court, ovalaire; prothorax en carré transversal , un peu rétréci en avant, avec une impression transverse au milieu et une échan- crure de chaque côté à Textrémité de ce sillon transverse; les angles antérieurs arrondis et légèrement denliculés -, hémiélytres notablement plus étroites et plus courtes que Tabdomen, leur base un peu dilatée et dépassant la ligne abdominale de chaque côté j la membrane à cellules irré- gulières; abdomen ovalaire, ses côtés non distinctement (lenticules ; pattes courtes -, tarses de deux articles appa- rents, le premier très court, d'ç. Midi de la France. NEVBE. 305. Aneurus (1). Brun ferrugineux, les hémiélytres entièrement membraneuses. Long. 0,004-5, lœvis Fabr. R. 119. 12. — Fall. 140. 10. — Curt. pl.86.— Lap.54.pl. 54. 2 (antenne). —Burm. 253. 1. — BruU. 335.— Blanch. 111. 1 .— Am. Serv. 307. Tête transversale, presque carrée, avec un prolonge- ment entre les antennes ; les deux premiers articles de ces dernières courts, ovalaires, moniliformes; le troisième un peu plus long que le second j le quatrième cylindrique, plus long que le précédent j prothorax transversal, en trapèze-, écusson assez grand, semilunairej hémiélytres d'une nature homogène sans trace de nervures, si ce n'est à la b3se seulement-, ailes inférieures seulement rudi- mentaires -, une pièce conoïde à lextrémité de Tabdomen i-î) n privatif, vtZpox, nervure. DE LA SOCIÉIÉ ENTOMOLOGIQUE lîf^j (2) CORTICICOLES. ANÈVRE. '247 dans le mâle-, pâlies courtes, assez fortes, les cuisses le'- gèremenl renflées , fusifornics. c?ç. Midi de la France-, Afrique. 2. (l). Bec fin , notablement plus long que la tête. Corps ova\ aire, très rugueux. — Tête se prolongeant en pointe mousse entre les antennes. — Veux petits, glo- buleux, très saillants, presque pédoncules. — Antenues ayant une notable et forte e'pine divergente en forme d'apophyse à leur base, au côté externe-, le premier ar- ticle très court, inséré au côté interne de Tapophyse par un pédicule très (in presque imperceptible (1)-, les deux derniers courts, à peu près égaux entre eux, aussi insérés par un pédicule très fin -, tous les articles cylindriques (2). — Bec atteignant Tinsertion des pattes antérieures. — Proihomx dilaté latéralement, son bord postérieur assez profondément échancré , ses côtés denticulés , avec des liçnes longitudinales élevées sur le prédorsum. — Ecus- son en triangle allongé. — Hémiélytres en ovale allongé, arrondies au bout , avec une notable dilatation arquée et dépassant la ligne de Tabdomen à la base-, ordinairement plus courtes que ce dernier dans les femelles, à peu près (1) M. L. Dufour (A. Fr. \%hk. W8) dit que ce mode friiisertion est évklemment favorabli' au jeu de l'article basilaire , et que, par suite , il farilite les mouvements qui servent la fonction tactile de l'anti nne ; il ajoute que ces mouvements sont aussi puissamment se- ■condi^s por l'insertion excentrique et pédiculée du second article au premier, ainsi que par l'atténuation des deux suivants. (2) M. Spinola ('59) donne cinq articles aux antennes, le dernier finissant en pointe, très petit, presque avorté, tantôt aussi large à sa base que le quatrième et se confondant avec lui, tantôt plus étroit, même à sa base. M. L. Dufour a confirmé cette observation (\. Fr. ISZiZi. lxh&) en ajoutant qu'il n'( xiste aucun vestige de cette espèce de cinquième article r. dimcntaire dans VAneurus ; il pense que ce petit article doit, par sa contccture villeuse, être rendu propre à une action préhensive qui se combine avec celle des crochets des tarses. 30-2 ANNALES '248 RHYNCIIOTES. HÉMIPTÈRES. DDCTIROSTRES. (3) aussi longues que lui dans les mâles -, la membrane grande, avee quatre nervures longitudinales irrégulières et cour- bées*, les ailes inférieures assez grandes, mais beaucoup plus courtes que les liémiëlytres. — Jbdomen très aplati et dilaté de chaque côté, le ventre offrant une rainure longitudinale médiane partant de la base et qui se con- tinue avec le canal sternal (1). — Pattes courtes, assez fortes, à peu près d'égale longueur, les cuisses à peine renflées; tarses de deux articles apparents seulement, le premier très court (2). 3. (4). Second article des antennes plus long que les deux suivants ensemble. Prothorax presque cordiforme, s'arrondissant vers les angles postérieurs, avec six lignes longitudinales élevées sur son disque et crénelé ou denticulé à ses bords latéraux . Arade. 306. Aradus (3). Roux ferrugineux tacheté de brun, le second article des antennes grêle, très allongé. Long. 0,008-10. hetulce Linn. 718. 18. — De G. 305. 36. pi. 15. f. 16, 17. — Fabr. R. 119. 1 1 . — Fall. 136. 3. -- Burm. 255. 1. — Brull. 335. — Blanch. 111.1.— Herr. Sch.V. 89. pi. 175. f 537.— Am. Serv.308. ~elUpticusl..Tinï. A. Fr. 1844.53.pl. 10 f. 5-6. Corps en ovale pointu postérieurement dans la femelle, arrondi en une double foliole dans le mâle-, le prolonge- Il) M. L. Dufour dit que celte rainure semble avoir pour but, pen- daiil la vie de ranimai, de se prêter à une augmentaiion de la cavité abdominale, soit lorsqu'il est rempli par les aliments, soit à l'époque delà gestation de la femelle ou d'une turgescence séminale du mâle. (2j M. de Laporte de Castelnau (53) dit que les tiU'ses sont de trois articles, le premier très petit; mais M. L. Dufour déclare posiliveniont qu'il n'a trouvé que des tarses biarticulés, (3) Nom d'une ancienne ville de Syrie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3G3 (3) CORTICICOLES. MÉZAGUE. 249 meut de la léte entre les antennes plus long et plus épais que dans 1 espèce suivante-, la base des hémiélytres pâle ainsi que la dilatation latérale du prédorsum j les bords de Tabdomen tachetés de brun et de jaunâtre sale ; pattes brunes, tachetées de jaunâtre -, second article des antennes (lu double plus long que les deux suivants ensemble et d'un brun ferrugineux, le troisième blanc avec sa base brune, le quatrième noir. cfç. Commun dans toute la France, sous les vieilles écorces. Leucotome. 309, Leucotonius (1). Semblable au précédent-, mais le second article des antennes plus épais et moins long pro- portionnellement-, le troisième blanc à son extrémité. Long. 0,006-10. annulicornis Fabr. R. 118. 7. — Burra. 256. 3. — corticalis Curt. pi. 230. Le prolongement de la tête entre les antennes moins gros et plus court', Tabdomen arrondi dans la femelle comme dans le mâle. cJ'ç. Midi de la France. Le troisième article des antennes est quelquefois d'un ferrugineux uniforme. Mézague. 308. 31eza§us (2). Noir assez foncé uniforme, le second article des antennes plus grêle à la base qu'à Textrémité, les côtés du prothorax non distinctemeiit denticulés. Long. 0,007. coHicalis Uxxn. 718. 17. — Fabr. R. 119. 9. — Wolff. 87. pi. 9. f. 81.- Burra. 256. 2.— Herr.Sch. V. 90. pi. 175. f. 538. (1) AtwKOî, blanc, TOjuy, article- (2) Hébreu, :^7, zng, écorce. 364 ANNALES 250 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRES. (.'>) Hemiélytres amples, aussi larges et aussi longues que rabdomen -, du reste, semblable aux précédents. Ç. Midi de la France, i. (3). Second article des antennes moins long que les deux suivants ensemble (1). 5. (6). Côtés du prolhorax denticulés. ZOOPHLÉE -|- . »09. Zoophlœiis (2). Brun ferrugineux ; le prolhorax presque en carré transversal , ses bords antérieurs seule- ment denliculés. Long, 0,012. dilatatus L. Dnf. A. Fr. 1844. 452. pi. 10. f. 1-4. Le prolongement de la tête entre les antennes moins long que dans TArade-, le second article des antennes à peine d'un quart ou d'un tiers plus long que le troisième, quatre arrêtes longitudinales seulement sur le disque prédorsal -, l'écusson sensiblement plus long que dans les autres espèces , avec les bords relevés et une carène mé- diane qui n'atteint pas son extrémité : creusé en gouttière dans ses deux tiers postérieurs j abdomen large et ar- rondi-, hemiélytres roussâtres, mouchetées de noir-, pattes et antennes rousses. Sous Técorce du sapin, dans les Pyrénées. PlESTOSOME. 3fO. Piestosoma (3). Brun ferrugineux-, le prolhoi'ax cordiforme, crénelé latéralement, comme dans les précé- dents-, ses bords latéraux antérieurs et la base des hemié- lytres blanchâtres. Long. 0,004-5. (1) M. de Laporle de Caslelnau (53) aUribue ici cinq articles aux an- tennes, comme a fait M. Spinola pour le groupe précédent, disant que le quatrième enveloppe le dernier. (2) Zwof, vivant, i»?ia<àt, écorce. (3) rido-Toj, déprimé, o-ô)^*, corps. \)K LA SOCIÉTÉ i:i\T0M01.0GIQUl^. 305 ((I) CORTICICOLES. MÉLAMPIESTE. 251 depressus Fahr. R. 119. 10. — Wolff. 129. pi. 13. f. 123. — Fall. 138. 7. — Burm. 256. 5. — Brull. 336.— Blanch. 111. 2.— lîerr. Scli. V. 93. pi. 176. f. 542. —Ara. Serv. 309. — spiinger 'èchaW. pi. 5. f, 2. — La Punaise léviatan. GeofîV. 439. 9. La Lase de la membrane des hémiélytres avec des Jinéoles sur les nervures, blanchâtres i le ventre rougeâ- Ire, avec son disque et son extre'mité bruns-, pattes pâles nnnelées de brun. Tous les autres caractères sont ceux du groupe précèdent c?. Paris i notamment sous Técorce du cliêne. 6. (5). Côtés du prothorax non denliculés. Mélampieste -|- . 311. Melawpiestus (I). Brunâtre uniforme. Long. 0,0035. cinuamomeus Panz.? 100. 20. — Peirisi L. Duf. A. Fr. 1845. 225. pi. 3. IIL La forme oblongue-, les hémiélytres aussi longues que Tabdomen, la corie très effilée en arrière, avec trois ou quatre mouchetures noirâtres sur la membrane. Mont-de-Marsan . M. Lucas en a i-apporté une autre espèce d'Alger. — Lucasocles {T) . Noir, les trois derniers articles des antennes blancs-, les côtés de Tabdomen offrant un point blanc à chaque segment. Long. 0,004. DIVISION V. LECTICOLES. LECTICOLM. (3) Am. Serv. Ciniex Linn. — Geoffr. — Latr. — Le P. Serv. — Curt. — Blanch. — Acanthia Fabr. — Scliell.— Wolff. — Burm. — Am. Serv. (1) MêXac, noir, ■n-fio-TÔf, déprimé. (2) Lucas, Kxe.'a), célébrer. (?5) Lectus, lit, colo, habiter. 360 ANN-ALES 252 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRKS. Cette division, qui ne contient qu'une seule espèce, se distingue de toutes les précédentes par des antennes fines, les deux derniers articles sétiformes. Punaise. 31». Cimex (1). Aptère, le corps ferrugineux, en ovale large et arrondi postérieurement, très aplati. Long. 0,005. lectularius lÀnxï . 715. 1. — De G. 296. pi. 17. f. 9- 15. — Fabr. R. 112. 1.— Schell. pi. 6. f. 1. — Wolff. 127. pi. 13. f. 121.— Fall. 141. 1.— Latr.— G. m. 137. 1. — LeP.Serv. 241. l.pl. 122. f. 1- i. — Curt. pi. 569.— ilalm. III. 17. pi. 79. f. 242. — Burm.253.— Blanch. llO.pl. 3. f 1.— Am. Serv. 313. — LaPunaise des lits. Geoffr. 434. 1 . - Stoll. 76.pl. 19. f. 131. Surface du corps finement ponctuée et velue, les con- tours ciliés-, tête arrondie, avec un petit prolongement transversal entre les antennes, sans cou derrière les yeuxi ceux-ci l'onds, très saillants, pres(]ue pédoncules; ocelles non apparents -, antennes assez longues , très mobiles et velues j le premier article très court, noduleux -, le second le plus grand de tous, cylindrique-, les deux suivants à peu près d'égale longueur entre eux; bec ne dépassant pas Tinsertion des pattes antérieures, de trois articles à peu près d'égale longueur et articulés entre eux de ma- nière à pouvoir agir de dehors en dedans et de dedans en dehors, s'appliquant dans un léger sillon pratiqué sous la gorge-, prothorax transversal, plus large que la tête, ses (1) Nous avons expliqué (Am. Sorv. 313) comment, fians la miHiKulc linnéonne, le luiin gf^nériqiie de CimexwQ pouvait appartenir à celte espère; nniis les raisons qui nous av;.itni contluiis à ce résuhiit n'exisieni plus dans la méthode mononymiquo. Il ne s'agit plus ici du nom générique le plus ancien donné (îepuis Linné , mais du nom h; plus vulgaire, le plus populaire donné à cet insecte bien longtemps même avant ce grand naiuraliste. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 367 LECTICOLEP. PUNAISE. 253 bords laleraux arques, le bord antérieur profondément échancré pour recevoir la tête, les angles antérieurs for- mant des espèces d'ailerons , Je bord postérieur coupé droit-, écusson assez large, en triangle très obius ; inéta- thorax très développé en dessus, écliancré profondément en avant pour recevoir Técusson, avec un sillon longitu- dinal en arrière de la pointe de ce dernier; des moignons d'Ijémiélytres, en forme de petites écailles ovalaires, s'éten- dantsurle premier segment abdominal en dessus^ abdomen circulaire, beaucoup plus large que le thorax, com[>osé de sept segments, non compris la pièce anale qui le termine-, pattes assez courtes, fortes, velues, les postérieures un peu plus longues que les autres -, cuisses épaissies, fusiformes, mais légèrement comprimées-, tarses assez longs, de deux articles apparents, le premier court, le second très long, courbé et muni de deux crochets. Quoique cet insecte soit des plus communs et que rhomme civilisé passe, pour ainsi dire , sa vie avec lui , son histoire naturelle est restée jusqu'à présent presque entièrement ignorée. A Texception de quelques observa- tions incomplètes rapportées par De (àeer et de celles de M. L Dufour sur la forme des œufs, on ne trouve rien ou presque rien dans les auteurs à son sujet; celles que nous avons faites jiersonnelleuient pendant le cours d'une année, d'octobre 1845 à octobre 184G , nous ont fourni les détails suivants : Les mues de bi Punaise sont au nombre de quatre; la première a lieu, dans létat ordinaire de la température du printemps ou de l'automne, environ de vingt-cinq à trente jours après la naissance-, mais dans les grandes chaleurs du mois d'août , nous l'avons vu s'opérer huit jours on même seulement cinq jours après elle. Les autres mues se suivent à peu près à la même distance de Tune à l'autre, 368 ANNALES 254 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTRES. variant aussi selon le degré de la température. L'insecte qui, au sortir de Tœuf, a 1 millimètre de longueur, en a 1 ou 3 lorsqu'il arrive à Tinstant de la première mue ; il en a 3 ou 4 avant la seconde mue, 4 ou 5 avant la troisième , et enfin 5 ou 6 à la quatrième. C'est après cette dernière mue qu'il se montre à l'état de nymphe, avec des moignons d'hémiélytres. Nous sup- posons que les Hémiptères ont, en général, cinq mues avant d'arriver à l'état parfait , et nous sommes même portés à étendre cette règle à tous les insectes à demi métamorphose, comme les Orthoptères ; c'est du moins le nombre que nous avons constamment observé dans la série très restreinte, il est vrai, de nos expériences. Mais la Punaise ne parvenant point à l'état parfait, puisqu'elle n'acquiert pas d'hémiélylres et reste toujoui-s pour nous à l'état de nymphe, il en résulte qu'elle ne doit avoir que quatre mues , celle qui précède et amène l'état parfait, devant naturellement manquer. La mue s'opère de la même manière que pour tous les autres insectes à demi-métamorphose : la peau se fend sur le dos, la tête sort d'abord, puis les pattes se tirent du fourreau qui les renferme -, peu de temps suffit à cela c'est une espèce de changement à vue, où il semble que l'insecte soit déshabillé par une main invisible-, la peau s'écarte comme d'elle-même pour le laisser sortir. 11 est lourd et comme malade quelque temps avant la muc^ il reste à la même place pendant qu'elle s'opère-, au sortir de la peau, il est d'une blancheur de neige ou blafarde selon les individus, il est faible et marche lentemeuti mais bientôt sa vivacité revient et la couleur prend une teinte ferrugineuse qui se rembrunit de plus en plus les joins suivants. La Punaise est un insecte nocturne qui se cache dans DE LA SOCIETE ENTOMOr.OGIQUE. 369 LECTICOLES. PUNAISE. 255 le jour et ne se met en mouvement que la nuit pour chercher sa nourriture-, elle se remplit du sang humain qu elle va sucer pendant que Ton est endormi. Sa pi- qûre produit sur la peau une petite enflure. Le sang dont elle se remplit lui donne, surtout quand elle est jeune et avant la première mue , une couleur d'un rouge vif qui se rembrunit au bout de quelques heures et finit par passer au noir, à mesure qu'il se digère. Le ventre, enfle d'abord comme un cylindre par la pré- sence du sang, s'applatit -, ses bords blanchissent et le disque noir quil présente alors, diminuant peu à peu avec le temps, finit par se réduire de manière à ne plus former qu'un point noir à l'extrémité' de l'abdomen. La digestion parait n'être terminée qu'après cinq à six semai- nes au moins -, le ventre devient alors entièrement plat, et c'est alors seulement que l'insecte cherche à reprendre de la nourriture. De Geer dit qu'il suppose que la Punaise n'a pas que le sang humain pour nourriture, donnant pour raison qu'elle ne peut pas toujours s'en rassasier. Il ajoute qu'il en a vu des individus s'entretuer et se sucer les uns les autres, les plus faibles ou les plus jeunes devenant la proie des plus forts. Nous croyons que ces observations sont erronées-, les expériences réitérées que nous avons faites, ne nous ont rien montré de semblable. JNous en avons mis de tout âge et de toute grandeur réunis dans un vase, les uns qui n'avaient pas mangé depuis six semaines et dont le ventre était aussi plat que possible, quoique de la plus grande vivacité, les autres remplis de sang, et nous ne les avons jamais vus s'atlaquer entre eux comme nous Tavons observé pour certaines autres espèces carnas- sières, tels que les Gerris. Nous avons cherché de même à leur présenter de la viande fraîche sanglante, sans qu'ils T Série, tome iv. 25 370 ANNALES ' -^^^^^^^^ 256 RHYNCUOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTlROSTRES. y aient toucliëj nous avons mis devant eux des gouttes de sang humain, sans qu ils en aient approché leur Lee-, quelques-uns se sont même engagés sur les gouttes et y sont restés collés par les pattes , sans nous montrer la moindre disposition à en prdfîter. Nous croyons pou- voir en conclure que la Punaise ne se nourrit que de sang humain, et de celui-là même seulement quelle'peut tirer du corps de Thomme vivant. Les autres insectes parasites de 1 homme nous en donnent Texemple , tels que les Poux, qui abandonnent son cadavre dès que Thomine est mort. Delà tendrait à se vérifier Topinion qu'on trouve énoncée dans Perty (Del. an. 30j, qui, après avoir dit que Azzara , célèhre naturaliste et voyageur espagnol , a fait remarquer que cet insecte n'infeste pas les hommes à Tétat sauvage, mais seulement lorsqu'ils sont réunis dans des habitations à la manière européenne, ajoute : « C'est pourquoi Azzara pense que les Punaises n'ont été créées que longtemps après les hommes , et lorsqu'ils étaient déjà constitués en république. » La Punaise rejette parl'anus une liqueur noire, gluante, absolument sans odeur , et qui se fige promptement, la seule dont De Geer ait parlé-, mais elle en évacue aussi une autre toute blanche de la même nature, dont il n'a pas fait mention. Ces évacuations s'opèrent subite- ment-, elles sont plus ou moins abondantes, et sans doute le résultat de la digestion. Les petites Punaises qui passent sur cette matière par hasard, y restent collées sans pou-- voir s'en détacher. Dès que les froids delhiver commencent à se faire sen- tir, la Punaise s'engourdit et son accroissement est suspen- du jusqu'au retourdu printemps, pendant trois ou quatre mois environ. Cet engtmrdissement la saisit, soit qu'elle n'ait pas encore ])a?sé la première mue , soit qu'elle ait DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 371 LECTICOLES. PUNAISE. 257 atteint déjà Tétat de nymphe. C'est pourquoi on en voit paraîti'e des individus de tout âge et de toute grandeur, lorsqu'ils recommencent à se mettre en mouvement pour chercher leur nourriture, dans les premiers jours du mois de mars. La ponte des femelles a lieu sans distinction à toutes les e'poques de Tannée où Tétat de la tempe'rature peut les tenir en mouvement. Elle s'opère de sept à huit jours après raccoupleinent dans les grandes chaleurs de Tête'. Du moins, les femelles que nous avons observe'es sont restées pendant ce temps sans pondre , après avoir été prises et séparées de tout contact avec d'autres indi- vidus. Quelques femelles nous ont donné seulementde quatre à cinq œufs-, d'autres en ont pondu huit: une en a pondu jusqu'à quatorze. Elles déposent leurs œufs çà et là sur la place, sans symétrie, n'importe à quelle heure, soit du jour, soit de la nuit. L'œuf est très gros, relativement à la grosseur de lamère^ il a un millimètre de longueur et à peu près un demi millimètre de largeur. Elles pondentces œufs à quelques heures ou même à une journée d'inter- valle l'un à l'autre i elles ne paraissent pas plus grosses avant d'avoir pondu qu'après ^ il faut que l'œuf grossisse très vite dans l'ovaire pour qu'on ait ce résultat. Nous avons vu des femelles faire leur ponte, soit quand elles étaient pleines du sang qu'elles venaient de sucer, soit quand l'aplatissement complet de leur abdomen annonçait qu'elles n'avaient pas mangé depuis longtemps. En général, toutes les femelles que nous avons obser- vées sont mortes de quatre à huit jours après avoir ter- miné leur ponte, n'ayant pas encore digéré le sang qui les remplissait, ce qui prouvait qu'elles ne mourraient pas de faim. Beaucoup d'autres ins<;ctes donnent cet 372 ANNALES 258 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. DUCTiROSTRES. exemple de femelles qui ne vivent à peu près que le temps ne'cessaire pour déposer leurs œufs. Il nous a été impossible , du reste, de surprendre les deux sexes en état d'accouplement. Le mâle sert-il à fé- conder plusieurs femelles? Meurt-il aussi peu de temps après Faccouplement? C'est ce que nous n'avons pu dé- couvrir. Nous n'avons pas même pu parvenir à distin- guer par des signes quelconques le mâle de la femelle-, l'extrémité de l'abdomen en-dessous ne nous a point présenté de différence dans les nombreux individus que nous avons observés, et ceux, qu'au premier abord nous avions pris pour des mâles à cause de certaine disposi- lion de l'abdomen, nous ont ensuite donné des œufs. L'œuf a la forme d'un cylindre légèrement courbé en arc, un peu plus gros d'un bout que de l'autre ^ sa cou- leur est d'un gris de perle uniforme -, sa surface couverte de petits poils ras, courts. M. L. Dufour (R. 216)asup- j)Osé que les aspérités piliformes qu'ils présentent, étaient destinées à favoriser l'adhérence des œufs contre les corps et les tissus où ils étaient déposés-, mais nous avons remarqué que cette adhérence résulte seulement de la matière gluante que la femelle rejette par l'anus, et qui sert à coller les œufs à la place où ils ont été pondus-, à dé- faut de cette matière, nous les avons toujours vus non adhérents. L'opercule , destiné à s'ouvrir pour donner passage à la larve , est fixé au bout le plus petit de l'œuf. Cette extrémité présente , autour de l'ouverture que ferme l'o- percule, un petit rebord semblable à celui d'une marmite, et l'opercule, un peu bombé au milieu comme une calotte , ressemble , quand il est fermé , à un mamelon qu'environne ce rebord élevé à l'entour. Il s'ouvre par un gond unique fixé dans le rebord lui-même, qui s'in- DE LA S0GIP:TE ENTOMOLOGIQUE. 373 LECTICOLES. PUNAISE. 259 ciline et s'abaisse en cet endroit, du côté de la courbure externe de Tare formé par le cylindre. L'éclosion a lieu douze jours au plus après la ponte ; du moins c'est le plus long terme que nous ayons observé ^ dans les grandes cbaleurs, nous avons vu des œufs éclore cinq jours seulement après avoir été pondus-, le terme le plus ordinaire nous a paru être de sept à huit jours. La larve sort, la tête la première, en poussant Topercule pour le forcer à s'ouvrir et s'aidant d'un léger mouvement du bec et des pattes pour se tirer de Tceuf , à peu près comme fait le ramonneur pour monter dans une che- minée. Le bec et les pattes, réunis enfaisceau, serrés contre la poitrine, sortent les derniers de Fœuf -, le bout de Fab- domen sort avant eux. Quand la larve est sortie, l'opercule se referme quelquefois sur l'ouverture , qui est assez notamment moins grande que la capacité du cylindre. Le fœtus , par conséquent , ne remplit pas toute la capacité de l'œuf un peu avant sa sortie-, et l'on remarque, en effet , quelquefois une dépression à la surface des œufs avant leur éclosion. On observe aussi alors un petit point rouge de chaque côté de l'ouverture-, ce sont les yeux de l'insecte qui se font voir à travers la coque transparente de Tœuf. La larve , en sortant, a la grandeur de l'œuf lui-même, c'est-à-dire un millimètre : elle est blanche comme la neige ou d'un jaune blanchâtre, selon les individus-, les yeux seulement tranchent sur sa couleur blafarde comme deux points d'un rouge ferrugineux vif-, l'abdomen, de forme arrondie, présente un point brunâtre à l'extrémité. A peine est-elle sortie de l'œuf, qu'elle fait avec dextérité un saut pour se retourner, puis se met à courir avec une vivacité égale à celle des plus alertes-, nous en avons vu agir de cette manière deux minutes à peine après Icuv ;{74 ANNALES 260 HHyNCHOTtS. HÉMIPTÈRES. DUCTIROSTKES. sortie-, Tinsecte peut ainsi pourvoir aussitôt à sa nour-^ riture. Le plus longtemps que nous ayons tenu une Punaise sans qu'elle prit de nourriture, a été de deux mois, du *) mai au 11 juillet-, elle était pleine de sang et enflée comme un cylindre quand nous Tavons recuellie^ son ventre s'était aplati, et ne présentait plus quun point discoïdal noir à son extrémité lorsquelle est morte. Elle était passée dans cet intervalle, par la quatrième mue, qui eûtlieuun mois avant sa mort, de l'état de larve à celui de nymphe. Quant aux petites larves sorties des œufs, quel- ques-unes sont mortes quinze jours après Téclosion-, mais les dernières ont vécu sans manger pendant six semaines, du 3 août au 17 septembre. Les Punaises ainsi tenues sans nourriture dans des vases de verre, sont aussi vives sur la fin de leur existence que dans les premiers moments où on les prend i elles ne paraissent s'affaiblir qu'un jour ou même peu d'heures avant de mourir. Les expériences réitérées que nous avons faites à ce sujet ne nous permet- tent donc pas de croire que, pendant l'été, une Punaise puisse vivre beaucoup au-delà de deux mois sans aliment. 11 en résulte alors qu'il suffirait de tenir un appartement inhabité pendant environ trois mois dans cette saison pour le délivrer complètement de celles qni peuvent s'y trou- ver*, mais ces insectes, qui marchent très bien, peuvent aller au loin chercher leur nourriture j un instinct par- ticulier les conduit sûrement là où elles peuvent en trou- ver-, et, guidées par les émanations ou l'approche du corps humain, elles se dirigent vers lui en montant sur le lit ou en s'y laissant tomber du haut du plafond. Nous avons remarqué qu elles font, dans certains cas, un petit saut qui est en hauteur plutôt qu en largeur, et qui sert à les détaclier du sol. DE LA. SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 375 LECTICOLES. PUNAISE. 261 En général , les odeurs fortes éloignent cet insecte , telles que celles de la térébenthine, du soufre ou de l'ail ; on nétoye ordinairement pour s'en délivrer les couchettes et les mui'ailles qui en sont infectées, en les passant à la chaux ou à la peinture -, on y parvient aussi en faisant hrù- 1er du soufre , par exemple, dans les lieux bien fermés pendant au moins vingt-quatre heures. Cependant les odeurs fortes, par elles-mêmes, ne le font point mourir, comme on peut en acquérir la preuve en le mettant sur nne feuille de papier trempée de térébenthine ou dans un vase infecté de soufre. Le Réduve est Tennemi de la Punaise qu'il poursuit et tue pour en faire sa proie -, il est de même de F Araignée. Fallèn dit, en parlant d'un autre insecte, le Picromère, qu'en ayant mis cinq ou six dans une chambre, et les y ayant tenus pendant quelques semaines , toutes les Punaises qui s'y trouvaient furent tuées-, mais c'est peut- être qu'elles y moururent de faim. Quelques auteurs ont prétendu que cet insecte avait été importé d'Amérique en Europe après la découverte du Nouveau -Monde-, mais il paraît évidemment avoir été indiqué par Aristotc (ZZwf. des Anim. liv. V. ch. XXX), dans ce passage où il est dit : « Parmi les insectes, ceux qui ne sont pas carnivores, mais qui vivent des humeurs de la chair vivante, comme les Poux, les Puces, les Pu- naises (x.op£/<) etc. » Pline et Dioscoride en font aussi mention. Il paraît toutefois qu'il n'a été introduit que récemment en Angleterre , car MoufFet (^Insect. minim. théatr. 174) dit que deux dames nobles ayant été piquées la nuit par deux de ces insectes , firent appeler leur mé- decin avec effroi pour savoir < e qu'étaient ces petits ani- maux. Fallèn dit qu'ils sont encore inconnus dans cer- taines contrées septentrionales de l'Europe. Quelques 376 A]Ni>JALE6 262 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. auteurs leur attribuent les Indes-Orientales pour patrie, prétendant qu'ils y acquièrent un développement complet du système alaire, phénomène qui se manifesterait même quelquefois, suivant eux, en Europe. On rapporte, dit Fallèn, que les individus ailés volent pendant la nuit. Toutefois, nous ne voyons aucun auteur qui atteste avoir vu le fait par lui-même. Nous terminerons , quant à nous , par une dernière observation que nous avons faite à leur sujet. Par une nuit très chaude, ayant pris et jeté dans un vase un assez grand nombre d'individus, nous avons entendu distinctement, à quatre reprises différentes au moins, partir du milieu d'eux un bruit semblable à celui que fe- rait de Tair lancé par une petite fusée, et qui s'affaiblissait de plus en plus à chaque reprise. Nous n'avons pu l'expli- quer autrement qu'en supposant qu'il était produit par le fluide qu'une des Punaises effrayée lançait par ses stig- mates odorifiques. TRIBU CINQUIÈME. NLDIROSTRES. NUDIROSTRI {{) Km. Serv. Cette tribu se distingue des précédentes par un bec libre, entièrement dégagé, ordinairement courbé en arc, de trois articles au plus (fîg. 89 à). Les antennes sont généralement de quatre articles , avec de petits articles rudimentaires entre eux. Les insectes de cette tribu se nourrissent en général de sucs animaux, en faisant là chasse à d'autres insectes. Ils sont pourvus, à cet effel, de pattes antérieures propres à saisir une proie ; les cuisses antérieures, ordinairement épaissies , présentent en dessous une rainure longitudi- (\) Nudus, nud, libre, rounim, face DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 377 (1) NUDIROSTRES. ARTICULIPENNES. 263 nale destinée à recevoir la jambe, qui est garnie, au côté interne , de fines dents ou d'une espèce de brosse, des- tinées à retenir ce qu'elle presse contre la cuisse. Ces insectes se trouvent dans les bois ou dans rintérieur des habitations, quelques uns se cachant le jour et cherchant leur nourriture pendant la nuit. Ils marchent en général lentement et difficilement. Cette tribu se divise en Articuli pennes, Tecticolles, Nudicolles, Longicoxes et Stagnigrades. DIVISION I. ARTICULIPENNES. ARTICULIPENNES (1.) Ciimx Linn. — De G. — Lygœus Fabr. — Salda Fabr. — Anthocoris Fall. — Burm. — Am. Serv. — Rhinarius Hahn. — Xylocoris L. Duf. — Spin. — Am. Serv. Cette division se distingue de toutes les autres par des hémiélytres dont la corie offre une articulation qui forme à son extrémité une sorte d'appendice (fîg. 43 « à), comme dans les Bicellules, mais la membrane n'ayant qu'une seule nervure longitudinale arquée, près du bord externe, et ne présentant pas la double cellule qu'on voit dans ces derniers insectes. 1. (2). Les deux derniers articles des antennes épaissis, au moins dans les mâles. Tête petite, avec un prolongement mousse entre les antennes. — Antennes ayant le second article le plus long , les deux suivans d'égale longueur. — Bec attei- gnant le milieu du sternum, le pénultième article très long, le dernier de moitié plus court que lui, le premier court, confondu avec un autre article basilaire, seule- (I) Articidiis, article, pcnnis, aile. 378 ANNALES "264 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. (1) ment rudimentaire et aiiniiliforme. — Prothorax trapé- zoïdal, à angles mousses, non saillans. Ordinairement dans les bois , sur les ëcorces des arbres. Anthocore (fig. 43). 9lZ.Anthocoris{\). Noir-luisante, les hëmiëlytres pâles avec une bande transverse au milieu de la corie et son extrémité, brunes. Long. 0,004» syhestris Linn. 731. 111 (d'après Panz). — Panz. 92. 21. — IJahn. L 105. pi. 17. f. 56. -- nemorwn Linn. 729. 91. — Fall. 66. 1.— Burm. 288. 1. — Am. Serv. 263. -^fasciaius¥a\)V. R. 240. 187. Membrane des hémiélytres blanche, avec une grande tache enfumée, en triangle irrégulier, qui en occupe toute Textrèmité-, antennes pâles, le premier article , l'extré- mité des second et troisième, et le dernier, noirs-, pattes pâles, l'extrémité des cuisses postérieures brune. Ç. Commune dans toute la France, notamment aux envi- rons de Paris. HVLOPHILE. 31». Hylophila (2) Très voisine de la précédente, mais les antennes plus courtes et plus épaissies, la bande transverse du milieu de la corie presque nulle, et la tache de Texlrémité plus foncée. Long. 0,004. nenioralis Fabr. R. 116. 15. — Fall. 67. 2. — Burm. 289. 2. — gallonun idmi De G. 279. 23. — pratensis Hahn. L 107. pi. 17. f. 57. Second et troisième articles des antennes, bruns, leur base seulement pâle-, prothorax plus rétréci antérieu- (1) A"'v9o-, fleur, KÔpii, punaise. (2) r'\yi, forêt, «<\o{, ami. DE L V SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 379 (1) ARTICULIPENNES. EXHORINE. 265 rement que dans l'espèce précédente, et i^le sillon pré- dorsal transverse plus prononcé -, membrane blanche, son extrémité etUrois petites taches au-dessus, brunes. Mêmes lieux que la précédente. NlCNAHlE -|-. ai4. Nicnahia (1). Semblable à TAnthocore^ mais plus petite, et les angles postérieurs du prothorax d'un brun- rougeâtre. Long. 0,002. austriaca Fabr. R. 239. 181. — Hahn, I. 108. pi. 17. f. 58. La teinte des hémiél}^^tres rougeâtre au lieu d'être pâle comme dans TAuthocore, et la membrane noire avec des taches blanches à la base. Autriche, Allemagne. EXORHINE. 315. Exorhinus (2). Noir, la corie des hémiélytres pâle, l'extrémité de l'appendice brun ^ toutes les jambes pâles. Long. 0,002. minutus\-i\nn. 723. 61. — Hahn. L 111. pi. 17. f. 60. — fruticum Fall. 68. 4. — cursiians Burm. 289. 3.' La membrane transparente , légèrement enfumée ; toutes les cuisses renflées, noires au milieu -, le premier et le dernier article des antennes, bruns, celui-ci en palette allongée, dans la femelle surtout, aussi long que le troisième j les deux intermédiaires, ou le second, du moins, pâles-, le troisième un peu plus court que le second, eu cylindre grêle, d'ç. Paris, dans les champs, avec les précédens. (1) Hébreu, 'j:^-^, canak, diminuer. (2) £"!«, en avaul, jh, nez 380 ANINALES 266 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES NUDIROSTRES. (3) DlPYXlDE. 316. Dipyxidium (1). Noir-luisant, la corie des he- miélytres palissante, Tappendice noir. Long. 0,0015. exile Fall. 68. 5. Prothorax assez rétréci antérieurement , avec un sillon prédorsal transverse très prononcé au milieu ; membrane transparente , enfumée, sa base plus pâle-, pattes noires, avec les genoux et les jambes antérieures seulement, pâles ; antennes noires, leurs deux dei'niers articles notablement aplatis en palette dans le mâle, cy- lindriques dans la femelle, d'ç. Paris, dans les champs, notamment dans les têtes de chardon. ScOTEMBRÈQUE. StU . Scoiembrechus (2). Semblable au précédent, mais la corie des hémiélytres entièrement noire. ohscums Hahn. I. 110. pi. 17. f. 59. — Burm. 289. 4. Prothorax et sillon prédorsal transverse comme dans le précédent-, les deux derniers articles des antennes aussi comprimés en palette dans le mâle, mais en cylin- dre grêle dans la femelle que nous y rapportons avec dents, d'ç? Mêmes lieux que la précédente espèce. 2. (1). Les deux derniers articles des antennes en soie fine, velus. 3. (4). Des ocelles. Faciès et caractères généraux du groupe précédent. (1) Ai;, deux, TTv^iov, palelle. (2) SioTot, obscurité, )t//C ihachara, cuirasse. 384 ANNALES 2yW) RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. du prolongement frontal, très analogue à celle des Articu- lipennes, le premier article très court, le second le plus long, légèrement épaissi vers Textrémité, les deux sui- vans fins, d'égale longueur entre eux, légèrement velus '^ le dernier très légèrement épaissi dans le milieu ; bec assez court, arqué, composé de trois articles apparens, les deux premiers d'égale longueur, assez gros, cylindriques, le dernier très court, fin, avec un article annuliforme, à la base? protborax court, en carré transversal, arrondi aux angles antérieurs-, écussoa très petit, triangulaire; abdomen circulaire, notablement plus large que le protho- rax ; hémiélytres entièrement coriaces, atteignant Textré- mite de l'abdomen et le recouvrant entièrement comme- une cuirasse, séparéis entre elles par une suture visible dans toute sa longueur, les petits poils raides qui le cou- vrent le faisant paraître velu, sons un certain point de vue -, pattes courtes, un peu velues, d'un ferrugineux pâle, à peu près d'égale longueur, les antérieures un peu plus tourtes que les autres -, toutes les cuisses un peu épaissies; jambes antérieures munies de poils raides, un peu épais- sies vers leur extrémité, mais sans fossettes spongieuses^ tarses petits, très fins. Saint-Germain-en-Laye ;, trouvé dans des fagots par M. Ghevrolat qui a bien voulu nous en donner deux indi- vidus. 2. (l). Yeux pédoncules, tressaillants. Tarses longs^ de trois articles, le basilaire très petit. 3. (8). Bec fin, atteignant presque Textrémité du sternum. Corps ovalaire, épais, ramassé. — Tête courte, Irans- verse. — Veux gros, réniformes. — Ocelles gros, rappro- chés, situés entre les yeux. — jintennes ayant le premier article très petit, épaissi ; le second grêle -, les deux der- niers d'égale longueur entre eux, velus. — Bec ayant le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 385 (4) TECTICOLLES. SCIODOPTERE. 271 premier article très court, épaissi, le second six fois plus long qne lui. — Prothorax légèrement échancré au bord poste'rieur, avec un sillon prédorsal transverse assez pro- noncé. — Écusson grand, en triangle presque isoscèle, avec un sillon transverse au milieu. — Hémiélytres larges, amples, un peu plus longues que Tabdomen qu'elles recouvrent entièrement. — Pattes assez courtes. Insectes sauteurs, vivant au bord des eaux et carnas- siers. 4. (5). Des hémiélytres entièrement coriaces , les ailes inférieures nulles ou très courtes. Les autres caractères sont ceux du groupe suivant. SciODOPTiîRE. 384. Sciodopterus (1). Noir luisant, sans tache. Long. 0,005. littoralis lAnn. 1\1. 14. —De G. 27". pi. 14. f. 17 — 21. — Fal). 71. 1. — Herr. Sch. VL 41. pi. 194. f. 599. — Jlavipes Fabr. R. 114. 3. — Am. Serv. 404. Quelquefois la base du bec, en dessus , et les pattes, pâles. ^. Dans toute TEurope. De Geer, qui donne (fig. 20) la figure grossie d'une hémiélytre, considère comme étant la membrane (qu'il dit très courte dans la description et dont il admet par conséquent Texistence), ce qui évidemment ne l'est pas ou du moins n'en est qu'un vestige anormal -, il dit que cette hémiélytre offre des taches allongées, transparentes, d'un brun clair etjaunâti-e, qu'il représente, dans sa figure, vers l'extrémité. Il donne aussi (fig. 2i'bb) la figure des ailes (1) SkwJVij, opaque, Tnepov, aile. 2" Série, tome iv. 0(5 :-{86 ANNALES 272 RIIYNCIIOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. (6) inférieures, qu'il repre'sente atteignant les trois quarts de la longueur de Tabdomen. 3. (4). Hemie'lytres ayant une membrane j des ailes in- férieures. 6. (7). Les deux derniers articles des antennes, à peine épaissis. Antennes à peine d'un tiers de la longueur du corps, leur second article le plus long. — ■ Prothorax transversal, ses bords latéraux arqués. — Membrane des hémiélytres offrant quatre cellules allongées, parallèles, Texterne plus petite, et formées par des nervures longitudinales droites et régulières, avec un large bord à Tentour, sans nervures-, ailes inférieures presque aussi longues que les hémié- lytres. — Jambes postérieures garnies de cils raides assez longs, en forme d'épines. OCHTHOPHILE. 3185. Ochthophila (1). Noire, avec deux taches pâles ordinairement au bord externe de la corie, Tune vers la base et Tautre à Textrémité. Long. 0,005. riparia Fall. 72. 2. — Hahn. IL 82. pi. 55. f. 166. Prothorax plus rétréci en avant que dans la Salda, le second article des antennes proportionnellement plus long-, quelques points pâles répandus sur la corie des hémiélytres, entre les taches principales -, membrane d'un brunâtre uniforme-, antennes noires-, pattes brunes, l'extrémité des jambes annelée de pâle, le premier arti- cle des tarses pâle. Midi de la France (Perris); Suède i Allemagne. (I) 0";^â», rivage, tihoç, ami. DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 387 (6) TECTICOLES. SALDE. 273 Métochrie. 586. Metochria (1). Noire ; les deux tiers poste'rieurs des hemiëlytres pâles. Long. 0,004-5. pallipesFahr. R. 115. 12. — Fall. 73. 4. — Herr. Sch. VL 43. pi. 194. f. 600. Peut être simple variété de la suivante , et du reste semblable à elle. c?ç. Tréport (Guérin-Méneville) ; Bohême , Saxe. Salde. saï. Salda. Noire, les hémiélytres plus ou moins tachées de blanchâtre. Long. 0,004. sahatoria Linn. 729. 93. — Fabr. R. 239. 184- — WolfF. 77. pi. 8. f. 74. — Panz. 92. 13. — Latr. N. D. L 73. — Hahn. IL 83. pi. 55. f. 167. — Brull. IX. 28 1 . ~ Blanch. 94. 3. — Enc. pi. 374. f. 8. — maculata Latr. G. III. 142. — littoralis Burm. 216. 3. — Am. Serv. 405. l. — cincta Herr. Sch. VI. 40. pi. 194. f. 598. — zo5«er« Blanch. 941. — Am.Serv. 405. 2. Quelques petites taches jaunes sur la corie des hémié- lytres, la membrane blanche à nervures brunes, avec une tache brune oblongue dans chaque cellule, vers Textré- mité, et une autre à la base -, le bord sans nervure à l'en- toure, généralement nuancé de brun (2) •, pattes pâles, plus ou moins tachées de brun ; antennes noires, Textré- mité des premier et second articles plus ou moins pâle. Dans toute ! 'Europe, sur les rivages et dans les prés humides. (1) MiTà, extrême, à>x?o^} P-'Ie- "*"> î-T mpo-J^r." »»« -• " flans la figure de Hahn. 388 ANNALES 274 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. (35) Cette espèce varie beaucoup pour la coloration. Ou peut distinguer notamment les deux variétés suivantes. 1° — TACHÉE, maculata. Latr. — littoralis Burm. Une grande tache blanche à la base des lié uiiély très. 2° — SAUTEUSE, saltatoria Linn. — cincta Herr. Sch. — zosterce Blanch. Semblable à la précédente, moins la grande tache blanche de la base des hémiélytres. 7. (6). Les deux derniers articles des antennes renflés, fusiformes ■■, le prothorax rétréci en avant, presque noduleux. Antennes longues de plus de la moitié du corps, le second article pas plus long que le troisième. — Jambes postérieures mutiques. Les autres caractères sont ceux du groupe précédent. Ochthè:the. 388. Oçhthetha (I). Noir-, le bord externe des hé- miélytres et la membrane pâles, celle-ci tachetée de brun. Long. 0,003. eleganiula Fall. 75. 7. — Hahn. H. 84. pi. 55. tig. 168. — clai^icornis L. Duf. in litleris. Très ressemblante aux deux espèces précédentes, au premier aspect , la membrane des hémiélytres ayant le même mode d'innervation, avec les nervures brunes, mais sans les taches brunes de l'intérieur des cellules ; les pre- mier et second articles des antennes, pâles, leur base brune, le troisième et le dernier, noirs, la base de celui- ci pie-, pattes pâles. Midi de la France j Allemagne-, Suède. 8. (1). Bec court, gros, ne dépassant pas l'insertion des pattes antérieures. (I) O^'x^vt, rivage, stoî, habitude. DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 389 (9) TECTICOLLES. LEPTERE. 275 Tête courte et large, en triangle obtus. — Yeux très gros, re'niformes. — Occ//e5 petits, adosse's Tun à Tautre sur un tubercule. — Antennes assez longues, très grêles, se'tifonnes j le premier article court, un peu épaissi. — Bec ayant les deux premiers articles ou du moins le second, munis d'e'pines. — Prothorax trape'zoïdal , sillonné transversalement près du bord ante'rieur, les angles poste'- rieut's mousses, non saillans. — Ecusson court, triangu- laire. — Hémiclytres ayant la corie plus longue que la membrane et forme'e d'un tissu en réseau à mailles fines, la membrane transparente-, les ailes inférieures amples, aussi longues que les hémiélytres. — Abdomen ovalaire, ne dépassant pas les bémiélytres de chaque côté. — Pattes fines, assez longues -, les cuisses antérieures un peu ren- flées, armées ainsi que les jambes antérieures d'épines assez longues. Les insectes de ce groupe sont très agiles^ ils ne sautent point, mais s'envolent rapidement dès qu'on s'en appro- che -, ils sont carnassiers, se nourrissant d'auti-es insectes, et ne paraissent quedansles jours les plus chauds de Tan- née, sur le bord des rivières, mais dans des lieux secs. 9. (10). Second article des antennes aussi long que ie troisième. Leptère. 389. Lepterius (1). Noir mat tacheté de jaune. Long. 0,004. lanosus L. Duf. A. Fr. IIL 354. pi. 5 A. f. 14. — Brull. 284. — Blanch. 95. l.~Am. Serv. 403. 2. Bord postérieur du prédorsum liséré, et la corie des hémiélytres extérieurement bordée de blanchâtre, avec (1) Aê-TrToc, léger, Ifiot, laine, 2* Série, tome iv. 27 390 ANNx^LES 276 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. (10) quelques taches de cette couleur à la surface de cette dernière-, la membrane blanclie, les cinq nervures, régu- lièrement longitudinales, noires-, pattes pâles j antennes Lrunes;, le second article du Lee brun, mutique. rf'ç. France me'ridionale. 10. (9). Second article des antennes plus court que le troisième. Leptope. 330. Leptopus (1). Noir, les hémiélytres jaunâties, tachetées de brun-, les yeux non hérissés d'épines. Long. 0,003—4. làfomlis L^lv. G. IV. 383.— L. Duf. A. Fr. IL 109. pi. 6 B. L 2 -, id. III. 354. - Burm. 217. 1.— Blanch. 95. 3. — Am. Serv. 402. 1. — La Punaise marbrée aux gros yeux. Geoffr.488. 8. Quelques taches jaunâtres sur le prédorsum, avec des poils raides et grisâtres -, le bord externe des hémiély ti*es garni de cils épineux, la membrane à cinq nervures lon- gitudinales dont les deux internes confluentes et formant une longue cellule, tachées de noir-, pattes pâles, les cuisses annelées de brun à leur extrémité -, antennes brunâtres, leur second article à peu près de la longueur de la moitié du troisième-, le quatrième de la longueur du second, un peu épaissi-, le premier article du bec le plus long, avec deux épines longues et droites garnissant chacun de ses côtés, le second article un peu renflé et armé de deux épi- nes en-dessus, d*. Dans toute la France-, rare et difficile à saisir. Il n'ha- bite que les rives caillouteuses et sèches des fleuves -, il s'envole à la moindre approche ou se précipite entre les (1) At'TrToç, grêle, ttoûç, pied. DE LA SOj[:iETE ENTOMOLOGIQUE. 391 NUDIROSTRES. NUDICOLLES. 277 cailloux. On lui fait une chasse plus facile dans les temps couverts, et on peut le saisir en appliquant sur lui le doigt mouillé (L. Duf.). EcHINOPS. 231. Echinops {V). Assez semblable au préce'dent, mais les yeux hérissés d'épines. Long. 0,003. L. Duf. A. Fr. IL 113. — Burm. 217. 2. Second article des antennes très court, noduliforme; premier article du bec mutique, le second armé d'une épine de chaque côté. Alger ; Gonstantine, sous les pierres (Lucas) \ Espagne (L. Dufour). DIVISION III. NUDICOLLES. NUDICOLLES (2). Latr. (3). Cette division se distingue de la précédente par un cou rétréci derrière lesyeux (2), et par une membranedes hémiélytres qui présente, quand elle existe, deux gran des cellules discoïdales ( fig. 40 a bj, sauf toutefois les espèces comprises dans le groupe 5 (Hypaptère, Na- bis, etc.) delà subdivision des Spongipèdes, quifoiitexcep- tionàcet égard et n'ont pas même non plus de cou rétréci derrière les yeux, mais que le caractère tiré de la fossette spongieuse qui existe aux jambes antérieures, nous dé- termine à placer ici exceptionnellement. Les Nudicolles se subdivisent en Ramicornes, Spongi- pèdes et Siccipèdes. (1) E'^voç, hérissé, œ^, œil. (2) Nîidus, nud, collis, cou. {■^) Fam. nat. 423. 392 AWNALES •• 278 RHYNCHOTES. HÉMIPTKRES. NUDIROSTRES. SUBDIVISION I. RAMICORKES. RJ MI CORN ES (1) Am. Serv. Holoptilus Le P. Serv. — Am. Serv. Cette subdivision, qui ne contient que des insectes exo- tiques, se distingue de toutes les autres par des antennes dont les articles sont inse'rés avant l'extrémité l'un de Tautre, le dernier article épaissi \ le corps velu à poils rai- des. Son type principal est THoloptile (ursus Le P. Serv. — Am. Serv. 321). SUBDIVISION II. SPONGIPÈDES. SPONGIPEDES (2) Am. Serv. Cimex Linn. — Geoffr. — De G. — Reduvius Fabr. — Panz.— Schell. — V^^olff. — Coqb. — Tign L. Duf.— Burm. — Brull. — Ramb. — Blanch. — Am. Serv. — Nabis Latr. — 01. — L. Duf. — Habn. — Burm. — Ramb. — Blanch. — Am. Serv. — 3Ims Fabr. —Schell.— Wolff. — Peirates Serv. — Ramb. — A. Cost. — Pirates Burm. — Herr. Sch. — Blanch. — Am. Serv. — Prostemma Lap. — Burm. — Curt. — Blanch. — Aptus Habn. — Postemma L. Duf. — Metasteinma Am. Serv. Cette subdivision se distingue de toutes les autres par Texistence d'une fossette spongieuse (fig. 41 a) placée à Textrémilé des jambes antérieures et ordinairement des intermédiaires, en-dessous. M. L. Dufour (A. Fr. III. 350) dit ce qui suit au sujet de cetle fossette en parlant du Prostemme. « Ce corps placé au-dessus du tarse et d'une forme ovalaire, est (1) Ramus, rameau, cornu, antenne. (2) Spongia, éponge, pes, pied. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 393 (3). NUDICOLLES, SPONGIPÈDES. PIRATES. 279 charnu, pulpeux et sa surface inférieure paraît, au micros- cope, couverte d'un duvet serré, excessivement court, semblable à celui du velours : c'est une véritable pelotte spongieuse, un organe éminemment fonctionnel, destiné à exercer Tacte du toucher et de la préhension et adapté aux habitudes d'un insecte essentiellement chasseur. » Nous ajouterons que la membrane veloutée qui tapisse la fossette paraît n'y être point adhérente, mais avoir, au contraire, la faculté de se soulever, et de se gonfler au gré de Tinsecte -, c'est ce que nous croyons avoir observé, no- tamment dans un Piratés. 1. (S). Sillon transverse du prédorsum rapproché du bord postérieur. 2. (5). Bec court, ne dépassant pas l'insertion des pattes antérieures •, le premier article des antennes très court. 3. (4). Un sillon longitudinal médian sur le lobe prédor- sal antérieur. Pirates. 332. Pirates (l). Noir luisant, les hémiélytres rouges, avec des taches rondes d'un noir velouté. Long. 0,012- 13. stridulus Fabr. R. 268. 10. — Schell. pi. 7. f. 2.— WolfF. 125. pi. 12. f. 119. — Ross. 1363. — Enc. pi. 373. f. 37 — 40. — Serv. A. Se. 1831. 9. — L. Duf. R. 59— Burm. 240. 3.— Herr. Sch. IIL 89. pi. 102. f. 313.— Brull.321. — Ramb. 173. 1. — Blanch. 106. 1. pi. 2. f. 6. — Am. Serv. 325. Tête ariondie -, ocelles très gros , placés en arrière des yeux sur un tubercule ; antennes légèrement velues, à poils raides plus ou moins grands, leurs second et troi- sième articles d'égale longueur entre eux, le quatrième (1) nê;.a,TMf, pirate. 394 ANNALES 280 UHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUD1R05TRES. (4) très court-, bec courbé, son second article le plus long; lobe antérieur du prédorsum bombé, ses angles posté- rieurs arrondis;, prosternuni offrant une notable rainure longitudinale au milieu-, les taclies noires des hémiéljtres au nombre de trois, disposées longitudinalement, près du bord interne, Fintervalle entre ces taches d'un jaunâtre pâle -, la membrane d'un brun noirâtre, avec une grande tache ovalaire d'un noir velouté, au milieu -, abdomen bordé de rouge latéralement, avec une tache rouge à la base du ventre ; pattes fortes, les cuisses antérieures sur- tout et les intermédiaires renflées ; tarses de trois articles, le troisième le plus long, avec de forts crochets, cfç. Commun dans toute la France, au commencement du printemps, ordinairement à terre ou sous les pierres. 4 (3). Point de sillon longitudinal sur le prédorsum. CoTps en ovale allongé, à villosité légère et rare, d'un noir luisant un peu bleuâtre. ^ — Yeux légèrement ovalai- res, peu saillants. — Ocelles petits, mais très apparents, placés derrière les yeux. — Antennes a. premier article deux fois moins long que la tête, un peu renflé au bout, les trois suivants à peu près d'égale longueur entre eux. — Bec grêle, presque droit, les deux premiers articles à peu près d'égale longueur.- — Prothorax allongé, un peu ré- tréci en avant, le sillon transverse peu prononcé, un peu arqué, les angles postérieurs mousses. — Ecusson petit. — Heiniélytres quelquefois sans membrane. — Pattes assez courtes, hérissées de poils-, cuisses antérieures renflées en massue, avec une double rangée de dents en dessous, les intermédiaires un peu moins renflées, les postérieures un peu plus longues, presque cylindriques-, jambes antérieu- res fortement élargies à leur extrémité; la fossette spon- gieuse, allongée, existant aux quatre jambes antérieures. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 395 (4) inudlcolles. spongipédes. bracuvélytbops. 281 Prostemme. 333. Prostemnia (1). Noir; la corie des hémiélytres et les pattes rouges -, la membrane brune, aussi longue que Tabdomen. Long. 0,011. guttula Fabr. R. 281. 70 — Panz. 101. 21. — 01. VIII. 140. 3. — Hahn. II. 28. pi. 41. fig. 130. — Burm. 241. 1. -- Curt. pi. 684. — Brull. 322. — Blanch. 106. 2. — Am. Serv. 329. 1. — siapkjliitusTign. 309. Un point blanc sur la membrane, toucbant le bord externe, àFexlre'mitë de la corie, cette membrane offrant trois cellules longitudinales parallèles, avec des nervures droites rayonnant dans la bordure qui les entoure-, anten- nes brunes. Ç. Midi de FEuropej rare aux environs de Paris. M. L. Dufour dit, au sujet des dents que présentent les cuisses antérieures de cet insecte, qu^elles forment une double range'e de très petits piquants noirs, un peu cro- chus, dirigés en arrière dans la rangée antéi'ieure, droits et cylindriques dans la rangée postérieure-, la rainure, ajoute-t-il, formée parles deux séries de piquants, l'cçoit dans la flexion du tibia sur la cuisse, les poils raides qui garnissent le bord inférieur de celui-ci -, il en résulte une sorte de tenaille qui retient la proie vivante qu il a saisie. Brachyélytrops. 334. Brachyelytrops (2). Semblable au précédent, mais la membrane non développée, seulement rudimen- taire; Long. 0,011. (1) ri/io, en avant, o-Ts/x^a, ocelle. Le mot grec irfo peut être aussi employé en composition pour signifier qu'une chose est en évidence; dans ce sens, le nom ne serait pas absolument mal appliqué, quoique M. Lap. de Castelnau ne l'ait donné, dans l'origine, à celle espèce que parce qu'il croyait avoir vu les ocelles en avant des yeux. (2) Bp*;^;t)f, court, i'xuTpov, élylre, m^, (igurc. 396 ANNALES 282 RUYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. (5) brachclytriim L. Diif. A. Fr. III. 350. pi. 5.f. 8.— Am. Serv. 329. La membrane consistant seulement en un bord lëgei- brun, tacheté de blanchâtre à rextrëmlté delacox'ie, celle- ci ne de'passant pas le premier segment abdominal -, point d'ailes inférieures, d'ç. Midi de la France j assez commun. « Je Tai longtemps pris pour un insecte qui n'avait pas encore subi sa dernière métamorphose, dit M. L. Dufour (loc. cit. 352), mais le- scalpel a levé tous mes doutes. » Il ajoute qu il se tient habituellement sous les pierres et \es tas de plantes sèches, et que sa piqûre est des plus douloureuses. Métastemme. 335. Metastemma[V).'^oiY, le lobe prédorsal postérieur et les hémiély très rouges, celles-ci plus courtes que l'ab- domen. Long. 0,006. liicidulum Spin. 96. 2. — A Cost. C. N. 18. — staphylinus Am. Serv. 330. 2. Membrane aussi longue que la corie, atteignant à peine le milieu de Tabdomen, noire, avec une tache blan- che à la base et une autre à Textrémité-, sternum, pattes antérieures et moitié basilaire des quatre cuisses postérieu- res, ainsi que Texti-émité du dernier article du bec, d'un brun rougeâtre. Ç. Midi de la France -, rare aux environs de Paris. 5. (2). Bec long, dépassant l'insertion des pattes anté- rieures, le premier article des antennes allongé. Tête n'offrant pas de cou rétréci derrière les yeux. — Prothorax conique, rétréci en avant, convexe en dessus et arrondi latéralement. — Hémièlytres (membrane des) à 1) M«Tà, en arriére, o-Tf//^», ocelle. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE 397 (6) NUDICOLLES. SPONGIPÈDES. HYPAPTÈRE. 283 nervures longitudinales irrt'gulières. — Pattes assez lon- gues, les cuisses fusiformes, les jambes grêles, les posté- rieures plus longues que les autres. 6. (7). Hëmiélytres plus courtes ou pas plus longues que Tabdomen. Hypaptère. S30. Hypapterus (1). Brun verdâtre ou ferrugiueux, Tabdomen notablement dlargi et dilaté de chaque côté, les hémiélytres ordinairement beaucoup plus courtes que lui. Long.* 0,008-10. suhapterus De G. 287. 27.pl. 15. — Fall. 157. 3— Habn. L 35. pi. 6. f. 24.— Curt. pi. 453.— Burm. 242. 2. — Kamb. 170. 2. — Blanch. 107. 1. —A. Cost. G. N. 18.— Herr. Sch. VI. 108. pi. 215. f. 679. — Am. Serv. 331. 2. — apterus Fabr. R. 281. 72. — Goqb. 94. pi. 21. f. 8. — WolfF. 207. pi. 20. f.200. —01. VIII. 140. — Am. Serv. 331. 1. _ brevipennis Habn. III. 32. pi. 83. f. 252. Des ailes inférieures plus courtes encore que les hémié- lytres. Dans toute l'Europe. Variétés. 1° — BREviPENNE. brefîpeniiis Habn. — suhapterus De G. — apterus Fabr. Hémiélytres n'atteignant pas la moitié de la longueur de Tabdomen, la taille plus grande et le premier article des antennes proportionnellement plus long que dans la suivante. Nous croyons cette variété plus propre aux contrées septentrionales de TEurope. De Geer dit que, lorsqu'on tient cet insecte entre les doigts, il fait un petit bruit aigu par le frottement de sa tête avec le prothorax. Il ajoute que ses œufs sont noirs, luisans, la coque chagrinée exté- rieurement, de forme allongée, cylindrique, arrondie à (1) T'irè, SOUS, «-TTTi/iof, aptère. 398 ANNALES 284 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES NUDIP.OSTRES. Tuii des bouts et un peu courbe'e à Tautre, cette dernière extrémité' coupée transversalement, présentant un enfon- cement profond, entouré par un cercle en forme de bour- l'elet blanc, avec un petit mamelon blanchâtre qui s'élève dans cette cavité et qui présente aussi dans son milieu un petit enfoncement. C'est, du reste, la forme commune à tous les œufs des hémiptères. 2° — suBBRÉviPENNE. suhhre^fipennis* . — suhapterusWa\\n. etc. D'une taille plus petite, les hémiélytres atteignant au moinsles trois quarts de Tabdomen. llyena, au Muséum, un individu des environs de Paris, ou les hémiélytres atteignent l'extrémité de l'abdomen. C'en est un dans cet état que présente la figure d'Herr. Sch. pi. -215. 339. Bizus (1). Gris cendré uniforme, l'abdomen peu élargi, le corps élancé comme dans les espèces suivantes. Long. 0,007-8. dorsalish. Duf. R. 62. pi. 5. f. 55. Ailes inférieures nulles ou seulement rudimentaires.ç. Dans toute la France ; assez commun en août dans le bois de Vincennes, sur des graminées j Milan (Villa). 7. (6). Hémiélytres dépassant l'extrémité de l'abdomen. CoT^s élancé. — Hémiélytres allongées, la membrane offrant une certaine quantité de petites cellules discoïda- les allongées, avec des nervures droites qui rayonnent à Tentour, ce mode d'innervation différant entièrement du type de cette division-, les ailes inférieures aussi longues que les hémiélytres. — abdomen allongé, presque li- néaire. — Pattes grêles, les cuisses antérieures allongées, (1) Hébreu, ^2, f^àx, proie. DE LA SOCIÉTÉ ÉNTOMOLOGIQUE. 399 (8) NUmCOLLÉS. SPONGIPÈDES. NÉBIZE. 285 la fossette spongieuse longue mais peu apparente, e'troite, et paraissant ne pas exister aux jambes intermédiaires. Nabis. 338. Nabis (1). Gris cendré; une ligne noire qui se prolonge sur le vertex et le prédorsum. Long. 0,006-8. feraUnn. 731. 108. — Fabr. R. 255- 11. — Fall. 133. 9. _ [jahn. IIL 31. pi 83. f. 252. — Am. Serv. 332. 3. — i^agrmsFahv.K. 255. 12. — Schell. pi. 3. f. 1. — Wolff. 159. pi. 16. f. 153. — Burm. 242. 1. =— Blanch. 107. 2. —cmerea 01. VIIL 140. 2. — Latr. G. IIL 127. Quelques linéoles brunes peu distinctes sur le prédor- sum, parallèles à la ligne médiane principale : écusson brun, taclié de jaune latéralement-, membrane des bémié- lytres blanche, avec les nervures brunes j pattes pâles, les cuisses pointillées de brun. c^. ç. Commune aux environs de Paris et dans toute la France, sur la fin de Tété, dans Therbe. NÉBIZE. 339- Nebiza (T). Semblable à la précédente , mais verte, sans ligne noire sur le vertex ni sur le prédorsum. viridida G en. in litteris. La corie des hémiély très tachée de rougeâtre, les ner- vures de la membrane blanches comme le {onà.^. Marseille-, Sardaigne j Sicile. Sur le tamaris, au prin- temps. 8. (1). Sillon transverse du prédorsum rapproché du bord antérieur. (1) Brebis sauvage. (2), Hébreu, n~2, biza,huùn, proie. 400 ANNALES 286 rhynchotes. hémiptères. nudirostres. (8) Réduve. 240. Reduvcus (1). Bran ou noir uniforme, luisant, velu. Long. 0,016-17. personatuslÀnn. 72/[. 64. —De G. 281.25. pi. 15. f. 7. — Ross. 1357. — Fabr. R. 267. 7. — Panz. 28. 22. — Schell. pi. 7. f. 1. — Wolff. 79. pi. 8. f. 76. — Enc. pi. 124. f. 29. — Tign. 306. pi. 7. f. 3. — Fall. 156. 1.— L. Duf. R. 61.2. —Hahu. n. 17. pi. 39. f. 125. — Burm. 235. 1. — Brull. 319. — Ramb. 176. — Blanch. 104. 5. — A Cost. G. N. 17. — Am. Serv. 337. — La Punaise mou- che. GeofFr. 436. 4. pi. 9 f. 3. — La Punaise mou- che noire. Stoll. 27. pi. 5. f. 38. Tête arrondie-, ocelles très gros-, antennes fines, velues, leur premier article presque aussi long que la tête, les se- cond et troisième à peu près d'égale longueur, le quatrième court -, bec très aigu, son second article le plus long, le troisième très court-, protborax trapézoïdal, à angles pos- térieui's arrondis, le bourrelet ante'rieur formé par le sillon transverse offrant un sillon longitudinal qui se prolonge sur le disque poste'rieur-, écusson très court, finissant en épine aiguë-, hémiélytres entièrement membraneuses, sauf un boi'd externe assez large, à la base, légèrement co- riace*, abdomen en ovale allongé, un peu étranglé à sa base j pattes velues, assez longues, les postérieures plus que les autres, les cuisses antérieures renflées, fusiformes^ la fossette spongieuse très prononcée aux quatre jambes postérieures. d'ç. Assez commun dans l'intérieur des maisons. En état de larve, il est tout velu, d'une figure difforme-, il se tient dans les coins remplis de poussière, se couvrant de dé- bris et d'ordures pour rester inaperçu et poursuivre plus (1) Beduviœ, débris, dépouilles. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 401 (-8) NUDICOLLES. SPONGIPÈDES. KÉDUVE. 287 sûrement les autres insectes dont il fait sa proie, et qui sont quelquefois aussi gros que lui. Il s'en approche dou- cement par saccades, puis s'élance sur eux et les saisit avec l'une de ses pattes antérieures. Il fait notamment la chasse aux Punaises, ainsi qu aux mouches et aux éphé- mères. Sa piqûre paraît être très venimeuse pour les insec- tes qu'elle atteint : ils meurent presque aussitôt après l'a- voir éprouvée •, les araignées n'osent s'approcher de lui quand il s'est engagé dans leurs toiles; elles l'y laissent mourir de faim avant de venir le dévorer. Cette piqûre est même très douloureuse pour les hommes; elle fait as- sez fortement enfler la plaie qu'elle a occasionnnée. L'insecte parfait vient souvent, pendant les nuits chau- des de l'été, voler dans les habitations, autour des lumiè- res. Rossi dit que, lorsqu'on le tient dans la main, il fait un bruit semblable à celui du Cerambyx, en frottant le bec contre la poitrine, et que ce bruit cesse quand le bec est coupé. Il ajoute qu'il l'a pris sous l'écorce des arbres, et que la larve se trouve souvent dans les troncs pourris, cachée par des débris. De Geer en a gardé une nymphe dans un poudrier où elle a passé tout l'hiver immobile, sans manger, maigre et le ventre aplati; elle s'est ranimée au retour de la belle saison -, il lui a donné alors des mouches qu'elle a sucées avec avidité •, bientôt son ventre est redevenu gros et rempli , puis elle a passé à l'état parfait. Il dit que le Réduve se trouve aussi dans l'Amérique Septenti-ionale, notamment dans la Pensylvanie, où peut- être il aura été transporté d'Europe. 402 ANNALES 288 RUYNCH. HÉMIPT. NUDIROSTRES. NUDICOLLES. (1) SUBDIVISION m. SICCIPEDES. SICCIPEDES (1). Am. Serv. Cette division se distingue de la précédente par Tab- sence de la fossette spongieuse aux jambes antérieures et intermédiaires. Elle se subdivise en Trigonichefs, Brévi- chefs et Cylindrichefs. TRIDIVISION I. TRIGONICHEFS. TRIGONICIPITES (2). Çimex Linn. — JRedimus Fabr. — Wolff. — Coqb. — P. Beauv. — Le P. Serv. — Herr. Sch. — Zelus Blanch. — Harpactor Lap. — Burm. — B.amb. — A. Gost. — Am. Serv. — Rldnocoris, Colliocoris \{d\\n. — Holoiri- chius Burm. — A. Gost. — Am. Serv. Cette tridivision se distingue des deux suivantes par une tête prolongée triangulairement au-delà des yeux. 1. (4). Crochets des tarses comprimés, avec une dent à leur base. Corps large, assez ramassé. — Tête triangulaire, avec un prolongement en cône mousse au-delà des yeux et un cou court en arrière. — Yeux assez petits et saillants, avec un sillon transverse sur le vertex derrière eux. — Ocelles gros, placés sur une éminence gibbeuse, derrière le sillon Iransverse. — antennes assez longues, le pre- mier article le plus long, le second le plus court. — Bec grêle, arqué, cylindrique, atteignant le milieu du proster- num, son second article plus long que le premier, le troi- (1) Siccus, sec (non spongieux), pes, pied. (2) Le nom de Conichefs précédemment donné par nous (Am. Serv. 350) à celle subdivision n'étant pas régulièrement opposé à Cylindrichefs, puis- qu'un cylindre peut être conique, nous croyons devoir lui substituer ce- lui de Trigonichefs, trigonnt, triangle, copvi, télé. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 403 (2) SICCIPÈDES. TRIGONICHEFS. RHINOCORE. 289 sième court. — Prothorax trapézoïdal, avec un sillon trans- verse plus rapproche du bord ante'rieur et un sillon longi- tudinal sur le bourrelet ante'rieur -, les angles postérieurs mousses, le bord postérieur echancré, avec une espèce de denticulation de chaque côté. — Hémiélytres aussi lon- gues que Tabdomenj avec une espèce de guillochage et un reflet presque métallique dans le tissu des cellules. — Abdomen ovalaire, à bords aplatis, légèrement dilatés, et dépassant les hémiélytres de chaque côté. — Pattes assez fortes, les cuisses antérieures un peu renflées. 2. (3). Pattes rouges plus ou moins tachées ou annelées de noir. Rhinocore. Z^t. Rhinocoris (I). Rouge, diversement variée de noir. Long. 0,013-20 armulatiis Linn. 725. 71. — De G. 286. 26. — Fabr. R.27I. 24.— Ross. 1358.— WolfF. 81.pl. 8. f. 78. — Fall. 157. 2. — Hahn. IL 22. pi. 40. f. 128. — Burm.230. 2. —A. Cost. G. N. 13. — cruentus Fabr. R. 272. 28. —WolfF. 38. pi. 4. f. 38. — Hahn. IL 21. pi. 40. f. 127. — Burm. 230. 1. — Blanch. 102. 10.pl. 2. f. 4. — A. Cost. G. N. 14. 1. — iracwidus Scop. E. G. 378. — Ross. 1359. — Fabr. R. 278. 59. — Ramb. 178. — Arh. Serv. 365. 1. — La Punaise noire à pattes rouges. GeolFr. 437. 5. Côtés de Tabdomeu tachés de noir et de rouge -, mem- brane brune. Midi de la France et de l'Europe. Nous rapportons à la même espèce, comme simples va- riétés, les suivantes : (1) P'n, nez, Kopn, punaise. 404 ANNALES 290 BHYNCH. HÉMIPT. NUDIROSTRES. NUDICOLLES. (3) 1° — CRUENTE. cruentiis F ahr. — iracundus Fabr. Corie des hëmiëlytres rouges. Quelquefois les pattes entièrement rouges, sauf les ge- noux noirs, le lobe prédorsal postérieur rouge, Tanté- rieur plus ou moins noir, cfç* Quelquefois les cuisses noires, seulement annelées de rouge, avec le prédorsum noir et deux taches rouges sur son disque. C'est ce qui nous paraît être le R. iracundus Fabr. Quelquefois le prédorsum noir, seulemen t bordé de rou- geâtre postérieurement. 2° — ANNELÉE. annulatus Linn. — cruenius^dixnh . — Am. Serv. Corie des hémiélytres, ainsi que la tête et le pré- dorsum, noirs-, cuisses antérieures et postérieures noires, deux fois annelées de rouge -, cuisses intermédiaires en- tièrement noires, d'ç. Commune dans le midi de l'Europe -, rare aux envi- rons de Paris-, dans les lieux arides et élevés. Suivant M. Rambur, la femelle dépose ses œufs sur les petites branches des végétauxj au nombre de trente à quarante, collés les uns aux autres en forme de petit pa- quet-, ils sont cylindriques et légèrement courbés -, la petite capsule qui les ferme par un bout, ressemble, dit- il, à celle qui recouvre le fruit des mousses. 3. (2). Pattes brunes ou d'un ferrugineux rougeâtre, plus ou moins tachetées de jaunâtre. Harpactor. 34«. Harpactor (^i). Brun ferrugineux rougeâtre uni- forme. Long. 0,012-15. hœmorrhoidalis Fabr. R. 275.41 . — A. Cost. C. N. (I) A'p'Ka.K'riip, ravisseur. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 405 (3) SlCr.lPÈDES. TRIGONICHEFS, SCOTARPAX. 291 15. 2— Herr.Sch.VII. 13. pi. 221. f. G90, 691.— Am. Serv. 366.2. Le léger bord post(^rieur relevé du prédorsum, une petite ligne longitudinale sur Te'cusson et une tache laté- rale sur chaque segment de Tabdonien, d'un jaune blan- châtre, d* ç. Environs de Paris-, commun dans le midi de l'Eu- rope. VHarpactor cûpensis Am. Serv. (366) n'en est proba- blement qu"'une variété. Ch ATHAPHE. 348. Chathaphus (1). Assez semblable au précédent, . mais les pattes finement tachetées de jaunâtre. Long, 0,008-9. griseusKoss. 1362. -- Hahn. IL 25.pl. 41. f. 129. — Herr. Sch. VI. 106. pi. 215. f. 677. — œgyp- tius Fabr. R. 279. 62. — Wolff. 83. pi. 8. f. 80. — Coqb. 93. pi. 21. f. 7.— Blanch. 102.12. pi. 2. f. 5.— Am. Serv. 366.3.— mwmjtw Ramb.? 177.1. D'un ferrugineux sale, obscur, couvert d'une viiiosité grisâtre ; Tabdomen rouge en dessus, sous les hémiély- tres, ses côtés tachetés de jaunâtre j le disque ventral jaunâtre, ses côtés tachetés de cette couleur -, une pointe prononcée sur Técusson. d'ç. Midi de l'Europe -, environs de Paris. ScOTARPAX. % 844. Scotarpax (p,). D'un noir intense luisant unifor- me, avec l'extrémité del'écusson, les bords de l'abdomen (1) Hébreu, ^inn, chathaph, piller. (2) SxÔTot, lénébre, 'ipira^, ravissseur 2* Série j tome iv. 28 406 ANNALES 292 nHYNCHOTLS. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. (4) taches et tout le disque ventral d'un gris sale. pâle. Long. 008. niger Herr. Sch. VIL I4. pi. 221. f. 693. Espagne (Gliiliani) d* ? L'individu de Hongrie figure par Herr. Sch. a de plus les hemiélytres grises. 4. (1). Crochets des tarses longs, grêles, sans dent à leur base. HOLOTHRIQUE. 345. Holothric.hius{\). Brun uniforme, les côtés de l'abdomen tachetés de noir et de jaune. Long. 0,018. maurus Fabr. R, 280.68. — Herr. Sch. VIL 14. pi. 221. f. 693. — tenebrosus Burm. 248.1. — Cyrilli A. Cost. A. Fr. X. 283. pi. 6. f. 2. — Am. Serv. 377. Faciès du Réduve ; tète assez petite et ari'ondie-, yeux tressaillants-, ocelles gios, rapprochés, placés sur une émi- nence-, antennes assez longues, leur premier article plus long que la tète, très peu épaissi , le deuxième encore plus long, cylindrique, le troisième court j bec court, arqué, son second article plus long que le premier-, prothorax très rétréci en avant, le bourrelet antérieur court, inégal, divisé en deux lohes par un sillon longi- tudinaL avec une épine sur chacun d'eux -, les angles pos- térieurs finissant en pointe mousse, le bord postérieur légèrement arqué -, hemiélytres aussi longues et aussi larges que Tabdomen à peu près, la membrane très grande, avec les deux cellules discoïdales ordinaires très régu- lières -, pattes finement velues, longues, grêles, les pos- térieures surtout-, tarses grands. (J) O''xoç, loul, 6/51^, poil. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 407 (1) NUDICOLLES. SlCClPEDES. CYLINDRICHEFS. 293 Midi de TEurope-, Corfou ( Burmeister )•, Naples (A. Cost. a), TRIDIVISION IL BREVICHEFS. BREFICIPITES (1) Am. Serv. Reduvius Le P. Serv. — SphyEridops Am. Serv. Cette tridivision se distingue des deux autres par une tête courte, coupée droit et non prolongée au delà des yeux, ceux-ci très gros, hémisphériques et se rejoignant presque en dessous. Elle ne contient qu'une seule espèce connue, qui est exotique, leSpseridops(rtmc??i« Le P. Serv. — Am. Serv. .382). TRIDIVISION III. CYLIIVDRICHEFS. CYLINDRICIPITES (2) A. Serv. Cimex Geoffr. — Reduvius Ross. — Gerris FaLr. — Fall. — Stenopoda Lap. — Ara. Serv. — Ochetopus Halm. — Oncocephalus Burm. Cette tridivision se distingue des deux précédentes par une tête (fig. 42) prolongée en forme de cylindre au-delà des yeux, remarquable surtout dans les espèces exotiques, no- tammentdansleSténopode(czncreaLap. — Am. Serv. 390). antennes insérées à Textrémité du prolongement cé- phalique, le premier article dépassant ce prolongement. 1. (2). Cuisses antérieures renflées et dentées en-des- sous. Veux ronds, très saillants. — Ocelles très gros, placés sur une éminence. — Antennes courtes, le premier ar- ticle épaissi et courbé, le second très long, grêle, légère- ment courbé-, les deux derniers courts, très fins, d'égale (1) Brevis, court, caput, lèle. (2) Cylindrtis, cylindre, caput, tête. 408 ANNALES 294 RHYNCII. HÉMIPT. NUDIROSTRES. NUDlCOLLES (l) longueur entre eux, finement velus. — Bec fort, arqué, le premier article un peu plus court que le second. — Prédorsum rétre'ci antérieurement, avec un le'ger sillon transverse au milieu, et quelques ligues longitudinales ëleve'es, les angles poste'rieurs non saillants. — Ecusson court, terminé par une pointe courte, mousse. — Hémié- lytres de la longueur et de la largeur de Tabdomen, avec une principale ligne longitudinale élevée, au milieu. — abdomen allongé, avec une carène ventrale. — Cuisses antérieures très renflées, les autres très grêles, les posté- rieures presque du double plus longues que les intermé- diaires. Oncocéphale. 846. Oncocephalus (1). Gris jaunâtre-, une tache noire en forme de ligne allongée sur la membrane. Long. 0,015. squalidus Koss. 1364. — Burm. 242. Le prolongement céphalique faisant les deux tiers de lalongueurde la tète, trisillonné longitudinalemeriten des- sus j yeux noirsi unegrande tache noire derrièrelesocellesj le premier article des antennes presque aussi long que la tète-, Texlrémité du bec noire-, une courte épine à chaque angle antérieur du prothorax-, la tache noire de la mem- brane veloutée, en cône très allongé et aigu-, les cuisses faiblement annelées de brun à leur extrémité, toutes les jambes annelées de brun vers leur base, et brunes à leur extrémité, d". Midi de l'Europe-, nord de l'Afrique. Méchassave. né'9.Mechassa\fus (2). Grisâtre-, des linéoles longitudi- (1) CyKoç, enflure, xjça», léle. (2) Hebrou, 2Vn chaisab, inciser. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 40î) (2) S'CCIPÈDES. CYLINDRICHEFS. PYGOLAMPE. "295 nales brunes et pâles sur le prédorsuni -, la membrane d'un brunâtre uniforme. Long. 0,013-14. Prolongement céphalique au-delà des yeux, notable- ment plus court que dans Tespèce précédente; premier article des antennes un peu plus court que le prolonge- ment céphalique -, angles antérieurs du prothoi'ax en tu- bercule mousse-, pattes pâles, 'les cuisses et le dessous du corps tachetés, les jambes antérieures et intermédiaires trois fois, les jambes postérieures deux fois, annelées de brun. d*. Sicile (Ghiliani)-, Algérie (Lucas). Il doit se trouver dans le midi de la France. 2. (1). Cuisses antérieures non dentées en dessous. Pygolampe. 348. Pygotampis {[). Brun ferrugineux, le ventre non caréné, la tête se prolongeant en pointe aiguë. Long. 0,015. ;?a/%e5Fabr.R.262.6. — Burm.243. l. — Blanch. 108. 3. — Am. Serv. 391. — denticollis Fall. 161. 23. — bifurcata Germ. F. 8. 22. — spinicolUs Hahn. I. 177. pi. 28. f. 92. — La Punaise porte-épine. Geoffr. 438. 6. Corps s'élargissant assez notablement en arrière et fi- nissant en ovale très pointu-, prolongement céphalique en avant des yeux guère plus long que la partie posté- rieure delà tête-, ocelles petits, peu saillants-, antennes courtes, velues, le premier article de la longueur de la tête, fusiforme, légèrement courbé, les deux suivants très courts, à peu près d'égale longueur, le quatrième un peu pluslongquele troisième ; bec gros, presque droit, appli- ( l) Wv^i, derrière, xny.wxç, lampe. 410 ANNALES 296 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. que contre la gorge, le premier article deux fois plus long que le second, légèrement comprimé latéralement-, une épine aiguë en-dessous, au bord antérieurdu prosternum, dirigée vers la tête-, prolhorax allongé, rétréci en avant, avec un sillon prédorsal transverse peu sensible au mi- lieu , les angles postérieurs presque mousses ; ventre grisâtre", cuisses antéi'ieures fusiformes , plus grosses et plus courtes que les autres, les postérieures du double plus longues, grêles, ç. Dans toute l'Europe méridionale-, très rare aux envi- rons de Paris. DIVISION IV. LONGICOXES. LONGICOXI (1) Am. Serv. Cimex Linn. — GeofFr. — De G. — Tign. — Ploia- ria Scop. — Latr. — Brull. — Blanch. — A. Gost. — Gerris Fabr.— Schell. — Wolff.— Fall.— Burm. —Emesa Fabr. — Am. Serv. — Emesodeina Spin. — Ramb. — Am. Serv. — Plœaria Am. Serv. Cette division se distingue de toutes les autres par des banches antérieures (fig. 45 a) grêles, très longues. Emésodême. 349. Emesodeina (2). Aptère, jaunâtre, le thorax long, grêle, l'abdomen très élargi en forme de bateau. Long. 0,007-8. domestica Scop. D. I. 60. pi. 24. f. A. 1. 2-, id. III. 52. pi. 25. f. 5. 7.— -Ross. 135.6. —Eue. pi. 131. f. 5-7. — Am. Serv. 396. ^1) Longus, long, coxa, hanche. ("2) Emesa, cl i-ifAnç, corps. DE LA SOCIÉTÉ EWTOMOLOGIQUE. 411 LONGICOXES. PLÉIÈRE. 297 Point d'ocelles-, antennes filiformes, le second article un peu plus court que le premier -, les deux premiers ar- ticles du bec d égale longueur, le dernier grêle, plus long que les deux autres pris ensemble: prothorax rétre'ci en arrière, aussi long que le mésolhorax et le me'tathorax ensemble-, mésothorax rétréci en avant, trapézoïdal-, méta- thorax presque carré-, une longue épine. à la base des cuisses antérieures. Les autres caractères sont ceux de l'espèce suivante. é<^. Italie, Espagne, et probablement midi de la France, dans les maisons. Cette espèce se nourrit de petites tipules et de mou- cherons qu'elle saisit avec les pattes antérieures pour les sucer, courant la nuit pour les chercher-, elle attaque même sa propre espèce. Elle paraît en été et en au- tomne. La femelle n'a point d'oviscapte; elle dépose ses œufs, au nombre d'une douzaine, sur l'emplacement qu'elle choisit et oii ils se fixent à l'aide du gluten qui les enve- loppe -, ils sont oblongs et un peu velus -, la larve en sort au bout d'environ six jours, privée d'abdomen mais du reste semblable à l'insecte parfait, dit Scopoli. Pléière (fig. 45). 330. Plœaria (1). Ailée, jauniitre, tachée de brun, le prolhorax carré, i-ecouvrant le mésothorax. Long. 0,004. vagahimda Linn. 732. 1 19. — Fabr. R. 262. 9. — Ross. 1355.— Schell.pl. 8. f. l. — WolfF. 203. pi. 20. f. 197.— Latr. ]N. D. XVilI. 133. — Fall. 163. 1.— Burm. 224.--Brull. 312. — Blanch. 100. pi. 2. f. 1. — A Cost. G. N. -14.— Am. Serv. 397. — (i) nxo»*,û(ov, pelil baleau, en frauçais pleiere, mieux que Pléarie (Am, Serv. 396).' 412 ANNALES 298 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIKOSTRES. culicifomiisDe G. 323. 41. pi. 17. f. 1-2. — Enc. pi. 373. f. 41. — «tort Scop. D. m. 51. pi. 25. f. 8. — La Punaise culicifoniie. GeofFr. 462. 58. Tête petite, arrondie postérieurement, yeux petits, peu saillants, avec un profond sillon entre eux-, ocelles non apparents (très petits, suivant Latreille); antennes capil- laires, plus longues que le corps, les deux premiers arti- cles très longs, à peu près d'égale longueur entre eux, le troisième plus court des trois quarts que le second , le qua- Irième encore plus court, légèrement fusiforme; bec court, gros, arqué, son premier article aussi long que les deux autres ensemble, le second renflé en -dessus, le troisième fin, aigu-, protborax court, en cai'ré long, avec un sillon transverse au milieu, tous les angles arrondis; hémiélytres de la longueur de Tabdomen, la membrane à petitescellulespentagonales, avec toutes les nervures blan- ches^ ailes inférieures amples, transparentes, irisées; pattes pâles, annelées de brun, les antérieures courtes, épaissies, les hanches presque aussi longues que les cuisses, celles-ci i-enflées, fusiformes, un peu comprimées latéra- lement, armées d'épines en-dessous, les jambes presque aussi longues qu'elles, le tarse n'ayant qu'un seul article muni d'un seul crochet; les autres pattes très longues, capillaires, avec les tarses petits, de trois articles, le der- nier muni de deux crochets, d*. Environs de Paris, sur les arbres, où, ditGeofïi-oy, elle vacille et se balance comme les tipules. On la trouve aussi dans les maisons. De (ieer dit quelle marche lente- ment, à pas grave et mesuré, sur ses quatre pattes posté- rieures comme sur des échasses, mais quelle s'envole ai- sément et avec promptitude. La larve se couvre dépous- sières et vit de proie, elle a les pattes très velues, à poils DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 413 STAGNIGRADES. HÏDROMÈTRE. "299 longs et frisés comme de la laine , le corps d'un grisclair, ponctué de noir. DIVISION V. STAGIVIGRADES. STAGNIGRADI (l) Ara. Serv. Cimex Linn. — Geoffr. — De G. — Tign. — Hijdro- metm Latr. — Fabr. — Le P. Serv. — Scliumm. — Brull. — Blanch. — A. Gost. — • Am. Serv. — AcfunriusScheW. — Einesa Fall. — Limnohates Burm. — Ramb. L'espèce unique qui compose cette division se distingue de toutes les autres par une tête filiforme (fig. 46), plus longue que le protborax, faisant à elle seule presque le tiers de la longueur du corps. Hydromètre (fig. 46). 851. Hydrometra (2). Corps linéaire, filiforme, d'un noir mat. Long. 0,012. stagnorumLmu. 732. 118. — Fabr. R. 258.6. — Ross. 1353.— Schell. pi. 9. f. 2.— Latr. G. III. 131. 1.— Fall. 162. 2.— Curt. pi. 32.— LeP.Serv.265.pl. 374. f. 21, 23 (larve). —Schumm. 14.pl. 1. f. 5 {é). 6 (ç). — Burm. 211. — Brull. 304. — Ramb. 186.— Blancb. 98. — A. Cost. C. N. 1 1 .— Am. Serv. 400. — acus De G. 322. 40. pi. 15. f. 24, 25. — Tign. 284. —La Punaise aiguille. Geoffr. 463. 60. Tête grossissant notablement krextrémité, avec une petite saillie pointue prolongée au-delà des antennes-, yeux petits, globuleux, saillans, placés un peu en-deçà du mi- lieu de la tête ; point d'ocelles-, antennes fines , insérées à l'extrémité de la tête, longues de près tle la moitié du (1) Slagnuni, étang, g r a di, marcher. (2) T'i'mp, eau, [ji.iTp'M, mesurer. 414 ANNALES 300 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. NUDIROSTRES. corps, lepremier article court, épaissi, le second plus grêle, un peu plus long que lui, le troisième très long, trèsgrêle, le quatrième un peu plus court que lui et le'gèrenient épaissi-, bec fin, droit, capillaire, plus court que la tête, ne paraissant composé que d'un seul article-, thorax cylin- drique, le protliorax formant à peu près la moitié' de sa longueur totale-, ailes seulement rudimentaires, en forme de moignons courts, à peine apparents dans les individus qu'on rencontre le plus ordinairement, cet état étant celui de la nymphe; mais lorsqu'elles sont développées, à l'état parfait, les supérieures, ou hémiélytres, aussi longues que l'abdomen, linéaires, arrondies au bout, avec deux grosses nervures longitudinales, dont l'externe se réunit à la côte au milieu, et en outre, deux nervures, Tune transversale à l'extrémité et l'autre oblique, placée un peu plus haut, lesquelles s'anastomosent avec les deux nervures longi tudi- nales-, leur tissu membraneux, d'une nature homogène dans toute son étendue et d'un brun sombre uniforme; les ailes inférieures aloi's aussi longues et de même forme que les supérieures, d'un blanc transparent légèrement enfumé-, abdomen allongé, composé de six segments et terminé par une pièce anale arrondie, armée d'une pointe courte, droite, plus longue, dit Schummel, dans le mâle que dans la femelle-, pattes capillaires, d'égale grosseur entre elles, les postérieures un peu plus longues que les autres; tarses de deux articles, avec deux crochets à leur extrémité. Dansloute l'Europe, au bord des étangs et des ruisseaux, dans les herbages, marchant lentement sur les plantes aquatiques et, dit DeGeer, à la surface de l'eau. On la rapporte aussi de l'Amérique septentrionale. De Geer dit qu'il n'a pu la trouver au nord de Stockolm. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 415 AMPHIBIOCORES. PLOTÈRES. 301 TRIBU SIXIÈME. AMPHIBIOCORES. AMPHIBIOCORES {l) L. Duf. Cette tribu se distingue de toutes les autres par une disposition particulière des crochets des tarses, cjui sont insères dans une echancrure en dessous avant rextrémité du dernier article (Gg. 49). Ces insectes se tiennent à la surface de Teau, où ils s'a- vancent soit par un mouvement analogue à celui de la rame, soit en courant. La disposition de leurs tarses sem- ble avoir précisément pour objet ce séjour à la surface de Teau, quoique cependaiit Thydromètre , qui marche aussi sur leau, dit-on, et qui appartient à la tribu précé- dente, ait les crochets des tarses insérés à leur extrémité comme tous les autres hémiptères. Les Araphibiocores se divisent en Plotères ouRameurs et Hydrodroraes. DIVISION I. PLOTÈRES. PLOTERES (2) Latr. Cimex Linn. — De G. — Geoffr. — Tign. — ffy- drometm Fabr. — Burm. — ■ Ramb. — Gerris Fabr.— L, Duf. — Schumm. — Brull. — Blanch. — A. Cost. — Am. Serv. — Aquarius Schell. Cette division se distingue de la suivante et de tous les autres hémiptères parles quatre pattes postérieures (iig. 47 a a) très longues, fdilormes et faites pour ramer sur l'eau. Corps généralement d'un soyeux velouté, brun ou noir mat ferrugineux en dessus, grisâtre en dessous. — Tête (1) AfAtiCiot, amphibie, «é/xc, punaise. M. L. Dufour (R. 68) écrit à tort Âmphibicorise. (2) nx'yjTJip, navigateur. 416 ANNALES 302 HHYMCHOTES. HÉMIPTÈRES. triangulaire, enfoncée dans le protliorax jusqu'aux yeux. — Feux gros, globuleux, très saillants. — Ocelles petits, place's près des yeux. — Jutennes de quatre articles (le dernier légèrement aplati en forme de rame, dans Tétat de larve). — Bec distinctement de quatre articles, les deux premiers très courts, annuliformes, le troisième le plus long, cylindrique, le quatrième fin, très aigu. — Mesos- ternwn très grand. — Abdomen rétractile et s'allongeant à volonté dans la larve et dans la nymphe, composé de six segments distincts, le dernier suivi de trois anneaux supplémentaires dont aucun n'est fendu dans le mâle, et de deux seulement dont le premier est fendu longitudi- nalementen dessous dans la femelle. — Pa^fe5 antérieures courtes, avec les cuisses mutiques, un peu épaissies, les hanches fortes et notablement saillantes, les jambes légè- rement arquées, les tarses de deux articles, et les crochets petits, insérés presque à l'extrémité du dernier article, en dessous ; les quatre pattes postérieures fines, les intermé- diaires plus longues que les deux autres-, leurs tarses très longs, sétiformes, de deux articles, le premier beaucoup plus long que lesecond. Les insectes de cette division se tiennent à la surface des eaux tranquilles et ombragées, où ils s'avancent ordi- nairement par saccades en opérant un véritable mouve- ment de rame ou de natation \ les qiiatre tarses posté- rieurs, horizontalement appliqués sur Teau, y plongent plus ou moins, et Tinsecte s'en sert, comme le rameur fait de la rame ou le nageur de ses membres, pour prendre un point d'appui dans la résistance du liquide, et s avancer à Taide du mouvement de propulsion qu'il donne à son corps, qui glisse comme un bateau à la surface. Quand on les a mis à sec sur la main, ils cherchent à s'échapper en sautant j ils sautent et bondissent aussi quelquefois à la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQTIE. 117 AMPHIBIOCORES. PLOTÈRES. '.\0?> surface de l'eau. Cependant, ils ne se tiennent pas cons- tamment sur Teau, mais se retirent quelquefois à sec sur le rivage ou sur les tiges des plantes. La nuit ils se tien- nent immobiles sur Teau. Ils passent Thiver engourdis dans cet élément, où ils s'enfoncent à son approche, et re- paraissent à la surface dès les premières chaleurs du prin- temps; ils peuvent aussi néanmoins passer celte saison à sec sur le rivage, dans les lieux où il ne gèle pas. Ces insectes sont essentiellement carnassiers-, ils se nourrissent en suçant la substance molle d'autres insectes, soit morts, soit vivants, qu ils trouvent à leur portée. Ils se dévorent entre eux quand ils sont affamés, les plus forts se jetant sur les plus faibles. Quand ils sont restés depuis longtemps sans nourriture, ils se précipitent avec vora- cité sur la proie qu'on leur jette, et y restent attachés des heures entières, sans qu'on puisse la leur faire lâcher, même en les touchant du doigtj ils fuient alors en l'entraînant avec eux. Ils saisissent celte proie avec les pattes anté- rieures, entre la jambe et la cuisse qu'ils plient l'une contre l'autre et dont le duvet court qui les garnit, comme le reste du corps, pour les défendre contre l'action de l'eau, sert à retenir l'objet, à la place des épines ou piquants dont la cuisse est armée dans les autres insectes ravisseurs, mais dont on ne voit aucune trace dans ceux-ci. Ils cher- chent en général, avec leur bec, les parties molles du corps de l'insecte qu'ils veulent sucer, et commencent ordinai- rement par l'abdomen. Toutefois, leur piqûre ne paraît pas venimeuse pour ceux qui en sont atteints: c'est ce que nous avons observé sur quelques individus qui ont été arrachés par nous à l'ennemi qui venait de les saisir, et qui ont continué à vivre après lui avoir échappé;, parais- sant faibles et souffrants d'abord par suite de leur bles- sure, ils ont ensuite repris toute leur vivacité. Lorsque 418 ANNALES 304 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. l'insecte, bien repu, quitte sa proie après Tavoir longtemps sucée, il se met à marcher lentement sur Teau sans faire le mouvement de rame par saccades qui lui est habituel. Ces insectes répandent une odeur très désagréable quand on les écrase ou qu'où les blesse. Le mâle , suivant De Geer, montre dans ses presque continuels accouplements une ardeur et une ténacité très remarquables, monté sur le dos delà femelle, il la tient embrassée à Faide île ses pattes antérieures et ne lui laisse presque point de relâche dans ses caresses, malgré tous les efforts qu'elle fait quelquefois pour s'en dégager, soit en élevant le devant du corps, soit en se servant de ses pattes pour le renverser; elle parvient ainsi quelquefois à le chasser, mais le plus souvent il se laisse culbuter avec elle plutôt que de lâcher prise. Les œufs, suivant M. L. Dufour (R. 219), sont allon- gés, cylindroïdes, non tronqués à l'un des bouts. Au lieu des'ouvrir par un opercule, ils se fendent ou se déchirent longitudinalement dans leur tiers antérieur, et la larve sort par cette fente. La femelle pond les œufs à la suite les uns des autres, mais non contigus ni sei'rés entre eux, dans une espèce de bourre mucilagineuse fixée sur des brins déplantes immergées. Onvoltquelquefois, dit-il, en- gagée dans !a fente de l'œuf, une fine membrane qui était sans doute l'enveloppe de lalarve dans l'intérieur de l'œuf. Le même auteur dit que l'éclosion a lieu vers le mois de juillet; mais nous en avons vu éclore vingt-deux indi- vidus du 1 au 4 octobre 1845 dans un vase plein d'eau où nous avions mis une plante aquatique prise sur les bords de laSeine, à l'île Saint-Ouen, le 18 septembre précédent, avec des Gerris de différents âges; et comme on trouve ces Gerris de différents âges à toutes les époques de l'année où l'étatdela température leur permet de se montrer, on peut DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 419 AMPHIBIOCOREP. PLOTÈRES. 305 en tirer la conséquence que l'ëclosion a liexi dgalement dans tout le cours de Tanne'e, suivant Tétat de la tempéra- ture. Ilx'ésulte encore de la même observation que Téclo- sion n'a lieu qu'une vingtaine de jours après la ponte, du moins à cette époque de 1 année. Les œufs étant déposés sur les plantes immergées, il en résulte qu'ils doivent éclore dans Teau, et que la larve doit traverser le liquide par un mouvement qui lui est propre pour arriver à la surface. C'est ce que nous avons en effet observé dans roccasion dont nous venons de parler. Nous avons vu les larves rester plusieurs heures dans Teau avant de parvenir à cette surface. L'éclosion paraît avoir lieu indifféremment, n'importe à quelle heure du jour et de la nuit j le soir ou le matin, nous voyions plusieurs larves plongées dans le liquide, et le lendemain ou dans la soirée du même jour, nous en comptions un nombre proportionnel de plus ramant à la surface. Quelquefois, elles étaient immobiles dans l'eau ou marchaient sur un corps solide dans le liquide-, nous en voyions aussi se dé- Lattre et s'agiter pour s'efforcer de gagner la partie supé- rieure ; quelques-unes étaient ai-rivées déjàimmédiatement au-dessous de la surface, le ventre en haut, et l'extrémité de leurs pattes ou leurs antennes passant déjà au-dehorsj d'autres étaient dressées dans l'eau, le bout de leur tête touchant la surface qu'elle soulevait déjà ; elles agitaient leur pattes en les frottant l'une contre l'autre-, une d'elle était déjà dressée hors de l'eau et y paraissait comme as- sise sur son derrière, agitant ses pattes antérieures et les frottant entre elles à l'air libre. Une autre était entière- ment dehors, l'extrémité de ses pattes seulement plongeait encore dans le liquide ; elle paraissait faible, fatiguée, et faire d'immenses efforts pour changer de place, ne pou- vant y parvenir parce que l'effet de l'adhérence de Teau 420 ANNALES 300 KHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. sur ses membres ëtait encore plus grand que ses forces -, on eût dit qu elle ramait sur de la colle. Du reste, après ces premières difficultés. 1 air exte'rieur paraît bientôt les for- tifier, etelles ne tardent pas à glisser et à courir à la surface avec Tagilité et la vivacité des adultes. Leur voracité n'est guère moindre non plus-, elles se jettent avec la même avidité sur la raoucbe tuée qu'où leur donne pour pâture. Au moment où la larve se montre hors de Peau, elle a un millimètre de longueur-, son abdomen paraît entière- ment nul, ainsi que De Geer Ta figuré, et comme on le voit dans les Halobates qu'on rapporte des bords de la mer Pacifique, etquine sontévidemment que des larves. La pre- mière mue a eulieu, pour nous, le 8 octobrej huit jours après l'apparition à la surface de Teauj ces larves avaient alors grandi d'un millimètre-, les secondes mues ne sont venues qu environ vingt-cinq jours après j mais alors, Tétat de la température s'était considérablement refroidi, et nous ne doutons pas que dans les temps ordinaires de la bonne saison, la seconde mue ne doive s'opérer aussi huit jours après la première , car nous avons vu, du 1 4 au 22 sep- tembre, la tioisième mue venir huit jours après la seconde, sur une larve cjue nous avions prise le 12 septembre, et qui avait déjà subi sa première mue. A l'époque de cette seconde mue, l'insecte avait de trois à quatre millimètres de longueur. La peau se fend sur le dos pour le laisser sor- tir ^ mais les pattes et les antennes se tirent de leur enve- loppe comme d'un fourreau. La dépouille est noire au dehors, et blanche au dedans ^ l'insecte lui-même, en sor- tant, est pâle, à Texception des yeux qui sont noirs, ainsi ([ue la place où doivent paraître un jour les moignons d'hémiélytres. Avant la mue, l'abdomen est allongé, co- nique, à peu près aussi grand que le reste du corps ; mais après elle, il est retiré et paraît presque nul -, puis il s'al- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 4>l AMPIIIBIOCORES. PLOTERES. 307 longe, quelquefois même tout à coup: par exemple, lors- que rinsecte se met à sucer une proie. Il en résulte que cet abdomen est retractiîe à volonté, quand l'insecte est encore à Tétat de larve. La quatrième mue vient une douzaine de jours après la troisième (du 22 septembre au 3 octobre) ; c'est alors qu'apparaissent les moignons (Vliémiélytres , épais et luisants, longs d'environ deux millimètres, avec des ailes inférieures presque aussi longues qu'elles; l'ab- domen court, pointu, n'a guère que le cinquième de la longueur totale de l'insecte (deux mill, sur neuf, ç-, un mill. sur cinq, d*)-, mais il s'allonge ensuite, et la cinquième mue, celle qui amène l'état parfait, s'opère environ qua- torze jours après la quatrième (du 14 au 27 septembre). L'abdomen paraît alors aussi long que le reste du corps, et les moignons «l'iiémiélytres, qui ne changent point de dimension jusqu'au dernier moment, sont remplacés par des ailes supérieures qui s'étendent jusqu'à l'extrémité de l'abdomen. De Geer avait déjà supposé que ces insectes passaient l'hiver sous l'eau, dans les plantes immergées ou dans la vase, puisqu'on les voit apparaître à la surface dès la fonte des glaces au printumps. Nous en avons acquis la preuve, en voyant, le 23 octobre, un individu femelle qui était passé à l'état de nymphe vingt jours auparavant, s'enfon- cer sous l'eau, dans le vase où nous l'avions placée pour l'observer. Le temps commençaitàdevenirassez froidj nous l'avons vue incliner d'abord sa tête en la pressant sur l'eau, l'y plonger ensuite un peu-, puis enfin, après quelques ef- forts, s y plonger elle-même tout entière*, elle est revenue au-dessous de la surface, renversée, le ventre en haut. Elle se promenait ensuite lentement dans cette position, à fleur d'eau, y restant volontairement*, car, en passant 2' Série, tome iv. 29 422 AiNNALES 308 RUYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. AMPHIBIOCORES. sur ces plantes, elle mettait quelquefois la tête dehors, puis la rentrait bientôt. Descendue davantage vers le fondj le dos retourné en haut, elle paraissait parfois faire des efforts en nageant pour remonter à la surface -, mais bien- tôt, comme fatiguée, elle s'arrêtait immobile, suspendue au milieu du liquide et s'approchant de plus en plus du fond. Nous Tavons vue, quelques jours après, le ventre retourné en haut, immobile dans cette position •, puis le lendemain, nous Tavons retrouvée dans le sens contraire, le ventre en bas, d'où il faut conclure que, dans cet état, l'insecte peut faire des mouvements pour se retourner comme un homme endormi. Il touchait alors le fond du vase-, son corps était plein, ses pattes étalées; tout y indi- quait Tétat de vie, sauf le mouvement seul qui n'existait plus. Nous n'avons pu malheureusement poursuivre nos observations plus loin. Nous l'avons vu, un jour, revenu à la surfiice, la tête rongée par les petits animaux aqua- tiques qui étaient restés avec lui dans le vase. Le mâle que nous avions vu venir à l'état parfait, le 27 septembre, passa l'hiver tout entier dans le vase, retiré à sec sur les bords-, dès le 23 octobre, il ne touchait plus à la proie qu'on lui jettait, quoiqu'il fut encore très vif -, plus l'hiver s'approcha, plus il devint immobile. Il se te- nait hors de l'eaiij les pattes repliées sous elles-mêmes. Au mois de janvier, i'eau du vase s'étant entièrement évajjorée, nous en avons versé de la nouvelle, et Tinsecte engourdi, immobile, s'est élevé avec elle à la sui-face. Cependant nous l'avons vu bientôt étendre et développer une de ses pattes, puis se mettre lentement en mouvement pour se retirer de nouveau à sec sur le bord , l'extrémité de ses pattes postérieures lestant seule encore sur l'eau. Dès le 28 février, la chaleur du printemps commençant à se faire vivement sentir, le ranima. Il était revenu se pla- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 423 PLOTÈRES, GERRIS. 309 cer à la surface de Teau, où nous le vîmes remuant ses pattes. Nous versâmes de la nouvelle eau dans le vase; dès qu'il la sentit, il fit un saut pour s'enfuir, et retourna se mettre à sec, immobile sur le bord. Le thermomètre marquait alors seize degrés centigrades. Ayant retiré du fond du vase deux cadavres de mouches que nous y avions jete'es avant Thiver, etlesayant approchés de lui, nous le vîmes, quelques heures après, la tète sur ces débris, qu'il avait sucés sans doute, puis aussitôt s'avancer sur Teau et y faire des saccades aussi vives qu'à l'ordinaire. Le 10 mars, nous lui jetâmes un diptère printannier que nous avions pris dans les champs ; il se jeta aussitôt sur lui pour le sucer, et y resta attaché pendant plus de six heures. Une des annélides qui avait aussi passé l'hiver , et qui se trouvait dans le vase, ayant voulu saisir cette proie par- dessous pour s'en emparer, leGerris la défendit en la re- teuanl à lui, et l'annélideefïrayée se retira aussitôt. Nous le trouvâmes mort le 24 avril -, nous supposons que les annélides affamées l'avaient attaqué et étaient par- venues à le vaincre pour en faire leur pâture; car la tète et le prothorax, détachés du reste du corps, avaient disparu. (jERRIS. 30«. Gerris {l). Des hémiélytreset des ailes inférieures à l'état adulte. Long. 0,008-15. lacusiris Linn. 732. 117. — Fabr. R. 2o6. !.— Ross. 1351. — Tign. IV. 283. — Latr. G. IIL 134. 3. — Fall. 159. 1. — Burm. 210. 2. — Schumm. 43. 7. — Blanch. 98. 2. pi. 1. f. 6. — Ramb. 185. — Am. Serv. 417.2. — vajus De G. 311. 39. pi. 16. f. 7.—paIudumFabv. R 258. 3. (I) Gerrfis, petit poisson. 424 ANNALES ^10 RRYNCnOTES. HÉMIPTÈRES. — Latr. G. m. 133. 1. — Curt.? pi. 553. — Schumm.29. l.— Burm. 210. 1.— Brull.302. 2.— Blanch. 97. I.— Am. Serv. 417. 1 . — rufoscutella- tus Latr. G. IIL 134. 2. — La Punaise naïade. Geoffr. 463. 59. — Stoll. 42. pi. 9. f. 63. —La Pu- naise coureuse d'eau. Stoll. 64. pi. 15. f. 108. Commun dans toute l'Europe . d'ç. Nous ne considérons que comme de simples varie'tés, les espèces suivantes des auteurs : 1° — DES MARAIS, paliiduni Fabr. Le premier article des antennes, ordinairement plus long que les deux suivants ensemble. Long. 0,012-15. 2° — ÉcussoN-ROux. nifoscutellatus Latr. Semblable au précèdent, re'cusson roux. 3" — LACUSTRE. lacustrislÀnn. Plus petit que les précé- dents*, le premier article des antennes ordinairement plus court que les deux suivants ensemLle. Long. 0,007-8. C'est celui sur qui nous avons fait nos observations ci- dessus rapportées. Aptérogène. 853. Apterogena (1). Aptère et s'accouplant dans cet état. Long. 0,008-10. najas De G. 311. 39. pi. 16. f, 8-9. — paludwn Schell. pL 9. f. 1. — optera Scliumm. — A. Cost. C. N. 12. — canalium L. Duf. R. 69. pi. 5. f. 59. — Am. Serv. 418. Dans toute PEurôpe. De Geer avait déjà émis le soupçon que cette espèce n'était point une simple larve, en se fondant sur Finvrai- semblance, suivant luij, que des insectes pussent s'accou- pler avant que d'avoir acquis des ailes ; mais cette raison (l) A privatif, intpot, aile, yki^i, génération. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 425 AMPHIBIOCORES. HYDRODROMES. 311 ne nous paraît pas déterminante, d'après ce qu'on ob- serve notamment dans la Punaise et d'autres espèces qui s'accouplent à l'e'tat aptère. M. L. Dufour fait remarquer, du reste, que cette espèce ne pre'sente pas dans le mâle, la petite échancrure sémi -circulaire qu'on observe dans les Gerris mâles, ce qui serait un caractère particulier indépendant de l'état aptère. DIVISION II. HYDRODROMES. HYDRODROMI (1) Biirm. Hydrometra Fabr. — Wolff. — Gerris Coqb. — Felia Latr. — Guér. — L. Duf. — Burm. — Scbumm. — BruU. — Ramb. — Blanch. — A. Cost. — Am. Serv. Cette division se distingue de la précédente par des pattes à peu près d'égale longueur et insérées à peu près à égale distance les unes des autres. Tête petite, triangulaire, enfoncée jusqu'aux yeux. — ■ Yeux gros, saillans. — Antennes plus courtes que le corps, de quatre articles, avec un petit article rudimentaire entre eux -, le premier article le plus long de tous, les suivans d'égale longueur entre eux. — Bec de deux arti- cles apparents seulement, le premier très long. — Pro- thorax gros, trapézoïdal, notablement élargi en arrière. — Abdomen allongé, convexe en dessous, creusé en gout- tière en dessus, ses bords aplatis et relevés. — Pattes de moyenne grandeur, les antérieures plus courtes que les autres, les intermédiaires un peu plus longues que les postérieures, les cuisses postérieures notablement épaissies et munies de fortes épines avec de petites dents au dessous dans les mâles, pas plus grosses que les autres et muti- ques dans les femelles ^ tarses de trois articles, les deux (1) T'S-itp, eau, S'pôy.oç, course. M Burmeislcra écrit Hiidrodromici. t2() ANNALES 312 RllYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. AMPHIBIOCORES. premiers très courts dans les tarses antcirieurs, le pre- mier très court et le second le plus long dans les quatre tarses jiostérieurs. Ces insectes courent avec vitesse à la surface des eaux tranquilles et ombragées-, ils sont carnassiers et se nour- rissent d'insectes. M. Doyère (A. Fr. VI. 262. pi. 9 f. 2,3,4) a fait des observations remarquables sur les tarses de ces insectes. En portant jusqu'à Tébullition les tarses d'une Vèlie, il a vu sortir des deuxième et troisième articles, une sorte de pelotte molle, à parois minces et transparentes, dont le surface paraissait graiiule'e ou plissée. Il Fa trouvée à tous les tarses, mais plus développée à ceux de devant et plus encore au troisième article qu'au second. C'est toujours en dessous et, pour le second article, a Textréraité, que cet organe apparaît. Du reste Tobservateur n'a pu le voir (juedans les mâles des Vélies, où il lui est apparu cons- tamment, tandis qu'il ne Ta plus retrouvé que dans les femelles des Apténies. M. Doyère croit que l'insecte possède la faculté de faire sortir et rentrer cet organe à volonté, et il se de- mande s'il se rapporte à la faculté qu'à cet insecte de se tenir à la surface de l'eau, par la seule résistance qu'oppose a ses tarses la force de cohésion du liquide. \ ÉLIE, 354, Felia. Noire , ailée \ quatre points d'un blanc vif disposés longitudinalement sur les hemiélytres, le prcdorsiun recouvrant entièrement l'écusson. I^ong. 0,008. rivalorum Fabr. R. 259.8. — Ross. 1352.— Wolff. 201. j.l. 20. f. 195.— Latr. G. 111. 132. L— Curt.pE DE LA SOCIETE EWTOMOLOGIQUE. 427 HYDRODROMES. APTÉNIE. 313 2. — Guér. le. pi. 57.3. — Burm. 212.2.— Ramb. 84.1.— Blanch. 96. —A. Cost. C. N. 12. — Am. Serv. 419.1. Deux taches d'un velu argenté, quelquefois effacées, sur le bord antérieur du prédorsum ; liémiéiytres d'un noir mat, de nature homogène dans toute leur étendue, celles du mâle atteignant Textré mité de Tabdomen, celles de la femelle plus courtes, avec quatre points d'un blanc vif sur chacune, dont deux allongés, placés Tun derrière l'autre, près de Técusson, les deux autres arrondis l'un au milieu, Fautre à Vextrémité j abdomen rougeâtre^ aveccinq taches de chaque côté et les stigmates^ noirs. (^Ç. Midi de la France. Apténie. S55. ^ptenia (l). Brune, aptère (au moins ordinaire ment) et s'accoupîant dans cet état*, le prédorsum ne re- couvrant pas Técusson. Long. 0,006. currens Fdihr.K. 259.12 (ç). — Coqb. 83. pi. 19. f. n. — Latr. G. III. 133.2. — Fall. 160.2. — L. Duf. R. 73. pi. 5 f. 65. — Schumm. 19. — Burm. 212.1. — Brull. 294. —Blanch. 96.2. —A. Cost. C. N. 12*.— Am. Serv. 420.2. — aptem Fabr. R. 259.11 (d*). Deux taches d'un blanc soyeux sur le devant du pré- dorsum et les bords de Fabdomen rougeatres tachetés de noir, une espèce de gonflement à la place de Fécusson.d'. Mêmes lieux que la précédente. M. Berton, dont la So- ciété entomologique déplore la perte récente, Fa trouvée aux environs de Troyes (Aube). Schummel dit que cette espèce acquiert quelquefois des ailes et qu elle est alors semblable à la Vélie, sauf de lé- (1) AViiv, qui ne peut voler. 428 ANNALES 314 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. gères diflerences qu'il signale notamment dans la tache blanclif^ du milieu des hémiélylres, qui serait ronde dans ]a Vélie et pointue en arrière dans TAptènie. Hydroesse -|- . 35», Hydroessa{l).lSoire, les hémiëlytres tachées de pâle. Long. 0,002. pygmœaL. Duf. A. Fr. IL 115. pi. 6B. f . 1 . — Burm. 213. Le corps plus large proportionnellement que dans les précédentes espèces-, la tête triangulaire, bordée de blan- châtre en dessus -, les taches pâles des hémiélytres, au nombre d'une dizaine, irrégulièrement posées, d'une nature homogène ; ailes inférieures pâles^ le bord interne élargi, à angle très prononcé vers la base-, la base de toutes les cuisses, rougeâtre-, point d'ocelles. Midi de la France ; Angleterre (d'après Gurtis). TRIBU SEPTIÈME. BRÉVICORNES. BREF/CORNES (2) Am. Serv. ]Saucons Fabr. — Wolff. — Acanthia, Ochterus hatr.- Pelogonus Latr. — Le P. Serv. — L. Duf. — Burm. — Brull. — Blanch. — Am. Serv. Cette tribu, qui ne contient que deux espèces, se dis- tingue de toutes les précédentes par des antennes (fîg. 50 a) à peine aussi longues que la tête. Pélogone (fig. ). asî*. Pelogonus (3). Noir mat, tacheté de roussâtre. Long. 0,005. (1) TVw^, eau, ê^», s'as.-eoir? (2) Bretiis, cour', cornu, .inlenno (3) Usx'ic, noir, yovii, race. T)K LA SOCIRTÉ ËNTOMOLOGIQUE. 429 lîRÉVlCORNES. PÉLOGONE 315 marginatus LatF. G. III. 143^ IL XII. 242. — Le P. Serv. 32.— L. Duf. R. 65. pL 5. f. 58.— Burm. 202. l. — BrulL 277. — Blauch. 93. — Am. Serv 409. Corps en ovale arrondi, couvert cVun duvet velouté', grisâtre en-dessous-, tête courte, transversale, plus étroite cjue le prothorax, coupe'e droit au-delà des yeux, sans cou derrière eux j yeux gros, saillants^ ocelles petits, mais distincts, place's entre les yeux et près d'eux-, antennes inse'rées dans le coin interne et inférieur des ^^eux, mais non reçues dans une cavité , comme les antennes des Oiculticornes, filiformes, de quatre articles, les deux pre- miers très courts, le basilaire cylindrique, le second un peu plus épais, légèrement conique, le troisième grêle, allon- gé, cylindrique, le dernier un peu plus court, ovalaire, Lee atteignant Textrémité du sternum, gros, conique à sa base, puis grêle, de quatre articles, les deux premiers épais, courts, annuliformes, le premier plus grand que le second, le troisième très long, le dernier court, très aigu ; labre court, en triangle obtus ; prothorax transversal, en forme de demi-cercle, le Lord prédoi'sal postérieur coupé droit-, écusson court, en triangle obtus; hémié- lytres larges, x'ecouvrant entièrement Tabdomen, un peu plus longues que lui, ovalaires, la membrane plus courte que la corie, presque confondue avec elle à sa Lase, avec quelques cellules peu visibles sur son disque et une bor- dure assez large, sans nervures distinctes, à Tentour-, ailes inférieures hyalines, aussi longues que les hémiélytres -, plaque anale des mâles assez grande, en triangle curvi- lique: pièces vulvaires de la femelle très petites, au nom- bre de trois apparentes, dont deux latérales et une inter- médiaire plus petite-, pattes grêles, courtes, les posté- rieures très peu plus longues que les autres, les cuisses 430 ANNALES 316 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. peu renflées, avec les quatre jambes postérieures fine- ment épineuses, et leurs tarses grêles, de deux articles apparents seulement, le premier un peu plus court que le second , le premier article très court, au contraire, dans les tarses antérieurs -, tous les tarses muais de deux cro- chets à leur extrémité. c?ç. Midi de la France ; Espagne ; nord de PAfrique. Cetinsecte est essentiellement riverain et probablement carnassier. Il court assez vite, dit M. L. Dufour, et se dé- robe en sautant, à la main qui veut le saisir. Il paraît en avril, et se rencontre encore en novembre. Il exhale, quand on Tirrite, Todeur ordinaire de la Punaise, La larve est un peu moins grande et plus arrondie que Tin- secte parfait, n'en différant guère que par Tabsence des ocelles et des ailes. Elle habite sous le sable humide, par- mi les racines-, on la fait sortir en foulant fortement le sol, mais elle ne saute point. Le bord antérieur de la tête, un peu en forme de museau et garni de cils raidesun peu tournés en haut, en forme de râteau, indique qu'elle est faite pour se terrer. Aphélochire. 358. ^phelochinis (I). Jaunâtre pâle, le corps ovalaiie, aplati-, les cuisses, surtout les antérieures, très renflées: insecte nageur, sans ocelles. Long. 0,010. œstivalis Fabr. R. 111. 3. — Coqb. 38. pi. 10. f. 4. _ Westw. M. VI. 133. 229^ Intr. I. pi. 1. f. 7. Tête d'un jaune pâle, uniforme, ovalaire, parfaitement arrondie et notablement saillante en avant des yeux -, (1) A'(têX>ic, simple, (non armé), x^P^ main. Ce nom a élé créé aussi pour un genre de Névroplère (Steph. III. Br.) mais seulement à la date de «836. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMO LOGIQUE. 43 i BRÉVICORNES. APHÉLOCHIRE. 3l7 ceux-ci gros, ovalaires, noirs-, antennes à peu prés de la longueur des yeux, insérées à découvert au-dessous d'eux, de quatre articles, le premier très court, le second un peu plus long, le troisième du double plus long que lui, le quatrième à peu près de la même longueur que le préct- ar- faitement distinct (1)-, les jambes extraordinairement courtes, presque seulement rudimentaires, et les tarses d'un seul article, à peu près de la longueur de la cuisse, arqués, sans crochets à Tex tré mité , larges , finissant en pointe , convexes au côté externe , concaves au côté interne et garnis sur les deux bords de longues soies cor- nées raides et un peu arquées, représentant, surtout celles du bord inférieur, une sorte de peigne à longues dents parallèles, la face interne divisée longitudinalement par une fine arête armée d'une série de soies courtes, serrées, raides (2) •■, pattes intermédiaires plus longues que les anté- rieures et plus grêles que les autres, garnies de piquants entremêlés de poils rares, avec les jambes plus courtes que les cuisses, et les tarses d'un seul article long, ter- miné par deux crochets aussi longs que lui , presque droits, grêles, rapprochés et même coutigus à Tétat de repos ', pattes postérieures esseniieWernent natatoires, avec les cuisses presque glabres , ovalaires, munies d'un fort trochanter à la base -, les jambes à peu près de la longueur des cuisses, garnies de quelques poils raides-, les tarses en forme de rames, aplatis, lancéolés et garnis de franges ou barbes fines mobiles qui peuvent s'étaler largement dans Teau, le bord inférieur armé de petits piquants, ces tarses formés de deux articles dont le terminal beaucoup plus court que l'autre, sans crochets. Ces insectes vivent dans les mares et les ruisseaux ^ ils sont carnassiers comme l'indique la structure de leurs (1) Selon M. Doyère (A. Fr. VI. 2G4. pi. 9. f . 1 — 5 «). (2) Ces soies doivent, selon M. L. Dufour (B.85), produire l'effet d'une 444 ANNALES 330 RHYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. OCCULTICORNES. (2) pattes. M. L. Dufour (R. 85) dit que les deux tarses an- térieurs, agissant de concert, forment en même temps une cage et une pince dont la force préhensive doit être d'au- tant plus grande qu ils sont courts et assez robustes. La larve a les mêmes mœurs que Tinsecte parfait. Quand ils nagent, le dessous de leur corps paraît argenté, et cet effet est produit par les petites bulles d'air qui s'y attachent. S'ils rencontrent dans leur trajet quelque brin d'herbe ou autre chose légère, ils s y accrochent avec les quatre pattes antérieures et montent ensemble à la surface de leau. Souvent ils se fixent sur les plantes au fond de Feau et y restent longtemps immobiles. Ils exhalent, quand on les saisit, une odeur forte et désagréable comme celle des Hé- miptères terrestres les plus puants. '2. (3). Prédorsum en triangle obtus postérieurement, avec des lignes jannes et noires transverses. CORIXA (fig. 52). 363. Corixa (l). Grisâtre ou noirâtre luisante-, une quinzaine de lignes transverses jaunes sur le prédorsum, les hétniélytres parsemécv de pointillemens jaunâtres. Long. 0,013. Geoffroyi Leach. T. L. XIL 17. 7. — Ranib. 193. 1. — Am. Serv. 447. 1. — striata Panz. 50. 23. — Fall. 181. 1. — L. Duf. R. 84. — A. Cost. G. N. 6. 1. — puii data ^nmi. 186. 1. — La Gorise. Geoffr. 478. pi. 9. f. 7. Tête jaune, avec le vertex brunâtre, et quelquefois (1) Nous avions (Am. Serv. 447) supposé par erreur, à ce qu'il paraît, que Geoffroy avail lire ce nom du grec x.ôfiç, punaise, el qu'il J'avail écrit faulivemenl Corixa au lieu de Corisa : car nous trouvons ce nom de Co- rixa en usage longiemps avant Geoffroy. Nous rétablissons donc cetlfr«r- ihographe sans pouvoir en expliquer l'étimologie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, 445 (2) PÉDIRÈMES. TECTIROSTRES. HEXARABDE. 331 une ligne noire longitudinale au milieu du front ; yeux gris ou noirs-, prédorsum noir ou brun, avec une quin- zaine de lignes transverses jaunes -, dessous du corps jaune, le milieu du sternum noir, avec des taches brunes, plus ou moins effacées, à la base des segmens ven- traux, cfç. Commune aux environs de Paris et dans tout l'Eu- rope . Hexarabde. 314. Hexarabdus{{). Semblable à la précédente, mais plus petite, avec six ou sept lignes transverses jaunes seulement sur le prédorsum, et des linéoles transverses jaunâtres sur les hémiély très, un peu plus étroites que les linéoles brunes des intervalles, au lieu d'un simple poin- tillement. Long. 0,006 — 8. striaia Linn. 712. 2. — De G. 389. pi. 20. f. 1-17. — Fabr. R. 104. 2. — Schell. pi. 11. f. 1.— Tign. 242. pi. 5. f. 4. — Burm. 187. 2. — Spin. 57. 2.— Kamb. 193. 2.— Am. Serv. 447. 1.—undulata¥B)\. 182. 2. — hasalis A. Cost. C. N. 7. 2. fig. 1. — La Punaise aquatique rayée. Stoll. 65. pi. 15. f. XIIL Les linéoles jaunes s'effacent plus ou moins. Cette espèce paraît propre à toutes les parties du monde ; nous en voyons des individus venant de Bom - bay et d'Amérique-, elle se trouve en abondance dans les eaux douces. Elle se tient ordinairement suspendue à la superficie de l'eau, mais au moindre mouvement qu'elle aperçoit, elle se précipite vivement au fond, où elle reste quelque temps en s'accrochant au sol ou à une (1) E*|, six, 'fk^ltt, balon. 446 ANNALES 332 RllYNCHOTES. HÉMIPTÈRES. OCCULTICORNES. (3) plante pour revenir bientôt ensuite à la surface. Elle marche mal et lentement sur la terre, ne faisant alors que des sauts-, elle est au contraire d'une vivacité surpre- nante dans Teau, qu elle parcourt avec la rapidité d'un trait. Quand elle s'y tient tranquille, elle dirige ses pattes postérieures en avant, les faisant passer sur les inter- médiaires, de manière quelles semblent être les pattes antérieures. Hiéroglyphique. 365. Hieroglyphica (1). Semblable à la précédente, mais avec neuf à dix lignes transverses jaunes sur le pré- dorsum, et des mouchetures jaunes sur les hémiélytres formant des linéoles transverses très irrégulières, plus larges que les linéoles brunes des intervalles. Long. 0,006. L. Duf. R. 86. f. 85. —A. Cost. C. N. 7. 3. — 5ïn^rt/a Latr. H. XIL 289. 4. -/o55rtmm F ail. 182. 3. Midi de la France. 3. (2). Prédorsum simplement arqué postérieurement, sans lignes jaunes et noires transversales. Aphorogramme. 366. Aphorogrammus (2). Brun grisâtre luisant en dessus, avec deux ou trois lignes longitudinales pâles sur les hémiélytres. Long. 0,003 — 4. coleoptratus Fabr. R. 105. 4. — Panz. 50. 24. — 01. VL 119. 3. — Tign. 243. — Fall. 185. 7. — Burm. 188. — Am. Serv. 448. 3. Dessous du corps jaunâtre. Ç. (1) l'(poyxv<^t>tk. hiéroglyphes. (2) A privalif, pipeo, porter, yfuty-f/i, raie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 417 (1) PÉDIRÈMES. NAUTIDORSES. 333 Environs de Paris-, dans toute TEurope. 4. (I). Ecusson découvert. SlGARA. 36«. Sigara. Rougeâtre brune ou verdâtre en dessus, jaunâtre en dessous. Long. 0,002. minutissima Linn. 713. 3. — Leach. T. L. XII. 14. — Fieb. 13. I. pi. 1. f. 11-19. —mmufa Fabr. R. 105. 6. — Coqb. 38. pi. 10. f. 3. ~ Burm. 188. 1. — leucocefjkalaSp'm. 59. — Am. Serv. 448. Prothorax large mais très court, en forme d'un seg- ment de cercle-, ecusson en triangle un peu obtus; tarses antérieurs largement comprimés, munis d'un crochet simple (suivant M. Burmeister). Les autres caractères sont ceux des groupes prdcédens. Environs de Paris, et dans toute FEurope. On la trouve aussi dans les étangs salés. SUBDIVISION II. IVAUTIDORSES. NAUTIDORSI (1). Notonecta Linn. — GeofFr. — Fabr. — Ol. — Panz. — Schell — Tign. — Latr. — Fall. — L. Duf. — Burm. — Brull. — Blanch. — A. Cost. — Am. Serv. — Nepa De G. — Plea Leach. — Ploa Steph. — Burm, — Brull, — Blanch. — A. Cost. — Am. Serv. Cette division se distingue de la précédente par un bec (fîg. 54 a) en cône allongé, très visible, et de tous les au- Occulticornes par Thabitude propre à ces insectes de na- ger sur le dos. 1. (2). Hémiélytres entièrement coriaces. (1) NaïUa, navigateur, dofsiim, dos. i48 ANNALES 334 RIIYNGHOTES. HÉMIPTÈRES. OCCULTICORNES (I) PLOA. 368. Ploa (1). Grise verdâtre ou jaunâtre, avec une faible corne longitudinale noire sur le vertex. Long. 0,002. mimutissima Fabr. R. 104. 10. — Fourcr. 220. 2. — Ol. Vm. 389. 12. — Panz. 2. 20. — Tign. 238. — Leach. T- L. XIL 14. 1.— Steph. G. 2. 354. 9783. — Burm. 189. 1.— Brull. 256. — Blanch. 89. — A.Gost. G. N. 9.— Am. Serv. 449. — Fieb. 17. pi. 1. f. 27-35.— La petite Punaise à avirons. Geoffr.477.2 (la larve). Gorps ovalaire, très bombe en dessus-, bec court, de deux articles-, antennes de trois articles (suivant Fieber)-, yeux noirs-, pre'dorsuni arrondi postérieurement, avec un pointbrunâtre un peu saillant à chaque angle postérieur; écusson grand, en triangle allongé, pointu, mais la base beaucoup plus étroite que le prothorax \ une ligne oblique partant de la base de chaque hémiélytre pour aller re- joindre le bord interne, au-delà du milieu, parallèlement au bord de Técusson, la partie postérieure de cette ligne, ainsi qu'un point sur le disque, près du bord externe, et rextrémité des hémiélytres, d'un brun sale, cette teinte disparaissant entièrement quelquefois -, ventre lisse, pres- que aplati , n'offrant pas la crête frangée du groupe sui- vant-, pattes courtes, peu frangées, presque d'égale lon- gueur entre elles -, les cuisses légèrement fusiformes -, les jambes cylindriques, à peu près de même longueur qu'elles -, les tarses très longs, surtout les quatre posté- rieurs, qui sont aussi longs que les jambes, de trois ar- ticles, le premier très petit, les deux suivans à peu [)rès (I) riAfw, naviguer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 449 (2) PÉDIRÈMES. NAUTIDORSES. PLOA. 335 d'égale longueur, tous un peu comprimés et frangés, faits pour la nage, avec deux crochets longs et aigus au bout. Très commune dans les mares aux environs de Paris. 2. (1). Hémîélytres ayant une membrane distincte. Corps en ovale allongé, très voulé en dessus. — Tête très grosse, transversale, fortement inclinée sur la poi- trine. — Veux grands, allongés, non saillan?, — ^n • termes (suivant les auteurs) de quatre articles, le premier petit, le second le plus long, le troisième cylindrique, le quatrième raccourci. — Bec très fort, de quatre articles, le troisième le pluslong, les deux premiers et le quatrième à peu près d'égale longueur, le premier beaucoup plus gros que les autres. — Prof/zo/vijc transversal, un peu rétréci anté- rieurement, coupé un peu obliquement derrière les angles postérieurs, son bord postérieur droit. — Ecusson pres- que aussi large que le protborax à sa base, en triangle presque équilatéral. — Hèmiélytres recouvranttout Tabdo- men, un peu plus longues que lui et tombant en toit un peu arqué de chaque côté -, ailes inférieures aussi grandes que les hèmiélytres. — Abdomen offrant en dessous une crête longitudinale méitta media^ i'ittacjue humerali abre^'iata,flai>is. Coll. Spinola. OlO. D. tricincta. — Burm. Rev. Silb. IV', 172, 6. — Bré- sil. Long. 4 1. Fusca, capite punctis tribus, proihorace Jasciis tribus transversis lineac/ue média antica/lai^is. ^W.D. capistrata. — Burm. Rev. Silb. IV, 172,7.— OD. bifasciatus, A.my. Serv. Hém. 545, pi. 11, f. 7. — Cayenne. Long. 0,008. Nigra, capite punctis tribus, prothoracis fasciis duabus posticis, margine laterali^ tibiisqueflavis. Coll. du Mu- séum. ^12. D.cruenta. —Burm. Rev. Silb. IV, 173, 8. —Bré- sil. Long. 3 1. Oliçacea, macula antica arcuata, sanguineaj elytris basi apicequefuscis. ^ 13. D. acuiula". — Amérique méridionale. Long. 0,010. 482 ANNALES • Elongata, gracilis, acuta^ olivaceo flaua. D'un jaune olivâtre -, prothorax très allongé, très mince, aiguj poitrine noire; dlytres brunâtre^ à Textré- mité. Coll. Signoret. 14. £>. prasina*. — Venezuela. Long. 0,009. Gracilis, apice parum angustata, viridisi capite Jla^'eS" cente. Prothorax très finement ponctué, allongé, mais peu acurainé postérieurement, vert -, tête et fémur jaunâtres, tibias verdâtres. Coll. Signoret. II. Elytres entièrement recouvertes. 15. D. squarus*. — Cayenne. Long. 0,015 (PI. V, fig.at^.^B'^ W) LaiUj crassaj testaceoflava, parce nigropunctata. Corps large, épais j prothorax comprimé postériem'e- ment, d'un jaune testacé, an peu rougeâtre antérieure- ment, avec des points noirs clairsemés-, abdomen jaune- rougeâtre-, base des élytres jaune, côte externe noire; pattes d'un jaune testacé ; fémurs et tibias tachés de noir. Coll. Guérin-Méneville. 0l6. D. cowoluta. — Burm. Eut. Il, 141, 2. Rev. Silb. IV, 174, 11. — Germ. Rev. Silb. III, 251, 4.— (VMembracis id. Ol. Enc. Méth. VII, 664, 12. — Brésil. Long. 0,011-13. Pallida, supra fusco sive olivaceo reticulata, margine testaceo, apice nigro ; elongata j apice gracilij acuto. '^'Var. : Dorsonigro hrunneo : Membr. flavicincta, Germ. Mag. d. Ent. IV, II, 2. Rev. Silb. III,' 251, 3. ! Var. : Pallido-guttata : Membr. atomaria, Germ. Mag. d. Ent. IV, 12, 3. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 483 Cl7. Z>. limacodes. — Burm. Rev. Silb. IV, 175, 12, pi. 36, fîg. 13.— Brésil. Long. 0,012. Lata, apice acuto, non gracili, testaceo olivacea, pallido inspergata. Coll. Spinola. 18. D. hrevis*. — Mexique. Long. 0,008. Olwaceo flavus, ciirtus, margùie angusie pellido. Large, trapu, court, d'un jaune olivâtre, avec le bord infe'rieur, très étroitement pâle-, poitrine noire. Coll. Lefebvre. 019. /?. limhata. — ^nrm. Rev. Silb. IV, 175,10.— Brésil. Long. 41. 1[4. Testacea, prothoracis disco fusco, linea medialutea. Uni- bo lateraliprasmo. 020. D. olivacea. — F. S. Rh. 28, 8 (exclus. Stoll.). — Burm. Rev. Silb. IV, 176, 13. Ent. II, 141. — Brésil. Long. 0,011. Pallide olivacea^ nitida^ vix punctatch serlceaj apice leviter brunneo. ^21. D. pallescens. — F. S. Rh. 28, 9, est peut-être une variété de Tespèce précédente. ^22. D. latkauda*. — Brésil. Long. 0,011. Elongata, apice lata^ testaceo flavescens, apice rubes- cens. Prothorax allongé, presque aussi large à rextrémité quau milieu, se terminant assez brusquement en pointe, d'un testacé verdâtre, surtout antérieurement, légèrement rougeâtre à l'extrémité ^ moitié postérieure rouge en dessous. Coll. Spinola. O23. D. apicûlis*. —Brésil. Long. 0,013. Wi ANNALES Elongataj postice parum gmcilij medio nigro an- nulato. Prothorax allonge, à peine rétre'ci postérieurement, peu aigu, jaune testace', verdâtre antérieurement ^ aux deux tiers un anneau noir transversal. Coll. Spinola, Lefebvre. § 21. Genre TrAgopa.^ ^ O Latr. Germ. Burm. Amy. Serv. — Darnis, Fab. — %Iemhracis, Ol. Tête petite, presque triangulaire, arrondie au sommet, ocelles rapprochés des yeux (PI. VII, fig. 4). Prothorax recouvrant tout le corps et presque complè- tement les élytres, caréné dans une seule espèce, pres- que tronqué postérieurement. Elytres ne montrant que le bord externe, un peu plus longues que le prolhdrax, et se repliant vers les deux tiers du bord externe -, la marge postérieure très grande, occupant le tiers de Télytre, finement plissée -, deux cel- lules basilaii-es, une discoïdale -, les cinq terminales et la discoïdale sont groupées ensemble et forment un carré assez régulier , ordinairement caché par une macule brune (PI. VII, fig. 5). Pattes courtes, trapues, les postérieures à peine plus longues. I. Épaules dilatées. 1. T.auriculata.—memhr. id. Ol. Enc. Méth. VII, 668, 10. -^Darnis vespertilio, F. S. Rh. 26, 2.— ^Tragopa id. Burm. Rev. Silb. IV, 185,2. — Stoll. Cic, t. 8, fig. 38. — Cayenne. Long. 0,004. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 485 Fortiter carinataj humeris depressis, dilatatisj, rotundatis, carinatis ; brunneo nigra, fasciis tribus testaceis, tenninali uiaxima ; corpore subtiis nigroj pedibus testaceis. Coll. Spinola, Lefebvre. '27 T. cùnicoides. — Burm. Rev. Silb. IV, 185, 1. Eut. II, 142, I.J/Barnis Id. F. S. Rh. 25, 1.— Coq. m. le. pi. 18, fig. 6. — Brésil, Guyane. Long. 0,004 (PL VII, fig. 1).' Ferrugineaj, nigro irrorata, antice densius j subtus nigra^ i^biisflavisj tarsis nigris. VVariété : Une ligne noire, courte sur chaque épaule, et derrière les épaules une ligne oblique noire, n'atteignant pas le dos-, quelquefois entièrement noire, d'après M. Bur- meister. JM. Burmeister donne comme variété de cette espèce, \e^Darnis melanostigma, Perty, Del. An. 179, t. 35, fig. 13. —RioNegro, L. 2 1(3 lignes. Supra ferrugineaj, nigro punctataj pedes fiigrij tibiis tarsisqueferrugineis, 3. T. alacris. — Burm. Rev. Silb. IV, 186, 3. — Para. L. 2 li2l. Longior, carinataj, fusca^ cruce ferruginea ; awiculis brevibus, rotundatis i fronte^ pectore medio, pedibus, abdo- mine, aurantiacis. IL Epaules simplement anguleuses. A. Longueur du prolhorax ne dépassant pas sa largeur aiix épaules. ^4. T. nitida. — Germ. Rev. Silb. III, 309. — Brésil. L. 0,004. JSigro-œnea, nitida^ subtiis iiigraj opaca^ pedibus piceis^, T Série, TOME IV. 33 486 ANNALES elytrorum parte externanigra. CoUect. Guerin, Germar. *^5. T. œnea. — Darnis id^ Perty, Del. An. 179, t. 35, f. 12. —Brésil. Long. 2 1/41. Supra œneaj polita\ infra curn pedihus ferruginea. ^6. T. hajulus. — Germ. Rev. Silb. III, 309. — Brésil. Long. 0,005. JSîgro-œnea, nitida, utrinque vitta arcuata, pallidaj medio conjunctaj postîce valde dilatataj suhtîis picea, pedihus fla- vis. Coll. Germa r. ^'j. T. marmorea*. — Cliiquita. Long. 0,005. Fla\>ofusca, nitida, undique nigro punctata, anticepla- ga magna, fascia lata dorsali, nign's, nitidis. D'un jaune brunâtre, luisant, parsemé de points noirs nombreux : une large tache entre les épaules occupant quelquefois toute la partie antérieure , souvent sépa- rée en deux par une ligne médiane, d'un noir verdâtre, métallique; une large bande dorsale de même couleur, souvent coupée au milieu, quelquefois se réunissant pres- que à la tache antérieure. Coll. du Muséum, Guérin. 8, T, punctatissima* . — Cayenne. Long. 0,905. Nigro-œnea^ nitida, numerosis atomis albidis inspergatUj capite pedihusquc testaceis. Coll. Signoret. 9. T. coccinella.* — Chiquita. Long. 0,005. Firescenti nigraj nitida, flavoguttata. D'un noir verdâtre métallique, brillant, quelquefois un peu rougeâli'e-, prothorax ayant des taches d'un jaune pâle qui disparaissent souvent en partie -, les denx termi- nales restent toujours -, quelquefois une tache de même couleur au-dessus de la tête, sur les épaules et au-dessous. Tête tantôt jaune, tantôt rougeâtre, dessous du corps DE LA SOCIÉIE ENTOMOLOGIQUE. 487 brun ou jaune-, de même pour les pattes. Coll.-Guerin, IVluse'um. ^10. T. Vohmi*. — Santa-Gruz. Long, 0,065 (PL ¥, ^ Firescenti nigra, laie auraniiaco maculata. D'un noir verdâtre, métallique, très brillant, une lacbe au-dessus de la tête, une large tache oblique sur chaque e'paule, atteignant presque le milieu du prothorax, une sous cliaque épaule, quatre dorsales qui se réunis- sent quelquefois deux à deux, et deux terminales, d'un orangé foncé ; dessous du corps, patteSj d'un brun terne. Coll. Guérin, Muséum. Je dédie cette jolie espèce au Président de la Socié té ento- mologique de Stettin, comme un faible témoignage d'a- mitié. Ol 1. Darnis annuiata — F. S. Kh. 27, 5, doit être voisin de cette espèce. Thorace œneoj atro, anmdis sanguineis, feinon'bus san- guin eis. 12. T. dimidiata*. — Gayenne. Long. 0,004. Jntice njgro-ceneaj,posticetestacea, capiiej, corpore pedi- husque iestaceis. La moitié antérieure du protîtorax d'un noir bronzé ou d'un brun rouge brillant, semée de quelques points testacés, dentelée en arrière ; partie postérieure testacée, ayant quelquefois un point brun au milieu; tête, dessous du corps et pattes testacés-, moitié externe des élytres noir brillant, l'autre moitié testacée. Goll. Guérin, Spi - nola. 0|3. T. hipartita*. — Gayenne. Long. 0,004. 488 ANNALES Jîitice obscuro-cupreaj postice flava^ corpore pedihusque fuscis. Les deux tiers antérieurs du prothorax d'un brun cui- vreux avec un reflet bleuâtre sur la tête et sous les épau- les -, le tiers postérieur jaune, avec une ligne et un point au milieu, et deux points sur le bord d'un brun cui- vreux-, dessous du corps et pattes d'un brunâtre terne ; partie externe des élylres d'un brun foncé cuivreux. Coll. Guéri n. ^14. T . funerula* . — Cayenne. Long. 0,004. Brunneaj, non nitida, dorso anticeque nigricans. D\m brun rougeâtre terne, noirâtre sur le dos et ante'- vieurement -, dessous des épaules testacé ; dessous du corps et tête d'un brun noirâtre -, pattes d'un testacë obs- cur, tibias plus fonces -, prothorax plus acuminé posté- rieurement que dans les espèces prëoedentes. B. Longueur du prothorax excédant notablement sa largeur aux épau- les : exlrémilé plus acuminée. 15. T. fulvo^aria.* — Lefebv. Coll. — Brésil. Long. 0,005. Ni'gro-œneaj, pun data , dorso posticeque fermgineo varie- gata. Prothorax d'un noir bronzé, peu brillant, sur le dos et sur la partie postérieure de nombreuses petites taches ferrugineuses qui se réunissent et forment une grande tache postérieure et de chaque côté une ligne oblique -, tête mêlée de noir et de ferrugineux ; pattes ferrugi- neuses. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 489 16. 3. frontalis*. — Province des Mines. Long. 0,005 (Pl.:^fig.2); Punctata, cœndeo-atra, macula frontali sanguinea, supra caput alhida. Front très saillant, le reste de la tête replie en dessous-, prothoi-ax densément ponctué, d'un noir légèrement Lleuâtre \ une tache entre les yeux d'un rouge de sang ; une tache blanche au-dessus de la tête qui disparaît quelquefois. Coll. du Muséum, Lefebvre. 17. T. albimacula. ^Germ. Rev. Silh. III, 252,3. Mem- bracisid. Mag. d. Ent.IV, Q~T.histriata, Burm, Rev. Silb. IV, 188, 6. — Brésil. Long. 0,004. Punctata, cœruleo-atraj macula frontali sanguinea^ doi' so utrinque lineola alhida signaio. Coll. Germar. 18. T. humeralis*. — Brésil. Long. 0,005. Brunnea, hwneris flavo-maculatis, capite pedihusquQ tes- taceis. Prothorax brun avec une tache jaune sur la partie postérieure des épaules, et une aulre plus petite sur le milieu du bord inférieur -, quelques petites lâches jaunes au-dessus de la tête : tête et pattes jaunes. Coll. Signoret. ^19. T. globus. — Germ, Rev. Silb. III, 251, Acmbra- cis id. Mag. d. Ent. IV, 12, 4. — Brésil. Long. 0,004. Fuscaj, capite testaceo variegato, pedihus dilutis. ^ 20. T. obliqua. — Germ. Rev. Silb. III, 251, 2. Mem- hracis id. Mag. d. Ent. IV. 13, 5— Stoll. t. 15, fig. 81. — Brésil. Grisea, dorso utrinque lineolis duabus obliquis. M. Burmeister réunit les deux espèces précédentes 490 ANNALES avec h T. alhimacula sous le nom de T. sdcrata. — Burm. Rev. Sill). IV, 186,4. ^21. T. involuta. — Burm. Rev. Silb. IV, 187,5 —/>ar. nis l'd.F.S. Rh. 27, 4. — Coq. 111. le t. 18, fig. 7. — Stoll, Cic. —Brésil. Long. 0,004. Ferrusinea. fusco irrorata. Coll. du Muséum. Je crois quil faut rapporter ici le Z^rwvzw morio, F. S. Rh. 26, 3, que M. Burmeister regarde à tort comme variété du T. cimicoidcs. t> 22. T. ovalîs. — Burm. Rev. Silb. IV, 188,7. — Para. Long. 1 1. 1/4. Nîgruj tihiis lineolisque duabus ulrmque prothoracis aïbis. ^ 23. T. xanthocephala, — Germ. Rev. Silb. III, 252,4. — Burm. Rev. Silb. IV, 189. — Brésil. Long. 0,003. AtrUj subnitida capite pedibusque luteis. Coll. Germar. ^24. T.cyanea. —Burm. Rev. Silb. IV, 189,9. — Para. Long. 1 1. 1/2. Cyanea, subtîis cum capite pedibusque sanguineis. ^25. T. tripartita*. — Gayenne. Long. 0,003. Brunneo- castanea, anticeposticequejlwo-griseapedibus griseojlcwis. Luisante, d'un brun marron; avec la partie antérieure et postérieure du protliorax, la tête et les pattes d'un jaune grisâtre ; élytres moins couvertes que dans les es- pèces précédentes. ^ § 22. Genre Parmola*. Tête assez grande, tantôt légèrement rebordée, tantôt DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 491 un peu recourbée eu dessous-, yeux gros, ocelles à peine rapproche's des yeux. Prothorax finement pointillé, lisse, paraissant couvrir tout le corps et les élytres, mais en laissant une partie notable à découvert ; quelquefois sinué supérieurement^ épaules à peine saillantes. Z'/jfre^ transparentes, ordinairement tachetées de brun, trois cellules basilaires, deux ou trois discoïdales, la troisième terminale formée par une nervure bifurquée -, un peu plus longues que le prothoraxj mais ne se re- pliant pas comme dans les Tragopa (PI. V- lig. 9). • Ce genre correspond probablement aux Entylia de M. Burmeister, ou du moins à une partie. 1. P. bistrigata*. — Colombie. Long, 0,004. Brunnea, dorso dilutiorcj apice pallidoj utrinque striga ohliqua pallida. Prothorax brun, plus clair sur le dos, pâle à Textré- uiilé, un peu luisant-, de chaque côlé une petite ligne blanchâtre, oblique -, dessous du corps et pattes d'un fauve obscur, avec la poitrine, la base des fémurs et des tibias postérieurs noirâtres. Quelquefois le prothorax est tout brun avec une tache pâle entre les épaules et les taches latérales postérieures. 2. P.çertehralis*. — Amérique méridionale. Long. 0,006. Bruîineo nigra^ nitida^ dorso latejlavo, utrinque piincto flavo. Allongée, luisante, d'un brun foncé légèrement bleuâ- tre -, dos largement jaune, cette couleur n'atteignant pas l'extrémité postérieure-, un point jaune de chaque côté au bord inférieur i dessous d'un brun noirâtre. Coll. Muséum. 3. P. gibbula*. — Campos Geraes. Long. 0,004. 492 ANNALES i\igi(i, punctata dorso simtato, macula apicali et utrinquc puncto fiavis. Noire, très ponctuée, cependant un peu brillante, prothorax de'prime au milieu, une bande transversale, presque à Textrémitë, et de chaque côté un point jaune-, élytres très découvertes, transparentes, avec une petite ligne noire à Textré mité. Coll. Muséum. § 23. Genre Horiola*. Tragopa. — Burm. Am. Serv. — Darnîs, Fab. Ce genre correspond à la dernière division des Tragopa de IVL Burmeister ; par la forme, il ressemble beaucoup' aux dernières espèces du genre^ Tnigopa, dont le corps est allongé. Prothorax légèrement anguleux aux épaules, acuminé poster ieuremen t . Elytres recouvertes à moitié-, quatre basilaires, la ter- minale du milieu formée par une nervure bifurquée, pas de discoïdale -, marge postérieure beaucoup plus petite que dans les^Tragopa (Pi. VII. fîg. U, 13 et 14). ^1. H. picta. — Darnis îd. F. S. Rh. 29,11. —Coq. 111. le. t.l8,fig. 10.— Stoll,Cic., pi. 16,(ig. 89 — ^Tragopa id. Burni. Ent. II, 141^ 15. — Ara. Serv. Hém. 546. — Darnis elegantula, Perty, Del. An. 178, t. 35, fig. U. 2. H. lineolata*. — Cayenne. Long. 0^005. Brunneo nigra, nitida, plurimis lineolis testaceis. D'un brun noir luisant-, de chaque côté une ligue très mince, arquée, commençant sur l'épaule^ se terminant au milieu d'abord, sur le dos un peu en arrière des épau- les une ligne anguleuse, Touverture de Tangle dirigée antérieurement-, au milieu du dos une ligne arquée, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 493 courte, et un peu avant rexlrëmité une autre ligne ar- que'e, d^un jaune lestacéj bord externe des elytres d'un brun luisant avec une tache hyaline. 3. H. ferrugivea* , — Capitainerie de St-Pauî. Long. 0,004. Nitida, hrunneo-ferruginea, humeris albo margùiatis, cipice prothùracis utrinque tenui striga albida signato. D'un roux ferrugineux luisant, uniforme •, e'paules finement l)orde'es de blanc -, de chaque côté à Textré- mite' du prothorax une très petite ligne blanchâtre. Coll. Muse'um.ç ,-^ ^ Ajoutez les Tragopa j4ndreœj T. chij T . ephippîwn. — Burm, Rev. fcilb. IV, 190, 191. § 24. Genre Ophiderma*. Tête large, triangulaire -, yeux gros, ocelles rapprochés. Prothorax très peu convexe, légèrement caréné posté- rieurement, étroit, ne dépassant pas Tangle interne des élytres. Elytres grandes, ayant leur bord interne recouvert, mais très peu; quatre basilaires, deux discoïdales. Pattes grêles. \. O, salainandra*. — Lefev. Coll. — New -York. Long. 0,007 Bninneaj flavo lineolata et çariegataj, elytris hasi apice- quefuscis. Assez fortement ponctuée^ ligne médiane lisse, brune-, tête et devant du prothorax maculés de jaune -, de chaque côté du prothorax une ligne jaune, commençant au-des- sus des épaules, se terminant au milieu du bord inférieur, ime bande jaune transversale un peu avant l'extrémité j 494 ANNALES dessous du corps brun -, pattes jaunes, élytres trans- parentes, brunâtres à la base et à rextrëmite. Coll. Lefebvre . § 25. Genre Scaphula*. Têie triangulaire, arrondie à rextréniitëi yeux très lar- ges, très saillants, ocelles rapprochés (PI. VII. fig. 19). Prolhorax lisse, quelquefois élevé, légèrement arrondi postérieurement. Elytres libres, à nervures postérieures ondulées j une. disdoïdale petite -, quelquefois l'extrémité interne est légè- rement recouverte par le prothorax (PL VIL fig. 20). Tarses postérieurs plus longs que les antérieurs. 1. S. semiatra*. — Goromandel. Long. 0,006 (Pl.^Sîi'^ fig. 18). Nigraj nitidaj thorace elevatOj elytrisatn's, apice hyalinis. D'un brun noir luisant, prothorax assez élevé sur le dos, terminé postérieurement par un rebord tranchant et arrondi. Elytres libres, d'un noir luisant, le tiers pos- térieur transparent. Dessous de Tabdomen jaunâtre ; pattes antérieures jaunâli-es, les postérieures noires-, ge- noux et tarses jaunâtres. Coll. Spinola. Q 2. S. flai^icans*. — Cayenne. Long. 0,007. Flatta, nitida, nigro terininata, elytris hrunneis, apice hyalinis. Prothorax déprimé, d'un jaune luisant, ainsi qne la tête et le corps -, ayant de chaque côté une légère im- pression sinueuse-, une tache noire semicirculaire un peu avant l'extrémité-, élytres brunes aux deux tiers, l'extrémité hyaline avec une petite ligne noire trans- verse. Coll. Signoret. ' DE LA SOCIÉTÉ EN TOxMO LOGIQUE. 495 Le Centrotus minutas, Fab. S. Kh. 23. 31, est peut-être voisin de Fespèce prëcédente. 3. S. centromaculata* . — Cayenne. Long. 0,005. Flaira, iiitidaj macula doisali nigra, elytris flai^is, nigro hfolinoque terminatis. Prothorax de'primé, d'un jaune luisant; une impres- sion latérale et une transversale vers rextrémité -, une tache assez grande entre les épaules d'un noir luisant; éljtres jaunes, ayant à Textrémité une tarlie noire suivie d'une tache hjaline terminale-, corps, tête et pattes jau- nes. Coll. Signoret. 4. S. alutacea*. — Cayenne, Long. 0,005. 2'otajlavo-testacea, autrubescensnitida, elytris apice hya- linis. Prothorax ayant de cliaque côté une impression sinuée, et une dépression transverse vers Textrémité; entièrement d'un jaune testacé, brillant-, les élytres sont un peu plus foncées, et hyalines à l'extrémité. Coll. Signoret. § 26. Genre Darnoides*.^ Smilia. — Gerraar. Tefe triangulaire, aiguë; yeux larges, saillants. Prothorax très aigu postérieurement. Elytres libres; quatre basilaires, une discoïdale (PI. VII. fig. 15). Tarses postéiieurs plus longs que les antérieurs. Ce genre se rapproche beaucoup pour le faciès du genre suivant, mais il s'en distingue facilement par la forme de la cellule terminale médiane. 0\. D. limbata*. — Colombie. Long. 0,009 (PI. Vil., fig. 16). 496 ANNALES Nigm aal testacea, pallido margùiata, clytris flcu'isj ni- tidis. Protliorax allonge, très légèrement incline inférieure- uientvers l'extrémité; noir, ou d'un testacé olivâtre, se- lon la variété, avec une bordure étroite d'un jaune pâle, iratteignant pas l'extrémité ; corps noir ou testacé -, pattes brunes ou testacés -, él jlres d'un jaune brillant avec les nervures noires, pâles dans la variété. Coll. Spinola. 2. D. brunnea*. — Smilia id. Germ. Rev. Silb. III. 308 — Brésil. Long. 0,007. Brumieaj punctatUj, apice nigm, pectore^ ano,femonbuS' que nigris, capiie^ abdomine tibiisque testaceis. Coll. Ger- mar, Lefebvre. § 27. Genre Acutalis . Tête large, triangulaire-, yeux larges et saillants. Prothorax allongé, très aigu postérieurement. Elytres échancrées, libres-, pas de discoïdale; souvent Tune des cinq cellules terminales est atrophiée (Pi. VII, fig. 18 et 19). Tarses portérieurs plus longs que les antérieurs. La forme du prothorax rappelle celle des Hoplophora. 1. A. balteata". — Colombie. Long. 0,006-7. Nigra, linea antica, lineis duahus lateralibus postice conj'unctis, lineaque supin caput interrupta,Jlavis. Prothorax large aux épaules, d'un noir luisant-, une ligne transverse antérieurement-, deux lignes latérales se joignant un peu avant l'extrémité^ et sur la tête deux lignes horizontales dont la supérieure souvent interrom- pue, jaunes-, abdomen jaune, côtés de la poitrine et anus noirs-, pattes jaunes -, élytres transparentes, légèrement jaunâtres. Coll. Spinola, Signoret. DE LA SOCIÉIE EiNTOMOLOCilQUE. 497 Var: D'un jaune pâle, avec une tache noire au-dessus de chaque ceil, et deux lignes noires sur la tête. ^2. A. flavozonaia* . — Brésil. Long. 0,004. Castanea, posticc transi^ersïm flavo lineata. D'un brun marron luisant-, plus clair ante'rieureinent et aux épaules-, une ligne noire au-dessus de la têle \ une ligne jaune à rexlre'mité du prothorax ; tête borde'e de jaune- pâle; éljtres hyalines; dessous du corps brun, pattes plus claires i abdomen jaune. Coll. Spinola. 3. A. binaria*. — Colombie. Long. 0,003. Ni^ro brunnea, postice J lavis j ely tris f lavis, basinigris. Presque cylindrique, partagée en deux parts, Tanté- rieure comprenant la moitié du prothorax, la base des élytres et la poitrine, d'un brun noirâtre-, la postérieure comprenant l'extrémité du prothorax, des élytres et Tab- domen, jaune-, pattes jaunes, fémurs noirs-, tibias pos- térieurs noirs à l'extrémité , Coll. Spinola. ^. J. tnpunctata*. — Brésil. Long. 0^004. Bruuneo Jiigra, apice flavaj utrinqueflavo punctata. D'un brun noir luisant, extrémité du prothoiax et un point de chaque côlé, jaunes \ élytres hyalines, une bande brune transverse-, fémurs bruns, tibias plus clairs. Coll. Spinola. C'est peut-être VEntyliatriguttata. Burm. Rev.Silb,IV, 183,4. ^ 5. ^4 fkmpennis. — Smilia id. Germ. Rev. Silb. III, 240,16. — Pensylvanie. Long. 0,003: j4ira, nitida, capite, abdominej tibiis tarsisque pallidis, ely tris fusco fUu'escentibus . ^ Il faut peut-être rapporter à ce genre le Membracis mêla- 498 ANNALES nogramma, Perty, Del. An. 178, t. 35, tîg. 10, et l'in- secte figuré par StoU, t. 17, fîg. 97. ^ &. A. fusconervosa* . — Colombie. Long. 0,005. Testaceo flawa, elytrorum nerçisfuscis. Entièrement d'un jaune luisant un peu testacé -, de rhaque côte, une impi'ession commençant à Tépaule, parallèle au bord inférieur -, yeux brunâtres -, nervures des élytres bruns. Coll. Muse'um. 7. A. anticonigm.* — Lefebv. Coll. Long. 0,004. Flavttj macula iriangulari nîgva arvtica, elytrorum neivis fuscis. D'un jaune luisant-, une tache noire, triangulaire, lui- sante, occupe la partie antérieure du prothorax -, bord inférieur du prothorax brunâtre-, nervures des ëlytres brunes-, tête noire avec une large bande jaune. ^ 8. A .bigutiula* . — Capitainerie de Goyaz. Long. 0^003 Nigrûy utrinc/ue flavoguttata. Noire, ponctue'e, peu luisante-, de chaque côté un ])oint jaune-, élytres blanchâtres, noires à la base ; tête bordée de jaune-, fémurs noirs.tibias pâles. Coll. Muséum ^ ^. A. liiterata*. — Colombie. Long. 0,003. Pallide flnvcscens, nigro-lineata , capite brunneo punc- tato. D'un jaune très pâle, luisant -, tête avec quelque points bruns, deux lignes brunes transverses au-dessus des yeux-, entre les épaules trois lignes noires ne dépassant pas le milieu du prothorax -, de chaque côté une ligne noire qui se joint à l'autre un peu avant l'extrémité -, extrémité noire; élytres transparentes-, nervures terminales brunes. Coll. Muséum. DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 499 § 28. Genre Heteronotus. Lap. Germ. Amy. Serv. — Comhophora, Burm. Tête triangulaire, pointue-, yeux très saillants ; ocelles très rapproches. Prothorax inerme chez les mâles, armé chez les fe- melles d'une épine aiguë à chaque épaule ; binoduleux postérieurement, le dernier lobe le plus grand, ordinai- rement très épineux, très rarement globuleux et armé en dessous d'une épine. Elytres libres, fortement échanci'ées, quelquefois un peu ridées transversalement à la partie postérieure -, trois cellules basilaires, deux discoïtlales, l'interne très grande; cinq cellules terminales, dont quatre presqu'égales, et Texterne très étroite, quelquefois atrophiée. Tibias postérieurs beaucoup plus longs que les anté- rieurs (PI. m. fig. 6). I. Protliorax plus long que les élyties. ^1. H. quadrinodosus* . — Mexico. Long. 0,012 (PI. Yj!" %. 27). JSigerj nitidus, laterihus prothoracis et linea transi>er- sali Jiodi primi albidis, quadritiodosus. D'un brun noir luisant, quadrinoduleux, les deux premiers nœuds presque égaux, le troisième plus petit, j^ortant en dessous une forte épine rousse, le dernier beaucoup plus gros, plus fortement pontué, avec deux petites dents ferrugineuses -, côtés du prolhorax bordés de blanc j tête bordée de blanc, avec une ligne médiane. Coll. Westwood. ^2. H.flavolineatus. — Lap. Ann. Soc.Ent Fr. V Série I, 96.pl. 3, fig. 9.— Am. Serv. Hém. 549, pi. 9, fig. 6.$.—/^. inerwis. Lap., lococit. pi. 3; fig. 10. — 500 ANNALES Id. signalas, Burm. Ent, II, 1 30, 1 . — Comhophora id. Rev. Silb. I, 228,3. —> Centrotus furcafus. An.Kingd. Ins. 2,161, t. 108, fig. 3. —Brésil. Long. 0,010 Ferrugineus, postice parum constrictusj spinis posticis ahhreviatisj albidis, iiiferiore valida, inargine pi'otkoracis lineisque dorsalibus f lavis, mai gin e elytronimfusco. 3. H. vidnerans. — Combophora id. Germ. Rev. Silb. I, 228,2.— Brésil. Long. 0,010 (PI. VII, fig. 25.) Bmnneusj margine prothoracis lineisque tribus dorsali- bus albidis, nodis albo-Jasciatis, elytnskjalinis, marginibus exteriore et posteriore laie infuscatis. Je croîs qu'il faut i-apporter à cette espèce, et non à la précédente, la Ranatra glanduligera, Less. 4 //. nigricans. — Lap. Ann. Soc. Ent. Fr. I, 96,2, pi. 3, fig. 8. Brunneus, nodo postico magno, globosOj fortiter pu7ic~ tntOj subtus par va spina armatOj clytris infuscatis. La Ranatra glanduligera. Less. 111. Zool., pi. 57, fig. 2, en est très voisin, mais n'est pas le même, à moins que le dessin ne soit inexact ; je ne crois pas non plus que /'//. nigricans soit le mâle Ag Ranatra bicomis Less., à cause de la différence des éljtres. H. Prothorax moins long que les élytres. ^5. ff. abbreviatus.*— Brésil. L. 0.009 (PI. VIL fig. 26). Pallide ferrugineus; capitis margine et linea duplici média albidis; margine prothoracis, lineis tribus disais atque alteribus transveisis utrinque nodorum albidis : nodo secundo abbreviato, spinis apice albidis, inferiore m DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 501 D 6. H.nodosus. — Comh. id. Burm. Rev. SilL. I. 229, 6. Germ. Mag. d. Ent. IV, 30, 41, T. 1, f. 2. — Brésil. Long. 0,012. Pusco-castaneus, nigro-maculatusj lœvis, antice utrinque jlavo -marginatus : postice hinodosus j nodis inflatis, rotun- datis j spinis suhœqualibusj elytn's Jlwescentibus ^ nitidis , marginibus anieriore et postice fuscîs. Coll. Germar. ^ 7. H. tn'dens. -^Comb. id. Burm. Rev. S iJL. I, 229, . — BrésiL Long. 0,014. Flairas j disco prothoracis et nodorum iiigro ,- spinis pos- ticis aurantiacis, eljtris elongatis, diaphanisj nitidis, ner- vis basinigris. Coll. Signoret. "s. H. armatus. — Lap. Ami. Soc. Ent. Fr. I'* série, I, 97, 5. — Cayenne. Long. 0,010-12. Brunneus nigro maculatus; prothoracis duabus vittis an- ticisj lateribus et macula transversa /lavis j spinis flavis, apice puncto nigro j elytris {lavis, diaphanisj, nervis ad basim fuscis. Coll. Guérin. ^9. H. spinosiis. — Lap. Me paraît élre une variété pâle de celte espèce. III. Espèces non vues. 10. //. fuscus. —- Lap. Ann. Soc. Ent. Fr. V série, I, 98, 6. — Comboph. reticulata, Burm. Rev. Silb, I, 227, 1. —C.ballifera, id. 229. 4. -^ Centrotus horridus,F. S. Rh. 16, 1. Ç 29. Genre Gyphonia. Lap. Am. Sevv.-^Coinbopkora, Burm. — Centrotus, Fab. -« ^Heteronota, Germ. ïefô triangulaire, pointue-, yeux saillants. Prothorax arme d'épines liumérales fortes et aio-nès' 2*" Série j tome iv. 34 m m ^ 502 ANNALES sur le dos deux petites épines très rapprochées-, trifide postérieurement, les branches tantôt fines et cylindriques, tantôt renflées. Elytres échancrées, libres-, trois cellules basilaires; deux ou trois discoïdales, rhoniboïdales. Pattes grêles, les poste'rieures longues. (PI. III, fig. 5). I. Epines postérieures cylindriques, erêles. 'O ^ 1. C. trifida. — Am. Serv. Hém. 548, 1 , pi. 9, f. 8. — DCentrotus id. F. S. Rh. IG. -^Memh. id. 01. Enc. Vil, 667, 29. —^Combophora id. Germ. Rev. Silb. I, 232, 13. -^ Cyphonia ornata, Lap. Ann. Soc. Ent. Fr. 1" série I, 230, pi. 6, f. 4.— Brésil. Long. 0,007. Nigra, abdomine sanguineoj ano nigro ; elytra hyalina, Jasciis duahus fuscis. 2. C. proxima. — Comhophora id. Gue'r. le. Règ. An. — Mexique. Long. 0,007. JSigra, abdomine scmguineo, anoflavoj elytra hyalinaj, fasciafusca. Coll. Guërin. II. Epines postérieures latérales renflées. 3. C. capra. —^ Combophora id. Bnrm. Rev. Silb. L 231, 22. (PI. VII, fig. 22)^ ^4. C.Jlava. — Comb. id. Burm. Rev. Silb. I, 231 11. ^ ;>. C. furcata. — Comb. id. Barra. Rev. Silb. I, 231, 10. ^6. C. rectispina. — Mexique. Long. 0,009. Tota ^avttj immaculata, spinis posticis redis, non sca- hra, spitiis dorsalibus nullis. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 503 Entièrement d'un jaune ferrugineux, presque lisse; épines hume'rales fortes, recourbe'es en dehors-, dos légè- rement comprimé, sans épines ; épines postérieures hori- zontales; les deux latérales formant un angle droit, épaisses, diminuant peu à peu jusqu'à Textrémité. Coll. Guéri n. ^7. C. hirta. — Heteronotaid. Germ. Rev. Silb. III, 255, 2. — Brésil. Long. 0,007. (PI. VII, fig. 23).^ Griseo flavescensj hirta, spinis posticis ante apîcem pal- lidisj latcralibus cuwatis, basi mcrassatis; abdomen obscu- rurn, ano fuhoj elytn's hyalinisj venis exterioribusfuscis. Coll. Germar. 8. C braccata. -^Heteronota l'd. Germ. Rev. Silb. III, 254, 1. —Brésil. Long. 0,008. (PI. VII, fig. 24).^ Fcrrugineaj, hirtaj scabra, spinis posticis pallido çanis, média maxima, lateralibus basi valde inflatis, scabris ; elyira hyalina, maculis interna et apicali brunneis ; abdo- men obscuro annulatimij ano nigro. Coll. Germar. 9. C. clai^igera. — Cefitrotus id. F. S. Rh. 17^ 5. — ^Combopkora id. Burm. Rev. Silb. I, 230, 9. — Patagonie, Brésil. Long. 0,005. Ferrugineaj scabra ; spinis posticis lateralibus medio in- flatisj scabris, apice albidis ; spina média longiore albida. Coll. Guérin. La figure de Stoll citée par Fabricius représente Tes- pèce suivante. ^10. C. clamta. — Am. Serv. Hém. 548. — Centrotusid. F. S. Rh. 17, 4. -^Membracis id. F. E. S. IV, . 13, 20. — 01. Enc. Méth. VII, 667, 30. —Coq. m. le. t. 18, f. 5. —Stoll, Cic. t. 21, f. 115. — ^ Comhophora id. Burm. Rev. Silb. I, 230, 8. Eut. 504 ANNALES II, 29, 11. — Memhracis hulbifera, Germ. Mag. d. Ent. IV, 30, 40. — Brésil. Long. 0,005. Nigra, abdomine pedihusqèejlavis ; spinis posticis late- ralibus medio inflatis, teretibus, riifîs, apîce deflexis. S 30. Genre Combophora.^ Germ. Am. Serv. Guër. — Heteronotus, Burm. Tête triangulaire, ocelles rapprochés. Prothorax renflé postérieurement en une bulle tri- spineuse-, quelquefois très comprimé vers les épaules*, la partie renflée se détache très facilement de la partie anté- rieure; les épines sont courtes, surtout les latérales. Ehytres libi-es -, quatre cellules basilaires^ une discoï- dale-, cellules allongées, parallèles-, la cellule terminale externe se subdivise souvent en plusieurs petites cellules, peu régulières. Pattes grêles-, tarses postérieurs plus longs que les an- térieurs. M. Beske a fait connaître la larve de Tespèce qui porte son nom-, elle ressemble beaucoup à Tinsecte parfait-, il a toujours observé des fourmis suçant le liquide qui suinte entre la tête et le pro thorax. 1. C. Beshii. — Germ. Rev. Silb. I, 232, 14, t. 12. — Am. Serv. Hém. \M.-^Membr. cucullata, Perty, Del. An. 178, t. 35, f. 9. — Brésil. Long. 0,009-lO.CPl. Ill.fig. 7.) Rosea, nigro maculaia, spinis lateralibus nigris, média voseaj, basinigra} subths nigra. Var. : Jaune gris très pâle, taches noires. ^ Membracis inanis, Fab. S. Rh. 6, 2, est peut-être la variété pâle de cette espèce. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 505 ^. C. Laporti, — Germ. Rev. Silb. III, 253, 2. 02. C. consentanea *. — Brésil. Long. 0,008. Testacea, fusco maculata, spinis lateralibus ahhreviatis et mediajlavis, suhths flavescens. D'un jaune testacé, avec des taches brunes ponctuées de jaune-, épines latérales jaunes, à peines marquées, la mé- diane jaune, noire à la base-, élytres enfumées à la base et à lextrémité-, dessous du corps et pattes jaunes. Coll. Guérin. 4. C. maculata, — Guér. le. Règ. An. — Bolivie. Long. 0,008. Fusca, punctataj flavo sparsuta^ spinis posticis flavisy elytris hasi apiceque laie infuscatis . Coll. Guérin. Oh. C. minor. — Brésil. Long. 0,007. Flavo testacea, fusco maculata^ spinis lateralibus et mé- dia acutis, Jlavisj basi fusais j subtîisfusca. D'un jaune testacé avec des taches d'un bmn noir; épines postérieures aiguës, jaunes ; celle du milieu noire à la base ; élytres noirâtres à la base et à l'extrémitéj des- sous du corps et pattes noirâtres-, fémurs antérieurs et genoux d'un jaune pâle. ^ 6. C. carinata. — Guér. le. Règ. An. — Brésil. Long. 0,007. GriseO'flava, valde compressas parlim injlataj antice in- gro signata, postice fusco parce punctata. Dans cette espèce, la marge externe des élytres est presque nulle. § 31. Genre OEda. <^ . ^ Am. Serv. — MembracisjFah. 01. — Smilia, Germ. Tète triangulaire, trilobée, les deux lobes très sail- lants, et se recourbant l'un vers l'autre-, yeux gros, très 506 ANNALES saillants-, ocelles assez gros, rapprochés des yeux. (PI. III, Prothorax ve'siculeux, quadrilatère, incliné en avant, réticulé. Ely très lihves, entières, sinuées intérieurement, cellules postérieures obliques, par rapport aux Lasilaires -, une seule cellule discoïdale. Pattes grêles, garnies extérieurement de fines épines, et intérieurement de poils un peu forts -, pattes posté- rieures, à peine plus longues que les antérieures. (PL III, %.3). Ce genre est remarquable par l'énorme dilatation vé- siculeuse, réticulée, transparente, qui atteint Textrémité des élytres et dépasse la tête-, tous ses autres caractères, d'ailleurs, le rangeraient naturellement avecles^orj^mwj mais à cause de Técusson caché, on est forcé de Ten séparer. 1. OE. inflata. — Am. Serv. Hem. p. 546. — Memh. id. Fab. Ent. Syst. IV, 8, 1. — S. Rh. 6, 1. — 01. Enc. Méth. VII, 662, 1.— Perty, Del. An. 178, pi. 35, f. 8.— Blanch. Ilém.lII, 180, 10. —^mi- lia id. Germ. Rcv. Silb. III, 240. — Burra.Ent. II, 137, 1. — Brésil. Long. 0,0 16. (PI. m, fig. 1). Flava, thorace antice bihawato, ncrçis ohscuriorihus re- ticulato, punctis plurimis Jiigrîs utrinquc jïotatOj quorum anteriora lineam arcuatamjinguntj ehjtrajlava., hyalina. /O ... O . 2. 0E> inermîs, Spin. Coll. — Memhracis inflata ^ Perty, Del. An. 178, t. 35, f. 8. — Brésil. Long. 0,011. Flm>a, thorace antice inenni. Même forme-, en dilTère par la taille, par le prothorax DE LA SOCIETE ENÏOMOLOGIQUE. 507 mutique en avant-, les points qui forment la ligne arquée antérieure, sont moins nombreux et plus réguliers-, une autre ligne de points moins distincts aux deux tiers du prothorax. M. Westwood a fait connaître une troisième espèce de ce genre dans \e?, AnnaU ofNat.Hist. april 1842. Il a eu lobligeance de m'en communiquer le dessin et la des- cription suivante : 3. OE. mformis, Smilia id. Westw. — Bre'sil, Long. 4 1. 1[2. (PI. VI, fig. 28). Alhiduj pronoto maximo valde inflato, totum corpus oh- iegente^ in medio constrido, et ad apicein spina armato ,• dorso irregulari'ter areolato; areis, prcesertim posticisy maximis, fusco inierdum marginatis et maculatis j alis an- ticis çenis crassis punctoque subapicalifuscis. Coll. Hooker. § 32. Genre Bocydium. Latr. Germ. Burm. Am. Serv. — Centrotusj Fabr. — Sphœronoîus, Lap. Tête trilobée, les lobes lale'raux non recourbe's Tun vers Tautre. Prothorax portant une e'pine perpendiculaire qui se subdivise au sommet en trois branches horizontales-, la plus longue se dirige au-dessus de Tabdomen , les deux autres, plus courtes, se dirigent latt^ralement, et sont quelquefois renfle'es au milieu. (PI. III, fig. 4.) Elytres souvent orne'es de taches brunes. Les autres caractères sont ceux du G. OEda, Ce sont des insectes fort éle'gants, de petite taille, peu nombreux en espèces , et peu répandus dans les collec- tions. 508 ANNALES O Le G. ^canthicus, de M. deLaporte, a été établi sur > des larves appartenant très probablement à ce genre. ^ \. B. globidare. — Germ.Jlev. Silb. lll, 260, 1.— Burm. Ent.ïl, V29'^~Centrotus id. Fab. S. Rh. 129, 1. — Stoll. Cic. t. 28, f. 163.— An Kingd. Ins. 2, 161, l. 108, f. 2. ~ SphœronùUis id.? Lap. Ann. Soc. Ent. Fr. V série 1. 139.— Brésil. Supra nigriiin immaculatum j quatuor globulis ornntum j, subtils rufum, eljtris hyalinis: coput îiigrum^ orhita oculo- rum sub/lai'escente. ^La Cicada globulifera, Pallas, Spic. Zool. Fasc. 9, 22, t. l,f. 12, est une espèce différente dont le corps est tout noir, et que je ne connais pas. ^ 2. B. glomeriferum, Germ. Rev. Silb. III, 260, 2. - Brésil. Long. 0,007. Prothorax niger^ antice quatuor vittis alhis : scutello albo bipunctato: caput vittis duahus alhis : globulis œqualibus ni- gris; nitidis, pectusj abdomen, pedes, flava, eljtris fusco f'asciatis. Le Bocydium tintinnabulifcrum. — Less. 111. Zool.pl. 55, f. 1, est probablement le même; mais je crois le dessin inexact, et la description n'y supplée guère. 3. B. nfiglobum" . —Brésil. Long. 0,006. Prothorax niger^ quatuor vittis albis y globulis dilutis, anticis minorihus. Prolborax noir, ayant antérieurement quatre bandes courtes, blanchâtres-, les renflemens globuleux sont rou- gcàtres et opaques, hérissés de poils longs -, les antérieurs sont moitié plus petits que les autres, et dirigés pai-allèle- nient-, élytres transparentes, brunes à la base, avec une tascie nébuleuse, variable, à rcxtréniité. Pattes et abdo- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 609 met! jaunes-, deux bandes blanches sur la lêle. Coll. Spinola. ^ A. £. Germari. — Gue'r. le. Règ. An. — Brésil. Long. 0,006. Nigerj, antice quatuor vittis alhidis ; scutello albo bipunc- tato; caputalbidovaiium; globulis anticis minutîsj opacis y posticis minutissiinisj vix perspicuis. Coll. Guérin. ©5. B. ancora. — Perly, Del. An. 179, pi. 35, f. 15.— Amy. Serv. Hém, 552. — B. trispinosum, Guër. le. Règ. An. —Brésil. Long. 0,007. Prothorax niger^ basi utrinque albolineatusj supra tris- pmosum; abdomen roseurtij ely tris fus co variegatis, femori- bus testaceis. § 32. Genre Centrotus.^ Fab. et Auct, Tète triangulaire, le plus souvent pointue, quelquefois arrondie et courte-, yeux saillants. Prothorax le plus souvent armé de cornes humérales fortes, quelquefois presque inern^e -, se prolongeant posté- rieurement en une épine aiguë, détachée du corps, ous'ap- pliquant sur les élytres, toujours échancrée sur Técusson. £'/y/re5 quelquefois échancrées, à nervures postérieures, légèrement obliques. Jambes prismatiques, les postérieures plus longues et plus grêles, tarses postérieurs plus longs. (PI. 111, fig. 8). Ce genre renferme beaucoup d'espèces, d aspects très dif- férents, au premier abord, mais qui présentent toujours les caractères essentiels de cette division. Les genres Gargara et Uroxiphus, Amy. Serv., sont fondés, le premier, sur un caractère faux, le second sur un caractère propre seulement à établir une division se- condaire. 510 ANNALES I. Cornes luimérales marquées. A. Prothorax prolongé postérieurement en une épine distante du corps. 1. C. dama. — Germ. Rev. Silb, III, 258, 7. — lucles- Orientales. Long. 0,009. (PI. III, fig. 14). ]Siger; prothorax in niedio erectusj cruciaiiin trispiuo- susj spinis apice inflexis ; postice abho squamosus ; scutel- luni elongatuni, spinosunij basi album. Coll. du Muséum. 2. C. gazella*. — Hoffmanns. in Spin. Coll. — Indes- Orientales. Long. 0,008. ^tro-cceruleusj prothorace m mediu erectOj trispinoso, spinis noji inflexisy postice non alho squamoso. Ressemble beaucoup au préce'dent; s'en distingue par sa taille moindre \ les épines latérales proportionnelle- ment plus courtes, légèrement relevées -, le prothorax est d'un noir bleuâtre, sans tache blanche postérieurement ; Técusson allongé, est blanc à la base \ les élytres sont transparentes, plus jaunes, noires à la base. Coll. Spinola. 3. C. scutellaris. — Fab. S. Rh. J9, 16. — Indes- Orientales. ^4. C. taurus.—FaAi. S. Rh. 20, 19. — Germ. Rev. Silb. III, 257, 5. -^Membracis id. Ol. Enc. Méth. VII, 665, 23. — Indes -Orientales. Long. 0,006-8. Nigerj scutello et pectoris lateribus albis, elytris costa fusca, cornutus compressis, leciirwis. Je n'ose pas séparer de cette espèce, qui semble assez variable, des individus plus petits, dont les cornes sont très aiguës et à peine recourbées ; un autre individu plus grand a les cornes relevées et obliques. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 511 O La Membr. tricornis, Hardw. Zool. Journ. 1828, n° 13, p. 114, tabl. suppl. 30. c,d,f, est une espèce très voisine, si ce n'est la ni^'me. C'est la larve de cette espèce que M. Hardvvicke a vu rechercher par une e'norme fourmi du Bengale. ^5. C. nodicornis. — Germ. Rev. Silb. III, 257, 6. — Cap de Bonne-Espérance. Long. 0,007. (PL III, ^ %. 13). Niger; prothorace albolineaio, coniuhus parum divarica- tis, apice crassis, truncatis, re^^ersis, spina postica basi ele- vataj fere fracta ; elytris infuscaiis, stigmate et apice fusco. Coll. Spinola. ^6. C. senegalensis" . — Se'nëgal. Long. 0,006. Brunneo niger, elytris infuscatisj spina postica angulata^ pcdihus pallidis. Brun, pubescent-, cornes comprime'es au somitiet, an- guleuses, acuniinées-, épine postérieure, élevée à la base, brisée-, écusson allongé, tronqué, deux lignes blanches sur le prothorax. Elytres légèrement enfumées avec une tache noire-, corps noir, pattes d'un jaune pâle. Ressemble beaucoup au précédent, n'en diffère que par les pattes et lesélytresj Coll. Serville. ^7. C. pubipennis* . — Spin. Coll. — Cap de Bonne-Espé- rance. Long. 0,005. Nigro-piceusj elytris variegatisj basipilosis, spina postica arcuata. D'un brun noir, pubescent ; cornes horizontales, ai- guës, recourbées-, épine postérieure, épaisse à la base, relevée et arquée, son extrémité touchant 1 elytre -, celles-ci enfumées avec un reflet soyeux, et des fascies obscures à l'angle interne et à rextrémité , tarses pâles. Coll. Spinola. 512 ANNALES 8. C. acideolus*. — LefeLv.Col!. — Surinam. Long. 0,004. NigrO'piceus, elytris hynlwisj basi fuscis, spina postica arciiata. D'un brun noir, pubescent-, cornes horizontales, courtes, aiguës-, ijpine postérieure, très épaisse à la base, arquée au milieu, son extrémité touchant Télytre, celles-ci transparentes, à nervures rousses -, jambes ferrugineuses. 9. C. hrunnipennis. — Germ. Rev. Silb. III, 257, 4. — Gap de Bonne-Espérance. Long. 0,007. Niger j cornuhus parum elougatisj acutis ; scutellum emar- ginatum, leviter recun'um; elytris injuscatis, basi nigrisj macula siigmaticcl et ad angulum internum brunneis j pedi- bus 7iigrisy tibiis dilutis. Coll. Spinola. 10. C. hamifeï^. — Mexique. Long. 0,006. Niger, cornubus humerorum acutissiinisj spina postica gracilis, medio subtîis lobata. Entièrement noir-, cornes huraérales très divariqnées, très aiguës-, épine postérieure grêle, aussi longue que Tabdomen, portant en dessous une dent carrée, qui sem- ble la soutenir sur l'abdomen-, élytres jaunes, transpa- rentes, une tache blanchâtre à la base-, deux points blancs sur l'écusson -, tarses gris. Coll. Lefebvre. ^11. C.pusillus*. — Mexique. Long. 0,005. Brunneus, elongatus, spina postica gracili, arniata, ely- tris infuscatis. Brun, allongé i yeux très saillants-, cornes humérales, peu divariquées, aiguës, recourbées, épine postérieure grêle, recourbée-, écusson jaune -, élytres allongées, échan- crées, légèrement enfumées, noires à la base, avec une tache jaune-, abdomen noir ^ pieds noirs, tibias plus clairs. Coll. Spinola. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 513 12. C. Magellani*. — Lefebv. Coll. — Manille. Long. 0,006. Fuscus, elytris hyalinis^ hasi et apice puncto nigro, cor- nubus antrorsum ver sis ^ compressis, recuivis. Corps el prothorax bruns ; cornes comprimées, dirigeas en avant, leur extre'mité recourbée-, épine postérieure plus courte que l'abdomen -, côtés de la poitrine blan- châtres-, devant du prolhorax, deux lignes entre les cornes et tête, d'un gris peu distinct-, pattes ferrugineuses, genoux plus clairs ^ élytres hyalines, avec un point brun à la base et à Textrémité. B. Prolhorax simplement écliancré au-dessus de l'écusson. 13. C. paria*. — Lcf. Coll. — Indes-Orientales. L. 0,006. FerrugineuSj, spina gracili, scutello latOj albo, cornuhus gracilihusj elytris diaphanis. Ferrugineux-, yeux saillants-, cornes peu divariquées, minces, aiguës, comprimées-, épine postérieure très mince, débordée de chaque côté par l'écusson qui est large et blanc, aussi longue que Tabdomen j côtés de la poitrine blancs; pieds jaunâtres-, élytres transparentes. Coll. Muséum. "^14. G. Tasinaniœ*. — Nouvelle-Hollande, Manille ? Long. 0,009. (PI. m, fig. 15). Brunneo ferrugineus, corniihus validisj vix divaricatis, truncatis. D'un brun ferrugineux, finement ponctué, couvert d'une fine pubescence dorée-, cornes presque pai-allèles , épaisses, triangulaires à la base, comprimées transversa- lement dans le liant, obtuses, aiguës extérieurement; 514 ANNALES partie postérieure du prothorax droite, assez mince, aiguë, échancrëe en dessous, à peine plus longue que l'abdo- men ; écusson petit, blanc -, côte's de la poitrine blan- châtres, dlytres brunes, plus claires à Textrëmitë. Coll. Serville, Signoret, Lefebvre. 15. C . fuscipennis . — Germ. Rev. Silb. III, 256, 3. — Gap de Bonne-Espe'rance. Long. 0,009. Brunneo-ferrugineus , curtus, elytris fusco diaphanis, tibiis posiicis ferrugineis j cornuhus conicis, hrevibusj ohs- curioribusj spma postice tricarmataj suhtàs obsolète bisi- nuata, incumbente. Goll. Spinola. Ô 16. C. capensis. — Gérni. Rev. Silb. III, 256, 2. — Gap de Bonne-Espe'rance. Niger j elytris fusco diaphanis^ tibiis tarsiscjue ferru- gineis, 17. C cornutus. —^ Cicada id. Lin. Faun. Suec. 879. — Gmél. S. N. 2094, 6. — Deg. Ins. 3, l8l, t. Il, f. 22. — Geoffr. Ins. 1, 623, 18. —^Membracis zW.Fab. E. S. IV, 14, 22.— 01. Enc.M. VU, 665, 22.— Panz, Faun. Germ. 50, 19. — Centrotusid. F. S. Rh. 19, 15. — Burm. Ent. II, 122, 1. — Blanch. Hém. 182, pi. 13, f. 8. — Am. Serv. He'm. 551. — Toute l'Europe. Asie mineure. Long. 0,010. Niger, aureo pilosus, coï^iubus plaiiiusculisj acittis, spina postica forliter sinuata, abdominc ùrcfior. M. Gurtis a donné une anatomie détaillée de cette es- pèce. J'ai trouvé la nymphe de cette es])èce sur un chêne •, elle ne ressemble pas du tout à Tinsecte parfait -, le pro- thorax est comprimé sans corne; Tabdomen porte à Tex- tn'mité un appendice dont Tusagc mVst inconnu. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 515 ^18. C. cujvidens *. — Mexico. Long. 0,006. Brunneus, aureo pilosusj elyttis variegatis, spiiia postica arcuata, intîis lobata. Brun, pubescent -, cornes horizontales, dëprime'es, peu fortes chez le mâle -, épine postérieure recourbée, son extrémité touchant Télytre et portant en dessous un lobe arrondi, peu saillant -, él jtres nuancées de brun et de jaune obscur, les nervures soyeuses , jambes et tarses cou- leur de poix. Coll. Westvvood. ^19. C. acanthaspis* . — Port Jackson. Long. 0,009. Brunncusj, cornubus compressisj obtusisj spina postica subtils bisinuataj c utello/la^o. Brun, ponctué -, cornes divariquées, comprimées, ob- tuses, larges-, pointe postérieui-e épaisse à la base, échan- crée à Técusson, sinuée plus loin, recourbée inferieure- ment à l'extrémité, plus longue que Tabdomen; écusson jaune-, deux taches noires luisantes au-dessus des yeux -, tcte noirâtre i fémurs noirs, tibias jaunâtres j élytres transparentes, mais légèrement enfumées. Coll. du Mu- séum. tO 20. C. trispinifer* . — Tasmanie. Long. 0,006. (PI. VII; fig. 35). Fusco-ferrugineus, dorso niedio spinoso, scutello albido. D'un brun ferrugineux ;, cornes fortes, aiguës, un peu recourbées en arrière-, au-dessus de Técusson une pointe trigone, peu aiguë-, écusson blanchâtre-, élytres ferrugi- neuses à la base-, côtés de la poitrine d'un blanc farinenx. Coll. Westwood. 21. C. virescens*. — Nouvelle-Hollande. Long. 0,008. PalUde viresceirsj cornubus acutis, d/vnricatis, spina pos- tica vix emar^inata. 516 ANNALES Ponctue, d'un jaune verdâtre pâle -, cornes testacëes, divariquées, triangulaires, aiguës, peu allongées-, partie postérieure du prothorax légèrement écliancrée à Técus- son, épaisse à la base -, tête obtuse, testacée-, pied testacés. Elytres hyalines, légèrement verdàtres à la base. Donné par M. Eug. Desmarest. 22. C. ha^anensis*. — Cuba. Long. 0,010. Atro-cœrulcusj comuhus acutissimis, spina postica si- nuata. Très voisin du C. cornutus ; cornes très aiguës^ pres- que horizontales, minces; partie antérieure du prothorax couverte d'un duvet cendré; épine postérieure sinuée, aiguë, aussi longue que Tabdomen-, écusson pâle-, tête couverte d'un épais duvet cendré -, poitrine blanchâtre -, abdomen jaunâtre, anus noir. Pattes antérieures noires-, fémurs postérieurs noirs, tibias testacés-, élytres dorées, marquées de noir à la base. Donné par M. Eug. Des- marest. 023. C. iirus*. — Sierra-Léone. Long. 0,009. (PI. III, %.I6). Airo-cœruleusj comuhus validisj, planaiis, apice valdc re- trorsum versis. D'un noir foncé, légèrement bleuâtre, rugueux-, cornes très fortes, obliques, comprimées, avec le sommet brus- quement tourné en arrière, aigu, luisant-, écusson blanc, très visible de chaque côté -, extrémité du prothorax légè- rement courbée inférieuremcnt, élytres jaunes, transpa- rentes, avec une tache jaune arrondie sur la base qui est noire-, côtés de la poitrine blanchâtres-, de chaque côté une bande jaune surTabdoraen. Coll. du Muséum. ^ 2'i. C.Jlexuosus. — Fab. S. Rh. 18, 10. -^Memhmcisid. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. :>17 E. S. IV, 12, 16. — C. anckomgo, Guër. le. R. An., pi. 59, f. 4. — Indes orientales. Long. 0,009. Atro-cœndcus, comubus validis, planis, aciitis levitcr flcxuosis; clytris apice hninneis, intîis hxjaliins costa hnsali nigra. Coll. Gudrin, Spinola, Muséum. Dans cette espèce, comuie dans les Iroià suivantes, Técusson n'est guère visible, ce qui tient à sa petitesse, car le prothorax est le'gèrement e'chancré au-dessus. '25. C. assamensis* . — Assam. Long. 0,01 1. Atro-virescens, cornuhus validis, p/ariis, acutis, clytris hrunnco marginatis. Ressemble beaucoup au précédent-, d'un noir verdAtre, bleu sur les cornes-, cornes humérales, moins dilatées, carénées en avant et en arrière, plus relevées-, élytres jaunes, transparentes, avec le bord externe d'un brun noirâtre, une tache brune à l'angle interne. Coll. Westwood. ^ 26. C. javanensis* . — Java. Long. 0,008. Brunneus, comubus auricidatis, spùia postica gracili^ abdomen œquante. D'un brun noirâtre peu brillant-, cornes humérales assez courtes, larges, avec un sillon antérieurement et une légère carène postérieurement-, épine postérieure mince, triangulaii-e, aussi longue que l'abdomen-, élytres trans- parentes avec les bords externe et postérieur brunâtres. Donné par notre collègue M. Desmoulins, de Mons. ^-11. C. neuter*. — Java. Long. 0,008. Atro-cœndeusy cornubus abbrcviatisj oôtusis, spina pos- tica abdomitie multo hreviore. D'un noir bleuâtre, cornes courtes, larges, horizou- 2' Série, TOME iv. 35 518 ANNALES laies, presque arrondies au sommet, avec un sillon mar- ginal j dpine postérieure tranchante, très aiguë, beaucoup })lus courte que Tabclomen , Yisiblement échancrée-, élylres brunes, plus foncées à la base, avec une grande tache hyaline à Tangle interne. Coll. Muséum. ^28. C. obcsits*. — Java. Long. 0,008-10. Atro-cœmleus, nitidus^cornubus abbrcviatisy spinapostica nbdoininc lotrgiore. Prothorax renflé et arrondi antérieurement et entre les épaules, surtout dans les femelles, assez fortement ponc- tué-, cornes humérales coniques, peu saillantes, presque horizontales -, prolongement postérieur, sinué, mince, légèrement courbé en-dessous à Textrémité-, moitié ba- silaire des élytres transparentes, le reste brun, avec le bord externe noirâtre. Donné par M. Desmoulins. ^29. C. Pocyi*. — Cuba. Long. 0,007. Ferrugineus, utrinque spiiiosus, cornu postico abdomine hrcviore, scutello albo. D'un brun ferrugineux, tête plus foncée, pubescentc, yeux grands, saillants -, de chaque côté une épine humé- raie, grêle, aiguë, noire, un peu recourbée-, épine posté- rieure sinuée, beaucoup plus courte que Tabdomen-, écusson court, blanc, soyeux-, élylres d'un jaune trans- parent, noires à la base, blanchâtres postérieurement, abdomen ferrugineux, anus noir-, pieds bruns, tarses et til)ias postérieurs plus clairs. Coll. Spinola. n. Cornes humérales peu marquées. ^ 30. C. australis*. — Nouvelle Hollande. Long. 0,007. Nigro-piccus^ cornubus abbrcviatis^ cornu postico si- nuato, clytra tangente. DE LA SOCIETE EJNTOMOLOGIQUE. 519 Prolhorax ponctué, arrondi antérienrement, légère- ment caréné, de chaque côté une dent conique, courte ;, épine postérieure échancrée à Técusson et touchant les élytres, égalant à peine rabdomen-, écusson jaune-, ély- tres d'un jaune transparent, nervures brunes, noires à la base. 31. C. suhspinosus* — Spin. Coll. — Mexico. Long. 0,005. Niger j curtiis, cormibus humeralibiis nullis, cornu postico' curvatOj intùsdentato. Noir, subglobuleux, avec des poils dorés ; pro thorax arrondi en avant-, sur les épaules un angle conique, court ; corne postérieure recourbée, à peine plus courte que Tabdomen, dentée intérieurement-, écusson large, soyeux, bidenté^ élytres brunes, échanci'ées, avec une fascie et une tache pâles j corps et pattes noirs, tibias clairs. Coll. Spinola. 32. C. maculiscutum. — ^Uroxiphus id. Amy. Scrv. Hém. 550, pi. 12, f. 9. ^33. C. fasciatus. — Fab. S. Rh. 22, 30. Coq. 111. le. t. 9, f. 5. -^Cicada gibbosa, Deg. Ins. III, t. 32, f. 20? 34. C ftwidus*. — Cuba. Long. 0,005. Brunneusj nitidus, prothorace postice acuto, flavoj capite flavo-marginato. Prothorax lisse, légèrement déprimé, aigu postérieure- ment, brun luisant, portant en arrière une tache jaune qui se bifurque antérieurement -, tête bordée de jaune - pattes brunes -, élytres transparentes, une tache blan- châtre à la base. Coll. Spinola. 520 ANNALES 35. C. gcjusiœ. — Fab. S. Rh. 21 , 2G. — Panz. Faim, Gcrm. 50, 20. — Curtis. Brit. Ent. pi. 313. — ^Mcmhr.id. Ol. Eue. met. VII, 663, 9.-^Fab. Ent. Syst. IV, 16, 31. —Smilia id. Germ. Rev. Silb. III, 240, 21. — Oxyrhachis id. Burm. Ent. II, 133, 2. — Blanch. llist. nat. Ins. III, 181, 4.— GeofFr. Ins. I, 421, 19. — Gargara id, Amy. Serv. Hém. 538. — Europe. Long. 0,005. • Fuscusj inermis, prothorax ahdomine hreviorj, villosusj elytris pallidisj, hyalin is. Dans cette espèce que les auteurs ont rangée parmi les Membracides à ecusson caché, Técusson est au contraire très visible. § 34. Genre Hypsauchenia. Germ. Tctc presque triangulaire, trilobée à Textrémité-, ocelles rapprochés des yeux. Prothorax un peu moins long que les élytres, très peu, mais visiblement échancré sur Técusson-, s'élevant antérieurement en une corne comprimée, recourbée en arrière, et terminée par deux folioles (PI. III, fig. 21 et pl.VII,fig.8). Elytres libres, légèrement échancrées, à nervures pa- rallèles, ponctuées dans leur moitié basilaire (PI. VIL fig. 7,); bord postérieur, légèrement falciforme ; trois basilaires, deux discoïdales. Jambes prismatiques. 1 . H. Hardwickii. — Centrotus id. Kirby, Mag. Nat. Hist. London, 1829, p. 20, f. 56. -^ H . hal- lista, Germ. Rev. Silb. III, 231, 1.—Népaul. Long. 0,007 (PI. HT, fig. 20). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 521 Fusca, cornu antico maximo, tricarinato, reflexoj apicc biloho, lohis planis, oi^atùj, acuiis. Coll. Germar. Je crois que M. Germar a été trompé sur la patrie de son insecte, car il me semble bien le même que celui dé- crit parKirby. ^2. H. ffest\voodi\-A\es Philippines. Long. 0,007, haut, 0.008 (PI. VII, fig. 6, 7 et8)r Fusco-ferruginea^ antice cornu elevato compressa, apicc JurcatOj brachiis gracilibus, planiusculis, D-W brun ferrugineux -, prothorax s'élevant au-dessus de la tête, en une corne comprimée, bicarénée latérale- ment, ciliée postérieurement-, au sommet cette corne se bifurque, les branches sont dirigées presque hoi'izontale- raent en arrière, comprimées et coupées obtuscment à leur extrémité-, Textrémité postérieure du protliorax presque arrondie-, une tache jiâle sur le dos-, élytres brunes, fortement ponctuées à la base -, pattes d'un ferru- gineux pâle. Coll. Westwood. Dans cette espèce, Téchancrure sur Fécusson est à peine visible. Q Ajoutez : Centrotus hifoliaius, Westw. Proc. Zoo). Soc. 1837, 130. — Stmlia zW, Mag. Zool. Guér., espèce très voisine de la précédente, mais dans laquelle les bran- ches de la corne prothoracique sont beaucoup plus dévelo2:)pées. § 35. Genre Anomus *. Tête large, courte, tronquée , à bords tranchants (PI. Vil, fig. 32). Prothorax échancré antérieurement pour recevoir la têtej coupé presque carrément au-dessus touchant les éiytres dans toute sa longueur, légèrement recourbé pos- 522 ANNALES Icrieuremenl ; faiblement dcharicre de chaque côlé de récusson-, caréné. Élytrcs larges, sans marge postérieure, ponctuées dans presque toute leur étendue, couvertes de petits poils dorés peu serrés j trois basilaires, trois discoïdales -, cellules ter- minales irrégulières ; les externes sont divisées en plu- sieurs petites cellules. Pattes courtes ; fémurs un peu renflés -, tibias posté- rieurs à peine dentés. 1. A.reticulatus*. —Brésil. Long. 0,005 (PI. VII, Cg. 31 et 32). Entièrement d'un jaune testacé, avec Textrémité du piothorax brunâtre, élytres plus foncées. Coll. Muséum. § 36. Genre Lycoderes. Germ. Amy. Serv. — StegasDÎs, Germ. Burm. Amy, Serv .—^Centrotus. Fab. Burm. — Membracis Ol. Fab. — Cicada, Lin. Tête un peu foliacée, bilobée ; ocelles rapprochés des yeux (PI. III, fîg. 31). Prothorax de forme variable, renflé, comprimé, ou même foliacé-, tantôt largement échancré au-dessus de récusson, tantôt échancré à peine visiblement. Elytres larges, tronquées-, nervures touchant immédia- tement le bord postérieur^ trois cellules basilaires, une cellule discoïdale, les postérieures obliques, très ponc- tuées à la base, tantôt complètement obscures, tantôt avec une portion hyaline. Jambes prismatiques, tibias comprimés, surtout les an- térieurs (PI. III, fJg. 30). Je réunis à ce genre, celui àa Stegaspis , qui n'en diffère réellement que par son prothorax foliacé •■, car, en Pexa- DE LA SOCIÉTÉ EN TOMO LOGIQUE. 523 minant avec attention, on trouve une légère echancrure au-dessus de Técusson ; cette particularité a échappé à M. Germar, qui a étudié avec soin la famille des Membra- cides. I. Prothorax non foliacé, très visiblement échancré sur l'écusson. 1. Z. mitratus.— Gerra. Rev. Silb. III, 311. — Brésil. Long. 0,010 (PI. III, fig. 25).- Fusais j prothorax supra caput elevatusj apice expansus, iri/iatus, hœmisphericus, utrincjue acutus, posticc productus^ compressus, ad scutellum vix emarginatus j elylra bnumea, macula magna trigonaj ad angulum internum atienuataj hyalinaj abdomen roseuin, pedes testacei. Coll. Germar, Signoret. C^est la femelle de cette espèce que j'ai décrite dans la Revue zoologique de M. Guérin, 184G, p. 12, sous le nom de L. Spinolœj aujourd'hui j'ai sous les yeux les types de M. Germar, et je m'empresse de réparer mon erreur. ^ 1. L. galeritus. — Bocydium galentum, Less. 111. Zool. pi. 56, f. A, B, G. — Brésil. Long. 0,006. Fuscusj, proihorace apice truncalo , bilohoj, posiice sinuato. D'un hruu ferrugineux \ prothorax peu comprimé au- dessus de la tête, terminé supérieurement par deux lobes triangulaires, horizontaux-, prolongé postérieurement en une lame sinuée, qui descend sur Télytre. Celles-ci hya- lines, base et extrémité brunes, un petit point hyalin en haut de la bande postérieure. Coll. Spinola. 3. L.gladiator. —Germ. Rev. Silb. 111, 310. — Brésil, Long. 0,006 (PI. III, fig. 26) .o 524 ANNALES Fuscus, satis nitidus ; 'prothorax coinprcssusj riigosus, 7'cticidatus, cacumine tnmcatus, hilobusj lobis brevibusj trigonisjferè horizontaliter divaricatis ; pars postcrior sùiua- taj, ad sculclluinparuin einarginata , elytrafusca, satis jiitida, fascia iiicdia transversa, macula interna, et macula una alterai>e apicali cdbo hyalinis. Corpus fuscwuj pedibus paU lidis. Coll. Germar. ^ 4. L.fuscus. — Amy.Serv. Hém. 562, pi. 12, f. 10. — Amérique mérid. Long. 0,008 (Pi. III, fig. 24). Fusco-niger, supra caput prothorax elevatus, constrictusj, apice bilohusj lobis leviter arcuatis, oblif/uis ,• abdomine ru- fo; elytris fuscisj macula magna exlerna ferè triangulari hycdina. Coll. Serville. 5, L. ancora. — Germ. Rev. Silb.III, 259. — Centrotus id, Germ. Mag. cl. Ent. IV, 32, t.I, f. 3.— Brésil. Long. 0,006 (PI. III, fig. 27). Niger ; supra caput pro thorax elevatus j constrictus, apice hilobusj lobis elongatis, horizontalibuSj, acutis ; posticeful- catus, basi grac'di, apice acutOj compressa; elyira hyali/ia^ basi apicequefusca, abdomine riifo . Coll. Germar. ^6. L. furca*. — Bahia. Long. 0,006. Ferrugineusj supra caput hrunneusj elevatus, bilobus lo- bis depressis, recurvis, abdomine rufo. Ressemble beaucoup au précédent -, mais les branches de la fourche sont déprimées, presque foliacées, renver- sées en dehors j les élylres sont hyalines, avec une bande brunâtre, étroite, à la base et à rextrémitéj abdomen jaune. Coll. Westwood. ^'7. L.gafa*. —Brésil. Long. 0,006 (PI. III, fig. 2U). Flauo-ferrugincusj prothoracc bilobo, lobis vix divari- catis, postice falcatus. DE LA SOCIETE EJNTOMOLOGIQUE. 525 D'un jaune ferrugineux, avec de petits poils soyeux-, [)rotliorax presque eylindrique au-dessus de la tête, bilo- hâ au sommet, les lobes presque droits, un peu recourbc^s en dehors, à Textre'mité -, se prolongeant postérieurement en une lame falciforme, venant toucber Telytre, laissant un large espace sur re'cusson. Elytres transparentes, fer- rugineuses à la base et à Textrëmité. ^8. L. Burmcisteri" . — Brésil. Long 0,006 (PI. III, %. 28). Piceus, prothoracc biloho, lohis conjunctis, postice gra- cili, haud inflexo. Pro thorax s'avançant en avant, fourchu, mais les deux branches comprimées, réunies, à peine séparées à la base, obtuses, presque tronquées-, partie postérieure grêle, al- longée, presque droite, aiguë, échancrée sur Técusson. Abdomen rose. Elytres brunes, avec une tache triangu- laire, externe, hyaline. Coll. Spinola, Serville. O9. Z.Mmco/or*. —Brésil. Long. 0,008. Fiiscusj proihorace biloho, lohis conjunctis^ postice suh angido ferè recto inflexo. Ressemble beaucoup au précédent : prothorax moins penché en avant , partie postérieure comprimée, moins grêle, coudée presque à angle droit. Coll. Spinola. 010. L. petasus*. —Brésil. Long. 0,006. Fuscus , prothorace compresso , triangularij apice intn- cato, postice spinoso. Tête et thorax d'un brun ferrugineux, finement ponc- tués, poilues : prothorax vu de côté triangulaire, tronqué .m somu-ict et échancré : armé à sa partie postérieure et inférieure d\mc épine grêle, allongée, légèrement re- ( onrbécj échancrée à Técusson. Abdomen et pieds ferru- 526 ANNALES gineux. Élytres brunes, avec une grande tache hyaline. Coll. Signoret. -^ Il faut rapporter à cette division le Ccntrotus hippocain- pus. Fab. S. Rh. 20, 22. ^11. L. pileoluni* . — Cayenne. Long. 0,005. Fuscus , prothorace compressa , lato , elevato , apice de- pressoj bilohoy postice spinoso. D'un brun foncé : prothorax s'dle vaut perpendiculaire- ment sur la tête, large vu de côté,, comprimé, très légè- ment renflé au milieu, déprimé et bilobé au sommet: prolongé à la partie postérieure et inférieure en une épine légèrement échancrée à Técusson. Elytres brunes j avec une tache interne hyaline, presque carrée. Coll. Signoret. IL Prothorax foliacé, légèrement échancré. {G. Stegaspis Germ.). 12. L. fronditia. — Cicada id. L. S. N. II, 705, 3. -^Memhr. id. Fab. Ent. Syst. IV, 8, 9. S. Rh. 7, 6. — 01. Enc. méth. 663, 7. — Cic. id. Deg. Ins. III , t. 32, fîg. 15, 16. -- Gmel. 2093, 3. — Stoll, t. 6, fig. 31. -^Stegaspis id. Amy. Serv. Héra. 533. —Cayenne. Long. 0,007. Fusco'hrunneiiSjfermginco Jiebulosus, prothorace antice ch\>atOj truncatOj dorso hisinuatOj apice truncato. Gollect, Signoret, Serville. L'insecte figuré par Stoll, Cic. t. 17 , fig. 93 est voisin de Tespèce précédente. 13. L. squamiger. — Cic. id. L. S. Nat. II, 705, 4. — Deg. m, t. 32, fig. 17, 18. —Gmel. 2093, 4. — ^Memhr. id. F. S. Rh. 10", 21. - 01. Enc. méth. 063, 8. —Cayenne. Long. 0,008. DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 527 ■Pallidèfermgineus, supra caput elemlus, Icviicr tmnca- tusj apice acutus. Coll. Signoret. 14. L. lœi>ipennis* . — Cayenne. Long. 0,008. Brunneusj antice pallidior , fiisco reticulatusj dorso non sinuaio. Ressemble beaucoup à Tespèce suivante; en diffère par le prothorax non sinueux supérieurement et les deux tiers postérieurs des éljtres luisants. Coll. Signoret. 15. L. folium. —^embr. id. Ol. Enc. méth. 668^ 9. — Stoll, Cic. t. 10, fig. 48. 16. L. melanopetalus. — Membr. id. 01. Enc. méth. 668, 7. —Stoll, Cic. t. 15, fig. 80. P O La Membracis rhomhea. F. S. R. 7, 3. Cic. id. L. S. N. 704 est probablement voisine de ces espèces. § 37. Genre Lampropteha. Germ. Burm. Tête triangulaire, allongée, pointue, armée de deux cornes (PI. ÏH. fig. 12.) Prothorax ne recouvrant pas le corps , portant seule- ment sur son disque une petite corne, très légèrement recourbée en arrière : écusson armé d'une petite corne. hlytres très brillantes, transparentes, avec quelques bandes brunes , tout à fait semblables à celles des Lyco- dères pour les cellules. Pattes très grêles. Les deux insectes qui forment ce genre sont très cu- rieux par la forme de leur tète et de leur thorax. Quoique le prothorax ne recouvre pas le corps , ce genre n'appar - tient pas moins aux Membracides , ainsi que j'ai pu m'en convaincre sur les deux individus que m'a communi(|ués 528 ANNALES M. Germar. Je possède la nymphe d'une troisième espèce remarquable par les deux cornes un peu recourbées de la tête. ^1. Z. capreolus. — Germ. Rev. Silb. III, 261 , 1. Mag. d. Ent. I V , 33 , 5 , t. 1 , 6g. 4. — Burm. Eut. II, 131, 1. —Brésil (PI. m, fig. 11.) JVigra, dorso cornubus duobus erectis, coin près sis , elytris fasciis tribus nigris. Coll. Germar. V 2. L. vacca.—Gevm. Rev. Silb. III, 261 , 2. Mag. D. Ent. IV, 34 , 6. — Burm. Ent. II, 131,2.— Bré- sil (PI. m, fig. 10.) Nigra, dorso cornubus duobus apicc convcrgcntibusj, ely- tris basi apiceque nigris. Coll. Germar. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 529 FxpJication des planches comprises dans la revue des Memhracides . Planche 3. ig.^l OEda inflata. 17. Nymphe de Centrotm cor 2 Id. Tête. niitus. 3 Id. Patte. 018. Scaphula semiaira. i. Élylre de Docydium. 19. Id. Tète. S. — Cyphonia. 020. Hi/psauchenia Hardwickii 6. — Heieronoius. 21. Id Exirém. du prolhorax O 7. — Combophora. ^ 22. Ceresa auraniiaca. 8. — Centrotus. €1Z. Id Tête. 9. — Lycoderes. ,'24. Lycoderes fuscus. 0^0. Lamproplera vacca. ^'23. — milrattis. OM. — capreolus. ^26. — (jladiator. 12. Id. Tête. &27. ancora. 13. Cenirolus nodicornis. •^28. Burmeisteri. 0\i. — dama. '"'29. — g"ffa- OIS. — Tasmaniœ. 30. Id. Patte. <^6. PLANC 31. HE 4. Id Tête. g*^i- Spongophorns Guerinii. 19. Id Patte. ^:>2. — clavaria. 20. Membracis carinaïa. Oô. — spatulatus. 21. - foliaia. -'-4. — biclcfvatus. 22. — interrupia. Ô5. — mirabilis. . 23. — cnnfusa. Û6. Id. Sa tête. • 24. rosea. 07. — Bennciti. 23. arcuata. <5 8. Bolbonota nisus. ' 26. — pernviana. 09. Id. Éljtre. 27. — qiiinqiicmacu- 10 Xcrophylliim Servillei. 28. — fulica. [lata 11. Id. Tête. C29. — albidorsa. 12. Id. Patte. ^30. _ concolor. ^13. Oxyrachys tarandus. • 31. — aliissima. ^\i. Membracis trimactilata. : 32. — miucins. Û I.H. — periphœria- 33. — laiipes. 16. — xonaïa. 34. — decipiens. 17. Id. Elylre. 35. — bicrisiaïa. 18. hl. Tôio. 3(J. — ni(iroviltata. 330 ANN ALES PLANCHE 5. Fig. 1. Smilia, élytre. ■ 17. Oxygonia eryihropus. -2. — nigrofasciata. - 18. — chrysura. 3 — viuatipcnnis. - 19. — rufipes. o4. Thelia miltoglypta, élyire. 20. — maculicornis. ^5. — camelus, id. 21. Ceresa affinis. de. — expansa. 22. Id. Elylre. ÙT. Id. Têie. .23! Darnis squarus-^' 08. — camelus. 124. Id. Tête. 9. Id. Tète. 23. Polyghfpia, élytre. Ô10. — «rsMS. 26. Oxijgonia, id. OU. — ephippigera. 27. Darnis, id. 012. — miltoglypta. 28. Entylia, id. 015. — cyrlops. 29. — sinuata. ^14. — scalaris. .30. — gemtn^ata. 0l5. — acuminala. C31. — comiculaïa. ©16. — monticola. (32. — baciriana. PLANC HE 6. ig.Ol. Umbonia Aialiba. 13. Umbonia indicator. 2. —~ Orozimbo. Dl6. Ilemipiycha marginata. 3. — reclinata. Dl7. Id. Tête. (?4. — gladius. 018. — compressicornis o 5. Id. Elylre. 019. ^20. — globiceps. ,"9 6. — SUjnoreti. — asphaltina. ■ ^ 7. — nigrata. 021. — camelus. V 8. — turrita. 'O22. — punctum. o9. Iloplophora tubercidata. 23. Ilemipiyclia quadraïa. '^lO. — vicina. 024. — alaïu. /?H. — corrosa. C25. — rotimdicornis. ■ 12. — lineata. 026. — cuneata. 13. Id. Têle. 27. Triquelra virgaïa. 14. Id. Elylre. 28. OEda informis. PLANC HE 7. ig.Ol. Tragopa cimicoïdcs. Fig. 14. Iloliola gibbula. Elytre <>2. — fronialis. IS. Darmides, élytre. -'1153. — Dofirnii. 016. — limbatus. 4. Id. Têle. 17. — balieaius, elylre. S. id. Elylre. 18. Acutalis, élytre. 6. Ilypsauchenia Wesiwoodi. 19. Acuialis, élytre. 7. Id. F.lylre. 20. Scaphula, élytre. 8. Id. Partie supérieure du 21. Cyphonia rcclispin. prolhorax vue en de.-sus. <^22. — capra. !). Parmnla, élytrc. 23! — hiria. 10. Horiola bigntiaïa. 024. — braccaïa. 11. Id. Elylre. 02.J. Ileleronotus vulnerans. 12. — gibbula. r26. — abbreviatus. 13. iJ. vu de rôle. 27. — ffuadrinodosus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOIQUE. 531 <5-28. Plcryijia pileata. Ô3. Nymphe de Lamproptera. ■C 29. — capiiata. 34. Id. Tête. ^ÔO*. — tripodia. 35. Centroim trispinifer. C3l. Atiomus reiiculanis. 36. Acomphorajlavipes. 32. Id. Tête. ERRATUM. —J'ai figuré pi. IV^ fig. 22, sous le nom de Memhracis iiiterrupta, un individu que je crois être seule- ment une variété temclle de la Membracis dorsata. (L. F.) BCLLETIN DE LA SOCIÉTÉ ËNTOlHOLOfilOUË DE FRANCE. RECUEILLI PAR M. E. DESMAREST, SECRÉTAIRE. nEUXIKinE SKRIK. TOME QUATRIÈME, ANNÉE 1846. MEMBRES DU BUREAU. Président. MM. Guérin-Méneville. Vice-Président. Reiche. Secrétaire. E. Desmarest. Secrétaire- adjoint. Al. Pierret. Trésorier. L. Buquet. Trésorier-adjoint. L. Fairmaire. Archiviste. Doué. BULLETIM ENTOMOLOGIQUE. AMMEE 184:0. PREMIER TRllIESTRË. !»ÉANGES DE L.\ SOCIÉTÉ EIVTOIVIOLOGIQUB DE FRAIVCB. (Séance du 14 Janvier 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. M. E. Desmarest, secrétaire, lit le procès-verbal de k dernière séance-, la rédaction de ce procès-verbal est adoptée par la société. M. Guérin-Méneville annonce à la société la perte qu'elle vient de faire dans la personne de M. Dupon- chel, décédé à Paris le 10 janvier-, et dit qu'un grand nombre de nos collègues ont assisté à renterreraent de notre confrère ; il ajoute que plusieurs discours ont été prononcés sur sa tombe : 1" par M. Guérin-Méneville, au nom de la société entomologique de France -, 2** par iv ANNALES M. Virlet, au nom de la sociiitd des enfants du Nord-, et 3° par M. C. Dumeril, au nom de la famille. La société décide que le discours de M. Guérin-Mé- neville , président-, ainsi que celui de M. C. Duméril, membre honoraire, seront imprimés dans son bulletin et en outre elle charge le bureau de demander à M. G. Duméril une notice sur les travaux entomologiques de M. Duponchel. DISCOURS PRONONCÉ PAR M. GUÉRIN-MÉNEVILLE AUX FUNÉRAILLES DE M. DUPONCHEL. Messieurs , Lorsque la société entomoîogique de France, il y a peu de jours encore, m'appelait à l'honneur de la présider, je ne in'attenflais pas à subir sitôt le triste privilège de la représenter pour rendre les derniers devoirs à l'un de ses membres les plus distingués, à l'homme de bien, au savant zélé et modeste qui avait su trouver un ami dé- voué dans chacun de ses confrères. C'est au nom de la société entomoîogique de France, dont M. Du- ponchel était membre fondateur, que je viens lui dire un dernier adieu. Si mes paroles ne peuvent peindre, comme nous les ressen- tons tous, les sentiments de douleur et les vifs regrets de ses con- frères, de ses amis, n'attribuez leur insuffisance qu'à la profonde tristesse que je ressens et surtout â mon peu d'habileté. Philogène-Augusîe-Joseph Duponchel naf|uit vers la fin de 1774, et lit ses études au collège d'Anchen, h Douai. Les tourmenies de la Révolution les interrompirent bientôt, et dès l'âge de 16 ans il était dans les rangs de l'armée. Il flt ainsi les campagnes de 1795 et 1796, et fut admis plus tard dans l'administration centrale de la guerre, à Paris. Les loisirs que lui laissaient ses occupations, il les employait en courses entomologiques avec ses jeunes amis MM. Duméril, Breton- neau , Brongniart, etc., dont les noms sont devenus célèbres; mais celte occupation ne pouvait être alors pour lui qu'un délassement des travaux habituels auxquels il se livrait avec un zèle et une dis- linclion qui lui valurent un avancement rapide. Difl'érentes missions unportantes lui furent confiées par les chefs de l'adminisiration de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. v la guerre, et il s'en acquitta toujours de manière à mériter les éloges et l'estime de ses supérieurs. Il avait traversé heure-isement les ora- ges de la révolution, les temps plus calmes et si brillants de l'empire; mais la Restauration lui fut moins favorable et il fut mis à la retraite en 1816, à 42 ans, dans touie la force de l'âge et du talent. C'est ceîte disgrâce non méritée qui permit à notre savant con- frère de se livrer tout entier à son goût dominnnt, à sa passion de l'élude de la nature, et la science doit à celte injustice du pouvoir les travaux importants qui ont mérité à M. Duponchel une de ces ré- puiaiions solides, uni(iuemont ducs au travail consciencieux, et qui lèguent le nom d'un naturaliste h la postérité. Vous connaissez tous, Messieurs, les services que M. Duponchel a rendus à l'entomologie ; vous n'ignorez pas avec quel zèle, avec quel esprit de sagesse et de rectitude, il cultivait cette belle science qui a fait la gloire de tant d'hommes illusires. Il serait donc superflu de vous entretenir ici de ses divers ouvrages. Les mémoires qu'il a pu- bliés, et surtout ses travaux sur les Lépidoptères d'Europe, sont as- sez connus et figurent honorablement dans la bibliothèque de tous les entomologistes. Son esprit d'ordre et de sage critique, l'exactitude qu'il apportait dans ses travaux, laissaient voir l'homme consciencieux qui ne cou- rut jamais après la célébrité, et ne travailla que pour le bien et l'avancement de la science , d'une science qu'il aimait pour elle- même et qu'il cultivait en philosophe; aussi son bel ouvrage scra- l-il longtemps encore le guide le plus sûr que puissent suivre ceux qui voudront étudier l'histoire naturelle de cet ordre d'insectes si nombreux et si intéressants, auquel appartient l'utile ver à soie, sour- ce de richesses pour notre pays, «insi qu'un grand nombre d'espèces qu'il n'est pas moins nécessaire de bien connaître, parce qu'elles sont nuisibles à Thomme, en détruisant ou du moins en diminuant considérablement des récoltes nécessaires à son existence. Lié d'amitié avec notre célèbre Latreille, avec M. Dejean et avec le savant M. Duméril, que les entomologistes français tiennent à si grand honneur de compter dans leurs rangs comme leur doyen, il était inspii é, guidé dans ses travaux et encouragé par ces illustres amis, qui avaient apprécié toute la justesse et toute l'élévation de ses idées sur l'entomologie, et sur le rôle important que cette grande branche de la zoologie est appelée à jouer parmi les connaissances humaines. Il appartenait à cette école sévère, qui admet des règles Yi ANNALES dans l'étude de la science, qui reconnaît des lois naturelles déduites des faits ; il ôtaiî de ceux qui pensent que toutes les sciences doivent tendre à un but d'utilité ; il savait que l'entomologie, envisagée sous ce point de vue, est appelée à parcourir une brillante carrière, et il approuvait les travaux de ceux qui cherchent sérieusement à aug- menter nos connaissances sur l'organisation des animaux articulés, à bien distinguer leurs nombreuses espèces, dont l'existence est si intimement liée à celle de certains végétaux, et enfin à dévoiler les niys ères de leur reproduction, de leur conservation et toutes les autres particularités de leur existence, La >ociété enlomologiquc de France, qui comptait T.I. Duponchel parmi ses plus ardents fondateurs, lui avait témoigné sa haute estime en le maimenant constamment parmi les membres de son bureau, soit comme président, comme trésorier ou comme archiviste, et elle songeait à récompenser son zèle par un témoignage plus éclatant, en le nommant membre honoraire. Elle a reçu de lui une belle part d'illustration; et ses travaux sont venus grossir le faisceau des litres qui ont déjà mérité à cette compagnie la reconnaissance du monde savant. M. Duponchel étiùt bon, obligeant et dévoué, et il ne sut jamais refuser de rendre un service. Dans les moments où la maladie qui nous l'enleva lui faisait éprouver les plus cruelles douleurs, il surmon- tait ses souflrances, il les oubliait, pour être uiile, pour obliger un ami. Vous entem'ez encore sa voix animée et les observations pleines de sens dont il éclairait nos travaux ; vous vous rappellerez long- temps ces traiis fins, piquants et quelquefois même un peu causti- ques, qu'il savait si heureusement mêler à sa conversation intime ; vous savez aussi avec quelle inépuisable bienveillance il accueillait tous ceux qui venaient le consulter sur la branche de l'entomologie qu'il cultivait avec tant de succès, et vous pouvez témoigner avec moi de l'inépuisable bonté de son cœur, de la loyauté et de la fran- chise de son caractère, qui lui avaient fait des amis de tous ceux qui eurent le bonheur de le fréquenter. Adieu Duponchel! adieu mon savant ami! Votre nom vivra dans nos souvenirs autant que la science que vous avez honorée. Puissent ces paroles pleines de nos regrets, puisse le faible et sincère hom- mage que je viens de rendre à votre mémoire, porter quelque dou- ceur dans l'ame de votre famille désolée, des amis qui vous pleurent et qu'une commune afiliclion réunit en ces tristes lieux. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. vu ALLOCUTION DE M. CONSTANT DUMÉRIL SUR LA TOMBE 1)E M. DUPONCIIEI. Messieurs, Vous qui dans voire mueUe douleur venez jusqu'au milieu de ces sépulcres rendre affectueusement les derniers devoirs aux restes périssables de Philogène-Auguste Joseph Duponchel, de l'honnête homme, du savant, du laborieux observateur de la nature animée dans les êtres les plus brillants de sa création, permettez à l'un de ses plus anriens camarades, à l'un de ses compagnons d'étude et de recherches, à l'ami de sa famille d'exprimer ici en votre nom les lémo'gnagcs de notre commune estime et de la sincériié de nos profonds regrets. Ce n'est pas dans ce lieu, dans ce moment d'affliction surtout, que nous devons vous entrelenir de ses travaux scientifiques, de ses œu- vres qui placeront honorablement son nom dans l'histoire d'une science qu'il a cultivée jusque dans ses derniers temps, avec tant de zèle, de persévérance et de succès. Il a joui du bonheur de ter- miner un ouvrage immense et qui consacrera pour longtemps sa mé- moire dans les fastes de l'entomologie. Nous ne pouvons cependant nous taire sur quelques-unes de ses vertus privées, que peu de vous, Messieurs, n'auriez pu connaître en raison de sa grande et constante modestie : apprenez donc ici ces honorables particularités. Victime des premières réactions politiques, sa f>imille est forcée de quitter la France; mais lui, quoique très jeune encore, n'aban- donne pas sa patrie et par un travail assidu, beaucoup de capacité, il parvient à se procurer une existence honorable, il peut se marier, il est père. Cependant au retour de ses parents, ruinés par leur émi- gration, il a la générosité de partager également avec eux la faible portion des biens particuliers que le fisc révolutionnaire n'avait pu envahir. Instruit, habile, laborieux, intègre, il devient plus tard chef de bureau dans l'administration de la guerre et est chargé du person- nel. On veut exiger des concessions, des destitutions que sa conscient ce l'oblige à refuser; il a le courage de résister aux instances d'un pouvoir injuste et vindicatif, et pour conserver son honneur et rem- plir avec probité ses devoirs, il se refuse h des actes passionnés et préfère être mis à la retraite. Il est remplacé, quoique jeune encore vin ANNALES et pouvant remplir parfaitement ses fonctions pendant une vingtaine d'années. C'est alors que, privé de ses occupations, il put se livrer tout en- tier à l'étude de l'histoire naturelle des insectes, qui n'avait été pour lui qu'un agréable délassement , avec le zèle, rinlérct et les soins qu'il mettait à ses pénibles travaux administratifs. Père de deux fils instruits, constamment entouré des soins d'une épouse toute dévouée, il a vécu comme un homme probe, instruit, irréprochable, et il a pu, quoique d'une très faible complexion, ter- miner sa carrière presque subitement et sans connaître lui-même le danger qui menaçait sa destinée. Exhalons donc nos regrets sincères sur la perle que nous venons de faire, et joignons notre voix pour lui dire un éternel adieu ! Adieu ! Ouvrages offeHs. Comptes-rendus hebdomadaires des se'ances de FAcade'mie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les Secre'taires perpe'tuels. Tome xxi (2" semes- tre de 1845). N°" 25 et 26, et tom. xxii, (1" semestre de 1846)^N° 1.— Lr. in-4°. Offert par Tlnstitut de France. Correspondance. Lettre de M. Audinet-Serville, priant la socie'té de vouloir Lien accepter la démission de ma- dame de Courtillioles d'Angleville, de Paris, qui ne peut plus s'occuper d'entomologie. — La démission de mada- me de Courtillioles d'Angleville est acceptée par la so- ciété. Communications. M. Guérin-Méneville lit la note suivante sur les migrations des larves de la Sciara Thomœ, espèce de diptère tipulaire : Un des faits les plus merveilleux de l'histoire des insectes, c'est, sans contredit, l'histoire des migrations des larves d'un diptère, com- mun dans toute l'Europe, la Tipuia Tliomœ de Fabricius, formant le type du genre Sciara de Meijjeii. Ces petites larves apodes, à peine longues de cinq lignes, n'ayant pas plus d'un tiers de ligne de diamètre, sont d'un blanc vitreux et translucide, composées de 13 anneaux et d'une tête petite et noire. Elles ont été récemment élu- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ix diées par M. Berthold, qui a lu à leur sujet un mémoire très intéres- sant, dans !a séance du 9 septembre 18/i5, de la société des sciences de GoUingue. Dans certaines années et pendant le mois de juillet, on rencontre dans la Norwège et le Hanovre, près des forêts, d'immenses traînées composées d'une innombrable quantité de ces petits veis agglomérés par une maiière gluante qui leur sert de moyen d'union. Ces asso- ciations de larves se présentent comme un étrange animal ayant la forme d'un serpent, comme une corde animée longue de plusieurs pieds et épaisse d'un à deux pouces, consistant en un nombre très con- sidérable de petits animaux qui grimpent par milliers les uns sur les autres, qui se meuvent ensemble pour que toute la société marche continuellement en avant, en laissant sur les terrains mous une lon- gue traînée, indice de son passage. On a trouvé ces vers tantôt en petites sociétés, tantôt en immenses rubans qui ont souvent jusqu'à 40 pieds de longueur, la largeur de la main et l'épaisseur d'un pouce. Ces rubans ou colonnes ont quelquefois même, suivant Kiihn et Eisenach, à qui on l'a affirmé, jusqu'à 100 pieds de longueur. Ces immenses agglomérations de larves, ressemblant à de gigantesques serpents, ou plutôt à de monstrueuses limaces, s'avancent avec la lenteur d'un escargot et dans une direction indéterminée. Elles se raccourcissent quelquefois , parce que beaucoup des vers qui les composent rentrent en terre ; si une de ces colonnes rencontre un obstacle, une pierre, par exemple, elle le franchit, le tourne, ou bien se divise sur sa longueur en deux bandes qui se réunissent bien- tôt, après avoir dépassé cet obstacle. Si on enlève une portion prise au milieu de la colonne, elle se trouve partagée en deux, mais elle se reforme prompiement, parce que la partie postérieure re- joint bientôt celle qui précède ; enfin si on met la partie postérieure de ce ruban animé en contact avec l'antérieure, il forme un anneau qui roule sur lui-même pendant longtemps, quelquefois un jour en- tier, avant qu'il se soit rompu et qu'il puisse continuer d'avancer. On ne rencontre jamais ces vers en troupes par le mauvais temps ; quand on toi. che ces paquets, ces coi dons animés, on éprouve uo sentiment de froid répulsif. Ce p! énomène si curieux, si étonnant, de la réunion d'une quan- tité prodigieuse de petites larves apodes voyageant, avançant par un mouvement commun qui résulte du mouvement propre de millions de petits vers, avait frappé depuis longtemps les observateurs du X ANNALES nord de l'Europe. En 1603, Gaspard SchwenckîtU {T lier iotropheum SUesia, p. 511, Leigniz, 1603), le signalait en donnant à ces larves le nom CCAscarides miUlalres ou Heerwurm. Il raconte même que les habitants de la Silésie'considéraient ce phénomène comme le pré- curseur d'une mauvaise récolle, si ces cordons de vers remontaient les montagnes ; tandis que s'ils descendaient dans la vallée c'était un signe très favorable. En 1716, Jonas Ramus [îSorrlgs Beschrivelse, p. 2i0, Copenh. 1715), en parle encore et dit qu'en Norwège on jetait des vêtements et des ceintures sur le chemin de VOrme-Dray, et qu'on s'attendait à un bonheur certain quand il franchissait cet obstacle, ou à quelque chose de sinistre quand il le tournait. En 175^, Pontoppidanus [Hlst. de la Norwège, Lond. 1754, t. i, p. h\) ; en 1774, 1781 et 1782, Kuhn de Eisenach {Nafnrfo7-scher,\o\. 1, 15 et 18); Oken, dans son Flist. natur. gêner., vol. 5, 2° part, p. 740; Thon, dans son article Ueerwurm de l'encyclopédie de Ersch et Gruber, ont donné de nouveaux détails sur ces singulières associations de larves, et les derniers ont montré qu'elles don- naient naissance à une mouche que ïhou présumait avec raison ap- partenir au genre Sciara. Tout récemment, ces mêmes animaux ont été observés par M. C- L. Raude, inspecteur royal des forêis de Hanovre à Birkenmoar, près Hefeld; il en a envoyé le 21 juillet 1845 un ban à M. Berihold, à Gotiingue, qui a pu suivre leurs métamorphoses et constater que ce sont bien les larves de \à Sciara Thomœ, deMeigen {Dip. d'Eur.), ou TipiUa Thomœ, de Fabi icius. Ces larves, quand elles forment des agglomérations pour voya- ger, sont encore connues actuellement dans le pays sous le nom de Heerwurm qu'elles portaient il y a près de deux siècles et demi. Quoique la Tipulaire qui en provient soit commune dans toute l'Eu- rope, M. Berthold pense qu'il est possible que sa larve ne se réunisse en société, ou plutôt que ces sociétés ne prennent un développe- ment considérable, et ne se mettent en marche que dans certaines années, et par des causes particulières qui nous sont aussi inconnues que celles des émigrations des Lemmirigs dans le nord, des Ecu- reuils et des Ours dans l'Amérique du Nord, ou de certains insectes, Criquets, Libellules, Harpales, etc. Ces circonstances ne se présentant pas régulièrement, et ces émi- grations de peu de durée ou de peu d'étendue, n'ayant lieu que dans des localités peut-être éloignées des villes, elles n'ont pu être obser- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xi vées que très rarement par des hommes instruits ou par des natu- ralistes, ce qui explique pourquoi les mœurs si singulières de ces larves n'ont pas encore été étudiées suffisamment. Ur.e chose que je ne chercherai pas à expliquer, est l'absence complète de la cita- tion de ces observations si curieuses, dans les trait<^s publiés jusqu'à présent sur les diptères d'Europe. Je pense que M. Berthold aurait peut-être trouvé la raison des migrations de ces larves de Sciara, s'il avait pu examiner par lui- même les localités où elles ont été observées. Cet examen lui aurait peut-être démontré que ces larves, en grand nombre dans certains cantons, après avoir absorbé toutes les substances nutritives conte- nues dans le terrain, après l'avoir épuisé, étaient obligées d'en sor- tir pour aller chercher plus loin des endroits favorables à leur exis- tence, ou peut-être seulement à leurs métamorphoses. Quant à leurs réunions en rubans ou colonnes, composés de my- riades d'individus, je crois qu'on peut les exp.iiquer par le besoin que ces larves éprouvent de se protéger mutuellement contre la des- siccation, quand elles sont obligées de sortir de terre. Il est proba- ble que si ces petits vers, nus et mous, restaient isolément exposés à l'air pendant l'été, ils périraient ou ne pourraient pas aller bien loin sans rentrer en terre. Réunis en masses, humectés par la matière gluante qui sert à les agglomérer et qu'ils doivent sécréter à cet effet, ces vers peuvent s'éloigner sans danger des lieux où ils ont vécu. Du reste, la probabilité de Texplicaiion que je hasarde ici est indi- quée par Kuhn de Eisenach [Naturforsclier], quand il dit que par- fois ces colonnes se raccourcissent parce qu'une partie des vers en- tre dans la terre. Quoiqu'on sache bien, aujourd'hui, que les Heerwurm sont des larves de la Sciara Tliomœ, que ces larves ont la singulière faculté de se réunir en sociétés, (!e se coller ensemble par myriades pour voyager ainsi comme de monstrueuses limaces longues quelquefois de plus de 100 pieds, ce sujet intéressant est loin d'être épuisé et demande encore toute raileniion des zoologistes. Il serait du plus haut intérêt de suivre la marche de ces colonnes, de voir où elles vont, comment les larves se désagrègent pour rentrer en terre, d'observer jour par jour les endroits où elles se métamorphosent pour voir si ces localités sont peuplées d'autant de Sciara Tliomœ qu'on a vu de ces larves auparavant, de tâcher de saisir le mode, l'époque et le lieu de leur ponte, pour savoir si, Tannée suivante, x.i ANNALES ces lieux donneront naissance à des agglomérations et à des migra- tions fie ces mêmes larves. Enfin , il serait du plus haut intérêt de rechercher si ces innombrables vers sont nuisibles aux pays dans lesquels ils pullulent, et s'ils n'ont pas quelques ennemis qui limitent leur nombre, et peut-être déterminent leurs migrations, ■ — • M. le secrétaire donne lecture de la note suivante de M. Bellier de la Chavigne'rie, sur les chenilles de la Melitœa matuina, de la Rhodocera rhamiii et du Satyrus Dejanira. Pendant une excursion que je fis à la forêt de Bondy le 18 mal 1845, je trouvai, sur les bords du canal de l'Ourcq, une Jolie chenille de Diurne que je reconnus plus tard pour être celle de la Melitœa maturna. Celte chenille était suspendue à un gramen, et prèle à se méiamorphoser. Je fis de longues et uiinutieuscs recher- ches sur toutes les plantes basses environnantes, sans pouvoir ren-* contrer d'autres imliviilus. Mais, étant retourné à la forêt de Bondy quelques jours plus tard, le 25, le hasard me fil découvrir une se- conde chenille de maiurna, sur un jeune frêne dont elle rongeait les feuilles. J'en pris successiveraenl cinq autres, également sur les frênes, et en fort peu d'insians. Toutes ces chenilles étaient parve- nues à leur dernier développement et je ne doute pas que si j'eusse d'abord dirigé mes recherches sur les frênes, huit jours plus tôt, je n'eusse pu récolter une assez grande quantité de chenilles de la ma- turna; car il était évident, d'après les ravages et les traces récentes que je remarquai sur les jeunes pousses de frênes, que ces arbres avaient dû nourrir un grand nombre d'individus. Godart a donné une description fort exacte de la chenille de la Mélitée maiurne; seu- lement il la fait vivre sur le tremble, le marceau, la scabieuse et le plantain ; il ne dit pas qu'elle se nourrit aussi des feuilles de frêne. La première chenille trouvée le 18 mai et transformée le 19 m'a donné son papillon le vingtième jour. La Metilœa maturna habite principalement la Suède, l'Alleiuagne et les parties boisées du dé- parlement de risère ; je pense donc que MM. les entomologistes qui explorent habiiuellemeni les environs de Paris pour y récolter des Lépidoptères, apprendront avec inlértt que les recherches qu'ils feraient afin de se procurer la Melitœa maturna pourraient ne pas demeurer infrucUieuses. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQLE. xm Dans une auire excursion que je fis également à la forêt de Bondy le 16 juin 1845, je pris en abondance la chenille de la Rhodocera rhamy.i. Celte chenille vitensociéié sur le Nerprun bourdaine : on la trouve dans les endroits ombragés et humides, appliquée, complè- tement immobile, sur les feuilles de Nerprun avec lesquelles elle se confond par sa couleur; il y avait à la fois des individus d'âges très diflérenis sur les mêmes branches, ce qui me ferait croire que la fe- melle du rliamnl ne dépose pas tous ses œufs dans le même endroit, contrairement aux habitudes de la plupart des Diurnes, et que, bien que les chenilles de la Rhodocera rliamni vivent en société, celles qu'on trouve sur le même arbuste proviennent de pontes diffé- rentes. Je terminerai ces observations en ajoutant que j'ai trouvé dans la forêt de Sénart, le 1" juin de l'été dernier, la chenille du Satyrus Dejanira (la Bacchante). J'en fis tomber une du sommet d'un jeune chêne dépourvu de branches jusqu'à une certaine élévation. Il semblerait donc que la chenille du Dejanira vivrait aussi sur les arbres et ne se nourrirait pas exclusivement de plantes basses, com- me l'avait pensé Codait. Le Satyre Dejanira, provenant de la che- nille que j'avais prise à Sénart, était une femelle : il est éclos au bout de 12 jours. Après cette lecture, M. Pierret fait observer que la Meliiœa maturna avait été considérée pendant bien long- temps comme exclusivement propre à FAllemagne et à certaines parties montagneuses de Test de la France , lorsque notre confrère M. Paris , notaire à Epernay (Marne), lui écrivit, il y a quelques années, qu'il avait obtenu Téclosion de cette McliCœa aux environs de la ville qu'il habite. Deux ans plus tard , un de ses amis , M. Alcide Gentj, découvrait de son côté la Melitœa maturna^ à une trentaine de lieues de Paris, près de Château - Renard , département du Loiret. Lorsque M. Pierret apprit cette circonstance, il lui revint alors à la mémoire quil avait vu dans la collection de M. Audinet-Serville un individu de la Melitœa ma- XIV ANNALES turna, qui avait été pris il y a plus de 40 ans, par M. îe comte Lepeletier deSaint-Fargeau, dans la fo rêt de Vi 11ers- Cotterêts, à 20 lieues de Paris. Il se souvient aussi que M. de Saint - Fargeau lui avait dit que la même Mélitde n'était point rare dans cei'taines localités mare'- cageuses de cette immense forêt -, mais il ne pre'voyait guère que la matiirna dût se rencontrer aussi dans la forêt de Montmorency, où elle a été découverte il y a quatre ans, par M. Année, non loin des étangs de la Chasse -, un an après, M. Lorquin en retrouvait trois in- dividus au même endroit. La forêt de Bondy étant beau- coup plus rapprochée de la capitale que celle de Mont- morency, il en résulte que la découverte toute récente de notre confrère M. Bellier est encore plus intéres- sante au point de vue géographique de la faune pari- sienne, que toutes celles qui Font précédée. M. Pierret ajoute qu'il a examiné avec le plus grand soin les individus de la Melitœa matiirna, que M. Bellier a obtenus des chenilles trouvées dans la forêt de Bondy, et qu'ils lui ont paru plus grands et plus caractérisés que tous ceux qui proviennent de TAllemagne. Lectures. Il est donné lecture de mémoires de M. Edouard Perris, ayant pour titre : 1° Notes sur les métamorphoses du Tachyporus cella- ris et du Tachinus humeralis, pour servir à l'histoire des Brachély très •, 2° Note pour servir à l'histoire du Megatoma serra, Latr. -, 3° Notes pour servir à l'histoire de VAnaspis maculatay Fourc, et du Tillus uriifasciatus. Fabr. ; 4° Note pour servir à l'histoire du Lygistopterus san^ guineus. Dej.j 5" Notes pour servir à l'histoire des Trichopteiyx ; DE LA. SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xy G° Notes sur les métamorphoses de la Trîchocera aii- fiulata, Meig., et de la Scathopse punctata, Meig.j pour servir à Thistolre des Tipulaires. — M. le marquis de Brème lit un mémoire de noire collègue M. Ghiliani, intitulé : Mémoire sur la station de quelques coléoptèresj dans les différentes régions du Pié- mont. — M. Pierret fait connaître des notices de M. Théo- phile Bruand, contenant la description de t ois espèces nouvelles de Lépidoptères, les Zygœna J^aleTitini eicedri, et la Coremia pontisselariœ. — M. Lucien Buquet, trésorier^ lit un travail sur les comptes delà société pour Tannée 1845. — MM. Cordier, H. Lucas et Doué, rapporteur, sont chargés par M. le président de présenter, pour la prochaine séance , un rapport sur les comptes du trésorier, pour Tannée 1845. (Séance du 28 Janvier 1846.) Présidence de M. GUÉRlN-MÉiNEVILLE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de Tacadémie des sciences de Tinstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome xxii (!*'■ se- mestre de 1846), N"' 2 et 3. — br. in-4°. Offert par Tinstitut de France. Correspondance. M. le trésorier lit une lettre de M. d'Hombre Firmas , par laquelle cet entomologiste annonce Tintention de quitter notre association. — La société accepte cette démission. Communications. M. Lucien Buquet fait passer sous les yeux de la société un Mastigus d'une grande taille et XVI ANNALES qui provient de Java. Notre collègue se propose de donner incessamment pour les Annales la description et la figure de cette espèce qui lui paraît nouvelle. — M. Pierret donne communication d'une notice de notre confrère M. Abicot, reldithe a.i\x Anthocharis helia et ausonia. La société de'cide que cette note sera in- sérée dans son bulletin. Sans vouloir élever la prétention de trancher le débat soulevé en- tre les entomologistes, au siijt't des Antlwchavis bella et ausonia, je viens apporter à mes collègues le résultat de mes observaiions. Les Anllwcharis belia et ausonia indiquées dans Vhxdex melliodicas de M. le docteur Boisduval, comme deux espèces distinctes et pro- pres au midi de la France, se rencontrent quelquefois assez com- munément à Gien (Loiret). Plusieurs entomologistes considèrent aujourd'hui ces deux espèces comme n'en formant qu'une seule, dont l'une serait une variété de l'autre. M. le docteur Boisduval, dont l'opinion est en pareille matière si compétente, après avoir étudié les chenilles et les chrysalides de ces deux Anthocharis, n'hésite pas à se prononcer et à les considé- rer comme ne formant qu'une seule et menje espèce [Voir les An- nales delà société entomol., 4* trimestre de ISlxU). Quelques doutes ont été émis contre les convictions de M. Boisduval par di- vers entomologistes, et le 2^ trimestre des Annales de la société, année 1845, contient à ce sujet quelques observations présentées par l'un de nos collègues, M. Paris d'Epernay. Il résulterait de ces observations que notre collègue, n'ayant jamais rencontré belia et ausonia dans les mêmes localités, pencherait pour l'opinion contraire à celle aujourd'hui professée par M. le docteur Boisduval. Belia paraît dans les environs de Gien, du 16 au 20 âyril, Ausonia, du 10 au 20 juin. J'ai pris en 18^4, les 16 et 17 avril, un grand nombre de belia, elles étaient alors de première fraîcheur. Je trouve ici cette espèce, principalement dans des prés marécageux appelés les prés de la Fontaine-Coillelte, situés à environ U kilomètres de Gien. Elle se repose très fréquemment sur le cresson des prés [Cardamine pra- tensis) abondant dans celte localité et alors en pleines fleurs. J'ai rencontré belia dans d'autres localités complètement opposées, mais • DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xvn toujours dans les mêmes conditions (des prés humides) , quelquefois, mais plus rarement, dans les jardins de la ville. Ausonia se prend ordinairement dans les champs d'avoine, sur une petiie plante à fleur jaune, vulgairement appelée Ravenelle [Ra- phanus raphanhlrum), sur les hauteurs comme dans les bas fonds; mais je la rencontre également dans les prés raarécageuv qui me fournissent belia et dans les prés voisins beaucoup moins humides. Le 8 juin 18^i, j'ai pris une vingtaine iVausonia dans les prés ma- récageux dits de la Fontaine-Coillette, dans lesquels abondait en avril Oelia. Je possède une variété d'ausonia prise dans celle localité dont les ailes ont une couleur de soufre assez pro- noncée. On ne peut donc, à mon avis, tirer aucune induction en faveur de deux espèces distinctes pour belia et ausonia, d'un habitat dilTi'- rent puisque je les prends à Gien dans la même localité, belia en avril, ausonia en juin, et en exemplaires nombreux. Si j'osais for- muler une opinion, elle serait conforme à celle émise par M. Bois- duval, et belia et ausonia ne formeraient qu'une seule et même espèce. Je vais au surplus m'occuper, si le temps me le permet, de l'édu- cation de la chenille, n'ayant jusqu'à ce jour eu occasion de possé- der que des chrysalides qui, en juin, m'ont toujours donné au- sonia, A roccasion de cette communication, M. Pierret dit qu'il persiste toujours dans Topinion qu'il a émise sur les Anthockaris belia et ausonia : il croit que ce sont Lien deux espèces distinctes. M. Daube, de Montpellier, qui assiste à la se'ance, dit quil a étudié avec soin les Anthockaris belia et ausonia^ et que, comme M. Pierret. il pense que ce sont bien deux espèces particulières. Selon lui, ces deux espèces diffèrent assez notablement Tune de Tautre, surtout par la forme des aîles, et il ajoute en outre que belia vole Leaucoup plus vite qu' ausonia: ces deux lépidoptères, dit-il, se rencontrent aux environs de Montpellier, et dans les plaines et dans les montagnes, les chenilles de ces espèces ne vivent pas de la 2" Série, tome iv. Bulletin ii. xviii ANNALES mcmc plante-, Tepoque de rapparition de ces insectes n'est pas la même ; hclia se trouve du 15 fe'vrier au 15 avril, et ausonia ne commence à paraître que vers le commencement d'avril. — M. Bellier de la Chavignerie montre à la société un Meloloniha i'ulgaris mâle, chez lequel le corselet est entièrement double, et il lit la note suivante : La naiure, dans ses protluciions, est quelquefois bizarre, et en s'écartani des règles ordinaires qu'elle semble s'être tracées, elle prcscnle à l'observateur des aberrations qui sont bien dignes de fixer son alteniion. De tout temps les naturalistes ont signalé de ces exceptions qui ne se reproduisent que de loin en loin. La classe si nombreuse des insectes a aussi ses monstres; le Meloloniha vulga- ris que je présente aujourd'hui à la société en est une nouvelle preuve. Cet individu offre une difformité singulière; voici en quoi elle consiste. Les deux lobes du prothorax, au lieu d'être soudés dans toute leur longueur sur la ligne du milieu, ainsi que cela a lieu ordinairement, ne s'y réunissent que par un trait fort court et laissent en dessus et en dessous de ce trait, en s'écartant, deux trian- gles dont l'un est rempli par le cou et l'autre par un prolongement du mésothorax, ce qui donne au corselet un aspect tout à fait extra- ordinaire ; car il est beaucoup plus large et beaucoup moins long que dans les sujets ordinaires. Cette singulière conformation du cor- selet n'a, du reste, influé en rien sur le corps de l'insecte, dont toutes les autres parties sont dans l'état normal. Un cas entièrement ana- logue de monstruosité a déjà été signalé à la société par un de ses membres dont chacun déplore en ce moment la perte récente. M. Duponchel, dans la séance du 7 juillet IS^l, faisait passer sous les yeux de ses collègues un Carabus lotharingas dont la difformité du corselet était identique. Ce coléoptère a fait le sujet d'une note insérée dans le tome X des Annales de la société entomologiqae de France, page 199. Le Meloloniha vulgaris difforme^ que je présente à la société, a été trouvé dans les bois de Montmorency, par M. Bégrand, amateur aussi obligeant que zélé, qui a bien voulu en enrichir ma collec- tion. Ce Meloloniha vulgaris difforme est ûguré pi. 2, W ii. DE LA SOCIETE ENTOMO LOGIQUE. ^c^% — M. Guérin-Me'neville dit à la société qu'à Constan- tinople, d'après M. Dilézikdjé, on nourrit les chenilles de vers à soie avec de la laitue*, d'autres larves sont nour- ries dans leur premier âge avec de la laitue et ensuite avec du mûrier. Les cocons qui proviennent de ces chenilles sont très beaux et d'une consistance solide. M. Robinet, qui a présenté ses cocons à la Société royale d'agriculture, va élever ces insectes, dont il a reçu des œufs : il possède aussi des graines de la laitue dans on se sert pour la nourriture des chenilles. Il paraît, dit M. Guérin-Méneville, en terminant sa communication, qu'à Constantinople il règne à une cer- taine époque des vents qui nuisent beaucoup aux mûriers et aux chenilles de vers à soie. En donnant aux chenilles dans leur premier âge de la laitue on hâte leur accroisse- ment et les éducations sont terminées avant l'époque à la- quelle ces vents commencent. Rapport. Il est donné lecture d'un rapport sur les comptes du trésorier, pour l'année 1845. — Les conclu- sions de ce rapport sont adoptées par la société qui dé- cide en outre : 1° Que ce travail sera imprimé dans le ])ulletin, et 2° Que des remerciements seront adressés de nouveau à M. L. Buquet, pour le zèle et l'activité qu'il a toujours montrés dans l'exercice de ses fonctions. RAPPORT DE LA COMMISSION CHARGÉE DE l'exAMEN DES COMPTES DU TRÉSORIER POUR l'ANNÉE 18^5. — COMMISSAIRES, MM. LUCAS, CORDIER, ET DOUÉ, RAPPORTEUR. Messieurs, Le travail de la commission chargée de Texamen des comptes du trésorier est devenu depuis quelques années de plus en plus facile. Par suite d'une bonne et prudente administraiion, la société ento- mologique a pu, non seulement subvenir à tous ses besoins; mais elle a encore formé un fonds de réserve pour parer aux éventualités XX ANNALES qui viendraient à se présenter. Nous nous bornerons donc aujour- d'hui à mettre sous vos yeux le tableau des receltes et celui des dé- penses, pour vous prouver que la situation de nos finances, si satis- faisante à la fin de \8l\U, ne l'était pas moins dans les derniers jours de Tannée qui vient de s'écouler. C'est ce dont l'exposé ci-après vous donnera la preuve : Il restait en caisse, le M décembre 18^4. . 1,638 fr. 69 e. Le montant des cotisations antérieures à 1845 et perçues dans l'année est de 630 » Les rentrées pour Tannée 1845 s'élèvent à . 2,684 » Sommes encaissées tant pour affranchisse- ment d'Annales que pour tirage à part de mé- moires ^Q3 -^ Total 5,055 94 Les dépenses justifiées par 32 pièces, formant à la fois mémoires et quittances, peuvent être groupées comme il suit : Impression des Annales , gravure et tirage des planches pour le dernier trimestre de 1844 et les trois premiers trimestres de 1845 . . . 2,802 25 Fournitures de bureau, lithographie de circu- laires et de feuilles de présence, etc 190 » Loyer du premier semestre 1844, de Tan- cienne salle des séances, de la rue d'Anjou.. . 112 » C'est la dernière charge de celte nature que la société aura à supporter. Dépenses diverses, telles que salaire du gar- çon de bureau, ports de lettres et de livres, af- franchissement d'Annales, etc." 369 13 Total des dépenses. . . . 3,473 38 Le solde en caisse, au 31 décembre 1845, était donc de. . . ."^ 1,582 56 Il reste en outre à recouvrer : Sur les cotisations antérieures à 1845 . . . 3,592 » Sur celles de 1845 1.708 Total 5,300 fr. » c. Evidemment la partie de cette somme qui s'applique à des créan- ces arriérées de plusieurs années, ne peut êlre considérée comme DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxi une ressource pour l'avenir; mais il est hors de doute qu'une autre partie sera perçue et nous viendra en aide pour les dépenses à effec- tuer en I8/46. Nous ne pouvons que regretter qu'un certain nombre de nos col- lègues, principalement parmi ceux qui résident à l'étranger, conti- nuent de se montrer aussi peu soigneux de remplir les engagements qu'ils ont contractés avec la société, sous le rapport de l'acquitte- ment de leur cotisation. Le trésorier, qui a épuisé à leur égard tous les moyens de persuasion, n'a pas même reçu de réponse de la plu- part d'entre eux. Il en est plusieurs qui sont nos débiteurs depuis six ou sept ans; aussi le recouvrement de ce qu'ils doivent paraît dé- sormais impossible. Il n'appartient pas h la commission d'examen des comptes du trésorier de faire une proposition à ce sujet; mais qu'il lui soit permis d'exprimer l'opinion qu'en déclarant démissionnaires de droit, sinon de fait, ces retardataires que leur position ou leur mauvaise volonté rend insolvables, la société prendrait une mesure juste, utile et dont il existe des précédents. Cette mesure aurait d'ail- leurs pour résultat de nous éclairer plus exactement sur nos res- sources, que le nombre assez considérable de ces membres semble rendre plus larges qu'elles ne le sont en réalité, abondance vraiment stérile qui ajoute seulement des noms à notre liste et se réduit à des non valeurs lorsqu'il s'agit de solder des mémoires. Relativement à l'importance progressive de nos publicaiions, ce que la commission d'examen des comptes de 1844 avait prévu s'est réalisé. En effet, les quatre cahiers de nos Annales édités en 1845 présentent dans le texte des mémoires et du bulletin une augmenta- tion de 116 pages sur les quatre que nous avions mis au jour dans le cours de l'année précédente. Quant aux planches, leur nombre est resté le même à une près. Dire que, cette année encore, notre trésorier s'est montré, comme toujours, clair, exact dans ses comptes et zélé pour les intérêts de la société, ce ne serait que répéter ce que nous avons proclamé si souvent. Un sentiment de justice et de convenance nous porte cepen- dant à lui donner de nouveau, sous ce double rapport, des éloges que vous vous empresserez, Messieurs, de confirmer. Lectures. M. Pierret lit une notice ne'crologicjue sur Meigen, par M. Macquart. XXII ANNALES — 11 est donné leclure de plusieurs mémoires de M. le colonel Goureau, ayant pour titres : 1» Note pour servir à l'histoire de Y Hyponomeuta vadella et à celle de ses parasites ; Î2° Note sur le Merismus ohscurus^ Blanchard-, 3" Note pour servir à Thistoire des insectes qui vivent dans les gousses du Genêt e'pineux {Ulex europœus)\ 4" Note pour servir à l'histoire des insectes gallicoles et à celle de leurs parasites. Membres reçus. M. le chevalier Flamine Baudri de Selve, de Turin, présenté par M. le marquis de Brème. — Commissaires-rapporteurs, MM. Auhé et Berce. — M. Albert Hérold , des Batignolles, présenté par M. Al. Pierret. — Commissaires-rapporteurs, MM. E. Desmarest et L. Fairmaire. (Séance du 11 Février 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Correspondance. M. Pierret donne lecture d'une lettre de notre collègue M. Frivaldsky , dans laquelle ce der- nier Ta prié de faire part à la société de Tintention où il est de décrire, dans nos Annales, les espèces nouvelle- ment découvertes dans la Turquie d'Europe et dans Fîle de Candie par un de ses collecteurs. M. Frivaldsky dé- sirerait être secondé dans ce travail par quelques-uns de nos confrères, particulièrement par ceux qui s'occuper^t de Tordre des Coléoptères. — M. Reiche donne communication d'une lettre de notre collègue M. le marquis de la Ferté-Sénectère, qui soumet à la société une question de synonymie générique DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxiii importante. La socit^të décide que cette note sera impri- mée en entier dans le bulletin. Depuis que je m'occupe , écrit M. de la Ferté-Sénectère , d'un travail monographique sur les Anihicites, j'ai éié constamment em- barrassé par une question de synonymie assez délicate dont je vous ai quelquefois entretenu. S'il ne s'agissait que d'un nom spécifique je n'y attacherais pas autant d'importance ; mais comme il s'agit d'un , nom de genre, la chose est plus grave. Peu curieux d'attirer sur moi la critique et de froisser le moindre amour-propre, ne pourrais- je pas mettre ma responsabilité à l'abri en soumettant cette difficulté au jugement de notre société? J'ignore si l'on trouverait dans ses Annales l'exemple d'une pareille démarche; mais n'est-il pas toujours temps de rendre hommage à son patronage scientifique, et de re- connaître à ses membres assemblés le droit de juger de semblables questions et de prévenir ainsi entre les auteurs une polémique tou- jours fastidieuse et trop souvent acerbe? Comme je vous l'ai dit souvent, la difficulté qui m'arrête est de sa- voir quel nom donner à ceux des Anthicites dont le corselet se ter- mine antérieurement en une pointe ou capuchon, et qui sont géné- ralement connus en France sous le nom de Monoceras , nom de collection introduit par Mégerle et adopté par M. Dejean dans les dernières éditions de son catalogue. Je ne puis mieux faire comprendre cette difficulté qu'en citant le passage suivant de M. Schmidt, qui publia en 181x2 dans la Gazette entomologique de Steltln une monographie des Anthicites d'Europe. Ce jeune naturaliste, qu'une mort prématurée ravit trop tôt à la science, n'hésita pas alors à donner à ceux de ces insectes qui ont le corselet pointu le nom de Notoxus, qui avait été créé pour eux par Geoffroy en 1762 àmsVHistoire abrégée des Insectes (t. I. p. 356), et cela malgré l'usage presque généralement adopté d'attribuer ce nom à un genre de Clérites qui a pour type le Notoxus mollis de Fabricius, et que Latreillc a nommé Opilo dans Vllistoire naturelle des Crustacés et des Insectes. Voici la traduction de ce passage , dans lequel M. Schmidt crut devoir expliquer les motifs qui le déterminaient à conserver le nom de Notoxus aux insectes auxquels Geoffroy l'avait primitivement donné : « Relativement au nom de Notoxus adopté par moi, j'espère n'ex- ciier aucun mécontentement parmi les entomologistes lorsqu'ils con- xx.v ANNALES naîtront les motifs qui m'ont décidé à revendiquer pour ces insectes un nom qui est presque généralement attribué aujourd'hui, quoique à tort, à un genre d'une famille toute différente. Le premier entomo- logiste qui établit pour ces insectes le nom de Notoxus est Geoffroy, dans son Histoire abrégée des Insectes. Ce nom, tiré de la corne que ces petits animaux portent sur le prothorax , trouva *un accueil favorable chez tous les entomologistes et lut même admis dans les plus anciens ouvrages de Fabricius. Néanmoins cet auteur réunit sous cette même dénomination les espèces des genres connus plus tard sous les noms cVOpilo et iVAnthicus, et ce ne fut que dans son dernier ouvrage, le Sysiema eleuilieratorum, qu'il sépara ces gen- res. Mais alors, au heu de laisser le nom de Notoxus aux insectes pour lesquels seuls il avait une signification et auxquels il avait été primitivement donné, il l'attribua par une bizarrerie inconcevable au genre que Latreille nommait vers le même temps Opilo, et appela les autres Anlhicus. » Si donc maintenant , à l'exemple des nouveaux entomologistes, je forme un genre particulier des Anthicus à corselet cornu , en les séparant de ceux qui n'ont pas de corne , je pécherais évidemment contre toutes les règles de la synonymie, si je ne choisissais de pré- férence pour les désigner le nom primitif de Notoxus ; auquel cas les Opito de Latreille reprennent naturellement la place qui leur appar- tient parmi les Clériles, tandis que le nom à' Anthicus reste à toutes les espèces mutiques du genre Anthicus de Fabricius. » Lorsque Dejean, à l'exemple de Mégerle, appelle ce genre Mo- nocerus, d'un côté il ne s'appuie sur aucune base historique, de l'au- tre il a le tort d'élever un nom spécifique à la dignité de nom généri- que, à cause de la nécessité qui en résulte de rebaptiser l'espèce ainsi dépouillée de son nom. » Le passage que vous venez de lire, mon cher collègue, suffira pour mettre la société parfaitement au courant de la question ; j'ajouterai maintenant quelques autres considérations qui viennent encore à l'appui de M. Schmidt; j'ajouterai que pendant près de quarante ans, de 1762 à 1801, il n'a guère existé d'-tutre nom que celui de Notoxus pour désigner tous les insectes qui composèrent depuis le groupe des Anihicites de Latreille. Ouvrez Rossi, ïhunberg, Panzer, Oli- vier et sunoulVEncyclopédie méthodique, qui contient la descrip- tion de trente espèces, vous ne trouverez pas d'autre dénomination. Ce n'est que depuis l'apparition du Systema eleutheratorum que DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxv le nom ù'Anihicas a prévalu et que celui de Notoxus a été réservé au Notoxus mollis de Fabricius. Encore ce changement n'a-t-il pas été général. Latreille, qui écrivait son Histoire des Crustacés et des Insectes de 1801 à 180i, conserva Tancien genre Notoxus et fit ressortir l'erreur dans laquelle Fabricius était tombé en attribuant ce nom à un genre de Clérites. On peut voir en quels termes il s'exprime à ce sujet dans le tome X de son Histoire, page o5-2. A peine avait-il publié dans le 3* volume de cette histoire saclassi- firalion des familles et des genres, quilliger, tn insérant dans son Magasin des Insectes la partie de ce travail relative aux Coléoptè- res, consacra la nomenclature de Lalreille, et reprocluisii une seconde fois les noms adoptés par lui. Enfin cet exemple fut encore reproduit par Stephens dans son Catalogue systématique des Insectes de la Grande-Bretagne ; prenant Illiger pour guide, il donne au Notoxus mollis de Fabricius le nom à'Opilus, et divisant le genre Notoxus, il conserve ce nom à ceux qui ont le corselet acuminé et donne aux autres le nom fabri- cien d'Anthicus. Ainsi , l'entomologiste anglais faisait exactement en 1829 ce que M. Schmidt a fait treize ans plus tard, et Ton est même étonné de voir qu'il n'ait pas été cité à ce sujet par le naturaliste allemand, qui probablement n'aura pas été à même de consulter son ouvrage. D'où vient donc, après avoir ciié tant d'autorités, que j'hésiie à suivre la même ligne et que j'éprouve de la dilBculté à maintenir le nom de Notoxus à sa véritable place? C'est que, depuis la publica- tion modeste de M. Schmidt , la science s'est enrichie d'un grand et magnifique ouvrage, de la Monographie des Clérites, de M. Spinola, noire savant et laborieux collègue, qui, dans l'ignorance sans doute du travail de M. Schmidt et par respect pour le Systema eleuthera- torum , a consacré l'erreur de Fabricius, et conservé aux Opilo de Latreille un nom essentiellement significatif qui n'avait pas été créé par eux et qui ne leur avait jamais convenu. Que faire en présence d'un monument scientifique de cette importance? Faut-il, restant fidèle aux lois de la priorité , m;iintenir le nom de Notoxus à son ancienne place et le remplacer dans la série des Clérites par celui à'Opilo, comme l'ont fait Latreille, Illiger et Stephens, ou bien faut- il introduire un nom nouveau dans la nomenclature et adopter celui de Ceratoderus, que notre collègue M. Blanchard vient de créer tout récemment dans un ouvrage qui vient d'être publié ? XXVI ANNALES Telle csr, Monsieur ei chor collègue, la question que je vous prie de vouloir bien soumettre au jugement de notre société, en lui dé- clarant que, quelle que soit sa décision, je suis prèl à m'y soutnellre sans appel. Après celte lecture, la société pense que, d'après la loi tle priorité, on doit laisser aux Anthicites à corselet en pointe le nom de Notoxus, et que ceux de JMonocerus et de Ceratodenis doivent être rejetés comme plus récents que le premier. — M. Pierret met sous les yeux de la société deux Iclineumons sortis de deux chrysalides de la Thaïs mede- sicaste. Notre collègue a obtenu Téclosion de ces Iclineu- mons le 26 janvier dernier. Peu de jours après, le 3 févrierj un individu de la même Thaïs se développait également dans la boîte de chrysalides de M. Pierret. Ces chrysa- lides avaient été tenues dans une chambre bien chauffée, à une température moyenne de 14 à 15 dégrés. Cette circonstance, jointe à celle de la température qui a élé cet hiver d'une douceur tout à fait inusitée dans notre cli- mat parisien , explique le développement hâtif de la Thaïs et de son parasite. Dans les Basses-Alpes, localité d'où M. Pierret a reçu ses chrysalides de rnedesïcaste , l'insecte parfait ne commence à éclore que dans les pre- miers jours de mai. Il est à remarquer, ajoute notre col- lègue, que parmi les chrysalides de cette espèce, il y en a toujours plus d'un tiers d'ichneumonées, et ce qu'il avance ici est le résultat d'une expérience qu'il a faite de- puis plus de six ans. M. Pierret ajoute que l'éclosion des Iclineumons devance ordinairement de près de 15 jours celle du papillon. — M. Ronsin, garde forestier à Livry, qui est présent à la séance, donne, sur l'invitation de M. le président, quelques détails au sujet de la Zygœna achilleœ, dont il a DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxvn trouvt^ deux mâles accouples avec la même femelle. Il parle aussi de deux chrysalides du Bombyx everia, qui se sont forme'es dans la même coque. — M. Ronsin met ensuite sous les yeux de la socie'te un très bel individu femelle du Ddlephila alecto. Ce beau Sphinx a été trouvé à Constantinople. M. Pierret prend la parole à ce sujet, et dit que le Sphinx alecto a été considéré pendant longtemps comme exotique : sa véritable patrie est en effet TAsie. Il en est de ce Sphinx comiwe àç. son congénère cretica, comme du Doritis apoUinaj, comme de la Thais Cerisyij ce sont des espèces d'origine asiatique, qui viennent expirer sur les côtes orientales de notre Europe, sur quelques points du littoral de la mer Noire ou de Tarcbipel, comme le Charaxes jasius, expire sur les bords de noti-e méditer- ranée. Lecture. Il est donné communication d'un mémoire de M. le docteur Robineau-Desvoidy, sur les Mjodaires des environs de Paris -, tribu des Bombomydes, comprenant les genres Sturmia, ^inthemia, Dorhinia, Carcelia, Pales et Buquetia. Décision. La société, sur la proposition qui lui en est faite , décide , à l'unanimité , que les entomologistes dont les noms suivent, et qui n'ont point rempli leurs engagements envers elle depuis plusieurs années, seront rayés de la liste de ses membres-, ce sont : MM, As- muss, Ali Cartier, Children, Goppier, Fol à Vandœuvre, Greville, Grey, Haan (de), Hanson, Heeger, INewman, Osckay de Oscko, Saunders (Sydney Smith), Weiden- bach, Wellenberg, Westring, Wilson et Zanella. Membre reçu. M. le docteur Dulhieul, de Paris, pré- senté par M. Dupout. — Commissaires-rapporteurs ,, MM. L. Fairmaire et Loss. xxvm ANNALES (S^nce du 25 Février 1846) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémledes Sciences de Tlnstitutde France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome xxii (1 ""^ se- mestre de 1846), Nos 4, 5 et G. — br. in 4°. Offert par rinstitut de France. — Annales de la société d'agriculture de Vienne, pour Tannée 1845 (en allemand.) — 1 vol. in-S" : Offert par la société d'agriculture de Vienne. Communications M. Pierret met sous les yeux de la société deux Ichneumons et une Pimpla qui lui ont été adressés, par M. Berton de Troyes, entomologiste fort zélé. Ces deux Ichneumons sont sOY\\s(\.e deux chrysalides de la Nonagria fjy9^cej lépidoptère commun dans les marais tourbeux de Test et du nord de la France. La Pimpla est éclose d'une chrysalide du Cossus ligniperda. Sur quatorze chrysalides de ce Cossus, M. Berton a obtenu quatre papil- lons et cinq Pimpla femelles. On connait, dit M. Pierret, les habitudes singulières des chenilles des Cossus et de celles desNonagries, dont les unes vivent dans Tintérieur des arbres, les autres dans la tige même des roseaux : la connaissance de leurs parasites semble donc susceptible d'offrir quelque intérêt aux naturalistes. — M. Bellier de la Ghavignerie donne lecture de la note suivante, sur les cocons du Lucanus capreolus. Bien que le Lucanus capreolus soit répandu partout abondam- ment, nous ne connaissons cependant encore que fort peu de choses sur les mœurs et les transformations de cet insecte. La difficulté de se procurer les larves des coléoptères, qui vivent peu à découvert ; DE LA SOCIÉTP' ENTOMOLOGIQUE. xxix la difficulté plus grande encore de leur fournir, quand on veut les élever, le genre de nourriture qui leur convient, et de suivre jus- qu'au dernier développement les différentes phases d'uue croissance qui ne s'opère qu'avec une lenteur désespérante, ces difficultés, dis-je, sont cause que l'étude des mœurs et transformations des coléoptères n'a pas été poussée aussi loin que celle des insectes de l'ordre des lé- pidoptères et que les premiers de ces insectes pourront offrir encore longtemps des sujets nouveaux d'observation. Tous les auteurs qui ont écrit l'histoire du Lucanus capreoLus s'accordent à faire vivre la larve de cet insecte dans les débris des vieux bois de chêne, et j'ai trouvé souvent moi-même l'insecte parfait dans la poussière répandue au pied des vieilles souches de chênes. Cependant des ouvriers en abattant un frêne au cœur de l'hiver, dans les environs de Chartres, trouvèrent parmi les racines de l'arbre, à une profondeur d'environ un mètre, plusieurs mottes de terre, façonnées en cocon, semblables à celle dont la figure N" m de la planche 2« représente une section verticale. Ces cocons, dont la forme était ovoide, ne présentaient extérieurement aucune particularité, si ce n'est qu'ils n'étaient pas fermés, mais percés d'une ouverture circulaire à la partie supérieure. L'intérieur était solidement maçonné et avait acquis la dureté du ci- ment. Chacun de ces cocons contenait un Lucanus capreoLus par- faitement vivant et entièrement formé. Ces mottes de terre sont-elles le cocon de l'insecte? On pourrait en douter, car aucune d'elles ne renfermait le moindre débris de nymphe, et il était impossible de supposer que le Lucane qui remplissait entièrement sa cellule et ne pouvait y changer de position, eût détruit lui-même les débris qu'on aurait dû retrouver. Le Lucanus capreolas ne paraît d'ailleurs qu'aux mois de juin et juillet, quelquefois plus tard, et cependant au milieu de l'hiver l'insecte avait déjà atteint son dernier développe- ment; il semblerait donc que ce serait pour hiverner que le Lucanus capreolas se retirerait dans la terre. Beaucoup de coléoptères, et particulièrement ceux de la nombreuse famille des Lamellicornes, après avoir vécu plusieurs années à l'état de larve, vivent aussi plu- sieurs années à l'état d'insecte parfait et supportent facilement la saison rigoureuse, cachés dans les abris qu'ils se ménagent. Quelle que soit la destination du cocon représenté sur la figure, j'ai cru devoir appeler l'attention de la société sur un fait qui m'a paru digne d'intérêt au point de vue de la science entomologique, et que ceux des entomologistes qui habitent la campagne sont à mêtne de vérifier. Xïx ANNALES — M. Léon Fairmaire montre à la société une petite branche de chêne que hii a donnée notre collègue M. Victor Signoret : cette branche est remarquable par les excrois- sances qui recouvrent sa base, et dont la forme striée et Tagglomération i-apj)ellenl Taspecl de certains polypiers : elles sont dues au Cynips pallidus d'Olivier, qui est si commun aux environs de Paris et vit dans les galles fongueuses du chcne : le Cynips querrus radicis paraît être le même. Ces excroissances sont coniques, fortement striées inférieurement, arrondies et plus épaisses au som- met; Tinsecte sort par la partie inférieure qui offre moins de résistance, et qu'il ramollit probablementà l'aide d'un acide particulier, comme Todeur qu'il répand semblerait le prouver ; mais de plus il emploie ses mandibules avec activité, et quand on aperçoit un commencement d'ou- verture, elle ne tarde pas à s'agrandir sous les coups lents et répétés du Cynips, et à lui livrer passage, surtout lors- que la température est chaude. La branche de chêne avec les excroissances produites par le Cynips pallidus est figurée pi. 2, N° IV . — M. Guérin-Méneville annonce que M. C. Dumé- ril se charge de la notice sur la vie et les travaux de Duponchel, et qu'il s'occupera incessamment de ce tra- vail. Lectures. Il est donné lecture d'un mémoire de M. Bîis- son, intitulé : JSote sur wi appareil pour faire périr et pour conserver les insectes. — M. Pierret lit une notice de M. Th. Bruand, don- nant de nouveaux détails sur la Nephopterix augustella, Zeller. — M. Léon Fairmaire fait connaître plusieurs notices de notre collègue M. Victor Signoret, intitulées : 1° Description d'un nouveau genre (Ceplmloxysj formé DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE xxxi sur deux Cigales de Java. (Espèces types, C. viridis et hctnelytraj ; 2" Description de deux Cigales nouvelles de Java (Ci- cada quadrituherculata et tiiherosajj 3° Description d'un Hémiptère héléroptère, du port na- tal, du groupe des Midis (M. remipes). (Séance du 11 Mars 1846.) Présidence de M. GUÉRIN41ÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcademie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. T. xxii (1'^' semestre de 1846), N°' 8" et 9^ — br. in-4°. Offert par rinstitut de France. — Mémoires et proceedings de la sociétd royale de Londres pour Tannée 1845. — 1 vol. in-4'' et br. in-8°. Offert par la société royale de Londres. — Calendrier de Faune et de Flore, pour les environs d'Aix, ou première apparition des principaux insectes, et première floraison des végétaux qui s'y trouvent, par M. Boyer de Fonscolombe. — 1 vol. in-S". Aix 1845. Of- fert par Tauleur. — Monographie des Cliuina et genres voisins, par M. J . Putzeys. (Extrait des mémoires de la société royale des sciences de Liège. T. ii). — 1 vol. in-8". Liège 1846. Offert par Tauteur. Communications. M. Guérin-Ménevillc lit deux notes de M. de Romand; 1° Sur un insecte nouveau, et 2° Sur le Clytus quadripunctatus. — La société décide que ces deux notices seront imprimées dans le bulletin. xxxii ANNALES Notice sur un insecte nouveau, par M. de Romand. La découverte d'un genre inconnu offre plus d'intérêt lorsque, ne se bornant pas à faire connaître un être nouveau, elle met sur la voie d'habitudes et de mœurs extraordinaires. Je proflie d'une communication que m'a faite un de mes amis et collègues, M. Chevrolat, d'un insecte qu'il a trouvé en avril 18ii6, dans une vaste fourmilière, de la Formica fusca, où il paraît passer sa vie, pour en donner la description. Sa conformation le rapproche des fourmis, et rend la cohabiiaiion plus facile. J'ai le grand regret de ne connaître et de ne présenter qu'une femelle qui est aptère. L'absence du mâle, qui sans doute est pourvu d'ailes, ne permet pas de s'étendre sur les caractères généri- ques. Je parlerai uniquement de cette femelle. La conformation de cet insecte, son analogie avec d'autres qui pré- sentent les mêmes conditions d'existence, me déterminent à le classer provisoirement dans les Hélérogynes, section desFormicaires, et non dans les Bœyures. En attendant la connaissance du mâle, je nomme cet insecte For- mila ChevroLatii, la dédiant à l'habile entomologiste qui l'a décou- vert, et auquel je dois la première collection d'Hyménoptères, prin- cipal sujet de mes études. Longueur, k mill. Abdomen, 2 mill. Corselet, 1 raill. 3i^. Tête, ll^i mill. Fauve brun-clair en entier. Antennes brisées, de la longueur de l'insecte, composées de dix articles. Le premier article plus long que les trois qui le suivent, et le deuxième du tiers de la longueur des deux autres. Les antennes sont placées sur un petit tubercule qui termine le vertex. Deux yeux pareils à ceux des fourmis. La tête vue de profil présente un triangle. La bouche en dessous à l'un des angles, les an- tennes à l'autre perpendiculairement à la bouche, et le col au troisiè- me. Le corselet est en deux parties qui paraissent n'en faire qu'une ; La première moins longue que la seconde; il est bordé longiludinale- mcnt des deux côtés. Aumilieu sont deux petitstubercules.L'abdomen, ova'e, composé de six segments, est pédicule. Les pattesjsont longues. La Form'Ua ChevroLatii de Romand est figurée pi. 2, N° V : 1 6 l'insecie de grandeur naturelle, 1 a le même très grossi. JVotrt. Des observations ultérieures pourront, peut-être, faire dé- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxxui couvrir le mâle, et dans quel nombre cet insecte se trouve dans les fourmilières. C'est alors qu'il sera possible de déterminer son genre et de flxer sa place dans la classiDcation naturelle. Si je me suis permis de donner d'aussi légères Indications sur cet Insecte, je ne l'ai fait que pour mettre sur la voie d'observations plus complètes. Notice sur le Clytits quadn'punctatus^ Fahr., par M. de Romand. J'ignore entièrement les babitudos et les mœurs des Clytus; j'ai seu- lement lu qu'ils se trouvent sur les fleurs, les feuilles ou les troncs d'arbres, dans l'intérieur desquels ont vécu leurs larves. Je ne puis donc savoir si le fait que je viens d'observer mérite d'être cilé. Je vous prie de me dire ce que vous en pensez , et de le faire insérer dans les Annales de notre société si vous l'en jugez digne. Hier, assis dans un des fiiuieuils du salon, fauteuils qui sont en acajou plaqué, et qui ont plus de vlngi ans de façon , je remarquai sur le dossier un trou des plus petits, qui s'élargissait inseiisiblemcnf, et qui n'exis- tait pas auparavant. Quelques traces de poussière annonçaient le travail d'un insecle, qui, renfermé intérieurement, se faisait un passage en rongeant le bois. En efl'et, à l'aide de ma loupe, j'aperçus les dents de l'insecte qui évidaient le bois en rond, ei en moins d'un quart- d'heure, je vis sortir un insecte parfait, le Cfytus qïiadripunctatas, Fabr., qui avait six taches noires sur les élytres : deux en tête de l'ab- domen, deux au milieu et deux à l'extrémité. Ce travail était fort cu- rieux à examiner. L'iosecie amincissait la plaque, pour la percer facilement, et successivement revenait à l'amincir, jusqu'à ce que le trou circulaire qu'il faisait fût assez grand pour permettre sa sortie. J'ai sondé le trou qu'il avait fait; la profondeur était de 7 centim., et la largeur de 3 à 4 millim. La plaque d'acajou qui recouvre le bois oii la larve a vécu a 1 ou 2 millim. d'épaisseur. Comment cet insecte se trouvait-il dans le bois qui a été plaqué, et depuis quelle époque? Je l'ignore. Si la larve s'y trouvait avant le placage , comme je dois le croire, elle aura donc vécu ainsi bien des années, plus de vingt ans. Pour qu'il en fiit autrement , il eût fallu qu'une femelle fût par- venue à placer son œuf à travers les plis de l'étoffe qui couvre les fauteuils, vers l'extrémité qui avoisine le bois, et alors comment un insecte aussi gros eu eût-il eu la faculté? D'un autre côté l'insecte parfait serait sorti par ce même trou fait pour sa larve, plutôt que de '1" Série, tome. iv. Bulletin ni. ^xxiT ANNALES s'élre condamné à percer 7 cenirtnètrcs de longueur, el en outre le bourrelet d'acajou qui recouvre le bois Indigène. Je me vois obligé de croire que la larve a éclos dans la pièce de bois, employée depuis pour le meuble; qu'elle y a vécu un grand nombre d'années, et qu'après y avoir opéré sa transformation, d'a- bord en nymphe, ensuite en insecte parfait, ce dernier a fait tous ses efforts pour sortir de sa prison, et regagner le sol et l'air nécessaires à son existence et à la continuité de son espèce. — M. Belliei' de la Chavignerie montre à la sociét(i uu individu mâle du petit Paon de nuit, qui est éclos chez lui, et auquel manque entièrement Taile inférieure gauche. On ne voit aucun rudiment de celte aile. L'aile supérieure gauche est légèrement plus [)etite que la droite, et elle est d'une coloration un peu plus claire. Gomment expliquer cette monslruosilé? Ne pourrait-on pas supposer qu un Ichneumon a attaqué la chenille , et qu'il a détruit la partie de cette larve qui correspond à Taile inférieure gauche? Du reste ce n'est qu'avec beaucoup de doute que Ton peut avancer une telle idée-, car Ton sait quen géné- ral une chenille meurt dès qu'elle est attaquée par un Ich- neumon. — M. Guérin-Méneville dit que dans une chasse qu'il a faite dernièrement à Meudon avec quelques entomolo- gistes, M. Cosmard a observé au centre de télés avortées et sèches do ïyîrimdo phragmites des larves de diptères, et que ces larves ressemblent beaucoup à celles qui vivent dans les épis de blé. M. Guérin-Méneville élève de ces larves, et il dira plus tard à la société quel diptère elles produisent, si toutefois elles peuvent éprouver toutes leurs métamorphoses. Membres reçus. M. Boucley , recteur de l'Académie de Pau (Basses-Pvrénées) , présenté par M. le baron Feis- thamel. — Commissaires-rapporteurs, MM. L. Buquel et AI. Pierre t. DE LA SOClÉrÉ ElNTOMOLOGlQUE. xxxv — M. Alexandre Laboulbène , étudiant en médecine, à Paris, présenté par M. Guérin-Méneville. — Commis- saires-rapporteurs, MM. Dupont et Reiche. — M. Emile Cliarre, étudiant en médecine, à Paris, présenté par M. le docteur AuLé. — Commissaires-rap- porteurs, MM. E. Desmarest et L. Fairmaire. (Séance du 25 Mars 18^6) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Annales de la Société entomologique de France. 1" Série. Tome III (1845). Quatrième tri- mestre (Deux exemplaires). — Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de Tlnstilut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome XXIII. (l*"' se- mestre de 184G.) JN"" 7% 10" et 1 P. — br. in-4". Ofiert par rinslitut de France. — Nouveaux mémoires de la Société helvétique des sciences naturelles de Berne. Tome VI et VII. Bulletin pour 1844. Communications fiites à la société-, N"' 28 à 62. — 3 vol. et br. in-S**. Oftért par la Société helvé- tique de Berne. Communications. M. Guérin-Méneville parle d'une communication qui a été faite le matin même à la société royale et centrale d'agriculture, à Toccasion d'un coléop- lère , YEumolpus vitis , connu des agriculteurs sous le nom à Ecrivain, qui cause de grands dégâts aux vigno- bles en détruisant le parenchyme des feuilles des vignes. L'EumoIpus vitis pond au pied des vignes, les œufs éclo- senteii terre, et ce n'est qu'au printcuips (jue les larves et XXXVI AININALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGlQUE. les insectes parfaits vont se répandre sur les feuilles des vignes pour les détruire. Habituellement on ne bêche la terre au pied des vignes qu'au printemps, et déjà les larves de VEuinolpus i^itis se sont répandues sur les feuilles-, mais on peut remédier à ce grave inconvénient, et cela au moyen d'un procédé bien simple, déjà en usage aux en- virons de Dijon, et qui consiste uniquement à bêcher la terre au mois de novembre. Par ce moyen on empêche peut-être YEumolpus vais de se métamorphoser, ou bien on détruit ses larves ou ses œufs, et dès-lors les vignes ne sont pas ravagées. En terminant cette communication, M. Guérin-Méneville fait observer qu'on ne connaît pas bien les métamorphoses de VEumoIpus vitis : à quel état est rinsecle lorsqu'il ])asse Thiver eu terre ? A Tétat d'œuf, ou à celui de larve? On ne le sait pas positivement, mais il est probable que c'est sous ce dernier état. — M. Becker dit quelques mots d'un grand Ichneu- monien du genre Ophion., qu il a vu sortir du corps d'un Bombyx cecropia. . Rapport. La société adopte un rapport de la commis- sion de publication réglant la composition du pi'cmier numéro des Annales pour 1846. Lecture. M. H. Lucas donne lecture d'un mémoire de M. Nicolet, intitulé : Essai sur une classification des insec- tes aptères de l'ordre des Tysanurcs. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. AMi\ÉE 1S4:«. DEUXIËHE TRDIËSTBË. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ EIVTOMOLOGIQITB BE FRANCE. (Séance du 8 AvrU 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les Secrétaires perpe'tuels. Tome xxii (l*"^ semes- tre de 1846)^ N° 12.— br. in-4''. Offert par llnstilut. — Bulletin de la Société d'Histoire naturelle du dépar- tement de la Moselle, S*" cahier. Année 1845. — 1 vol. in-8". Offert par la Société de la Moselle. — Recherches microscopiques sur Torganisation des aîles des Lépidoptères et des élytres des Coléoptères, par M. Bernard Deschamps, 2" édit. — br. in-S" avec pi. Offert au nom de Tauteur. Communications. M. H. Lucas donne quelques détails nouveaux sur le Bombyx cccropia, et il lit la note sui- vante ; La Société n'ignore pas que j'ai obtenu une soixantaine de cocons provenant d'une éducation que j'ai faile l'année dernière du Bombyx 2- Série, TOMK iv. Bulletin iv. xxxviii ANNALES cecropia; celle année, j'ai déjà ou deux éclosions doiil une femelle et un mâle qui se sont accouplés ces jours derniers. I. a première éciosion a eu lieu le 2 avril , et la seconde se fit irois jours après , c'esl-à-dire le o du même mois. La femelle a dtjà pondu une qua- rantaine d'œufs qui sont agglomérés et disposés d'une manière assez curieuse. Les entomologistes qui ont fait des éducations soit de vers à soie, soit de tout autre Bombyx, ont sans doute remarqué que la femelle, après avoir été fécondée, se mei à pondre, place ses œufs çà et là, lesquels forment (chez les Bombyx au moins) des masses ou paquets plus ou moins considérables. Les œufs pondus par la fe- melle du Bombyx dont il est ici question forment une masse assez grande que cette femelle lient entre les pattes de la troisième et de la quatrième paires. Je ne sais si c'est à la position qu'occupe cette femelle, dans la boîte où elle est placée, qu'est dne cette disposition anormale, ce qui , au reste, pourrait bieii être , car je ferai observer que depuis (pfelle a été fécondée elle s't si toujours tenue au centre du cnuvercU; après lequel elle est restée accrochée au moyen de ses pattes de la première paire. — M. Pierrot coinmaaique un fait entoniologique cu- rieux : en général, lorsque des chrysalides sont iclineu- monisées, ïlckncumon sort de la chrysalide à Tépoquc où celle-ci aurait dû se raétaniorjdioser en insecte parfait, ou même plus lot auparavant. Dernièrement notre collè- gue a vu au contraire un Iclmeumon sortir d'une chry- salide d'Episoma chrysocephala qui aurait dû se trans- former lautorane dernier. — M. Guérin-Méneville annonce à la société que M. le major Blanchard, en garnison à Misserghin, près cfOraii, vient de lui envoyer la description et la figure d'une es- pèce du genre MegaccphaLa j trouvée en juillet 1845 dans les Chott de FEst, à Feutrée du désert des Angades, courant sur le sahle, près d'un lac salé. La découverte, faite par M. Blanchard, est des plus remarc|uables, si elle se confirme, car la Megacéphale qu'il a trouvée est aîlée et ressemble beaucoup plus à la Megaccphala carolina DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxxix qu aux espèces de Tancien continent , telles que les 31. euphraticaj senegalcnsis j, etc. (Séance du 22 Avril 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. M. de Villicrs, de Chartres, assiste à la se'ance. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des se'ances de TAcade'mie des sciences de ITnstitut de France, par MM. les Secre'taires perpe'tuels. Tome xxii (l^"^ se- mestre de 1846), N"' 13, \\ et 15. — br. in-4". Offert par ITnstitut. — Mémoires et Comptes-rendus de TAcadémie des Sciences de Stockholm, de 1840 à 1844. — 3 vol. et br. in-8. Offert par TAcademie de Stockholm. — Nouvelles Annales des Sciences naturelles de TU- niversité de Bologne, d'avril 1845 à février 1846. — 11 cahiers in-8° (faisant partie des tom. III, IV et V). Of- fert par M. Biancomi , en échange des Annales. — Essai monographique et iconographique de la tribu des Cossyphides, par M. le marquis de Brème, 2" partie. — 1 vol. in-S" avec pi. Offert par Tauteur. Communications. A l'occasion du procès- verbal de la dernière séance, et relativement aux Ichneumons aui at- taquent les chenilles, M. Hope prend la parole et pré- sente quelques observations. Notre collègue dit qu'il croit que plusieurs espèces de Lépidoptères d'un même groupe naturel, et qui se nourrissent des mêmcB plantes, peu- vent être attaquées par une même espèce dVchneumon : il cite pour exemple plusieurs chenilles de Noctuelles qui vivent sous les pierres, et il fait i-emarqner qu'une seule et même espèce dlchneumon va parfois pondre ses œufs dans ces chenilles d'espèces différentes. XL ANNALES M. Pierrel parle de la précocité extrême qu il a eu occasion cV observer celte année clans Tapparilion de cer- taines espèces de Lépidoptères : il indique entre autres le Bombyx tau , qui n'éclot d ordinaire aux environs de Paris que du 20 au 25 avril -, le 8 du mois d'avril de cette année, notre collègue a pris dans la foret de Saint-Ger- main un grand nombre de mâles de ce Bombyx, dont la plupart étaient déjà en mauvais état, et qui par consé- quent étaient déjà éclos depuis plusieurs jours. De son côté, M. Bellier de la Chavigneric cite le fait d'une Aplecta herbida, dont il a obtenu Téclosion le 15 avril (Je cette année, tandis que ce Lépidoptère ne com- mence ordinairement à paraître que vers le 12 mai. — JM. Becker parle au contraire de plusieurs Lépidop- tères qui retardent leur apparition, et il communique divers faits de cbr^salides qui ne se sont métamorphosées qu'au bout de plusieurs années. Il parle particulièrement du Bombyx lanestiis, qui peut vivre plus de sept ans dans un cocon avant de se transformer, et du Grand-paon, qui v reste quelquefois plus de trois ans. A propos de la communication faite par M. Becker au sujet du Bombyx lanestn's, M. Pierret pense qu il faut attribuer Téclosion tardive dont parle noire collègue à la nature même de la coque de ce Bombyx, coque que sa dureté rend presque impénétrable à Taction vivifiante de Tair-, toutes les espèces dont la coque est très dure, sont aussi celles qui restent le plus longtemps à l'état de chry- salides -, tels sont les Saturnin pyri, carpini, etc. — M. Guérin-Méneville lit le rapport qu'il a fait à la Société royale et centrale d'agriculture de Paris, au nom d'une commission sur le concours ouvert pour la décou- verte et la mise en pratique de moyens propres à détruire les insectes nuisibles à l'agriculture. La société décide DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xti qu'un extrait de ce rapport sera inséré dans son bulletin. Après une courte introduciion destinée à faire saisir aux personnes étrangères à l'entomologie toute l'utilité de cette science par rapport à l'agriculture , le rapporteur passe en revue les divers travaux qui ont été envoyés pour le concours de 1866. Il commence par un mé- moire de M. E. Robert, sur les moyens de guérir les arbres de nos promenades et de nos routes, aflFaiblis par les Scolytes, qui en font mourir un grand nombre, et il donne une approbation complète aux procédés employés par ce naturaliste, parce que ces procédés, ap- puyés sur de bonnes observations entomologiqucs et de physiologie végétale, sont rationnels et certains. Comme les opérations que M. Ro- bert fait subir aux arbres ont été décrites par M. Guérin-Méneville dans son rapport sur le concours de 1865, il ne fait que rappeler ce rapport, et il entretient la société des améliorations que M. Robert a apportées au traitement des arbres malades ; voici en quoi consistent ces améliorations. L'expérience ayant prouvé à M. Robert que des arbres, et les Or- mes entre autres, dépouillés des parties mortes de leur écorce, pou- vaient très bien supporter les grands froids et la sécheresse sans qu'il fût nécessaire de les recouvrir d'un enduit quelconque, il a employé ce procédé dans certaines circonstances et selon l'état maladif ou l'âge des arbres, comme étant plus simple, aussi rapide et même plus économique, réservant les incisions (qu'il avait d'abord pratiquées presque exclusivement) pour des arbres chez lesquels la maladie of- fre certains caractères, ou pour les jeunes arbres et les grosses bran- ches, sur lesquelles il les prolonge le plus haut possible, jusque vers la source de la sève descendante. Ces opérations, tout en déiruisant les larves et les nymphes des Scolytes, ne permettent pas à d'autres générations de s'établir sur les arbres qui les ont subies, parce que leur nouvelle écorce possède un degré de vitalité qui les repousse ; elles ont de plus la propriété d'augmenter notablement la production du bois, surtout chez des arbres siationnaires dont le développement était retenu par une écorce morte, très résistante et 1res épaisse, qui ne se fendille que difficilement, par la force même de la végétation, quand la maladie et l'épuisement causés par les insectes ne lui ôtent pas cette force. La commission, tout en approuvant le traitement que M. Robert applique aux arbres malades, tout en reconnaissant qu'il est excellent. xLii ANNALES puisqu'il est appuyé sur des bases scientifiques et certaines, a désiré, par un excès de prudence des plus louables, proroger son concours pour que le temps vienne confirmer les heureux résultats obtenus jusqu'ici sur 1,227 arbres destinés à être abattus et que M. Robert a guéris. La société a donc accordé à ce naturaliste une mention honorable en rappelant la médaille d'or qu'elle lui a décernée l'année passée, et, voulant lui donner un encouragement digne de ses tra- vaux, elle décide que son mémoire sur cet important sujet sera im- primé avec les planches qui l'accompagnent. M. Chasserian , de Rochefort, a continué ses travaux sur l'éche- nillage , et il a mérité les éloges de la société pour son zèle et son activité à poursuivre ce sujet important. M. Durand, de la Sauvetat, a envoyé des observations sur les che- nilles du Bombyx neustrien et d'une Hypoitomeute qui causent de grands dégâts aux Pruniers. Il s'est appuyé sur l'étude des mœurs de ces chenilles pour tenter quelques pratiques susceptibles d'en détruire un grand nombre. Ce travail, qui pèche un peu par l'absence de con- naissances entomologiques suffisantes, contient quelques obscurités; les mœurs des deux espèces sont un peu confondues, ce qui a décidé la commission à attendre que l'auteur ait fait de nouvelles observa- tions. M. le docteur Herpin , de Metz , a présenté des appareils fort in- génieux pour purger les Vignes des chenilles de Pyrales, au moyen de l'échaudage. Comme les expériences faites à l'aide de ces appareils n'ont pas été communiquées à la société, elle n'a pu porter un juge- ment sur leur mérite dans la pratique, et elle se borne à remercier M. Herpin de son intéressante communication. Un mémoire fort bien fait de M. Blisson a arrêté l'attention de la commission. Ce travail a pour objet de faire connaître un moyen simple et efficace de détruire les fourmis qui infestent les jardins. Le moyen proposé par M. Blisson, appuyé sur des données natu- relles et sur l'obsorvaiion des mœurs de ces insectes, a mérité l'ap- probation de la commission, et la société a décidé qu'il serait décerné une médaille d'argent à M. Blisson , et que son mémoire serait im- primé parmi ceux de la société. Enfin, M. le docteur Vallot a continué d'envoyer à la société le fruit de ses travaux bibliographiques et de ses recherches sur les in- sectes nuisibles aux végétaux utiles. Comme la société l'a nommé soii correspondant et l'a récompensé antérieurement, elle se borne à le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xlui féliciier pour son zèle et son activité, et à le remercier de ses utiles communications. — M. Pierret entretient la société des dommages cause's aux arbres fruitiers par la chenille de la Pieris cratœgi, qui seiTible faii-e le passage du genre Parnassius au genre Pîen's , si Ton considère la disposition des nervures alai- res, ainsi que la transparence des ailes supérieures de la femelle, caractères qui donnent à cette Piéride un faciès tellement insolite, qu'on serait presque tenté de la pren- dre pour un Parnassien de plaines. Il paraît, du reste, que la P. cratœgi est beaucoup plus commune dans le nord que dans le midi de l'Europe, puisqu'en Suède, Linné nommait sa chenille le fléau des jardins (^hortonuii pestis), et que Pallas dit avoir vu Tinsecte parfait voler en si grande abondance dans une province de la Russie, qu'il le prit de loin pour des flocons de neige. Les Pieris hrassicœ et rapœ, dont les chenilles nuisent beaucoup aux plantes potagères, deviennent au contraire plus communes à mesure qu'on s'avance davantage vers le midi de l'Europe. M. Pierret prend occasion de ce fait pour signaler à la société l'empire que la civilisation humaine semble avoir exercé sur la propagation de certaines es[)èces de Lépidoptères. 11 est à remarquer, dit-il, que les Piérides dont je parlais sont extrêmement répandues dans les pays où la culture remonte à une haute antiquité, par exemple dans ITtalie méridionale, dans la Grèce, et surtout en Egypte , pays si stérile d'ailleurs en Lépidop- tères. Quelle conséquence tirer de celte abondance d'une part, et de cette stérilité de l'autre? sinon que la civilisa- tion qui a détruit un grand nombre d'espèces, a été au contraire une cause d'accroissement pour d'autres dont l'existence s'est trouvée pour ainsi dire liée intimement à xLiv ANNALES celle de rhomme, puisque leurs chenilles vivent des mê- mes vt^gétaux qui nous servent de nourriture. En admet- tant donc que ces espèces se seraient multiplie'es à mesure que la culture multipliait le nombre des plantes potagères, on sera porté à croire que ces Piérides , communes au- jourd'hui dans presque toute TEurope , ont eu TOrient pour berceau, se sont répandues avec la civilisation égyp- tienne dans la Grèce, de la Grèce en Italie et de là dans les Gaules et dans les autres parties de l'Europe . Ce qui semble prouver ce que M. Pierret avance ici, c'est que ces Piérides, notamment la P. brassicœ, atteignent en Morée, et surtout en Egypte, à des dimensions gigantes- ques, tandis que leur taille semble se réduire à mesure qu'on remonte vers le nord. Or, les naturalistes savent que les espèces dégénèrent à proportion qu'elles s'éloi- gnent de leur patrie primitive. M. Pierret tei-mine cette communication en émettant la conjecture qu'avant les conquêtes des Romains la faune entomologique des Gaules devait être toute différente de ce qu'est à présent la faune française. Selon lui , certai- nes espèces de Nympliales et de Satyres devenues rares aujourd'hui , devaient peupler les forêts vierges de la Gaule et de la Germanie, tandis que plusieurs espèces de Coliades et de Piérides dont les chenilles se nourrissent presque exclusivement de piaules domestiques, devaient être fort rares , peut-être même inconnues dans les con~ trées qu'elles infestent à présent. (Séance du 13 Mai 1846.) Présidence de M. REICHE, Vice-président. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. alv France, par MM. les Secrétaires perpe'tuels. T. xxii (2" semestre de 1846), N"^ 16% M" et 18^ — br. m-4°. Of- fert par rinstitut. — Le Règne animal rangé en classes et en ordres, d'a- près les affinités et les passages naturels, par M. Graven- horst — 1 vol. in-8° (en allemand). Offert par Tauteur. — Description d'une nouvelle espèce de Crustacés du golfe de Catane, par M. Rizza. — Lr. in-8° (en italien). Offert par Tauteur. — Catalogue des insectes Coléoptères des environs de Metz, par MM. Fournel et Gehin. 1"^^ livraison. — br. in-8°. Offert par M. Gehin. Communications, M. Laboulbène donne lecture de noies de M. Léon Dufour sur la Fulgora obliquaj le Bra- chyopa hicolor et le Siibida citripes. — La société décide que ces notices seront imprimées dans le bulletin. Note sur la fllgora obliqua de Panzer^ par M. Léon Dufour. Dans un moment où la question des Hémiptères européens est toute palpitante dans nos Annales, par l'insertion d'un travail spécial fort extraordinaire où Pauteur, renchérissant sur ses devanciers et ses contemporains, a imaginé, pour le plus grand soulagement de la mémoire des eniomophiles, déjà si rudement éprouvée, de transfor- mer toutes les espèces en autant de genres qu'il baptise de noms grecs, hébreux, arabes, chinois, voire même sanscrits, tous plus ou moins hétérophones ; dans ce moment, dis-je, je me hasarde à pro- voquer l'attention de mes collègues sur une espèce (car je crois aux espèces) d'Hémiptère homoptère , \pFulgora obliqua de Panzer [Faun. Germ. fasc. Gl. Tabl. 13). Peu d'entomologistes depuis Panzer ont parlé ex visu de cet in- secte. On le cherche vainement dans le Systema Rliyngotorum de Fabricius, quoique cet auteur cite pour d'autres espèces le fasci- cule 61 de Panzer. Laireille, dont le tact était si exquis, lui assigna, sur la seule inspection de la figure de l'iconographe de Nuremberg, une place dans son genrs:^Tettigometra , et il avait deviné juste. Notre savant collègue M. Serville. sur la foi sans doute de Lalreillc, xLvi ANNALES lui conserva dans VEncyclopêdie celle place générique, en y ajoutant les traits de l'espèce d'après Panzer ; mais dans VlUstoire naturelle des Hémiptères de Rorct, entreprise en communauté de M. Amyot, il n'est plus question de la F^dgora obliqua de Panzer. Le groupe des Teitigoméirides est déclaré ne contenir qu'un seul genre et celui- ci qu'une seule espèce à la connaissance de ces auteurs, et celte es- pèce est l^Tettigometra virescens {Panz. l. c. 61. fig. 12)". Si la synoniraie de Panzer a été négligée ou méconnue par les hémipiérologistes , c'est que l'individu figuré par cet auteur a une coloration peu conforme à celle du lype en général et était peut-être récemment né. D'ailleurs il paraît que Panzer n'avait pas vu lui-même l'insecte vivant, et que son portrait a été fait sur un individu com- muniqué par Megerle. Je suis persuadé que les entomologistes de la capitale adonnés à la recherche des Cicadelles le possèdent dans leur collection. Il n'est pas bien rare aux envii ons de Saint-Sever, ^^jjjij^ dans la contrée sableuse des pins tt des bruyères ; M. Blondel me l'a ''"*'***' envoyé de Versailles, M. Boudier de Montmorency, et, en mai 18/i2, je l'ai moi-même trouvé à Fontainebleau. La Tet. obliqua a, ainsi que la virescens, la tête plane en dessus et en dessous, avec son bord tranchant comme dans les Acocéphales; les ocelles placés tout près de l'angle postérieur des yeux, entre ceux- ci et les antennes ; celles-ci à article terminal plus grand que le ba- silaire et ovoïde-oblong; enfin, les tibias postérieurs dépourvus de dents ou de soies. Je vais résumer les caractères de l'espèce sur l'é- tude comparative d'une quinzaine d'individus. Tettigometra obliqua Panz. I. c. Obscure fulva , hemelytris nunc concoloribus nunc pallidioribus ; subtillssime sanguineo punctulatis, margine externo nervisque liinc inde nigro punc- tatiSj ut pluritnum fasciis tribus oblique transversis obscuriori- bus ; tèkiis omnibus biseriatim sanguineo punctatis, punctis sub lente prominuUs piliferis. Ilab. in Ericetis. Long, h-5 millim. Quand on est prévenu de l'existence des bandes des élytres, exa- gérées pour la couleur dans la figure de Par.zer, la loupe en retrouve la trace sur la plupart des individus, mais je ne les vois que noirâ- tres plus ou moins effacées, et j'en possède où elles n'existent pas du tout. Parfois le corselet et l'écusson sont d'un fauve vif, rougeâtre, parfois aussi cê dernier a du noir vers sa base. Le bout de l'hémély- tre a une réticulaiion à aréoles subarrondies, pour la plupart télra- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xlvii gones. Les points tuberculeux et pilifères des tibias ne s'observent nullement dans ifvircscens, et ce trait organique de l'espèce va suf- fire, je le crains, pour la création d'un genre. M. Sturm, si habile iconographe , n'a pas été scrupuleux pour les pattes postérieures de notre Teltigomètre. Il a omis les dents subu- lées qui en terminent le tibia et les deux premiers articles des tarses. Ces dents forment en dessous une série peclinée excepté au second article tarsien. C'est là du reste une structure commune à bien des Cicadelles. Dans quelques individus il existe à la ligne médiane de la tête et du prothorax un relief exprimé par Panzer, mais dans d'au- tres il n'y en a pas vestige. L'origine du bec est tantôt noire ainsi que la région sternale du mésothorax , tantôt uniformément pâle. L'ab- domen est aussi dans les uns noir avec une bordure blanche, comme le dit Panzer, dans les autres tout h fait pâle (1). Quelque chose sur le brachyopa bigolor Melgen et le subula CITRIPES Duf., par M. Léon Dufour. La marmelade de l'ulcère de l'Orme est devenue pour moi un monde de merveilles entomologiques. Il y a peu de temps que dans une notice présentée à l'Institut je signalai une douzaine d'insectes obtenus d'une quantité de cette matière qui tiendrait dans le creux de la main. Après une expectation d'une année révolue, ce précieux dépôt, que je savais encore habité par des larves retardataires et que je conservais avec soin dans un bocal, vient de me fournir deux rares dipières. L'un est le Brachyopa blcolor de Meigen, Syrphide que je n'avais jamais vu, et dont la larve ainsi que la pupe se font remar- quer par un long tube caudal corné , d'une seule pièce. L'autre est une espèce nouvelle de Subula, genre du groupe des Xylophagiens. Sa larve et sa pupe ont des traits de ressemblance avec celles des Sargus. Je ferai connaître sous peu l'histoire des métamorphoses de ces deux insectes. — M. H. Lucas fait passer sous les yeux de la socie'té plusieurs branches du Popiilus treinula attaque'es par des larves de Longicornes. (1) J'ai encore trouvé aux environs de Saint-Sever une autre es- pèce de Tetiigometra que je crois nouvelle {Impresso-punctata), Elle a la forme, la taille de Vobliqua, une couleur roussâtre ou fauve, une ponctuation enfoncée aux héraélytres , mais elle n'a pas les points tuberculeux aux tibias. L. Duf. XLviii ANNALES Ces branches, dit M. H. Lucas, qui ont élé coupées dans les pre- miers jours de mai au bois de Boulogne , par M. Bagriot , sont re- marquables en ce qu'elles présentent çà et là des glbbosités très grosses et qui paraissent ne pas avoir nui beaucoup au développe- ment des rameaux. M. H. Lucas a vu sortir de ces glbbosités plusieurs insectes qui ne sont autres que la Campsidia [Saperda) popiUnea Linné, longicorne assez abondamment répandu en France, et dont la larve, la nymphe et Tinsecte parfait ont élé parfaitement représentés par M. Hatzeburg dans les Die fort Insecien, p. 192, pi. 16, fig. 5, 5 c. M. H. Lucas ayant ouvert plusieurs de ces branches dans le sens transversal de la gibbosité , a remarqué qu'il n'y avait que le centre de ces branches où le bois fût attaqué , tandis que la partie renllée formée principalement par l'aubier était parfaitement intacte. Cet entomologiste a observé aussi que l'insecte parfait, pour sortir de la demeure dans laquelle la larve s'était établie, perforait une des par- ties latérales de la gibbosité, afln de s'échapper de la galerie préala- blement formée par la larve avant de se métamorphoser en nymphe. M. H. Lucas fait voir également que les œufs que la femelle dépose ne sont pas placés sur des branches déjà anciennes mais bien sur de jeunes rameaux que projettent çà et là les Populus ï7-em« /a quelque temps après qu'ils ont été coupés. Cette Campsidie dans ce moment- ci est assez commune dans le bois de Boulogne, car M. H. Lucas tient de M. Bagriot, qui a souvent visité cette localité , qu'il y avait fort peu de jeunes rameaux qui ne présentassent pas ces glbbosités, indices certains qui décèlent aux yeux de l'entomologiste exercé la présence de ce joli petit Longicorne. Enfin M. H. Lucas fait remarquer aussi qu'il a rencontré dans les mêmes conditions cette Campsidie en Algérie, particulièrement aux environs de Bône et ducercle de la Calle. Aroccasion de cette communication, M. Reiche dit que la Saperda populnea a été importée dans plusieurs parties du monde, et qu'il en a reçu plusieurs individus qui pro- venaient des Etats-Unis d'Amérique. — M. Chevrolat adresse la note suivante de notre col- lègue M. Camille Boulard , de la Ferme-Suzette , près Bitche, et la société décide qu'elle sera insérée dans son bulletin. Je vous adresse un Melolontlia vtdgaris dont le tarse gauche DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xlix posli^rieur est affecté de mélomélie. Le tibia de la jambe gauche pos- térieure se renlle à son extrémité, oii il présente deux surfaces articulaires; du milieu de chacune part un tarse, l'un se divise en deux à partir du quatrième article, l'autre est simple. Ils sont tous deux d'égale grandeur , mais près de moitié moins longs qu'à l'état normal. Le tarse bifurqué est plus gros que l'autre et jouit seul de la faculté de se mouvoir, non pas cependant dans toutes ses par- lies, car sa branche ou bifurcation supérieure est privée de tout mouvement. Quatre éperons se trouvent entre l'insertion des deux tarses; ils sont soudés deux à deux; les uns près du bord intérieur de la jambe forment une pointe mousse , les autres à l'extérieur semblent soudés dos à dos et forment une pointe bifide à une extré- mité. Voir pi. 8, N° V, la patte postérieure gauche de ce Melolonlha vulgaris, dessinée par M. Léon Fairmaire. — M. Doiié entretient la société d'une capture intéres- sante faite par lui dans les environs de Paris-, c'est celle du Cychrus elongatus, dont il a trouvé le 4 mai un indi- vidu au Lord d'une mare, dans la forêt de Bondy. — M. Bellier de la Chavignerie prend la parole et an- nonce à la société que M. Ronsin a pris à Bondy, dans les derniers jours d'avril, une Phalénite qui n'avait pas encore été trouvée aussi près de Paris-, c'est la Spemnza conspicuaria. M. Pierret fait ensuite observer qu il a trouvé il y a six ans trois individus de cette même phalénite dans la forêt de Chantilly. La conspicuaria est beaucoup plus commune dans les forêts du nord et de Test de la France -, ce n'est que par hasard qu'on la rencontre dans les environs de la capitale. — M. Léon Fairmaire annonce qu'il a trouvé récem- ment le Langclaîidia anophthalma dans une fourmilière de Formica fuliginosa , qui était placée sur une souche pourrie d'un vieux chêne. C'est dans la forêt d'Orléans que celte capture a été faite. A celte occasion [séance du Tl mai), M. Eugène Des- L ANNALES inarest dit que ce même insecte vient d'être pris réccm- meiît à Bondy par M. Rouzet et dans les mêmes condi- tions-, plusieurs individus en ont été trouve's dans une fourmilière qui était placée dans Tinlérieur dun tronc d'arbre qui était presque entièrement décomposé. M. Cordier fait remarquer que ce même LangeJandia a été rencontré par un de nos collègues dans Fintérieur d'un Bolet. — M. Amyot donne de nouveaux détails sur les mœurs des Geiris, et il dit que cette communication sera insérée dans son travail sur les Hémiptères de France. Lectures. M. Amyot donne lecture d'une notice nécro- logique sur M. le comte Le Peletier de Saint-Faigeau , par M. Audinet-Serville, travail qui avait été demandé par la société, — M. Léon Fairmaire fait connaître deux notices de M. Gracls intitulées : 1° Description de diverses variétés nouvelles de la CV- cindella campesiris; Et 2" Description de nouvelles espèces de Coléoptères, découvertes en Espagne et portant les noms de ElopJiorus frigidiis, Cehno Cariaiii, Jphodius carpctaiius , Cliasma- ioptenis hispididus et Eucneinis Feisthameli. — M. Lucien Bnquet donne communication de mé- moires de M. Edouard Perris ayant pour titre : 1° Observations complémentaires pour l'histoire du Melasis flahellicornis Fabr. -, 2" Observations sur les larves du Clytus arietis , de la Saperda pimctata et de la Grammoptcra ruficornis, pour servir à l'histoire des Longicornes-, Et 3" Notes pour servir à l'histoire du Ceratopogon . Membre reçu. M. Berton, de Troyes , présenté ])ar DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. li M. Pierret. — Commissaires-rapporteurs , MM. Amyot et Audinct-Serville. (Séance du 27 Mai 1846.) (Présidence de M. REICHE, Vice-présidenl.) M. Horeau assiste à la sdance. Communications. M. H. Lucas fait passer sous les yeux de la socie'te une boite renfermant un Chrysohothris affinis FaLr., qu'il a surpris, à Paris même, vers les premiers jours de mai, dans un grenier, sur des bûches de bois, en compa- gnie de Callidium variahile. Ce Buprestide, fait observer M. H. Lucas, a dû subir ses transformations six semaines au moins avant IVpoque voulue, car ce n'est guères que pendant les mois de juin et de juillet que Ton rencontre quelquefois aux environs de Paris, mais plus communc- ment dans la France méridionale, ce joli insecte. — M. H. Lucas montre également à la socie'te' une Zc- bia chlorocephala Gylln., vivante, qu'il a renconlre'e le 24 mai sous les pierres près d'un petit bassin au Muse'um d'histoire naturelle ^ cet entomologiste ajoute que ce n'est pas la première fois que l'on trouve à Paris cette Lébie , car cette espèce, dit-il, avait déjà été rencontrée au mois de juin, par M. I). Boulard, dans la grande cour du Louvre. — M. Eugène Desmarest fait passer sous les yeux de la société un Melolontha hypocasiani, qu'il a trouvé il y a plusieurs années à Fontainebleau , et qui présente une anomalie singulière dans la forme des antennes. En effet, ces antennes sont très inégalement développées-, celle du côté droit Test beaucoup, et est conformée comme celle des mrdes ordinaires, tandis que l'antenne gauche est peu développée et ressemble beaucoup à celles des femelles. Cet arrêt de développement pourrait faire croire à un cas 1,1 ANNALES (Vhcrmaphroclisme; mais M. Reiche a vu, d'après l'ins- pection des organes génitaux internes, que ce Goléoplère était un tnâle. M. Eugène Desmarest montre également un dessin qui représente celte anomalie et qui est reproduit pi. 8, N" iv. — M. Piex'ret entretient la société d'une épidémie qui a régné cette année sur des chenilles du Charaxes jasiusj qu il a reçues d'Hyères , et il communique la note sui- vante : Depuis plusieurs années, dit-il, M. Mcissonnfer a l'obligeance de m'adresser à chaque printemps un envoi de ces chenilles, qui crois- sent et se niéiamorphosenl d'ordinaire sous le ciel de Paris aussi bien que dans l^ur beau climat de Provence ; cette année il n'en a pas éié ainsi, car sur plus de quarante chenilles que j'ai reçues dans le commencement du mois d'avril dernier, une douzaine ont à peine survécu , encore la plupart languissent, et je crains bien de ne pas obtenir plus de quatre à cinq insectes parfaits. Ce qu'il y a de singu- gulier, c'est que les mômes circonstances se sont présentées chez MM. Berce et Curie, qui ont reçu chacun un envoi des mêmes che- nilles par l'entremise de M. Cantener. La maladie de ces chenilles m'a paru affecter principalement le système vasculaire ; après quelques jours de capliviié, la peau devenait terne, les chenilles refusaient de manger, et les pattes noircissaient à vue d'œil ; ce dernier symp- tôme, qui est évidemment le résultat de la gangrène, était suivi presque immédiatement de la mort. J'ai pensé d'abord que la qualité de la nourriture pouvait avoir occasionné cette épidémie; mais après avoir examiné attentivement mes Arbousiers [Arbatus unedo), que je m'étais procurés chez M. Noisette, pépiniériste bien connu, j'ai acquis la conviction que ces arbustes étaient parfaitement sains , du moins je n'ai pu y trouver môme à l'aide de la loupe, aucun germe malfaisant; je dois donc en conclure que la mortalité qui a régné parmi les chenilles (\ejasius ne peut être attribuée qu'à quelque in- fluence pernicieuse des agents extérieurs, à moins toutefois (et cette conjecture me paraît assez vraisemblable), que le germe de la maladie ne se soit développé sur les wagons du chemin de fer, pendant le trajet d'Orléans à Paris, par suite des émanations de la vapeur qui se dégage de la locomotive. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lui — M. Bellier de la Chavignerie montre un Gymno- pluriis flagellatus qu'il a pris récemment au bois de Bou- logne, et il fait observer que ce n'est que très rarement que Ton rencontre cette espèce aux environs de Paris, tandis que le Gymnoplurus pilularius, qui n'est cependant pas commun, s y trouve toutefois plus souvent. (Séance du 10 Juin 1846) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouurages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de llnstitutde France, par MM. les Secrétaires perpétuels. Tome xxn (l-^-^ se- mestre de 1846), Nos 19, 20, 21 et 22. — br. in 4°. Offert par Tlnstitut. — An address delivered at the anniversary meeting of the entomological Society of London by Hope. — br. in-S". Ofïert au nom de l'auteur. — Handbuch der Entomologie von Hermann Burmeis- ter. 4^ volume 1''' partie. — 1 vol. in-8°. Berlin 1844. Offert par M. Dupont au nom de l'auteur. Correspondance. M. L. Buquet communique une lettre de M. Putzeys , annonçant la mort de notre collègue M. Nyst, de Bruxelles. Communications. M. H. Lucas fait passer sous les yeux de la socie'té une boîte renfermant un Stcnopterus mauri- tanic.us Linn., vivant, nouvelle espèce de Longicorne que cet entomologiste a obtenu d'eclosion le 8 de juin , et qui provient d'une branche de Sicistus spinosus. Cette espèce ne pre'sente rien de remarquable , seulement ce qu'il y a de curieux , c'est que voici quatre ans que notre collègue est rentre en France , et de temps en temps il obtient encore quelques insectes des bûches 2^ Série. TOME IV. Bulletin v ANNALES de bois qu il a rapportées de nos possessions d'Afri- k. Coccinelia oblongoguttala; sur des pins. 65. C. marginepunctata; id. — M. Laboulbèiie donne lecture d'une note de M. Leoii Dufour sur le RJdngia feinorata ^ et la société décide que cette note sera imprimée dans son bulletin. Note sur le rhiivgia femorata [Musca femorala Panzer), par M. Léon Dufour. Il y a quelque demi-siècle que Panztr décrivit et figura dans lu Faune des insectes d'Allemagne sa Musca femorata, et je ne lrouv(! ce synonyme cité ni dans les Siivants répertoires des Meigen , des Macquart, des Failen , des Zetiersietlt, ni dans le livre des Diptères de Fabricius, ni dans divers traités géiit'raux d'entomologie. Latreillc, si soigneux de classer dans les belles divisions de son Gênera les espèces saillantes et surtout bien figurées de ses devanciers ou de ses contemporains , a néanmoins inscrit la Musca de Panzer dans son genre Milesia , mais avec ces mots dubitatifs : an Syrphia et hujus sectionis? N'est-il pas étonnant que ce législateur de la science, doué d'une si grande habileté de tact, n'ait pas été frappé du prolon- gement en bec conoïde de l'épislome de ce Diptère, caractère si fidè- lement représenté par l'iconographe allemand? Le renflement des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lvh cuisses poslérieuros de ce Syrphide l'aura sûrement trompé pour l'appréciation de son poste générique, comme il a sans doute trompé les autres dipiérologistes. La Musca femorata, que Panzer n'avait vue que dans le musée du baron de B!o( k à Dresde, a aussi été trouvée dans nos landes par notre collègue et mon ami M. Edouard Perris, à qui la science est redevable d'un bon nombre d'observations eniomologiques faites dans un excellent esprit. Ce Syrphide appartient sans nul doute au genre Rh'mgia. Sa tête a absolument la même configuration, la même physionomie, les mêmes antennes que les R. rostrata et campestris. Seulement son bec est moins dirigé en avant , moins horizonial que dans ces derniers, et la nervure de la cellule alaire sous-marginale, au lieu d'être droite , a une flexuosité très marquée. Du reste, la figure de Panzer est ex- quise. Qu'il me soit permis de donner en quelques lignes le signale- nient de l'espèce. Rhingia femorata. Musca femorata Panz. Faiin. Ins. Geniu fasc. 20, tab. Ih. — Nigra, thoracls dorw iineis duobus albo lac- tels, laterlbus albid's; abdomlne signaloris albis variegato; pe- dibiis rufis basl nigris ; femoribtis posticis incrassatis nigroma- cidatis subtus brevlter lùspiduUs haucl dentatis. Long. 3 1/2 k lin. Ilab. in Germania et in Ericetis Galliœ meridionali-occi- dentalis (Saini-Sever.) Face et épistôuie d'un gris jaunâtre un peu soyeux. Pdlette des an- tennes roussàtre. Front gris noirâtre. Corselet à duvet jaune à cer- tain jour, à fond noir profond où se dessinent nettement deux lignes longitudinales parallèles d'un blonc comme azuré ; côtés et flancs gris blanchâ-res. Ecusson roux. Région dorsale de l'abdomen noire, avec» de chaque côté de sa base, un demi anneau blanc, puis deux paires de croissants de celte nuance , ainsi que le segment anal. Région ventrale d'un gris blanc uniforme. Cuisses antérieures et intermé- diaires noires dans leur moitié inférieure, avec un peu de roux près des hanches, les postérieures bien plus grosses, d'un roux plus vif, avec une grande tache noire au milieu. Tibias à extrémité noirâtre, les postérieurs arqués pour s'accommoder à la convexité du bord inférieur de la cuisse. Les deux individus que j'ai sous les yeux ont une légère diflérence de taille, quoiqu'ils appartiennent au même sexe femelle. L'oviscapte, formé par le désemboiiement de deux anneaux, se termine par deux tentacules vulvaires assez grands, ovalaires, gri.4lres. i.vm ANNALES — M. Guérin-Méneville lit une noie insérée dans la Reme zoologique [mai 184G, pages 185 à 189), relative à un rapport pre'senté récemment à rAcadémie des scien- ces, sur un mémoire de M. Blaud, indiquant des moyens propres à détruire les insectes qui attaquent TOlivier. M. Guérin-Méneville proteste contre Topiniou de M. Blaud, qui n admet qu une seule espèce de Lépidop- tère vivant aux dépens de l'Olivier, et qui dit que, selon les diverses saisons de Tannée , les chenilles de ce papil- lon et même l'insecte parfait présentent trois formes dif férentes et des mœurs qui ne sont pas les mêmes. M. Gué- rin-Méneville démontre que , contrairement à l'opinion de M. Blaud, il existe plusieurs espèces de Lépidoptères qui attaquent TOlivier, et non pas une seule. (Séance du 24 Juin 18i6.) Présidence de M. REICHE, Vice-président. Ouvrages offerts. Comptes-i-endus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels. Tome xxn (l" sem. de 1846), N°' 23'^ et •24^— br. in-4«. Offert parllnstitut. — Mémoires et bulletin de l'Académie des scierrces de Naples pour 1845. — br. in-8°. Offert par TAcadémie. — Mémoire sur la destruction des Fourmis , par M. Blisson. (Extrait des mémoires de la Société royale et centrale d'agriculture de Paris). — br. in-8°. Offert par l'auteur. Communications. M. Pierret entretient la société de quelques observations qu'ils vient de faire sur l'habitat et sur les mœurs du Satyrus œdipus. Ce lépidoptère, dit-il, est répandu dans plusieurs parties de la Russie, de l'Au- triche et du Piémont, mais en France on ne l'avait trouvi' DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lix jusqu'à présent que dans un bois situe dans la Sologne, et appartenant à M. Rippert, qui en fît la de'couverte, il y a près de vingt ans , dans sa propriété des Vernoux, à deux lieues de Beaugcncy. Grâce à rextrême obligeance deM. Rippert, qui a donné àM. Pierret pendanllrois jours rhospitalité dans sa ferme de Beauregard, clief-lieu de sa terre des Vernoux, notre confrère a pu étudier à loisir le vol et les habitudes de ïœdipus. Ce charmant Satyre ne se trouve que dans les clairières où croît abondamment une sorte de grand Caiex dont M. Pierret a lieu de supposer que la chenille se nourrit. Il ne se repose jamais que sur la bruyère^ sa localité n'est point circonscrite seulement dans la propriété de M. Rippert, comme Tavait pensé Du- ponchel : notre collègue Ta trouvé pendant plus de trois lieues cari'ées , dans les domaines de M. le duc de Lor- ges, et dans les landes arides d'une forêt de la couronne attenant aux terres de M. Rippert-, il y a lieu de penserque cette espèce doit s'avancer plus loin encore dans la So- logne , et même dans leBlaisois-, il paraît même hors de doute qu'on doit la rencontrer dans Timmense parc de Chambord , malgré les recherches infructueuses qui ont été faites à ce sujet par M. Rippert lui-même, accompagné de MM. Lefebvre et Duponchelj ce qui a surtout frappé notre collègue , c'est que dans les localités susdites où il voyait voler en abondance ïœdipus, il n'a pas même aperçu l'ombre d'un Saiyrus hyperanthus^ espèce si com- mune dans presque toute l'Europe, bien qu'il ait par- couru des lieux ombragés de hautes futaies , et tout à fait analogues à ceux qu habite ordinairement ce Satyre. ISœdipus, qui est l'espèce la plus voisine de V/iyperarithus. serait- il destiné à le remplacer? Le fait d'une espèce ha- bitant un pays à l'exclusion d'une autre, est chose assez commune en entomologie, témoin le Cnrahus lotluiringus. Lx ANJNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. qui, à Montpellier, semble exclure Vaiiratus ; VArgrjnnis cyrene et la ^anessa ichnusa , qui remplacent en Corse et en Sardaigne leurs congénères ctglaya et urticœ, etc. — M. Pierret annonce à la société que M. Ronsin vient de retrouver celte année dans la forêt de Bondy une chenille de la Melitœa matuma , et deux individus parfaits de la même espèce , qui avait été prise pour la première fois dans cette localité, Tannée dernière, par notre collègue M. Bellier de la Ghavignerie. Rapport. Il est donné lecture d'un rapport de la com- mission de publication réglant la composition du '^1" nu- méro des Annales pour 1846. — La société adopte la composition de ce numéro telle qu'elle est proposée par la commission. Lectures. M. Pierret donne lecture d'une notice de M. Guénée, intitulée : De quelques espèces de Tortrix de Linné qui nous étaient connues sous d'autres noms, et des variétés de la Pœdisca salandriana. — Il est donné communication d'une suite de mémoi- res de M. le colonel Goureau, ayant pour titre : Notes entomologiques sur les Insectes gallicoles. — On communique deux notes de M. Léon Dufour, intitulées : 1** Notice sur le Misocampus stigniatifroiis (Jclineumon stiginatifrons Fabr.). Et 2» Etudes pour servir à l'histoire du Neinatus ribis. BULLETII ENTOMOLOGIQUE. AMIVEE 184:6. TROISIEME TRIMESTRE. SEANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE PRA\CE. (Séance du 8 Juillet 1846.) Prfeidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Annales de la Socie'té entomologiqnc (le France, 1" série, tome IV, 1" trimestre de 1846, \in vol. in-8°, avec pi. col. (Deux exemplaires.) — Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de rinslîtut de France , par MM. les secrétaires perpétuels. Tome XXII (1'^'^ semes- tre de 1846). N"^ 25 et 26. — Lr. in-4°. Offert par ITnstitut de France en échange des Annales. — Mémoires de la Société des savants de Vienne. Tome III, première partie et journal pour 1845 et 1846. — Un vol. in-S" et hr. in-8° (en allemand) : offert par la Société des savants de Vienne. Correspondance. Il est donné lecture de plusieurs lettres relatives au huitième congrès scientifique italien qui doit se réunir cette année à Gènes. 2'' Série., tome iv. BulleU'n vi. Lxri ANNALES Commwiî cation s. M. Doué fait part à ses collègues de la mort de M. Contamine, major du S*" régiment de lanciers, ancien membre de la Société entomologique, et décédé à Rambouillet le 7 juin 1846. Entré au service en 1812, M. Contamine fit les dernières campa- gnes de l'empire et se montra brave soldat sur les champs de bataille où le conduisirent les hasards de la guerre. La dette envers la patrie une fois acquittée, cet oflicier, amateur zélé de rentomologie, sut mettre à profit les loisirs de la paix et forma une belle collection de Lépidoptères, dont il recueilli lui-même une grande partie. La science lui doit une nouvelle espèce de Zygèiie qu'il découvrit dans les Pyré- nées et à laquelle M. le docteur Boisduval a donné le nom de Zygœna Contaminœi. Tous ceux qui ont eu des re'ations suivies avec M. le major Conta- mine conserveront le souvenir de la franchise et de la loyauté toutes militaires qui le caractérisaient. — M. H. Lucas communique la note suivante sur les éclosions qu'il a obtenues du Bomhijx cecropîi, prove- nant d'une éducation qu il a faite l'année dernière. Sur soixante-quatre cocons que j'avais obtenus du Bombyx [Sa- turnin) cecropUi, provenant d'une éducation que j'avais faite l'année dernière, je n'ai pu avoir que trente-deux éclosions qui toutes ont eu lieu en mai et dans les premiers jours de juin (1}, J'ai eu à peu près autant de mâles que de femelles, dont les trois quarts au moins parvinrent à s'accoupler; quelques jours après, la ponte se fit et quoi- que cependant il y ait eu accouplement réel, les œufs que les femelles pondirent furent en très petite quantité et ne purent éclore. Il me serait difficile d'expliquer cette infécondité après un rapproche- ment véritable et longtemps prolongé, mais tout ce que je pbis avan- cer, c'est que huit ou dix jours après que les œufs furent pondus, ils se comprimèrent et se desséchèrent même comp!èien;ent. Voulant cependant connaître la cause de cette infécomlité, un accouplement réel surtout ayant eu lieu , j'ouvris plusieurs femelles et, en exami- nant les ovaires, je remarquai qu'ils étaient mal développés, quequel- (1) Quant aux trente-deux autres cocons qui reste: t encore, ils pourraient bien n'éclore que l'année prochaine, comme cela se voit au reste assez souvent chez le Bombyx [Salurnia] i>yrL DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxui ques-uiis même étaient airophiés mais que tous généralement conte- naient fort peu d'œufi-'. Est ce à ce manque de développement qu'il faut attribuer l'infécondité des femelles? ou bien est ce à l'influence climaiérique? c'est-à-dire qu<^ des chenilles élevées en France, subis- sant ensuite toutes leurs métamorphoses, le non développement des organes générateurs femelles serait-il dû au changement de climat? Faudrait-il plutôt l'attribuer aux diverses plantes avec lesquelles ces chenilles ont été élevées? Quant aux mâles, j'ai examiné leurs or- ganes générateurs, et dans leur conformation je n'ai remarqué aucune anomalie. Je ferai observer aussi que la ponie des individus provenant des cocons formés en Amérique a eu lieu seulement le 22 juin, tandis que celles des individus provenant de l'éducation faite en France, se firent au contraire toutes en mai (1). Cette précocité influerait-elle aussi sur le développement des ovaires? Du reste, tout ce que j'avance ici.n'est que conjectural, cependant je serais presque porté à croire que l'infécondité dts œufs et le manque de développement des ovaires sont peut-être dûs au climat sous lequel nous vivons, et que l'éducation de ce Bombyx à Paris, n'est probablement pas une chose possible. Peut-être réussirait-on mieux dans la France méri- dionale; c'est une seconde observation que je nie propose de faire lorsque j'aurai à ma disposition de nouveaux œufs de ce Bombyx. Je ferai remarquer aussi, qu'espérant obtenir des hybrides , j'avais placé dans des boîtes séparées un mâle du Bombyx cecropia avec une femelle du B. pyri, et un mâle de ce dernipr avec une femelle de B. cecropia ; je les ai laissés pendant fort longtemps ensend)le et je n'ai remarqué entre eux aucun rapprochement. Quelques observations sont prësente'es par M. Pierret, à l'occasion de cette note de M. H. Lucas. — M. E. Mocquerys fait passeï' sous les yeux de la Société un individu du Geotrupes silvaticus, qui présente deux gibbosités remarquables sur les élytres , et il an- nonce qu'il donnera incessamment une note à ce sujet , ainsi qu'une figure représentant ce Geoimpes difforme. M. L. Bucjuet, à propos de cette communication, dit (1) Les individus des éclosions qui eurent lieu dans les premiers jours de juin ne purent s'accoupler. Lxiv ANNALES qu'il vient de recevoir du Brésil une Rutela à corselet double. M. Deyrolle cite également un autre cas de difforniitc chez un cole'optère -, cest un 0/ycfe.î, provenant de la Cliine, qui présente deux gibbosités aux élylres. — M. Bellier de la Chavignerie donne quelques détails sur la chenille de Wdbrosiola asclcpiadis, et il lit la note suivante : Bien que les environs de la capitale soient explor<)s depuis long- temps déjà, a\ec le plus grand soin , par des entomologistes aussi éclairés qu'infatigables dans leurs recherches, cependant, de temps en temps, des découvertes nouvelles viennent faire rentrer dans la Faune entomologique des environs de Paris, déjà si riche, des espèces que jusque-là on avait cru lui être complètement étrangères. C'est sur un fait de celte nature que j'ai l'honneur d'appeler aujourd'hui l'aliention de la Société. M. le docteur Boisduval, dans son Index melhodiciis publié en 18/iO, page 157, W 1257, donne VAbrostola asclepiadis comme espèce propre à la Suisse, aux Pyrénées, et M. Dnponchel,dans son c; talogne publié quatre ans plus tard, avait conservé à la même Noctuelle le même habitat. Je ne fus donc pas peu surpris, l'été dernier, de trouver fort près de Paris, au bois de Boulogne, une grande quantité de chenilles de VAbrostola ascle- piadis. Ayant voulu m'assurer toutefois si ce n'était point là un de ces faits exceptionnels dus au déplacement momentané d'une espèce, je suis retourné cette année dans la même localité pour y chercher de nouveau la chenille de Vasclepladis, et j'ai eu la satisfaction de pouvoir récolter un très-grand nombre de ces chenilles. La Noctuelle de l'Asclépiade me paraît donc être maintenant une espèce bien ac- quise à notre Fanne eniomologique parisienne. Je crois pouvoir émettre cette opinion avec d'autant plus de certitude que j'ai éga- lement trouvé cette année-ci la chenille de ce même Lépidopère dans la forêt de Saint-Germain, localité assez éloignée de la première que j'ai citée, et tout-à-fait diCférente par la nature du sol, par la po- sition. J'ajouterai aufsi (|ue la Noctuelle de l'Asclépiade n'est point étrangère non plus à la forêt de Fontainebleau, que j'en possède un exemplaire qui m'a été rapporté de cette localité, tout récemment, par notre obligeant collègue M. L.Fairmaire, et qu'il ne diffère en rien DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLO(;ïQUE. lxv tlesiiulividiis éclos chez moi. La chiinille de VAbrostola asclepiadis {Boisd. liicL metlu, m" 1257), esl figurée avec beaucoup d'exactitude dans l'excellent ouvrage d'Habuer, i)!anche 95-a; je crois donc inu- tile d'en donner la description. M. Duponcliel, d'ailleurs, dans son ouvrage faisant suite à celui de Godart, a décrit aussi très lidèle- nient la ciienille que je fais passer en ce moment sous les yeux de la Société, mais notre savant confrère avait eu le tort de donner sa chenille comme étant celle de VAbrostola triplasia. Les Noctuelles triplasia et asclepiadls présentent des diUerences assez sensibles; chacuiie d'elles a ses caractères spécifiques qui lui sont propres, et si VAbrostola asclepiadls devait être confondue avec quelque espèce voisine, elle le serait plutôt avec Vurtlcœ. Vasclepiadls et Vurticœ ont en eflet été longtemps confondues dans les collections. Mais si les insectes parfaits offrent entre eux une ressemblance capa- ble d'induire en erreur, il n'en saurait être de même des premiers états; la chenille de la Noctuelle asclepiadls diffère de ses congé- nères triplasia et urtlcœ, non seulement par le dessin et la cou- leur, mais encore par les mœurs et la manière de vivre. La chenille de Y Abrostola asclepiadls vit exclusivement sur VAscleplas vlnce- loxlcum ou Dompte-venin. Celte chenille, bien qu'elle soit munie de seize patus, arque le dos en marchant comme leschenilles de Plusla, qui n'en ont que douze, et conserve ordinairement au repos cette position. Ainsi que la plupart des chenilles de plantes basses, elle ne mange que la nuit et se cache pendant le jour avec le plus grand soin, souvent même à une distance assez éloignée de la plante qui la nourrit. C'est au commencement de juillet qu'il faut la chercher; elle croît fort rapidement et ne met guère plus de trois semaines à attein- dre tout son développement, depuis sa sortie de l'œuf jusqu'à sa trans- formation, qui s'opère dans une coque molle fixée entre des feuilles sèches ou déposée à la surface de la terre. Quelques Noctuelles éclosent en septembre de la même année, mais le plus grand nombre des chrysalides ne donnent leurs papillons qu'en mai et juin de l'année suivante. Les chrysalides, ainsi que celles du genre Plusia, sont sujettes à se dessécher ; toutefois j'ai remarqué que la chenille de la Noctuelle de l'Asclépiade, malgré ses couleurs vives et bril- lantes, était rarement piquée des Ichneumons. C'est sans doute à sa manière de vivre et au soin tout particulier avec le(iuel elle se cache pendant le jour, qu'elle doit d'échapper à son plus cruel en- nemi. Lxv. ANNALES M. Pierret dit qn'Engramelle avait déjà rapporté que V j4hrûstola asclepiadîs se trouvait au Lois de Boulogne, et il fait observer qu'il est très-iutéressant que notre col- lègue Tait retrouvée dans la même localité. — M. Pierret communique à la Société le passage sui- vant d'une lettre qu il vient de recevoir de notre collègue M. de Graslin. Ce passage est relatif aux Antïiocharis belia Gt ausonîa, c[m, suivant M. Boisduval, ne doivent former qu'une seule espèce. L'opinion contraire a été vi- vement soutenue par M. Pierret. Jusqu'à ce qu'une preuve évidente telle que l'éducation d'une ponte de l'une des deux Piérides (chose fort difficile à oblenir) , dit M. de Gras- lin , fasse de la belia et de \'ausonia une seule ci môme espèce, et malgré toute l'autorité des idées de M. Boisduval, je ne puis me ranger à cette opinion. Voici des faits à l'appui de ce que je viens d'avancer: J'avais trouvé aux environs de Grenade, en Andalousie , dans le mois de juillet, des chenilles de Piérides mangeant des fleurs de Crucifères. Ces chenilles se sont chrysalidées, ont passé l'hiver, et m'ont donné la belia à la fin de mars et au commencement d'avril de l'année sui- vante. Les deux espèces se trouvent dans la partie du département de la Sarthe où je demeure. La belia paraît du 20 mars au 15 avril à peu près. L'ausonia paraît en juin d'abord , et une seconde fois en septembre ou octobre. J'avais trouvé quelques chenilles de cette dernière au commencement de septembre sur des graines et des Heurs de Crucifères. Toutes les aasonia sont écloses sans passer l'hiver. Maintenant, comment se fait-il, si ces deux espèces n'en forment qu'une, que toutes les chenilles de belia d'Espagne, pays beaucoup plus chaud que le nôtre , ne m'aient pas donné quelques ausonia à l'automne; et comment les chenilles d' ausonia de la Sarthe n'ont-elles pas réservé quelques belia pour le printemps suivant? Malheureusement je n'ai f.iit le dessin ni de la belia d'Espagne à ses premiers états , ni de la chenille de Vausoyiia élevée dans la Sarthe. Je ne puis donc faire observer en quoi elles diffèrent ou si elles n'offrent aucune dilférence appréciable. Mais , quand même ou ne pourrait pas trouver à les séparer, la preuve ne serait pas DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLCKilQLE. i.xvu encore comi)lèie, car je connais des espèces regardées à juste litre comme dillérentes et dont on ne peut distinguer les chenilles entre elles; ainsi, j'ai élevé d'une ponte et j'ai figuré la chenille de la Cteophana platyptera, sans avoir pu di»tiiigU(?r en quoi elle diflère de celle de la Cteophana Linariœ. Les chenilles des Lithosia depressa ex /lebeola ne peuvent se séparer, etc. Pour achever de donner des preuves à l'appui de mon opinion, je dirai que la belia, bien qu'elle paraisse à une époque où la tempé- rature est moins chaude que pendant l'éclosion de Vausonia, vole beaucoup plus rapidement que la seconde ; qu'elle est moins com- mune , et que ses ailes ont l'extrémité un peu plus pointue. — M. Guëria-Mëneville pre'sente une chenille de Noctuelle qui a dté adressée à la Société royale d'agricul- ture par M. Brisson, de Fontenay -le- Comte (Vendée). Cette chenille, dit-il, était en si grand nombre dans des planta- tions de haricots et de chanvre, que 150 journaux ou 50 hectares ainsi plantés ont été totalement ravagés dans l'espace de quatre jours. Ces chenilles, dit M. Brisson, ont commencé par ronger les racines des haricots et du chanvre, ensuite, elles sont sorties de terre pour dévorer les tiges et les feuilles mourantes, et on les voyait manger en plein jour. La chenille et la chrysalide présentées par M. Guérin-Méneville ayant été comprimées en route et mal emballées dans de la terre, étaient meurtries et malades; il est à craindre qu'elles ne puissent subir leurs métamorphoses. — M. Guérin-Méneville présente également un insecte qu'il a trouvé en abondance dans une céréale d'Abyssi- nie que lui a remis M. Rochet d'Héricourt, et il lit la note suivante : Cet insecte est le Xylet'mus serricornis décrit par Fabricius sous le nom de Plimis serricornis, que Schoenherr mentionne sous celui de Ptilinus serricornis, en lui donnant à tort pour synonymes le Ptilinus dorcatoma et le Dorcatoma dresdensis, Fabr., qui appartiennent au vrai genre Dorcatoma. M. Guérin-Méneville a dé- couvert un autre synonyme à cette espèce ; il a vu qu'il est décrit dans l'ouvrage de Siephens {Illuslr. Brit. Entom., t. 5, p. '4l7, SuppL) sous le nom de Lasioderma lesiaceain. Lxviii ANNALES Les larves de ce Xytetinus, beaucoup plus grosses que les grains de la céréale d'Abyssinie, ont fait des agglomérations de ces grains à peu près de la grosseur d'un petit pois, et oni rongé riniéritur de celte masse. M. Guérin-Méneville montre plusieurs de ces petites boules, et une entre autres, cassée d'un côlé et contenant encore un Xyletinus qui s'est métamorphosé dans son intérieur. La céréale ainsi attaquée est le theffdes Abyssins; ils la cultivent en grand et sa graine donne une farine excellente avec laquelle on fait du pain délicieux, plus délicat et d'une digestion plus facile que le pain de froment. Celte céréale donne aux cultivateurs soixante pour un, ce qui est un produit supérieur à celui du froment. On sait, ajoute M. Guérin-Méneville, que le Xyletinux serricornis nous vient des pays chauds, et qu'il semble être omnivore. En effet, il en a eu souvent des individus vivants à Paris, dans des boîtes à in- secles, et il en a trouvé plusieurs exemplaires dans le corps d'un Bu- preste venant de Chine. — Le même membre parle de ^ers à soie, j)roveriant de Chine , et quî ont été communiqués à la Société royale et centrale d'Agriculture, par M. Robinet. La colo- ration des chenilles de ces insectes est différente de celle des chenilles du Bombyx mon que Ton élève ordinaire- ment. — Enfin , M. Guérin-Méneville montre à la Société une branche de Saule qui lui a été communiquée par M. Pierret, à qui elle avait été adressée par M. Henry Doubleday , et qui, dans son intérieur contenait une chenille de la Sesia hemheciformis. (Séance du 22 Juillet 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offcHs. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de Tlnslitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome XXllI (2*^ se- «it DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. lxix mestre de 1846), n°' 1 et 2. — Br, 'm-/^" : offert par 11ns- titut de France, en échange des Annales. — Diptères exotiques , nouveaux ou peu connus, par M. Macquart (^Extrait des Mémoires de la Société d'his- toire naturelle de Lille) . — 1 vol. in-8° avec pi. : offert au nom de Tauteur. Correspondance. Lettre de Tatom (Jeturn), de Londres, adressant à la Sociëte sa démission de membre. Cette démission est acceptée. Communications . M. Amyot présente des observations importantes sur l'organisation et les mœurs de la Punaise des litSj et il dit que cette communication sera insérée dans son ouvrage sur les hémiptères de France. — Il est donné lecture de la note suivante, communi- quée au secrétaire par M. Boyer de Fonscolombe : C'est par erreur que dans le premier triineslre des Annales de la Société entomologlque, 18^6, p. 43, on a inséré sans explicaiion la description de la Formica cursor femelle. On aurait dû ajouter la note suivante : « J'ai trouvé cette femelle au nombre de deux ou trois individus seulement, à portée des fourmilières habitées par les neu- tres. C'est par ce seul motif et par pure conjecture que je la sup- pose la femelle de celte espèce. Son identité est donc au moins douteuse, et si j'en ai donné la description, c'a été seulement pour compléter l'histoire de la Formica cursor. » — M. Guérin-Méneville donne de nombreux détails sur les mœurs du Scolytus destructor et de V Hylesinus i'arius, et à cette occasion il lit la note suivante : Dans les bois de Meudon, près Bellevue, M. Guérin-Méneville a trouvé, en compagnie de M. E. Robert, une localité plantée d'Or- mes, dans laquelle on avait abattu cet hiver plusieurs de ces arbres, pour éclaircir le bois. Ces Ormes, gisant à terre, étaient couverts ae Scoiytes et û'Hylesinus, et M. Guérin-Méneville a pu observer ces insectes sous tous leurs états, ainsi que leurs nombreux parasites. Le fait le plus intéressant à ses yeux, est l'observation qu'il a faite Lxx ANNALES (le la manière dont la femelle du Scolytes attaque les arbres encore sains, ou qui, du moins, paraissent tels, et n'offrent dans l'aspect de leurs fouilles aucune différence avec ceux qui ne sont pas attaqués. A dislance, on ne distingue les arbres attaqués, des sains, que par la quantité de Guêpes, Bourdons, Abeilles, Mouches de toutes soi tes, etc., qui sont posées sur leur tronc; en approchant on reconnaît que ces insectes sont occupés à chercher des troncs percés dans l'écorce, qu'ils y enfoncent leur trompe et quelquefois loute leur tète, et sucent les sucs qui en suintent avec tant d'avidité qu'ils se laissent prendre sans chercher à s'échapper, tant leur attention est absorbée par ce «epas. A chaque point de l'écorce vive de ces arbres ainsi couverts de mouches, MM. Guérin-Méneville et E. Robert ont trouvé une femelle de Scolytes qui avait déjà pénétré de un ou deux centimèires dans l'écorce en montant, avait pratiqué de chaque côté de sa galerie des cavités dans lesquelles elle avait déposé des œufs qu'elle avait soigneusement cachés en les recouvrant de détritus, de sciure de l'écorce dans laquelle elle était occupée à creuser. Ce trou, cette plaie faite dans une écorce vive, avait provoqué un suintement de sève que les Abeilles, Guêpes et Mouches venaientsucer avec avi- dité. M. Guérin-Méneville, assisté de M. E. Robert, a fait des études dé- taillées de ces arbres; il a monté à leur sommet avec une échelle, pour voir s'il ne parviendrait pns à saisir les deux sexes du Scolytes, (juand ils se nourrissent des jeunes pousses de l'arbre ou quand ils cherchent à s'accoupler. M.E. Robert a enlevé plusieurs plaques d'é- corce à ces arbres attaqués, aûn que M. Guérin-Méneville puisse faire des coupes, bien observer la ponte de la femelle, et faire l'ana- îomie des organes générateurs internes des deux sexes, ce qui lui a montré une disposition singulière des organes extérieurs qui doit entraîner un mode d'accouplement tout particulier. Il résulte de cette observation qu'il semblerait prouvé que le Scolytes attaque le; arbres sains pour déposer ses œufs, ou que, si ces arbres sont déjà malades ou doivent le devenir, aucun signe de celte maladie ne se montre encore au dehors et sur les feuilles quand le Scolytes l'envahit. Il en résulte aussi qu'il est dangereux de laisser, pendant toute une saison, des arbres abattus et couverts de Scolytes dans le voisinage d'arbres sains, car il est évident que les insectes qui proviennent de ces arbres morts vont se jeter sur ceux du voi- sinage; que peut-être ils déterminent leur maladie, ou que du moins DE LxV SOCIÉIÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xu ils la hâtent et la développent, en s'apercevant bien avant les fores- tiers de l'éiat de maladie prochaine de ces arbres. Le petit Hylesinus dont M. Guérin-Méneville a observé les meta morphoses et le parasite, semble ne s'attaquer qu'aux arbres morts ou mourants. Les galeries de ponte de la femelle, au lieu d'être paral- lèles aux fibres de l'arbre, ou longitudinales, coupent ces fibres à angle droit ou sont transversales. Elles sont toujours creusées dans l'épaisseur de l'écorce, sans arriver jusqu'au bois, du moins sur les troncs déjà un peu forts, on elles se trouvent mêlées à celles du Scolytcs ; mais sur les branches secondaires, au sommet d'un tronc à peine de la grosseur du bras, on ne trouve plus que des galeries ù'IIylesinus, et celles-ci arrivent jusqu'au bois. — M. Guérin-Mëneville dit que MM. Bazin père et fils, propriétaires auMesnil-St-Firmin (Oise), ont obser- vé cette anne'e des quantités de larves de la Cassida nehu- losa sur les feuilles des Betteraves. Ces larves, cVun joli vert, marquetées de blanchâtre et armées sur les bords de leurs segments d'épines jaunâtres et barbelées, s'atta- chent à la surface inférieure des feuilles et les rongent de distance en distance par petites portions arrondies. Ces feuilles sont alors criblées de petits trous, et Ton di- rait qu'elles ont été grêlées. Ces larves, dont M. Guérin-Méneville a reçu un grand nombre, subissent toutes leurs métamorphoses sur les feuilles dont elles se nourrissent. La nymphe offre une forme très singulière ; les épines des côtés de son corps sont toutes dillérentes de celles de la larve , et la peau de celle-ci reste attachée en un petit paquet tout plissé et irrégulier aux deux épines, qui prennent alors une position verticale relativement au corps de la larve. Quelques-unes de ces larves , qui ne s'étaient pas métarmorphosées en nymphes, et étaient mortes attachées sur les feuilles, ont été conservées et isolées par M. Guérin-Méneville. Le 25 juillet, il est sorti de l'une d'elles, par une ouverture qu'ils se sont pratiquées au milieu de son dos , trente-neuf Clialcidites très petits , noirs , à pattes jaunâtres, dont les œufs avaient dû être déposés par leur mère sur la larve encore vivante. Comme ces Chalcidites appartiennent à un LxxM ANNALES groupe très nombreux en espèces , liés difficile ;i étudier, et que le temps ne lui a pas permis de se livrer aux recherches nécessaires pour les rapporter à leur espèce, si elle est publiée, M. Guérin- Ménevii'e ne fera connaître leur nom qu'en publiant le travail qu'il prépare sur cette Casside, sur ses métamorphoses et son parasite. — Enfin, M. Guérin-Meneville lit la note suivante sur la manière de vivre d'une espèce de Silpka : Jusqu'à présent, ou croyait que le genre Silplia était composé en entier d'insectes carnassiers sous leurs deux états de larves et de nymphes, et il n'existait qu'une observation consignée dans les Annales de la Société Entomologlqae de France (18^4 3* trim. Bulletin, pag. LIX) , encore très vague, due à M. Mulsant, lequel avait dit, en parlant des habitudes herbivores d'un Hyrrhus, qu'il avait observé que « plusieurs larves de Silplia, qu'on croyait exclusi- vement carnassières, prenaient également la même nourriture. » L'observation de M. Guérin-Méneville est plus précise. Ayant reçu d'un savant correspondant de la Société royale d'Agriculture , M. Bazin , du Mesnii Saint-Firmin , plusieurs larves de Silplia de forme plus allongée que celles que l'on connaissait jusqu'ici , il les a dessinées avec soin et les a placées dans un bocal h moitié rempli de terre humide pour observer leurs métamorphoses. Ces larves, d'un noir luisant, avec un peu de jaune aux bords des segments antérieurs, trouvées en grand nombre dans des champs de Betteraves , étaient accusées de dévorer les feuilles de celte plante utile et de causer ainsi de grands ravages dans les plantations quand les p'antes commen- çaient à pousser. Ayant reconnu de suite que ces larves devaient appartenir à un Silplia, M. Guérin-Méneville n'admit ces accusations qu'avec une grande réserve, mais il fut forcé de se ranger de l'avis de M. Bazin quand il vit lui-même ces larves manger les feuilles de Betteraves qu'il leur avait données, comme l'auraient fait des che- nilles; croître, se développer et en vivre comme de leur nourriture naturelle. De leur côté , MM. Bazin père et fils avaient séquestré un bon nombre de ces larves , leur avaient donné des feuilles de Betteraves et les avaient vues s'en nourrir. Us avaient également surpris souvent ces larves dans leurs champs, montées en assez grand nombre sur les feuilles de ces plantes et les ronger. 11 ne restait donc plus aucun DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. r.xxm doute sur leurs habiuides herbivores, mais on ne connaissait pas encore l'espèce de Silplia qui devait provenir de celte larve. M. Gucrin-Méneville, au commencement de juillet, avait bien vu une des larves qu'il avait placée dans un bocal avec de la terre, ge métamorphoser en une chrysalide présentant tous les caractères d'un Sitpha , mais cette nymphe était morte avant la dernière transforma- tion. Ayant reçu d'autres larves du Me..nil , il les a placées dans de meilleures conditions, et, vers le milieu de juillet, plusieurs se sont enfoncées à trois ou quatre pouces sous terre , se sont fait une petite cavité ovoïde en tassant la terre avec leur tête, par la pression exercée par leur dos, etc., ce que M. Guérin-Méneville a pu voir en détail, parce qu'une de ces larves s'était établie contre les parois du bocal dans lequel était placée la terre, et, le 14 juillet, il a vu, 'lans cette cavité, une chrysalide blanche remplacer la larve noire du SUplia, et, dans un coin, cette peau noire, plissée , tortillée et n'occupant plus qu'un très petit volume. Quand il touchait un peu au bocal , celte nymphe fai- sait des mouvements brusques avec son abdomen et se retournait très vivement en tous sens. Ce n'est que le 2^ juillet que l'insecte parfait est sorti de son enve- loppe de transition; le dos et la tête de la nymphe se sont fendus, l'insecte en est sorti peu à peu ; il est resté encore deux jours de couleur blanchâtre, brunissant d'abord sur la tête, sur le milieu du corselet et à l'extrémité des pattes; ses antennes étaient blanches avec les trois derniers articles seulement noirs , enfin l'insecte a pris une couleur de plus en plus noire quand il a été sorti de terre. Cet insecte appartient à l'espèce que Linné a appelée le premier Silpha opaca, dans sa Fauna suecica; plus lard les auteurs ont embrouillé sa synonymie et M. Guérin-Méneville a dû faire de longues et pénibles recherches pour lui les restituer son vrai nom et pour lui rapporter les autres noms que l'ignorance et l'inattention lui ont fait donner ; il publiera incessamment de bonnes figures et une descrip- tion détaillée des divers états de cet insecte. — M. le docteur Boisduval aunonce qu'il vient de rece- voir pour la Socie'té des notes de M. Donzel, contenant la description de Lépidoptères nouveaux d'Alge'rie et du midi de la France. Lectures. M. H. Lucas lit une notice sur une nouvelle oxiv A^NALi:S espèce d'Epizïoque appartenant au genre des Uœmatopi- mis et qui vit parasite sur TAntilope des Indes, Aniilopc. cervicaprce^iAXas. M. H. Lucas possède un grand nombre de ces Aptères qui lui ont été donnés par IM. Rouzet et auxquels il a appliqué le nom di^ Hœmatopinus ccr^icapiw. M. L. Buquet donne lecture d'un mémoire de M. Mac- (juart, intitule : Nomelles ohseivations sur les Diptères d'Europe^ de la tribu des Tachinaires. Cette notice, faisant suite à un travail déjà publié dans les Annales, contient la description des genres Rhamphina, Rhynchosia, Chry- sotoma, Polidea, Plagia, Doria Trixa et Neniorœa. 3îembre reçu. M. Gauthier, de Nice, présenté par M. Lucien Buquet, au nom de M. Joanny Bruyat. — Commisaires-rapporteurs, MM. E. Desmarest et L. Fair- (Séance du 12 Août 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. Ouvrages offerts. Mémoires de la Société entomologi- que de Londres, tome IV-, parties seconde et troisième — 1 vol. in-S" avec pi. col. (en anglais). Londres 184^). Offert par la Société entomologique de Londres, en échange des Annales. CommufiicatiotiS. 11 est donné lecture d'une note do M. Glievrolat dans laquelle notre collègue fait connaître les principaux résultats d'une chasse entomologique qu'il vient de faire à Fontainebleau en comjîagnie de son beau- frère, M. Cosnard. Il lésulte de cette note que MM- Che- vrolat et Cosnard ont trouvé.: 1° dans le bois de hêtre, les larves de VOEgosouia scahricornc ; deV Isoi'hipis Lepai- gei et de la Dicerca fagi ; 2° dans le chêne, la larve dn DR LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxv Tercdus nitùlidusj el 3° clans le pin maritime, celle de VOEstinomus œdilis. — M. Chevrolat fait savoir à la Société qu M. Gaubil capitaine au 17" léger, vient de recevoir des hautes- Pyrénées, le mâle et la femelle de VElaphrus splendidus, espèce qui n'avait encore été prise qu'au Kamtschatka et en Ecosse, — M. Javais communique à la Société, au nom de M. Emile Mocquerys un nouvel individu du Geotrupes silvaticus présentant deux gihbosilés très marquées sur les élytres. Cet insecte a élé trouvé aux environs de Rouen de même que celui qui avait été montré à la société, dans la séance du 8 juillet. — M. Javais montre aussi, au nom de M. Emile Moc- querys, nn Carabus cyan eus, qui présente une patte supplé- mentaire qui vient s'attacher à Toriginc de la patte mé- diane gauche-, de sorte que ce coléoptère offre quatre pattes du côté gauche. — M. Javais annonce qu il vient de trouver en Ecosse le Notiophiliis quadripunc.tatus , insecte fort rare, qui avait été pris précédemment aux environs de Paris par M. Frontin. — M. L. Buquet fait passer sous les yeux delà Société une boîte contenant plusieurs coléoptères nouveaux très remarquables : M. Baquet se propose de faire figurer ces insectes et il compte en donner la description à la Société, les noms qui leur sont assignés sont les suivants : Lariuus bomhycinus (d'Algérie), Cetonia (Anochilia) per- forata et Nycieropus preciosus (de Madagascar), et Meto- pocœlus maculicollis (du Brésil). — M. Guérin-Méneville lit une note sur les métamor- phoses des Donacia. Il donne une idée du peu que l'on T.xxvi ANNALES savait sur ce sujet, en citant ce (ju'en a dit brièvement Linné, et tout récemment notre confrère M. Laconlairei et il rdsulte de ces renseignements que Ton savait vague- ment que les Donacies vivaient sous Teau dans leurs pre- miers t^tats et que leurs larves se construisaient une coque. M. Guérin-Méneville ayant arraché , le 22 juille' dernier , quelques pieds de Sparganlmn ramosum dans un étang de Bellevuc , trouva, à Talsselle des grandes feuilles imbriquées de celte plante , à l'endroit où ces feuilles sont subinerg(^es, sept à huit larves blanchâtres, un peu allongées, munies de six pattes et remarquables par deux crochets cornés situés à leur dernier segment abdominal. 11 dessina une de ces larves avec soin , la garda dans l'alcool et laissa les autres dans la plante. Le 27 juillet , ayant ouvert les feuilles du Sparganium qu'il avait conservé dans un bocal à moitié plein d'eau, il retrouva ses larves bien vivantes, à l'exception d'une îenle qui avait quiiié cette partie de la plante , s'était glissée entre ses racines pour y construire une coque ovalaire , brune et demi-transparente, de consistance de parchemin. Ayant ouvert cette coque , il y trouva une chrysalide bien formée , offrant d'une manière bien évidente toutes les parties d'une Donacie. Il aurait obtenu certainement l'insecte parfait, mais un accident fit périr toutes ses larves , qu'il dut conserver dans l'alcool. Voulant obtenir l'insecte parfait, M. Guérin-Méneville se rendit, le 1" août, au même étang, rapporta un grand nombie de pieds de Sparganium dans lesquels d y avait des larves et des coques de Dona- cies, et les plaça dans des conditions meilleures pour les élever. Il a reconnu que ces larves appartiennent à une autre espèce, car elles offrent des caractères différents dans les crochets postérieurs de 1 ab- domen. Plusieurs coques ayant été ouvertes, les unes contenaient une chrysalide bien formée et quelques autres des larves semblables à celles qu'on trouvait à l'aisselle des feuilles, et qui n'avaient pas eu le temps de se transformer. Après avoir étudié et dessiné ces larves, leurs coques, les chry- salides, etc. , M. Guérin Méneville, voulant placer ces travaux prépa- ratoires dans une enveloppe destinée à recevoir tous les matériaux qu'il possède sur les Donacies, ne fut pas peu surpris de retrouver parmi ces documents un dessin qu'il avait fuit, il y a vingt ans, d'une DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxvu larve unique qui lui avait été remise comme ayant été trouvée dans les racines d'un jonc et qu'il soupçonnait appartenir à une Donacie. Ce dessin est en tout semblable à ceux qu'il vient de faire d'après les nouveaux individus qu'il a observés cette année. M. Lacordaire dit qu'il pense que M. Mulsant a publié la description des larves des Donacies, parce que ce sa- vant lui a écrit, quelque temps après l'apparition de son travail sur les Donacies , qu il avait observé les métamor- phoses de ce genre. M. Guérin-Méneville se propose de faire des recher- ches dans les mémoires de la Sociéléd 'Agriculture et des sciences naturelles de Lyon pour voir si M. Mulsant a publié ses observations à ce sujet. — M. Guérin-Méneville lit un mémoire qu'il a pré- senté à rAcadémie des sciences le 10 août dernier et qui a pour titre : Ohscivations sur les mœurs et lanatomie des Scohjtes des Ormes et spécialement sur le Scolytes dcstruclor. Les faits dont Fauteur n'avait pas encore entretenu la Société sont les suivants : M. Guérin-Méneville a fait l'anatomie du Scolytes destructor, et il a observé que son appareil de la génération offre des particularités .singulières qui doivent faire penser que l'accouplement se fait d'une manière différente de celui de la majorité des Coléoptères, En effet , les mâles de Scolytes n'ont pas, de chaque côté du pénis, ces pinces compliquées , cette armure copulairice que l'on trouve dans presque tous les Coléoptères; on n'y trouve qu'un pénis simple, droit , mu par des muscles et des tiges cornées , et la femelle n'offre pour l'orifice de la matrice, qu'une simple ouverture arrondie. Contrairement à ce que Ton croyait jusqu'ici , que les Scolytes vont s'accoupler sur les feuilles , au sommet des arbres , M. Guérin-Méneville et M. E. Robert ont pu constater que ces insectes ont un tout autre mode de rappro- chement. Le 1" août dernier, après être restés quatre ou cinq heures au soleil pour suivre les travrtux (ies Scolytes, MM. Guérin-Méneville et E. Robert virein plusieurs individus courant avec rapidité sur les écorces des arbres attaqués , et tous étaient des mâles. Un de ces indi- vidus si agiles s'étantinlrotiuitdans un trou creusé par une femelle, on 2'^ Série j tome iv. Bulletin vu. Lxxviii , ANNALES le vil bientôt en sortir, la partie postérieure d'une femelle se montra à l'entrée de la galerie et raccouplemont eut lieu plusieurs fois de la même manière. Le Scolytes qui cherche à féconder une femelle va la chercher au fond de sa galerie , qui n'a que huit à dix milli- mètres de profondeur; il la caresse avec ses pattes antérieures , ou l'accroche avec ses tarses , la contraint à sortir à reculons ou l'en- gage à se prêter à ses désirs. Dès que l'extrémité de l'abdomen de la femelle se montre à l'entrée du trou , on voit le mâle se retourner brusquement , approcher à reculons son abdomen de celui de la femelle, et être saisi d'un tremblement ou d'un frémissement universel, JMM. Guérin-Méneville et E. Robert ont vu celte manœuvre se répéter usqu'à six fois. Parmi les parasites du Scolytes on doit surtout citer le Bracon initiator, Fabr., car, sur cent galeries de Scolytes, M. Guérin-Méne- ville en a vu au moins une soixantaine occupées par les cocons de cet Ichneumonide. — M. Guërin-Méneville donne communication d'un travail qu il a récemment présenté à l'Académie des scien- ces : Sur les insectes nuisibles à V Olivier, particulièrement sur le Dacus oleœ et les moyens propres à détruire ces insectes. En terminant cette lecture , M. Guérin-Méneville an- nonce qu'il vient de recevoir de la Société royale et cen- trale d'Agriculture de Paris, la mission d'aller dans le midi de la France étudier les insectes nuisibles à l'Olivier et rechercher les moyens propres à les détruire. — Sur la proposition de M. Reiche , la Société charge son bureau d'écrire à la Société royale et centrale d'Agri- culture de Paris pour lui témoigner tout l'inlérét qu'elle prend à la décision par laquelle elle vient de déléguer M. Guérin-Méneville , à l'effet d'aller étudier les ravages des insectes qui attaquent les Oliviers et rechercher les* moyens de les combattre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxix (Séance du 2G Août 1846). Présidence de M. REICHE, Vice-président. Oiwrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome XXIII (2^ semestre de 1846), n° 3 à 7 -, offert par ITnstitut de France en échange des Annales. Correspondance. M. Guérin-Méueville écrit qu il part pour deux mois pour aller dans le midi de la France étudier les insectes nuisibles à TOlivier , et qu'il vient d'obtenir du ministre de la guerre un passage pour l'Algérie sur les bâtiments de l'Etat et qu'il se pro- pose d'y aller étudier les belles cultures de Cochenilles, dirigées par M. Hardy, chef de la Pépinière centrale. Communications. 11 est donné lecture de la note sui- vante, de M. Guérin-Méneville. relative aux métamor- phoses des Donacies : Vous vous rappelez sans douie, Messieurs, que notre lionorable confrère M. Lacordaire nous a dit que M. Mulsant avait découvert la larve des Donacies. J'ai fait des reciierclies dans les bibliothèques pour voir si M. Mulsant avait publié ses observations, mais je n'ai rien trouvé dans les mémoires de la Sociétéd'Agriculture)et des sciences naturelles de Lyon, le seul recueil dans lequel M. Mulsant ait publié ses travaux. Comme ou n'a reçu , au Muséum et à l'Institut, que l'année ISZii de ce beau recueil, je suppose que ISUb est encore sous presse ei que, peut-èire, le travail du savant entomologiste de Lyon en fait partie; mais je n'en ai pas la certitude. Depuis notre dernière séance, j'ai obtenu une Donacie à l'état par- fait, des coques conservâmes chez moi dans les racines du Sparga- nium ramosum. C'est la Donacia lemnce des auteurs, la plus commune de celles que l'on rencontre dans les étangs de Meudon et de Bellevue. Mon individu ot écios le 13 août, il a été trouvé coui- rant près du bocd dans lequel j'ai placé les pieds de Sparganiuta que je conserve sur la cheminée de mon cabinet. L>cxx ANNALES — M. H. Lucas, en faisant passer sous les yeux de la Société une boîte contenant (juelques Vers à soie, com- munique la note suivante : Ayant fait cette année une éducaiion de Vers h soie au laboratoire d'entomologie, j'ai été à même d'observer uu fait assez curieux, qui je crois, n'a pas encore été signalé. Toutes les personnes qui se livrent à l'éducation de ce JBo7?z^ja; n'ignorent pas sans doute que les œufs que l'on obiieiit dans une année n'éclosent ensuite que Tannée suivante, du moins c'est le cas le plus général. Sur une qua- rantaine de Vers à soie que j'ai élevés pendant le printemps et l'été do cette année, j'ai ob'.enu environ une trentaine d'individus qui m'ont pondu des œufs en assez grand nombre; pensant que là devait s'arrêter cette éducaiion^ je plaçai les œufs obtenus dans un lieu sûr et !i'y pensai plus. Cependant, les chaleurs de celle année ayant été excessives , je déplaçai la boîte qui conienait les œufs pour la meure dans un lieu plus frais ; le hasard ensuite (il que je l'ouvris, et quelle fut ma surprise de voir une trentaine d'œufs éclos et les jeunes chenilles errer çà et In. Espérant que les autres œufs allaient aussi éclore, je le visitais pendant plus de vingt jours, mais je ne remarquai pas d'autres éclosions. A quoi attribuer celte précocité? Est-ce à la température? Cependant les autres œufs, placés dans les mêmes con- ditions, auraient dû aussi subir celte inlluence? Désirant savoir si les cocons que- feront ces chenilles passeront l'hiver ou bien s'ils écloront plu -tôt el si les individus parfaits ne pondront pas des œufs, je vais faire tout mon possible pour les élever, afin de m'assurcr dans quelle condition celte nouvelle génération passera la mauvaise saison. Le faitque je coiumunique à la Société n'est peut-être pas nouveau, cependant je ferai remarquer qu'il n'a pas encore été observé d'é- closions biannuelles provenant de Vers à soie ne donnant qu'une seule fois l'an. Si je puis parvenir à élever les quelques Vers à soie que je fais passer sous les yeux de la Société, j<' seiais curieux de savoir si ceue génération sera biannuelle, ou bien si elle ne produira qu'une fois seulement Tannée suivante. D'après M. Boisduval (séance du 9 septeinhie 1846), les Vers à soie produiraient quelquefois deux ge'nérations dans la même année, et les œufs de la seconde ponte, connus sous le nom de mauvaise graine, produits vers le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxxi mois de juillet, donneraient des papillons dont la soie serait mauvaise. — M. Robineau-Desvoidy lit la noie suivante sur la vie d'une Muscine et d'une Délie dans le vinaigre de Colchique : Un poêle a dit : Le vrai peut quelquefois n'être pas vraiseiii- bLable. J'ai uii fail qui vient en aide à celle ass rfioii, et qui, dans l'éiat aciiiel de la science physiolosique, peut paraître tout à-fait In- digne de notre croyance. Par bonheur j'en possède les preuves dans ma collection. M. Roche, médecin à Toucy, et mon parent, reçut d'un pharma- cien des bulbes de Colchique ( C'o/c/acmn autumnaie) qu'il mit infuser dans un bocal de vinaigre rouge, afin de se procurer du vinaigre de Coichique. I! laissa celte préparation sans s'en occuper. L'année suivante, ayant besoin de recourir à ce remède, il ouvrit son bocal, qu'il trouva presqu'eniièrement vide, par suite de l'évaporaiion de la majeure partie du liquide qu'on avait négligé d'entretenir. Il ne restait plus de vinaigre qu'au fond du bocal, tandis que les bul- bes de la partie supérieure se trouvaient h nues et desséché. Ce récit n'a encore rien que de simple et d'ordinaire. M. Roche voulut vider son bocal, et, avant cette opération, il jeta un coup-d'œil sur le contenu. Ce ne fut pas sans surprise qu'il crut reconnaître des corps d'insectes étendus au-dessus des bulbes de Colchiqie. Sa curiosité ainsi éveillée, il apporta de l'attention dans la besogne qu'il se disposait à faire. Il parvint à recueillir une dou- zaine de petites mouches, qu'il conserva avec soin, et qu'il ne tarda point de m'envoycr. Ces petites mouches portaient et portent toujours l'inellaçable em- preinte du domicile où elles étaient mortes. Elles sont imprégnées, soit au dedans, soit au d(!hors, d'un liquide épaissi qui a rouillé toutes leurs parties, et les a si pleinement empreintes d'une teinte brun-rou- geâire et homogène, qu'il est impossible de reconnaître le moindre vestige de leur coloration primitive. Sur douze de ces petites mouches, il me fut aisé de constater à leur chête villeux, ainsi qu'à leur épistôme carré et sans saillie, onze indi- vidus appartenant tous à une espèce de mon genre Délie, tribu des Anlhomydes, dont les larves vivent aux dépens du règne végétal. Mais j'échouai dans mes tentatives pour la détermination de l'espèce. La douzième mouche, beaucoup plus grosse que les autres, fut reconnue pour une Muscine, dont pareillement je ne pus déterminer l'espèce; mais je signalai sur eile les caractères alaires que j'avais noté dans la description du Musclna fungioora, n" 6, ainsi nommée parce que je l'avais obtenue d'une larve qui vit dans les Champignons en déliquescence. Lxxxu ANNALES Nous avons donc la certitude de deux espèces de Myodaires qui \ vivent ou peuvent vivre dans les bulbes du Colcliicum autumnale. -- De ces deux espèces, l'une appartient à la grande tribu des Muscides, et l'autre à celle plus nombreuse encore des Anihomydes. Les mœurs de leurs larves n'apprennent rien de nouveau ; car, dans mon ouvrage , les mêmes mœurs sont attribuées à ces deux tribus. Ce fait n'est qu'une confirmation de ce qu'on pouvait aisément prévoir. Mais l'important, le nouveau de cette observation, c'est la confw- raation de la vie entomologique dans une infusion de vinaigre ; c'e.st la réalité de la dernière métamorphose ; c'est la possibi'ité à ces mouches d'avoir existé dans ce liquide, d'y avoir respiré , de s'en être imprégnées, et d'en être sortie vivantes, puisqu'on les a trou- vées à la superficie du médicament ; puisque la fermeture du bocal paraît avoir été la seule cause de leur détention et de leur mort en ce lieu. Ces mouches étaient-elles à l'état de larves lorsqu'on mit infuser les bulbes de Colchique dans lesquelles elles se trouvaient? Elles au- raient alors continué à vivre dans le vinaigre. Je ne puis rien avancer à ce sujet. Elles n'étaient sans doute qu'à l'état de nymphes. Le fait n'en reste pas moins surprenant, et il dépasse les bornes de mon faible savoir. Recueillir ce fait et reconnaître que nous ignorons encore un grand nombre de notions sur les diverses conditions de la viabilité, me semble dans la circonstance actuelle le parti à la fois le plus sage et le plus rationnel. — M. Pierret met sous les yeux de la Société un Carabe remarquable par la singularité de ses deux élytres. L'élytre droite, beaucoup plus allongée que la gauche, présente tous les caractères du Carahus cancellatus. \Sé- lytre gauche au contraire, beaucoup plus courte et arron- die vers Textrémité postérieure, rapproche visiblement ce Carabe du C .punciato auratus . Cet insecte tout-à-fait anor- mal, et peut être hybride, a été pris par le père de notre collègue, le 27 juillet de cette année, en Aragon, au bord des petits lacs situés entre la crête des Pyrénées et les bains de Penticosa (1). (1) La Société, par l'organe de son président, M. Reiche, engage M. Pierret à décrire et à faire dessiner pour être publié dans les Annales le singulier Carabe que notre collègue vient de lui com- muniquer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxxui Dans la même localité , M. Pierret père trouva en abondance les Carahus cajicellatus , catenulatus et hor- tensis , qui tous trois présentaient quelques le'gères différences avec ceux de nos contrées. Le beau Carahus splendens se rencontre aussi assez fréquemment dans ces hautes régions-, c'est donc une erreur de croire comme on Ta fait jusqu'à présent, que ce Carabe n'habite quà une hauteur moyenne-, en eff"et , il devient plus com- mun en Espagne , à mesure qu'on s'approche du sommet des versants aragonais -, mais la couleur des ély- tres devient plus ardente, et presque toute rouge; etlors- qu'on descend vers les bains de Penticosa , sur le revers français, que son exposition au nord rend beaucoup plus froid , il n'est pas rare de rencontrer le splendens , même dans le voisinage des neiges permanentes -, c'est ainsi que M. Pierret père en recueillit plusieurs , au-dessus même des cabanes des pâtres , presque au sommet de la vallée du Marcadau. — M. Pierret père a retrouvé aussi dans la même loca- lité, la belle et rare Zygœna Containinei qui n'avait pas été reprise depuis la découverte qui en fut faite, il y a une douzaine d'années, aux environs de Barèges par notre ancien collège feu M. le major Contamine. M. Pierret père a observé que cette Zygène était pres- que toujours posée sur les fleurs des Scabieuses ou sur de petites Graminées, aux environs des touffes de V Eryngium bomgatl (Gouan) , plante sur laquelle la chenille de la Z. Contaminei semble vivre exclusivement. Lectures. M. le docteur Robineau-Desvoidy lit une notice intitulée : Coup d'œil restrospectif sur (juelcjues points de V Entomologie actuelle et principalement de la Diptéorlogie. — Sur la demande de l'auteur la Société Lxxxiv ANNALES décide que cette note sera insérée dans le 3* numéro des Annales pour 1846. — M. Robineau-Desvoidy donne lecture de nouveaux mémoires sur les JTijoamres des environs de Paris : fa- mille des Bombonnjdcs, tribu des HéreUces et des Braclnj- mérées- — M. H. Lucas lit une note contenant la description d'une nouvelle espèce d' ffœniatopùms (H. hicolor), trouvé sur un chien de la Louisiane , et devant faire suite à un travail présenté dans la dernière séance. (Séance du 19 Septembre 1846.) Présidence de M. REICHE, Vice-présideni. Ouvrages offerts. Mémoires d'Agriculture, d'Economie rurale et domestique, publiés par la Société royale et centrale d'Agriculture de Paris, année 1846. 1"" partie, 1 vol. in-8°. Paris 1846. — Bulletin des séances de la Société royale et centrale d'Agriculture-, compte-rendu rédigé par M. Payen, secrétaire perpétuel. 1^ série, tome 2", n"' 1 et 2. Avril et juillet 1846, br. in-8". — Offert par la Société royale et centrale d'Agriculture. La Société entomologique décide , sur la proposition de M. Reiche, qu'elle offrira à la Société d'Agriculture ses Annales en échange de ses mémoires. — Eléments des sciences naturelles, par M. Constant Duméril. ^o" édition. — 2 gr. vol. in-8"avecpl. Paris 1846. Offert par M. E. Desmarest au nom de fauteur. Correspondance. M. le secrétaire lit lettre suivante qui lui a été adressée par M. G. Duméril , membre honoraire. Monsieur et honoré confrère , J'ai reçu avec le dernier cahier des Annales de La Société ento- mologique, que vous avez bien voulu m'adresser , la demande renou- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. lxxxv vellée d'une notice sur M. Duponcliel que je m'étais engagée à vous remettre. Des circonstances particulières, qui n'existent plus, me pernieiient aujourd'hui de m'en occuper activement et j'espère vous la traiismettre bientôt. Vous avez bien voulu me témoigner au nom de la Société le désir de recevoir pour sa biblioièque , un exemplaire de la dernière édition de mes Éléments des Sciences naturelles ;]Q me fais un plaisir de vous le faire remettre. C'csi un bien faible hommage que je suis heu- reux d'ollVir à la Société Enlomolofriqiie. Je regrette de ne pas prendre une part plus active à ses travaux. Je n'ai pu cultiver, comme je l'aurais préféré j cette branche de la Zoologie qui a fait de si grands progrès depuis l'époque où je m'étais chargé de rédiger tous les arti- cles d'Entomologie dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. J'y ai déposé alors tout ce que j'avais appris sur les mœurs et sur la siructure de la classe des Insectes, qui avait été l'objet préféré de mes éludes. Maintenant j'ai beaucoup à apprendre ; c'est ce qui fait que je continue de porter un grand intérêt aux travaux dont votre Société s'occupe avec tant de zèle et de succès. Veuillez recevoir, mon cher confrère, l'assurance du sincère dévoû- menl du professeur. C. Duméril. Communications . M. E. Desmarest annonce que M. L. Fairmaire vient de lui faire savoir que la société' a perdu Tun de ses membres, M. Berton de Troyes , qui avait ete récemment admis parmi nous. — A Toccasion du procès-verbal et relativement à une communication faite par M. Pierret sur un Carahus re- marquable par la singularité monstrueuse de ses élytres, M. le Docteur Boisduval présente cpelques observations; il dit que dans le Carabe de M, Pierret il n'y a pas hy- briilisme, ainsi qu'on pourrait le croire au premier aspect, mais simplement monstruosité , Tune des élytres s'est développée notablement, tandis c^ue Pautre, gênée dans son développement, a été légèrement déformée. M. Pierret, à celte occasion, montre à la Société le dessin {^F oyez planche 9, n° VI) qui a été fait par M. Dela- rue, de son Carabe monstrueux, et M. Reiche demande à présenter, dans la procbaine séance, une note à la So- ciété sur le même coléoptère. Lxxxvi ANNALES — M. Pierret annonce à la Sociét(i que le Sphinx con- voWuli, espèce d'ordinaire assez rare dans les environs de Paris, vient de s'y montrer cette anne'e, en si grande abondance, quon Ta pris par centaines, dans plusieurs jardins de la capitale et de la banlieue, au moment où il venait butiner sur les fleurs, aux approches du cre'puscule. Mais une capture beaucoup plus inte'ressante pour les Lépidoptères ,|ça etë celle à\x Deilephila ce/er/o^ que son extrême rareté dans les parties septentrionales de la France, a fait surnommer le Phénix par Engramelle. Plusieurs individus de ce magnifique Sphinx, dont TA- trique est la véritable patrie , viennent d'être pris cette an née j dans le rayon de la faune parisienne. Parmi les amateurs de Lépidoptères qui ont eu l'occasion d'observer le cclcrio , M. Pierret cite M. Odier, conseillera la Cour des comptes, qui en prit quatre individus dans la même soirée, au mois d'août dernier, dans le jardin attenant à la maison de campagne qu'il habite à Bellevue. M. Pier- ret termine cette communication en disant que la présence tout-à-fait insolite de ces Sphinx doit être attribuée aux chaleurs excessives qui n'ont pas cessé de régner dans nos contrées depuis le commencement de la belle saison. — M. Bellier de la Chavignerie présente à la Société une espèce d'Aranéides assez singulière qu'il a trouvée dans la forêt Noire. M. n. Lucas sera prié de donnerle nom de cet ap- tère. Lectures. M. le Docteur Boisduval dépose sur le bureau un mémoire de M. Donzel , de Lyon, contenant la des- cription de Lépidoptères nouveaux et accompagné de figures coloriées. Les espèces décrites dans ce travail ont reçu les noms de : Agrotis hastifera (de Digne) : Ortho- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxxv.i sia amicta (d'Hyères) -, Caradrina lacimosa (de Marseille) et Zoritis zohra (d'Alge'rie). (Séance du 23 Septembre 1846.) Présidence de M. REICHE , Vice-Président. En Tabsence de MM. E. Desmarest et A. Pierret, M. Bellier de la Chavignerie remplit les fonctions de secrétaire. Oiwrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de Flnstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. Tome XXIII (2" se- mestre de 1846), n"^ 8 à 11.— br. in-4''. Offert par rinstitut de France en échange des Annales. — The Zoology the voyage af h. m. n. Erebas et Terror, etc. Insets of new Zealand by Adam White. — br. in-4° avec pi. : offert par M. E. Blanchard, au nom de Tauteur. Correspondance. . Il est donné lecture d'une lettre de M. E, Desmarest, secrétaire, priant le Société de Tex- cuser de ce qu'il ne peut assister à la séance de ce soir, et annonçant en même temps Tabsence de Paris du secré- taire-adjoint , M. A. Pierret. Communications. M. Reiche donne lecture de la note suivante , relative au Carabe monstrueux de M. Pierret, qu'il rapporte au Carahus cancellatus , Illiger. Cette variété diffère du type qui habite le nord de la France par son corselet plus large , moins rugueux et l'impression transversale postérieure beaucoup moins marquée; réchancrure postérieure de i'élytre est plus marquée. La monstruosité consisie en un racourcis- sement de I'élytre gauche dont les côtes paires sont presque entières et qui présente par conséquent cinq côtes élevées sur son disque ; l'apparence de cette élytre rappelé un peu celle du Carabus punc- tato-auratus dont I'élytre n'a néanmoins que trois côtes élevées. Cet insecte a été trouvé dans les Pyrénées par M. Pierret père. [Voyez pi. %, n" VI.) Lxxviii ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. — M. H. Lucas communique à la Socidte un cocon de Saturnin pyri, remarquable par sa forme qui est tout-à- fait anormale. On sait que les cocons formés par la che- nille du Salurnia pyri qui est une des plus belles de notre pays, sont oblongs avec la partie a nte'rieure assez fortement acuminée ; le cocon que notre collègue communique, présente aussi cette forme, mais bien avant sa partie an- térieure, il offre un coude très prononcé de manière à former à peu près dans son milieu un angle assez sensible. M. H. Lucas pense que cette anomalie est due au lieu j)îus ou moins étroit dans lequel cetle chenille s'est pla- cée pour tisser son cocon; c'est au Jardin des Plantes, entre de grosses pierres, que ce cocon curieux par sa for- me a été rencontré par notre collègue. — M. H. Lucas annonce que TA-ranéide rapporté par M. Bellier de la Chavigneric , de la Foret-Noire, est W^rgyope (EpeiraJ fasciata Walckenaër , espèce que Ton rencontre quelquefois à Fontainebleau, mais qui se tient plus ordinairement dans Touest et le midi de la France. Rapport. Il est donné lecture d'un rapport de la Com- mission de publication, donnant la liste des mémoires qui doivent entrer dans le troisième trimestre des An- na'es, pour Tannée 184G. — La Société adopte la com- position de ce numéro telle qu'elle est proposée par la Commission de publication. Lecture. On lit une notice de M. le marquis de la Ferté- Séneclère , intitulée : Description de cjuel(jues Carabes nouveaux de l'Espagne et du Portugcd. {Carahus gundar- ranmsj Ghilianij brewis et EgesippiiJ. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE ANKÉE IS4:E FRAIVCE. (Séance du l4 Octobre 1846.) Présidence de M. REICHE, Vice-président. M. Ghïodte assiste à la séance. En Tabsence de M. E. Desmarest, retenu chez lui par une légère indisposition, M. A-. Pierret remplit les fonc- tions de secrétaire. Ouvrages offerts. Bulletin des séances de la Société royale et centrale d'agriculture de Paris. Compte-rendu mensuel, rédigé par M. Payen. 2" série, tome II, n" 9 (juillet et août 1846) — Comptes-rendus de la même So- ciété, du 20 mars 1845 au 18 avril 1846, par M. Payen. — EchalasPaissaux et lattes (Médoc), par M. André Mi- chaux. — 1 vol. in-S" et br. in-8°. Offert par la Société royale et centrale d'agriculture de Paris. — Annales des sciences physiques et naturelles, d'a- griculture et d'industrie, publiées par la Société royale d'agriculture de Lyon. Tome VIII, année 1845. — 1 vol. gr. in'8°, échangé par la Société d'agriculture de Lyon contre nos Annales. 2*= Sériej, tome iv. Bulletin vue. ^^B^^ \ te ANNALES — Abhamllungen dcr Koniglichen Akademie tiei Wissenschaften zu Berlin 1844. — Bericht iiber die zur Bekanntmachung geeigneten Verhandlungen der Konigl. Preuss Akademie der Wissenschaften zu Berlin : de juillet 1845 à juin 1846. — 1 vol. in-4°. Offert par TAcadéraie royale des sciences de Berlin. — Praktischç Anleitung zur Erhaltung der Farben und Beliandlung der Insekten auf Reisen von Koleoati. — br. in-8% Saint-Pétersbourg. Offert par Fauteur. — Meletemata entomologica, auctore D"^ Fred. A. Ko- lenati, Fasc. 1 à V — br. in-8°. Offert par Tauteur. — Note pour servir àTliistoirede VAkis punctata^ par M. Mulsant. — br. in-8", Lyon, 1846. Offert par Tauteur. ^ Description de quelques Coléoptères nouveaux ou peu connus , par M. Perroud, — br. in-8°. Lyon , 1846, offert par Fauteur. Correspondance. Le secrétaire-adjoint donne lecture d'une lettre de M. Paul de Saint-Martin, qui prie la So- ciété de vouloir bien agréer sa démission de membre, at- tendu que ses occupations ne lui permettent plus d'assis- ter aux séances et de concourir aux travaux de la Société. — Cette démission est acceptée. Communications. M. Pierret appelle Tattention de la Société sur Tinfluence que la nature du sol dans les mon- tagnes exerce en général sur les Lépidoptères, et en par- ticulier sur les espèces du genre Erebia. C'est une règle dont M. Pierret vient de constater plusieurs exemples dans un voyage qu'il a fait dernièrement en Auvergne. Ayant eu le loisir de visiter les collections de Lépidoptères que possèdent deux amateurs de ce pays, qui tous deux habitent Clermont-Ferrand, et dont l'un est M. Bayle, jeune entomophile plein d'ardeur, l'autre M. Lecoq , géologue et botaniste bien connu des naturalistes , DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xn M. Pienel a exauiiiié de préférence, dans leurs boîtes, les individus appartenant au genre Erebia, et qui tous ont été pris sur le sommet des pics qui dominent la Limagne. Presque toutes ces Erebia ^ ont les aîiesbeaucoupplus rembrunies que les mêmes espèces qui habitent les Alpes et les Pyrénées. Le ligea, Vearyale, et le pyrrha^ se dis- tinguent surtout par la couleur sombre que présente leur faciès. Le type même du pyrrha semble disparaître pour faire place à la va- riété cœcilia , qui est toute noire, sans aucune trace de la bande fauve, qu'on remarque ordinairement chez toutes les Erebia. M. Pierret a constaté de semblables analogies dans plusieurs Phaléni- tes qui avaient été recueillies aux environs de Clermont parles mêmes entomologistes. 11 cite entr'autres les Eubolia palambaria et bipunc- tata, dont les ailes s'assombrissent d'une façon remarquable. H semblerait qu'il existe une sorte d'assimilation entre le sol calciné de l'Auvergne et les productions enlomologiques de ce pays. — M. Pierret annonce à la Socie'té, que \e Sphinx ceîe- ri'o a été pris en grand nombre, cette anne'e, dans plu- sieurs jardins de Glermont-Ferrant, par MM. Eynard et Lecoq. — M. L. Buquet, met sous les yeux de la Société, un Carahus splcndens, dont les antennes, à partir du qua- trième article, sont renflées d'une manière extraordinaire. Indépendamment de cette monstruosité, ce Carabe se dis- tingue encore par la couleur de ses élylrcs, qui est d'un rouge métallique très ardent. Notice collègue se réserve de donner une notice plus détaillée sur ce Carahus splen- dejis, qui a été pris par M. PiCTret père, dans les Pyré- nées espagnoles, au-dessus des bains de Penticosa. — Le même membre fait suivre cette communication de celle d'un Calosoma indagator, dont les cuisses sont de moitié moins longues que chez les individus à Tétat nor- mal, et dont les jambes antérieures sont contournées d'une façon tout à fait singulière. — M. Doué signale un fait de longévité remarquable dans une petite Cassida qu'il a reçue vivante, dans une xGii ANNALES caisse de raisin venant de Monlauban (Tarn-et-Garonne), et qui vit encore en ce moment. — Le même membre présente à la Société une boite contenant une centaine d'espèces de Coléoptères, rappor- tés tout récemment de l'Australie et de la Nouvelle-Zé- lande, par Tun de ses neveux, M. Théodore Boulay et comprenant plusieurs espèces nouvelles. (Séance du 28 Octobre 1846.) Présidence de M. REICHE, Vice-président. M. Pierret donne lecture du procès- verbal de la der- nière séance-, M. E. Desmarest reprend ensuite les fonc- tions de secrétaire. Ouvrages offerts. Annales de la Société entomologique de France. ^^ série, tome IV, deuxième trimestre de 1846. — 1 vol. in-8° avec pi. col. (deux exemplaires). — Comptes-rendus hebdomadaires des séances de TAcadémie des sciences de ITnstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels. 2" semestre de 1846, (tome XXIII), n- 12 à 16.— br. in-4«. Offert par l'Ins- titut de France. — Description d'un Coléoptère fossile, le Carabus Agas- sizi, par M. Barthélémy, de Marseille. — br. in-8° avec pi. Offert par M. Hardouin Michelin. Communications. M. Doiié montre à la Société trois chenilles qui lui ont été envoyées de la Nouvelle- Zélande, par son neveu, M. Théodore Boulay et qui pré- sentent des particularités remarquables. Ces chenilles ont été enterrées, et elles offrent sur presque toutes les DE L V SOCIÉTÉ EIN TOMOLOGIQUE. lcui parties de leur corps des végétations bien marquées et produites par une maladie de la chenille. Une végétation blanchâtre, longue de près de six pouces, se voit princi.;^ paiement à Tune des extrémités de la chenille. Ce fait, quoique déjà signalé dans les TransactioJis de la Société entOT7iologic/ne de Londres et même dans d'autres ouvra- ges, semble assez curieux à notre collègue, pour être si- gnalé à la Société. M. le docteur Boisduval (séance du 11 novembre 1846) dit que la longue végétation qu'on remarque sur les che- nilles que M. Uoùé a fait passer sous les yeux de la Socié- té, ainsi que sur d'autres observées par lui, part de la tête de l'animal. C'est à tort que l'on pourrait croire, selon lui, que cette excroissance végétale prend naissance à la partie postérieure du corps, à l'endroit où se trouve la corne chez un grand nombre de chenilles de Lépidoptères nocturnes. — Il est donné communication de la note suivante de M. LéonDufour, intitulée : Un motsurlaSioxRAmNVTA, Fabr. Celte très petite Hydrocorise est encore une de ces espèces sur les- quelles les savants de notre époque, même ceux qui s'occupent plus spécialement des Hémiptères, comme MM. de Castelnau, Spinola, Serville et Amyot, etc. , ne paraissent pas avoir des idées bien arrê- tées. Elle n'est pas rare aux environs de Paris ; c'est dans la collec- tion de Bosc qu'elle fut décrite comme nouvelle par Fabricius et des- sinée par Coquebert. Elle fourmille sur les eaux des anses de l'Adour près Saint-Sever (Landes). Par son écusson à découvert, elle s'éloigne génériquement de la Corixa SclieUembergii , dont AI. Spinola était tenté de la rappro- cher, et elle appariient au genre Slgara de Leach. C'est à la SLgara minuta Fabr. qu'il faut rapporter la Notonecta mlnutissima de Linné qui la dit avec raison depressa; tandis que la Notonecta minu- îissima de Fabricius attribuée à tort par celui-ci à la minutissima de xciY A.JNNALES Linné, et colloquée récemment dans le genre Plea ou Ploa, est convexe, cambrée, deux fois plus 'grande que la Sigara minuta et nage sur le dos comme les autres Notoneciides, au lieu que la mi- nuta se tient dans l'attitude ordinaire pour nager entre deux eaux. — M. Bellier de la Cliavignerie fait passer sous les yeux de la Socidtë un Anihocharis helemia mâle, d'une grande fraîcheur. Le joli Diurne qui habite ordinairement les parties les plus me'ridionales de TEurope, TEspagne, le Portugal, et quon reçoit aussi des côtes d'Afrique, a éié envoyé à notre collègue, par M. le comte de Guernisac, qui Ta pris au commencement de juin, à Morlaix, dans la Basse-Bretagne. L'apparition de cette Piëride en Bre- tagne , est un fait qui est digne de fixer Tattention des en- tomologistes et qui ne manque pas d'intérêt au point de vue de la faune entomologique. — Le même membre ajoute que le Sphinx con- volvuli, qui s'est montre' cette année en si grande abondance aux environs de la capitale, n'a pas été moins commun en Bretagne, où cependant ce Sphinx se rencontre d'ordi- naire assez rarement. — M. Dupont montre à la Société un nouveau cas de difformité très remarquable. Notre collègue fait passer sous les yeux des membres un Scarabœus chez lequel le corselet est tout à fait perforé. Lectures. Dissertation sur le Nematus De Geeri, par M. Léon Dufour. — Suite du catalogue des Ichneumdnides des environs d'Aix, par M. Boyer de Fonscolombe. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xcv (Séance du 11 Novembre 1846.) Présidence de M. REICHE , Vice-président. MM. Audinet-Serville, membre honoraire, et le colonel Goureau, assistent à la séance. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de T Académie des sciences de Tlnstitut de France par MM. les secrétaires perpétuels. 2" semestre de 1846, (Tome XXIII), n"' l?"^ et 18% — br. in-4°. Ofîert par rinstitut de France. Correspondance. Il est donné lecture de la letti-e sui- vante de M. C. Duméril, adressée au président. Monsieur et honoré confrère, J'ai l'iionneur de vous adresser la notice manuscrite sur la vie et les ouvrages de Duponchel, que j'ai été chargé de rédiger comme son ancien ami et son camarade d'étude en histoire naturelle. Veuil- lez en faire hommage en mon nom à la Société qui me l'a fait de- mander. Je désire avoir rempli convenablement la mission qu'elle a bien voulu me confler ; malheureusement, depuis plus de vingt ans je n'ai pu continuer de me livrer à l'étude suivie des insectes, qui fai- sait l'objet de mes occupations favorites. Je n'en prends pas moins un vif intérêt à la science dont les publications de voire Société ont excité si puissamment en France l'avancement et les progrès. Je me féliciterai toujours, et je m'honore d'être compté parmi ses membres honoraires et d'avoir pu le mériter par les premiers travaux que j'a- vais entrepris dans cette direction; les circonstances m'ayant obligé de négliger l'entomologie pour me livrer à l'étude exclusive de quel- ques autres branches de la zoologie. Veuillez agréer, etc. C. Duméril. Communications. M. le docteur Boisduval lit la note suivante de M. Paris de Gray (Haute-Saône), relative- ment au cri particidier que lait entendre le Sphinx, atropos. xcvi ANNALh:S Ayant irouvi^ dans un même champ une ceuiainc de dienilles au Sphinx atropos, je les ai toutes élevées, toutes oui réussi an bout de vingt à vingt cinq jours. Sur une cinquantaine d'insectes parfaits, je me suis assuré que le cri est dû à une mucosité que l'insecte as- pire et foule alternativement à l'aide de ses palpes dans sa spiritrompe; comme le flux et reflux d'un liquide dans une pompe aspirante et foulante. Telle est l'explication que je crois véritable. — Il est donne lecture d'une note de M. Pilate, conte- nant de nombreux détails sur Tentoniologie de la pro- vince de Y uca tan. La Société décide que l'extrait sui- vant de ce travail sera inséré dans son Bulletin : La province de Yucatan, située au Sud-Est du golfe du Me.\i(|ue, s'étend eulve le 22° et le 17" de latitude, à peu près. Même dans le iiordje thermomètre ne descend pasà plusdell degrés Réaumur, pen- dant les plus froides nuits de l'hiver; la chaleur y est considérable en été. La partie septentrionale jusqu'à Campèche, est généralement aride ; ce n'est pour ainsi dire qu'un vaste rocher à surface rugueuse et presque plate. Une seule chaîne de collines d'une centaine de mètres au plus d'élévation prend son origine un peu au sud de Cam- pèche, côtoie le littoral vers le nord à quelque kilomètres de distance pendant une vingtaine de lieues, puis s'arrondit et se dirige vers le Sud-Est jusqu'à celte portion rocheuse de la péninsule. On y ren- contre de loin en loin, particulièrement dans le Nord-Est des espèces d'étangs souterrains nommés sénotés dans le pays; hors cela, il n'y ad'autre eau que celle des puits, pendant la saison sèche, c'est-à-dire de novembre à la fin de mai. La végétation y est pauvre, le peu de profondeur de la terre ne permet d'y vivre qu'â(!cs arbrisseaux, pour la plupart de la famille des Mimosas, et rarement à des arbres dont les branches les plus élevées atteignent au plus à une hauteur de dix mèlros. Je ne parle pas ici des lieux cultivés, où l'on a transporté de la terre et planté des arbres que l'on arrose continuel- lement. A douze lieues Sud de Campèche commence une autre na- ture de terrain ; dès la potite riviè -e de Champoion, il est l)as, uni, humide, inondé duiani plusieurs mois de l'année. Enfin dans la par- lie méridionale, les rivières abondent et la végétation est magnifique. Partout où ne règne pas la sécheresse, le pays est fort malsain. J'ai habité la capitale (Mérida, au Nord-Ouest) pendant cinq ans, et n'ai fait que de courts voyages dans d'autres localités ; ce ne sont donc DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xcvn guère que des insectes du nord que j'ai pu me procurer. Il est facile de s'imaginer que j'ai dû rencontrer peu de chose et généralement de petits insectes dans un pays soc el stérile ; j'ajouterai qu'excepté une douzaine de Coléoptères, tous les autres y sont rares; des chasses de quatre ou cinq heures ne m'en ont souvent procuré que quelques- uns; cependant vers le mois de juin il y en a davantage. Durant la saison des pluies, les Lépidoptères diurnes sont abondants, mais peu variés. Hormis les Cousins ou Moustiques et la Mouche domestique, les Dipières sont très rares, et je dirai la même chose de tous les autres insectes. Il m'a fallu beaucoup de persévérance, un goût bien déterminé, et l'aide d'un domestique, qui durant deux ans, n'a pas eu d'autre occupation que la chasse, pour réunir huit mille Coléoptères formant près de 720 espèces, dont environ cinq cents nouvelles. A ia suite de cette note, M. PJlate donne vine longue liste de genres des Coléoptères de la provluoe de Yucatan, il y fait rentrer 333 genres et 714 espèces dont 480 nouvelles. Plusieurs genres nouveaux sont indique's par Fauteur, mais les caractères n'en étant pas donnés, nous n'avons pas cru devoir imprimer maintenant ce travail. — Il est donné lecture de la note suivante : M. Jekel vient de se dessaisir de sa collection générale de Coléop- tères, qui contenait environ 10,000 espèces, pour s'occuper exclu- sivement de la famille des Curculioniles , de laquelle seulement il a conservé ce qu'il possédait déjà; de plus, il vient de faire l'acquisi- tion de la brillante collection de ce groupe qui appartenait à M. Du- pont, laquelle ne s'élève pas à moins de 4,200 espèces. Ces deux col- lections réunies forment dès à présent un ensemble de 4,500 espèces. Cette famille, quoiqu'elle ail été dans ces derniers temps le sujet d'un grand travail monographique, est encore dans un état complet de délaisssenient, du moins , dans les collections de France. Personne n'ose aborder l'étude du gigantesque ouvrage du savant suédois. Une seule collection à Paris, celle de M. Chevrolat (que l'on sait avoir été en rapport avec M. Schoenherr) contient une quantité no- table d'individus communiqués à l'auteur, lesquels, devenus typiques, pour ainsi dire, rendent cette collecti in très précieuse à consulter. Il est très regretmble que M. Chevrolat , qui connaît parfaitement celte famille el qui a des malcriaux si importants, ne puisse s'en occuper d'une manière spéciale ; mais sa collection de Coléoptères xcviii ANNALES se compose peut-être de 30,000 espèces , et fait craindre qu'il ne puisse le faire de sitôt, quoiqu'il en manifeste l'intention. Débutant, pour ainsi dire , dans la carrière entomologique (puis- qu'il ne coUige que depuis 1840), M. Jekel oserait à peine se fler à ses propres forces pour la détermination scientiflque des espèces de cet immense groupe, s'il n'était assuré de la bienveillante coopération de M. Chevrolat, le seul compétent, à Paris, en celte matière. Il espère donc , à l'aide de ce puissant concours , parvenir à débrouiller cette aride nomenclature, et se rendre utile , par la suite, aux nombreux amateurs qui , coUigeant toutes les familles de l'ordre , ne peuvent que nommer à la hâte, et tant bien que ma!, sur de grandes collec- tions, dont les possesseurs , débordés, comme on l'est quand ou possède plus de 20,000 espèces , substituent, par manque de temps, un mihi provisoire, au nom véritable d'une espèce qu'ils auraient pu déterminer dans l'auteur, si le temps, qui fuit trop tôt, n'avait été employé qu'à un nombre restreint de familles. M. Jekel prévient en outre, les amateurs de Gurculionites, que déjà trois groupes de celte intéressante famille sont classés dans sa collec- tion. Ce sont : 1° Les Brachycérides {Brachyceras^ Mlcrocerus, etc.); 2° Les Entimides {Rhigus, Entwius, Hipporliynus , etc.); 3° Les Pachyrhynchides [Cherras, Pachyrhynchus , etc.). — M. Bellier de la Ghavigaerie montre à la Société une variété assez remarquable de la Plusia gamma. Cette variété est de beaucoup plus petite que Fespèce typique, mais ce qui Ten différencie surtout d'une manière parti- culière, c'est la couleur particulière de ses ailes, qui est d'un blanc argenté beaucoup plus clair que dans Fespèce que Ton rencontre habituellement. Cette variété provient de chenilles trouvées aux environs de Paris, qui ne différaient en rien des chenilles ordinaires. M. Guenée dit qu'il a également observé cette même variété. Lectures. M. E. Desmarest donne lecture d'une notice sur la vie et les ouvrages de Duponchel, par M. G. Duraé- ril, membre honoraire. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. xcix — M. le colonel Goureau lit deux mëmoires : 1" Sur les Insectes gallicoles (Suite.) 2° Sur les insectes qui mangent les feuilles des plantes. Membres reçus. M. Renard de Saint-Quentin , pré- senté par M. Pierret. — Commissaires-rapporteurs, MM. Becker et L. Buquet. — M. le docteur Frédéric Kolenati, de Saint-Péters- bourg, présenté par M. L. Buquet. — Commissaires- rapporteurs, MM. H. Lucas et V. Signoret. * (Séance du 25 Novembre 1846.) Présidence de M. GUÉRIN-MÉNEVILLE. M. de Manderstjerna , capitaine aux gardes de TEm- pereur de Russie , assiste à la séance. Ouvragres offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de r Académie des sciences de 1 Institut de France, par MM. les secrétaires perpétuels, 2^ semestre de 1846 (Tome XXIII). N"^ 19<^ et 20% — br.in-4°. Offert par l'Institut de France. — Novorum actorum Academise Gesarese Leopoldino Carolinae naturae Curiosorum. Tome XX, deuxième par- tie. — 1 vol. in-4«» avec pi. Bonn 1845. Offert par TAca- démie des Curieux de la nature de Bonn. — Mémoires et comptes-rendus de la Société d'Émula- tion du Doubs, 1845, n"^ 3" et 4'' et 1846, n°^ P'et2% — br. in-8°avec pi. Besançon 1846. Offert par M. Bruand. — Remarques sur la collection des Coléoptères russes de Victor de Molschousky. — br. in-8° avec pi. Offert par Tauteur. — Nomenclator zoologicus, etc. \ auctore L. Agassiz. G ANNALES Fasciculi V, VI, IX, X et XL — br. in-4o avec pL Ollerl par rauteur. Correspondance. Lettre de M. EclmonJ Caillette de THervilliers, de Goinpiégne , donnant sa démission de membre, ses occupations ne lui permettant plus de s'oc- cuper actuellement d'entomologie. — Cette démission est acceptée par la Société. — Lettre de M. Kenard, Fun des secrétaires de la Société impériale des naturalistes de Moscou. La Société décide que le passage suivant en sera inséré dans le bul- letin : « J'ai l'honneur de vous annoncer que nous avons reçu, il y a quelques semaines, la permission de Sa Majesté l'empereur, pour fêler le jubilé du doctorat de notre digue vice-président, son excel- lence M. Fischer de Waldheim. La fête aura lieu au mois de février 1847, et un comité s'est formé pour prendre les mesures nécessaires de donner à cette solennité tout l'éclal possible, et de témoigner au célèbre naturaliste toute sa reconnaissance pour tant de travaux utiles, et pour tout ce qu'il a fait pour les progrès de l'histoire natu- relle et principalement pour l'entomologie en Russie. Veuillez, je vous prie, communiquer cette nouvelle à la Société entomologique de France; peut-être que votre association se décidera]d'envoyer ce jour une lettre.de félicitations au célèbre entomologiste de la Russie. » Après cette lecture, faite par M. L. Buquet, la Société charge M. Pierret, son secrétaire-adjoint, de lui remettre, dans Tune de ses prochaines séances, un projet de lettre de félicitations pour F honorable M. Fischer de Wald- heim. Communications .M. H. Lucas fait passer sous les yeux de la Société des noyaux de Phœnix dactylifera attaqués par le Bosirichus dactjUperda, Fabr. , et qui lui ont été donnés par notre collègue M. Jules Gordier. Ce BostrichuSjAitM.H. Lucas , se trouve assez communément dans les noyaux des Dattes qui nous sont envoyées de la régence de Tunis, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. c. et à ce sujet cet entomologiste fait observer que pendant son séjour en Algérie, particulièrement dans le cercle de la Galle, il a aussi rencontré abondamment cette espèce, mais dans les noyaux de Chaniœrops humilis dont les fruits avaient été préalablement digérés par les Chacals. Ayant pu étudier les métamorphoses de ce petit Coléoplère, M. H. Lucas a représenté la larve, la nympbe et les noyaux at- taqués par ce Bostrichus dans Txltlas de Thistoire naturelle des animaux articulés de l'Algérie . — Le même membre montre un Hémiptère fort cu- rieux qui habite la Nouvelle-Hollande et qui a été envoyé au Muséum de Paris par M, Jules Verreaux. Cet Hémiptère homoptère , qui appartient au genre Cystosoma, a été re- présenté par M. Westwood dans les Arcana cntom. Tom. I. PL 24. Fig. 1, p. 92. Ce remarquable insecte, qui par la forme de son abdomen rappelle un peu un genre de Tordre des Orthoptères, celui des Pneumora, n'avait pas encore été vu en nature en France ou au moins à Paris . Dans la des- cription que M. Westwood a fait de cette espèce, à laquelle il donne le nom de C. Saundersii, cet entomologiste dit que cet insecte est jaune avec le bord externe des élytres blanc. M. Westwood en décrivant cette espèce n'aura eu proba- blementà sa disposition qu'un individupassé, car M. H. Lu- cas fait observer que les Cystosoma que le Muséum possède et qui sont au nombre de cinq, sont d'un beau vert tendre peu ou moins foncé avec le bord externe des élytres d'un blanc jaunâtre. En outre, il fait aussi remarquer que ces Cystosoma que le Muséum a reçus de M. Jules Verreaux sont tous des mâles , que l'individu figuré par M. West- woodj appartient à ce sexe, et que la femelle de cette espèce tasmanienne est encore inconnue. — M. Bellier de la Chavignerie fait j^asser sous \es yeux de la Société un individu mâle de VAscalaphus longi- cil ANNALES cornis Linné, qui lui a été envoyé de Chartres, où il a été pris dans les derniers jours du mois de mai der- nier. Notre collègue rappelle à la Société que ce beau Névroptère, considéré longtemps comme une espèce propre à nos départements méridionaux, a été découvert le 1" août 18^5, à douze lieues de la capitale, dans la localité de Lardy, par notre collègue M. Pierret. et il ajoute que VAscalapIms longicornis n'est point une espèce ex- clusivement méridionale et qu'elle est bien fixée maintenant aux en- virons de Chartres, puisque M. Marcbandqui, depuis longues années, explore avec beaucoup de soin ce pays, l'y a pris plusieurs fois et à différentes époques. D'un autre côté, notre collègue, M. Guénée, a capturé également aux environs de Chartres, mais dans une auire localité, ce beau Névroptère que M. de Villiers, de Chartres, a pris aussi autour de la ville qu'il habite maintenant. M. Bellier de la Chavignerie termine ses observations en faisant remarquer que V Ascalaphus longicornis découvert dernièrement à Chartres, a été pris à la fin de mai, tandis que M. Pierret a rapporté de Lardy ce Névroptère, le 1" août, ce qui semblerait indiquer que cet insecte donne deux fois dans notre France tempérée. — Le même membre fait encore part à la Société de Téclosion récente d'une nouvelle Plusia gamma qui présente identiquement les mêmes caractères de va- riation que Tindividu soumis aux observations de la So- ciété dans sa précédente séance. Cette seconde gamma variété a atteint un développement beaucoup plus grand que la première déjà citée. — M. Guérin-Méneville parle à la Société de deux mé- moires entomologiques de M. Mulsant, insérés dans les Mémoires de la Société linnéenne de Lyon, encore inédits, et contenant des détails : 1° sur les mœurs de VAkis punctata; et 2° sur les métamorphoses àesDonacia. Cette note est imprimée dans le numéro de novembre 1846 de la Revue zoologique. — M. Guérin-Méneville lit la note suivante, relative à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. cm une espèce de Megacepkala trouvée re'cemment en Al- gérie : On se rappelle que dans une des dernières séances de la Société, M. Guérin-Méneville a parlé de la découverte que venait de faire M. le major Blanchard, d'une espèce de Mégacéphale en Algérie. Ce fait avait paru très remarquable, et plusieurs membres mani- festèrent le désir de voir cet insecte, craignant que quelque méprise, quelque confusion d'espèces exotiques dans sa collection, n'aient porté M. le major Blanchard à considérer comme provenant de l'Algérie quelque espèce américaine. Aujourd'hui, M. Guérin-Méneville peut montrer l'individu unique décrit par M. le major Blanchard, et que cet entomologiste lui a envoyé récemment. C'est bien une espèce nou- velle, irès-\o\smedesTetracha eupfiratica etarmeniacadeVancien continent, à laquelle il faudra laisser le nom de Tetracha algeriana que lui a donné M. le major Blanchard, en la décrivant avec soin et détail. — M. Guérin-Méneville présente à la Société deux Ca- rabiques de la Nouvelle-Zélande, et il communique la note qui suit : Ces insectes forment un nouveau genre, voisin des Anchomenus ; mais s'en distinguant au premier coup d'œil par un labre bifurqué ou prolongé de chaque côté en deux longues cornes avancées, et par les tarses antérieurs des mâles dont les trois premiers articles sont dilatés, mais insensiblement moins larges, comme dans les Chlœ- nius. Ce nouveau genre, formé de deux espèces de taille différente, a été découvert à la Nouvelle-Zélande, par M. Fabre, chirurgien de la marine, qui a rapporté de son voyage des collections, des notes et des observations nombreuses et très bien faites sur l'histoire natu- relle de ce pays. M. Guérin-Méneville propose de donner à ce genre le nom de Dicrochile [s-iKfooç fusca; ;tc/xo5, labrum). La plus grande espèce portera le nom de Dicrochile Fabrii, et la seconde celui de Dicrochile anchomenoides. — M. Guérin-Méneville présente deux individus d'un Diaprepes de Tîle de Saiïit-Domingue , semblable , au civ ANNALES premier coup d'œil, au Diaprepes festwus des auteurs, mais qui s'en distingue très facilement parce quil n'a qu'une seule ligne éleve'c lisse et noire, entre la suture et le bord externe des ély très , tandis que dans le Dia- prepes festwus il y a deux lignes à cette même place. Si cette espèce n'est pas décrite dans Sclioenherr et Oli- vier, M. Guéri n-Mëneville propose de lui donner le nom de Diaprepes Douhlierii eu Thonneur de M. Doublier, entomologiste plein de zèle et d'instruction qui a bien voulu lui faire part de ses chasses près de Draguignan et de ses observations sur l'entomologie de cette localité. — M, Guérin-Méneville présente un grand Bombyx découvert par M. Mittre, chirurgien de la marine, àNosse- Bé,côte ouest de Madagascar. Ce Lépidoptère a été trouvé volant le soir-, il s'est abattu sur M. Mittre qui le prenait d'abord pour un oiseau. Ce Bombyx est surtout remarquable par les prolonge- ments spatules de ses ailes inférieures. S'il n'appartient pas à l'espèce publiée par M. Boisduval dans sa faune de Madagascar, il formera une espèce nouvelle. — Le même membre montre : PDeux exemplaires du Lixus ophthalmicus et une petite Ligée propres au midi de la France, qu'il a pris à dix lieues de Toulon, le 4 novembre et qui sont encore vivants aujourd'hui, après avoir été piqués pendant vingt jours -, 2° Un Scaphidium immaculatum qu'il a pris à Blida, au pied de l'Atlas (Algérie) dans des tiges mortes de Cactus\ 3" Une jolie espèce ô^Jtpion qui vit sur les jeunes pousses du Cistus monspcliensis j aux environs de Mon- trieux, près Toulon, dans les propriétés de notre collègue M. Lefébure de Cerisy. M. Guérin-Méneville pense (jue cet Apion est nouveau, mais il n'a pas fait les recherches nécessaire pour s'en assurer -, #% DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. cv 4° Une magnirupio espèce (rKlatt^ride du genre Awpc- dus, découverte en France par un officier au 3*" re'gimeiit wJie , 3. Iju?dej ormtAorhi/mM, j^uc. ^.Ixoder(('à' c/ifii7/i/>/of//i//H' (A- Nmue . 2':' J'eric - Tome 4 ■ ^l ' ('fiap^/nerté t/e/- I. jStcti/oderiui-^/i'f/m/meiui- i A(jn//>/uia/ii/o . 3 I[. Me/oùnif/tti tm[i/arùr jfy;.rme . Y. Fornula (7ievro/n/u. y,- iu.nuau/ ■ Jnnedûu /e 7 ofioiu/a. Aiimr/i'ji i/e /a ■ l'odéie .Fnûiniûltii^tpte lù France ■jrjWie.-Jom.W.J'l.S. Mem/)r(Jcù/e, Jmp.tJeJ^J^elarue ■ Amialej de h Soaéie £ntanwloffi^ie de fraiwe ?f J'érie -Tome JF. II. 4. Mem7fracidetr . âttf. 3c- J^J>eiani£. Jn/uile*^' Je //r Socw'fe erifomn/itfp/p/e Je France . 2f Jene . ronielT. F/. Z--Fe7arue iiui,if<;>- ,/c /lin/it/w di'frimce. 2'','i\'rie- Tome IF. PI. / Ô Li Fawmaire Je/ ■ j¥em/)r(7vûù\v /m/> f ' tit' JPf*/i^»e Anmiicr i/e 7/)ioà),p','(•/(•/<' /wifomo/iu/u/in^ ,/e Frnnci' ■ 'J'! < l'rrii' - ToTne II . f/. u. 1 J EJ rrrrùr de/ II. Jfc'àmmrp/unnv iù',1- r/wAopferùr III. /. irou,i\re Ji' /A/(>rU' i/iai;i/i' li œufj-. 2. 7' opiif ^i/ro.i Ô . JIl'/'f\flHl/,r oA.r^l/ri/.f Blarn-àard . [mp!" 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