^■■^:: . .4 - .' ' -i?*' L*«T' .v4?^. :r "■.'v.l^r**^ ,^.^: ff^ ^' %^ * •i :^,m' r -'ij :^1€^ fi *x I>"î l.V»J * «asK---^- *1^' V % ► •"j ^fe^^ V **z lt< fe^ '^.^ *="' .^i :* - • *^ ^- A^# ^f*^ "•1 W%' A^-, |V ■V^} ^0r{ Hi'A Iw y 1- .. . r-»>-'. ! l V ,^' %?« wv v-^ t-^ "V5 ¥%> \ '.^^, LIBEARY OE THE NEW YORK BOTANICAL GARDES ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE Comité de rédaction des Annales. liédactetir L. GRANDEATJ, directeur (le la Secrétaire de H. GRANDEAD, sous-direcleur de en chef : Station agronomique de l'Est. la rédaction : la Station agronomiiiue de l'Est, cht'l'dcs travaux agronomiques do la Faculté des sciences. U. Gayou, directeur de la Station agronomi(iue de Bordeaux. Guinon, diriTtnur de la Station agro- nomique lie ChàtL-auroux. Margottet, directeur de la Station agro- nomique de Dijon. Th. Schlœsing, de l'Institut, professeur à l'Institut national agronomique. E. Risler, directeur de l'Institut na- tional agronomique. A. Girard, professeur à l'Institut na- tional agronomique. A. Mûntz, professeur à l'Institut na- tional agronomique. Ed. Henry, professeur à l'École na- tionale forestière. P. Fliche, professeur à l'École natio- nal(3 forestière. J. Risler, répétiteur à l'Institut national agronomique. Correspondants des Annales pour l'étranger. Al.LEMAGÎiE. L. Ebermayer, professeur à l'Univer- sité de Munich. J. Kônig, directeur de la Station agro- nomii[ue de Munster. Fr. Nobbe, directeur de la Station agronomique de Tharand. Tollens, professeur à l'Université de (■(ittingen. angleteuuk. R. Warington, chimiste du laboratoire de liotliamsled. Ed. Kinch, professeur de chimie agri- cole au collège royal d'agriculture de Cirencester. ItELGIQUE. A. Petermann, directeur de la Station agronomique de Gembloux. CANADA. Df 0. Trudel, à Oltava. ECOSSE. T. Jamieson, directeur de la Station agronomique d'Aberdeen. ESl'AGNE ET PORTUGAL. R. de Luna, professeur de chimie à l'Université de Madrid. ETATS-UNIS D AMERIQUE. E. W. Hilgard, professeur à l'Univer- sité de Californie. HOLLANDE. A. Mayer, directeur de la Station agro- nomique de Wageningen. ITALIE. A. Cessa, professeur de chimie à l'École d'application des ingénieurs, à Turin. NORWÈGE ET SUÈDE. Zetterlund, directeur de la Station agrunomique d'Orebro. D' Al. Alterberg, directeur de la Sta- tion agronomique et d'essais de se- mences de Kalmar. SUISSE. E. Schultze, directeur, du laboratoire agronuinirme de l'École polytech- nique de Zurich. RUSSIE. Thoms, directeur de la Station agro- nomique de Riga. Nota. — Tous les ouvrages adressés franco à la Rédaction seront annoncés dans le premier fascicule qui paraîtra après leur arrivée. Il sera, en outre, publié s'il y a lieu, une analyse des ouvrages dont la spécialité rentre dans le cadre des Annales {chimie, physique, géologie, minéralogie , physiologie végétale et animale, agriculture, sylviculture, tedinologie, etc.). Toutes les communications relatives ù la rédaction des Annales {manuscrits, mémoires, livres) doivent être adressées franco à M. H. Grandeau, secrétaire de la rédaction des Annales, à Aancy. ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE * ORGANE DES STATIONS AGRONOMIQUES ET DES LABORATOIRES AGRICOLES PUBLIÉES Sous les auspices du Ministère de l'Agriculture PAK Louis ORANDEAU DIRECTEUR DE LA STATION AGRONOMiauE DE l'eST UEMBBE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'AGRICULTURE VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'eNCOURAGEMENT A l'aGRICULTURB DOYEN DE LA FACULTE DES SCIENCES DE NANCY PROFESSEUR A l'ÉCOLE NATIONALE FORESTIÈRE QUATRIÈME ANNÉE — -1887 Tome II Avec figures dans le texte PARIS BERGEE-LEVRAULT ET C'% LIBRAIRES -ÉDITEURS 5, rue des Beaux-Arts MÊME MAISON A NANCY 1888 CHIMIE APPLIQUEE A L'AGRICULTURE TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU Dr A. VCELCKER CIIIMISTK-COXSKII. DtltF.CTEUR DU I^ABOKATOIKE DE L.V SOCIÉTÉ KOYAI^K D'AGRICULTURE d'ASCLETERRE Par M. A. RONNA VICE-PKÉSIDENT DE Ll SOClÉTK NITIONALE DENCOl' RAGEM EN T A l'aG KlCt LTURJ. LIVRE VIL — RECHERCHES ET TRAVAUxX DIVERS. L — Des eaux. 1. — Eaux potables et économiques. L'eau ne se trouve jamais à l'élat de pureté chimique dans la na- ture. Outre les matières étrangères en suspension qu'elle enlève aux roches et aux terrains (ju'elle traverse ou à l'atmosphère qui la baigne, l'eau tient en dissolution plus ou moins de substances sa- lines, invisibles, dont l'évaporalion seule atteste la présence, sous forme d'un résidu de composition variable. a. — E(nu douces. Eau de pluie. — L'eau de pluie qui a subi une sorte de distilla- lion naturelle, recueillie en rase campagne, dans des récipients pro- pres, est la plus pure et la plus douce de toutes les eaux. Elle laisse par évaporation un résidu très faible, n'étant souillée que par des traces d'acide carbonique et nitrique et d'ammoniaque et par les ANN. SClK.NCli AGRON. — 1887. — II. 1 2 ANNALliS Dlî LA SCIKNCIÎ AGRONOMIQUE. parliciilcs |]o'tnntes dniis l'almosphùre. En raison de sa purelc rcla- livc, l'eiiii (lo pliiiu, ulilisablc pour la buanderie, les lavages do- niesliquL'S el l'aliinenLalion des cliaudières (ju'elle n'incruste pas, niaïKjue de cette ^^aveur rafraîcliissante qui rend si précieuse comme caii potable celle des sources fi-aîches cl limpides. Les quelques im- puretés organiques dont elle est imprégnée ne lardent pas d'ail- leurs à se décomposer el à lui donner une odeur désagréable (pic le dllrag.' siii" du charbon peut seul détruire. On ne doit pas négliger, dans la ferme, de recueillir l'eau de pluie dans des réservoirs, des bacs ou cilernes, en ])riques cimenlées, ou en bois, sinon dans des tonneaux; mais il faut éviter la doublure eu plomb qui se corrode rapidement et se dissout à l'élat d'oxyde, en cnleva.it à l'eau sa qualité potable. Eanx des lacs. — Les eaux de certains lacs sont également d'une grande pureté. Vœicker cite, à cet égard, les eaux qu'il a analysées des lacs du nord de l'Ecosse et du Cumberland : très douces, excel- lentes pour la buanderie et ne laissant qu'un très faible résidu de matière solide par évaporation. Toutefois, à certaines époques de l'année, elles sont souillées pai' la tourbe qui leur donne une saveur el un I rouble désagréables. Les trois analyses des eaux des Loch Kairine, Saint-Mary Loch et Portmore Loch (n°H, 2 et 3, tableau CCLXXVII) révèlent leur pu- reté. L'ammoniaque libre et organique est présente, on peut dire, à l'état de traces, et atlrlbuable à des matières végétales, jj'eau de Portmore Loch, en raison de sa plus forte teneur en carbonates el en sulfates, est un peu plus dure que les deux autres. Les eaux du district que dr.uncnt les lacs de Ilaweswater, Ulls- water et Thirlwei'e, a.ialysées pai' Way, sont également d'une pu- l'cté remarquable. I^e terrain, consistant en roches primitives, sili- ceuses ou ignées, qui entoure ces lacs, est cultivé eu pâturages secs et tient jjcu de matière organique. Eauœ de rivières. — Gomme eaux de rivièi'e, Vœlckcr a déterminé, avec Letheby, la composition de l'eau de la plupart d.;s rivières de la région granitique du nord de l'Ecosse. Beaucoup d'entre elles ne ronferment (pie 5 à 7 centigrammes de matière solide par litre. Dans le tableau CCLXXVII figurent deux analyses du Soulb Esk et TKAVAUX KT KXI'KIUENCKS DU D' A. VOELCKER. 13 X u < OQ o M n 00 <7i QJ -H --5 « C2 b- 3^ (?« t- b ^^ - ^ ■> , a -H ce a « î-i o_ = 3 a a - 00 S A K ■« 1 U S. o~ 0" 1 ■^ g < ^~ B es ^ t^ co w co l"^ 1 s 1 t. fri J co -*< •-^ '.-î t- r- ^ f -^ 00. ~ a s a § « a - i 1 îi 1 s a a 1 a ^ ^ 1 " \ 0" 0" 000 1 '^ 1 / ■^' » t^ -■)0 -*( -* -1 m m »0 -^ ce lO ^ -1 =• «5 o — co § • . rH '75 S t^ n CQ 000 "" « 9 * 00 ~ ^ #t #> >« r* 1 5 ^\ c c c 00 1 => 7Î H a ^ ■%* o CO -x m ;d >o «- « « -f I- &j ■X) 00 ^ ^ l" — OS >o 3 , w , = ■0 u ° 0^ - * c D 'J2 c c c =■ 71 -1 ôi 1 O «3 rM t-- -: '4 •>* •»« •M 0-5 ■;j O t- Oi -M in Ti (N !0 « m >; s « s •H » 1H , '- 8 « ^ l-l [- "îÔ H — - => - ~ ^ s "* ■s ^ 1 A c> "^ 1 w O >■ 1 , ^^ e3 00 M -* ■* I^ >n c^ w ai IN C 2! ?o (M r ^ a T-l ^ V „ , irs ^ -^ - « S - " " - " = C ^ ^ a 'J » 1-4 .j ■^ - c c 0" '^ ■j U tû >, 00 ^ co •rjf O- « ■d < w 4J »0 CD 00 -V ■J> Oi « > t- ■ ■:> •^ - ^H w . » § » , c > r- ' - - c > > \ '^ c r 0" w c' »-* ^ es •-I M co I- X) ■>» C^ ■s> -# lO >o — r» ~ ■H _ t— UD ~ "* - " " =1 o_ "%. '^ U^ •j 000 71 U l V-l 1 -<■ ,'^ tH H< 00 a> :c M ■n LJ t- « r: CO ' i = r» -1 9 a (N ^ n '^O ~ ri ■£ 000 - a a ^ "^ r. 5 000 c^ :'": r? X 10 ci -* ï^ ■j: m ^7 ■-3 r/ O ce t- ^ ■* QJ o Q. -H *>! ii - \D C. •^ w " - c3 - ^ « U 3 ui O C -•-' •M 7^ 1:1. ^^ ^ j i: iO ^î 10 •* ai te 10 •J I>- •2 *•>: w QO OJ ri 0^ a •M ' fiSi 01 -H s •J 1 = - cj - ci c >■ w ~ c -> *^ 0" 0" 1-* ^^ r> ï^ ,^ V. ^ 71 _ _ T 1 J a a "O "C ] >» i ■d "^ OJ 9> 2 c T a ;. £ g 1 •0 ■C T »« ■0 (C .2 1 es éT 1 1 1 3 1 1 1- 4 1 1 1 00 •3 « a s 1 c •e. t 1 "3 Si ^- H — £; 't S s 05 = i? '/ S •< -.- -fl" C 4 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. du Tweedalo Wnvi}, ropréscnlanl. la composilion moyenne des eaux pures de rivirru. Eaux de sources. — Le grès vert, notamment dans le comté de Surrov, renferme des eaux de sources particulièrement pures et douces. Vœlcker cite cinq analyses qu'il a faites pour la commission d'enquête sur la distribution des eaux, à Londres. Les eaux pures et lim[)idcs l'ecueillies dans le district de Hindliead, au sud de Guild- ford, ont une température de iO à 11 degrés centigrades pendant toute l'année; leur composition est donnée, n"' G à 10, dans le ta- bleau CCLXXVIL Eaux de puils. — On trouve encore des eaux douces de bonne (juidili' dans les nappes des puits qu'alimentent les terrains de grès ou de silice. Vœlcker donne deux analyses d'eaux des puits foncés dans le llampsliire, l'un à la profondeur de 10 mètres, dans le sable et la roche siliceuse; l'autre à 22 mètres, dans le sable et le mi- nerai de fer siliceux. Ces deux échantillons, n"' 11 et 12, représen- tent une eau salubre, de bonne qualité potable. b. — Kaii.i- dures. Si les sources qui sortent des régions granitiques ou des strates silicifcres fournissent des eaux douces, celles qu'alimentent l'oolithe et les roches calcaires, ou qui traversent des terrains carbonates, sont toujours plus ou moins imprégnées de carbonate et de sulfate de chaux et de magnésie. Or, la dureté de l'eau est due principale- ment à ces sels. Beaucoup d'eaux naturelles renferment toutefois du gaz acide carbonique qui dissout le carbonate de chaux et le transforme en bicarbonate soluble. Certaines eaux de la formation crétacée, contenant jusqu'î*! 0*^',2r) et O^'jSH de carbonate de chaux par litre, sont limpides, pélillantes et d'un goût agréable. Quand on les fait bouillir, elles se troublent et laissent un sédiment qui incruste les vases; c'est que le second équivalent d'acide carbonique du bicaibonate de chaux soluble esl faiblement associé au carbonate. A la température ordinaire de l'air, le bicaibonate est en dissolution dans l'eau, mais quand on porte l'eau à r<'bullilion, l'acide {'arboniijue est chassé et le carbonate insoluble se précipite. TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 5 Outre le carbonate ilc chaux, les eaux dures tienneut du sulfate de cliaux, du nitrate de cliaux et parfois du chlorure de calcium. Ces sels de chaux sont dissous dans l'eau sans l'intervenliou du «•az acide carbonique, et restent en dissolution malgré l'ébullitioii ; ils lui donnent le caractère de dureté permanente, tandis que le bicar- bonate de chaux ne donne (jue la dureté temporaire. Si l'on ajoute une dissolution de savon dans de l'eau dure, cal- caire ou séléniteuse, il se forme des précipités floconneux et au- cune mousse ne se montre tant que la chaux et la magnésie conte- nues dans l'eau ne sont pas précipitées. On a ainsi, parla dissolution de savon d'un titre déterminé, un moyen facile d'apprécier la dureté des eaux. Chaque degré de dureté correspond à 14 milligrammes de carbonate de chaux ou de sels équivalents décomposant le savon, par lilro d'eau. C'est d'après cette échelle qu'ont été calculés les degrés de dureté des eaux groupées dans le tableau CCLXXVJII et dans les autres tableaux du présent chapitre. Les eaux (|ue fournissent les compagnies à la ville de Londi'es renferment de 270 à 340 milligrammes de résidu solide par litre et marquent de i-4 à 15 degrés comme dureté. L'eau de la compa- gnie New Hiver, analysée sous le n° 1 , tableau CCLXXIX peut passer pour avoir une dureté moyenne. Les puits artésiens ou les sources profondes du terrain crétacé donnent des eaux dures, meilleures pour la boisson que pour l'u- sage domestifjue. L'analyse n" 2 se rapporte à l'eau d'un puits arté- sien foncé dans le llam[)sliire, et le it 3, à l'eau d'un puits profond ilu Devonshire. Les deux échantillons renferment beaucoup de chaux, combinée presque entièrement avec l'acide carbonique; le sulfate de rhaux qui caractérise la dureté permanente n'y est que faiblement représenté. Par l'ébullitiou, le degré de dureté s'abaisse, en consé- ipience, jusqu'à i degrés et 3%5. Sans pousser jusqu'à l'ébullilion, les eaux crayeuses profondes, en séjournant dans les citernes ou ré- servoirs, perdent quehjue j)eu de leur dureté par le dépôt du car- bonate de chaux. D'une température égale, comprise entre 10 et 12 degrés centigrades, elles ont généralement la fraîcheur voulue comme eaux potables. ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU GGLXXVIII. — Degrés de dureté des eaux alimentant les principales villes en Grande-Bretagne. lianbury. . Bedford . . liiriiiinghnm l^I•i^tol. . . Ciinterbury . Cheltenhani. Congleton . Croydon. . Deal . . . Derby . . . IjOiivrcs . . fiuiklford. . Eaux marquant au-dessus de 10 degrés. Lincoln Londres Newcaslie et Gatesbead . Norwich Rugby Uuncoi'n Southport Sunderland et S. Shields Wakefield Wanington Worthing York Leamington. KJ' 9 2 A 3 15 5 17 l 18 12 11 9 KJ A IS A 14 A 17 IS 5 1 18 5 Eaux marquant entre G et 10 degrés. Accrington. . . . Ashtow under Lyne Birkenhead. . . . Caiiisle Diirham Edinburgh Leeds. Leicester. Leith . . 6° 9 9 9 S 3 6 1 7 5 7 7 9 4 7 Liverpool. . West-Derby. Macclesfield. iVorthamplon Northwicb . Preston . . Saint-llelens Wigan. Worcester Eaux marquant entre L' et (j degrés. Blackbuni Boiton 4M 3 A Bury et Hadcliffe Churicv . . ... 3 8 3 8 (ibarlton •' 5 Dundee 4 3 .Mancbester 2 J Sallord 2 5 Maryport. . Oldham . . Over-Dai'wen Paisley. . . l'iymouth . , t'reston . . Rochdale. . Slockporl . Eaux marquant moins de 2 degrés. Aberdeen. . Gockcrmoulh Glasgow . . Greenock. . 1"4 1 5 C 1 3 Laiicaster . l'erth . . . Sheilidd. . Wbitehaven. n"0 15 5 19 5 14 5 11 1 17 7 19 5 12 6 16 12 7 17 3 14 3 9°() 9 G 5 9 7 2 9 S G 3 8 9 8 4 10 2° 3 4 9 4 4 2 9 3 5 5 3 6 5 8 CG 2 2 1 TRAVAUX ET EXPEFil ICiNCKS DU D A. VOKLCKEn. TABLEAU CCLXXIX. — Composition d'eaux dures. (Rivière, puits artésiens, sources minérales et puits.) Matière or^uuùiuo .... Carbonate de cliaiix . . . Sulfate de chaux Carbonate do ni.ajfnésic. . Sulfate do magnc.sio . . . Xilrato de iiiaguéBio . . . Bromure do maguésium . Carbonate dj pot.asso. . . Sulfate do potasse .... Sulfate de soude Clilorure de sojiuui . . . lodure de sodium .... Oxydes de fer Aluiniue et phosphates . . Silice solubli' Ni;W ItlVKK (.IC Loiidn-s. 1 0,0)15 0,1794 0,0J13 0,0296 0,0183 0,0u51 PUITS AItTKSIF.NS. iianips- liii'c. .Vm'.uouiaquc libre (s( Is) — organique. .Acide carbonique libre. Dureté avant ébnUition — après ébullition. 0,2715 0,0001 0,0003 llol 1 -2 0,00 ;i o,2U(; 0,0080 0,02K-9 n 0,0015 0,0211 » 0,0020 o,oiiio 0,3232 0,000(j 17075 1 3 0,0013 0,2366 0,01'H 0,0125 » 0,0123 0,067-1 » 0,0020 0,0110 0,3.'i0.j 0,0001 0,0003 16"33 3 5 SOKKCKS MINKltVM S. l'iinoii lai-jiile). I llr.Tyliin (argile)- 0,124:> » l.lOiil 1.1001 u o,oni3 0,4118 0,0157 1.G007 0, -181)0 0,0009 0,0010 0,0183 0,112i' 1.0771 0,3056 2.31,61 0,0988 » I.7U99 0,.5818 » i 0,0105 1' 0,002!) J. 1:627 o,;!l.) 6.3590 .\o.folk. 0,0.1.:i 0,31:5 1.1318 0,2502 0,1.547 0,2026 » 0,0151 0,OuoS 0,904) 2.0935 Les eaux dures avec lesquelles on alimente les générateurs à va- peur causent des incrustations qui offrent les graves inconvénients de nuire à la production de vapeur cl de donner lieu à des explosions. Vœicker donne d'une de ces incrustations l'analv-se suivante : Kau et muliÎTe organique 1.59 Oxyde de fer et alumine 0.53 Acide pho.sphorique 0.58 Caibonnte de ciiaux 7(.0G Sulfate de ctiaiix I-'.T.) Chaux à rétat de .silicate 1.5G .Magnésie ;i.-23 Silice soluble 5.70 100.00 8 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Eauœ minérales. — Dans l'argile du lias et dans le terrain argi- leux oxfordien, les eaux sont parfois chargées d'une telle quantité de matières salines qu'elles en conservent le goût et peuvent être considérées comme des eaux minérales, jouissant de vertus théra- peutiques paiticulières. Les analyses n"' 4 et 5 (tahleau GGLXXIX) rentrent dans cette catégorie. Le n" 4 se réfère à une source de l'argile du lias à Purton, près de Swindon, Elle contient, outre les sels purgatifs d'Epsom et de Glauher (sulfate de soude et sulfate de magnésie), du chlorure de sodium, une forte dose de carbonate de potasse et des quantités appréciables d'iodure de sodium et de bromure de magnésium, lui communi- quant sans doute les propriétés médicinales qui la font rechercher pour ime foule de maladies. Les carbonates alcalins lui donnent une forte réaction alcaline, contrairement à ce que le docteur Noad a remarqué. L'analyse par Vœicker de l'eau saline de Purton remonte à1859\ L'eau minérale de Braydon (n° 5) rappelle comme saveur les eaux d'Epsom et possède des propriétés purgatives dues aux sulfates de soude et de magnésie qu'elle renferme à plus haute dose que l'eau de Purton. Elle renferme en outre du carbonate de fer, qui lui donne un arrière-goût styptique, et de l'acide carbonique libre en dissolu- lion. La source de Braydon sort de l'argile d'Oxford, dans la ferme de M. Ruck, dont nous avons fait connaître les améliorations cultu- ra]es^ Sans être une eau minérale proprement dite, celle d'un puits du Norfolk, analysée sous le n° 6, est tellement imprégnée de matières sahnes qu'elle n'est pas potable. Limpide et incolore au sortir du puits, elle ne tarde pas, en restant exposée à l'air, à se troubler et à laisser déposer de l'oxyde de fer à l'état de précipité rouge ocreux. Combiné avec l'acide carbonique à l'état de bicarbonate de protoxyde de fer, la décomposition s'opère à l'air, avec mise en liberté de l'a- cÀde carbonique. Outre le fer, l'eau de Norfolk renferme à haute dose 1. On llie coniposition nf l'iirlon saline walcr : Qnarterltj Journ. qf l/w cliem. Soc. 1859. 2. Report on llic improvc-menl of cjvasslandon ManorJ'arni, ISGJ; voir livre I Y, t.. 11, p. 100. THAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'^ A. VOELCKER, 9 (lii sulfate de clianx, du sidfate de magnésie et du carbonate de cli.'uix qui caraclcrisent les eaux dures, impropres aux usages domestiques. C. — Eaux impures. Tandis que les eaux minérales renferment en abondance des ma- tières salines qui par leur nature peuvent exercer sur l'économie une action spéciale, bonne ou mauvaise, les eaux impures se caractérisent surtout par l'adibtion aux sels minéraux, en plus ou moins grande quantité, d'ammoniaque à l'état organique (ui albuminoïde, et de matière organique oxydable. La matière organifjue soluble qui souille les eaux potables oilre les plus grands dangers pour la tuante publique. Le voisinage des (*ours à fumier, des fosses d'aisances, des égouts, des gadoues, des cimetières et voiries, et de tous les endroits où s'accumulent les or- dures, n'est pas étranger à la souillure organiipie des eaux. Aussi doit-on, par tous les moyens possibles, exclure des puits ou des sources les infiltrations des eaux superficielles, susceptibles d'être ainsi contaminées. Le cas est fréquent dans les villes, mais non moins dans les cam- pagnes, où des maladies contagieuses et des épidémies trouvent leur foyer dans les eaux insalubres dont la population fait usage. A certaines époques de l'année, ces eaux sont limpides, inodores et pour ainsi dire incolores; à d'autres époques, elles sont colorées, troubles, odorantes et de mauvais goût. Toutes les eaux qui n'ont pas un caractère égal, bomogène, sous le rapport du goût et de l'odeur, devront être à priori rejelées comme eaux potables. Parmi les nombreuses analyses d'écliantillons d'eau envoyés clia- que année au laboratoire de la Société royale d'agricultuiv, Vœicker n'a j)ublié qu'un très petit nombre d'eaux insalul)res, dont nous avons reproduit la composition dans le tableau CGLXXX. L'analyse n° 1 se réfère à une eau parfaitement incolore, limpide, et irréprochable comme goût et comme odeur. Elle n'en révèle |)as moins la i)résence dans le résidu solide qui atteint '1»'',02S0 par litre, de beaucoup de sels et surtout de nitrates alcalins dont la teneur 10 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Xi U S Xi m o es o o s o X X X! hJ u u ta < M >-:) PQ 0 -:« = '^ (M O o O 'O ■^ -T ^ tH O te O o o o -H T> 03 r^ -n Cï ^1 O O ^ o O O o o o o o o Tl --. = -■ o - C O » 5 co o CO O'S « -^ -tl o o 00 . -i< o o !N - « o o O o o — I ~ IM O O ■M CO 71 O O -M O O CO •"^ o o r- Ci ^ --' CO t>- t- o »0 ■?! t- 0_ !M — o O O O O îl CO -M Ci , c-î --t o o o w o o o -H o o" o o Î-J «id* 5-1 "îl Oi "M -(^ t^ .H Ci , Oî » Ci O -^ -* - ^ ~ CO ^ — o O o O O O o CO ^ O ^ Ci „ CO o o "^ n ^ ro a s s -ei* :C -^ m Ci id^ ^^ «o ^^ CO CO >0 CO CO — ' Ci 80 1-H — o O O O O O o - "-.Il S ° w ■^ >. O 'ii i -^ rt O (1h 02 :^ O •H 3 s5 « ii ■'5 S M œ O) a: '^ '^ 'd o o a '3 ■^ 'S ^ o d C3 ^ O '/: .Q eu *^ „ m ce O S a M ■S ° .„ 3^5 cî n: ;z; M o ;?; o M a o" cj c a -a 0> Ç- a a 'G '3 a a o o a a -a) ^ a THAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D' A. VOEI.CKER. 11 s'élève jusqu'à 0^'',2743. Une pareille eau est absoUimenl improj)ro à la boisson et mauvaise pour les usages domesliques'. Les eaux n"* 2 et 3 doivent également leur forte teneur en nitrales à des intillralions de liquides animalisés. Le n" 9 provenant d'ime localité, dans le comté de Warwick, renferme '1«"",3467 de résidu so- lide par litre, composé, outre les nitrales, de sel marin, de sulfate et de carbonate de clianx, dans une proportion (jue Ton no trouve pas dans les eaux potables communes. De plus, l'eau était colorée et contenait beaucoup de matière organique soluble, d'origine ani- male^ L'eau n° o l'ecueillio dans une localité du comté de Norlhampton est encore plus chargée de résidu solide : 1^',7â25 par litre, et titre juscpi'à O^'jâBlO d'acide nitri(pie qui doit la faire rejeter comme bois- son et pour l'usage domesti([ue. L'analyse n° 4, qui indique près de 2 grammes et quart de résidu solide par litre et O^^Olô? de matière organique, assigneà l'eau le même caractère insalubre^ l)ar suite d'imprégnation de matières animalisées. L'eau n° 5, de couleur légèrement jaunâtre, abandonnait un ré>idu (l^"", 731 par litre), de matières solides brunes qui, soumises à une cbaleur forte, devenaient noires en répandant des fumées acres el nauséabondes, dues à la combustion de matières organiques* non oxydées. L'analyse n** Ose réfère à l'eau d'un puits public des environs de Londres ; colorée en jaune, elle laissait par l'évaporalion jusqu'à siccité un dépôt de couleur brune, tournant au noir par l'incinéra- tion. Comme dans l'analyse précédente, la teneur en ammoniaque organitpie ou albuminoïdca été directement déterminée; elle révèle l'inliltration des liquides d'un cimetière contigu'. Dans les deux échantillons n"* 7 et 8 d'une même eau, rcgai-dée comme contagieuse, à l'occasion d'une attaque de fièvre typhoïde. 1. Annual report of I lie conxiiUhuj du-mist. Décembre ISGo. 2. Annual report, etc., déccml)rc 1S7I. 3. Annual report, etc., décembre 1873. •i. Annual report, cfc, décembre 1870. j. On (he cninpoiition, etc., of driiihimj wnler, etc., I)i7.j. 12 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Vœlckei' constate par l'analyse que la proportion de résidu solide par litre y est beaucoup plus forte que dans les eaux potables de con- sommation usuelle ; qu'elle renferme plus d'ammoniaque que ne le comportent ces eaux ; que dans le n" 8, la teneur en matière organique oxydable est excessive; que dans le n" 7, la quantité de nitrates et d'acide nitrique est également excessive ; et pourtant l'échantillon n° 8 qui dose peu de nitrates est de beaucoup le plus insalubre des deux, car l'oxydation de la matière organique ne s'y est pas faite au même degré que dans le n" 7. L'eau n" 8 soupçonnée d'avoir causé la mort de plusieurs ani- maux, dans le Lincolnshire, était de couleur jaune, tenant quelques matières légères en suspension, mais inodore. Le résidu par litre atteignant jusqu'à o°',H27 était ocreux, passant au brun à une forte température, et consistait en matières salines, sulfate de chaux, sel marin, sulfate de nitrate de magnésie, en excès, outre la matière organique oxydable titi'ant près de 2 milligrammes d'ammoniaque albuminoïde. L'eau ainsi chargée d'impuretés organiques, jointes à des sels minéraux en abondance, avait pu parfaitement empoisonner les animaux qui l'avaient consommée. Eaux chargées de sels métalliqnes. — Les matières organiques dans l'eau destinée aux usages de la consommation ne sont pas les seules susceptibles de causer l'empoisonnement ; certaines combi- naisons métalliques solubles, notamment celles dues aux composés de plomb, ne sont pas moins toxiques quand la dose dépasse des hmites déterminées. Il a été reconnu que les eaux douces, bien aérées et pourvues d'a- cide carbonique, exercent une action corrosive sur le plomb et dis- solvent des sels de plomb qui, pour être souvent en quantité minime, n'en sont pas moins nuisibles. Dans le tableau CCLXXXl groupant plusieurs analyses d'eaux douces et d'eaux dures, souillées par des sels de plomb, on remarque que les eaux n°' 1 et 2 qui sont très douces, puisfju'elles fournissent de 5,6 centigrammes à 6,4 de résidu sohde par litre, se sont char- gées de plomb dont les traces ont été constatées. L'eau n" 1 provenait d'un réservoir public dont la conduite principale commu- niquait, par un branchement en plomb de 200 mètres, avec la citerne TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELOKER. 13 de la maison où les liabilaiils avaient ressenti les effets de l'cmpui- sonnement. Les eaux n°' 3 et 4, quoique d'une dureté moyenne, n'en ont pas moins dissout également des sels de plomb, sans doute en raison de leur teneur en nitrates et en chlorures '. TABLEAU CCLXXXI. — Analyses d'eaux douces et d'eaux dures souillées par des sels de plomb. Matiùrp organique oxydable Dxyde de fer Oxyde de plomb Sulfate do cbaux (':M-bouate de chaux Maguiîsiu CMilorure do sodium Nitratea alcalins Silioe soluble Késidu par litre Ammoniaque libre (sels) — organicjuc (albuminoïde) Acide nitrique Degré de dureté 0,0095 » traces » » 0,0236 » » 0,0558 0,0000 0,0004 » 20 0,0010 » traces » 0,023li 0,0()3.s 0,00014 0,000t 0,0050 3" 3. 0,0 u;o traces 0,0987 0,3714 0,00034 0,00043 0,1000 11" 4. 0,012? » traces » » 0,0987 0,355G 0,00037 0,00057 0,1198 12" 0,0741 0,0028 0,0067 0,04i8 0,0187 0,018J 0,0328 0,3339 0,0150 0,2171 L'échantillon n" 5 olTre un remarquable exemple signalé par Vœlcker -, de la quantité d'oxyde de plomb qu'une eau peut dis- soudre et garder en dissolution à l'état de bi-carbonate et de nitrate. L'eau provenait d'un puits foré à proximité d'une fosse à fumier. Il est présumable que les liquides s'inliltraient dans la couche aquifère chargée ainsi de matière organique, soluble en partie sans modifi- cation, et en partie à l'état de nitrates, qui, au contact des tuyaux de plomb, formaient du nitrate de plomb soluble. L'action do l'eau sur le plomb dépend non seulement de son aéra- 1. Annunl repori , etc., for ISSl, décembre is.sl. ?. On llie composition and properlics of drinhiny intler. clc. 1875. 14 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tion, mais encore de la quantité d'air atmosphérique qu'elle ren- ferme. Gomme c'est le cas pour certaines eaux dures, cette action est de plus favorisée par la présence de plusieurs sels, tels que les sulfates et les nitrates. Plus que tous autres sels, les nitrates qui se forment si rapidement par l'oxydation, dans les sols perméables, des matières organiques azotées, exercent une action corrosive sur le plomb. Les eaux très dures, quand elles ont une réaction alcaline, attaquent énergiquement le métal; cependant lorsqu'elles contiennent du car- bonate de chaux dissous dans le gaz acide carbonique, l'attaque est bien plus faible; ce gaz neutralisant à un haut degré l'action dissol- vante de l'oxygène, et convertissant l'oxyde en carbonate, qui est le inoins soluble de tous les sels plombiques. Le carbonate de plomb encrassant les tuyaux, peut naturellement se trouver aussi en sus- pension dans l'eau potable et s'introduire à cet état dans l'organisme; mais en filtiant l'eau, le danger est évité. La plupart des eaux qui attaquent le plomb attaquent aussi plus ou moins vivement le fer. L'hydrate d'oxyde de fer qui se forme dans les citernes elles conduites en fer n'offre d'autres inconvénients que de colorer Teauen rouge et de la troubler au point d'empêcher son usage. Pour ce motif on a proposé l'emploi de tôle zinguée, mais dans bien des cas, la corrosion de cette tôle marche plus rapidement encore que celle de la tôle simple. Sur les points en effet où le zinc ne recouvre pas suffisamment le fer, on observe que les deux élé- ments de la pile galvanique ainsi constituée travaillent plus énergi- quement à la corrosion. Vœlcker donne la composition d'un dépôt incrustant formé de la sorte dans une citerne de tôle étamée : Eau combinée et matière organique 7.93 Oxyde de fer S8.89 Carbonate de chaux 0.18 Silice 0.61 Acide carbonique, magnésie, traces d'acide sulfurique, man- ganèse et zinc ?.3*J 100.00 Ce dépôt consiste principalement eu'oxyde de fer hydraté, associé TKaVAUX et EXl'ÉniEiNCKS DU D' A. VOELCKER. 15 à (le fiiibles quaiililés de earbonaLe de cliaiix, de silice, de magnésie et d'acide carbonique, avec des traces d'acide suiruii(jue, de magné- sie el de /inr. L'eau douce, ne contenant à l'arrivée que des traces d'oxyde de fer, s'était cbargée par le repos dans la cilei-ne de cette •''norme ([uantilé de sel métallique inci'ustant. (1. — Qualités d'une eau potable. Les eaux naturelles, comme on vient de le voir, sont rendues im- pures soit par des matières minérales et organiques en suspension, telles que l'argile, la marne, les substances animales ou végétales plus ou moins décomposées ; soit par des matières organiipies solu- blcs qui colorent l'eau en jaune ou en brun; soit, enfin, par des substances salines et ferreuses solubles qui laissent un résidu (piand on évapore l'eau jusqu'à siccité. Les qualités que l'on doit en conséquence rechercher dans um* eau potable, ou destinée aux usages domestiques, sont' : 1" L'absence de toute matière organique putrescible ; 2° La limpidité et la transparence qui excluent la coloration par des matières floconneuses ou en suspension ; 3° L'absence d'odeur et de saveur désagréables; 4" La douceur ; 5" La fraîchrur. Toute eau (pii renferme plus de o5 centigrammes de résidu s«dide par litre est impi'oprc aux usages domestiques. Moins ce résidu con- tient de cliaux et de sels magnésiens et mieux il convient à la buan- derie, à la cuisson des aliments et à la production de vapeur. On ne peut pas dire toutefois (ju'une certaine dose de .sels minéraux, no- tamment de carbonates, qui rendent les eaux dures, les empèchenl d'être potables. Ainsi, les eaux du terrain crétacé contenant de 20 à 25 centigrammes de carbonate de chaux, sont très potables, bien que dures, à cause de leur limpidité, de leur fraîcheur, de leurs propriétés inodores et insipides et de l'absence complète de subs- lanees organiques décomposables par l'oxydation. 1. A lecture on Ihe dtciniad composition und prnpcrlles of uatcr. — Journ. Hoj. Arjiic. Soc. 0/ F.n(jfatid;\X\'. l" série, 18GI. K) ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'examen d'une eau, sous le i-apport de la qualité potable, peut se faire, suivant Vœlcker, de la manière suivante, sans recourir à une analyse chimique complète : On peut s'assurer, en premier lieu, si l'eau est colorée, en en remplissant un long tube en verre dont on compare la couleur avec celle de Teau distillée versée dans un tube de mêmes dimensions; ou bien en juxtaposant sur du papier blanc deux flacons de même taille, en verre de Bohême, remplis de l'eau à examiner et d'eau distillée. Beaucoup d'eaux de rivières ont une nuance verdâtre; les eaux tourbeuses ou souillées d'impuretés dues au drainage ont une couleur plus ou moins jaune. Le môme essai permet de juger si l'eau renferme des particules en suspension, en tenant le vase, bien éclairé par le haut, contre un écran noir ou une surface peinte en couleur foncée. Quand on aperçoit des matières en suspension, on peut laisser reposer le vase pendant quelcjucs jours, et décanter soigneusement, ou bien hlti'cr l'eau qui surnage, pour examiner de nouveau si elle est limpide. Il se peut que les particules suspendues soient de l'argile ou de la marne et qu'un simple repos ou filtrage puisse en débarrasser l'eau. En deuxième lieu, poin- reconnaître l'odeur, quand elle ne se trahit pas immédiatement, on rempht un grand vase ou flacon de Teau à examiner ; puis on le vide presque complètement, et on inhale l'air qui a remplacé l'eau. Si on a la précaution de chauff'ei' très légèrement, on pourra discerner ainsi les plus légères émana- lions. Il est facile encore de remplir d'eau une bouteille parfaitement piopre, de la boucher avec un bouchon neuf ou à l'émeri et de la déboucher au bout d'une semaine de repos. On discerne ainsi non seulement l'odeur, mais les changements qui ont pu s'opérer; no- tamment, on verra si aucune végétation s'est développée, accusant la présence de matières organiques. Kn troisième lieu, on évapore un demi-litre d'eau dans un vase de porcelaine, ou mieux de platine, pour reconnaître si, en diminuant (le volume, elle garde sa limpidité et sa couleur, ou bien si elle se trouble et se nuance en jaune ou en brun. Cette coloration révèle la présence d'impuretés organiques. Poussée jusqu'à siccité. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 17 l'évaporalion laisse un résidu qui, s'il est tout à fait blanc, indique Tabsence de malièrc organique à des doses notables. Quand le ré- sidu est coloré par la matière organique, on s'assureia si cette matière est inolTensivc ou dangereuse pour l'économie, en notant l'odeur que dégage la combustion du résidu dans une nacelle de por- celaine ou de platine, cliauffée par un bec de gaz ou par une lampe d'esprit-de-vin. La matière végétale ou tourbeuse se traliit par une odeur particulière, et les fumées qui sont légèrement acides, rou- gissent le papier bleu de tournesol bumecté d'eau. La matière d'ori- gine animale, dont l'odeur rappelle celle de la corne ou des cbeveux brûlés, par ses fumées à réaction alcaline, ramène au bleu le papier rougi et mouillé. Lorsque ces premiers essais n'ont pas paru satisfaisants et que l'on se décide à faire analyser l'eau dans un laboratoire, il faut avoir soin de remplir plusieurs fois de suite le flacon dans lequel on doit envoyer l'eau à examiner. Le flacon doit avoir une contenance d'un litre au moins, être boucLé à l'émeri, et capucbonné par un mor- ceau de toile ou de cuir, que l'on ficelle autour du col et que l'on assujettit au besoin à la circ\ Le moyen d'épurer les eaux en recourant à la distillation, au filtrage et à la précipitation, que Vœlcker décrit, n'oiïre rien de particulier qui mérite de nous arrêter. D'ailleurs les filtres Spencer et Biscliofl" et le procédé du docteur Clark d'Aberdeen, pour pré- cipiter les eaux par la cbaux caustique, ont été de longue date rem- placés par des appareils et des modes de traitement plus perfec- tionnés. 2. — Eaux d'irrigation. Les avis sont très partagés quant à la cause de l'efficacité des eaux employées à l'irrigation des terres ^ Pour les uns, l'action fertilisante est due uniquement aux ma- tières en dissolution; pour les autres, les eaux destinées à l'irriga- tion doivent être troubles et impures ; pour d'autres enfin, les eaux 1. On tlie composition and propcrlies of drinking ivater, etc. Londres, 1875. 2. On irrigation ; a lecture by pro/essor Vœlcker. — Journ. liog. Agric. Soc. of England. l8Gô. ANN. SCIliNCt; AURON. — 1887. — II. 2 18 ANNALES DB LA SCIENCE AGRONOMIQUE. limpides sont celles qui produisent les meilleurs résultats. Tantôt on recommande l'emploi d'eaux douces; tantôt, de préférence, les eaux dures, ici, c'est à l'acide carbonique dissous dans l'eau qu'on attribue l'efTet favorable des eaux, et là, on lui attribue les mauvais résultats de l'irrigation. Enfin, la température des eaux qui, pour tels praticiens, est l'agent efficace de fertilisation, pour d'autres, est absolument indifférente. Tous ces avis s'efl'acent devant l'étude des pbénomènes accomplis par l'eau au contact du sol, dont il n'est point tenu compte. 11 est en effet bien inutile de discuter de la qualité des eaux, sans examiner en étroite relation avec elles, la qualité des divers sols. On n'ignore pas que sur certaines terres argileuses, des pluies abondantes qui arrosent par le fait, car elles séjournent des jours entiers sur les prés, sans écoulement, ni évaporation, remplacent avantageusement l'emploi de l'engrais. Dans les printemps peu plu- vieux, les engrais qu'on applique à ces terres restent sans effet; et dans les années humides, aucun engrais ne saurait suppléer la pluie quant à ses effets fertilisants. C'est qu'ici l'eau dissout les éléments du sol (jui contribuent à augmenter le rendement en herbe. Sur des terres bien fumées, mais légères et sablonneuses, l'eau qui tombe abondamment au printemps a pour effet de diluer par lavage les matières solubles, telles que le nitrate de soude et même le guano. Ainsi, l'eau pure qui exerce une action favorable sur cer- taines terres, peut en exercer une préjudiciable sur d'autres terres et, ce que l'eau de pluie accomplit, l'eau de source l'accomphl éga- lement dans une certaine mesure. Le rôle de l'eau par rapport au sol est multiple. L'eau introduit d'abord de l'air dans le sol, et pour toute iniga- tion bien conduite, l'eau ne doit pas seulement s'écouler à la sur- face, mais filtrer à travers le sol. Par ce motif, le sol doit être per- méable : il ne suffît pas qu'il soit drainé superficiellement, mais profondément, par des moyens naturels ou artificiels. En amenant l'air dans le sol, l'eau introduit en même temps deux éléments essentiels de fertilité, empruntés à l'atmosphère; l'ammoniaque et l'acide carbonique, qui facilitent la solubililé des matières orga- niques et minérales, nécessaires à la végétation. Les matières orga- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKER. 19 niques sont rapidement détruites par l'oxygène de l'air, et les élé- ments azotés sont transformés en nilratcs qui agissent comme stimulants de la végétation. Les nitrates dont on constate la pré- sence dans toutes les eaux de drainage, se retrouvent dans les eaux de source et résultent évidemment des produits de l'oxydation des matières organiques contenues dans le sol. Les matières minérales subissent des modifications non moins im- portantes. L'acide carbonique présent dans l'eau pluviale, comme dans l'eau de source, dissout bien des matières minérales que l'eau pure n'eut pas altérées. Les eaux dissolvent ainsi des quantités plus ou moins appréciables de phosphate de chaux, dans les roches qu'elles traversent, et décomposent les silicates naturels, pour mettre les phosphates et les silicates à la disposition des plantes. L'eau exerce enfm sur le sol une action spéciale; elle élève sa température. On sait que l'eau est plus dense à quatre degrés au- dessus de zéro; aussi, quand la temp(?i"ature de l'air ambiant s'a- baisse à 0°, l'eau se refroidissant, au Heu de devenir plus dense, et de descendre, elle s'élève dans les couches supérieures du sol jusqu'à ce qu'atteignant la température de zéro degré, la glace se forme qui conserve l'eau inférieure à la température de quatre degrés; de telle sorte que sous la glace l'eau marque quatre degrés de plus que l'air ambiant pendant la gelée. En moyenne, la température des sources naturelles excède de cinq degrés celle de l'air pendant les mois où l'irrigation a lieu, bien qu'elle présente de grandes variations. Des eaux de source qui semblent froides durant Tété, et chaudes pendant l'hiver, montrent au thermomètre une température uniforme, que l'air n'affecte pas. Ces eaux, toutes autres circonstances égales d'ailleurs, sont plus favorables pour l'irrigation, car elles apportent dans le sol même, au profit des racines des plantes, un certain degré de chaleur qui résulte de la filtration de l'eau. a. — Eaitx (les égouls des villes. Sous le rapport des eaux préférables pour l'irrigation, il y a lieu d'examiner en première hgnc celles (jui proviennent des égouts des villes. 20 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Il est certain que les eaux d'égoul, qui consistent en eaux natu- relles, plus ou moins chargées de matières excrémentitielles, sont des agents précieux de fertilité, contenant de l'ammoniaque, de l'a- cide phosphorique et de la polasse. Elles ne doivent pas être reje- tées, mais utilisées, quand cela est possible, sur le sol. Les matières organiques que renferment les eauxd'égout se trans- forment en nitrates dont la plus grande partie est enlevée rapide- ment par les plantes appropriées à l'irrigation. Le ray-grass devrait être principalement cultivé, et peut-être exclusivement, sur les terres arrosées à l'eau d'égout, car cette herbe convertit le plus ra- pidement en matière succulente les principes solubles, au fur et à mesure qu'ils deviennent disponibles, et empêche la déperdition des matières fertilisantes par les drains. Malgré tout, cette déperdition est énorme, et Vœlcker, après examen des prés irrigués du domaine de Lord Hatherton, à Teddesley, dans le comté de Stafford, a tout motif de croire que l'eau de drainage est parfois plus utile pour l'irrigation que celle des sources naturelles de certaines localités. Sur les terres bien fumées, l'eau qui filtre enlève plus qu'elle n'apporte au sol ; il en est de même lorsque les eaux d'égout sont distribuées en trop grande abondance ; la plupart des principes fer- tilisants sont entraînés par Teau de drainage. il a été constaté par exemple que, de l'eau d'égout appliquée à une prairie et titrant O-'fjôSO de matières solubles, titrait encore après drainage dans le sol 0^'",535. La plus grande partie de l'ammo- niaque avait, il est vrai, été absorbée, car surO^^OSl d'ammoniaque, il ne restait plus dans l'eau de drainage que 0s'",0i4; mais il s'était perdu 0^'',014 d'ammoniaque par litre d'eau répandu sur la prairie mise en expérience ^ En outre, l'eau de drainage renfermait plus de 4 p. 100 d'acide nitrique provenant de la matière azotée, ou même de l'ammoniaque, tandis que l'eau d'égout, avant son emploi sur le sol, n'en contenait pas. Vœlcker a constaté la présence de l'acide nitrique dans plusieurs eaux potables convenant à l'irrigation; elle est appréciable du reste dans toutes les eaux de sources naturelles. 1. Third report of Ihe commission for inquinj inlo tlic best mode of distributing Ihe sewage of towns, p. -iS ; London, 1863. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D' A, VOELCKER. 21 Une question à étudier à fond est celle de l'évaluation du volume d'eau qu'une surface de sol déterminée reçoit par la pluie et par les sources d'arrosage, et du volume d'eau qui s'échappe parles drains, afin de s'éclairer sur l'épuisement du sol. Il est impossible de resti- tuer à la terre économiquement tout ce qu'on lui prend; car les causes naturelles de déperdition sont plus nombreuses que celles dont nous pouvons nous rendre compte par le simple enlèvement des récoltes. Il n'y a guère lieu de revenir sur les conclusions auxquelles Vœlcker est arrivé pour l'emploi des eaux d'égout à l'irrigation des terres arables; nous les avons déjà rapportées endétail\ Déjà, dans la commission d'enquête instituée en 1862 par la Chambre des communes, pour rechercher le meilleur mode d'utili- sation des eaux des égouts des villes, au profit de l'agriculture ^ Vœlcker avait maintenu son opinion que l'engrais liquide peut être avantageusement appliqué aux sols légers et poreux, mais que, sur les terres fortes, l'engrais étant encore plus concentré que dans les eaux d'égout, l'application entraîne des perles plus ou moins sé- rieuses. Les engrais solides les plus pauvres exercent au moins une action mécanique en rendant le sol plus léger et plus poreux, et en permettant la circulalion de l'air. En outre, on répand l'engrais solide, ou le fumier, où l'on veut, là où l'expérience apprend qu'il sera utile, tandis qu'avec l'engrais liquide on ne peut assigner telle partie du sol pour le recevoir et il faut qu'il pénètre la masse en- tière, c'est-à-dire, s'il doit être efficace, qu'il faudra l'employer en grandes ma.sses. On conçoit en effet qu'un liquide tel que l'eau d'égout, qui ren- ferme quel(|ues centigrammes de matière solide par litre, s'il est apphqué à faibles doses, disséminera ces quelques centigrammes dans une niasse de sol où ils demeureront sans effet. Il en serait autrement si ces matières solides pouvaient être séparées et distri- buées en couverture sur une petite surface. Aussi, n'y a-t-il pas à hésiter à répandre l'eau d'égout sur des terres naturellement per- 1. Livre 111, p. ;}27 à 3il. 2. First report from Ihe sclect committee on sewage of towns ; 10 avril 1862. 22 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. méables et profondes, à des doses de 15,000 à 20,000 mètres cubes à l'hectare, afin d'incorporer dans une masse du sol une ([uantité suffisante de matières fertilisantes. L'action capillaire du sol le plus pauvre amène ces matières à portée des radicelles de l'herbe qui végète superficiellement et qui évapore des volumes d'eau considé- rables. Alors seulement on constate sur la végétation un effet mar- qué, que l'emploi de faibles doses de 1,000 ou de 1,500 mètres cubes à l'hectare est impuissant à produire. Dans l'utilisation des eaux d'égout sur le sol, il y a désaccord quant à leur état physique; les uns demandent qu'elles soient claires et limpides, les autres, qu'elles soient troubles ou chargées de matières en suspension. Il est certain que si le sol n'est pas très perméable, les eaux char- gées de matières en suspension produisent à la surface une croûte qui finit par boucher tous les pores du sol et nuit ainsi à son aéra- tion, c'est-à-dire à la fertilisation par les eaux. Au contraire, si un filtrage grossier a été opéré avant l'épandage, l'irrigation produit tous les avantages qu'on peut en attendre, sur des terres qui ne sont pas des sables purs, etc., et qui conviennent moins bien que les sables à l'arrosage. Quant aux cultures les mieux appropriées à l'irrigation, l'herbe vient évidemment en première ligne, parce qu'en sa qualité de ré- colte à croissance rapide, on peut renouveler constamment la ma- tière fertihsante au fur et à mesure qu'elle s'épuise. Il n'en est pas de même des céréales qui ne mûriraient pas, ou des cultures maraî- chères qui ne restent pas assez longtemps en terre pour absorber en quantités suffisantes le sewage dont on dispose toute l'année \ L'herbe arrosée à l'eau d'égout est, en tous cas, de qualité infé- rieure à celle des prairies sèches, en raison de sa végétation rapide qui ne permet pas qu'elle mûrisse aussi complètement et acquière la propriété succulente des plantes végétant lentement dans les prés bien fumés et soignés. L'expérience des cultivateurs qui ont employé l'eau d'égout dans 1 . A lecture on town sewage. Journ. Roij. Âgric. Soc. of England ; XXIIt. 1" série. 1863. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU n' A. VŒLCKER. 23 les meilleures conditions, enseigne d'ailleurs que le rendement aug- mente proportionnellement au volume répandu, et que le sol, agis- sant uniquement comme véhicule des éléments fertilisants contenus dans l'eau, doit être traversé de part en part. Il n'y a pas à compter, pendant l'arrosage en hiver, même quand il s'agit de sols sahlon- neux et de cultures herhacécs, sur un cmmagasincment des matières fertilisantes de l'eau d'égoul dans le sol. Pour tirer le plus de profil possible de celte eau, un piolil pour ainsi dire immédiat, il convient de la répandre en grandes masses, et de renouveler l'application fréijuemment ; l'herbe seule se prête à une pareille utilisation. Vœlcker ajoute que si le sewage a été avantageusement employé sur des terres argileuses, bien drainées, c'est à l'eau que les résul- tats ont été dus, et non pas aux faibles quantités de substances ferti- lisantes qu'elle contenait. L'eau en effet tend à rendre solubles les matières abondamment disséminées dans les sols à base d'argile et à les amener à la portée des plantes. Dans les sables, au contraire, où la nourriture des plantes doit être apportée de toutes pièces pour donner une récolle, les substances fertilisâmes du sewage sont essentielles. b. — Eaujc de colmatage. D'autres eaux que celles des égouts renferment des matières en suspension et contribuent par les dépôts qu'elles laissent à la fertilité de sols naturellement stériles; c'est ce qui arrive pour l'irrigation des eaux du Nil sur les sables du Delta. Au moment des crues, d'a- près l'analyse que Vœlcker a faite, les eaux de ce fleuve tiennent quatre fois plus de matières en suspension qu'à l'étiage ordinaire. Kii dehors de ce limon, elles tiennent en dissolution O^^'ViôO par litre de matières solubles; mais on peut dire que la fertilité est due surtout au colmatage des rives. Chaque crue du Nil dépose à la su- perficie une couche de sol vierge. Chargé d'analyser les eaux du fleuve pour reconnaître à ([uelle période des crues elles sont plus fertilisantes, Vœlcker a déterminé leur composition au début et à la fin de la crue (tableau CCLXXXil). Dans l'échantillon n" 1, l'eau limpide, après filliage, a laissé un ré- 24 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sidu solide par litre, de 0s'',2548. Quoique renfermant très peu de matières solubles, l'eau avant la crue est riche en carbonates de soude et de magnésie. Après filtrage, elle est salubre et d'un goût agréable. L'échantillon d'eau n° 2, colorée en rouge vif, a perdu sa TABLEAU CCLXXXII. — Composition de l'eau du Nil. Matières en suspension. . . . — en dissolution Composilion des matières en suspension. Matières minérales (argile, sable et oxyde de fer) . — organiques (') Composition du résidu de Veau filtrée. Matière organique . . . Oxydes de fer et alumine Acide phosphorique Silicate de chaux Carbonate de chaux — de magnésie. — de potasse. — de soude Chlorure de sodium Sulfate de chaux — de potasse Nitrate de potasse (') Contenant azote — égal à ammoniaque . , Au début de la crue. 1 par liirc. 0,3398 0,2518 O,-2079 0,0119 0,3;J98 0,0302 0,0010 traces. 0,0264 O,0G21 0,0400 0,0094 0,0465 0,0328 » 0,013i 0,0026 0,2644 0,0015 0,0018 Eu pleiue crue. par litro. 1.2480 0,1694 1.1616 0,083i 1.2480 0,0220 0,0119 traces. 0,0552 0,0201 0,0IG4 1) 0,0068 0,0112 0,0188 » 0,0120 0, 177i 0,0037 . 00 i 5 coloration, due à l'oxyde de fer, après un certain temps de repos. La diminution des matières solubles par rapport à l'échantillon n" I est remarquable; et comme l'eau n" 2 contient beaucoup plus de ni- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 25 trate de potasse, il semblerait que la matière organique azotée se convertit pendant la crue en acide nitrique, qui se combine à son lour avec la potasse. Il y a lieu encore d'observer que les matières organiques en suspension dans l'eau n'' 2 ne tiennent pas moins de 4 milligi'ammes et demi d'ammoniaque par litre; par conséquent, chaque mètre cube d'eau du Nil en crue apporte au sol i kii-i- grammes et demi d'ammoiiiaiiue sous forme de matière organique en suspension. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de la fertilité des districts arrosés par les eaux du fleuve, et de leurs effets surpre- nants sur la végétation, d'autant plus que la matière organique y est à un état de division aussi grand que celui des substances miné- rales et salines' avec lesquelles elle est mélangée dans les matières en suspension. Les eaux (jui jouissent d'une température uniforme proviennent généralement de sources souterraines, profondes, et par conséquent, plus riches en matières minérales. C'est sans doute la raison pour laquelle les eaux chaudes en hiver donnent de meilleurs résultats à l'arrosage que celles dont la température subit l'influence de l'air atmosphérique. Le degré de dureté des eaux ne nuit pas à l'irrigation : dans le comté de Gloucester, par exemple, les prairies arrosées avec des eaux très calcaires sontlidmirables. Les praticiens ont été portés à donner la préférence aux eaux douces dont ils attribuent la qualité à la présence d'alcalis. Or l'eau douce ne renferme pas trace d'al- calis, et en général peu de matières minérales, chaux, oxyde de fer ou magnésie. Les eaux dures, au contraire, contiennent plus de potasse, de soude et d'autres éléments minéraux. Parmi les eaux qui conviennent rarement à l'irrigation, celles des terrains tourbeux ou marécageux sont à signaler; non pas, comme on l'a prétendu à tort, parce qu'elles tiennent du tannin qui serait décomposé par l'oxygène atmosphéricpie, ni des acides bumiques nuisibles à la végétation; mais parce qu'elles sont presque toujours souillées de sulfate de fer. Il en est de même des eaux trop salines. L'eau de mer ne larde 1. Anmiul report, etc.; d^^cembre 1^03. 26 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pas à frapper le sol de stérilité, quoique, employé à petite dose, le sel marin améliore les prés d'embouche. 3. — Eaux de drainage. Aucun des éléments constituant le sol n'affecte aulant sa puis- sance de production que l'azote, mais aucun n'est aussi rapidement absorbé par les récoltes et ne disparaît aussi complètement du sol, soit par les plantes qui s'en nourrissent, soit par le drainage des eaux, soit par d'autres causes non encore expliquées ^ Les expériences culturales entreprises par MM. Lawes et Gilbert, à Rothamsted, et les recherches de laboratoire qu'ils ont dirigées pendant quarante années consécutives pour mettre en lumière les résultats de leurs expériences, ont démontré, relativement à l'épui- sement et à l'accumulation de l'azote dans le sol, des faits du plus haut intérêt pour la culture. C'est ainsi qu'ils ont reconnu que, malgré l'effet puissant des en- grais azotés, les deux tiers de l'azote n'ont pas été recouvrés dans l'augmentation de la récolte, les sels ammoniacaux ayant été appli- qués au froment, à l'automne ; mais lorsque le nitrate de soude a été employé en couverture au printemps , la quantité recouvrée n'excède guère la moitié de l'azote appliqué. Avec l'orge, égale- ment, dont la fumure a lieu au printemps, la moitié à peu près de l'azote fourni par l'engrais est recouvrée dans l'excédent de récolte. Dès lors la question se pose de savoir ce que sont devenus, dans un cas, la moitié, et dans l'autre, les deux tiers de l'azote que la ré- colte n'a pas utilisé ? Les recherches de Vœlcker, d'une part, et celles faites indépen- damment par le D' Frankland, sur les eaux de drainage pi'ovenanl des champs d'expériences de Rothamsted où se cultivent le froment et l'orge d'une manière continue, sur des parcelles diversement fumées, depuis raniiée 1844, ont jeté une vive lumière sur cette dé- perdition de l'azote. Le tableau GCLXXXIII présente le résumé de quelques-uns des 1. The in llaence nf Chemical discdveries, etc. London, 1S78. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 27 plus importants résultats ol)teiius par le D' Frankland et par Vœlcker; nous avons cru devoir les reproduire tels que Vœlcker les a lui-même groupés avant d'entrer dans le détail de l'examen qu'il a fait personnellement de 70 échantillons des eaux de drainage des parcelles de Rolhamsted. TABLEAU CCLXXXIII. — Détermination de l'azote dans les eaux de drainage de Broadbalkfield à Rothamsted. AZOTE A l'État ue nitrates h T DE MTRirBS 3 K PO DR 100,000 PARTIES o'BAO de UKAINAOE. '^ ■ < Dr FUASKLAND D'' VŒLCKEU ta 18T2 - 1873. l>56o 1808. JIO Y ENN E S. o Nombre Nombri' ' IVcimbre de de de Y, 2 Fumier de ferme (35,000 kilogr.). . dosages. dosages. dosages. i 0,932 2 1.60G G 1.2G1 3 et 4 5 Sans aucun ODËrrïlîs . G 0,:U(3 0,m49 5 0,300 0,50G 0,:i53 0,t-.'S Engrais minéral . . . 6 — et éS'^, 9 azote. à l'état '^ 0,79.; 5 0,853 0,823 7 — et OO"», 8 azote'. — et ISG^Tazote^ d'ammo- C, 1.177 6 1.400 1.139 8 niaque. 6 1.951 5 1.679 1.S15 — et HO ,8 azote à l'état de iiitratp de soude . . 5 1.039 5 1.S35 10 1.437 Comme le volume d'eau qui passe annuellement parles drains des diverses pai'celles du champ Broadbalk affecté à la culture du fro- ment ne peut être évalué qu'approximativement, il est impossible de déterminer d'une manière précise la perte réelle d'azote que les parcelles ont à supporter par le drainage. Toutefois le tableau CCLXXXIII montre avec une exactitude suffisante que la quantité d'azote qui s'échappe par les drains, sous forme de nitrates ou de nitrites solubles dans l'eau, s'accroît en raison de la quantité d'am- moniaque ou de nitrate appliquée à l'état d'engrais. Les (chiffres du tableau indiquent notamment combien la perte d'azote augmente par le drainage quand les engrais ammoniacaux ou nitrates sont appliqués à haute dose pendant l'automne, et même au printemps, lorsqu'il survient des pluies abondantes. 28 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. D'autres expériences faites à Rolhamsled ayant permis de conclure que, suivant les saisons, un quart ou près de moitié de la pluie tombée annuellement peut pénétrer jusqu'à un mètre de profon- deur dans le sol de Broadbalk, il s'ensuit que pour chaque centi- mètre de hauteur de pluie passant par les drains, entraînant une partie d'azote dans 100,000 parties d'eau, la perte d'azote pro- venant de l'engrais apphqué au sol est de 1 kilogramme par hec- tare. Dans l'eau de drainage provenant du champ Broadbalk, qui avait reçu à l'automne une fumure de sels ammoniacaux correspondant à 92 kilogr. d'azote à l'hectare, Vœlcker a trouvé par l'analyse, à la mi-janvier 1868, jusqu'à 3,75 parties d'azote sous forme de ni- trates et de nitrites dans 100,000 parties d'eau. La perte d'azote par chaque centimètre de hauteur de pluie traversant les drains, s'éle- vait en conséquence à 3'',75 environ par hectare. En supposant que pendant un hiver pluvieux plusieurs centimètres de pluie viennent à s'écouler par les drains, et que, dans le courant de l'automne, de l'hiver et du printemps de 18 à 25 centimètres d'eau passent en dehors de la portée des racines, il s'ensuivrait que la perte de l'azote peut être très considérable. Les analyses qui seront plus tard faites des eaux de drainage, quand on pourra mesurer le volume exact de l'eau qui passe parles drmns, montreront probablement que la proportion, de beaucoup la plus importante, de l'azote non recouvré dans la récolte, se perd par le drainage. a. — Expériences analytiques. Le champ de Rotharasted, consacré à la culture continue du fro- ment, connu sous le nom de Broadbalkfield, mesure une superficie de 5,66 hectares, partagée en parcelles expérimentales de 27 ares environ, qui depuis 18'44' ont été traitées de la même manière, à savoir ' : N" 2. Fumier de ferme; 35,000 kilogr. chaque année; N°' 3 et 4. Sans engrais; t. IMhamsted : Trente années d'expériences de MM. Lawcs et Gilbert, par A. Ronna; Paris, 1880. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOECCKER. 29 N° 5. Engrais minéral composé de 2i4 kilogr. de sulfate de po- tasse, 112 Ivilogr. sulfate de soude, 112 kilogr, sulfate de magnésie et 440 kilogr. superphosphate de chaux ; N° 6. Même engrais minéral cpie dans le n" 5, plus 224 kilogr. sejs ammoniacaux renfermant .46 kilogr. d'azote; N° 7. Même engrais minéral que dans le n" 5, plus 448 kilogr. sels ammoniacaux renfermant 92 kilogr. d'azote; N" 8. Même engrais minéral que dans le n° 5, plus 072 kilogr. sels ammoniacaux renfermant 138 kilogr. d'azote; N° 9. xMême engrais minéral que dans le n" 5, plus 016 kilogr. nitrate de soude contenant 92 kilogr. d'azote ; N" 10. Sans engrais minéral, 448 kilogr. sels ammoniacaux con- tenant 92 kilogr. d'azote; N° 11. Sels ammoniacaux 448 kilogr. et superphosphate 440 kilogr. ; N" 12. Sels ammoniacaux 448 kilogr. ; superphosphate 440 kilogr. et sulfate de soude 411 kilogr.; N° 13. Sels ammoniacaux 448 kilogr.; superphosphate 440 kilogr. et sulfate de potasse 224 kilogr.; N° 14. Sels ammoniacaux 448 kilogr. ; superphosphate 440 kilogr. et sulfate de magnésie 314 kilogr. ; N" 15 a. Mélange d'alcalis (224 kilogr. sulfate de potasse, 112 ki- logr. sulfate de soude et 112 kilogr. sulfate de magnésie), plus 440 kilogr. superphosphate préparé avec l'acide chlorhydrique et 448 ki- logr. sulfate ammoniacal ; N° 15 b. Même mélange d'alcalis qu'en 15 a, plus 440 kilogr. superphosphate, 336 kilogr. sulfate d'ammoniaque et 560 kilogr. tourteau de navette ; N° 16. Mélange d'alcalis comme en 15 a, plus 440 kilogr. super- phosphate et 896 kilogr. sels ammoniacaux, de 1852 à 1864; puis à partir de 1865, sans engrais. En perçant des trous à l'extrémité de chacun des drains qui tra- versent les parcelles par le milieu, des échantillons d'eaux de drai- nage des parcelles qui viennent d'être désignées ont été recueillis à cinq époques différentes, donnant lieu à cinq séries d'analyses : le 6 décemhre 1866, le 21 mai 1867, le 13 janvier 1868, le 21 avril 30 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. o ce a e e (d A •O es e pq o •a ta o a a o n o > •F-l t3 »0 lO r- co >o 'O lO t^ i ai C 3 «S -a CL. 'A O "9 t- -* ri :^ lO o r- Ci tO -" o 00 -^ o o w oooooooo w-fcor--Hî00co C0WÎ003»-tOO'H Oi-HiHt-lOOOO ooooocToo o ~f ■H o ce co oo o Ti -t< r- co *-( o — < fM o o o o oooo oooo C0'^O«(MOWt-( 0(N-HIN0000 OCOCOÇOi^^COOS oooooooo o 05 -H o -* o ri — . ri 0^ Cï -M ri o ri ri oooo oooo co o 01 -< !>. in co co ri co — ' -^ ^H »o ^ »o n ic o r) rH o ^ w o^o^oooo o o o o o o o cT s ■3 2 ^ 3 O ce Xi 3 3 -^ 'a - i g O ce 3 <« o o o. a o o o co ç2«tot--^t_io^ O 00 o 00 'J tg TU -1 rt lO CO m !N lO 00 OO^t-ÇOC^OOCl co o iH o O'MWCÎOO OO co o r-l t- O O O O O O O O o O o o t— C50N-^-^r— o es «) X o o •^ h- T« r- ■o O ■ o r-t r> >o n o r-l »> CO n iH o iH w ri o n O o o O O o O o m o o co o o o o O o O o o o o o CflOO'Mr^O rHt^rH O co co 'Jl (Mos-jiifïrinrio -~o co lO coei— 'tooo^ri o o r~ co OrHr-lOOOOO ?r O O lO oooooooo o o O o 03 • p. . -(D u a -2 ^ a o m o o. o !!) 3 1 =?■ o- t4 M a a o 0) •d a o -«i < C3 Cil 3 T3 TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. 31 1808 el le 29 décembre 1869. Pour chacune de ces séries, les drains, aux dales choisies, élaient en plein écoulement. Première série. — Les analyses des \S échantillons d'eau de drai- nage de la première série, recueillis le décembre 1806, donnent heu à des observations importantes (tableau CCLXXXIV). l. Le résidu total par iili-e varie considérablement suivant les en- giais de chaque parcelle. !:2. L'influence de la fumure à l'engrais minéral et ammoniacal (par- celle 16) qui n'a plus été appliqué à partir de 1864-, est encore sen- sible, quoi(jue la diflerence entre le résidu soUde de la parcelle 16 et des parcelles 3 et 4 sans engrais soit seulement de 0^'',0292 par litre. 3. Les engrais ammoniacaux augmentent la proportion d'éléments minéraux de l'eau de drainage, d'autant qu'ils ont été apphqués en plus grande (piantité. A. Les engrais ammoniacaux augmentent notamment la proportion de chaux combinée, dans l'eau de drainage, à l'état de nitrate en grande partie. 5. Les parcelles qui ont reçu des chlorures laissent passer dans l'eau de drainage plus de chlore à l'état de chlorures que les au- tres parcelles. 6. Il en est de même de l'acide sulfurique ; ce qui confirme les essais du professeur Way pour démontrer que le sol n'absorbe ni ne retient les éléments acides des sulfates et des chlorures. 7. La proportion élevée de silice soluble contenue dans l'eau de drainage de la parcelle 2, fumée depuis 1844 avec du fumier de ferme, paraît résulter de la paille riche en silice. 8. Les treize échantillons d'eau sont remarquablement pauvres en ammoniaque, bien que plusieurs parcelles aient reçu des doses con- sidérables d'engrais ammoniacaux. Si l'on se reporte aux dosages de l'ammoniaciue et de l'acide ni- trique dans l'eau de pluie tombée en 1855, à Rothamsted, faits par le professeur Way (tableau CCLXXXV), on constate qu'il y a plus d'ammoniaque dans l'eau de pluie moyenne de l'année que dans les eaux de drainage soumises à l'analyse ; Way avait en elîet trouvé 1.228 p. 100 d'ammoniaque dans 1,000,000 d'eau de pluie, et MM. Lawes et Gilbert une partie seulement, en moyenne. 32 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Vœlcker, dans l'examen qu'il afiiit des eaux de drainage, à toutes les époques de l'année, n'y a toujours décelé que des traces d'am- moniaque, tandis que la proportion en acide nitrique y est toujours plus élevée que dans l'eau de pluie. TABLEAU CCLXXXV. — Dosage de l'ammoniaque et de l'acide nitrique dans l'eau de pluie recueillie en 1855 à Rothamsted. MOIS DE l'année 1855. AMMONIAQUE. ACIDE nitrique. Janvier Grammes. 0,0131 0,0143 0,0123 0,0146 0,0114 0,0148 0,0087 0,0tl4 0,0135 0,0087 0,0077 0,0095 Grammes. 0,0024 0,0060 0,0030 0,0050 0,0050 0,0114 0,0024 0,0035 0,0030 0,0051 0,0025 0,0024 Février Mars Avril Mai .Juin Juillet Août Septembre Octobre iVovembre Décembre Moyennes 0,0116 0,00 47 9. Les parcelles 3 et 4 laissées sans engrais depuis 25 ans, renfer- ment dans l'eau de drainage de l'acide nitrique en quantité appré- ciable, mais moindre que dans les autres parcelles. Dans la parcelle 16 fumée à l'aide d'engrais ammoniacaux jusqu'en 1864 seulement, la teneur de l'eau de drainage en acide nitrique est encore plus forte que dans les parcelles sans engrais. Quoique le fumier de ferme ne contienne pas de nitrates, l'eau de drainage de la parcelle 2 titre 0^'',0753 par litre d'acide nitrique, trois fois plus que l'eau des parcelles sans engrais : il s'ensuit qu'il est préférable de fumer à des doses plus réduites chaque sole d'une rotation, au lieu d'appliquer une forte fumure de fumier à l'une des soles seulement, pour éviter le risque de la perte des éléments azo- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKEn. 33 tés que. la plnic entraîne dans les eaux de drainage, lorsque la végé- lalion est au repos. 10. La teneiu' des eaux de drainage en acide nitrique semble aug- menter proporlionnellement à la dose d'engrais ammoniacaux appli- qués aux parcelles. Les sels ammoniacaux, dans un sol perméaiilc à l'air, subissent une décomposition ; l'ammoniaque s'oxyde graduellement pour se convertir en acide nitrique qui se retrouve dans l'eau do drainage à l'état de combinaison avec la cliaux, et aussi, avec la magnésie. C'est l'acide nitrique, selon toutes probabilités, et non l'ammoniaque, qui fournirait ainsi aux plantes l'azote contenu dans les éléments du sol. il. L'eau de drainage de la parcelle 9, fumée cliacpie année avec du nitrate de soude représcnlant 92 kilogr. d'azote à l'hectare, confirme le fait que le sol n'a pas le pouvoir d'absorber la soude, ni l'acide nitritjue, car elle renferme à peine plus d'acide nitrique, au mois de décembre, que les eaux des parcelles 3 et 4 sans engrais. Au contraire, dans la parcelle 7 qui a reçu dos sols ammoniacaux équivalant comme azote au nitrate de soude de la parcelle 9, l'eau de drainage renferme trois fois plus d'acide nitrique. Il s'ensuit que le nitrate dont l'action est plus immédiate et plus rapide que celle des sels ammoniacaux est plus facilement entraîné, et que, dans les années pluvieuses, il y a tout intérêt à retarder l'ap- plication en couverture du nitrate. Deuxième série. — Sauf la parcelle 2 dont l'eau de drainage ne put être recueillie en quantité suffisante au mois de mai 1807, les analyses des eaux des autres pai'celles furent répétées en dosant séparément la potasse, la soude et l'acide carbonique, ainsi que l'a- cide phospborique, mais en négligeant l'ammoniaque dont de fai- bles traces seulement avaient été reconnues (tableau CCLXXXVl). Le résidu solide par litre varie entre 0«''",237,"3 (parcelles 3 et 4, sans engrais) et 0^',A6iS (parcelle 14- ayant reçu 448 kilogr. de sels ammoniacaux mélangés avec du superphosphate et du sulfate de magnésie). Sur la parcelle 5, qui a été traitée seulement par de l'en- grais minéral, sans azote, le résidu composé presque exclusivement de matières minérales, est seulement de 0''',2887 par litre. Sur la parcelle 10, au contraire, qui n'a été traitée que par des sels ammo- ANN. PCIICNCK AOnoN. — 1 S87 . — II. 3 34 ANNALES DR LA SCIENCE AGRONOMIQUE. •a ce Xi o tu Vi A 13 O S.4 m o •o 03 •03 a G 03 S 03 m u 03 > I» 03 ^- C— 03 CO - (0 E 03 c ^ T3 - «ri X 03 Cl - 05 - OS 03 Ri ;-■ 03 •O X 03 m 03 S3 O O eu o u > X X XS u u & M GO H X — —^ -^ rs co \r o I- t- ■/: .cm-* 7^ — u. ^ i: CO c IC •-= 'O o -M -« VO Cl O o «-c-ooïirs-i o oo o c: c- S ? iH o ~o_~oo_0 7io c oo o Ï5 ^ o o o" o c o o o~ o c" o c :£; -_ -i t- >C 'XOiC-N^ COOJi -r CO % ." -0) (M CO CÏW^7IC5 -^rtOO -f -H w KROaooor^-. o OM o — tl *-^ o o OOW^IO OOO •^ ô •^ 1 >> 1 a e o o O'OOOC OOO o o ■:c i) Oj Q^ IN -* te M o îl « CTj -o ..- ^ CO V, 7-1 lO C2 .c iC lO lO «n CT5 Î'I -^ u> O SÏ0300CC1-— o o« o •^ — ~ iH O o OOOIMO OOO —cl c: g; ■/i C. o" o OOOOO o OO o o < CQ a^ sO t» o co^-ot-o t-»oo ^ -H U O ." O iH C5 ro ^-o Hf w »o ic 00 »-* 1^ -tl ^ / O -D ■M IN a— soaoo^^ o Oco 71 o > — ; Z 1-1 O o o Ot-iO^O OOO -r ô c G w «■- O O o OOOO OOO o o t^ QO OO-TjlOt- -"«« ce o ■-I o t- "T ^ H*«-^iCt- -t*t^t- 00 >4 i~i saO^OOCDCO— ' o O-M CO o < > — — ^ iH o o OOO (NO o oo CO o 03 Z" 7. ce - o O OOOOO o oo o o a 03 o -f»0^t>»THiO^ o i.O Ul wj -M tO -M '-O o -H -* CD l' Oï O 9Q asOS«o— "Oi-t o O^ 5 Ô tH O o OOWOOOO CO O o o" o~ o" o o" c" o o o / ^ _; -^ -+ CO W >0 os --T' C^ .^ ÇO o Ol g 1 13 "1 t- ^ « o ce >c -H --x ■-: o — C^ -^iftaOaarOiCO'-l o o»H o6 CO > r î (M N O oo o o^oooo CO o es •- « J C 05 C3 o oo o OOO OOO 1 = o >^ ^ !~ « o o«oo -l-"0 ^^ l'* 'sk O t- -H ^ t^ -ro ;o r^ CO o t— <; '/: X 8, -M ftRaORr--— fO -fco^ es o ^ - £i M asSOÏÎOr-O^ OOrH o o < ©1 C o O^ 00(N_0 OOO CO o K( ai Zj C3 ^ o o' <£<£<£<£ o"o~o c o~ < "3 ^ ^ X co 7^ o « -^ 00 »Hco^r-»c^o»-( es -t c t^ C* tH es tO »- -p lO t^ ce -M l~- o CO > o 'M aO aO ao CO OOOOO— < CO o ;= '$ ■M 00 O O o oo— -ooooo CO o 9 C C3 o~ O o oooooooo o o t^ CO CO ^OOIN-^CCMICO-H t^ CO (M N r^ CO -* t- OS O O r~- t" C» Ol 'O *H aO aO aoOt-OOOOO CO o 7" O O o OO-HOOOOO IN o \ "' O o >£ o" o' o" cT o" o~ o o cT o « ^ lO OOS^Mt^^t^iOCC CO o GO 0-. 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En outre, à l'exception de l'eau de la par- celle 9 traitée par le nitrate de soude, les eaux des autres parcelles renferment moins d'acide nitrique au mois de mai qu'au mois de dé- cembre. La différence de teneur en acide nitrique des eaux prove- nant de parcelles traitées par le nitrate et par les sels ammoniacaux, corrobore l'action plus énergique du nitrate sur la végétation. Pen- dant la croissance active des céréales qui ont reçu du nitrate en cou- verture, un excès considérable de substances nutritives azotées cir- cule dans le sol, qui ne se rencontre pas pendant la même période dans le sol traité par les sels ammonia(;aux. Les analyses de toutes les eaux du mois de mai indiquent la pré- sence de faibles quantités de potasse, tandis que pour la soude, dans les eaux des parcelles 9 et 12 traitées par le nitrate et le sulfate de soude, la proportion est beaucoup plus grande que dans celles des parcelles sans engrais. L'acide phospliorique dosé directement dans trois échantillons (parcelles 3 et 4, 5 et 6), est représenté par des milligrammes, ou des fractions de milligramme. Quant à l'acide sulfurique, la proporti(ju paraît augmenter jiro- porlionnellement à celle de la chaux ; ce que l'on doit attribuer au sulfate d'ammoniaque (jui, en filtrant en dissolution à travers un sol pourvu de carbonate de chaux, se décompose : l'ammoniaque est retenue par le soi, et l'acide sulfui'ique passe dans l'eau de drainage à l'état de sulfate de chaux. Troisième série. — Les analyses d'eau de la troisième série (ta- bleau GCLXXXVII), recueillies le 12 janvier 1868, donnent lieu aux mêmes observations que celles des eaux des séries précédentes. Le résidu solide par litre varie entre 0s'",2S73 (parcelles 3 et 4) et Os"", 4048 (parcelle 14). Dans la parcelle 10 qui n'a plus été fu- 36 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. > X X X ij o u !=) H n < »0 rr' -M o o O rs u* -* i-* o I- -o -.o - -i .o M — . -H « h- oaria 2— r- — o-caooo-H O O ooo — o ocoo o o ooooo oooo o o" co /: -M I,-: t- rs ^ -* -D 'O ; »H I- ^ os "M O M -M o O O o"o cTo" t~ s m X) ^ rj -** ^ o O o -o oooo oooo -< a o a a o o o -M «5 -* iC ce Cï O '^ Cï to I- -M -M O ^ O N -M — O O o' o o o i>- rî >o "M co -• « t~ o o o -^ oooo M o — . o -+ o •;; ^ ■-. c- a I- o » -I — O ■>) -I -I o ooooo co -» o o OJ w-t >'i ZD o o o -+ oooo «5 o" co o o — « 7-1 n îo •^ i£> « o -" -* M O o o ^ ■>! 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A l'aug- meiitation de l'acide nitri(jue correspond celle de la chaux, ({ui se trouve dans l'eau de drainage à l'état de nitrate de chaux. Les analyses de la troisième série confirment la différence du pou- voir ahsorbant du sol pour la potasse et pour la soude, et la faible déperdition de l'acide phosphori(|ue par le drainage. Qualrième série. — La parcelle ^, tiaitéeparle fumier de ferme, nayant pas iburni assez d'eau le 21 avril 1806, manque dans la qua- trième série, pour laquelle on a déterminé non seulement la potasse et la soude, et l'acide phosphorique, mais aussi l'ammoniaque, (|uand elle se trouvait à une dose appréciable (tableau GGLXXXVUI). On remarquera que le résidu solide varie beaucoup moins que dans la série précédente. Sauf pour la parcelle 9, traitée par le ni- trate, dont l'eau de drainage laisse un résidu de 0^'',6824 par litre, le poids du résidu des eaux des autres parcehes est compris entre 08',-2017 et08^4228. Les éléments solubles nutritifs que renferme le sol paraissent ainsi être mieux absorbés par le froment dans la saison de printemps, pendant laquelle la déperdition due au drai- nage est moindre qu'en automne et en hiver. Toutes les autres observations faites précédemment se vérifient ici quant à la potasse, à la soude, à l'acide phosphorique, etc. Il y a lieu de noter la proportion insolite de silice soluble dans les eaux de certaines parcelles, telles que 6 et 13, et la teneur élevée en aciile nitrique des eaux de la parcelle 9, traitée par le nitrate de soude. L'acide nitrique qui se perd n'est pas seulement combiné avec la soude, mais encore avec la chaux, la magnésie et la potasse. 38 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. •a a> a .£3 O «d M etf o u n o ea •o a a o m u « 09 ■^ ] ■S ij es ^ •O o TJ M ce o Dl d o M O a o > M X u u < M ■Jl CB 1 ■:■^ .-. — :■; ■/> ■■> ■_; :■; --D ■- 01 ,~r- ' < „ w \D -M -. ^ ^ ^ — 01 >! ^ ai '5 ^ — ^ ■ -■i s^s SOCO-^Tl-ISOOO-H ■o ■M O O M t 5 s 1 r-l 0=0 — 0000 Ol O O 'i &5 00=00 0000 = o o M • 1 t- -M •/! 10 -- - -M rt = t^ -J . •M , £ C3 ? 3 OTl — -»t- — -K -^-HI5 — r* ^ — w tr' — o=Oî a a-.jir5r:-.5 = =o:'5 OJ •M — 11 O ^ •^ X n 1—1 00 0---= 0000 O 3 ;3 GO B ^ 3 1 00 o'o o^o" o"o o~ d^ ^ 0) .i r- -1 O«Mr-0 Ot-MCC X ?^ % m -M •.-;-. c: — u^ ov Cl .« a ao a s^i^'-tO'M = ooO"^< 01 ?i ^ J O .^ te 1— i 00-^1-1= 0000 -f O' 3 0'=» ^ rf «) Cî 00000 0000 o W -a 2 1 Cu X 1 o 1) V m -*OI^C3(N 'M(~CS:7i -r c- m -1« 00 CO -M -M — -M r: -N >o Tt* lO "«ï* / -S. 01 CO = a s a "M Cfî X f^ CO ^ 1^ >0 Cl o« C3 00000 0000 io = "3 i< il W3 i 00000 0000 O O' = < Cu to (U ^ -* *t< w •/? .0 CO CO X ri o r- w o 1 CJ co -/; •»(( -« •.-; l-O -M •M CO CO -^ i ^ OJ (M ©•Mao a a a— .^ — — 'ao"*!-^ CO > ^ 00 OOMO 000 = CO rt (fl « 03 0000 0000 CO 'A O t>- t-4 cOîTiocDt^ -rr^-^-f o CO -, CJ CO vt -*< = CO :0 ^ 1- •/D ^ ■D 1-1 ^ a ao a aO-fUOCO'-f a=o-« — •M — > rt °- o ïH 0=0-10 ~ooo_ Ol 3 < 3 ^ 0" cTo^o^oo" 0" o 0" = ^/5 TO '^ 00 r- t— m O) w o ^ H •/i ^ îo — o-f»r: cooo)^ Ol ~j -H — a aOa a-H'-O--:^-. waOOO-H 01 CO QQ 3 00000 0000 CO \ 00000 0000 o / ,_^ _. ce CO »C '-O CO -M CI _4< :3 a (D }^ -HO OJ r- to lO -M t- Cl o a ^ C5 0)ac>1aa— '«r--.#C^acO O —iiO '-n 01 ^ S .S '^i N = ■« oo-^ 0000 CO 01 3 n _, c os 000 0000 o " / _. 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'"' C -w jO t^ _ ^ i'- ïr ? S ~^ QO ^ ^ lO »o :0 , "^ ■^ c ■^- » '^ t- 1 'Si -^ ■-"i' '* lO « ce c os :5 c >f5 1 « :; c C d ,^ *J2 ce If 5 -T s CI ri = s s -^ ^ " ï •-« iH ^ 4-» w fc) ■ J c; ^ 3 B . . w :;; a> ^ -§ ■^ -y . 3 •;; -0 . to hJ c a fX) \i 05 -> fl ■■j •» •S CO rt fl < '^ fl »^ co 'S 00 w -S j_j "ÏH -^ OD Î0 P = •5 "^ co 'H co «H •2 -5 1 î s ô " c ■—1 > 1 S'* . _/ -, —V :* ^ — ~ ■1 " ■71 TI 42 ANN.VLES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2. Quoique 1res faible dans l'eau de pluie, la proportion d'ammo- niaque dans les 70 échantillons d'eaux de drainage soumises à l'ana- lyse est encore plus faible. TABLEAU CCXCI. — Composition des eaux de drainage des parcelles diver- sement fumées de Broadbalkfield (Rothamsted) cultivées en blé depuis 1844. Résumé du tableau prccédcnL l'AKCELLK FiiUiior. P AltClil.LK-i nus 3, 4, et 16. Sanseiiyrais PAitour.i.io nu t>. 40 kil. azolL' aiuino- Il i a (-' a 1. P \ltCKLLKS 110*7, 10, Il l2,13elU. 92 kil. .izûlcaiiiino- niai'.'il. l'AUC'ErjLB Il ■ 9. 92 kil. acide nitr;(iiu'. PAKCHM.K. no 8. 138 kil. azotcatnni.)- 1 iac .1. Azote à l'étal de mirai ( js et de m tiitcs dans 100,000 p. d'eau. G dcc. 1SG6, écoulement plein 1.9.>:! 0.809 1.33.) 2.5G7 . 70 1 2.5G7 :il mai 18G7, écoulement plein » 0.072 0.0S9 0.082 0.785 0.271 13 janvier 1868, écoule- ment plein 1.2.51! 0.7.'^ 1.701 3.085 1.19G 3.101 21 avril 1808, écoulement plein )) 0.270 O.IS!» O.G06 5.830 0.578 29 dée. ISG'.i, écoulement abondant Moyenne?. . . . » 0.,527 0.!ej2 1.771 0.G59 1.874 l.GlM". 0..13G 0.S53 1.622 1 . .-^35 1.G79 3. D'autre part, la proportion d'acide nitriipieest plus élevée que dans l'eau de pluie recueillie en toute saison. 4. L'analyse des eaux de drainage jirovenant des parcelles diverse- ment fumées d'un même champ en culture confirme la propiiété dont jouit le sol de modifier la composition des engrais et de prépa- rer pour la plante des aliments à la fois a.'^sez peu solnbles pour ne pas lui nuire, et assez pou insolubles pour ne pas demeurer inertes. 5. Quoique les eaux de drainage renferment des quanlilés appré- ciables d'acide phosphorique et de potasse, on [leul affirmer qu'au pohil de vue pratique elles ne font pas subir une perle imporlaiilc de ces éléments au sol cullivé. 6. Tandis que l'acide pliosphoriipuî et la potasse, deux éléminls essentiels, sont i-etemis pi-esque en totalité par le sol, la chaux, la TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"" A. VOELCKER. 43 magnésie, l'acide sulfiiiique, le chlore et la silice soltibie, plus ahon- damment répartis, se perdent en quantités considérables par les eaux de di-ainage. 7. La masse d'éléments ferlilisanls entraînés pai- les eaux est plus considérable dans les terres richement fumées que dans les terres non fumées. 8. La perte est plus grande pendant les mois d'automne et d'hiver que pendant l'époque de croissance active des plantes. 9. Les matières organiques azotées, fournies par le finiiiei' de ferme, se décomposentgraduellement pour former des composés am- moniacaux que le sol retient (jneiiiue temps, et qui s'oxydent finale- ment à l'état de nitrates. Le fumier supplée ainsi à une alimentation azotée plus continue (|ue le nitrate de soude (lui, s'il n'est pas utilisé tout entier par la récolte à laquelle on l'ai^pliipie, est dissipé en grande partie par le drainage. 10. Bien que le sol jouisse de la propriété de décomposer les sels ammoniacaux et d'absorber ou de retenir l'ammoniaque pendant un certain temps, celle-ci s'oxyde rapidement (piand le sol est perméa- ble et, dans les saisons pluvieuses, une forte (juantité des sels am- moniacaux appliqués comme engrais se perd par les drains. M. A chaque augmentation d'engrais annnoniacal correspond une perte plus forte d'azote à l'état d'acide nitrique entraîné par le drainage. 12. Le nitrate de soude est promptement enlevé [lar la pluie, car le sol n'a pas le pouvoir d'absorber, ni de retenir, l'acide nitri- que ou la soude. Aussi, dans les années pluvieuses, la perte d'azote, par l'application en couverture du nitrate au froment, est-elle très considérable. 13. Les parcelles sans engrais, comme celles soumises à l'engrais, ont fourni dans les eaux de drainage des ([uantités appréciables d'azote à l'état de nitrates; ce qui prouve qu'il y a toujours une déperdition par le drainage du sol. 14. La fertilité d'un sol est plus rapidement amoindrie par la perte d'azote dans l'eau de drainage que par celle des autres ma- tières minérales assimilal)les. 15. Il s'ensuit que pdur obtenir un accroissement de récolte, il 44 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. faut donner au sol beaucoup plus de nourriLiu'e azotée ([uc ne justi- fie la théorie. IG. On Irouvc des nitrates dans les eaux d'égoutiement du sol, quelle (|ue soil la saison, mais il n'en est pas de même des sels am- moniacaux. On pourrait dès lors en conclure i|ue c'est aux nitrates piincipalement que les récoltes em|)runtent leurs éléments organi- ques constituants. 17. Le fumier de ferme frais devra, en conséquence, être répandu de |)rélerence à l'automne ou à l'hiver, afin de permettre aux ma- tières azotées de se transformer en niti-ales pour subvenir aux be- soins de la végétation dès le printemps. 18. Ni les sels ammoniacaux, ni les engrais ammoniacaux, ne doivent être distribués à l'automne, mais à la fin de l'hiver, et de meilleure heure que le nitrate de soude ; c'est à la fin de février ou au commencement de mars que l'on appliquera de préférence ces engrais. 19. Quant au nitrate de soude on devra, dans les années ordinaires, le distiibuer assez tai'd, vers le milieu ou à la fin de mars, comme engrais en couverture pour céréales. II. — Désinfectants et antiseptiques. Dans une conférence faite en 1866 aux membres de la Société Royale d'agriculture, Vœlcker a examiné le rôle des agents de dé- sinfection par rapport aux maladies contagieuses que développent les animaux atteints ou morts du typhus, soit par leurs sécrétions et leurs émanations, soit par le contact avec quelques parties de leur dépouille '. Sans se prononcer sur la nature et le caractère des typhus, ni sur les causes de transmission des maladies infectieuses, Vœlcker établit la (lillerence à observer enire les agents solides, liquides ou gazeux qui peuvent détruire ou désorganiser loutes les substances suscepti- bles de régénérer la maladie, et ceux ([ui, tout en dissipant les gaz ou les vapeurs incommodes, ne parviennent pas à détruire la cause et la souice de l'infeclion. Ainsi, le chlore et l'acide nitrcux n'enlèvent I. On (lisiiijecfants. février 186G. TRAVAUX îvT EXPÉRIENCES DU D*" A. VOELCKER. 45 pas seulement l'odeur des déjections, mais ils désagrègent la matière organique et la transforment en gaz relativement inofl'ensifs, aussi complètement que le feu pourrait le faire. D'autre part, l'acide phé- nique, la créosote, etc., qui sont susceptibles, bien qu'employés à petites doses, d'empêcher la puti'éfaction de la viande, du sang-, de l'urine et d'autres matières organiques corruptibles, ne sont que des agents antiseptiques. Il est vrai qu'à l'état concentré ces derniers corps détruisent également la matière organicpie, mais à cet état, ils ne peuvent pas être généralement appliqués. Enfin, certains agents tels que les chlorures de zinc, de fer, de sodium; les sulfates de fer et de zinc; les nitrates de plomb, etc., neutralisent seulement les émanations putrides ou nauséabondes, sans exercer aucune action sur le foyer même de putréfaction. 1. — Désinfectants. Parmi les désinfectants les plus connus et les plus etTicaccs, il y a lieu de signaler le chlorure de chaux, le chlore, l'acide sulfureux, l'acide nitrique, l'acide nitreux, la chaux vive, la soude, le charbon de bois et de tourbe, la terre sèche, le manganate et les permanga- nates de potasse ou de soude, le feu, la chaleur et l'air. Chlorure de chaux. — Le principe actif du chlorure de chnux e^t l'hypochlorure que tous les acides minéraux décomposent facilement ; l'acide carbonique faible, toujours présent dans l'air atmosphérique, agit même sur le chlorure qu'il décompose en formant du carbonate de chaux et laissant dégager de l'acide hypochloreux. Dans ce der- nier acide, la combinaison du chlore et de l'oxygène est si faible que les deux éléments se dissocient sans difficulté. Le chlore ne s'unit pas seulement avec l'hydrogène pur, mais il s'associe avec l'hy- drogène combiné dans d'autres substances, notamment dans les subs- tances organiques composées de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. L'acide chlorhydrique se dissocie rapidement, ou mieux se sépare en gaz oxygène libre eten chlore, qui, tous deux, désorganisent et brûlent complètement la plupart des matières animales et végétales. Il s'en- suit (pi'en faisant bouillir peudantun certain temps de la viande dans du chlorure de chaux , elle se désagrège et se réduit en produits 46 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. gazeux cl iiioflcnsifs. C'est donc un des produits les plus énergi- ques pour désinfecter des dépouilles d'animaux ou pour lessiver les parois des murs, des planchers souillés par des matières infec- tieuses. A cet effet, on prépare un liquide laiteux en mélangeant 300 à 400 gr. de chlorure dans 10 lilres d'eau. Pour obtenir une disso- lution limpide, on agite 50 gr. de chlorure dans 4 à 5 litres d'eau, et après avoir laissé reposer on décante le liijuido (pii surnage. Malgré son efficacité, le chlorure de chaux ne peut être employé dans les établcs ou les bergeries, tant que les animaux y sont, car à la dose voulue pour détiuire les miasmes contagieux, il nuirait à la santé des bêtes, et à une dose trop faible, il ne remplirait pas le but cherché. Chlore. — Le gaz chlore est encore plus concentré et plus éner- gique que le chlorure, quand il est employé dans les étables, les hangars et abris. Les fumigations de ce gaz s'obliennent en mé- langeant dans une terrine profonde 3 parties en poids de sel marin, 1 partie d'oxyde noir de manganèse et 2 parties d'acide sulfurique, avec une égale proportion d'eau. Le mélange de sel et de manganèse étant préparé d'avance, il suffît de verser dessus l'acide sulfurique, dihié avec son poids d'eau, et pour obtenir le dégagement de la totalité du chlore, de placer le récipient sur un feu doux de charbon de bois. Le chlore étant un gaz délétère, on devra soigneusement éviter de l'inhaler en préparant les fumigations. Acide sulfureux. — L'acide sulfureux agit non moins efficacement, mais il est d'une préparation plus simple puisqu'il suffit d'allumer de la fleur de soufre dans un récipient. Le gaz acide sulfureux qui se dégage détruit énergiquement la matière organique inhérente aux parois que l'on ne peut atteindie avec le chlorure de chaux ou les autres désinfectants. Acides nitrique el nitreux. — Ces deux agents puissants d'oxyda- tion décomposent les matières organiques à une basse température, aussi bien que le feu, à des températures élevées. On prépare les vapeurs niti'iques et nitreuses pour la fumigation en mélangeant 100 grammes de nitre en poudre avec 100 grammes d'acide sulfu- rique et 50 centimètres cubes d'eau, dans un vase phit que l'on dé- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. 47 pose sur des cendres chaudes ; ou mieux encore, sans recourir à la clialeur, en versant 200 grammes d'acide nitrique concentré sur 80 grammes de tournures de cuivre placées dans une bassine assez j)rofonde. Chaux vive. — La chaux vive désorganise et détruit lentement les matières animales et végétales, en absorbant au fur et à mesure les produits de la décomposition, tels que l'hydrogène sulfuré et l'acide carbonique. Elle joue ainsi à la fois le rôle de désinfectant et d'anti-putride. On l'emploie à l'état de poudre sèche quand la chaux est récemment calcinée, ou à l'état de lait formé par le mé- lange avec dix fois environ son volume d'eau. C'est un réactif excel- lent et très pratique pour désinfecter les carcasses d'animaux, les dé- jections et les tas de fumier, provenant d'animaux qui ont succombé au typhus. Cendres sodées. — Le cai'bonate de soude brut renferme généra- lement de la soude caustique qui agit plus énergiquement encore (|ue la chaux vive. En faisant 'dissoudre .500 grammes de cendres sodées dans 10 litres d'eau, on obtient un liquide qui n'est pas seu- lement précieux pour désinfecter, mais qui nettoie complètement, en les débarrassant de toutes impuretés organiques, les mangeoires, les boxes, les ustensiles ayant servi aux animaux atteints par l'épi- zootie. La chaux vive est au contraire très peu soluble dans l'eau et ne remplit pas le but aussi complètement que l'alcali caustique. Charbon de bois ou de tourbe. — Le charbon dont la propriété absorbante pour divers gaz a été déterminée par Saussure active la destruction des matières animales, par suite de la circulation conti- nue de l'oxygène atmosphérique condensé dans ses pores. L'oxygène qui agit sur la matière organique en la brûlant y est constamment remplacé, de telle sorte qu'avec une faible quantité relativement de charbon on parvient à décomposer des masses de matières orga- niques. On a constaté que le charbon condense dans ses pores jus- qu'à huit fois son volume d'oxygène. A défaut de charbon de bois ou de tourbe pour détruire les matières organiques ou couvrir les déjections liquides, on peut recourir à la terre sèche. Permanganates. — Les permanganates alcalins en dissolution sont efficaces en raison de l'acide permanganique qui renferme l'oxy- 48 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. gène à Félal actif, mais on ne saurait les recommaiifler aux culti- valeui's à cause de leur prix élevé et de la difïicullé de se les pro- curer. Eau houUlanle et vapeur. — Quand on ne recourt pas au feu pour brûler ou incinérer les chairs des animaux morts de contagion, on peut les faire bouillir, ou mieux encore, les soumelli'e <à la cuis- son par la vapeur à haute pression; ce qui permet d'utiliser les graisses. Application des désinfectants. — L.e choix du fermier, ou du nourrisseur, dans l'application des désinfectants, se limite, en pra- tique, au chlorure de chaux, à la chaux vivo, à la terre, et paribis à des fumigations d'acide sulfureux ou de chlorure. Il convient de remarquer que quel que soit le réactif employé, il ne faut pas craindre d'en user trop pour obtenir une désinfection radicale ; en outre, on devra recourir au savon et à la soude avec de l'eau en abondance, et à une ventilation complète, pour assainir les localités infectées, avant d'y introduire de nouveau le bétail. S'il s'agit d'enfouir des animaux morts de maladie, on devra éviter tout terrain situé près tl'une source ou d'un puits, pour y creuser une fosse de i'",50 de profondeur et y recouvrii- la car- casse de 0"',15 de chaux vive, ou mieux encore, de charbon de tourbe. Quand il n'y a pas d'endroit propre à l'enfouissement, on emploie le chlorure de chaux dont on mélange 2 à 2''^,5 avec assez d'eau pour former une pâte que l'on délaye ensuite à l'aide d'un bâton dans un baquet d'une contenance de 3 seaux d'eau. On arrose entièrement la carcasse de ce liquide, que l'on introduit également dans la bouche, les naseaux, le rectum, etc. , en obstruant les orifices avec des tampons d'étoupe. Auprès des villes il peut convenir d'envoyer le cadavre de l'ani- mal aux échaudoirs où on le soumet au traitement à la vapeur dans les appareils qui sont utilisés pour le traitement des graisses; la viande, après cuisson, pourra sei'vir d'engrais; les issues et les dé- chets seront, traités par le chlorure de chaux. Pour la désinfection des étahles, des hangars, des abris, des granges, etc., où la contagion se sera déclarée, on devra g-rattei' et laver les parties boisées à l'eau de savon, ou bien, à l'eau de TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOEt.GKE?,. 49 soude bouillnnlc, puis à l'eau froide. On relèvera le plancher ([ue l'on lavera à Tcau de chaux, puis an chlorure, et fou démolira le béton à enfouir soigneusement pour le remplacer par une nouvelle couche arrosée de chlorure de chaux. Pour s'assun r que les murs et les fermes boisées de l'élable n'ont conservé aucune trace d'in- fection, on fumigera à l'aide de l'iicide sulfureux, du dilore ou du gaz acide nitreux, en ayant soin de boucher lierméliqucnu'nt à l'avance les fenèlres, les regards, les vc^nlilateurs et les fissures (pielconques, qui laisseraient sorlir les vapeurs en enq)oisonnant le voisinage. Avec 500 grammes de soufre en fleur, répartis en trois ou quatre endroits, pour une étable de 12 \aclies, |>ar exemple, on produira l'acide sulfureux voulu. Au bout de 24 heures, toutes les issues devront être de nouveau ouvertes afin d'aéi-er l'élable, et les murs et charpentes devront être blanchis à la chaux. Tous les foins ou pailles ayant servi au bétail attaqué seront immé- diatement brûlés. Les fumiers ou les engrais devraient pouvoir être également brûlés, mais cette combustion n'est guère facile à cause de l'humidité des pailles et des fumées dangereuses. Aussi conviendra- t-il de les recouvrir aussitôt de chaux (250 kilogr. de chaux vive par tonne de fumier) ; puis on transportera sur les champs le fumier chaulé en ayant soin d'intercaler une couche de terre entre les di- verses couches de fumier et de recouvrir les tas, de terie, ou mieux encore de charbon de tourbe ou de chaux vive. Trois ou quatre mois plus tard, le compost ainsi préparé pourra être répandu sans inconvénient. Enfin, pour désinfecter les pâturages qu'auront parqués les ani- maux malades, on se bornera à relever les bouses à la fourche et à distribuer de la chaux à raison de 100 hectolitres à l'hectare. L'air et le sol, surtout s'il se met à pleuvoir, assainiront le pré au bout de deux ou trois semaines. Les cordes et les cuirs ou harnais devront être brûlés ou enfouis; les pelles, brouettes, fourches, etc., en bois, pourront être lavées au chlorure de chaux ; et les ustensiles en fer seront soumis au f i u rouge. Toutes les mesures ayant été prises pour détruire la souillure laissée par les animaux atteints de contagion, il y en a encore à A.\.N. sciencl: auuon. — 1SS7. — 11. 4 50 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. prendre pour l'isolement, absolu du bélail sur lequeU'infectionasévi. C'est le meilleur de tous les prévenlifs contre le développement du typhus ou de l'épizootie régnante et le seul auquel Gouvernement et propriétaires ou fermiers doivent tenir la main pour circonscrire et détruire la contagion. Quels que soient les réactifs préconisés, il n'a pas encore été démontré pour aucun, que l'infection ait été détournée d'une étable par suite de leur emploi. 11 peut être utile de répandre dans les étables de la sciure de bois imprégnée d'acide phénique, de la poudre de phénol ou autres produits dérivés du goudron; mais l'expérience n'a pas justifié leur vertu préservative vis-à-vis dos épizooties qui déciment les animaux dans un district ou dans une région déterminée. 2. — Antiseptiques. Essais avec l'acide phénique. — Nous avons rendu compte ^livre VI) des essais institués par Vœlcker à l'aide de l'acide phénique sui- la [)résure et le lait. Des essais non moins intéressants ont été suivis par lui, à l'aide du même acide, sur la viande fraîche de bœuf. Pour cela, quatre morceaux de viande pesant chacun 113 grammes ont été traités, le premier par 56^'', 6 d'eau distillée; le second par 56^"', 6 d'une dissolution aqueuse d'acide phénique renfermant 1 mil- Hème d'acide ; le troisième par le même poids d'une dissolution ti- trant 1 centième d'acide phonique, et le quatrième par le même poids d'une dissolution dosant une partie d'acide phénique pour 50 grammes d'eau. Les quatre vases recouverts et placés l'un à côté de l'aulro dans une salle dont la température était à 12 dégrés cen- tigrades le 37 décembre 1865, furent examinés de temps en temps, en donnant lieu aux remarques suivantes. Premier essai. — Le 1" janvier 1860, la viande dans l'eau distil- lée commença à exhaler une mauvaise odeur; et le lendemain, l'in- fection était intolérable. Le 3 janvier, des bulles de gaz se dégagèrent en abondance, et l'hydrogène sulfuré fut décelé par le papier de plomb. La température pendant la période du 27 décembre au 3 jan- vier avait varié entre 12 et 14 degrés centigrades. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 51 Deuxième essai. — Le 3 janvier, In viande immergée dans la dis- solution d'acide pliénique au millième était en bon état; elle s'y est maintenue jusqu'au 8 janvier, quand la moisissure commença à se développer à la surlace du liquide et quelques bulles de gaz s'é- chappèrent de la viande. La fermentation s'étant déclarée, le liquide offrit une réaction acide prononcée et l'acide lactique se forma, sans donner encore naissance à des gaz odorants. La faible proportion d'acide pliénique contenue dans le liquide avait suffi pour retarder de iO jours la décomposition de la viande. Le 15 janvier, les niucé- dinées recouvraient complètement la surface et l'odeur des gaz de la putréfaction devint si insupportable qu'on dut le lendemain jeter la viande. Troisième essai. — Jusqu'au 3 février, la viande conservée dans la dissolution d'acide phénique au centième, n'avait donné aucun signe de décomposition, quoicjue le liquide eût une réaction légère- ment acide et que la couleur de la viande eût changé, mais on ne remarquait ni moisissure, ni bulles de gaz. Quatrième essai. — Dans la dissohitionaucinquantième, la viande était encore absolument intacte le 3 février; son aspect n'avait pas été modifié, et la réaction du liquide était la même. Du 27 décembre 1865 au 3 février 1866, »la température de la salle avait varié entre 12 et 16 degrés centigrades. Autres essais. — Pour se rendre compte de l'action de l'acide phénique sur la viande en putréfaction, on introduisit une centaine de grammes de viande de bœuf putréfiée dans un vase plein d'eau et on y ajouta de l'acide phénique concentré. L'odeur disparut immé- diatement, non pas qu'elle fût masquée par l'acide phénique, mais elle était effectivement détruite ; ce dont on pouvait s'assurer aussi bien en tenant le vase ouvert, dans la salle même, qu'en s'approchant du vase. Un morceau de viande fraîche de 200 grammes, ayant été débité en deux fragments de 100 grammes chacun, on en suspendit un dans un vase de poterie à large goulot bouché, et au bout de 4 jours l'é- manation putride était si forte qu'on dut jeter la viande. L'autre frag- ment fut suspendu de môme, dans un vase identique, au fond duquel avait été placée de la viande pourrie, mais en laissant couler sur la 52 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. paroi inlérieure qiicl(|ue peu d'acitle phéniqiie concentre, de manière à imprégner l'air des vapeurs de l'acide volatil. Au bout d'un mois, on déboucha le flacon, et l'on trouva la viande en parfait état, quoique hors de service en raison de son odeur d'acide plicnique. La viande immergée dans une dissolution concentrée d'acide se resserre et acquiert la dureté du cuir ; il est probable qu'elle pourrait se conserver ainsi pendant un temps indéfini. La décomposition de l'urine peut être également retardée d'une manière très efficace par l'acide phéni(pie. Un mélange à parties égales d'acide du commerce et d'eau, dont ou imbibe de la sciure de bois, qui peut dès lors se manier sans inconvénient, est recom- mandable pour désinfecter les étables, quand il s'agit d'émanations des urines et des déjections solides. Il suffit de répandr;', malin et soir pour assainir l'étable, un peu de sciure de bois imprégnée de 20 p. 100 environ d'acide. 3. — De la créosote employée pour conserver les bois. La créosote de commerce a été lontemps employée avec succès pour imprégner les pçrches à houblon, les bois de clôtures, etc. ; mais la qualité de la créosote est loin d'être égale suivant les pro- duits de distillation qu'elle renferme, et il arrive fréquemment qiu' les bois préparés, au lieu de résister dix ou douze ans, ne tardent pas à se carier et à pourrir en terre. La composition de la créosote cpii est le produit de la distillation du goudron, recueilli entre 175 et 4-00 degrés centigrades, est très complexe et «Miiinemment variable. Tandis ([ue beaucoup de créo- sotes renferment principalement du phénol, d'autres ne sont qu'un mélange de crésylol et de phénol, avec de la naphtaline, tics huiles légères et lourdes, parmi lesquelles la pyrène, la crysène, la leu- coline, la cryplidini;, la pyridine et autres bases organiques en quantités peu appréciables. On a longtemps attribué aux acides |)hénique et crésylique les propriétés antisepliipies de la créosote, et plus tard aux huiles de goudron qu'elle renferme. Il semble difficile toutefois d'admettre TRAVAUX ET E'CPÉRIENCES DU d"" A. VOELGKER. 53 qu'un liquide closant seulement de 3 à 5 p. 100 d'acide pliénique brut puisse être efficace pour conserver des bois encore en sève, pendant un certain nombre d'années. Il peut en être autrement pour des traverses en bois dur et bien assaisonné, tel que celui adopté pour les cbemins de fer, dont les huiles de goudron assurent la conservation. Dans l'examen que Vœlcker a fait des créosotes appliquées à la préparation des bois qu'emploie l'agriculture, il considère qu'une teneur de 10 p. 100 d'acides phénique et crésylique est nécessaire, indépendamment de celle 10 p. 100 et au delà, d'huiles lourdes\ Des trois analyses de créosotes commerciales qu'il cite, la première se réfère à un produit absolument insuffisant pour neutraliser la sève du bois tendre, car il contient jus(iu'à 14.76 p. 100 d'eau am- moniacale et 4.5 p. 100 seulement d'acide phénique. Les deux autres se rapportent à des produits également de qualité inférieure renfer- ment 3 et 4 p. 100 d'acide. 1. 2. 1.102 3. I.IU 39.08 3 G 1.75 A Poids spécifique de la créosote a I ô" centigr. ... » Produit de la distillation depuis le point d'éhulli- tion jusqu'il 320° centigr. (pour cent) 39.05 Proportion pour cent d'acide phénique brut. ... 4.5 Vœlcker recommande en conséquence, comme conditions à exiger du commerce, pour les créosotes destinées à la pénétration des bois : 1° Quelles soient exemptes de tout mélange d'huiles ou de subs- tances autres que celles provenant de la dislillation de la houille entre 175 et 400 degrés cenligrades; 2° Qu'elles donnent de 05 à 70 p. 100 de produits quand on les distille depuis leur point d'ébullition jusqu'à 320 degrés ; S° Que le produit de la dislillation agité par parties successives avec une dissolution de soude caustique pesant 1,125, ne rende pas moins de 10 p. 100 d'acide phénifjue et crésylique (acides bruts du goudron) ; I. On llie qualily qf créosote suilable for protecting hop pales, woodpfenccs, tic. — Jour II. Roy. Agric. Soc. of England ; vol. XX, 2® série, 1884. 54 ANNALES DK LA SGIENCK AGRONOMIQUE. 4° Quelles renferment entre 20 et oO p. 100 de produits ne dis- tillant pas à une température supérieure à 340 degrés ; 5° Qu'elles soient fluides à une température de 3-4 degrés, et res- tent lluides en abaissant leur température jusqu'à 29 degrés ; 6° Qu'elles aient une densité à la température de 15 degrés, com- prise entre 1035 et 1065. III. — Analyses diverses. 1. — Sols riches en azote. A l'occasion du mémoire intéresssant que M. W. C. LitLlea rédigé pour les membres de la Société Royale d'agriculture, sur la rouille du froment', Vœlcker déclare qu'il croit à l'influence du sol sur le développement de celte altération si nuisible, et il cite en première ligne, à l'appui de son opinion, l'analyse qu'il a faite d'un sol dans lequel le blé était rouillé depuis plus de six ans (voir n" 1, tableau GCXGII). Ce sol argileux, très compact, repose sur un sous-sol jaune, encore plus tenace, qui apparaît à une profondeur de 10 cen- timètres. Exceptionnellement riche en matières organiques azotées, et pourvu de potasse, ce qui explique l'abondance de paille dans les récolles faites jusqu'alors, le sol nM, très pauvre en acide phos- phorique, contient assez peu de chaux. Cette composition justifie l'observation fréquemment faite par Vœlcker qu'un excès de nourri- ture azotée dans le sol dispose le froment à la rouille, car il retarde sa maturité d'une manière remarquable, notamment dans les terres froides et quand les années sont pluvieuses ; et il pousse la végé- tation lorsque l'été s'annonce chaud, pour l'arrêter lorsque le froid ou l'humidité survient. Dans les terres légères, naturellement plus chaudes et mieux drainées, le mal causé par un excès d'azote dans le sol n'est pas aussi grand ; toutefois, Vœlcker n'a pas manqué de constater, dans I. Report on Whcut-militew by W. C. I.illle. — Journ. Roy. Agric. Soc. of Eiujland, vol. XIX, ^^ série, 1883. TRAVAUX ET EXPÉRIENCKS DU d'' A. VÛELCKER. OD les sols légers de Woburn, que les parcelles traitées par les sels am- moniacaux ou le nitrate de soude à hautes doses étaient toujours plus éprouvées que les autres par la rouille. Pour s'assurer si les sols du comté de Cambridge, exploités par M. Little et sujets à la rouille, oiïrent une composition analogue à celle du sol du comté de Bucks (n" i), quatre échantillons de ces sols furent adressés à A'œlcker pour être soumis à l'analyse. Ces quatre échantillons portent les n°' 2, 3, 4 et 5 dans le tableau CCXCIl. TABLEAU CCXCIl. — Composition de sols à blé sujets à la rouille. Jlatiùre organique et eau combinée' . Oxyde de fer Alumine Carbonate do chaux Sulfate de chaux Magnésie Potasse Soude Acide phosphorique Silicates insolubles 1. Contenant azoto — égal à ammoniaque Bl'CKI^GIIiM Argileux. 1 12.97 6.50 9.03 1.07 0.51 0.5(5 1.07 0.18 0.10 68.01 100.00 0.45 0.55 CAMIJRIDGESIIIRE moyen. 5.G5 '1..53 8.13 4.67 0.25 0.50 0.6S 0.11 0.18 7Ô.S0 lOK.OO 0.19 0.23 léger. 6. 38 2.91 5.12 2.01 0.22 0.23 0.50 0.05 0.15 82.43 100.00 0.2G 0.32 borJaiu la Kiiide. 13.50 5.31 8.52 1.80 0.69 . 50 O.Sl 0.04 . 23 68.60 lOil.llO 0..5S 0.70 15.23 4.03 5.50 3.99 0.59 0.26 0.52 07 0.25 69.56 100.00 0.69 0.81 N" 2 ; échantillon de sol moyen du district, prélevé sur une pièce de 14 hectares où les récoltes ont très souvent souffert de la rouille, et dont voici l'assolement: en i879, fèves sur fumier appliqué à l'au- tomne ; en 1880, avoine noire de Tartarie, le froment n'ayant pas levé; application de fumier après l'avoine; en 1881, h\é square liead Scholey, semé du 10 au 12 novembre, mal venu et rouillé, ayant rendu 24 hectolitres du poids de 68''s,C à l'hectare; on 1882, ja- chère ; cultivé à la vapeur, puis semé en moutarde que les moulons ont pâturée; en 1883, blé. 5G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. i\'"5; cchanlilloii de sol léger {sill), prélevé sur une pièce de 4'\5, sujcite à la rouille, ayant porté en 1879 des mangolds, après funinre de fnmier méliingé de 375 kilogr. de superphosphate à l'hec- tare ; en 1880, de l'avoine; en 1881, du h!é hlanc velouté de EaG6 » 1 2993 9010 0,0.')98 0,0727 02 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. En coinpar;iiil los deux analyses, on remarque que clans l'eau épu- l'ée, non seulement les matières en suspension, mais une jurande partie des matières organiques en dissolution, ont été enlevées parle procédé Lenk. Tandis que dans l'eau naturelle, l'ammoniaque libre dose O^'/lSOl par litre, correspondant à Os',liOO d'azote, lesquels déduits do (>"'",2847 d'azote total, laissent 0*''%1687 d'azote à l'état de matière organique (animale), on ne trouve dans l'épurée que 0^'',010 d'azote à l'état organique. Le procédé Lenk, indépendamment de la question de savoir s'il est économique, ou s'il est applicable en grand avec bénéfice ou avec perle, permet en conséquence de précipiter à la fois les matières en suspension et la plus grande partie des matières solubles et insolu- bles, dans l'eau d'égout, qui peut dès lors être rejetée sans danger dans la rivière. Composition du dépôt obtenu par le procédé Lenk. Kau 8G.18 Matière solide (à 100'^ centigr.) 13.82 100.00 Composition de la matière solide séchée à 100". Matière organique ' 42. 2G Oxydes de fer et alumine k . i.'ii Chaux 13.91 Magnésie 2.30 rotasse . 0.59 Soude 0.51 Clilorure de sodium 0.09 Acide pho.sphorique -i.91 — sulfui'iquc 0.33 Matière siliceuse insoluble 2i.l4. Acide carbonique et perte G. 52 100.00 1. Contenant azote 1.8G — égal à ammoniaque 2.2G D'après sa composition, en admettant qu'il lut sec, le dépôt ob- tenu par précipitation pourrait valoir 54 fr. les 1000 kilogr. ; mais pratiquement on n'arriverait pas à obtenir l'état voulu de siccité. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d'' A. VOELCKER. 63 S'il pouvait être réduit pour être mis en poudre, jusqu'à ne plus contenir qu'un quart ou un tiers de son poids d'eau, il ne vaudrait plus comme engrais que oO ou 37 fi'. par tonne '. b. — Engrais des eaujc d'égoul de Lcicester. Nous avons déjà consacré aux engrais extraits des eaux d'égout une mention détaillée^; nous la complétons par une analyse que Vœlcker a faite de l'engrais en briquettes, obtenu par le procédé Wicksteed, appliqué de 1855 à 1868 aux eaux d'égout de la ville de Leicester. Ce procédé consistait à traiter le sewage par un lait de chaux et à essorer les boues pour les transformer en pâte que l'on moulait en briquettes. L'opération reposait sur la vente à un prix élevé d'un engrais renfermant moitié de son poids de chaux et un quart seulement de l'azote total contenu dans Teau d'égout ; ce quart étant à l'état inso- luble, devait conduire à un échec commercial inévitable. En présence d'un stock de briquettes que l'on ne pouvait écouler à aucun prix, la compagnie dut abandonner ses installations, représentant une dé- pense de 700,000 fr., au profit de la municipalité qui continua à épurer les eaux par la chaux, en jetant la matière solide. Composition des briquettes de Leicester '. Eau 11.52 Matière organique * 12.46 Silice insoluble 13.50 Carbonate de chaux 52.99 Oxyde de fer et alumine 2.89 Carbonate de magnésie 3.67 Sulfate de chaux 1,76 Chlorure de sodium 0.45 Potasse 0.27 Phosphate de chaux 0.27 99.78 * Contenant azote 0.60 — égal à ammoniaque 0.72 1. Égoiits el irrigations, par A. Ronna. Paris, 1872, p. 150. 2. Livre 111, p. 334. 3. Mclrojwlitan drainage committee. Jaillet 1857. 64 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. c. — Eaux d'cgoul de Biriiiiurjham. Sur la ilemande de la municipalilc de Biriniiigliam, Vœlcker fil en 180i^ l'analyse des eaux d'égout de la ville el des dcpôls boueux que ces eaux abandonnent par le repos ^ Les eaux des deux coUecleurs principaux Ilockley Brook et River Rea tenaient alors en suspension 0^', 2685, par litre, de matières do- sant 0,005 d'azote. Après qu'elles eurent déposé pendant 24 heures, elles furent mélangées et soumises à l'analyse qui donna les résul- tats suivants : Composition de l'eau claire de Birmingham. Matière organique * et sels ammoniacaux 0,1 il i Oxydes de fer et alumine 0,0179 Acide phns|.horique 0,0015 Silice soiuble 0,0149 Acide sulfurique 0,231 G Chaux 0,154.3 Magnésie 0,0âI4 Potasse 0,03 44 Chlorure de potassium O.OOSJ — de ;-odium 0,-2187 Acide carbonique 0,0662 Résidu par litre 0,94tO 4» * Contenant azote 0,03ô.j — égal à ammoniaque 0,0383 Le dépôt de boue retiré de l'un des bassins de la ville, repré- sentant la moyenne du précipité naturel des eaux d'égout, a donné à l'analyse : Eau 47.17 Matières organiijues 17.61 — minérales 3 4.92 100.00 1. Select commiltec, on seicarje nf lowns ; Firsl reijorf, avril ISG2 ; déposition de M. Tell, ingénieur municipal. 1 TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 65 el la composition centésimale a été trouvée de : Eau 17.47 Matières organiques ' 17.61 Sulfures et oxydes de fer et alumine 0.40 Phosphate de chaux 1.10 Sulfate de chaux 0.22 Carbonate de chaux 0.52 — de magnésie 0.09 Sulfures de cuivre et de zinc 0.94 Chlorure de sodium 0.05 Matière siliceuse (sable) 28.07 9G.47 1. Contenant azole 0.41 — égal à ammoniaque , . 0.50 En comparant celte analyse à celle de l'eau d'égout décantée, on se convaincra facilement que les plus précieux éléments fertili- sants se trouvent à l'état de solution dans l'eau d'égout. Le dépôt, en effet, ne représente que 08',268 en moyenne par lilre et ne titre que 5 milligrammes d'azote. Aussi les eaux d'égout, après dépôt, conviennent-elles aussi bien à l'irrigation qu'avant d'entrer dans les bassins. Vœlcker estime que le dépôt pourrait être vendu comme engrais aux fermiers, à raison de 2 fr. 80 à 3 fr. 75 les i,000 kilogr., mais seulement aux environs de la ville, et qu'il n'y a pas lieu de songera augmenter sa richesse par l'addition de matières fertilisantes concen- trées, pour atteindre une clientèle plus éloignée. Il maintient l'opinion qu'il y a seulement de l'argent à perdre pour les municipalités ou pour les consommateurs, dans la fabrication d'engrais transpor- lablos à distance ou concentrés à l'aide du précipité des eaux d'égout (jui renferme un tiers de matières minérales à peu près inertes et moitié d'eau. 5. — Égagropile graisseux stomacal. Vœlcker donne l'analyse d'un égagropile de graisse de 0'", 12 de diamètre, formé dans l'estomac d'un jeune veau \ 1. Annual report of ihe Consulting chemistjor 1881 ; 1882. AN.\. SCIENCE AUUON. — 1887. — II. 5 I 66 ANNALES DE LA SCIENCE APtRONOMIQUE. Acides gras (solubles dans l'alcool) 46.60 Graisses neutres (insolubles dans l'alcool) 37.65 Membranes 8.15 Phosphate de chaux 0.90 Carbonate de chaux, magnésie, etc 1.30 Sels alcalins 1.40 Sable 4.10 100.00 Cette singulière substance avait causé la mort, dans l'espace de quelques semaines, d'une vache, d'un cheval et de trois moulons ap- partenant au même fermier. APPENDICE Jenkins et Vœlcker. C'est dans la séance générale de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, tenue à Londres, le 9 décembre 1868, sous la prési- dence du prince de Galles, que Henri-Michel Jenkins fut choisi, sur une liste de 40 candidats, pour remplacer à la fois le directeur du Journal de la Société, M. Frère, et le secrétaire, M. Hall Dare, qui avait offert sa démission. Depuis le 1" janvier 1809 jusqu'au 24 dé- cembre 1886, date de sa mort, Jenkins n'a pas cessé de remplir avec un zèle incomparable et une intelligence supérieure les doubles fonc- tions qui lui avaient été assignées. Formé de bonne heure au style précis, mais varié, que comporte la rédaction de recueils scientifiques tels que le Quarterly journal of Science, dont il était le directeur, et le Journal de la Société géolo- gique de Londres, dont il était administrateur, bibliothécaire et secré- taire adjoint, Jenkins possédait des connaissances étendues, un juge- ment sûr et un coup d'œil d'une grande sagacité, en môme lemps qu'une facilité remarquable d'assimilation; toutefois, il avait tout à faire pour acquérir l'autorité voulue auprès des agronomes et des praticiens de la grande Société d'agriculture dont la devise est : « Pratique avec science. » Aussi, le vit- on se lier dès l'origine avec Vœlcker et puiser à pleines mains, dans le trésor de son expérience, les informations scientifiques et les traditions qui lui permettront de prendre une part prépondérante dans les travaux de la Société. Qu'il s'agisse d'améliorer et d'étendre les concours d'animaux, de développer les essais d'instruments pour stimuler les progrès de l'art mécanique, d'agrandir la sphère active de la Société, en instituant des concours 68 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. enlre les fermes d'une même région, en sollicitant l'ctude de l'agri- culture étrangère, en encourageant l'éducation technique des cul- tivateurs, en augmentant les privilèges des membres de la Société pour les analyses chimiques, les déterminations botaniques et zoolo- giques, et les consultations vétérinaires, Jenkins est l'instigateur de tous les perfectionnements introduits pendant la récente période d'expansion de la Société, qui compte aujourd'hui plus de 9,000 membres et dispose d'un budget annuel de pkis de 200,000 francs. Pour le secrétaire nouvellement élu, le Journal devient l'un des leviers les plus puissants dans l'accomplissement de la mission sociale. Jusqu'alors, à quelques exceptions près, le Journal était rempli d'ar- ticles pratiques et de notices sur des exploitations particulières, rédigés par des fermiers et.des propriétaires, fondateurs ou désireux du progrès ; puis, les relations entre les cultivateurs et les asso- ciations s'étendaiU, la presse périodique contribuant à la vulgarisa- lion des recherches scientifiques, le Journal entreprenait la publica- tion des mémoires couronnés par la Société elle-même sur des questions jugées dignes de l'intérêt général ; mais le cadre était encore bien trop restreint ! Stimulé par les travaux de M.M. Lawes et Gilbert, de Vœlcker succédant à Thomas Way, le courant général scientifique devait trouver place dans le journal, en même temps que l'agriculture étrangère appelait, au point de vue des concur- rences et de l'approvisionnement du pays, des communications plus mûrement étudiées. Au début de celte nouvelle période, Jenkins assumait la direction du journal. C'est également vers cette époque que la Société des agriculteurs de France, présidée par Drouyn de Lhuys, envoyait des délégués aux concours de la Société royale d'agriculture, à Leicester et à Manches- ter ^ et que se nouaient, sous les auspices de ses présidents, le duc de Richmond et le prince de Galles, secondés par Jenkins et Brandretii Gibbs, des relations dont les fruits ne tardèrent pas à être recueillis du côté de la France. Qui pourrait oublier en effet les démonstrations du comité de secours fondé par lord Vcrnon, le président de la So- 1. Parmi ces délégués citons, à titre de souvenir, MM. Lecouteux, Hervé Mangon, Barrai, Graudeau, Ronna. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D*" A. VOELCKER. 69 ciété royale, pour répartir aux agriculteurs français victimes de la guerre, plus d'un million de francs, produit des souscriptions pu- bliques de nos voisins d'outre Manche ? Jcnkins, le secrétaire infati- gable, l'âme de cette œuvre sympathique, assisté par M. Pitman, ac- cepta personnellement la mission laborieuse de la distribution des semences dans la région du Nord et de Paris, et en rendit compte dans le Journal de la Société *. A l'occasion du concours de Kilburn, en 1879, qui revêt pour la première fois un caractère international, le conseil de la Société confie au même lord Vernon et au secrétaire Jenkins, la charge flatteuse de recevoir les délégués et les jurés étran- gers au nombre desquels nous nous trouvions, et de les conduire dans les fermes royales de Windsor, à Woburn Abbey et à Ro- thamsted. La nécessité de solidariser les intérêts de l'agriculteur britannique avec ceux des autres pays, s'accentue par des travaux de premier ordre sur l'agriculture du continent. Dès 1869, Jenkins, sur l'invita- tion du conseil de la Société, accepte d'accompagner Vœlcker en Bel- gique et de retracer les traits qui caractérisent la culture renommée des Flandres. Dans le rapport sur cette visite, qui peut passer pour un modèle du genre, il est difficile de faire la juste part des deux col- laborateurs. C'est Jenkins qui note et qui rédige; mais c'est Vœlcker qui voit et donne sur toutes choses : sols, engrais, cultures, bétail, industries et économie rurales, l'opinion compétente ^ Dès lors, les voyages et les missions de Jenkins à l'étranger se succèdent chaque année, ainsi que les mémoires très instructifs qui les relatent. En 1875, c'est l'agriculture de la Suède et de la Nor- wège ; en 1876, celle du Danemark et des duchés du Schleswig-IIol- stein ; en 1877, l'exposition internationale de laiterie tenue à Ham- bourg ; en 1879 et 1880, la culture herbagère et maraîchère dans le nord-ouest de la France ; en 1881 et 188:2, la culture du chanvre, la fabrication du beurre artificiel, l'assainissement des sols tourbeux, 1. The French Peasant farmers' seed fund, bij H. M. Jenkins, honorary secre- tary of ihe fund : Journ. Roy. Agric. Soc. of England., vol. VllI, 2* série, 1872. 2. Report on the agriculture of Belgiam : the result of a jnurney made at the request of the Council btj Doctor Augustus Vœlcker and H. M. Jenkins, reporter ; Journal, vol. VI, 2^ série, 1872. 70 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. la culture des polders, etc., en Hollande ' ; en 1883, la laiterie dans le Danemark; en 1881-, l'ensilage en Angleterre et à l'étranger; en- fin, en 1886, la culture du tabac dans le nord-ouest de l'Europe. Si l'on ajoute à ces mémoires ceux qu'il a écrits dans le môme laps de temps sur les fermes herbagères du Cbeshire (1870) ; sur quel- ques points de l'agriculture écossaise (1871); sur le commerce des animaux eu égard aux épizoolios (1873) ; la culture des pommes de terre frappées de la maladie (1874); le but et la constitution de la Société royale d'agriculture d'Angleterre (1878); la culture du sainfoin et de la luzerne (1882), etc., on se fera encore une idée im- parfaite des efforts du secrétaire pour favoriser les progrès de l'agri- culture et de l'instruction des membres de la Société, en même temps que pour consolider le succès d'une institution sans pareille, à la- quelle il avait su communiquer une vitalité nouvelle. Nous rappellerons enfin qu'à Jenkins incombaient la révision de tous les mémoires publiés, le soin des assemblées, des concours, des expositions et des conférences annuelles, et le labeur assujettissant d'une correspondance journalière avec plusieurs milliers démembres de l'Association. Pour l'exposition universelle tenue à Paris, la Société des agri- culteurs de France décida qu'elle ouvrirait, en 1878, un congrès auquel les sociétés agricoles étrangères seraient appelées à prendre part, en envoyant des délégués et des mémoires sur l'agriculture de leurs pays respectifs. Le conseil de la Société royale d'agriculture d'Angleterre ne manqua pas de répondre à cet appel et Jenkins fut chargé, en collaboration avec les agronomes et les économistes les plus distingués, de présenter le rapport sur l'agriculture de l'Angle- terre'. Ce rapport comprenant une série de traités signés Gaiid, Glifford, Craigie Squarey, Algernon Clarke, Chaliiiers Moi'lon, Wlii- tehead, Litllc, Vœlcker et Jenkins, est l'exposé le plus remarquable 1. Ces notices font partie du Rapport sur l'agriculture de la Hollande et de la liclgiqae, que Jeniiins rédigea en qualité de commissaire adjoint pour la grande com- mission d'enqurte agricole, |)rcsidée, en 1880, par le duc de Uichinond et Gordon. 2. Meiiioir on (fie u(jriculltire 0/ Ewjland and Wales, preparedunder the direc- tion of the council 0/ the Itoy. Agric. Soc. 0/ England, editcd by Jenkins. Jour- nal, etc., vol. XIV, 2« série, 1878. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELGKER. 71 el le plus fidèle qui ail élé écrit sur Tart de l'agi-icullure, envisagé dans toutes ses branches. A Jenkins revient en première ligne l'iion- neur d'une œuvre qu'on peut considérer comme magistrale au point de vue de la science économique, de la prati([ue agricole raisonnée et du jtrogrès social. Jenkins, non moins que Vœlcker, avait voué à la Société royale, par une noble émulation, toute son énergie et sa puissance de tra- vail. La mort les a faucbés tous deux prématurément, en laissant un vide irréparable pour Tinstitution dont ils avaient été les vaillants pionniers dans les vingt dernières années. Tous deux se complétaient admirablement par l'entente parfaite des besoins d'une agricul- ture qui ne saurait plus maintenir désormais son rang sans utiliser les enseignements de la science moderne. Je n'aurais pas cru devoir clore mon travail sur l'un des deux collaborateurs, sans rendre un hommage personnel bien mérité à l'autre, également son meilleur ami. Il y a quelques mois, à la réception du premier volume des tra- vaux et expériences de Vœlcker, Jenkins m'adressa la lettre suivante : Londres, 1" octobre 1886, 12, Hanover-Square. Cher M. Ronna, En rentrant d'une excursion sar le continent, je trouve deux exem- plaires de votre ouvrage sur les recherches de noire regretté ami Vœlcker. J'ai donné les instructions nécessaires pour qu'il vous fùl accusé ofTicicUement réception de l'exemplaire offert en hommage à notre Société. Quant à l'autre exemplaire, qui m'est personnellement destiné, je viens de le parcourir avec un immense intérêt. Je vois que vous avez classé les travaux de notre excellent ami suivant les sujets qui l'ont occupé; vous leur avez ainsi donné une valeur bien plus grande qu'ils n'avaient auparavant. Quelle leçon vous nous donne/, à nous autres Anglais ! C'est un dicton chez nous « qu'on peut mener im cheval à ral)r('u- « voir, mais qu'on ne peut pas le forcer à boire » ; nous avons beau pu- blier une misse d'informations utiles, nous n'arrivons pas à fain^ lire 12 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nos ciiUivateiirs. Je crois donc qu'aucun auteur anglais n'aurait entrepris la publication d'un ouvrage comme le vôtre sur les recherches de Vœlcker. lîecevcz toutes mes lelicitalions pour ce premier volume. Je suis sûr que le grand public agricole l'appréciera comme il le mérite. Croyez-moi toujours votre bien dévoué 11. -M. Jenkins. Celte lettre est la dernière que j'aie reçue de Jenkins. Puisse son attente se réaliser ! J'y trouverais la juste récompense du travail que je me suis imposé en voulant enrichir nos connaissances dans la science expérimentale. Habeant siia fata Ubelli! MÉMOIRES, NOTICES ET RAPPORTS Du Dr A. VŒLCKER CITÉS DANS LE PRÉSENT OUVRAGE 1. 184G [lîebig A/in. LIX). — Ucber die rothe Fârbung der Mangan-Oxydalsalze. 2. "^ [Liebig Ann. LIX). — Uebei" die LOôliclikeit dcr Hydrate von Kobaltoxyd iii Kalilange. 3. — [Liebirj Ann. LIX). — Uebcr ciiiigc Schwefclmangan-Yei'biiidiingen. 4. — [liebuj Ann. LIX). — Ucber das Vorkommeii vou Mannit in den Wurzeln von Triticuin repens. 5. 1847 {liebig Ann. LXIV). — Unlersucliung des Behenôls. (j. — UntersLicbung des Schildplatts [Innvg. Diss.). In-8\ Gôttingcn. 7, 1847-1818. — Miilder's Schuilaui lige Ondei'zœiiingcn. 3 Hefte, in-8°. Frank- furt a/iM. S. ISôO {Edinburgh New Philos. Journul). — Analysis of tlie antliracite of Ihe Caltou Ilill. 9. — {Ann. and Mag. of A'adiral llistory). — On the watery sécrétions of the leaves and stems of tlie ice-plant [Mesanbnjantheinum cristal- linum). 10. — [Ann. and Mag. of Nalural Historg). — On tlic sécrétion of Nepenlhes distillaloria. il. 18 Jl [Ann. and Mag. of Nutural llistory). — On llie composition of the asli of Ameria maritima, grown in diiïerent localities, witli remarks on tlie geograpliical distribution of (bat plant, and on tlic présence of fluorine in plants. 12. — [Journ. of Agric. and Transactions of the Highland and Agrir. Socielg of Scotland). — On tlie cffects of burnt clay as a manure. 13. 1852 [Rog. Agric. Journ.). — On the causes of the efficacy of burnt clay. 14. 18.J3 {Rog. Agric. Jjurn.). — On the coaiposition of tlie parsnip and white Belgian carrot. 15. — {Journ. of Agric. and Trans. of the llighland, etc.). — On llie compa- rative value of white Scottish and black English oats and on the composition of Rice meal. IG. 1851 {Rog. Agric. Journ.). — On the source of nitrogen in plants. 17. — {Journ. nf Agric. and Trans. of the llighland, etc.). — On the compo- sition of green Rye and Uape. 18. 1855 {Report of the British Assoc. for the adoancement of Science). — On caséine and a metliod of detennining sulphiir and phosphorus in organic compounds. 74 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 19. 1855. {Hoy. Agric. Jot/rn.). — Ou llie comparative value of différent artilicial luanures for raisiug a crop of Swedes, witli remarks ou tlie compo- sitiou of tlic maiiiires. 2U. — (Bal/t and \V. of EiKjhind Afjric. Jauni.). — Ou tlie agriciiltural aud comiucrcial value of souie artilicial raanures aud ou tlieir adulte- ratiou. 21. 18.JG. (lioij. Agric. Jonrn.). — Ou (lie coiiipo-siliou of farmyard manure and thc changes which it undergoes on lvaler for ccouomical purposes. 68. — {Roy. .Agric. Journ.). — Aiiiiual report for I8Gi. 69. 1865. (Roy. Agric. Journ.). — On tlie composition and nutritive value of palm-nut-kernel meal and cake. 70. — (Roy. Agric. Journ). — Ou the fuiictions of soda-salts in agriculture. 71. — (Roy. .Agric. Journ.). — Lecture on the natural deposits of potash in Germany. 72. — (Roy. Agric. Journ.). — Lecture on irrigation. 73. — (Roy. Agric. Journ.). — Anniial report for 1864. 74. 1866. (Roy. .Agric. Journ.). — On disinfectants. 75. — {Roy. Agric. Journ.). — Ou the composition of orange globe mangolds bulbs and tops. 76 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 7G. 18GG. IRoi/. \gric. Joicni.). — Report on tlie Lmpmvcmcnt of grass-Iands on .M. E. Fliick's Maaor Fai'ui, at Braydon, Wilts. 77. — (Roy. A(jric. Journ.). — Ou liekl cxperiiucnts witli clover-sceds. 7S. — {Roij. Agiic. Journ.). — Leclure on tlie conditions to be obsei'ved in carrying ont agricnitural cxpcrimcnts in tlie licM. 79. — (lioij. Agric. Journ.]. — Annuai report for 1SG5. 80. 18G7. IFaniiers' Magazine). — On llie best mode and period of applying ma- nure to lanJ. A lecture at the central farmers Club. 81. — (Roy. Agric. Journ.). — On tlie changes \vhich take place iu the fleld and in the slack in hay-making. S2. — [Roy. Agric. Journ). — On field cxperiments of crude Oerman potash salts and conimon sait on luangolds. 83. — [Roy. Agric. Journ.). — On licld experiments ou root-crops. 8i. — {Roy. Agric. Journ.). — On tlie composition aud nutritive value of Anlhylli.s vulneraria as a fodder-plant. 85. — [Roy. Agric. Journ.). — On the relative value and mannrial properties of purcliased food ; a lecture. 8G. I8G8. [Roy. Agric. Journ.). — On the solubility of phosphatic materials, with spécial référence to the practical etlicacy of the varions forms in which boues are used in agriculture. 87. — [Roy. Agric. Journ.). — On the composition and nutritive value of Trijoliuin striutum, a \\c\s kiud of clover. 88. — \lioy. Agric. Journ.). — On the causes of Ihc benclits of clover as a prcparatory crop for wheat. 8i). — (Roy. Agric. Journ.). — Âniiual Report for 18G7. 1)0. 1809. [Roy. Agric. Journ.). — On field experiments on clovcr-seeds and per- manent pasliire. 91. — [Roy. Agric. Journ.). — On the chemistry of silesian sugar-bects. 92. — [Roy. Agric. Journ.). — Annuai chemical report for 1868. 93. 1870. (Roy. Agric. Journ.). — Report on the agriculture of Belgiura, made at the requcst of the council by A. Vœlckcr aud il. M. Jenkins, re- porter. 91. — {Roy. Agric. Journ.). — Field experiments on mangolds. 95. — [Roy. Agric. Journ.). — Ou beet-root pulp. 9C. — (Roy. Agric. Journ.). — On a peculiar kiud of Swedish whey-cheesc and on .Norwegian goats'-inilk cliecse. 97. — [Roy. Agric. Journ.). — On field experiments ou potatoes. 98. — [Roy. Agric. Journ.\. — On Ihe composition and practical value of sc- veral sampics of native guano prepared by the ABC sewage process of the iNative Guano Company. 99. — [Roy. Agric. Journ.). — Annuai chemical report for 18C9. 100. 1871. [noy. Agric. Journ.). — On sugar-bects and bect-root distillation. 101. — [Roy. Agric. Journ.). — On the best mode of preparing straw-chaff for fecding purposes. 102. — (Roy. Agric. Journ.). — On field experiments un root-crops. 103. — [Roy. Agric. Journ.). — On the composition and nutritive value of tlie prickly comfrey (Syniphituni asperriinum]. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 77 loi. 1871. [Rotj. Afjric. Journ.). — Âaiiual report for 1870. lOô. 187'2, {Roy. Àgric. Journ.). — On tlie composition and ngriciiltiiral value of carlli-closct luaniirc. 100. — {Roi/. Agric. Journ.). — Annual report for 1871. 107. 1873. {Roi/. Agric. Journ.). — On tlic cliaractcrs of pure and mixed linseed calics. 108. — {Roij. Agric. Journ.). — Ou Australian concentrât ed mutton-soup as a food for pigs. 100. — {Roij. Agric. Journ.). — Annual report for 1872. 110. 1871. {Roij. Agric. Journ.). — On tlie composition of waters of land drai- nage. 111. — {Roij. Agric. Journ.). — Field cxperiments on permanent pasiure. 112. — (Roij. . Agric. Joiii'n.). — Report on tbe composition of thirleen saraples of Peruvian guano sent by tlie Secretary of tlie Admiralty to tlie Royal Agricultural Society. 113. — (Roy. .\gric. Journ.). — Annual report for 1873. lli. 187 j. {Roy. Agric. Journ.). — On ilie composition and properties of drin- king water and water used for gênerai purposes. 11."). — {Ro'j. Agric. Journ.). — On tlic cliemical composition of pliosphatic minerais used for agricultural purposes. 1 iG. — {Roy. Agric. Journ.). — Annual report for 1874. 117. 1876. (Scwage disposai). — Report of the committee. Appendix n" 1. Report on llie fertilizing and commercial value of sewage and night- soil manures, by D'' A. Voelcker. 1 18. — {Roy. Agric. Journ.). — On the thcoretical and practical value of pur- cliased food and of ils residue as manure 1 19. — {Roy. Agric. Journ.). — On pliospbatic guanos. l-iQ. — {Roy. .\gric. Journ.). — Annual report for 1875. 121. 1877. {Roy. Agric. Journ.). — On the composition and nutritive properties of Swedes and experimenfs on the keeping qualities of roots. I-12. — {Roy. Agric. Journ.). — Annual report for 1876. 123. — {Society oj Arts). — Second annual conférence on the bealth and sewage of town. Report by Vœlcker on tlie agricultural and com- mercial value of prepared night soil manures. 121. — [Roy. .\gric. Journ.). — Quarterly reports of tlie cbcmical committee. 125. 1878. {Roy. Agric. Journ). — On bats' guano. 126. — {Roy. Agric. Journ.). — Report on the field and feeding experiments conducted at Woburn on behalf of the Society during 1877. 127. — (Roy. Agric. Journ.). — Ou the inlUience of cliemical discoveries on tbe progress of cnglisb agricullure. 12S. — {Roy. Agric. Journ.). — Annual report for 1877. 12>}. — (Roy. Agric. Journ.). — Quarterly reports of the chemical committee 130. 1879. {Roy. Agric. Journ.). — Report on the field and feeding experiments conducled at Woburn on belialf of llic Society during 1S78. 131. — {Roy. .Agric. Journ.). — Annual report for 1878. 132. 1880. {Roy. Agric. Journ.). — Report on the ûeld and feeding experiments conducted at Woburn on behalf of ihe Society during 1879. 78 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQITE. 133. 1880. {Roij. Afjric. Joiirn.). — On au experiment ou tlie comparative value of linsecd-cakc and a mi.xturc of decorlicatcd cotlon-cake and maize-iucal for fattening bullocks. 134. — (Roy. Af/ric. Journ.). — Ou tlie composition of cream and skim milk obtaincd by de Laval's centrifugai cream separator. 13i). — [Roy. Agric. Journ.). — On tbe comparative value of soluble and iiLSoIubie piiospbatcs. 136. — [Roy- Agric. Journ.). — On a ncw melbod of testing milk. 137. — [Roy. Agric. Journ.). — On tbe composition of Ewes' milk. 138. — [Roy. Agric. Journ.]. — On tlie composition of Goats' mille. 139. — [Roy. Agric. Journ.). — Annuai report for 1879. 140. — [Roy. Agric. Journ). — Quarterly reports of tbe cbemical committee. 14(. 1881. [Roy. Agric. Journ.). — On lield experiments of Swedisb turnips wilh soluble and linely ground pbospliatic fertilizers. 1 12. — [Roy. Agric. Journ.). — Report on the lield and feeding experiments conducted at Wobiirn on bebalf of tbe Society during 1880. 143. — (Roy. Agric. Journ.). — Ou furtlier experiments on tiie comparative value of linseed-cake, etc., for fatleningbiillocks. 144. — [Roy. Agric. Journ.). — Annuai report for 1880. 145. — (Roy. Agric. Journ.). — Quarterly reports of tbe cbemical committee. 146. 1882. (Roy. Agric. Journ.). — Report on tbe lield and feeding experiments conducted at Woburn on bebalf of tbe Society during 1881. 147. — (Roy. Agric. Journ.). — On field experiments on swedisli turnips Avitb soluble and linely ground pbospbatic fertilizers. 148. — (Roy. Agric. Journ.). — On experiments in Warreu Field, Woburn, on tbe manurial value of varions pbospbatic fertilizers. 140. — (Roy. Agric. Journ.}. — Anuual report fort 1881. 150. — [Roy. Agric. Journ). — (Juarterly reports of tbe cbemical committee. 151. 1883. [Roy. Agric. Journ ). — Report on tbe field and feeding experiments conducted at Woburn during 1882. 1.^2. — (Roy. Agric. Journ.). — Report of feeding experiments on sbeep conducted at CraMley-iMill farm, Woburn, witb linseed-cake and barlcy-meal, linseed-cake and malt, linseed-cake and pea-mcal. 103. — (Roy. Agric. Journ.). — Annuai report for 1882. loi. — (Roy. Agric. .lourn.). — Quarterly reports of tiie cbemical committee. 1 Jô. 1884. (Roy. Agric. Journ.). — Report on tbe field and feeding experiments at Woburn conducted on bebalf of tbe Society during 1SS3. 156. — [Roy. Agric. Journ.). — On tlic cbemistry of ensilage. 157. — (Roy. Agric. Journ.). — On (lie quality of créosote suitable for pro- tecting bop-poles, wood fenccs, etc., against decay. 158. — [Roy. Agric. Jour7i.). — Annuai report for 1883. 159. — (Roy. Agric. Journ.). — Quarterly reports of tbe cbemical committee. 160. 1885. (Roy. Agric. Journ.). — Tbe latc D' Yœlcker by Prof. .1. 11. Gilbert. UAGRIGULTURE AU JAPON (1) III. — La Culture du sol. Comme ragricullure au Japon est, depuis les temps les plus an- ciens, exclusivement livrée aux mains des classes tout à fait infé- rieures de la sociélé, et que jusqu'ici aucune mesure n'a été prise pour développer l'instruction de celles-ci, le mode d'exploitation est purement empirique. Les paysans suivent les procédés qu'ils ont appris de leurs pères et qu'employaient déjà leurs aïeux : pas un paysan n'étant, par suite, plus instruit que son voisin, peu importait jusqu'ici que le jeune cultivateur fît ses études là ou ailleurs. En raison de ces circonstances, les méthodes de culture du sol et les instruments nécessaires sont restés absolument les mêmes sans subir aucun changement, au Japon, depuis un temps immé- morial. Ordinairement, les travaux du champ sont faits par les membres de la famille : si le père se hvre à des affaires d'un autre ordre, ce sont les femmes et les enfants qui s'occupent de la culture. Dans les grandes exploitations (grandes, par rappoit à l'étendue du Japon), on loue des serviteurs à l'année et, pour les cas pres- sants, on emploie des journaliers. Les ouvriers agricoles vivant exclusivement du travail do leurs bras n'existent pour ainsi dire pas, car presque tous les biens japo- nais consistent en de petites parcelles. Celui qui possède un grand bien l'afferme ordinairement en parcelles de peu d'étendue, qui sont exploitées, comme nous l'avons mentionne plus haut, par des 1. Voir Annales de la Science agronomique, (887, t. I, p. 353. 80 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. familles. Les travailleurs, employés dans les exploilatioas plus im- porlanles comme serviteurs, servantes ou journaliers, sont aussi exclusivement des fermiers ou des propriétaires de petites parcelles, à qui la besogne manque dans leurs propres biens, à cause du nombre considérable des membres de leur famille, ou bien encore ce sont des gens qui n'ont pas un revenu suffisant pour nourrir leur famille. Les ouvriers à gages, qui ne possèdent aucune terre et vivent uniquement de leur travail, vont aux environs des villes : aussi n'est-ce guère que là qu'on en rencontie. Ces hommes sont adroits et peuvent aussi bien être utilisés pour des travaux tecbniques que pour des travaux agricoles; mais ils sont paresseux et, de plus, rusés. Ils exécutent leur besogne d'une façon variable, suivant le maître qui les a engagés : si celui-ci ne comprend rien au travail, ils font peu de chose et encore le font-ils tout de travers. Ces gens ont en général un degré d'instruction relativement assez grand, quoiqu'on ne puisse nier que, justement en matière d'agri- culture, ils s'en tiennent encore tout à fait aux anciens errements. Quant à leur capacité de travail, comparée dans l'ensemble à celle des ouvriers allemands, elle lui est inférieure : mais il faut aussi tenir compte de la différence dans la constitulion physique des deux races et aussi dans les conditions climalobgifjues. Le salaire est très variable suivant la région ; en moyenne, il n'est pas trop bas, étant donné le bon marché des denrées alimentaires. ■ Un bon ouvrier, résislant au travail, reçoit par jour, outre sa nourriture ' : MAXIMUM. MISIMOM. MOTESNE. Franps. Frams. Francs. Hommes 2,25 .0,87 1,25 Femmes 1,G25 ' 0,.375 1,87 Les domestiques sont nourris ; le gage annuel des hommes varie entre 125 fr. et 212 fr. 50 c. et celui des femmes (servantes) entre 75 fr. et 125 fr. ; de plus, ils sont chaussés et on leur donne chaque année deux costumes de travail légers, une paire de serviettes et quelques objets analogues. 1. Ces chiffres sont empruntés à la statistique du MinisttM-e de Tintérieur (1882). l'a&riculture au japon. 81 Un partage du travail réylé d'après des vues d'économie sociale comme dans les pays de cullure modernes, fait complètement défaut malheureusement jusqu'ici au Japon ; ce fait exerce une influence grandement préjudiciable non seulement à l'agriculture, mais encore au bien-être général du peuple. On ne peut pourtant pas anéantir d'une fois cette influence, mais seulement l'amoindrir peu à peu. Les instruments employés au labourage des champs sont tr-ès pri- mitifs et très simples : celui qui n'a pas l'habitude de les manier ne peut généralement pas les utiliser. Presque tous les travaux de culture sont accomplis par des hommes; il y a très peu d'attelages et nulle paît on n'emploie la vapeur. 11 n'a pas été possible, avec les conditions d'exploitation restreinte du Japon, d'utiliser avec avantage l'aide du travail peu coûteux des forces du bétail et de la vapeur : c'est pourquoi, pour le labour profond et l'ameublisscment du terrain, seules la bêche et la pioche entrent en ligne de compte. La bêche se compose d'un bâton auquel est emmanchée une planche épaisse, recouverte de fer forgé, dont les tranchants sont acérés. Le manche a environ S centimètres de diamètre et 50 à 80 centimètres de longueur ; la planche, large de 15 centimètres, varie de 40 à 60 centimètres comme longueur et présente une lar- geur de 5 à 6 centimètres à la partie supérieure, afm qu'on puisse introduire la bêche dans le sol au moyen du pied. La longueur totale varie donc entre 120 centimètres et 150 centimètres; natu- rellement, il y a un grand nombre de modifications de ce modèle. On emploie la bêche pour creuser profondément et retourner la terre : à cet effet, on enfonce la partie plate de l'instrument dans le sol à une profondeur de 20 à 25 centimètres, de façon à détacher un morceau de terre d'une largeur moitié moindre ; puis, par un mouvement de la bêche, la masse de terre enlevée est replacée sens dessus dessous dans le trou ainsi creusé: en somme, cela se pra- tique comme en Allemagne. On emploie aussi beaucoup la houe qui, dans les endroits où l'on ne fait pas usage de charrue, est un instrument de labour essen- tiel. La forme de cette houe varie suivant l'usage qu'on veut en faire et aussi suivant les localités. La partie en fer est plus ou moin& ANN. SCIENCli AGRON. — 1887. — II. 6 ' 82 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. épaisse, large ou longue ; les unes sont pointues, d'autres émons- sées, et elles dilTèrent par la longueur et la disposition du manche. Cet inslmmcnl sert pour presque tous les travaux de culture : pour ameublir le sol jusqu'aux couches profondes, le niveler, laller la terre contre les bords des sillons, détruire les chaumes, tracer les lignes de semailles, enfouir les semences, etc. Le travail du sol à une certaine profondeur, au moyen de la pioche, ne se fait pourtant que très imparfaitement; on ne dépasse pas 20 centimètres, tandis qu'avec la bêche on va à plus de 25 centi- mètres. Cependant, l'usage de la bêche est moins fréquent, parce qu'il exige un effort plus grand du travailleur. Un autre modèle de houe consiste en une sorte de fourche en fer, munie de deux à cinq pointes qui, selon le nombre et la force de ces pointes, est utilisée dans différents buts, mais spécialement pour le défonçage des sols compacts, pierreux et marécageux. La charrue qui, de tous les instruments aratoires est cependant le plus puissant, n'est pas employée autant au Japon que la houe, à cause de la faible étendue des parcelles cultivées. Sa construction est fort simple. Elle se compose d'un corps de charrue pourvu d'un versoir de petite dimension ; ce corps de charrue est fait d'ordinaire en un bois très dur, le Zclkoiva keaki sieh, et c'est à lui qu'est adapté l'âge, au moyen de l'oreille et des mancherons. L'âge forme avec le corps de la charrue un angle d'environ 20°, et à son extrémité antérieure, se trouve une sorte de palonnier auquel on attache les bêtes de trait au moyen de cordes. Dans la charrue à main, les mancherons sont supprimés et à l'extrémité de l'âge, au lieu d'un palonnier, il y aune poignée en forme de T, dont le laboureur se sert pour tirer derrière lui l'instrument. Le soc est un simple fer plat, affectant la forme d'une flèche poin- tue, ([u'on introduit au moment du labour, dans la fente ménagée dans le corps de la charrue entre son extrémité et le versoir. La charrue japonaise n'a ni avant-train, ni régulateur, ni aucun appareil de ce genre, de sorte ([u'on est obligé de régler la profon- deur du sillon par une pression plus ou moins grande sur les man- cherons suivant les besoins. De plus, il n'y a pas de coutre. Cette charrue, étant très légèrement construite en bois, exige une laible l'agriculture au japon. 83 dépense de force de traction ; mais son versoir est si petit, qu'elle retourne le sol très imparfaitement. De plus, elle ne pénètre pas plus profondément qu'une houe bien construite et elle découpe les sillons en forme de peigne. Pourtant c'est encore le meilleur de tous les instruments employés pour travailler et remuer le sol, car elle fournit un travail dix fois plus rapide que les outils à la main, et par suite les frais sont moindres. Pour préparer à la houe un champ d'un hectare sur une profon- deur de 15 centimètres, il faut, suivant la nature du sol, 80 à 400 journées de travail, tandis que le travail à la charrue, pour une même étendue, n'exige que 8 à 12 jours. La charriie-biitloir est construite presque tout à fait comme la charrue : la seule différence consiste en ce que le soc est une capsule en fonte poinlue comme un dard, qui est attachée à l'cxtri-émité de l'arbre de la charrue, tandis que dans l'araire ordinaire, une simple plaque est introduite dans la fissure ménagée entre l'arbre et le ver- soir. On emploie cet instrument pour ameublir les sillons existant entre les plantes pendant la période de végétation et pour butter la terre légère contre les plantes ; pour cette dernière partie du tra- vail, on met comme versoir à l'oreille une planche de forme angu- laire, qui sert à butter la terre de chaque côté en une moitié de billon. Pour émietter et niveler la terre, la houe remplace la herse euro- péenne dans la petite culture ; mais dans la grande culture, on se sert d'un instrument traîné par le bétail, qui ressemble à un râteau. La partie essentielle de cet outil consiste en un bloc de bois rectan- gulaire, d'environ 80 centimètres de longueur et de 8 à 10 centi- mètres d'épaisseur, portant une rangée de dents en fer, d'une lon- gueur de 15 centimètres ; sur le devant, se trouvent placées deux larges planches parallèles en forme de croissants, qui portent un cylindre hérissé de pointes placé transversalement. Au-dessus, un mécanisme en forme de potence sert de manche pour tenir l'instru- ment avec la main. La bète de trait est attelée au bout de la partie antérieure des deux planches au moyen de cordes, et l'instrument est dirigé par un homme qui marche derrière en tenant le manche. Quand il s'agit de champs marécageux, on se sert d'une espèce de râteau très simple avec des dents en bois ou en 'fer. 84 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le rouleau n'existe pas au Japon et on y supplée par un instrument analogue à un marteau de tonnelier ou à un batteur de lin, qui est aussi utilisé pour réduire en poussière fine les mottes dures qui for- ment la couche superficielle des sols compacts. La préparation du chanij) une fois exécutée soigneusement avec les instruments primitifs décrits plus haut, on trace des lignes de seniiiilles dont l'espacement varie, suivant la plante à cultiver, entre 40 et GO centimètres. Puis on répand dans ces lignes l'engrais qu'on appelle engrais de semailles, juste en quantité nécessaire pour suffire aux exigences de la plante pendant la première période de sa crois- sance. On fait ensuite la semaille de deux façons diflérenles, selon la nature de la plante en culture : on bien on répand immédiatement à la main la semence sur l'engrais même et l'on recouvre le tout; ou bien on mélange préalablement l'engrais avec de la teri'c llne- menl pulvérisée. La façon d'opérer sur les champs marécageux est la suivante : an printemps, quand la nature commence à s'éveiller sous l'influence d'une température plus élevée, le paysan laboure son champ humide avec soin, émiette le sol et l'inonde. On entoure ensuite le champ d'un levadon pointu et qu'on lisse. Enfin le sol du champ tout entier est travaillé de cette façon, jus([u'à ce que la terre ainsi traitée soit devenue pâteuse. C'est alors qu'on y enfouit l'engrais liquide ou i)ul- vérisé, en le répartissant uniformément sur le champ. A ce momen! le champ est prêt : on y plante les jeunes plants de riz, qui ont été élevés auparavant sur couche. Dans les endroits particulièrement favorisés comme situation, où l'arrivée et le départ de l'eau se font bien, le champ est transformé en marais pendant l'été et en terre sèche en hiver. Parmi les diflërentes méthodes usitées pour les semailles, les plus fréquemment employées au Japon sont, pour les céréales, la semailh; en figue, et pour les légumineuses, la semaille au plantoir; quant à la semaille à la volée, elle n'est employée que pour les couches. La semaille en ligne se fait au Japon sur des lignes très étendues, tandis qu'en Allemagne elle est, au contraire, très limitée. Ce n'est pas seulement parce qu'en opérant ainsi le cultivateur relire un profit pkjs grand par suite de l'économie en semences l'agriculture au japon. 85 d'une germinalion et d'un lallage plus réguliers et d'un dcveloppc- nienl plus vigoureux de la plante ; mais, avant tout, parce que cette manière d'opérer lui permet une utilisation ininterrompue de son champ, car, avant que la première récolte ne soit venue à maturité, il peut semer d'autres graines dans les sillons, enlre les raies. Ainsi est rendue possible la culture sur un môme champ de deux et môme de Irois plantes dilTércntes, en l'espace d'une seule année, et tou- jours on a assuré l'ameublisscment du sol et son maintien en état de propreté, son état d'humidité convenable, et la fumure des [liantes pendant leur croissance. Par exemple, dans mon lieu de naissance, dans la province Aiva {île Slàlwlni), un champ qui vient de porter une récolte d'été, est remanié aussitôt pour une nouvelle culture, et la semaille en ligne pour une récolte d'hiver est faite comme il a été dit plus haut. Au printemps, après que le travail nécessaire aux récoltes d'hiver est terminé, on plante dans les sillons de jeunes plantes tinctoriales (Polijgomim tinclorium) , élevées sur couche. Peu de temps après, la récolte d'hiver étant arrivée à matu- rité, est récoltée ; on réjiand alors de l'engrais et on ameubht le sol, pour donner de la force aux jeunes plantes qui, jusiju'a ce moment, paraissent décolorées, par suite du défaut de lumière. Quand ces plantes deviennent robustes, on lalle la terre sèche petit à petit contre elles, do telle façon que le billon primitif est transformé en sillon. Ces plantes sont récoltées pour la première fois au commen- cement de juillet, à l'état vert, et les éteules restent pour la seconde coupe. Quand les bourgeons commencent à monter, on sème tout de suite dans le sol des sillons la fève de Soja {Soja hispida). A j)eine la première feuille de la fève de Soja s'est-elle développée, (pi'on récolte le Pol)j(/onum tinclorium pour la seconde fois et on arrache du champ les éteules. Puis le cultivateur donne tous ses soins à sa culture de fèves. En octobre, les fèves de Soja sont miwes et, la récolte faite, le champ est remué j)roIbndément dans toute son étendue, puis ensemencé pour la récolte d'hiver; il ne reste donc improductif que pendant un temps très court en automne. Pour obtenir la semence, on récolte les plantes les plus vigou- reuses du champ, on les sépare avec soin, on les nettoie et on les conserve pour l'année suivante. Quoique, au Japon, depuis les temps 86 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. les plus anciens, on cultive récolte sur récolte sur un même champ, chaque année, l'expérience pratique a conduit cependant à changer l'espèce de semence ; la semence récoltée cette année ne sera pas employée l'année suivante, parce que, si l'on agissait ainsi, le produit de la récolte se trouverait diminué. Pendant la période de végétation, on ameublit le sol par un binage des lignes de culture. Ce travail est fait pour toutes les espèces cul- tivées, sans exception, contrairement à la pratique de l'Allemagne, où l'on ne bine que les pommes de terre, les betteraves, le maïs et (juclques autres plantes analogues. Cependant, depuis peu, dans la province de Saxe, les cultures sont, en maints endroits, binées régu- lièrement et à plusieurs reprises. Au Japon, on ameublit d'abord la terre entre les lignes de plantes avec une houe ou la charrue-buttoir, on enlève les mauvaises herbes et on émiette la terre ; puis on talle doucement cette terre contre les plantes et cette opération étant terminée, on donne un engrais, sous une forme très étendue. Le binage et l'épandage simultané de l'engrais sont répétés, sui- vant la nature des plantes, 3 à 7 fois pendant leur période de crois- sance. Quand la plante est déjà assez avancée pour commencer à donner des bourgeons et des épis, on recommence pour la dernière fois le travail de la terre et l'épandage de l'engrais. En outre, la terre émiettée est buttée contre les plantes au moyen de la charrue- bultoir ou d'une large houe afin d'empêcher la verse. La récolte mûre est coupée sur la terre au moyen de la faucille et, en général, on la met en javelle pour quelques jours. Dans les champs marécageux où on ne peut pas les mettre en javelle, on suspend les gerbes sur une longue traverse en bois, consohdée des deux côtés par trois perches disposées en forme de pyramide. Quand la paille est assez sèche pour ne pas se moisir par l'entassement, on la met en gerbes et on la porte à la maison. Pour obtenir le grain des céréales, on sépare tout d'abord de la paille les épis et les panicules et on débarrasse le grain des bàles, soit par le battage, soit par la mouture. La séparation des épis et du grain se fait au moyen d'un appareil qui rappelle la drègc et qui consiste en un peigne d'acier ou de bam- l'agriculture au japon. 87 bon, d'une largeur de 40 cenlimèlres environ, reposant sur un tré- teau. On introduit par la tige une poignée pleine de la plante et on la tire à travers les dents du peigne : dans ce passage à travers le peigne, si ce sont des plantes à épis, les épis sont entièrement sépa- rés de la paille, mais si ce sont des plantes paniculées, seuls les les grains sont détachés. Les pointes de cette drège sont trop serrées pour ces dernières plantes et trop espacées pour les plantes à épis ; c'est pourcjuoi une même drège ne peut pas servir pour ces deux sortes de récoltes. En général, les dénis sont d'acier pour les plantes paniculaires et de bambou pour les plantes à épis. Les épis ou les panicules, une fois séparés de la paille, sont des- séchés soit sur des nattes de paille, soit directement sur le sol uni au soleil ; puis, après le dessèchement, battus au fléau. Pour le riz cependant, le « paddy »' desséché est séparé de la bâle au moyen d'une sorte de moulin. Les légumineuses et les plantes à siliques sont d'ordinaire battues au fléau. Dans quelques contrées isolées, on sépare tout d'abord les cosses de la paille des fèves de Soja, et seules ces cosses sont battues au fléau. Pour briser la cosse, on emploie un bâton rond en bambou, qui est fendu dans la longueur en deux morceaux et dont une extré- mité est fortement liée avec des cordes et dont l'autre extrémité est entaillée obliquement vers l'intérieur de chaque côté, de telle façon que cette entaille forme un triangle à angles aigus. On serre alors fortement la paille dure de la fève dans la fissure du bambou, qu'on tient de la main gauche, et en tirant de l'autre main la paille, on sépare ainsi les gousses. Le nettoyage des céréales se fait, dans les petites exploitations, à l'aide du van ; dans les grandes, on se sert de machines. Les plantes tuberculeuses sont cultivées par le binage ou à la charrue et récoltées comme en Allemagne. Le transport par voiture fait complètement défaut dans l'agricul- ture japonaise. Tous les produits sont portés sur des perches par des hommes ou sur le dos des animaux. Il est très diflîcile d'introduire jusqu'à présent, dans notre exploilation agricole, le transport par 1. Ri/, non émondé. (H. G.) 88 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. voiture, car les clieinins des champs sont si étroits, que deux per- sonnes peuvent à peine y marcher l'une à côté de l'autre. Ouant au travail de nos champs avec des instruments primitifs, simples et grossiers, il faut un grande patience, et le cultivateur témoigne cette vertu avec un tel zèle, que l'on ne rencontre que des champs en cul- ture toujours ameublis et sans aucune mauvaise herbe ; en un mot, ces champs sont aussi bien tenus, aussi propres qu'un parterre de jardin. La culture profonde, qui est devenue le but définitif de l'agricul- ture européenne, est tout à fait impralicable avec notre outillage agricole et ne préoccupe que très peu ou même pas notre paysan; car il ne considère son champ que comme le domicile des plantes, il croit pouvoir leur apporter du dehors une alimentation suffisante et, en effet, il la leur apporte. On compte, en général, que le tiers du produit de la récolte doit être rapporté au champ sous forme d'en- grais pour obtenir chaque année une récolte égale. Le paysan japonais n'a naturellement aucune idée sur la façon dont la planîe se nourrit; mais sa pratique lui apprend tout aussi bien que, lorsqu'il donne beaucoup d'engrais aux plantes, elles croissent luxuricusement, mais qu'une dose d'engrais ti'op forte peut les faire verseï' ou li.'s rendre malades; que sans fumure elles croissent miséi'ablement, qu'un travail soigneux du sol donne un tallage et un port robuste à la plante et que, pour cette raison, elles utilisent mieux les engrais mis à leur disposition. On estime que pour le travail total de culture d'un champ de riz de 50 ares ou d'un champ ordinaire de 25 à 40 arcs, un homme vi- goureux est nécessaire et qu'un tel ouvrier doit consacrer, pour un champ de riz d'un hectare, 200 à 400 journées de travail et pour un autre champ de la même surface, 300 à 500 jours de travail s'il n'a j>as recours aux animaux. S'il emploie une bête de trait, le même chanqi de riz exige 70 à 120 jours de travail, et l'autre 100 à 200 jours. Loi'sque le pays était complètement fermé à l'étranger, le consom- mateur dépendait exclusivement du paysan pour son alimentation, ce dernier était parfaitement heureux el content avec une culture intensive sur une toute petite surface du sol. Depuis que le marché l'agriculture au japon. 89 (lu monde alimente le consommateur et le rend indépendant du pro- ducteur indigène, la condition du paysan est devenue tout autre : il doit maintenant organiser son exploitation tout autrement qu'autre- fois. Si l'agriculture japonaise veut s'adapter aux circonstances nou- velles, elle doit avant toute chose importer, pour remplacer ses ins- truments agricoles primitifs, des machines et des outils nouveaux, conformes au hut et faciles à manier; suppléer au travail de l'homme, si pénihlement exécuté jus(iu'à ce jour par le travail de l'animal, et ré])artir des forces d'homme superflues et coûteuses pour la colo- nisation des contrées jusqu'alors inhabitées (Wildnis) et inutilisées, afin de les fertiliser et d'accroître la production agricole, en abais- sant les prix de revient. IV. — Engrais. L'agriculteur, dans les pays modernes de culture, doit diriger son exploitation en appelant à son aide les sciences naturelles, qui ont pris un grand développement, de telle manière qu'il répare non seu- lement directement par un apport d'engrais les pertes du sol en éléments fertilisants, mais aussi indirectement, par la culture des plantes à racines profondes, la jachère, un labour profond et par une alternance des récoltes, c'est-à-dire qu'il doit chercher son profit de tous cotés. La culture des plantes fourragères sert à l'entretien du bétail, (|ui livre l'engrais pour le champ. Au Japon, les agriculteurs, par suite du manque de bétail, se sont vus contraints de restituer les principes nutritifs enlevés au sol par les plantes, principalement sous la forme de déjections hu- maines. L'intensité de la culture s'est accrue au fur et à mesure de l'ac- croisscment de la poj)ul;iti()n et , en môme temps, le soin à apporter à la fabrication des engrais. Je dois décrire ici tous nos procédés de fabritation d'engrais, même au péril de blesser le sentiment esthétique, en m'appuyant sur les paroles de Liebig, qui expliquait, dans ses Lettres sur la Chimie, que le terme « engrais » ne devait pas être pris dans un sens désagi'éable. 90 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les fosses d'aisance sont en général divisées en deux parties : dans l'une on rassemble- les excrémenis solides cl dans l'autre les excré- ments liquides. Au sous-sol de chaque partie se trouve placé un grand tonneau de 80 à 100 centimètres de diamètre, pour recueillir les excréments. Ces tonneaux sont enfoncés profondément dans le sol et cimentés tout autour dans l'espace vide, avec une légère chute d'eau vers le milieu, pour rendre possible un nettoyage convenable au moment du vidage. Aussitôt qu'un de ces tonneaux de maison est rempU, le contenu en est versé dans un réservoir à engrais plus grand qui, le plus sou- vent, est placé dans le champ, tout près du chemin. Ce réservoir consiste tantôt en un grand tonneau de 2 mètres de hauteur et de 2 mètres de diamètre, enfoui en terre jusqu'au bord supérieur, tantôt en une fosse cimentée, dont le bord supérieur s'élève de i pied à 1 pied et demi au-dessus du sol. Près de ce réservoir, s'en trouve un autre aussi grand, dans lequel on réunit avec le plus grand soin les eaux des bains, de cui- sine et les eaux des blanchisseries. Ces eaux sont recueillies pour étendre les excréments, en faisant un mélange intime, sans l'ad- dition d'aucune autre matière, environ à volumes égaux. Puis on recouvre la fosse remphe de cette bouilUe d'engrais étendu d'une natte de paille à tresses serrées ; bientôt après, les matières denses descendent peu à peu et entrent en fermentation. Entre temps, le tonneau de la maison s'est à nouveau rempli ; on recommence la même opération et on mélange, comme il a été dit, avec le même volume d'eau. On continue ainsi jusqu'à ce que la fosse soit pleine : on laisse alors le mélange, après l'avoir encore agité une dernière fois, reposer, suivant la saison, de 3 à 5 semaines ou même plus. Le nombre de fosses que le cultivateur possède varie suivant son exploitation et les plantes qu'il cultive (en moyenne 2 à 4 par hec- tare); il emploie l'engrais préparé d'après la méthode décrite, au moment où la rtiasse présente à la surface du liquide une couleur gris-vert et une odeur tout à fait particulière ; mais jamais il ne le répand à l'état frais. L'urine est recueilhe comme les excrémenis et conservée dans un réservoir particulier, sans aucune addilion. Elle est surtout employée l'agriculture au japon. 91 à la fumure des légumes et des plantes à feuillage, car elle agit beau- coup plus rapidement qu'aucun aulre engrais. J'ai acquis moi-même la conviction, dans ma pratique d'autrefois au Japon, que l'action de l'urine, dans une saison favoial)I(i, est déjà visible au bout de trois jours, tandis que les excréments étendus ne commencent à agir qu'une semaine après l'épandage. D'autre part, l'action de ces der- niers se prolonge plus longtemps. D'après cela, on doit employer l'urine quand on lient à obtenir une belle végétation. Outre les excréments humains, le paysan japonais utilise comme engrais le fumier, le guano de poisson, les tourteaux, les cendres d'os, les déchets de fabri(pie et certains minéraux. L'emploi du fumier a toujours été jusqu'ici d'une minime impor- tance, vu le manque de bétail. Mais on le recueille très soigneuse- ment sur les routes pour l'utiliser le plus souvent à l'état de com- . post, mais quelquefois aussi directement, en l'épandant sur le champ, à l'époque de la semaille, haché comme de la paille grossière. Les poissons et les autres produits de la mer entrant pour une part énorme dans notre alimentation, les résidus de ces aliments apportent un contingent important à la préparation des engrais. Nous citerons, par exemple, les thons {Thumis vulgaris), qui attei- gnent une longueur de 3 mètres et dont on prend une grande quan- tité dans toutes les parties de la côte océanienne, pour les manger, et la tète, les intestins, la peau, les os, etc., de ces animaux sont au- tant d'engrais, dont la culture bénéficie. Ces déchets sont soigneuse- ment recueiUis chez les marchands de poissons et dans les restaurants et envoyés à la campagne. Le paysan met ces déchets bruts de pois- sons dans un grand réservoir à engrais, verse dessus de l'eau de bain chaude, qu'on se procure facilement presque paitout chez nous, et remue la masse pour la mélanger intimement. Puis, il puise dans un réservoir placé près du premier une nouvelle quantité d'eau pré- parée à l'avance, qu'il verse sur la matière; il remue encore le tout profondément, recouvre le réservoir d'un tapis de paille et laisse la masse au repos, pour que, sous rinfluence de la température élevée, les éléments solides entrent rapidement en putréfaction. Au bout de quelques semaines, la masse est putréfiée, et l'eau qu'elle renferme possède une couleur noir verdntre et une odeur 92 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. piquante insupportable. On emploie ce liquiile après l'avoir beaucoup étendu ; puis on reprend par l'eau chaude les parties solides res- tées non attacpiécs : cette opération est recommencée jusqu'à ce que les os se détruisent et se dissolvent;^ Cette lessive d'engrais de poissons, ainsi préparée et fermentée, à odeur piquante, provoque un très rapid.3 développement des |)lantes et, [)Our cette raison, est grandement appréciée par le paysan. Dans certaines contrées du Japon, nolanmient dans l'ile Yezo, on capture, à certaines époques périodiques, de grandes quantités de poissons, comme le saumon {Salnio salar L.) et les Clupea (comme par exemple VEngraulis encrasicholus L.). Tous ceux de ces poissons qui ne peuvent être ni consommés sur place, ni salés ou conservés dans l'huile, sont aussitôt employés pour la fabrication de l'huile et les résidus livrés à la culture comme guano de poisson. Cet en- grais est le plus répandu et le plus estimé de tous les engrais artifi- ciels au Japon. Il est employé pour toutes les récoltes et répandu en couches qu'on recouvre d'engrais naturels ; même dans la culture de la plante à indigo {Polygonum tinctorium Louv.), il est employé seul et non plus comme fumure complémentaire. Le plus souvent c'est en poudre qu'on utilise ce guano ; après l'avoir concassé finement dans un grand mortier, on le mélange inti- mement avec un compost aussi finement pulvérisé. Il arrive rarement qu'on le traite par le lessivage, comme les eaux de cuisine. Les tourteaux sont exclusivement utilisés comme engrais et aussi estimés que le guano de poisson. Ils subissent d'abord une pulvérisa- tion, sont additionnés à des cendres de bois, de l'argile et des bàles, arrosés avec du purin et mélangés intimement jusqu'à ce que la masse soit uniformément humectée, puis disposés en tas et recouverts d'une natte en paille ; on les laisse en place ainsi pendant 2 à 4 jours, suivant la saison. Une chaleur considérable se développe sous cette natte : il se produit une moisissure blanche et une odeur forte caractéristique. On disperse alors le las et on h; refroidit. Celte masse à moitié décomposée sert ordinairement comme engrais de semaille, soit seule, soit mélangée à un compost tamisé linement. — On fume de préférence avec cet engrais le tabac, le cotonnier et la canne à sucre. l'agriculturk au jai'On. 93 Dans [)lu.siuurs réj^ioiis, on enferme des bandes considérables de pigeons en un local organisé dans ce but, afin d'avoir de l'engrais. Celle coloinbine esl pulvérisée et traitée comme le guano de pois- son. Les poules sont, ainsi qu'aux temps primitifs, considérées par charpie famille, à la campagne, comme une horloge annonçant l'heure à iaipielle, surtout en hiver, le travail du matin doit commencer ; on les a conservées pour les œufs, mais en petit nombre, de sorte que le fumier de poules est très rare et n'existe qu'en trop faible (piantilé pour être employé seul à augmenter la fertilité du sol. C'est pour cela qu'on le composte d'ordinaire. Les déchets de l'élevage des vers à soie (excréments des vers, les chrysalides cuites, les vers pourris, etc.), qui a pris un tel dévelop- pement chez nous, sont aussi une source de matières fertilisantes précieuses pour notre culture. Ces déchets sont, en général, mélangés pour l'usage avec d'autres engrais liquides, dans les réservoirs, et souvent aussi compostés. Les os des animaux de la ferme, ceux des bêtes sauvages, des poissons, etc., ont aussi été utilisés de tout temps pourla fumure des terres : on les calcine et c'est sous forme de cendres qu'on les em- ploie surtout dans les cultures de canne à sucre, d'indigo et de tabac; parfois on les pulvérise avec un compost. A cause du manque de bétail, la paille n'est pas en valeur comme en Allemagne. On s'en sert surtout pour des buis techniques, en partie pour l'incinérer et en partie pour la rendre au sol sous forme de compost. Pour obtenir les cendres, qu'on mélange à l'engrais de semaine pour fimier les sols d'origine volcanique et pluloniiiuc, chaque membre de la famille réunit soigneusement les cendres de son fourneau et l'excédent de paille non utilisé dans la ferme est brillé ; dans les pays de prairies, ce sont les mauvaises herbes ; sur les pentes montagneuses, les feuilles tombées et les arbrisseaux dans les forêts, qui jusqu'ici n'ont pas trouvé d'autre emploi. Pendant l'incinération, on verse perpétuellement de l'eau surle tas en combus- tion, l'action de cendres ainsi préparées étant beaucoup plus puissante . que celle de cendres obtenues sans addition d'eau. Ce procéoé em- pirique est justifié aussi au point de vue scientifique, car la calcina- lion des graminées doit être faite à une température aussi basse que 94 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. possible; c'est d'ailleurs le principe appliqué en chimie analytique : si on chauffe trop les silicates et les phosphates, ils fonilenl en englo- bant les principes utiles à la plante et les rendent insolubles. On applique toujours les cendres en mélange avec d'autres engrais ; comme pour les tourteaux/ le mélange une fois fait, on délaye le tout avec des excréments humains et on laisse la décomposition de la masse s'opérer. Un autre engrais, ce sont les cheveux des hommes et les poils des animaux, qu'on réunit avec soin : une partie de cheveux ou de poils et deux parties de cendres, bien homogènes, sont arrosées de purin, de manière à former une espèce de pâte avec laquelle on engraisse surtout les champs dont le sous-sol est très froid, ou bien alors on fume les arbres, tels que l'arbre à laque {Rliics succedanea) , les différentes espèces de citronniers et quelques arbres fruitiers. Voici comment se fait la fabrication du compost qui accompagne toujours, dans notre méthode de fumure des terres, les engrais solides. On commence par réunir toutes les matières organiques, sans craindre la peine ni le travail ; ainsi on récolte dans les rues les excréments des bêtes de somme, les déchets des cuisines des villes, les mauvaises herbes des jardins et des champs, etc. Toutes ces ma- tières sont apportées ensemble et entassées en une sorte de petite meule, comme on fait en Allemagne pour les pommes de terre, dans l'ordre régulier suivant : une couche de paille, bàles, fumier d'étable, de poules et devers, déchets de cuisine, comme la tète et les feuilles du radis, les pelures des patates, delacolocase(Coi!ocasca) etc.; par- dessus, le purin et les excréments liquides, puis une couche mince de chaux éteinte ou b'en des débris de coquilles ou de limaçons avec des cendres de bois, et enfinune couche de terre. Ces différentes cou- ches se répètent jusqu'à ce que le volume total de la masse ait atteint 2 mètres cubes; on couvre alors ce tas d'une natte tressée en paille pour le protéger contre lu pluie et on le laisse ainsi d'ordinaire pen- dant un au. Les p.iy.sans désignent cette masse de compost, noire, poreuse et décomposée, sous le nom de terre d'engrais. Elle est toujours, avant l'emploi, passée à travers un tamis et mélangée à d'autres engrais. Lorsque cette masse de compost renferme beau- coup de graines mûres de mauvaises herbes, on ne l'emploie pas di- l'agriculture au japon. 95 reclement, une fois la décomposition faite, mais elle sert alors pour l'installalion d'un autre compost, afin que les semences aient perdu leur faculté germinativc, avant d'arriver au champ. Outre les engrais décrits plus haut, on utilise les récoltes elles- mêmes, notamment les légumineuses. Ch3z le petit paysan, qui ne possède pas de bête de trait, les mauvais grains de légumineuses, d'orge, de millet et de sarrasin, qui ne peuvent servir à rien d'autre, sont cuites à l'eau et employées comme complément à d'autres en- £>•rai^;; mais cela est un cas bien rare. Plus souvent, on récolte les différentes sortes d'algues dans les fleuves et dans la mer et on les rapporte à la maison. Quand, par suite de la décomposition produite par la chaleur, ces algues ont acquis une certaine odeur et une couleur particulière, on les porte sur le champ et on les enfouit à la charrue. La fumure par l'engrais vert est très répandue au Japon. Les principales sources de cet engrais sont les bords des forêts et les pays de prairies, où on va le chercher; on ne sème aucune plante dans ce but sur le champ même, comme cela se fait pourtant dans tous les autres pays. La chaux est aussi très employée chez nous, en partie comme chaux caustique ou éteinte, en partie à l'état de cen- dres de coquilles, suivant le prix du produit dans telle ou telle loca- lité. On la répand directement sur la sol, ou avec d'autres engrais, ou bien encore en compost. Enfin, il faut encore signaler le salpêtre impur, qui cristallise sur l'aire des granges et dans tous les endroits abrités de la pluie, sous la forme d'une masse gris sale, que le cultivateur réunit avec soin et fait entrer dans la composition du compost. Nos paysans, avec leur méthode de fumure, qui est restée la même depuis plusieurs siècles, ne pouvant rien faire pour l'amélioration du sol dans l'avenir, mais simplement augmenter le produit de la récolte suivante, appliquent directement à leurs récoltes (à l'excep- tion du riz) l'engrais dont nous avons parlé, bien décomposé, faci- lement accessible aux plantes, sous la forme de poudre oudeli(piide en petites quantités ; alors qu'en Allemagne les applications d'en- grais se font en grand, sur toute la surface du champ. Au Japon, on donne à la plante juste la fumure nécessaire à 96 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. son développement complet. C'est le caractère de la culture naine, qui n'admet que les soins donnés à clia({ue plante cultivée, prise in- dividuellement. Avant la semaille, on fume les sillons dans lesquels la semence sera placée, soit avec l'engrais liquide conservé dans le réservoir, ((u'on mélange avec une pareille (piantité d'eau, soit avec de l'en- grais en poudre. Puis on sème directement sur l'engrais ou seulement après l'avoir recouvert d'une légère couche de terre. Pendant la période de végétation, on surveille le champ chaque jour et aussitôt (|uc les plantes témoignent partout d'un petit changement dans la couleur et dans la croissance, on applique une nouvelle fu- mure, mais alors très étendue. On recommence de même, de 3 à 6 fois, suivant la nature du sol et la saison, jusqu'à ce que les bour- geons sortent. A ce moment, on fume encore avec un peu d'engrais étendu, (ju'on appelle l'engrais de la fin; il n'y a pas de cultures sans engrais. Voilà pourquoi, depuis un temps incalculable, c'est toujours la même plante qui a été cultivée sur le môme sol, et toujours jusqu'à aujourd'hui, autant que les circonstances l'ont permis, la récolte a été la même. Notre paysan, ignorant tout autre mode «l'exploitation que celui qu'il a appi"'^ ae ses prédécesseurs, fume pourtant ses récolles avec la quantité convenable d'engrais, même quand il défriche un champ et qu'il trouve un sol vierge : ce qui fait que jamais il ne cultive sans fumure, tandis qu'en Allemagne il est d'usage de cultiver un pareil champ sans engrais pendant quelques années. L'originalité de notre mode de fumure lient peut-être à la nature de notre climat. L'emploi prédominant d'engrais liquides, fortement décomposés, au moment de la semaille et durant la végétation, la pratique générale de la fumure avec les cendres de bois et de paille, l'apport plusieurs fois répété de petites doses de principes nu- tritifs nécessaires à la plante, aussi bien, et de la même façon, surles sols légers et les sols les plus lourds, tout cela amène à penser que la base de ce système pourrait bien trouver son explication dans le climat du Japon. Malheureusement, il n'a été fait jusqu'ici aucune recherche sur la proportion d'azote combiné que l'atmosphère cède l'agriculture au japon. 97 au sol à l'époque des pluies. Mais, de ce fait que notre température est plus élevée que celle de l'Allemagne, de l'Angleterre ou de la France, où de semblables recherches ont été faites, nous pouvons bien espérer que les phénomènes qui se passent dans l'atmosphère et dans le sol, et qui transforment l'azote en ammoniaque et en acides nitreux et nitrique, produiront au moins un effet égal chez nous à celui qu'ils produisent en Europe. Comme, de plus, il est constaté que la quantité d'azote combiné que le sol emprunte à l'atmosphère augmente presque proportionnellement avec la quan- tité des pluies, et qu'au Japon la somme des pluies amiucUes sur- passe infiniment celle de l'Europe, nous pouvons donc admettre que la nature apporte à nos champs une fumui'e azotée beaucoup plus considérable qu'aux cultures européennes, qui reçoivent à peine de l'atmosphère le tiers de l'azote nécessaire à la production des récoltes. De là, l'explication de ce fait que notre cultivateur, s'il ne peut pas tout à fait exploiter sans fumure azotée, n'a pas besoin d'attribuer à ce principe fertilisant une valeur égale à celle qu'il a en Europe '. Le paysan japonais compte pour une récolte quelconque, en engrais humain frais tel qu'il est, en moyenne, par hectare, 120 à 150 quintaux (600 à 700 kilogr.). Si l'on se base sur le chiffre donné par Wolff ", le poids total de cet engrais représente 84 à 105 livres par hectare ^ L'apport total en azote fait par le paysan à son champ représente une quantité double de ceUe calculée, puisqu'il donne une fumure azotée en moyenne deux fois par an. Cet apport en azote n'est donc pas un chiffre minime chez nous, bien qu'il ne soit pas démesuré- ment plus ?rand qu'en Allemagne. Le procédé de fumures parlielles et fréquentes ne s'explique pas seulement par la grande quantité de pluies qui entraînent relative- ment vite dans le sous-sol les principes nutritifs dissous et (|ue la plante ne peut absorber qu'en petite proportion, et par conséquent 1. Liebschcr, Japans WirlhschaflsverhiiUniss, p. 23. 2. Mentzel und von Lengerek's landwirlkschajllicher Calender. 3. 1000 livres (500 kilogr.) = 7 livres (3''',5 d'azote). ANN. SCIENCE AGRON. — 1887. — II. 98 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. amoindrit la richesse de la plante, mais aussi par la pauvreté du paysan, qui ne peut payer en une fois tout l'engrais nécessaire. N'ayant pas d'argent pour acheter son engrais, il ne recule devant aucune peine, aucun travail, aucune perle de temps pour l'obtenir peu à peu en échange des céréales ou des légumes qu'il produit. Aussi rcncontre-t-on de grand malin sur les l'outes des centaines de gens de la campagne, portant leurs produits à la ville et en môme, temps des seaux vides. On voit sur les cours d'eau des centaines de canots, sur lesquels les produits du sol et les tonneaux vides sont em- pilés très haut, naviguer vers la ville et revenir le soir vers la cam- pagne, rapportant au logis la prospérité pour le champ. Enfin, il y a encore une dernière raison sur laquelle s'appuie notre façon de préparer les engrais au Japon : si on applique l'en- grais en une seule fois et en grande quantité, ce n'est pas seulement mauvais, mais, bien plus, comme j'ai eu bien souvent l'occasion de le remarquer dans ma pratique agricole, cela cause un tel dommage aux plantes que s'il n'intervient pas une forte chute de pluie et que la surface du sol ne soit pas complètement lavée, les plantes périssent. Gela tient sans doute à l'action malfaisante des sels en solution con- centrée sur les racines, eflet qui a été constaté maintes fois scien- tifiquemenl. L'aclion d'une solution concentrée de sels neutres, comme le phosphate d'ammoniaque, l'azotate de potasse et ana- logues, s'explique évidemment par ce fait qu'en reprenant de l'eau, ils agissent sur le protoplasma, qui se retire en fléchissant de la paroi cellulaire et se contracte d'autant plus que la concentration des sels est plus forte. Mais cette action malfaisante peut être arrêtée à nouveau, en plongeant rapidement les plantes en expérience dans 'eau\ J'ai assez souvent remarqué en Allemagne et aussi près de Halle des faits analogues à ceux que je signalais plus haut. A un certain endroit d'un champ où jadis on avait appHqué une fumure de com- post ou des masses d'engrais urbain, le blé apparut tout à fait ra- bougri; une observation plus attentive fit constater sur la gaine autrefois vert foncé des jeunes pousses de blé, qui avaient environ 1. Botanische Zeiluncj, 1871, p. 46. l'agriculture au japon. 99 10 centimètres de haut, des taches brun foncé. Ces plantes restèrent bien en arrière de celles des autres parties du champ, au moment de la maturation. On ne voyait plus aucune tache aux feuilles supé- rieures de la tige, mais on en constatait encore la présence sur celles d'en bas, déjà flétries. Je me souvins alors, d'après ma pratique d'autrefois au Japon, que j'avais anéanti entièrement une récolte par de trop fortes doses d'engrais. Après avoir fumé avec du purin de cheval concentré, je vis les plantes se recouvrir d'une moisissure brune, qui prit en quelques jours de telles proportions, qu'elles pé- rirent et qu'il fallut à nouveau labourer et préparer une nouvelle récolte. Ces manifestations de maladie sont bien connues de nos paysans et appelées par eux : la piqûre de l'engrais. Elles envahissent les récoltes d'été très fréquemment, surtout quand l'été est sec ; elles apparaissent plus rarement, même presque jamais, sur les récoltes d'hiver, parce qu'à basse température, les en- grais se décomposent beaucoup plus lentement et sont assimilés par les plantes. Pour les plantes de marais, l'influence nuisible d'une fumure forte est autre : car les sols marécageux renferment toujours suffisamment d'eau pour étendre l'engrais. D'ailleurs, on ne verse pas l'engrais sur ces plantes comme sur ceUes des terrains secs, directement sur la plante, mais on le répartit dans une égale proportion sur la surface entière du champ. Il n'apparaît pas de taches sur les plantes marécageuses : pour- tant une trop forte fumure peut amener chez la plante une altération spéciale (1ns Kraut schiessen) qui réduit à riep la récolte entière. La cause de cette maladie semblerait devoir être attribuée à l'aug- mentation de la faculté d'assimilation de la plante par la haute tem- pérature de l'eau en été (30° C). Les prix des rares engrais marchands varient beaucoup suivant les régions, à cause des plus ou moins grandes difficultés de trans- port, et je ne peux en donner ici une estimation exacte. Tout ce que je veux mentionner c'est que le prix de l'engrais humain se règle d'après celui de notre aliment fondamental, le riz : le quintal (50 kilog.) de matières fécales vaut dans ces derniers temps, en ville, 50 à 75 cent. 100 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On emploie généralement, pour une période d'automne, 600 kilogr. à 750 kilogr. par hectare, soit une dépense de GO à 1 12 fr. 50 c. C'est au mode de fabrication et d'utilisation des engrais que le |)aysan consacre chez nous sa sollicitude la plus grande: l'imporlanl pour lui est que le taux de la perte en principes nutritifs mis à la disposition de la plante par le sol soit extrêmement faible et que cette perte soit plus que couverte par l'apport du dehors, par les produits de la mer et des fleuves. En équilibrant toujours les pertes et les gains du capital de son sol, le paysan maintient sa terre dans toute sa force de production et a ainsi, dansles limites du possible, la garantie de la sécurité et de la régularité du produit de ses récoltes. On peut donc dire d'après cela que le système suivi par notre paysan inculte, pour la fabrication et l'application des engrais, est rationnel et ne peut être ratifié qu'à ce titre par l'agriculture scientifique de l'Europe. V. — Cultures. Le choix des espèces agricoles à cultiver est réglé principalement dans tous les pays de culture par la nature du climat et du sol. Les excédents de production sont, grâce au mouvement commercial, échangés contre les matières alimentaires dont le pays a besoin. Jusqu'ici, le paysan, à cause de l'isolement absolu du Japon, avait seul la charge de subvenir à l'alimentation du peuple, par l'ensemble des produits de son sol. 11 devait donc se laisser guider dans le choix des espèces alimentaires à cultiver non seulement par la nature du climat et du sol, mais aussi, il lui fallait tenir grand compte des be- soins particuliers, suivant leurs goûts et leurs habitudes, des con- sommateurs. J'ai déjà examiné brièvement dans un autre chapitre le procédé de culture employé en général dans l'agriculture japonaise ; il me reste maintenant à passer en revue toutes les plantes cultivées dans le Japon et à en indiquer la destination pratique. Comme chacun le sait, ce sont les plantes amylacées qui forment la base de l'ahmentation de l'homme : aussi commencerai-je par les l'agriculture au japon. 101 céréales et d'abord par le riz, qui est la plus importante eiilre toutes. Le riz {Orysa saliva L.). — Parmi les nombreuses céréales, c'est le riz qui, incontestablement, lient la première place dans l'agricul- ture et dans l'économie domestique. 11 est l'aliment principal, d'après des calculs approchés, de la moitié de l'humanité '. Au premier rang, l'Asie orientale et méridionale, les Indes, et tout l'Archipel indien, l'Amérique et l'Europe (moins pourtant que ces premiers pays), offrent les conditions essentielles à la réussite d'une culturç de riz : une })n)portion énorme de chaleur et d'humidité. Aussi cette culture occupe-t-elle, en tous cas, dans ces régions, la première place. On comprend qu'au Japon, avec les garanties qu'offrait la produc- tion d'un aliment si apprécié, on se soit appliqué avec plus de soin et de zèle à cette culture qu'à celle d'aucune autre céréale. 11 existe de très nombreuses variétés de riz qui, non seulement diffèrent entre elles par la forme de la semence et de la plante, mais aussi ont des exigences différentes au point de vue de la nature du sol et de l'époque de la semaille. Les variétés de riz cultivées au Japon peuvent être classées de la façon suivante, d'après la nature des endroits où elles croissent: 1. Uiz des terrains marécageux (Oryza saliva L.). 2. Riz de montagne {Oryza monlana Loiiv.), Ces deux variétés de riz peuvent encore, d'après la qualité du grain, se classer en : a. Riz ordinaire et b. Riz visqueux {Oryza fjlulinosa Bumph.). Les deux premières formes se distinguent par leur tenue, qui dé- pend des lieux absolument différents où elles se développent. Le riz des terrains marécageux a une apparence extérieure molle et visqueuse ; ses feuilles sont plus grêles, plus minces, plus molles et plus visqueuses, ses grains plus pleins et plus savoureux que ceux du riz de montagne. Ce dernier possède une tige ligneuse et plus grosse, des feuilles larges et dures et ressemble à un jonc. L'aspect différent de ces deux variétés, qui probablement provient 1. Krafft, Pjlanzenbaulehre, 3. Aufl. Berlin, 1881, p. 52. 102 ANNALES DR LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de la conslriiclion analomique de leurs organes de végéta lion, peut s'expliquer ainsi qu'il suit. C'est un fait affirmé par de nombreuses recherches que les plantes des champs perdent leurs radicelles dans l'eau et qu'inversement les radicelles des plantes des sols marécageux et des plantes d'eau pren- nent un développement énorme dans un sol sec, afin de s'assimiler mieux les principes nutritifs dissous dans le sol. L'ensemble de leur système cellulaire se développe en grosseur et acquiert la solidité nécessaire. C'est ainsi que l'une et l'autre variété changent d'aspect extérieur suivant le lieu de croissance. La plante sauvage si fréquente, le Polyf/onum ampldlnum, offre un exemple frappant de ce phénomène. De cette espèce Polygonum amphibimn, on ne décrit au plus que deux variétés dans les flores^, dont l'une se trouve dans les endroits secs, au milieu des plantes caractéristiques des landes et des sables, et l'autre flotte dans l'eau, sur laquelle nagent ses feuilles. D'après les observations de Schmidt et de Volkens, il ne faut les considérer que comme variétés locales, qui se transforment facilement l'une dans l'aulre. Par analogie avec ce fait, on peut admettre avec raison que le riz de montagne et le riz des marais (Oryza saliva L.) sont une seule et même espèce, mais que la forme du riz de montagne a changé, après de longues années de végétation dans un sol différent. Il est certain que le riz des marais prospère aussi surles sols secs, qu'alors la nature des grains et de la paille se transforme, et qu'il est en tout semblable au riz de montagne; l'inverse est également vrai. Et même ce dernier préfère, bien qu'il croisse sur le sol sec, un sol recouvert d'une eau stagnante, sur lequel il donne d'ailleurs des récoltes beaucoup meilleures. La culture du riz de montagne est plus limitée que celle du riz de marais, parce que le grain maigre et insuffisant qu'il fournit ne peut être employé à la fabrication du pain : son principal usage est la pré- paration d'une boisson spiritueuse, le Sahe. L'avantage que présente le riz de montagne pour cotte préparation tient à ce que sa teneur 1. Botanisches Centralblall, XXX, ISSi, p. 198. L AGRICULTURE AU JAPON. 103 en principes azotés est un peu plus élevée que celle du riz de marais: ce (jui favorise la végétation des champignons {Aspergillus Orijzœ et Saccliaromijces ccrevisiœ) indispensables à la fabrication du Sake. Voici, d'après Kellner', quelle est la composition des deux espèces de riz (écossés) : K I Z K IZ des marais. de moatagae. P. 100. P. 100. Eau 14.20 12.77 Composition de la substance sèche. Protéine brute Graisse Cellulose brûle (Icndres i exemptes de carbone et de CO-i . . Amidon Sucre brut et dextriiie, glucose et matières extractives non azotées 10.17 UIZ RIZ des marais. de moutagrne P. 100. P. 100. 9.8-5 11.27 2.GG 2.57 \.\h 1.62 1.02 1.29 77. 8G 77.34 5.91 L'analyse des cendres pures a donné, pour 100 parties : i; I z K I z des m irais. de montagne. P. 100. P. 100. Potasse 22.91 21.73 Soude 4 . 9 i 1 . 59 Chaux 3.24 2.12 Magnésie. 10.54 G. 01 Sesquioxyde de fer 1.03 l.Gl Acide phosphoiique 51.37 51.99 — sulfuri.jue ' 1 .85 2. OS - Silice 3.14 2.C3 Chlore l.Oo 4.49 Une différence beaucoup plus frappante existe entre le riz ordi- naire et le riz visqueux. Mais ce dernier a été si peu étudié scienti- fiquement jusqu'ici qu'on ne sait pas si l'on se trouve en présence d'une variété dans l'espèce. 1. Nobbe, Laviiir. Vcrswlisstalioiun, Band XX, 188 i. 104 ANNALES DE LA SCIENCE AGHONOMIQUE. Le riz vis([Lieux doit son Jiom à cetic particularilé, qu'après avoir été mis à l'étuvce ou cuit et remué, il se transforme en une sorte de masse visqueuse d'une grande ténacité, comme cela n'arrive pas avec le riz ordinaire. Cette propriété est commune à la farine de froment et attribuée à l'existence d'une matière azotée particulière, la gliadine, (jue ne renferment pas les autres céréales et qui est so- luble dans l'alcool chaud. On pouvait donc, si elle existait dans le riz visqueux, constater sa présence parla dissolution dans ce réactif; mais la recherche entre- prise dans ce but ne donna aucune différence sensible pour les deux sortes de riz au point de vue des quantités d'albumine soluble dans l'alcool. Aucune différence non plus avecl'extraction par l'eau froide. Le seul caractère distinclif est l'action d'une solution d'iode sur la farine : tandis que le riz ordinaire donne la réaction bleu foncé de l'amidon, le riz visqueux se colore en brun, coloration que Dafer' a attribuée à une certaine modification de l'amidon, peu connue, VËri)- throamyhim. Voici la composition chimique des deux sortes de riz^ : RIZ K I Z oïdiuaire. visqueux. P. 100. P. 100. /Eau 11.96 10. ÔO „ , ,, , „ 1 Sucre et (lextrine ... 1.99 i.OG Solubles dans 1 eau . { „ ^ l Cendres O.oS 1.12 l Matières albuniinoïdes. . 1 . 7G 0.74 Matières albuniinoïdes. . 5.12 5. 02 lAmidon 73.31 70.15 Insolubles dans Teau. { Cellulose 3.68 3.G3 Graisse 1 .07 2.48 Cendres . 0.22 0.38 Il ne ressort de ces analyses aucune difl'érence importante dans la composition chimique ; mais, dans la pratique, un coup d'œil suffit pour les distinguer. La plante que donne le riz visqueux a la couleur du lait, blanc jaunâtre, et quand elle est dépouillée de son enveloppe, le grain apparaît blanc et opaque, alors que le riz ordinaire est jau- 1. Dafer, Kenntniss der Slurke. Thiels luntlw. Jahrbuchcr, 1876, p. 26. 2. Atkinson, Tke chemistnj of Sake Brewing Tokio 1881, p. 2. l'agriculture au japon. 105 nàtre avant l'émondage et aj)pamît blanc et transparent après. De plus, la paille du riz visqueux est plus fine, plus tenace et plus résis- tante, si bien qu'on l'emploie de préférence à celle du riz ordinaire pour les usages techniques: cordes à ficeler, sandales, etc. Les barbes des épis du riz visqueux ont une couleur variable : jaune clair, brun, brun rouge, brun noir, couleur de cendres sales, elle varie du violet au noir, tandis que celle des nombreuses variétés de riz ordinaire que je connais, sont toujours d'un jaune clair. Le riz visqueux est employé surtout à la fabrication des différents mets fins farineux cuits au four, les gâteaux et aussi pour faire de la colle. Bien que le riz soit cultivé dans toutes les parties du Japon, il réus- sit mieux dans les régions sud que dans les régions nord ; car cette plante marécageuse n'exige pas seulement d'être submergée pen- dant (juelque temps, mais aussi elle a besoin d'une température es- tivale d'au moins 23" G. On ne sème pas directement le riz des marais sur le champ, comme les autres plantes, mais on l'élève sur couches et on ne le repique dans It' champ (|ue quand il a environ 15 centimètres de hauteur. Suivant lo région et suivant la variété, la semaille se fait du 15 avril au 15 mai ; dans les contrées sud, on sème au miheu d'avril et on transplante au commencement ou vers le milieu de juin. Dans la partie médiane du, lapon, comme, par exemple, dans la région de Tokio, la semaille s'opère 2 ou 3 semaines plus tard, et dans les contrées nord 4-3 5 semaines plus tard. Les couches d'élevage de riz, formées d'une petite surface choisie dans le champ, qui permet la régularisation des eaux, sont déjà vides à l'automne et au piintemps travaillées à nouveau profondément et fumées. Pour submerger le sol et lui donnei- un état aussi pâteux que possible, on l'enferme dans une digue de terre polie de 35 à 80 centimètres de hauteur et de largeur, on le travaille à la houe et on le mélange à la main de façon à comprimer ensemble tous les grumeaux. Puis on laisse la surface de la terre, que ce tra- vail à la main a complètement lissée, se dessécher au soleil jusqu'à ce qu'elle commence à se fendre. On place alors de nouveau le sol sous une couche d'eau de 5 à 8 pouces et on répand la semence. Celte semence a déjà subi auparavant un commencement de germi- nation, exposée dans im sac tout un jour à la chaleur du soleil. Pour 106 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. proléger les jeunes seuiallles, on dispose sur les talus en terre, loiu autour de la couche, une barrière faite de bambous et de roseaux tressés et on tend çà et là des réseaux de fil ou de minces cordes en paille. La semence, semée à la volée, s'enfonce dans le sol, où on la laisse germer tranquille pendant une semaine, et on ne se préoccupe que de remplacer tout de suite l'eau qui diminue par l'évaporation et le dessèchement; et voici la méthode suivie pour régler la quantité d'eau : le soir, on laisse une couche d'eau suffisante pour que le plan qu'elle forme au-dessus du sol ait une hauteur de 6 à 8 pouces et empêche l'action de l'air plus frais de la nuitsur la germination; le matin, au contraire, on laisse partir l'eau de façon à ne plus en lais- ser qu'une couche de 2 à 3 centimètres, afin de permettre au soleil de produire son œuvre bienfaisante. Les jeunes plants de riz s'effor- cent aussitôt d'atteindre la surface de l'eau, tandis que leurs petites racines s'enfoncent à peine dans le sol. Au bout d'une semaine, la plante a 2 ou 3 centimètres de hauteur et on vide l'eau, pour que les racines puissent s'implanter solidement. Deux jours après, les plantes sont fortement enracinées; on re- couvre à nouveau la couche d'une nappe d'eau de 3 à 5 centimètres et on la laisse en cet état durant 35 à 45 jours : c'est à ce moment qu'on transplante; le meilleur temps pour cette opération est 45 jours après la semaille. C'est de la fin d'avril au conmiencement de mai qu'on prépare le champ à recevoir la semence. Pour enrichir le sol, on répand du la paille de riz, de légumineuses, de colza grossièrement bâchée, du compost ou de la chaux éteinte , mais surtout des engrais verts (gazon, mauvaises herbes, broussailles, petits rameaux, etc.), soit au moyen d'un labourage complet du champ, soit seulement dans les sillons. L'épandage se fait aussi directement sur la surface apla- nie du sol, où l'engrais est rapidement décomposé par l'eau et par le limon. Pour les engrais liquides ou pulvérisés, l'application suit immédiatement l'aplanissement de la terre. Le champ s'irrigue au moyen de canaux d'arrivée qui sont em- branchés sur les rivières ou les ruisseaux, et de tranchées plus petites, dont une et môme plusieurs servent à l'amenée et à la dé- rivation de l'eau, pour chaque partie du chanij). l'agriculture au japon. 107 Dans les contrées pauvres en eau, on recueille celle-ci dans des étangs. De plus, dans quelques endroits on a installé, à proximité des étangs ou près du champ, une sorte de puits artésien qui donne l'eau nécessaire. Pour obtenir une pareille source jaillissante, on perce un trou dans la terre avec un foret en fer d'une épaisseur d'environ 3 pouces, à une profondeur de 30 à 35 mètres et on enfonce dans le trou un tube en bambou, dont les anneaux noueux ont été en- levés, }>our empêcher que ce trou ne se bouche : c'est à travers ce bandjou que l'eau jaillit des profondeurs. De celte façon, l'eau de source arrive directement sur le champ de riz, ou bien est recueillie dans un étang pour s'y réchauller et amenée alors au moyen de roues à aubes. Autrefois, cette manœuvre était exécutée par deux per- sonnes qui, placées l'une en face de l'autre sur les deux bords de rétang-, faisaient osciller en mesure un seau suspendu à une solide corde, de façon qu'à chaque mouvement d'abaissement du bras, le seau plongeait dans l'eau et qu'une autre oscillation en hauteur vidait l'eau dans un canal qui lu conduisait au champ. Cette méthode an- tique est encore en usage maintenant en quelques endroits, dans les petites exploilalions. Quand le champ est travaillé, fumé, aplani et irrigué, le moment est venu de transplantei* les jeunes plants de riz : on les transplante de la couche sur le champ préparé et recouvert d'une couche d'eau de 5 à iO centimètres. Ces plants ont atteint, pendant la période de leur développement (en 40 ou -45 jours), une hauteur de 15 à 20 centimètres. On les arrache et on les met en bottes pas trop grosses pour que la petite main des femmes puisse les tenir commodément. Un homme emporte au champ dans une corbeille de bambou, un certain nombre de ces bottes et les jette une à une à droite et à gauche; d'autres hommes et d'autres femmes les ramassent et com- mencent la plantation. On plante de 3 à 7 plantes ensemble, suivant la nature du sol, en bottes séparées dans les raies tracées au cordeau et à un intervalle d'environ 23 à 35 centimètres, si bien (ju'entre quatre de ces loulfes il reste un espace carré libre qui permet le travail pendant la végéta- lion. Sur un are, il croît environ 1,100 à 1,800 de ces touffes. Aussitôt que le riz est planté, les digues de terre des couches re- 108 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. çoiveiit une autre destination : dans des petites cavités creusées à une distance de 30 à 40 centimètres l'une de l'autre, on sème 3 à 5 fèves de Soja et on recouvre de terre ou de balles de riz. Alors le tra- vail spécial de préparation est terminé. Treize jours environ après, quand le développement du riz a recommencé sur le champ, on ra- vale à nouveau les mottes de terre déjà enterrées avec de l'eau et du limon et on les comprime ensemble; on détruit les mauvaises herbes qui germent déjà et on garnit les places vides avec de nouvelles lignes de plants. Ce travail commence d'ordinaire avant qu'on ne laisse l'eau s'é- vaporer ou s'en aller. Puis, chaque semaine, on remue profondé- ment les intervalles qui séparent les plantes, afm de détruire les mauvaises herbes et de retourner le limon en même temps. Tous ces ouvrages sont faits à la main et répétés 4 à 7 fois, jusqu'au mo- ment où le riz porte des panicules. Il faut encore alors porter son attention sur la régularisation de l'eau. Par une saison sèche, on laisse couler beaucoup d'eau sur le champ, mais bien moins par un temps humide et froid, pour permettre le réchauffement du sol. D'après cela, selon la saison, la hauteur de la couche d'eau varie entre 8 et 15 centimètres. Si maintenant des pluies fréquentes ver- sent sur le champ une grande masse d'eau, on ne laisse pas cette eau monter au-dessus du niveau indiqué, mais, au contraire, on maintient ce niveau constant en dérivant la quantité d'eau nécessaire, atin que les conditions de température restent convenables pendant la végétation jusqu'au jour où les panicules s'inchnent ; alors on laisse écouler toute l'eau. La floraison du riz, selon la durée plus ou moins longue de la vé- gétation, a lieu du commencement d'août au miheu de septembre; la récolte, à la fin d'août jusqu'aux premiers jours de novembre. Le produit d'une culture de riz varie, avec la variété et avant tout la nature du sol et le mode de culture, entre 12 et 35 Kokii^ par Chô ^, soit 21 et 63,3 hectolitres par hectare. La production totale du riz s'est élevée, d'après une statistique du 1. Koku ■= 182,5 litres. 2. C/i(5 = 991 ?'"•'='"••, 35. l'agriculture au japon. 109 ministère de l'intérieur pour 1882 à 30692327 hoku ou 511538783 hectolitres. Orge. — L'orge commune (Hordeum vulgare L.) joue, après le riz, un rôle important dans la fabrication du pain, surtout dans les parties basses du pays. Sous-genres cultivés : l'orge à six rangs ou hexastique ' {Hord. vidg. hexastichum L.), l'orge tétrastique (Hord. vulg. tetraslichum Kcke.) et l'orge tétrastiiiue gymnosperme {Hord. vulg. cœlesteL.), mais ce dernier uniquement comme céréale d'hiver, les deux pre- miers sur une grande étendue dans les provinces du nord et les der- niers dans les régions du sud. Le cercle de culture pour ceux-ci est Umité au 38'' degré de latitude nord. La semaine de l'orge se fait du commencement d'octobre aux premiers jours de novembre. La floraison a lieu de la fin d'avril au commencement de mai et la moisson de fin mai à fin juin. Le grain est, dans la plupart des cas, transformé en une espèce de gruau et soumis à la cuisson, soit seul, soit mélangé avec d'autres céréales, comme le riz, le millet; il sert à la nourriture quotidienne, surtout dans les classes inférieures de la société. On emploie aussi l'orge comme aliment pour les chevaux. Le seigle et l'avoine n'existent nullement dans la culture du Japon. Froment {Triticum sativum L.). — Deux sous-genres cultivés en hiver : le blé barbu à longue paille et le blé court sans barbe. Le blé n'étant pas employé, comme en Europe, à la fabrication du pain, sa culture a pris un développement beaucoup moindre que celle de l'orge et on s'est peu attaché à la perfectionner et à la soi- gner. L'épeautre n'est nulle part cultivé au Japon. C'est généralement sur les terrains où l'orge n'a pas réussi qu'on sème du blé : par exemple dans les sols compacts ou pierreux et aussi sur les sables très légers des côtes, alors qu'en Allemagne on choisit les meilleurs sols. La semaine et la récolte ont lieu 14 jours à 3 semaines plus tard que pour l'orge. 1. Orge escourgeon lâche. 110 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le principal usage qu'on fait du blé est de l'employer, en mélange avec les fèves de Soja, pour la confection de la sance de Schoyu; avec la farine on fait aussi des nouilles et on s'en sert en cuisine pour différents mets, soit seule, soit avec du sucre. Les couches de gluten, qui restent mélangées le plus souvent dans la mouture avec le son, sont débarrassées du son par un pétrissage dans l'eau salée cl sont mangées soit cuites, soit sous forme d'une sorte de pâtisserie sèche ressemblant à des nouilles et dont la consommation est fort en usage sous le nom de Fu. On cultive aussi plusieurs variétés de millet à grappes ou pancra- tier d'Italie (Setaria italica Kuntli, Panicum italicum t.), qui dif- fèrent non seulement par la couleur des grains, mais aussi en cer- tains points particuliers. Gomme pour le riz, on distingue le millet commun et le millet visqueux. Les grains du premier sont jaunes, ceux du second rouges, jaunes, ou vert-gris et de plus, quand ils sont cuits ou étuvés, ils se prennent en une masse visqueuse si on les remue, ce qui n'arrive pas pour les autres. L'amidon de cette variété donne la même réac- tion avec l'iode que celui du riz visqueux. Le millet visqueux est em- ployé pour la pâtisserie, soit seul, soit mélangé au riz visqueux ; il est estimé par les gens de la campagne à l'égal du froment et en maints endroits, surtout dans les districts élevés, c'est un aliment fondamental. Le millet commun à panicules {Panicum miliaceum L.) est l'oh- jet d'une culture extrêmement hmitée : quand il ne sert pas à l'ali- mentation de l'homme, on en nourrit les oiseaux, par exemple les oiseaux des Canaries. L'amidon de ce millet donne aussi avec l'iode la réaction de l'érythro-amyle, fait qui paraît n'avoir été remarqué par personne jusqu'à présent. Oplismène pied-de-coq {Panicum crusgalli L. — Panicum corvi Tliunbg. — Oplismemis crusgalli Kunth.). — Comme pour le riz, deux variétés : visqueuse et non visqueuse (marais et montagne). Cette dernière est cultivée aussi bien dans les pays de montagnes que dans les vallées : elle remplace le riz dans le cas où la croissance de cette plante a été dérangée, soit à cause de la mauvaise saison ou pour d'autres raisons, et qu'alors le moment de la transplanta- l'agriculture au japon. 111 tion est passé. — Mêmes emplois, suivant la variété, que pour le millel à grappes. Éleusine {Elcusine crocana Gaertn. — Ci/nosimis crocana L.). — Plante de montagne, beaucoup moins cultivée que le millet. Sorgho (Sorglmm vnlgare Pers.). — Cultivé partout, mais en pe- tites quantités. On l'élève sur couches et on le transplante sur les bords des champs, avec un intervalle de 30 centimètres entre chaque pied : c'estun produit accessoire du champ. Les panicules dures de cette plante servent à fair-e des balais comme celles du pancratier ilalien, quand on en a extrait les grains. — Même réaction de l'ami- don avec l'iode (érythro-amy(e). — Époque des semailles : fin avril au commencement de juin. — Epoque des récoltes : fin août au commencement d'octobre. Mais (Zea Mais L.). — Culture très répandue et même générale, mais toujours en proportions très restreintes. — La culture com- mence après celle des diverses variétés de sorgho; la plantation se fait généralement sur les bords du champ, ([uelquefois aussi au mi- lieu d'un champ de légumes. Le grain des variétés de maïs est le plus souvent petit, et la couleur de la plante varie entre le jaune, le jaune-blanc, le rouge foncé, et le violet. Le maïs à gros grain (maïs dcnt-de-cheval) a été tout récemment importé d'Amérique. Emplois du maïs. — Les panicules à l'état de demi-maturité sont cuites à l'étuvée ou rôties sur du charbon de bois pour être man- gées ; les grains mûrs sont passés au moulin et utilisés de différentes façons. Époque de lasemaille. — En avril sur couche ; quand les plantes ontatteint une hauteur de 15 centimètres environ, on en transplante 2 ou 3 en laissant un intervalle de 25 à 20 centimètres. La récolte se fait en juillet ou au commencement d'août. Sarrasin {Fagopyrum esculenlum [Mônch.]. — Poiygonum fago- pyrum L.). — Culture très répandue, en général sur les sols très légers et de sable sec, ou sur une terre nouvellement défrichée, en été. La semaine se fait au mois d'août et la récolte à la fin d'octobre. Dans certaines contrées, surtout dans la partie sud, un môme sol peut porter avec succès deux récoltes pendant le semestre d'été. . 112 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Emplois. — On fait avec les gi-ains une bouillie de gruau ou plus souvent encore des nouilles, mets très apprécié. La larme-de-Jol) ou herbe à chapelets (Coix Lactijma L.). — Plante monoïque, qui se rapproche aussi près que possible du maïs, et dont la semence dure se distingue par sa forme ellipsoïdale. — Deux variétés : la semence de la première est dure comme un os et recouverte d'une écaille épaisse ; elle croît à l'état sauvage sur le bord des chemins, devant les maisons, etc. La semence de la seconde a au contraire une écorce mince et est cultivée comme récolte d'été dans quelques parties du pays. Semaille en avril et récolte de juillet à août. On laisse la surface 'du champ en chaumes pendant l'hiver et les nouveaux bourgeons, sortis des touffes, produisent une seconde ré- colte l'année suivante, souvent meilleure que la première. Les se- mences, dépouillées delà bâle, sont employées comme médicaments ou, cuits avec du riz, servent d'alimenls pour les malades. Quant aux semences sauvages, ce sont les enfants qui les cueillent pour en faire des chaînes ou des couronnes en forme de chapelets. La paille n'est ulihsée que comme engrais (cendres ou compost). Le produit total des céréales les plus importantes s'est élevé, d'a- près la statistique du Ministère de l'intérieur en 1882 : PBftTirTTT MOYENNE . , SnKPACE PRODUIT duiToduit NOM DES CEREALES. en uupiouuu en hectares. pai" hectare hectolitres. en hectolitres. Hectares. Hectolitres. Riz commun 2337979,2 5l274.")8I ,65 21.52 Riz visqueux 2746lS,l 4479008,08 20.27 Riz de montagne 21508,7 259905,55 11.95 Orge 595462,9 107G137I,65 17.74 Orge visqueuse 493241,0 8327GG1,15 1G.G5 • B!é 3677G9,1 4524180,50 12.13 Millet à grappes 225915,7 3014080,58 13.21 Millet commun 23242,4 323924,73 13. 7G Oplisniène pied-de-coq et éleusine. 103014,8 1778410,50 17.01 Sorgho 9584,0 130178,70 13.39 Sarrasin 14G547,9 1223259,18 8.05 Tonnes. Tonne. Maïs' 20927,9 15748,76 0.7535 1. Pour le maïs seul, les rendements sont donnés en Centners (= 50 kilogr.) : j'ai jugé qu'il valait mieux faire le calcul en tonnes (tonne == 1000 kilogr.), cette unité étant généralement adoptée en France pour les statistiques de production. H. G. l'aGRICDLTL'HK AC JAI'ON. 113 Lcguminmiscs. P'ève de Soja {Soja luspida Miq. — DoUchos Soja L.). — De toutes les légumineuses, la fève de Soja est de beaucoup pour nous la plus importante et la plus répandue : c'est la plante agricole la plus riche en protéine, car elle en renferme environ 4/10 de son poids.de légumine riche en azote et 2/10 de graisse. Emplois. — A cause de cette richesse en matières protéiques, elle sert à la préparation de différents mets, à côté d'autres céréales pauvres en azote. Dans toutes les classes de la S'ociété japonaise, sans exception, la fève de Soja fait partie du menu journalier, sous forme de sauce (Schoyu), ou d'une sorte de gelée (Misa), de fromage blanc (Tofii) ou de légume sec (Yuha) ; quelquefois aussi on la mange cuite avec du sucre. Variétés. — 11 existe de nombreuses variétés, suivant la forme et la couleur des grains et l'époque de la semaille. La semence peut avoir une coloration jaune pâle, jaune, brun-rouge, verdàtre, mou- chetée ou noire ; et la forme être sphérique, ellipsoïdale, oblongue, ou aplatie latéralement. L'utilisation de ces variétés est aussi différente : par exemple, la variété verdàtre précoce sert à la fabrication du fromage de fèves (Tofu), et la variété noire tardive se mange comme hors-d'œnvre cuite avec du sucre. La semaille se fait, suivant la variété, dû commencement de mars à la fin de juin ; la récolte de juin aucommencement de novembre ; mais, le plus souvent, la semaille a lieu en juin et la récolte en oc- tobre. On sème au plantoir de 3 à 5 grains, à un intervalle de 30 à 40 centimètres. La paille est brûlée pour faire de l'engrais, les feuilles sèches sont recueillies avec soin pour être données aux chevaux. Fève de cheval (Vicia Faba L.). — Deux variétés : celle à petiie et celle à grande semence, cultivées toutes deux exclusivement en hiver ; semaille en octobre et récolte en mai ou juin. Employée soit à la confection de la sauce brune {Schoyu), soit pour l'alimentation du cheval, et aussi à l'état vert, avec la cosse, comme légume. aNN. science AGnON. — 1887. — II. 8 114 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pois {Plsîim salivîim L.). — Trois variétés cultivées en liiver : blanche, verdàtre et brim-rouge. La première se présente à la fois sous une forme sarmenteuse et non sarmenteuse. Semaille : environ :2 à 8 semaines plus tard que pour la fève de cheval et récolte à la même époque. Mêmes emplois que la fève de cheval. Haricot (Phaseolus radiatus L.). — Culture d'été très répandue : suivant la variété, la semence est i)laiiche, veite, rouge ou noire ; la plante est sarmenteuse ou ne l'est pas, précoce ou tardive. La période de végétation est celle de la fève de Soja et les soins cuiluraux aussi. Le haricot est employé exclusivement pour la cuisine. Dolique (Dolklios umbeUatus Thunbr/.). — Vixnélés se distinguant aussi par la couleur et la disposition ditîérenle des formes. — Cul- ture d'été. — Se mange comme légume à l'état vert et, inùr, est uti- Hsé comme les autres haricots. On cultive encore au Japon en petites ([uantités un certain nombre d'autres espèces de haricots comme légumes : par exemple, le Ca- navalia incurva D. C, le haricot commun (Phaseolus vulr/aris L.), le haricot à hoyu\uel^ (Phaseolus muUiflorus L.), le Dolichos cultra- tus Tlnmhg., etc. L'arachide souterraine (Arachis liypogea L.) est cultivée depuis peu dans quelques régions: on l'utilise pour la fabri- cation de l'huile ou comme aliment, après l'avoir passée sur le gril. Plantes tuberculeuses et à racines comestibles. Outre les céréales, on cultive diverses plantes farineuses à tuber- cules et à racines comestibles, qui passent dans l'alimentation. En voici la description. Patate ou pomme de terre douce (Convolvulus batatns L. — C. echdis TItunbg. — Batatus edulis Chois)/). — huportée de l'île Uiukiu dans la province Satzuma {île Kiushiu) il y a environ 300 ans et de là, répartie dans tout le pays. C'est l'aliment le plus recherché du peuple. Il y en a plusieurs va- riétés, différentes par la couleur et la forme des tubercules qui sont l'agriculture au japon. 115 tantôt complètement ronds, tantôt de forme arrondie, mais allon- gée, à robe rouge ou blanche. Mode de culture. — Les tubercules sont enfouis au printemps, d'ordinaire en mars, dans des sillons profonds de 6 à 8 centimètres et à une distance de 50 à 80 centimètres, sillons creusés dans une couche bien desséchée et bien fumée. Un certain nombre de pousses se développent bientôt, et quand elles ont atteint une longueur supé- rieure à 2 mètres (fm mai au 15 juillet), on les découpe en mor- ceaux de 12 à 15 centimètres, dont chacun doit porter 2 bourgeons, qu'on plante dans le champ récemment préparé, à un intervalle de 35 à 40 centimètres. Ces lignes de boutures produisent rapidement de longues tiges sarmenteuses qui portent de grandes feuilles en forme de cœur et chaque plante fournit o à 5 tubercules de gros- seur et de forme différentes. Comme pour la pomme de terre, c'est sur les sols légers et meu- bles (sables, sols de tuf, etc.), que la croissance de la patate se fait le mieux. Elle pousse parfaitement aussi sur les sols lourds et ses parties vertes se développent très facilement; mais les tubercules sont petits et aqueux, et par conséquent le produit de la récolte très mauvais. Époque de la récolte : de août à octobre, selon la variété. — On mange les patates cuites à l'eau ou rôties à la poêle. Pomme de terre {Solumm tuherosiim L.). — Importée au Japon pour la première fois dans ces dernières années par la Compagnie hollandaise. Cultivée dans toutes les parties du pays, mais sur une moins grande surface que la patate. Arum d'Egypte (Colocasia antiquonim SchulL). — Produit des plus importants et très estimé des paysans à cause de ses tubercules ellipsoïdaux, en forme d'œul's, et pulpeux, et de sa tige succu- lente. La culture de l'arum est très lépandue : nombreuses variétés dil- férant par la forme des tubercules, des feuilles, et par la coloration de la lige. On [liante des petits morceaux de tubercules au prin- temps et on récolle en automne. Emplois. — Sert à la préparation de mets variés, alternativement avec la j)atate. Les jeunes tubercules sont aussi un légume fort 116 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. i^oûté, de même que les tiges dépouillées de leur peau brillante et séchées au soleil. Conophallns konjak ScJiott. — (Arum Dracuncidus Thunhg.). — Cultivé dans les parties montagneuses, ne produit qu'un seul tuber- cule qu'on utilise pour la confection d'un mets brun gélatineux et visqueux, ou d'une colle. — La multiplication se fait au moyen des bourgeons axillaires, qu'on enlève au couteau de l'intérieur des tubercules. Les élèves sont transplantés au printemps sur un sol riclie en hu- mus et la première récolte n'a lieu que la 3* ou la 4® année. Caladium comestible outarro {Leucocasia giganlea Scholi., Cala- dium esculenlum Sieb.). — Plante analogue à l'arum (Colocasla an- tiquorum), sauf que sa tige ne renferme aucune substance toxique d'un goût acre, comme les autres ; son tubercule est pourtant dur comme du bois et possède une saveur très acre, insupportable. C'est pourquoi on ne la cultive (et seulement sur un petit rayon) que pour la tige (légume). Igname (Dioscorea). — Deux espèces : D. japonica Thunhg. elD. saliva Thunhg. La première peut se subdiviser en 2 variétés : 1° à tubercules ronds, et 2° à tubercules longs. Ces deux espèces sont d'ailleursl'objet d'une culture fort restreinte : les tubercules sont mangés comme légumes ou réservés pour les malades soumis à la diète. Beaucoup plus répandue est la culture du lotus et de la sagittaire, qui tous deux sont élevés dans les marais et même plus souvent dans les étangs et entrent dans la cuisine comme bors-d'œuvre. Lotus (Nclumho nucifera Gaerln., JSelwnho speciosum Wilcl., Nymphœa nucifera L.). — 2 variétés, cultivées en partie pour leui- magnifique floraison et, d'aulre part, pour leurs rhizomes comes- tibles, de couleur jaunâtre, bossus, de forme cylindrique, atteignant 8 à 12 centimètres de long. Sagittaire {Sagiltaria chinensis Sims.). — Cultivée pour le tuber- cule tout rond, vcrt-violct, riche en amidon et de la grosseur d'une pomme de terre moyenne, qui se forme à l'extrémité du rhizome et qui est alibile. l'agriculture au japon. 117 Pour la multiplication, on plante, au printemps, les bourgeons axillaires, arrachés des tubercules, à un intervalle de 30 à 40 centi- mètres ; à l'automne, on dessèche le marais et on déterre les tuber- cules à la houe. Plusieurs espèces de lys prennent place dans la culture maraîchère du Japon à cause de leurs oignons au goût doux-amer. Elles crois- sent aussi à l'état sauvage dans quelques contrées boisées, et sont recueillies en grandes quantités, pour contribuer à l'alimentation, dans un certain nombre de mets. Notons principalement : le Lilium Tlmnbergianum Roem. et Scliult. (L. nodosum Thunbg.), le Lilium aurakim Lindl. et le Lilium cordifolium Tliunhg. Il nous faut encore mentionner les plantes qui poussent spontané- ment au Japon et qui sont pour le paysan des montagnes une res- source importante : une papillionacée, la Piieraria Thunheryiana Benlh. {Pacliyvrizus TImnbcryianus S. et Z'.) et la fougère à l'aigle commune {Pleris aquilina L.). La Pueraria Tliunbergiana croît sur les pentes des montagnes, aux bords des forêts, dans les prés, et se distingue par sa longue tige arborescente et volubile et de grandes feuilles Internées. Sa racine, espèce de gros tubercule savoureux, très riche en amidon, donne une sorte de fécule qu'on conserve pour l'alimentation des enfants, des vieillards et des malades. Avec le liber de la tige sarmenteuse, on fabrique une sorte de tissu, pour suppléer au papier fait avec l'écorce du mûrier; les jeunes sarments minces et les feuilles sont enfouis en terre ou compostés pour fumer le sol. Fougère <à l'aigle (Pteris aquilina L.). — Au printemps, la feuil- lade, qui n'est pas involutée, est mélangée mi-partie à l'état sec, et mi-partie à l'état vert, pour être mangée comme légume. — En au- tomne, quand les parties aériennes sont mortes, les racines, de la grosseur d'un pouce, qui se ramifient horizontalement, sont déter- rées et traitées pour en extraire la fécule de fougère, élément essen- tiel de l'alimentalion dans quelques régions montagneuses. On brûle de fond en comble à la fin de l'automne les broussailles restées dans les montagnes déboisées, et cela favorise beaucoup le dé- veloppement de la feuillade au printemps suivant, en même temps que cela facilite la récolte. 118 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le radis cultivé {Raphaniis sativus L.) est, parmi les plantas à ra- cines pauvres en fécule, la plus répandue au Japon, sur une grande superficie. Consommé dans toutes les maisons, à chaque repas, comme liors- d'œuvre salé, avec le riz ou d'autres aliments féculents, il présente des variétés nombreuses, que la forme des racines et l'époque des semailles différencient. Mode de culture. — Semaillc de la fin d'août au 15 septembre ; récolte en décembre. On sème en lignes, sur un champ bien préparé, on bine et on fume à plusieurs reprises pendant la période de crois- sance. On éclaircit en même temps la plantation, de sorte qu'à la fin de la culture, les plantes se trouvent à environ 20 centimètres de distance l'une de l'autre. La récolte faite, on dessèche les radis au soleil avec ou sans les feuilles, jusqu'à ce qu'ils ne se cassent plus quand on les étend ; on les met alors dans un grand tonneau avec du sel ; souvent aussi on les mange frais ou secs, sans salure. Brassica Râpa L. — Sorte de navet : un grand nombre de varié- lés cultivées, même emploi que le radis ; n'occupe qu'une surface i'isignifiante. La bardane {happa major Gartn.) el la carotte (Daucus carota L.), — Cultivées pour leurs racines, comme légumes. Plantes oléagineuses. Le colza chinois {Brassica chinensis L.). — Plusieurs variétés. — Employé en partie à la fabrication de l'huile et en partie pour Tali- mentation. Si la culture a pour but la production de l'huile, la semaille se fait à la fin de l'automne sur couclies et lorsque les jeunes plants ont atteint une hauteur un peu supérieure à 20 cenllmètres, on trans- j)lante dans un champ bien aménagé et on récolte en mai. Cette huile est utilisée à la fois pour la cuisine et pour l'éclairage. La moutarde (Sinapis cernua Tlninhg.). — Plusieurs variétés cul- tivées, mais pour les usages de la maison, très rarement pour la fabrication de l'huile. L AGUICULTURt; AU JAPON. 119 Le sésame {Sesanmni iiidlcuni L.). — Ti-uis varioles : à seincncL; bhmclie, jaune ou noire. Les variétés blanche et noire sont employées dans réconomie domesliijue comme épiées, el la variél(; jaune exploitée pour l'hui- lerie. Le sésame ayant une période de végétation très courte, on sème arbitrairement d'avril à juillet, et on récolte de juillet à septembre : on fait mémo deux cultures en été sur le même sol dans les provinces du Sud. L'huile sert pour la cuisine cl la [)réparation des médica- ments. Pcril/'f Oci/nioldes L. — Cultivée exclusivement pour la l'abrica- tion d'une huile destinée à des usages techniques, par exemple pour huiler des parapluies et des lanternes en papier, et des manteaux pour la pluie, etc. Le ricin (lliciims commimis L.). — Gomme la plante précédente. Fournil une huile pour les usage.i techniques. Le i)avot (Papavcr somniferum L.). — Cultivé presque partout en petites quantités, tant pour l'huile que pour la graine qu'on con- serve à la maison. A celte série de plantes, se rattachent les différentes variétés de sumac, dont la production est considérable au Japon '. Le sumac à cire {lilms succidanea L.). — Cet ai"bre est cultivé, de préférence dans le sud du Japon et les régions moyennes, pour la cire de ses baies; mais, dans le nord, il réussit si peu que le profit est presque nul. Son cercle de culture semble se limiter environ au 36"" degré de latitude nord. On plante ces arbres dans les champs avec un intervalle assez grand pour permettre une culture libre de différentes récoites : la i)lantation se fait ordinaireinenL en lignes, avec intervalle de 20 mètres. Dans quelques contrées, un hectare ne porte seulement que 30 arbres. Pour la multiplicalion, on emploie les semences ou bien on fait des 1. .le m'occupo ici de la culture des petits arbres, bien que cela puisse paraître étrange au cultivateur européen ; il m'a paru nécessaire de ranger cette culture parmi celles qui appartiennent au domaine de l'agriculture. 120 ANNALKS DK LA SClliNGIÎ AGRONOMIQUE. boutures sur les racines et tous ces nouveaux élèves sont améliorés, comme cela arrive toujours clans la culture des arbres fruitiers. Le produit de la récolle de baies est abandonné sans qu'on en re- tire la cire, pendant au moins trois ans, quelquefois même plus de dix années, parce que la qualité s'améliore avec le temps et que c'est le meilleur moyen pour perdre le moins de cire possible. Aussi le fruit conservé se paye-t-il plus cher que le fruit frais. Pour extraire la cire, on passe les baies au moulin, puis on les traite par la vapeur et on les presse à chaud. La matière brime ainsi obtenue est alors, suivant le but auquel on la destine, plus ou moins raffinée et blanchie. Cette cire est utilisée surtout dans la fa- brication des bougies et les l'ésidus de presse, employés comme en- grais. L'arbre à lacpie {Bhus vernicifera D. C; Bh. juglandifolium Don.) ne parait pas réussir dans les régions très chaudes : sa zone de cul- ture s'étend du 38^ degré de latitude nord, jusqu'au nord du Japon. La laque (pie donne sa sève est très appréciée : aussi sa culture a-t-elle pris une grande extension. La multiplication s'opère, comme pour le précédent, soit par les semences, soit par les boutures. Les semailles sont laites sur couches, et dans la seconde année, lorsfjue les plantes ont atteint la taille de 12 à 15 centimètres, on les transplante dans le champ par intervalles d'environ i'",50. Ces jeunes plants reçoivent plusieurs fois une foi'te tumure et les mauvaises herbes sont arrachées. Trois à cinq ans plus t:n'd, alors que l'arbre a acipiis un diamètre de 15 à 20 centimètres, on entaille l'écorce à plusieurs endroits avec un instrument spécial et on recueille la sève qui coule. Cette opération est répétée en été 10 ou 12 fois, de mai à octobre; puis on coui)e environ un mètre de l:i tige supérieure de l'arbre et ces parties cou[)écs, réunies en bottes, sont |)longées à moitié dans l'eau et abandonnées ainsi une semaine, Après ce temps, on les lire de l'eau, on délie la botte et on prati(pie dans l'écorce de nombreuses entailles, on les place au-dessus d'un réservoir, où la sève commence à couler. Les troncs restés dans le champ sont abattus au ras du champ et utilisés comme poteaux ou bois de chauffage. On abandonne les l'agriculture au japon. 121 souches sur le champ, en siu'veilhmt alteiilivcmciiL les drageons qui en sortent et qui produisent une nouvelle sève 3 ans après. Le fruit de l'arhre à laque esl, comme celui de l'arbre à cire, em- ployé à la fabrication de la cire. Plantes iinctonales . La persicaire tinctoriale (Po///^o«ww? lindorium loî/y.) est, parmi les plantes tinctoriales du Japon, la plus répandue et la plus avanta- geuse, parce qu'elle ne reste que peu de temps sur le champ et peut être cultivée dans la période intermédiaire entre la récolte d'hiver et celle d'été. Mode de culture. — Dans le courant du mois de février, on sème sur une couche préparée avec soin et fortement fumée, qui est pro- tégée de tous côtés par des planches ; puis, on recouvre toute la couche avec des nattes de paille afin de la protéger contre les gros froids de la nuit. Quand la germinal ion est commencée dans les lignes de semailles, la couche est souvent fumée avec du guano de poisson finement pulvérisé et un compost; et chaque jour on éloigne, par un échenillage soigneux, les insectes nuisibles, qui pourraient anéantir toute la végétation de la couche d'élevage. La transplantation des jeunes plants se fait en mai, quand ils ont atteint une hauteur de 20 à 25 centimètres, sur le champ, dans les sillons existant entre les lignes de la cidturc d'hiver, à un intervalle de 50 à 60 centimètres et on les laisse là jusqu'à ce que la récolte d'hiver soit coupée. Aussitôt que cette récolte est faite, ou ameublit la terre au moyen de la houe dans les espaces compris entre les plantes (jui ont un aspect grêle et décoloré, on fume et on répète cette opé- ration jus({u'à l'époque de la maturité. Comme dans (juelqucs régions certains insecles nuisibles s'abattent eu grande troupe et dévorent toutes les feuilles en peu de temps.au milieu de la journée, tous les jours, de midi à o heures, on les chasse au moyen de balais mous, faits de paille de riz et d'un insirument formé d'un tube de bambou et recouvert de papier. De fin juin à mi-juilIct, avant l'épanouissement des boutons des fleurs, les plantes sont coupées sur le champ et emportées de suite à 122 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. la maison ; là, après les avoii- décoiipéos en morceaux de 4 à 5 ccn- timèlres de long, au moyen d'un grand couleau à lame mince, on les étend sur des nattes de paille pour les sécher au soleil. Le pro- duit de cette dessiccation est empilé en tas dans une grange spéciale- ment organisée dans ce but. On humecte la masse peu à peu avec de l'eau et on l'enveloppe entièrement avec des paillassons, pour que, par suite de la fermentation qui se produit alors, les matières colo- rantes apparaissent avec plus de facilité. Ouand, sous l'action de la chaleur développée, le monceau est entièrement décomposé, on l'é- talé, on le refroidit et on livre aussitôt cette masse noire et sale au commerce. Dans ces dernières années, on a introduit une nouvelle méthode, qui dans le pays du Sud, comme l'hide, est d'un usage général pour les plantes à indigo (ImUgofcrœ) : elle consiste à plonger dans l'eau les plantes moissonnées à l'état vert, afin d'en retirer les matières colorantes. Mais ce procédé n'est encore que peu usité, car on ne connaît pas dans les teintureries japonaises la façon d'utiliser les matières colo- rantes pures. La durée de culture sur le champ de la persicaire tinc- toriale est en moyenne de 50 à 70 jours ; la période de temps inter- médiaire entre les cultures d'hiver et celles d'été y suffit donc. Le carthame tinctorial {Carthamus tiiictorius L.). — Culture répandue sur une grande superficie. — On sème d'octobre à fin no- vembre et on récolte de mai à juin : on cueille à la main les fleurs avant leur épanouissement ; on les bi'oye aussitôt dans un mortier, on les lave à l'eau froide, et on les laisse se moisir dans une chambre, à l'abri de l'air et de la lumière. Quelques jours après, quand elles sont recouvertes d'une moisissure blanche, on les sort de la chambre et on les dessèche dans un courant d'air sec. On emploie cette ma- tière pour teindre en rouge la soie et le fard. On fabrique aussi de l'huile avec les semences. Le fjrémil officinal {Lilhospermicm officinale L.). — Cultivé dans certaines régions pour ses racines, qui servent à teindre les soies en violet et pour la prati(iuc médicale. La garance {Ruhia cordifulia L.). — La racine fournit une matière colorante rouge pour les tissus. l'agriculture au japon. 123 On récolte aussi la garance sauvage dans le même but, bien qu'elle soit (le qualité inférieure. Piaules lexitles. Les plantes qui fournissent le coion{Goss}jpium) existent en grande quantité dans les pays tropicaux sous forme d'arbustes ou de végé- taux herbacés. Elles sont caractérisées par leurs semences grosses comme des haricots, recouvertes de filaments de cheveux et qui re- posent dans 3 à 5 capsules valvées de la grosseur d'une noix, des- quelles elles sortent à l'époque de la maturité, avec leur houppe de coton. La plante à coton cultivée au Japon (Gossf/pium indicum Lam. — G. herhaceum L.) a une tige herbacée, haute de 50 à 80 centi- mètres, pourvue de 3 à 5 feuilles rondes, lobées et mucronécs, jaune rougeâtre et produit de la laine blanche. Cette })lantc, d'après un ouvrage japonais, Hoazo-Kômokukeimo , aurait été apportée au Ja})on, sous le règne de l'empereur A«i'a/iw?/- Tenno, dans le courant de mois de juillet, [SEnreld (798 après .1. -G.) par un habitant de Coaro)i\ dont la barque avait été poussée par les vagues sur les côtes de la province Mikawa (île Hondo). L'année suivante, elle fut cultivée expérimentalement dans toutes les provinces de l'ile Shikoku et prit une très grande extension. Mais elle fut abandonnée peu d'années a()rès. Puis, dans la première ère de la dynastie « S s », en Chine (environ 900 ans après le Christ), cette plante fut de nouveau rap- portée dans la Chine méridionale par un barbare du Sud (Sudba)- barcn), répandue dans ce pays et introduite au Japon pour la seconde fois à la fin du xiV siècle, dans le courant de l'année Bnnroku, et depuis lors cultivée dans ce pays. L'arbre à coton ne prospère pas au delà du 37'' degré de latitude nord, par suite, il est cultivé principalement dans les régions sud et la partie moyenne du Japon. La semaille se fait en hgnes comme pour les autres récoltes : on subordonne les soins qu'on donne à la façon dont les plantes croissent et on éclaircit les lignes, de façon à 1. Conron semble indiquer une partie de Flnde. 124 ANNALES DE LA SCIENCE AGHONOMIQUE. laisser entre cliacjiie pied un espace de 30 centimètres. La récolte commence à mi-aoïit et dure jusqu'en octobre, parce que les spo- ranges n'arrivent pas toutes en même temps à la maturité. Pour abréger la durée de la moisson, quand les premières fleurs sont fanées, on enlève les mucrones extérieurs des plantes : puis on recueille par un épluchnge, 8 à 10 fois la laine qui sort et on coupe les mucroniis encore verts pour les laisser mûrir ensuite au soleil. La rcnnie ou ortie textile {Bœhmeria nivca BJ.) est une plante vivace de 1 mètre à i mètre et demi de hauteur, une sorte d'ortie indigène, cultivée au Japon depuis les temps les plus reculés, à cause de ses propriétés textiles. Ses fibres, très iines et tenaces, sont em- ployées à la confection d'un tissu appelé « drap d'ortie » et à la fabri- cation du fd et de la ficelle. Culture très répandue, surtout dans les contrées de la région moyenne. Semée en mars dans un champ bien préparé, elle est l'objet des mêmes soins que les autres récoltes pen- dant sa période de développement, surveillée attentivement et dé- barrassée des mauvaises herbes. C'est dans la troisième année que commence la récolte, qui se fait alors pendant longtemps trois fois par an, à partir de cette époque, pour une seule plante. — On coupe d'abord au commencement de juillet au ras du sol, puis en août et enfin, pour la troisième fois, en octobre. — La seconde coupe Uvre la meilleure qualité. En hiver, le marais reçoit une fumure de compost ou de fumier d'élable, rt on le recouvre ensuite de feuilles ou de paille pour le protéger contre le froid. Lechanvre{CannabissaliviisL.) estcultivé sur unegrande étendue, comme récolte d'été. Semaille en mai et récolte de septembre à oc- tol)re, ainsi (pi'on Allemagne. Employé pour la fabrication des tissus, des cordes, fils, ficelles, etc. ; les semences, pour faire de l'huile et comme épices. \UiHhée hybride {Almtilon avicennce Gàrtnr.). — Plante hej'bacée annuelle, à fibres textiles, d'une hauteur de 1 <à 2 mètres, originaire de l'Asie centrale et de l'Europe méridionale. Cultivée au .lapon sur les côtes de la mer, dans les sols sableux. On sème sur les chaumes de la récolte d'hiver en juin et on récolte en octobre. Employée aussi pour la fabrication des cordes et du fil. L'/VCrRlCULTUnE AU JAPON. 125 Le mûrier à \)n\)[ev {liroussonelia papij) ifeni L.) cstunai-breuiiLii- naire des îles de l'Océan Pacifique, dont les fibres des drageons bis- ou trisannuels donnent un papier très solide. La reproduction se fait soit par grefle sur la racine, soit au moyen de la semence. Quand les jeunes arbres élevés sur coucbes ont atteint une hauteur de 80 à 40 centimètres, on les transplante sur le champ en laissant un in- tervalle entre chacun d'environ 1 mètre ; le plus souvent, c'est aux bords des champs que se fait la plantation, surtout dans les pays boisés où les sols sont disposés en terrasses ; et toujours à un inter- valle de 1 mètre à 1 mètre et demi. La première récolte a lieu la troisième année après cette transplantalion : à partir de là, on ré- colte tous les deux ans. Les drageons gi'os comme la pousse et hauts de 1 mètre à 1 mètre et demi, sont coupés à la fin de l'automne au ras de la (erre, liés en bottes en deux ou trois endroits, portés sur une grosse chaudière et placés dedans verticalement. Puis, on recouvre les bottes d'épais paillassons ou d'un vase en bois, et on les soumet à l'action de la vapeur qui s'échappe de la chaudière, pour que les fibres se dissolvent facilement: en somme, c'est un rouissage à la vapeur. Quand les gerbes sont .refroidies, on sépare le liber et l'écorce du bois et on le vend aux industries spéciales. Plantes sucrières. Canne à sucre {Saccharum officinarum L.), plante rappelant le roseau de marais, originaire des pays tropicaux, d'une hauteur de 2 à 3 mètres et d'une épaisseur de 3 à 5 centimètres, avec une tige creuse remplie d'une sève succulente, qui fournit le sucre brut. D'après notre tradition, la canne à sucre a été importée au Japon de l'île Riukm, au commencement du xvii'' siècle, dans le courant de l'année Kii/olio et depuis, cette culture s'est développée petit à petit dans les provinces du Sud. La canne à sucre étant une plante indi- gène des tropiques, ne prospère au Japon que dans la zone comprise e:i deçà du 37' degré de latitude nord. Elle est cependant cultivée dans des régions très abritées encore plus au nord, mais avec peu de succès ; car, même dans les provinces du Sud, elle ne fleurit presque jamais et ne peut passer l'hiver en plein air : il faut chaque 126 ANNALES DE LA SCIENCE AaRONOMIQUE. année faire une nouvelle plantation, alors que, dans le pays d'ori- gine, la même plantation fournit jus((u'à vingt récoltes. Pour obtenii' la multiplication, on dispose en meules les tiges récoltées en automne, et au printemps suivant, on les coupe en morceaux de 10 à 15 centimètres, chacun de ces morceaux devant porter deux nœuds, et on les plante, à un intervalle de 40 à 50 cen- timètres, dans un champ convenablement préparé. Cette opération se fait d'ordinaire en mai et la récolle en octobre. La betterave {Beta vulgaris L.) a été récemment importée de France et d'Allemagne et plantée dans diflerents endroits des pro- vinces du Nord. Ces expériences ont eu des résultats favorables: aussi la culture de la betterave devra-t-elle prendre bientôt une grande extension. Plantes cultivées pour leurs feuilles. Le tabac {Nicotiana chinensis Fiscli. et iV. tabacum L.) est cultivé au Japon depuis l'année 1605 de la naissance du Christ et mainte- nant partout en grandes quantités et à l'état de variétés diverses, qui diffèrent entre elles par la forme et la grandeur des feuilles et la couleur des fleurs. Onfaitlasemaillesur couche bien préparée en général fm mars et la transplantation sur le champ récemment tra- vaillé, à un intervalle de 40 à 50 centimètres. Les jeunes plants de tabac reçoivent pendant la période de croissance les mêmes soins que la persicaire tinctoriale : on récolte en juillet ou dans les premiers jours d'août. On suspend les feuilles séparément, pour les dessécher, à un réseau fait de cordes en paille tendues çà et là au-dessus du sol. Quand la dessiccation est terminée, chaque feuille enroulée est arrosée séparément avec de l'eau et déplacée ; puis, on réunit les feuilles ensemble en petits paquets. Le tabac le plus estimé au Japon croît dans la province du Sud Hiuga, sur un sol de tuf meuble, d'origine volcanique. Le thé {Thea chinensis Sims.; Thea viridis L.) est un arbuste de 1 à 2 mètres de hauteur, à ramifications nombreuses, qu'on main- tient, par la taille, à une hauteur moyenne d'un mètre pour rendre plus facile la coupe des feuilles. Ces feuilles sont toujours vertes, L'ACaiGULTUnE AU JAPOX. 127 il cou ri. pétiole, jjuintiics, dcntelccs, sans poils cl i)iillan(es; les tleui's sont hlanchcs et parfumées. Le thé est cullivé pour ses jeunes feuilles en Asie (surtout en Chine et au Japon) et aussi en Amérique. Limite de culture: 40'' degré de latitude nord. De préférence, dans les pays de montagnes, sur les pentes, et au hord dos champs. On prépare le champ en hiver, en creusant à des intervalles d'un mètre des lignes de trous de oO centimètres de profondeur et 30 cen- timètres de diamètre, qu'on fume largement et qu'on recouvre d'un compost de paille non décomposé. Au printemps, on met 20 à -25 graines dans chaque trou, et on remplit de terre. Soins de cul- turc ordinaires: enlèvement des mauvaises herhes et forte fumure annuelle. Dans quelques endroits, on sème une autre récolte enlre les lignes, jusqu'à ce que l'arhre à thé commence à produire. La première récolte, dans des conditions moyennes de cultuiv, a lieu dans la quatrième ou cinquième année après la semaille : la récolte principale se fait, suivant la saison, de lui mars à mi-mai ; celle d'août livre une mauvaise qualité. Les jeunes feuilles de thé, cueilHes soigneusement avec les doigts, sont traitées do façons diffé- rentes suivant les localités et la demande, soit par la vapeur et le grillage pour le thé vert, soit par la fermentation pour le thé noir (ou plutôt brun). Le mûrier (Morus). — Deux espèces cultivées en grande quantité pour les feuilles, qui servent de nourriture aux vers à soie : le Mo- ms mfjcrh. à baies noires, et le Morus alha L., à baies blanches. La multiplication se fait par boutures ou par semailles, la plantation en partie sur les bords du champ, en partie dans le champ, en lignes, mais en laissant un espace de terre libre où l'on cultive une autre plante (c'est comme dans certaines régions de l'Allemagne où l'on élève des arbres fruitiers, surtout des pruniers, sur des champs cultivés). Ces arbres sont traités de la même façon que les saules en Al!e- magnc, une partie est coupée au ras du sol ; et pour le reste, ou coupe seulement la tige en partant de la tète, à 2 mètres de hauteur. On donne les feuilles, avec ou sans les tiges, comme aliment aux vers à soie. Les fibres du mûrier sont souvent aussi employées en mélange pour la fabiication du papier, avec celles du mûrier à papier. 128 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Plantes à tresser. Le jonc lâche {Juncus effusus L.) est la plante marécageuse la plus commune sur la terre et qui est cependant inutilisée presque partout: au Japon, elle a la plus grande importance non seulement pour l'agriculture, mais aussi pour toute la population du pays ; c'est une culture d'hiver très développée dans les champs maréca- geux. Emplois : fabrication des nattes qui servent de tapis dans les maisons, de coiffures pour les ouvriers, et de mèches (faites avec la moelle) pour les bougies et les lampes à huile. Multiplication. — On arrache les rejetons des souches et on les plante dans un champ préparé pour la culture du riz à des inter- valles de 8 à 10 centimètres, et on enlève les mauvaises herbes. De juin à juillet, avant que la floraison commence, on moissonne à ras de terre et on engerbe. Les gerbes sont ensuite enterrées dans un fossé profond préparé à l'avance et dont l'eau a été troublée ou plutôt rendue bourbeuse par de l'argile blanche : au bout de quel- ques minutes, on retire les gerbes entièrement imprégnées de cette boue blanche, on les lave et an les étend pour les sécher sur un gazon ensoleillé. Deux jours suffisent : puis on les engerbe à nouveau, on les porte à la maison ; là on les transforme tout de suite en nattes, ou bien on les boltcUe pour s'en servir comme paille. L'immersion des gerbes dans la boue a pour but de conserver fraîche la couleur verle pendant un temps plus long, et de protéger les nattes contre les ravages causés par les teignes : pour cette cause aussi, on prend le soin de remplacer par une nouvelle quantité d'argile, celle qu'aura enlevée le travail subséquent. Pour les joncs qui sont destinés à d'autres usages, on supprime ce trempage dans la boue argileuse ; aussitôt la coupe faite, on les laisse en javelles sur une pelouse et quand la dessiccation est opérée, on les engerbe pour les rapporter à la maison. Là, on en retire la moelle qui sert à faire les mèches et, avec la tige qui reste, on fa- brique des chapeaux. Le souchet ou cypère d'Asie (Cyperus rotimdus L.), plante indi- gène des pays du Sud, est un médicament ou un hors-d'œuvre estimé l'ac.kiculture au japon. 129 (j)ar exemple en Egypte et en Grèce) à cause de son parfum agréable ' ; elle croît à l'état sauvage dans les petites îles du Sud du Japon. Mais là elle n'est employée ni comme médicament, ni comme hors-d'œuvre, mais uniquement à la confection des nattes. Et c'est dans ce but qu'on la cultive dans les provinces sud de l'île princi- pale. Mêmes conditions de culture, même temps de croissance que pour le jonc. La tige de cette plante étant angulaire et par suite épaisse est, aussitôt après la récolle, fendue en trois parties, à l'aide d'un mécanisme spécial et séchée au soleil ; les trois parties s'enser- rent solidement par les bords, enferment le reste de la moelle et forment une matière mince et résistante propre à la fabrication des nattes. Légumes et 'plantes de cuisine. L'énorme consommation de légumes pour l'alimentation a eu pour résultat que le paysan qui habite à proximité des villes a délaissé complètement la culture des céréales et a consacré par con- séquent une activité plus grande à la culkire maraîchère et produit des variétés nombreuses de chaque genre de plantes. Une description complète des procédés de culture et de l'emploi de chaque légume en particulier m'entraînerait beaucoup trop loin : je me borne donc à énumérer les plantes les plus importantes : Cruciferae : Raphanus sativus L., B. salimis f. vernaUs ; Bras- sica cliinensis L., B. campestris L., B. Râpa L., B. Râpa f. ani- plexicaulis, B. sp. ; Sinapis cernua Thunbg., S. cernua Thunbg. f. foliis serratis, S. cinnensis L., S. cliinensis f. foliis dissectis, S. inlegrifolia Willd., S. japonica Thunbg. ; Entrema Wassabi Mat. Umbelliferae : Daucus carota L. var. maxima; Œnanthe stoloni- fera D. C. ; Fœniculum vulgare Gàiin. ; Crijplotœnia canadensis D. C. ; Coriandrum sativum L. Araliaceae : Aralia cordata Thunbg. ChenopodiaceaB : Spinacia inermis L. Amarantaceae : Amarantus melancholicus Miq. Labiatae : Stachijs Sieboldii Miq. ; Perilla argiUa Benth. 1. Leiinis, Synopsis der P/lanzenkunde , II. Bd, 3 Aufl. Hannover, 1885, p. 803. ANiV. SCIENCli AUllON. — 1887. — 11. 9 130 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Solanaceœ : Solarium melongena L., S. met. var.; Capsicum an- nuum L., C. longum L., C. sp. ; Lycopersicum esculentum Will. Polygonaceœ : Polygonum japonicum Thunhg., P. gramineum Meisn., P. nodosum L., P. orientale, P. barbatum L. Cucurbitaoeœ : Luffa petola Ser., Cucumis sativus L., C. melo L., C. Conomon Thunbg., C. flexuosus L.; Citrullus edulis Spach ; Cucurbita pepo L., Lagenaria dasystemon Miq., L. vulgaris Ser.; Momordica charantia L. Compositae : Lappa major L., Lactuca sativa L., L. sororia Miq,, Chrysantherimm coronarium L., Pclasites japoniciis Miq., Senecio Kœmpferi C. D. ; Taraxacum officinale Wigg. var., T. cornicula- tum Koch. Liliaceœ : Allium salivum L., A. fistnlosum L., A. fistiilosum L. var., A. jEscalonicum L., A, Scliœnoprasiim L., A. splendens Willd. ; A. japonicum Tlmtnbg., A. senescens L., A. sp. Zingiberaceae : Amomiim Zingiber L., A. Mioga Thunbg. Gramineae : Bambusa puberula Miq. Hymenomycetes : Agaricus Shiitake Sicb. VI. — Élevage. Ainsi que je l'ai déjà mentionné plusieurs fois, l'élevage joue un rôle très secondaire au Japon, parce qu'autrefois, grâce au mode d'alimentation végétarienne et de la récolte scrupuleuse des excré- ments humains, l'élevage n'était pas si indispensable qu'en Europe, et même il se limitait à l'élevage de bêtes de trait et de somme. Le bilan du bétail au Japon comportait, d'après la statistique pu- bliée par le Ministère de l'Intérieur en 1882 : Chevaux 1640 523 Bêtes à cornes 1159 750 Autrefois, les plus grands gentilshommes élevaient, presque dans chaque province, des chevaux pour les services mihtaires, dans de grands haras au milieu des pâturages ; malheureusement, cet éle- vage ne fonctionne plus depuis la Révolution de 1868. Les grandes surfaces de prairies qui autrefois servaient à l'élevage des chevaux l'agriculture au japon. 131 sont maintenant, dans certaines régions, abandonnées sans culture tl à l'état sauvage. Un semblable terrain, d'une superficie de plusieurs milles carrés, se trouve à peu de distance de la capitale de Tokio, dans la province Sliimosa ; c'est là qu'avant la révolution on élevait les chevaux du « Sclioyim » (prince héritier). Quant aux paysans, ils n'élevaient que peu ou pas de chevaux. La production du bétail ne fut jamais aussi grande que celle du cheval : car le paysan n'envisageait le bétail que comme un moyen de lui épargner une dépense de forces, dans les travaux de culture, et pas du tout comme producteur de viande, de lait, de beurre, etc. Aussi ne possédait-il qu'une tète ou deux au plus de bétail, et se hvrait-il bien rarement à l'élevage. Jadis, les ânes, les mulets, les porcs, les moutons et les chèvres faisaient complètement défaut chez nous : ils y ont été importés de- puis que le pays est ouvert aux étrangers. Le cheval japonais, d'après les récits populaires, a été importé au Japon par la civilisation chinoise du continent asiatique et s'est peu à peu acclimaté dans tout le pays. Il appartient à la race mongolique et est de stature trappue. Son apparence extérieure est celle d'un poney. La tète est très grosse, dure, sans expression intelhgente ; le cou épais, les os relativement forts, le ventre gros, un poil moyen- nement long, et les jambes de derrière très rapprochées. Le poitrail et les jambes de devant sont bien. Très mou pour le trot, il transpire et écume rapidement. Comme, autrefois, nous ne connaissions pas la castration des ani- maux, on n'utilisait que fétalon comme bête de trait et de somme, de sorte que dans les villes on ne voyait aucune jument, ni aucune vache. On pensait alors que la jument était incapable de faire le ser- vice d'un étalon, parce qu'elle est plus faible que lui. Mais la raison en est aussi dans ce fait que l'on voulait éviter de mettre en présence des animaux mâles et femelles, les premiers devenant souvent sauva- ges et indomptables. C'est pourquoi les juments n'avaient été jusqu'ici employées qu'aux travaux des champs ou que comme bêles de somme à la campagne, et parfois même elles restaient sans rien faire sur les pâturages ; mais, maintenant, depuis qu'on pratique la castra- lion, les cavaliers les préfèrent aux étalons. 132 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La façon dont nous traitons nos chevaux est toute différente de la fjçon européenne. Les intérieurs d'écuries dans la ville sont tous construits par routine, d'après les mêmes dimensions. Chaque che- val a sa stalle spéciale cloisonnée avec des planches, un box complet ; il n'est pas attaché comme en Allemagne, la tête tournée vers la paroi du fond ou l'une des parois de côté ; il est placé en face du jour et de l'entrée. Il est attaché à droite et à gauche aux poteaux, avec des cordes d'égale longueur, il lui est impossible ni de se cou- cher, ni de faire un mouvement de côté, ni de se retourner : ses liens sont si courts qu'il est forcé de rester dans une immobiUté presque complète. Un tonneau de 20 à 25 litres, dans lequel on met le fourrage, lui sert de mangeoire : ce tonneau est maintenu, aux heures des repas, par des cordes qui passent dans des anneaux fixés sur les poteaux. On détache le cheval pour le laisser manger et, pour la nuit, on relie les cordes aux anneaux placés à la partie inférieure des poteaux, afin qu'il puisse se coucher. Une galerie à fourrages règne tout le long du front des séparations. Chaque stalle reste ouverte à sa parlie antérieure, toute la façade du bâtiment est fermée par des portes à coulisses. L'organisation des stalles est la même à la campagne qu'à la ville : mais chacune d'elles est bien plus bien spacieuse ; le devant peut se fermer avec une grille épaisse et le cheval est en liberté. A la ville et dans les campagnes, le sol des stalles est planchéié et au milieu il existe une ouverture, recouverte d'une grille, vers laqueUe le sol s'abaisse en une pente douce. Sous cette grille se trouve un vase en grès ou un tonneau en bois enfoui dans la terre et destiné à recueilhr l'urine du cheval. Quand ce vase est plein, on le vide avec un seau à puiser et on arrose avec le contenu le petit tas d'excréments solides placé à l'extérieur des écuries. La litière n'est donnée que le soir, enlevée le lendemain matin, exposée au soleil si le temps est beau et aussi plus d'une fois utilisée de suite. Aussitôt que la htière est enlevée, on nettoyé la stalle avec de l'eau. On place chez nous les animaux la tête du côté de la porte et de la lumière, pour permettre un nettoyage aussi complet que possible de la stalle et, de plus, de donner à celui qui-entre dans cette stalle la facilité de pénétrer jusqu'à la croupe de l'animal sans l'agriculture au japon. 133 marcher dans les excréments, ce (|u'on ne peut éviter avec l'instal- lation des écuries allemandes. Avant tout, le cheval est maintenu au Japon dans un état très grand de propreté, on l'étrille avec un soin extrême. On le peigne, l'éventé et lehouchonne ; on lui hrùle aussi le poil avec une sorte de petit flambeau fait avec un tube de bambou fendu, opération tout à fait semblable à celle qu'on pratique sur les veaux, au moyen d'une lampe spéciale, dans certaines régions de l'Al- lemagne, par exemple en Holstein et en Mecklembourg. On baigne les chevaux presque tous les jours, surtout les chevaux de luxe, quand ils ont fait un travad quelconque, puis on les conduit sur une place entourée par Irois paires de piliers réunis à la partie supérieure au moyen d'une traverse, tout à fait analogue à la stalle appelée « Zwangstall », consacrée à la ferrure des bœufs en Allemagne. Les poteaux portent des anneaux de fer pourattacher le cheval avec des cordes : on fait entrer les pieds de devant de l'animal dans une cuve ovale i)late, profonde de 40 centimètres environ, et remplie d'eau chaude ; on trempe dans cette eau un bouchon de paille avec lequel on nettoie avec soin la crinière, les oreilles, la bouche, etc. Quand l'avant-train de l'animal est nettoyé, on porte la cuve en arrière et on opère de la même fa(;on le lavage scrupuleux de l'arrière-lrain (la queue et les organes génitaux), le cheval ayant ses pieds de der- rière plongés dans l'eau, le bain est alors termine. Après un bou- chonnage aussi complet que possible, le cheval est ramené dans sa stalle. C'est un bienfait que ce bain pour lui quand il est ruisselant de sueur et couvert d'écume après son ti-avail, et on estime qu'un cheval est perdu quand on interrompt le bain. En effet, on a remar- qué qu'une inflaonnalion, qui peut mal tourner, se produit au sabot, au paturon et à l'os de la couronne d'un cheval qu'on bouchonne seulement à sec plusieurs jours de suite. Je n'ai là-dessus aucun avis personnel et je dois laisser messieurs les vétérinaires juges de la question, mais il me semble que des lavages fréquents à l'eau chaude amènent un changement dans l'état physiologique au point de vue de la circulation du sang, de la perspiration et surtout de l'activité des fondions de la peau et provoquent une plus grande sensibilité; sans cela, les mômes manifestations devraient exister chez les autres che- vaux. Le cheval de culture, (ju'on ne lave à l'eau que pendant l'été. 134 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. surtout quand il a travaillé dans les marais, ne présente aucune ap- parence maladive, comme les chevaux de luxe. Depuis ces derniers temps, ce procédé a été employé plus rarement ; si cela se fait en- core, ce n'est pas général ainsi qu'autrefois. L'alimentation du cheval n'est pas uniforme : lés chevaux de luxe reçoivent la ration la plus riche en principes nutritifs, puis viennent les chevaux de culture et enfin les bêtes de louage et les bêtes de somme. Ces derniers peuvent être comparés aux chevaux de fiacre allemands. Le meilleur fourrage consiste en un mélange formé de deux parties en volume de fèves de Soja, trois parties d'orge (tous les deux cuits), une partie de son de riz et quatre parties de paille de riz hachée et de foin de feuilles de Soja, qu'on récolte dans ce but avant qu'elles ne tombent, au moment où elles commencent à perdre leur couleur verte. Le foin de prairie qu'on récolte dans les pays d'herbages et sur les chaussées des fleuves, a été rarement em- ployé jusqu'ici et seulement comme complément de ration. Le mélange est humecté avec de l'eau et placé devant les chevaux dans les tonneaux de bois décrits plus haut. La quantité de grains représente environ 8 à 10 Utres par jour et par tête. Dans ces der- nières années, on a substitué, surtout pour les chevaux de l'armée,- le foin de prairies à une partie du foin de fève, à cause du prix élevé de ce dernier. La ration des chevaux de culture est formée d'orge et de quelques légumineuses qui remplacent la fève de Soja et la fève de marais ; plus tard, de son de riz et de paille coupée, mélangée parfois en été avec du fourrage vert, qu'on va chercher dans les herbages et parmi les- quels se trouvent des arbrisseaux à fleur papillionacée {Lespedeza Cyrtobolnja Mu/.) et d'autres variétés, par exemple la sarmenteuse Pueraria Thunbergiana Betli. La bête de somme reçoit une nour- riture très mauvaise, à peine suffisante à son existence ; la ration qu'elle reçoit est presque uniquement composée de paille de riz cou- pée, mélangée avec des grains cuits, de l'orge ou des fèves, qu'on additionne d'eau et qu'on saupoudre, comme friandise, d'une poi- gnée de son de riz d'une odeur douce. Les chevaux de luxe recevaient, jusqu'à maintenant, six rations en vingt-quatre heures et les autres quatre. l'agriculture au japon. 135 Les prairies n'existent pas au Japon, car les parties basses du pays que leur humidité rendait propres à Cette culture, sont toutes transformées en champs de riz et, par suite, l'élevage du bétail joue un bien faible rôle dans l'exploitation. Le foin est de très mauvaise qualité ; il croît sur les pentes des montagnes, les bords des étangs et des fossés, ou sur les talus des rivières : aussi, se trouve-t-il dans le nombre beaucoup de mauvaises herbes, par exemple les herbes acides Cypéracées. La petite taille et la faiblesse du cheval japonais le rendent im- propre à plusieurs travaux, par exemple à traîner un chariot de marchandises ; il s'habitue aussi difficilement à se laisser monter, parce qu'il a un gros ventre et entre très rapidement en une forte transpiration. C'est donc un devoir essentiel pour l'avenir d'amé- liorer notre race de chevaux indigènes par l'importation d'une race de chevaux utilisables pour les travaux des champs, une ahmen- tation plus rationnelle fournie par une culture de plantes four- ragères et d'obtenir ainsi un animal pouvant servir à tous les usages. Plus indispensable encore pour le moment est l'élevage du gros bétail et des moutons. Jadis, le bétail ne servait que comme bêle de trait et bête de somme, ainsi que le cheval, sans qu'on en tirât aucun autre profil, et il résulte de ce système qui faisait du cheval un animal appelé à rendre plus de services dans certains cas, qu'au- jourd'hui le nombre des bêtes à cornes est relativement plus faible que celui des chevaux, bien que leur entrelien soit beaucoup moins coûteux. D'après la statistique du Ministère de l'Intérieur pour 1882, l'ensemble des bêtes à cornes, veaux compris, s'élève à 1 159750 têtes vis-à-vis de 1 640523 chevaux. Depuis que les étran- gers ont libre accès dans le pays, que la civilisation moderne y a pénétré et qu'avec elle s'est inauguré un nouveau genre d'existence, la consommation des produits du bétail s'est aussi un peu répandue. Mais notre manière de vivre depuis plusieurs milliers d'années ne se soumet pas à une transformation aussi facilement: aussi, la consom- mation de la viande, du lait, etc., se limite-t-elle maintenant encore aux villes de grand commerce ; pourtant, le nombre du bétail acheté augmente assurément chaque année. 1881. 1882. I TOTAL pour es ciuq années. 3G3S1 392SS 1GSS19 240 ? 3888 oUi 57C2 19G7() 059 908 2741 42421 ■45958 194108 104.0 113.0 100 136 ANNALES DE LA SCIENCE AfiRONOMIQUE. Voici les données du Ministère de l'Inlérieur sur le nombre de bêtes abattues. 1878. 1879. 1880. Bœufs 29259 29228 34G63 Veaux 1483 1458 G97 Porcs 770 459 7538 Moutons 412 201 5C1 Total 31924 31346 43459 Moyenne = 100 p. 100 82.5 82.0 112.0 La consommation du lait est toujours faible et pourtant elle aug- mente comme celle de la viande, surtout dans l'alimentation des ma- lades et des vieillards. Le bœuf japonais a le type d'une race de vallée, de très grande stature. Ses poils sont courts, sa tête est de moyenne grosseur, ses cornes généralement courtes, dirigées en avant ou en dedans ; son cou de moyenne force et sa panse peu développée; par derrière le corps allongé et la croupe un peu tombante. La robe est ordinaire- ment noire, avec une teinte brune, queltiuefois noire avec des taches blanches sur la croupe et sur les jambes. 11 n'y a qu'une province où le bétail a une robe brune et se distingue par ses bonnes qualités. Il ressemble à la race la plus répandue en Europe, le bœuf des steppes de Podolie (Europe orientale). Mais il est impossible de déci- der si c'est chez nous un animal de race indigène ou bien s'il a été importé dans les temps anciens par la civilisation cliinoise. La der- nière hypothèse n'est pas invraisemblable, car de toute antiquité la race du bœuf gris de l'Europe orientale existait sur toute la surface de la Chine. Cet animal possède en effet de grandes qualités comme bête de trait, beaucoup supérieures surtout, au point de vue de la résistance, à celles de notre cheval; aussi emploie-t-on depuis les temps les plus reculés le taureau, dans les villes, pour traîner les chariots de marchandises. Quant à la question d'engraissement on n'a fait jusqu'ici aucune observation sur le bœuf, puisque nous ne sommes pas des carnivores. Les vaches n'ayant pas été habituées à la traite et leur lait appar- l'agriculture au japon. 137 tenant entièrement <à l'allaitement du veau, leurs organes ne se sont pas conformés à fournir du lait pendant plusieurs mois. Ont-elles vêlé, elles produisent du lait juste en quantité suffisante, seulement durant quelques semaines, pour élever convenablement leur veau. On devra donc faire des efforts pour développer le rapport en lait chez l'animal par une action de plusieurs années sur des générations, surtout par une alimentation convenable et contribuant à la produc- tion du lait et remédier ainsi à celle particularité de la race. On devra faire des recherches analogues relativement à la faculté d'en- graissement, car ces deux caractères ne dépendent pas toujours ab- solument de la race, et n'ont pas de liens importants au point de vue morphologique. Le bétail est traité vraiment en marâtre, en comparaison du cheval. Toutes les stalles sont aussi semblables ; chaque animal a sa place séparée au moyen de planches ou de lattes épaisses, mais on le laisse en liberté ou bien on l'attache au milieu du boxe, à l'anneau de fer d'un poteau enterré dans le sol. Le sol de la stalle n'est pas couvert, mais seulement fait d'argile ou de glaise pilée intimement avec des débris de rochers : il n'existe aucune installation pour recueillir l'urine. On laisse l'engrais se ras- sembler sous la litière qu'on donne chaque jour, jusqu'à ce qu'il y en ait une certaine quantité ou même jusqu'au moment où on l'em- ploie, ce qui est l'usage dans quelques contrées de l'Allemagne pour le fumier de vaches et partout pour le fumier de moutons. L'animal est nettoyé chaque jour, mais on ne le lave pas et on ne lui brûle pas les poils comme au cheval. L'alimentation du bétail est très mauvaise et tout à fait irrégulière. Il reçoit tous les résidus de la ferme, absolument comme cela arrive pour le porc en Allemagne, la partie verte du radis, les pelures des bâtâtes, etc. En été, on lui donne des fourrages verts, des herbes de toute sorte qui croissent sur les pentes des montagnes, au bord des fossés et des étangs et sur les talus des fleuves; en hiver, surtout de la paille de riz, coupée grossièrement et mélangée avec du son et de l'eau chaude. A l'époque de la préparation du champ ou do la récolte, comme il a beaucoup à travailler, sa ration se compose de grains avec de l'orge cuite ou des haricots, suivant les convenances 138 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de rexpluilation. Le bélail reçoit en outre du sel soit seul, soit mé- lange à sa ration, tandis que le cheval n'en mange jamais. La paille de riz se trouvant toujours en (juantité suffisante dans toutes les exploitations et étant mangée avec plaisir par les animaux, on n'emploie jamais de paille de blé ou d'orge pour l'alimentation, pas plus que pour la litière. Ces pailles servent à des buts techniques, couvertures de maisons, confection de mosaïque, etc. ; d'ailleurs on incinère ces sortes de pailles, si bien qu'on ne profite pas de leur entière valeur, ce qui arrive en Allemagne d'une façon si ration- nelle. Un mode d'élevage rationnel du bétail étant tout à fait in- connu au Japon, au point de vue du traitement du bétail, faute d'une direction juste, il se passa un fait marquant, triste et tout à fait absurde, que je vais raconter brièvement. Pour encourager Télevage du bétail indispensable à toute exploi- tation rationnelle, et qui passait de main en main avec la culture du champ, le Gouvernement confia, pour les élever, à un particulier qui n'avait aucune espèce de connaissances en agriculture, puisqu'il ne s'était jamais occupé auparavant du bétail étranger, un grand trou- peau de bœufs anglais à cornes courtes, qui représentait un gros capital. Cet homme se plaignit de la mauvaise qualité des herbes des prairies dont il était lui-même le propriétaire dans le voisinage, et fit venir les fourrages verts de contrées situées à un mille, et pourtant n'utilisa pas le fumier si précieux de son étable, pour obtenir de bonnes plantes fourragères ; il le laissa pourrir en tas devant la stalle. Dans d'autres cas, c'est un paysan indigène qui laisse périr le beau bétail de vermine et de faim, tandis qu'il aban- donne devant l'étable différents aliments propres à son alimentation, tels que des monceaux de paille de riz ou de pois et, suivant en cela la méthode léguée par ses prédécesseurs, il arrose ce tas de purin et le transforme en compost ! De telles fautes ne peuvent être excusées que par une ignorance absolue et un manque total d'expérience en matière de questions d'élevage. L'élevage des porcs n'existait pas autrefois, à cause du manque de débouché. Depuis que l'importation étrangère est libre, cet éle- vage a été introduit et s'est développé rapidement. Comme cet élevage était fait sans connaissances, et seulement, pour ainsi dire. l'agriculture au japon, 139 par curiosité et spéculation, il ne fut pas rémunérateur et on dut bientôt y renoncer, car, dès le début, le prix de vente d'un porc, élevé avec beaucoup de dépenses, ne couvrait pas seulement la dixième partie des frais. Maintenant, on n'en élève plus qu'aux envi- rons des villes de commerce importantes et encore en très petites quantités. Il n'y avait pas non plus de moutons au Japon avant ces der- niers temps, où le Gouvernement a entrepris un essai d'élevage sur plusieurs milliers de moutons dans la ferme-modèle de Naslmmo. Mais comme cet élevage est fait sans connaissances et sans expé- rience, il est impossible de savoir quels résultats on en tirera. L'opinion générale est que le sol et le climat du Japon ne con- viennent pas à un élevage de moutons, parce qu'ils exigent une ali- mentation en fourrages verts trop longue et que, pour cette raison, tous les essais entrepris jusqu'ici pour acclimater le mouton n'ont pas réussi. La justesse de celte opinion doit être bien mise en doute, car jamais un essai quelconque d'acclimatation de la race ovine n'a été conduit avec intelligence. D'ailleurs, grâce à l'atmosphère chaude et humide du Japon et aux nombreuses pluies d'été, il croît dans les prairies des herbes qui ont la taille d'un homme et ne peuvent pas être pâturées par les mou- tons. Mais, avec un peu de peine et une certaine dépense, on pour- rait remédier à ce mauvais état de choses et créer méthodiquement de bons parcages à moutons, en délogeant les mauvaises herbes sau- vages indigènes, par une scmaille de véritables plantes de prairies, comme le IrèÛehhnc (Tri folium rcpens), le ray-grass anglais (Lo//?^»i pcrenne), etc. On peut bien dire que les moutons en général se plaisent mieux dans les pays à climat sec, mais plusieurs races réussissent parfaite- ment sous un climat humide. Par exemple en Angleterre, où l'air humide de la mer inonde tout le pays, on produit de l'excellente viande de mouton, surtout dans le comté de Lincoln ; et aussi des moutons à laine abondante, longue et lustrée, de qualité excellente. D'après In conviction que j'ai d'un déveloj)pement imminent de l'agriculture japonaise, je crois que l'élevage du mouton y prendra, 140 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. une très grande extension, et que, entrepris d'une façon rationnelle,, il fournira un revenu élevé ; car, pour les raisons suivantes, il compte parmi les facteurs les plus puissants et les plus importants qui con- tribueront au relèvement de l'exploitation agricole au Japon. Depuis que le pays est ouvert aux relations extérieures et que les cultivateurs peuvent faire la concurrence à l'étranger, ils exportent leur production en soie autrefois utilisée entièrement par la popula- tion et, en échange, ils importent des laines et des étoffes de coton. Ces étoffes de laine étaient aussi produites au Japon depuis les temps anciens et d'un usage général; mais pas la laine qui n'a été introduite que par la civilisation moderne et dont l'emploi s'est vulgarisé si rapidement que l'ancien costume japonais est de plus en plus aban- donné. Par conséquent, il est fort désirable que la production de la laine ait lieu dans le pays même. D'autre part, le pays se prête extraordinairement bien à l'élevage delà race ovine, car il est plein de défilés, de pentes montagneuses et de terres situées sur les pla- teaux des collines, où l'irrigation est impossible et qui ne peuvent servir à aucune autre production agricole fructueuse, à cause de l'éloignement du marché. Il me reste à mentionner l'élevage des petites bêtes : celui des vo- lailles, des abeilles et des vers à soie. Le dernier a une importance des plus grandes pour le Japon ; le premier comprend l'élevage des canards, des poulets et des pigeons. Les poules sont conservées dans toutes les familles sans exception à cause de leurs œufs, les canards aussi souvent, mais en moins grand nombre. Elles augmenteront de valeur en même temps que la consommation de la viande et, bien qu'elles n'aient pas d'impor- tance dans une grande exploitation, dans une petite, leur élevage bien mené produit un bon revenu qui n'est pas négligeable. On entretient les pigeons, dans certaines régions, uniquement pour l'engrais, dans des maisons spécialement installées pour cela, mais ils ne jouent pas un rôle qui puisse être pris en considération dans un bilan. L'élevage des abeilles est limité généralement à la monta- gne et existe très rarement dans la plaine. Le miel et la cire sont employés comme médicaments, le miel sert très rarement comme aliment et la cire aussi pour la fabrication des bougies. l'agriculture au japon. 141 La branche d'industrie la plus importante, celle qui lient la première place, c'est l'élevage des vers à soie, grâce au climat favo- rable. Depuis les temps anciens il est répandu sur presque toute la surface du pays; mais, comme il ne pouvait y avoir d'exportation, il n'existait pas d'autre débouché que les besoins du peuple. Dans les dernières années, cette exploitation a pris un plus grand développe- ment, si bien que l'élevage des vers à soie, dont les produits étaient autrefois travaillés à la main par chaque famille, a pris une impor- tance beaucoup plus grande, parce que, sous la protection du Gou- vernement, des associations se sont formées dans plusieurs contrées pour extraire la soie à l'aide de machines, ce qui contribue à l'aug- mentation de la production du pays. Toutefois, cette production pourra s'étendre encore beaucoup et s'améUorer par l'utilisation d'une partie du pays restée jusqu'ici sans culture, et où le mûrier, indispensable à l'élevage des vers à soie, réussit toujours bien. Vues générales sur les conditions actuelles et l'avenir de l'agriculture japonaise. Au temps où le pays était complètement fermé aux relations avec l'étranger, comme l'a fait ressortir Liebscher dans son livre sur le Japon', la culture a dû se restreindre à une surface relativement limitée, soit au voisinage des heux où les produits agricoles trou- vaient un débouché, soit auprès des fleuves navigables ; parce que non seulement des prescriptions légales anciennes, mais aussi la diffîcidlé d'exploitation dans la montagne et le mauvais état des routes rendaient le développement de l'agriculture tout à fait im- possible. Une autre raison s'opposait à l'utilisation des parties trop éloignées des centres pour l'élevage du bétail : une absence complète d'écoulement des produits aux indigènes, tous végétariens. Le nom- bre des champs placés dans des conditions favorables diminua d'une faron de plus en plus sensible avec le temps : il en résulta (jue le prix de la terre augmenta notablement et naturellement aussi le prix des produits les plus essentiels aux besoins de la population. La main- 1. V. Liebscher, Japan, p. 77. 142 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. d'œuvre devenant plus chère et les impôts fonciers, établis une fois pour toutes, n'ayant subi aucune diminution, il ne resta au paysan qu'une ressource : celle de morceler sa terre en parcelles et de s'appliquer à obtenir sur une petite surface une augmentation aussi grande que possible du produit brut, sans considérer le produit net. L'intensité de la culture augmenta donc, jusqu'à ce que le produit brut atteignît le maximum possible avec un travail du champ fait avec le plus grand soin, réglé suivant la nature du.lieu et du sol, et surtout par une fumure compostée avec tous les engrais disponibles. De plus, l'éloignement où se trouvent les lieux de production des lieux de consommation exerce une influence considérable sur le choix de la direction à donner au système de culture ; c'est une ap- plication pratique et précise du cycle théorique en pays isolé de von Thïmen. D'après Thûnen, il y a trois périodes différentes au point de vue du cercle de production: i° celle où la partie du pays placée au centre de production était occupée par la culture libre du premier cercle (au Japon, c'est surtout la culture maraîchère qui prit la plus grande extension aux environs des marchés) ; 2° celle où la sylviculture, qui n'exista d'abord que sous forme de petits bosquets auprès des vil- lages, commença à se développer et 3° enfin la troisième période caractérisée par la succession méthodique des cultures, c'est-à-dire la culture des céréales et des plantes industrielles. En dehors de celle surface de production à laquelle Thûnen hmite le domaine de la culture triennale, où se fait l'élevage du bétail, il existe au Japon une culture cxtensive de céréales et surtout un grand nombre de prairies naturelles, dont le produit est utihsé par le paysan dans la région de culture intensive pour la préparation du compost, ainsi que cela se pratique dans le contrées sableuses du nord de l'Allemagne. Bien plus encore en dehors du cercle de production, se trouvent les forêts vierges du Japon, dont les produits servent seulement à l'alimentation des tourneurs nomades \ des chasseurs et des char- bonniers. 1. Tls voyagent dans les forêts touffues, d'un lieu à un autre, avec leurs familles et travaillent les bois de façon à leur donner une forme transporlable, comme des écorces de bois, et ils se procurent ainsi leur pain. l'agriculture au japon. 143 Grâce à l'isolement absolu du pays de toutes les autres nations jusqu'en 1868, tous les autres consommateurs en étaient réduits à se contenter exclusivement, pour leur alimentation, des produits de leur propre sol : par suite, les besoins et les prix de tous les produits agricoles variaient avec la production indigène, et cela permettait aux paysans d'avoir, malgré les inconvénients mentionnés plus baut, une existence assez bien assurée, qui fut pondant des siècles celle d'un peuple parfaitement heureux "et satisfait, d'autant plus qu'ils n'avaient pas appris de leurs prédécesseurs qu'il pût y avoir des con- ditions d'existence meilleures. Quand le pays fut ouvert à l'étranger, une transformation absolue eut lieu dans la façon d'administrer du paysan, en dépit d'une routine tenace et très ancienne. Les rapports commerciaux, facilités par la création de transports par les bateaux à vapeur, l'installation de la poste, du télégraphe et du chemin de fer, acquirent d'année enannée une importance plus grande par la liberté des professions et de l'établissement. Le peuple, qui devait autrefois se contenter de la consommation des produits indigènes, s'en affranchit et tira des marchés du monde entier de quoi subvenir à ses besoins. Le cultivateur qui, jadis, ne se préoccupait en rien d'aucune par- tie du monde, et cultivait routinièrement une petite parcelle de terre, se vit de plus en plus contraint à se conformer aux nouvelles condi- tions sociales et à tirer de son sol des produits qui puissent lutter, autant au point de vue du prix que de leur usage, avec ceux de la concurrence étrangère. La conséquence de cette transformation complète du genre d'exis- tence de la population fut que le prix des choses les plus indispensa- bles à l'humanité augmenta considérablement (et atteignitdepuis cette époque une valeur à peu près décuple), et en même temps aussi, le prix des salaires. L'Etat, en prenant la peine d'introduire et d'accli- mater la civilisation européenne, a imposé un fardeau énorme, que devra naturellement porter le peuple. Aussi, a-t-il promulgué une nouvelle loi qui établissait ce qu'on appelle une contribution indi- recte, tout à fait inconnue jusqu'alors dans le pays, et transformait en une contribution en argent l'imposition la plus importante, qui existait depuis les temps les plus reculés : l'impôt foncier, considéré 144 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. autrefois comme un impôt naturel. Pourtant, on prit comme base, pour l'établissement de cet impôt, l'ancienne classification des terres, et comme bases de l'assiette d'une part, le prix d'achat du champ et, d'autre part, le produit probable de la récolte. La somme des impôts fonciers que le paysan supporte, s'élève à 2 Va P- '100 de la valeur de sa terre comme impôt d'État et environ 1 p. 100 de cette valeur, comme impôt de district : à cela s'ajoutent les impositions pour les écoles et pour les communes, ce qui porte le total annuel à environ 4 p. 100 par an. Examinons les choses de plus près, avec les données statistiques en mains : la surface total du pays s'élève à 38 34.â 810 hectares; la poitie de cette surface appartenant à la partie de la population soumise aux impôts représente 12 603518 hectares, soit 32 p. 100 de la surface totale. Voici les chiffres fournis par la statistique officielle du Ministère de l'Intérieur en 1884 qui indiquent le bilan probable des impôts fonciers pour l'année 1882 : NATURE DE LA CUITURE, en hectares. en francs. Foi-êtsetprairies naturelles 7778809,4 132087040 Champs de riz 2609213,9 60U7533185 Champs secs 18G199G,5 133S312680 Terrains salifères (1225,9 8840790 Cultures d'arbres etjardins 349002,4 6fi562G775 Totaux 12005248,1 8272400420 PRIX de l'heclare en francs. 20 2352 719 1419 2003 DROIT d'État en francs. 4605199 152960687 3i739627 239007 17068572 DROIT TOTAL de district des droits et par hectare communal ei en francs, en francs. 2211314 73375413 16685378 100514 8141655 0.90 86.70 22.50 54,50 72.25 209613143 100514274 Nous allons maintenant, d'après ces données, nous livrera un cal- cul qui nous donnera une idée de la charge d'impôts qui pèse au- jourd'hui sur le paysan japonais. Gomme au Japon, ainsi que nous l'avons vu, on fait portera un champ sec trois récoltes à la fois et sans interruption, la seule base que nous puissions adopter pour notre calcul est l'exploitation d'une culture de riz, parce que cette plante ne peut être cultivée avec d'autres. La moyenne annuelle de la production en riz de tout le pays pen- dant les cinq dernières années (1878-1882) se chiffre à 5G64442J2 hectohtres, soit23''',2 par hectare: si on mullipHe ce nombre parle l'agric.ultl'uk au japon. 145 prix moyen du liz (1878-1882) de 17 fr. 76 c. rhectolitrc, on trouve que le produit brut d'un hectare de champ de riz s'élève à 385 IV. L'impôt foncier que doit payer le paysan se monte pour un hectare en moyenne à 86 fr. 70 c, environ 22.5 p. iOO du produit brnt, soit 3.93 p. 100 de la valeur de son champ. Si nous retranchons cette somme de 86 fr. 70 c. du total du produit brut, il reste au paysan 208 fr. 30 c, c'est-à-dire 77.5 p. 100 du [iruduit brut, ipii représentent la main-d'œuvre, les engrais, les semences et son bénéfice. En moyenne, pour la culture d'un champ de riz d'un hectare, on compte environ 200 à 210 jours de travail (200 jours par Chô), qui se paient à raison de 1 fr. 25 c. par jour : au total c'est une dépense de 250 à 200 fr. (250 fr. par Cho). La valeur de la récolte suffit donc bien juste à payer l'impôt et la main-d'œuvre, car il ne reste plus au paysan qu'un appoint d'environ 45 fr., somme tout à fait insuffisante pour parer à la dépense d'engrais, qui se monte à 75 fr. par hectare : de sorte qu'il est tout à fait impossible de parler d'un revenu du sol, oscillant entre 8 et 15 p. 100. La répartition des impôts est en général encore très imparfaite : les marchands et les conqjagnons ont au plus 2 à 3 p. 100 de leur gain à payer comme droit ; le rentier, qui bénéficie du taux élevé pour avoir le plus de revenus en toutes circonstances, n'abandonne rien ilu tout de ces bénéfices au Trésor public, alors que le paysan, bien que notoirement on sache qu'il ne peut convertir son capital aussi vite que le marchand, est imposé pour plus du quart de son revenu. Comme excuse on fait encore pourtant valoir que l'Etat doit provi- soirement retirer un revenu du paysan, qui autrefois ne possédait sa terre que par bail emphytéoti(iue, parce qu'il en a maintenant la libre propriété. Quoi qu'il en soit, il faut que le fardeau des impôts qui repose presque tout entier sur le paysan, soit réformé et réparti également sur toutes les autres classes de la société, si l'on ne veut |tas ruiner l'agriculture. En dehors de cette question des impôts, la difficulté dans les rap- |)orls commerciaux fait un grand tort à l'agriculture japonaise, car tous les moyens de communication améliorés dans ces dernières an- AN.\. SCIENCli; AliRON". — 1887. — II. 10 ]46 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nées par rinstallalion de chemins de fer, de bureaux de poste, etc., rendent beaucoup plus de services aux commerçants qu'aux cultiva- teurs taillés à merci. Avant toutes choses, pour facihter les communications, il serait indispensable d'avoir au Japon des routes reliant l'intérieur du pays avec les côtes. Les chemins existants, à l'exception de quelques-uns, ne sont pas carrossables, si bien que le transport des marchandises de l'intérieur du pays se fait encore aujourd'hui, comme au temps primitif, à dos d'hommes, de chevaux et de bœufs. Ces difficultés de tiansport expliquent aussi la difTérence de prix de certains produits, dans les diverses régions. Par exemple, le prix d'un sac de sel (envi- ron 50 litres) varie de 6 fr. 25 c. à 37 fr. 50 c. sans qu'aucune diffé- rence dans, la qualité puisse expliquer cet écart de prix. Ces variations de prix d'un article de commerce, suivant la région, ne peuvent disparaître que quand la population peu inteUigente, qui a été élevée dans les anciennes conditions sociales, sera habituée à la possibilité d'un commerce nouveau plus libre et surtout quand on aura pratiqué de meilleures routes. Lorsque ces routes seront faites, il sera possible de décider le cultivateur à employer des voitures et des bêtes de trait et de renoncer à l'antique moyen de transport, relativement cher, à dos d'homme ou de bêtes de somme. Si, maintenant, nous nous demandons quels changements et quel développement subira l'agriculture, quand les difficultés de la pro- fession que nous avons énumérées seront aplanies, l'exposé qui suit pourra nous éclairer sur ce point. Tandis qu'autrefois tous les efforts faits en vue de développer l'agriculture pour la prospérité du peuple japonais, avaient pour but exclusif d'accroître le rendement en produits agricoles qui trou- vaient leur débouché sur les marchés indigènes , sans que souvent on tînt compte des frais de production, aujourd'hui l'agriculture doit se garder de se renforcer dans cette voie, car une augmentalion aussi exclusive de la production aggraverait encore l'influence déjà sen- sible de la concurrence d'où Ire-mer. Il faut donc que le cultivateur règle la nautre des produits de son exploitation, en se basant sur les exigences des marchés du monde entier, et qu'il tâche de diminuer le prix de revient, pour pouvoir l'agricclture au japon. 147 en même temps lulter couli'c la concurrence, au point de vue du prix et de la qualité. Ce but ne sera atteint qu'au moment où les prairies naturelles laissées jusqu'ici à l'état sauvage, seront livrées à la culture, où les agriculleurs (au début, très peu nombreux), qui autrefois ne se préoccupaient aucunement des autres pays, s'apercevront du lien qui unit les lois naturelles et les lois économi((ues, en tant qu'elles exigent l'organisation d'une exploitation agricole rationnelle et, celle- ci une fois établie, l'utilisation simultanée des conditions de produc- tion et des circonstances du moment. Les surfaces inutilisées, en partie à cause de l'impossibilité d'irri- guer, en partie aussi par suite de l'éloignement des marcbés et de l'inégalité du sol, n'ont produit jusqu'à présent aucune plante indus- trielle et ont acquis maintenant, avec les changements survenus dans la vie du peuple, les qualités indispensables à la productivité. Les premiers cliamps, ceux où le manque d'eau n'avait pas per- mis la mise en culture, ont pu être utilisés pour la production de plantes industrielles, notamment de l'arbre à coton (bien entendu, pas dans la partie nord du Japon), le tabac, le colza, les plantes textiles, le thé, le mûrier, etc., et aussi pour la culture des céréales, blé, orge, etc., qui sont admirablement à leur place, étant donnés le sol et le climat : ces conditions offrent donc une garantie certaine pour une élévation progressive de la production. La mise en culture d'un pa- reil champ exige essentiellement l'application d'une quantité suiïi- sante d'engrais, et comme la source d'engrais naturel n'existe plus, par suite de l'utilisation des prairies, on ne peut plus avoir recours qu'à l'engrais animal ; à ce point de vue encore, il est démontré d'une façon évidente, que l'on doit consacrer à l'élevage du bétail et par conséquent à la culture des plantes fourragères, une large place dans l'exploitation agricole de l'avenir. Si l'on objectait que le peuple japonais ne pourrait ni consommer ni payer une production considérable de céréales et de bétail, on combattrait celte assertion en montrant que la Chine, notre voisine, serait un très bon pays d'exportation et où la consommation est con- sidérable. Les grandes surfaces qui sont restées sans culture à cause de 148 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l'éloignement des marchés et de l'inégalité du terrain, peuvent être utilisées comme pâturages pour le bétail, pour l'élevage des mou- lons, des bœufs et des chevaux, et aussi pour une plantation d'arbres et de buissons très importants au point de vue technique, tels que les arbres à laque et à cire, le mûrier à papier, etc. Sur un pareil sol, l'atmosphère chaude et humide et des pluies estivales abondantes pro- voquent une magnifique végétation de gazon qui atteint souvent la hauteur d'un homme, mais qui est malheureusement de mauvaise (jualité, car les herbes et les roseaux à tiges dures et très riches en silice y prédominent. C'est pourquoi, comme je l'ai expliqué plus haut, il faut détruire par le feu cette flore sauvage et semer de bonnes espèces. Il est donc essentiel qu'on importe une race de bétail conforme au but, propre au travail, quand même le prix d'achat en serait élevé, pour que le fourrage acquière la plus grande valeur possible et que sa production coûte moins cher. Un autre facteur important, serait l'emploi de machines et d'outils perfectionnés, à la place des instruments primitifs dont l'usage exige tant de soins et de temps et augmentent beaucoup les frais. Il n'a pas été possible de réaliser l'achat de machines et d'outils coûteux jusqu'à présent, car la propriété est trop divisée. Cela pourrait pour- tant se faire par syndicats d'agriculteurs, comme cela se pratique souvent en Allemagne, surtout dans les provinces du Rhin, où les petites exploitations sont nombreuses. Le gouvernement a beaucoup fait pour pousser l'agriculture dans la bonne voie. Il a institué des établissements d'instruction agricole, analogues aux écoles supérieures (Hocliscliule) d'Allemagne , fait venir à grands frais des maîtres étrangers, créé les moyens d'ensei-t 'gnement nécessaires poui- former des gens sensés, c'est-à-dire capa- bles au double point de vue de la théorie et de la pratique. On a suppléé aux mauvais instruments par des machines et des outils per- fectionnés , et importé des animaux de bonne race, pour améliorer et multiplier le bétail. Une grande étendue de terre fertile, qui était autrefois un pâturage pour les chevaux, a été transformée en une exploitation modèle, administrée par des étrangers qu'on paie très cher. l'agriculture au japon. 141) Ces t'iraiigers portent, bien eiileiuln, peu d'intéi'èt réel au pays, leurs gens y ont peut-être un certain intérêt, mais il leur manque les connaissances nécessaires. Aussi cette exploitation modèle, ins- tallée avec He bonnes intentions, n'a qu'une inlhieiice très petite et même nulle sur les tendances invétérées de l'agriculture. Bien plus, comme les résultats de cette exploitation sont toujours plutôt mau- vais que bons, le paysan se décourage de plus en plus au lieu de s'engager dans une voie meilleure, que lui indiquerait une expé- rience bien faite. En conséquence de cette situation, le gouvernement a décidé de mettre fin à cette exploitation et de consacrer les prai- ries à l'élevage des chevaux du baras impérial. Il est sincèrement regrettable que l'idée excellente et les efforts du gouvernement n'aient trouvé ni la direction, ni les moyens pra- tiques pour se réaliser. Liebscber signale ce fait comme un résultat de ses observations . « L'agriculture étant la source la plus importante do profit pour l'État, les autorités constituées lui ont toujours porté le plus grand intérêt; il existe dans le bureau de cbaque Aeu (district) une division spécialement consacrée aux questions agricoles, qui comprend, comme toutes les administrations japonaises, une légion d'employés et d'écrivains. C'est dans ces bureaux que l'on dirige souvent des in- dustries agricoles modèles organisées à la fa(;.on européenne, par exemple le dévidage de la soie, les filatures et les tissages. De plus, chaque gcjuverneur fut invité par le gouvernement de Tohio à établii- un musée, dans lequel le public peut entrer gratuitement pour jeter un coup d'œil sur les collections de semences et autres, et avoir un aperçu de la production du pays. Ces musées ont été dotés par Tohio de la plupart desinstruments agricoles européens, de tableaux pour l'enseignement de l'agriculture, par cNem()le la représentation de l'histoire du développement des vers à soie et des abeilles ; des travaux et des instruments concernanl la viticulture, la culture du houblon, rélevage du bétail, etc., et il est rare qu'il n'y ait pasaussi une collection des produits industriels des dilïerentes parties du pays, de modèles, et d'échantillons de sols et de minéraux. • « f^armi les portraits, on retrouve aussi queltjues spécialistes con- nus en Allemagne et des tableaux représentant des paysans aile- 150 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. maiids extrêmemenl curieux, à cause des légendes en caractères ja- ponais (runiques) qui les entourent, et qui servent à expliquer à leurs collègues du Japon le but et le mode du travail représenté. V En général, on ne peut pas nier que ces musées offrent aux agri- culteurs un moyen utile de démonstration destiné à amener le pro- grès. « On peut en dire autant de l'organisation, imposée par ordonnance ministérielle à chaque gouvernement, d'un champ d'expériences sur lequel, pour l'enseignement du paysan, on devra pratiquer la culture de plantes récemment importées, et employer les outils et les mé- thodes de culture européennes ou américaines. L'utilité qu'auraient pour l'agriculture japonaise de pareils champs, tombe sous le sens : mais, dans la rapide visite que je fis, je fus très étonné de constater (jue, pour la plupart des cas, les paysans désiraient en tirer un proT fit, mais que cela était impossible à cause de l'insouciance et de l'ignorance des employés. Ces gens ne s'intéressent pas le moins du monde à la tâche qu'on leur a confiée, de sorte que les collections sont toutes confondues pêle-mêle et rapidement détériorées. ft Nous y avons toujours vu, dans les musées, des charrues achetées en Amérique et en Europe, ou construites dans les fabriques du royaume à Tokio et à Sapporo et aussi d'autres instruments agricoles, enveloppés proprement dans du papier, tandis que les champs d'ex- périences voisina sont cultivés avec des outils japonais et servent à la culture des légumes pour les employés et les expérimentateurs : ce serait perdre nos paroles que d'en parler plus longuement. Si ex- cellente que fût l'idée qui poussait l'État à faire de telles installations, si grand le profit que les cultivateurs pouvaient en tirei", si la direction eût été bonne, la seule conclusion à laquelle le paysan japonais puisse arriver pour le moment est que son ancienne façon d'administrer sa culture à la mode japonaise^ est beaucoup meilleure que le mode de culture moderne ou tout au moins que celui appliqué, sous ce nom, dans les champs d'expériences de l'État. » Malheureusement il n'y a pas encore au Japon d'hommes capables, «yant reçu une instruction pratique et métliodiciue, qui prennent en main la chose et apportent des améliorations dans toutes les branches jdc l'agriculture. l'agriculture au japon. 151 Ceux qui se sont appliqués à augmentci' leurs connaissances en matière professionnelle clans les écoles supérieures, n'arrivent ja- mais à acquérir un degré de science suffisant pour utiliser avec fruit ce qu'ils ont appris dans la pratique. La cause principale de ce fait est que dans ces écoles, l'enseignement est donné entièrement par des étrangers, dont la langue reste incompréhensible à la plu- part de ces jeunes gens n'ayant appris que le travail pratique et n'est comprise que de ceux (jui ont vécu à l'étranger ou qui, s'abstenant absolument de tous travaux pratiques, ont assez travaillé la langue étiangère pour comprendre les leçons. Déjà, pour remédier à ce mauvais état de choses, et arriver à une connaissance approfondie et scientifique des conditions d'exploitation de l'agriculture japo- naise, il paraît indispensable aujourd'hui de former dans le domaine agricole du Japon des gens instruits à la fois au point de vue théo- rique et pratique, qui soient en état d'appliquer avec une intelli- gence réelle les résultats de la science aux conditions spéciales du Japon et à la petite culture, en luttant contre la routine tenace et donnant un exemple à l'abri de toute critique. Mais il se passera encore de longues années, avant que l'agricul- ture japonaise ne se transforme, en remplaçant par des exploitations de quelque dimension le morcellement si fortement entré dans les habitudes du pays depuis des siècles. Enfin, le moment est venu où une éducation scientifi(iue plus ap- profondie que celle des écoles supérieures d'agriculture, est utile et nécessaire à l'agriculteur pratique, alors qu'aujourd'hui les élèves de ces écoles, à cause du manque d'emploi dans la culture proprement dite, se tournent tous vers les spécialités et les sciences appliquées qui peuvent leur assurer les moyens de vivre, comme la chimie agri- cole, l'art vétérinaire, etc. Dans l'état actuel des choses, il est hors de doute que la petite cul- ture retirerait un très grand profit, si le gouvernement voulait se décider à n'employer les efforts qu'il fait et qui méritent une grande reconnaissance de la part des indigènes, non pas seulement îx déve- lupjier les grandes écoles, mais encore à créer des écoles primaires et secondaires, où un enseignement pratique et théorique à la fois serait donné, dans des établissements plus nombreux, aux fils des 152 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. paysans, munis déjà des connaissances acquises aux écoles populaires, qui y recevraient une instruction adaptée à leurs besoins. De tels champs de démonstration ou de pareilles écoles secondaires profes- sionnelles pourraient, comme cela existe en Allemagne, soit êlre la propriété de l'État, soit celle de particuliers, contrôlées par l'auto- rité et subventionnées, en tous cas, avec un plan d'étude déterminé et une organisation établie sur des bases scientifiques , mais res- treinte d'une façon sensée. Il est incontestable que la création d'un tel enseignement sera un gros sacrifice d'argent pour l'Etat ; mais pourtant on doit avoir la conviction que ce sera un bienfait beaucoup plus grand que le haut enseignement actuel qui ne réunit pas les conditions convenables pour le peuple. C'est seulement lorsqu'on aura une fois atteint le but d'avoir formé un nombre assez grand de paysans instruits suffisamment pour leur tâche et habitués à réfléchir, pour que dans chaque com- mune rurale il y en ait au moins un qui agisse sur son petit cercle, pour montrer le chemin des réformes, qu'une amélioration évidente et réelle dans le bien-être national ne peut manquer de se produire. RECHERCHES sun f r LES ELEMENTS AZOTES DES PLANTES Par M. E. SGHULZE DinBCTEUR nu LABOKATOIRr<: AGIilCOLE AU POLYTECIINICUM DE ZURICH >-^J t»3g ~^< ? On sait qu'en outre des matières protciques, les plantes rcnroriiieiii beaucoup d'autres composés azotés, parmi lesquels les alcaloïdes (jui se distinguent par leur action sur l'organisme animal cl (juel- ques glucosides, dont l'azote est un des éléments. C'est aux recherches entreprises pour isoler le principe actif des plantes vénéneuses et médicinales, c]ue nous devons surtout les connaissances acquises sur ces substances. Mais, bien qu'on ait peu à peu extrait des didérenls végétaux un grand nombre de principes azotés, il y a peu de temps encore (ju'on ne possédait qu'un petit nombre de notions sur les composés azotés, qui sont des pi'odnits constants de la translbi'mn- tion des substances protéiques dans les plantes et qui, par là, i)ré- senlent un intérêt particulier pour la physiologie végétale. Voilà plus de dix ans que Je m'attache à l'étude de ces matières et je veux, pour répondre au désir de l'honorable éditeur de ces Annales, donner ici un aperçu sommaire de ces recherches dont les princi- paux collaborateurs ont été MM. A. Urich, J. Barbieri, E. Boss/iKid et E. Stcir/er. Un des principaux objets de mes recherches a porté sur la germi- nation à l'abri de la lumière. La teneur des graines, avant la germi- nation, en matières protéiques est considérable, mais leur teneur en 154 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. autres combinaisons azotées est extrêmement faible. Pendant la durée de la germination, une quantité considérable de la protéine des semences se détruit. Des recherches faites sur des plantes dans la période de la germination et la comparaison de leur composition avec celle des semences non germées, conduisent à une conclusion sur le mode de production des substances qui se forment au mo- ment de la destruction des matières protéiques des organismes vé- gétaux. Les graines sur lesquelles ont porté mes recherches étaient particulièrement riches en azote, telles que celles du lupin jaune {Lupimis lutcus)^ et le giraumon (Cucurbila pepo)"' ; car il était à présumer que, dans ces graines, les produits azotés de décomposi- tion de la protéine existaient en (juantité relativement considérable et seraient par là même relativement faciles à isoler. Dans les germes de lupin, j'ai rencontré une proportion considérable d'asparagine, que A. Beier et ^¥. Pfeffer avaient déjà signalée antérieurement ; et, au courant de ces recherches entreprises avec W. Umlauf, j'ai obtenu des germes dont la substance sèche, après quatorze jours de végétation à l'abri de la lumière, contenait jusqu'à 20 p. 100 d'as- paragine. De plus, j'ai découvert, dans des lupins en germination, un acide amidé, inconnu jusqu'ici et que sa composition et ses pro- priétés doivent faire regarder comme de l'acide phénylamido-pro- pmiique C'H'^AzO''. Le même corps se forme, commeje l'ai montré avec /. Darhieri^, en même temps que la leucine et Intyrosine, etc., lorsqu'on chauffe les matières azotées en présence de l'acide chlor- hydiique. Cet acide amidé, qui se présente sous forme de beaux cristaux, forme avec le cuivre un composé très difficilement soluble dans l'eau et se comporte chimiquement tout à fait comme l'acide phénylamido-propionique ou phéni/lanalanine qu' Erlenmei/er et Lipp* ont préparé synthétiquement ; mais ses propriétés opticpies 1. F^es résultats concernant les. germes de lupins ont été publiés dans les recueils suivants : Journal fiir pructische Chemie [2], t. XXVII, p. 337 ; Berichte der deuischen dienusclten Geselhdiaft, t. XIV, p. 1785; ZeitschriJ'l fur physlologische Chemie, t. XI, p. 43 et 3G5 ; Landw. Jahrbiicher, t. V, p. 821. 2. Voir le Journal fur practische Chemie [2], t. XX, p. 385; t. XXXII, p. 433 ; Berichte der deuischen chcmischcn Gesellschaft, t. Xl^ p. 710 et 1233." 3. Berichte der deuischen cliemischcn Gesellschaft, t. XVI, p. 1711. 4 Liebigs Annalea der Chemie, t. CCXIX, p. 194. s RECHERCHES SUR LES ÉLÉMENTS AZOTÉS DES PLANTES. 155 sont difl'ércnles et permettent de le désigner comme une modifica- tion optifiue active de la plicm/lanalanine. De même que la pitcnylunalanine, le nouveau produit obtenu peut être transformé cnlyrosine, en l'oxydant d'abord par l'acide nitrique, puis en réduisant le produit nitré par l'étain et l'acide cblorhydiique et en faisant agir sur V amido-phénylanalanbie qui a pris naissance dans cette réaction, un mélange en proportions convenables de nitrite de sodium et d'acide sulfuii(}uc étendu '. Oxydé par l'acide cbromique, il donne de l'acide benzoïque. On ne peut déceler avec netteté la pré- sence de la Icucine et de la bjrosinc dans les lupins germes, bien que ces substances y existent vraisemblablement en petite quantité. Il est possible, au contraire, d'en séparer l'acide amido-valérianique, CMPAzO', qui cri.stallise en brillantes paillettes, présente beau- coup de ressemblance avec la lencine et s'en distingue, cependant, en ce que sa solution aqueuse, cbaufîée avec de l'acétate de cuivre, donne un précipité. Il se peut que ce corps ne soit autre cliose que l'acide amido-valérlanique que Schiitzenberger^ a obtenu en décom- posant par l'eau de baryte l'albumine. Dans les cotylédons des germes de lupins, j'ai découvert une base très riche en azote, qui donne un précipité avec l'acide plios- pho-tungstique ; j'ai déterminé exactement la nature de cette base avec le concours de E. Slelger et je l'ai appelée arginine. Sa com- position correspond à la formule CH'^Az^O". Le nitrate, le chlor- hydrate et le picrate de cette base cristallisent fort bien. La base elle-même, dont la solution dans l'eau présente une réaction nette- ment alcaline, n'a pu être jusqu'alors obtenue sous la forme cristal- line ; mais elle forme avec les sels de cuivre de beaux composés cristallins. Elle est précipitée de sa dissolution dans l'eau, par le 1. Vraiseinblablenient, il existe une analogie entre cet acide phénylamklo-propio- •nique et la tyrolcuciuc , obtenue par Schûtzenberger [Ann. de dt. et de jjinjs., 1S79, t. XVI, p. 343-318) en décomposant les matières albuminoïdes par Teau de baryte. Schutzenberger considère la t ijroleucine comme une combinaison de l'acide (im/do-valérianique a\cc un corps dont la formule serait C"lI"AzO-. Cette opinion semble très juste et rideiitité du dernier corps avec l'acide pliciiylainidoprophntqiie parait très probable. 2. Ann. di. et pliys. [5], t. XVI, p. 283. 156 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nitrate de mercure ; ses autres propriétés sont celles de la crécUininc, avec laquelle elle présente d'autres analogies. Peut-être y a-t-il un rapport entre elle et les matières semblables à la créatinlnc, que M. A. Gautier^ a extraites des muscles des animaux. L'ariiinine n'est pas le seul composé basique qui se retrouve dans les lupins en germination ; j'ai pu en extraire également de la eJto- line ; de plus, ces mêmes germes renferment de Vliypoxanthine et d'autres corps analogues, que G. Salomon'"' a découverts et dunt -/. Barhierl et moi avons confirmé l'existence. Outre les matières proléiques, on trouve aussi dans les germes des cucurbilacées, un nombre considérable d'autres substances azotées, h'asparagine n'apparaît d'ordinaire que dans les coty- lédons de ces germes, tandis que dans les tiges et les racines, on trouve de la glutamine, G'irV\z^O', isomère de Vasparagim. Quand j'ai découvert la présence de cet amide dans les cucurbi- lacées, j'ai constaté tout d'abord que les extraits obtenus, chauffés avec de l'acide chlorliydrique, donnent de l'acide glutamique CJ W AzO*; plus tard, j'ai démontré qu'en traitant par de l'azotate mer- curique le jus extrait des tiges et des racines, on précipite la gluta- mine. Ainsi que les recherches faites par E. Bosshard et moi l'ont montré, il est plus facile d'extraire cet amide du jus de la bette- rave {Bcla vulgaris) : il cristallise, sans eau de cristallisation, en aiguilles fines et possède des propriétés analogues à celles de ïas- paraginc. Il se distingue, cependant, de celle-ci par une plus grande solubilité dans l'eau et aussi par ce fait que, si on le chauffe avec des acides ou des bases alcalines, il donne de l'acide glutamique, alors que, comme on le sait, l'asparagine , traitée de la même façon, produit de l'acide aspartique. Dans les germes des cucurbi- tacées, outre V asparaglne et la glutamine, on trouve encore de la leucine et de la tyrosine ; on n'est pas ari'ivé à isoler l'acide phényl- amido-propionique, quoique vraisemblablement ces germes en ren- ferment une petite quantité. Mais, dans ces mêmes germes, nous I. A. Gnutior, Sur les Alcaloïdes dérivés de la dcs/raclion baclér/civie ou physiologique des tissus animaux. Paris, ISSG. L'. Verhandlungen der j^fiy-^iologische^i Gcsellsdiaft in Berlin. 1880-81, n''' 2 et 3. UKClIlvUCHES SUU LKS ÉLÉMENTS AZOTÉS DES PLANTES. 157 avons trouvé aussi des combinaisons basi(}ues azotées ; aussi de Var- giiwic, de la choluic, et des corps appartenant aux groupes de Mnipaxnuthine et de [axanthine. Enfin, nous avons cherché à sépa- rer de ces '.'•ernies de cucurbitacées, une substance cristalline, riche en azole, que nous avons découverte autrefois dans de jeunes plantes de vesces (Vicia saliva) et que nous avons appelée vernine; nous publierons procbainemenl un travail sur cette matière. En ce qui concerne le mode de formation des combinaisons azo- tées qu'on trouve dans ces germes, il paraît très admissible que les amides soient les produits de la décomposition des matières albumi- noïdes contenues dans les graines. Ce fait est démontré pour l'aspa- ragine, cai- celle-ci se trouve en si grande quantité dans les germes des lupins après une végétalion de longue durée, qu'il est impossible qu'aucun autre élément azoté de la semence ait pu fournir les maté- riaux nécessaires pour la formation de Vasparagine. Cette explica- tion, vraie pour Vasparagine, l'est aussi indubitablement pour la (ihilaminc, son homologue, dont l'apparition dans quekjues plantes en germination se manifeste souvent avant celle de Yasparaginc. D'après cela, il est très admissible que la leucine, la tijrosine et les acides phrin/lamido-propioniqueei amido-valérianique, qui existent dans les germes, prennent naissance par suite de la décomposition de l'albumine, car, môme en dehors de la vie organique, on les reproduit synthéti(iuement, en décomposant les matières albumi- noïdes par les acides ou les bases. i/hypoxanlhine et les corps analogues peuvent se former, comme nous l'ont appris les recherches de A. Kossel^, au moment de la décomposition de la nucUine qui existe dans toutes les plantes. Quant au mode de formation des autres combinaisons azotées qu'on a découvertes auparavant dans des g"ermes, on ne peut jusqu'à pré- sent dire rien de positif. Une autre partie de notre travail a eu pour objet l'étude du déve- loppement de bourgeons à feuilles que nous avions séparés de la tige et plongés dans l'eau par leur partie inférieure. Borodin'- ayant 1. Zeilschrifl fiir physiologische Chemie, V, p. 2G7, et VI, p. -4 2?. 2. liolanische Zeilung, 187 S, p. S02. 158 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. démontré que les jeunes feuilles qui se forment dans ces conditions sont riches en asparagine, il m'intéressait beaucoup de tenter un essai pour savoir si, à coté de l'asparagine, d'autres amides ne pre- naient pas naissance. Le résultat des recherches que j'ai entreprises avec J. Barblerl et E. Bosshard m'amena à constater que, dans des feuilles du platane d'Orient {Platanus orientaUs), de l'érable plane (Acer platano ides) et de l'érable champêtre (Acer campestris), mises en expérience dans les conditions de développement ci-dessus mentionnées, il se produisait, outre l'asparagine, de Vallanioïne, G4i''Az*0% corps qui existe, comme on sait, dans l'urine des jeunes veaux pendant l'allaitement, qu'on obtient artificiellement quand on traite à chaud l'acide urique par le peroxyde de plomb et qui donne naissance à de l'urée sous l'action de l'acide iodhydrique à chaud. Aussi bien au point de vue de ses propriétés physiques qu'à celui de ses pro- priétés chimiques, Vallantoïne extraite des plantes qui ont servi aux recherches est en tous points semblable à celle qu'on trouve dans l'organisme animal ou qu'on prépare artificiellement. Les jeunes feuilles du platane oriental dont le développement s'est fait dans des conditions normales renferment aussi de Vallantoïne, mais seule- ment en petite quantité. Des recherches plus approfondies ont per- mis de déceler aussi Vallantoïne dans les écorces de quelques arbres, par exemple le marronnier d'Inde (jEscuIus hippocastamun) et l'érable plane (Acer platano ides). Ensuite, avec la collaboration de A. Urich, J. Barbieri, E. Eugs- ter et E. Bossliar \ j'ai entrepris des recherches sur les racines de la betterave (Beta vulgaris) et les tubercules de pommes de terre (Solanicm tuberosum) : nous avons trouvé que, si l'on chauffe le jus de la betterave en présence de l'acide chlorhyddque, l'acide gluta- mique se sépare et nous avons déduit de là ({ue, au lieu d'asparagine que d'autres y avaient décelée, c'est de la ghUamine, corps homo- 1. Journal fur practische Chemie [2], t. XXV, p, 145 ; Bcrichte der deutschen chemischen Gesellschafl, t. XIII, p. 1602 ; Zeitscimjt fur physiologische Chemie, t IX, p. 420. 2. Landw. Versuchsstutionen, t. XXI, p. 63 ; t. XXIV, p. 167 ; t. .XXVII, p. 357 ; t. XXVlll, p. 1 1 1 ; t. XX, p. 193 ; t. XXIX, p. 295. RECHERCHES SUR LES ÉLÉMENTS AZOTÉS DES PLANTES. 150 logue de l'asparoginc, que personne jusqu'alors n'avait isolée, (|iii existe dans le jus de la betterave. La justesse absolue de celte iulei- prélation fut démontrée par nous dans la suite, lorsque nous avons obtenu une quantité considérable de glutamine en précipitant du jus de betterave au moyen d'azotate mcrcuriquc. J'ai déjà décrit plus baul les propriétés de la glutamine à propos des expériences faites sur les cucurbilacées en germination. Nous avons trouvé également de l'asparagine dans le jus de la pomme de terre, où sa présence avait déjà été signalée autrefois par Ludwig et aussi de la leucine et de la lijrosine, mais en plus petites quantités. Enfin, nous avons constaté l'existence de Xhypoxanlhine dans le jus de la pomme de terre. Je me suis ensuite occupé, avec E. BossJtard et E. Slcujcr^, de recherches faites avec de jeunes plantes fourragères à l'état vert. Ces plantes avaient été autrefois étudiées par KcUncr qui y avait trouvé des composés azotés autres que les matières protéiques ; mais on n'avait aucune connaissance positive sur la nature de ces composés. Les plantes sur lesquelles ont porté. nos recherches sont les vesces (Vicia saliva), le trèfle {Trifolium pratcnsc), la luzerne {Mcdicarjo saliva), l'avoine (Avena) et le ray-grass {Lolium). Les vesces, le trèfle et la luzerne, c'est-à-dire celles de ces plantes four- ragères qui appartiennent à la famille des papillonacées, renfer- ment une quantité assez considérable d'asparagine qu'on retire facilement de l'extrait à l'état de pureté. On a trouvé aussi d'autres substances du groupe de V hypoxanlhine et de la xanlhine, et la cons- tatation certaine de la présence de la guanine rend très vraisem- blable l'existence simultanée de ïliypoxanlhinc elle-même. On n'a pas pu obtenir avec les graminées (avoine et ray-grass) d'asparagine, bien (juc peut-être celle-ci y existe en petites quantités. Dans les vesces et dans le trèfle, nous avons découvert un corps très riche en azote, celui aucpiel nous avons donné le nom de ver- nine, qui existe aussi, comme nous l'avons mentionné précédemment, dans les cucurbilacées en germination et que nous avons retrouvée 1. Landiv. Versuchsstat ionen , t. liXXXllI, p. S'J ; ZcUschriJ'l fur pliysiologische Chemie, t. X, p. 80. 160 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. plus tard, en collaboralion avec A. de Planta, dans le seigle el aussi dans le pollen du noisetier commun {Corylus avellana) et du pin sylvestre {Pinus sylvestris). La vernine se précipite de la solution aqueuse à l'état amorphe, tant qu'elle n'a pas atteint un degré de pureté suffisant : mais en la reprenant par l'eau, elle cristallise en prismes minces, difficilement solubles dans l'eau froide, mais extrê- mement solubles dans l'eau chaude. L'addition de nitrate d'argent dans celte solution produit un précipité gélatineux ; l'azotate mercu- rique et l'acide phospho-tungstique déterminent aussi une précipita- tion. La façon dont se comporte la dissolution aqueuse quand on la chauffe avec de l'acide chlorhydrique est remarquable ; le produit de la réaction est de la guanine mélangée à d'autres corps qui n'ont pas été isolés jusqu'ici. La composition de la vernine correspond à la formule C'''ff°Az«0^ Sur le mode de formation des amides découverts dans les racines, les tubercules et les parties vertes des plantes, on ne peut encore rien dire de positif. On peut penser qu'ils sont le produit de la dé- composition des matières albuminoides, mais il est possible aussi qu'ils prennent naissance comme produits intermédiaires, au mo- ment de la formation synthétique de l'albumine , aux dépens des combinaisons inorganiques azotées et des matières organiques non azotées \ Maintenant que j'ai décrit les éléments azotés que nous avons découverts dans les plantes, je désire ajouter quelques mots sur les méthodes qui ont servi à leur extraction. Un certain nombre de ces substances azotées peuvent être extraites simplement par cristallisation, soit de la sève de la plante, soit de l'extrait obtenu en traitant par l'eau la plante sèche, mais à condition qu'il n'y ait qu'une faible proportion de ces matières ; par exemple, ïaspara- gine, Vallantoïne et la tyrosine rentrent dans cette catégorie. Un caractère précieux de l'asparagine est que, même dans un extrait impur et fortement coloré, eUe se sépare, en général, en un dépôt de cristaux bien nets qu'une cristallisation nouvelle transforme en une substance absolument pure. J'ai pu, par exemple, extraire sansdiffi- I. Comparez les rectierches de A. Enimei'ling, LaniJw. Versuchsstationen, t. XXXIV. RECHERCHES SUR LES ÉLÉMENTS AZOTÉS DES PLANTES. 161 culte de la sève des germes de cucurbilacées el des tubercules des pommes de terre, la lyrosine par cristallisation ; de même, Vallan- loïne cristallisait facilement dans les extraits obtenus en traitant par l'eau les jeunes pousses du Plalamis oricnkUis. Plusieurs autres de ces matières azotées, malgré leur peu de solu- bilité dans l'eau, ne peuvent être obtenues direclement par cristalli- sation dans l'extrait ; ce sont la ghilamine, la leuciiu' et les acides amido-valérianique et phéHylamido-propionùjiie. Voici le meilleur j)rocédé à suivre pour obtenir ces deux acides : on épuise à chaud les plantes desséchées avec de l'alcool à U0''\ on concentre l'extrait par évaporation, on dissout dans l'eau le résidu et l'on purifie la dissolu- tion au moyen d'acétate de plomb ; puis, après une filtralion rpii sé- pare le précipité d'acétate, on élimine de la liijueur filliée l'excédent de plomb et l'on évapore au bain-marie jusqu'à ce que l'extrait ait acquis la consistance sirupeuse. Peu de temps après, les acides amidés se séparent généralement sous forme d'une masse cristalline confuse ou d'une masse amorphe. On filtre alors, on débarrasse les cristaux de l'eau mère en les comprimant fortement entre des feuilles de papier à filtre et on leur fait subir une nouvelle purification par une cristaUisation dans de l'alcool additionné de quelques gouttes d'une solution d'ammoniaque. Pour la séparation de ces éléments azotés des plantes, la précipi- tation par certains réactifs peut rendre de très grands services au chimiste : par exemple, l'emploi de l'azotate mercurique et de l'acide phospho-tungstique ; j'ai employé ces réactifs pour isoler par pré- ci{)itation quelques-unes des combinaisons azotées dont j'ai parlé [tins haut. L'azotate mercurique précipite Vaspanigine, la glida- iiiihc, VaUantolnc, la vcmine, Yargmine, Vhypuxanlldne, la xan- Ihinc et la guanine ; la lyrosini' se précipite aussi sous l'action de ce réactif, mais incomplètement. Voici la façon d'opérer, pour obtenir la séparation de ces corps avec le réactif indiciué : on épuise par l'eau les plantes fraîches ou sèches préalablement découpées en petits morceaux, on purifie l'extrait par de l'acétate de plomb en 1. Les acides amidés purs se dissolvent très difficilement dans l'alcool : mais leur solubilité y est beaucoup plus grande quand ils sont impurs. ANN. SClENCli AGUON. — 1887. — II. II 162 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ayant soin de n'en mettre qu'un excès aussi petit que possible. Dans le liquide filtré, on verse une dissolution d'azotate mercurique pas trop acide ; on filtre à nouveau pour séparer le précipité produit qu'on lave à l'eau froide et qu'on répartit dans de l'eau où l'on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré. La liqueur provenant de la filtration du sulfure de mercure est concentrée jusqu'à consistance sirupeuse au bain-marie, après avoir eu soin de la neutraliser par l'ammoniaque ; car, pendant l'évaporation, la dissolution reprend une réaction acide ; aussi était-il nécessaire d'ajouter de temps en temps un peu de carbonate d'ammoniaque dans la solution. Au cas où il y aurait de l'asparagine, la dissolution obtenue dans les condi- tions indiquées ne tarde pas à produire des cristaux d'asparagine ; non seulement dans le cas des germes de plantes, mais aussi de tu- bercules de pommes de terre, de jeunes feuilles d'arbres et déjeunes plantes fourragères, j'ai pu facilement extraire de V asparayine par ce procédé. S'il y a de la glutamine au lieu d'asparagine, elle cris- tallise également dans cette dissolution, mais, à la vérité, pas avec autant de facilité que Vasparagine ; c'est seulement au jus des bet- teraves et aux germes des courges que nous avons appliqué ce pro- cédé pour séparer la glutamine. V allantoïne qui, en raison de sa moindre solubilité dans l'eau, se dépose par cristallisation en général avant l'as]3«r«^me^ mais quelquefois aussi en mélange avec cette der- nière, peut être déjà distinguée facilement de l'asparagine, parce que les cristaux, chauffés à 100" dans une étuve, restent brillants et trans- parents, tandis que ceux de Vasparagine perdent leur eau de cristalli- sation et par conséquent leur transparence à la suite d'un tel traite- ment. La grande différence dans la solubilité dans l'eau de ces deux corps permet, le plus souvent, de les séparer par cristallisation ; mais on peut encore employer le procédé suivant : on dissout le mélange des deux substances dans l'eau et on sature à chaud cette dissolution avec l'hydrate d'oxyde de cuivre; parle refroidissement, la plus grande partie de Vasparagine se sépare sous forme d'une combinaison avec le cuivre ; on fdtre, on enlève l'excès de cuivre par un courant d'hydro- gène sulfuré et on concentre à un petit volume. Comme alors Vallau- toïnc n'est plus mélangée qu'en très faible proportion à Vasparagine, cette dernière est facile à purifier par des cristallisations successives. UEGHEUCHES SUR LES ÉLÉMENTS AZOTÉS DES PLANTES. 163 Parmi les substances précipitables par l'azolale incrcurique, il laiil encore ranger la vcm'mc, comme nous l'avons mcnlionné pré- cétlemment. De la dissolution obtenue par la décomposition du pré- cipite mercuriel, la vernine se sépare à l'état amorphe, mais, si on reprend à nouveau par l'eau, on obtient des cristaux. Pour séparer Vasparaf/inc coexistante, nous avons lavé le produit sous l'eau, ou sous l'alcool étendu et ensuite procédé à une nouvelle cristallisation. On peut aussi employer le nitrate d'argent pour séparer la vernine par précipitation. Quand la dissolution obtenue par la décomposition du précipité de mercure renferme de VhypoxantJmic, de la (juanine et des substances du même groupe, ces corps sont séparables par la précipitation au moyen d'une liqueur ammoniacale de nitrate d'argent. L'acid(i phospho-tungstique peut être employé pour isoler les com- binaisons azotées basiques ; par exemple, nous nous en sommes servi pour extraire Varginine des germes de lupins et de courges. Les extraits aqueux de ces germes ont été purifiés par l'acide tan- nique et le sucre et ensuite traités par l'acide phospho-tungstique. Puis, le précipité produit sous l'action du réactif a été jeté sur un filtre, lavé avec un peu d'eau froide et décomposé au moyen d'un lait de chaux. La dissolution, séparée par filtration du composé cal- caire insolui)le, a été neutralisée avec de l'acide azotique ou chlorhy- drique et évaporée jusqu'à consistance sirupeuse ; au bout de peu de temps, nous avons obtenu des cristaux iVarginine nitrée ou chlorée. Pour extraire la cholinc des germes des plantes, j'ai employé le procédé indicjué par Eriger^ qui consiste à précipiter la base dans son extrait alcoolique, par une dissolution dans l'alcool de perchlo- rure de mercure. Le précipité (jui se forme et qui est une combi- naison très difficilement soluble de chlorure de choline avec du chlorure de mercure, est filtré et traité aussitôt par de l'eau bouil- lante qui dissout ce composé. On élimine le mercure dans la solution par l'hydrogène sulfuré et on transforme la choline chlorée qui reste en une combinaison bien cristallisée avec les chlorures d'or et de platine. Pour remplir le but auquel visent les recherches de la chimie 164 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. agricole, il serait important de pouvoir déterminer la proportion des combinaisons qui ne sont pas des matières protéiques et qui existent dans les plantes. Devant l'accomplissement d'un pareil tra- vail se dressent des difficultés considérables. Il serait cependant pos- sible de déterminer le partage de l'azote des végétaux entre les matières protéiques et les composés azotés non protéiques et d'es- timer approximativent la proportion de quelques-uns de ces com- posés. Je serais entraîné trop loin si je voulais m'exprimer d'une façon détaillée sur ce sujet et je renvoie le lecteur à un mémoire que j'ai publié dans les Lamhv. Vcrsuchsslaliunen, t. XXI, p. 1^24 à 144, et où j'ai cherché à exposer les moyens dont on dispose aujour- d'hui pour atteindre le but en question. Zurich, octobre 1887. LES TERRES NOIRES DE RUSSIE LEUR ORIGINE. LEUR COMPOSITION ET LEURS PROPRIÉTÉS U APRES Un ouvrage récent de M. P. KOSTITSGHEFF ' Des millions d'hectares de terres pi'ésentent en Russie des carac- tères spéciaux de fertilité qui ont depuis longtemps appelé sur elles l'attention des savants. Ces terres, connues sous le nom russe de tsclie^'Hozème (lèvres noires), se distinguent tout d'abord par la couleur plus ou moins foncée qu'elles doivent aux matières organiques dont elles sont imprégnées et qui sont la cause de leur fertilité presque inépuisable. M. L. Grandean, dans un travail magistral publié en 1872'-, a donné l'explication du nMe que jouent les matières orga- niques noires dans la fertilité de ces sols. Mais l'origine de ces ma- tières noires est restée, jusque dans ces derniers temps, l'objet de discussions et d'hypothèses nombreuses. On peut se faire une idée de l'importance de cette question en remarquant qu'un sol contenant 10 p. 100 de matière noire renferme, sur une épaisseur d'un pied, plus de 500,000 kilogr. de matières organiques par hectare. 1. Potschvi tsdicnwzrmskoï oblasii Itossii. Saint-Pétersbourg, 18SC. 2. Voir Annales de la Station agronomique de V Est. In-8". Berger-Levrault et C'*. 1.S78. .rai continué, depuis la publication de mon travail sur Uiadowka, à m'occuper de l'étude des terres noires de Russie, dont je possède aujourd'hui un grand nombre d'analyses d'échantillons d'origines géologiques diverses, .le publierai prochainement dans ces Amtalrx un travail sur la coinposition du tschernozénu', dont le mémoire de M. Feitz discute les origines. L. (î. 166 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. M. P. Kostitscheff, professeur à l'Institut forestier de Saint-Péters- bourg, a commencé la publication d'un ouvrage complet sur les terres noires. La première partie, qui vient de paraître, est consacrée presque entièrement à la question de leur origine. Je me propose ici de rendre compte de ce travail. Voici comment M. Kostitscheff résume les qualités distinctives des terres noires : 1. — Les terres noires se distinguent par les quantités considé- rables de matières organiques qu'elles renferment et qui donnent naissance à leur couleur foncée. On ne rencontre pas cette richesse en matières organiques dans d'autres sols voisins de terres noires et soumis en apparence aux mêmes influences que celles-ci. 2. — Les matières organiques ne sont pas uniformément réparties dans les diverses couches du tschernozème; elles diminuent gra- duellement de haut en bas et il est impossible d'établir une limite tranchée entre les couches franchement noires et les couches à peine teintées. 3. — Les matières noires du tschernozème sont amorphes. Leur examen microscopique permet seulement d'affirmer qu'elles sont d'origine végétale sans qu'il soit possible de spécifier de quelles es- pèces végétales elles proviennent. 4. — Le tschernozème ne présente pas de couches sédimentaires et l'on ne peut attribuer sa formation à des dépôts par l'eau. C'est du reste ce que prouve aussi la diminution graduelle de la richesse en humus de haut en bas. De ce qui précède on conclut que : 5. — Le tschernozème s'est formé sur place par la décomposition de plantes semblables à celles qui croissent encore aujourd'hui sur le tschernozème et dans des conditions analogues à celles qui régnent actuellement. Ce sont là des faits positifs, généralement admis par tous les sa- vants qui se sont occupés des terres noires. Il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de la distribution géographique du Ischernozème et de sa richesse variaJjle en matières organiques. Les opinions les plus diverses ont été soutenues pour explicpior les accumulation^^ de LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 167 matières organiques dans les sols en général el surloiil. dans les terres noires. Nous ne suivrons pas M. KostitschelY dans l'exposé qu'il fait de toutes ces hypothèses, nous hornant à résumer sa propre théorie. M. Kostitscheff part de l'idée suivante : sur toute parcelle de Ischernozème il se produit chaque année une certaine quantité de matières organiques sous forme d'organes végétaux souterrains et aériens. En môme temps, sur cette parcelle de tschernozème, il se produit une transformation de matières organiques en matières mi- nérales sous l'elVet de la décomposition connue sous le nom de pu- tréfaction. Il est clair qu'il ne peut y avoir enrichissement du sol en matières organi(iues que si la décomposition des matières végétales est moins rapide que leur production par la végétation. Dès qu'il se décom- pose annuellement autant de matières végétales qu'il s'en produit, il ne peut plus se former de terre noire. La science nous fournit, en nombre suffisant, des données pour évaluer les quantités de matières organiques que peut produire un hectare de terre dans les conditions déterminées. Il n'en est plus de môme lorsque nous cherchons à évaluer les quantités de matières organiques décomposées par la même surface du sol. Nous connais- sons beaucoup de processus de transformation de composés orga- niques complexes en combinaisons plus simples, mais jamais nous n'observons, dans ces cas, la formation de composés organiques de couleur brune ou noire. M. Kostitscheff s'est apphqué tout d'abord à déterminer expérimentalement les conditions qui influent sur la rapidité de la décomposition des matières végétales. Le chapitre I de son ouvrage est consacré aux expériences sur la décomposition des matières végétales. Il passe d'abord en revue et discute les expériences de Moeller, de Wolny, de Fédore et de Petersen. Les expériences faites, sous la direction de M. Kostitscheff, dans le laboratoire de Tlnstitut forestier ont porté sur des matières végétales fraîches et sur des matières déjà en voie de décomposition. On a pris, comme mesure de la rapidité de la décomposition, la quantité d'acide carbonique dégagée. Les substances fraîches étaient préala- 168 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. blement séchées, puis réduites en poudre aussi fine que possible. Les essais se faisaient dans des tubes de verre dont le fond était rempli d'ouate de verre sur laquelle on plaçait la matière à étudier, soit à l'état sec, soit préalablement mouillée. La matière était ensuite recouverte d'une couche d'ouate. L'air circulait dans les tubes de bas en haut et traversait préalablement des tubes contenant de la potasse caustique ou des solutions de potasse. On s'arrangeait tou- jours de façon à ce que l'appareil à solution de potasse se trouvât dans les mêmes conditions de température que le tube à essai. De cette manière l'air était saturé d'humidité et ne pouvait dessécher la substance en décomposition. Au sortir du tube d'essai, l'air traversait un vase à acide sulfurique, dans lequel il abandonnait la majeure partie de son humidité ; il ache- vait de se dessécher dans un tube à chlorure de calcium. L'acide carbonique produit est absorbé par deux tubes de Marchand conte- nant, dans leur partie antérieure, de la chaux sodée et, dans la seconde partie, du chlorure de calcium. Le système était complété par un tube témoin renfermant aussi de la chaux sodée et du chlo- rure de calcium. Les aspirateurs, de la contenance de 60 litres, dis- posés de façon à fonctionner comme des flacons de Mariotte, lais- saient échapper de 450 à 500 centimètres cubes d'eau par heure. La première série d'expériences a été faite avec des feuilles de bouleau fraîches, c'est-à-dire n'ayant pas encore subi de commen- cement de décomposition. Voici comme exemple le tableau résu- mant les observations relatives à cette première série. Les autres sont analogues : HUMIDITÉ P. 100. TEMPÉRATURE. • '^" — ■»' ■ 78.9 64.1 38.7 11.7 3. G 1) 0° à 5° !«'' jour j CO* en dixièmes de milligr. 1 1907 2138 2119 40 2* jour. [ pour 100 gr. de matière' 2026 2112 2208 46 3«jour. ' sèche ( 1914 2020 2432 43 Moyennes 1950 2088 2254 43 2) 17° 1" jour jCO^ en dixièmes de milligr. î 4554 4349 5369 16 2«jour. I pour 100 gr. de matière] 2934 2713 4343 30 3«jour. ) sèche. . , ( 3864 3270 5841 23 Moyennes 3785 3445 5184 23 LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 169 IIUMIDITK P. 100. TKMPÉRATDRE. "78.8 Ui.l 1..7 11.7 ^ 3) 35° l'Mour . .„. / 20371 22093 20500 231 oe il. |C0^ on dixièmes dem.ll.gr. (j,^g, ^^.,^ ,^^3. j,, ^ Sejoun. P«»'- 100 gr.de matière, .. ^3^.^ ^,3^. ^^ ^ 4' jour.) ^^'^'^^ (10124 9678 10045 82 Moyennes 14913 15441 15022 122 4) 50° 1" jour ] CO* en dixièmes de milligr. ( 3993 4435 4749 337 56 2«jour. ' pour 100 gr. de matière j 5043 3907 3274 544 76 séjour.^ sèche ( 5923 8141 8613 257 40 Moyennes 5188 5494 5544 379 59 5) 05" l"iour . ; â8l8 5993 4755 726 109 oe/our (^"■'"^"'^""''''"""'^•'•13390 3396 5122 634 112 3e jour! ( PO"'' 100 gr.de matière .^^^ 3^^. ^,.3 ^^3 ^^,^ 4'' jour. ) ^^^^^ ! 2468 3300 2379 459 79 Moyennes 3821 3957 4132 657 102 Une deuxième série d'essais, faits sur du foin frais, a donné des résultats analogues. M. Kostitscheff tire de ces deux séries les conclusions suivantes: i" La décomposition des matières végétales commence à des tem- pératures basses, dans le voisinage de zéro, et lorsque l'humidité est suffisante, la décomposition est assez rapide. Lorsque l'humidité varie entre 40 et 50 p. 100, la quantité d'acide carbonique qui se dé- gage en un jour atteint parfois jusqu'à 2 p. iOOdela quantité totale d'acide carbonique que peut produire la matière en décomposition. 2° La décomposition augmente rapidement avec la température ; celle de 35" à 37° paraît la plus favorable. Au-dessus, la décomposi- tion devient plus faible. 3° Lorsque les matières végétales ne conservent comme humidité que leur eau hycroscopique (il ,7 p. 100 pour les feuilles de bouleau et 10,9 pour le foin), elles se décomposent fort lentement. Dans ces conditions, la température n'exerce pas une influence notable. Cepen- dant lorsque la température s'élève jusqu'à 50 et même 65", on remar- que une légère augmentation dans la décomposition. 4" Lorsqu'on opère sur des substances desséchées plus complète- ment (sur des feuilles contenant, par exemple, 3,6 p. 100 d'eau) et 170 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. qu'on les fait traverser par un courant d'air préalablement desséché sur des morceaux de potasse caustique, la décomposition ne com- mence qu'au-dessus de 50° et reste toujours faible. Les aiguilles de pin ont, donné à peu près les mêmes résultats que les feuilles de bouleau et le foin, avec la seule différence que le maxi- mum d'activité de la décomposition s'est produit vers 48" de tempé- rature au lieu de 35". Plusieurs séries d'essais ont été faites avec des matières déjà en voie de décomposition depuis un temps plus ou moins long. Ces subs- tances avaient été abandonnées à la décomposition dans de grandes capsules couvertes seulement d'une feuille de papier pour les pré- server de la poussière. Les expériences ont été faites avec des feuilles de bouleau en décomposition depuis 8 mois, avec des feuilles en décomposition depuis un an, avec du foin se décomposant depuis i an et 37 jours et avec des aiguilles de pin en décomposition de- puis 1 an et 23 jours. On a obtenu des résultats tout à fait analogues à ceux qu ont donnés les substances fraîches, avec cette seule différence que le maximum d'accélération de la décomposition s'observe vers 50" ou 60". M. Kostitschef a cherché à déterminer par des expériences directes le poids de substance organique qui disparaît pendant la décomposi- tion. Il a opéré sur des feuilles de bouleau et sur du foin ; ces subs- tances étaient placées dans de grandes capsules recouvertes de papier. On les maintenait à un degré d'humidité convenable, à la température ordinaire. Trois capsules contenaient du foin et trois autres des feuilles de bouleau; on a déterminé les quantités de subs- tance sèche restant au bout de G mois, au bout d'un an et au bout de 18 mois. De 200 crrammes de matière sèche il est resté : FEUILLES '^°^^- (lo bouleau. Grammes. Grammes. Après 6 mois 119,3 12i,7 Après 12 mois 70,8 75,5 Après IS mois. . 43,0 47, (i En cidculant la perte de substance pondant chaque période, en LES TERRES NOIRES DE RL'SSIE. 171 pour-cent de la malière existant au cummcnoement delà période, on obtient : FEUIIvliES *'«'*'• de bouleau. P. 100. P. 100. Dans les premiers G mois, 200 £;r. ont perdu 40. 3J 37.65 Dans les autres G mois, IIO'-'^S do loin ont perdu iS'SG, ou. -i0.7i De même les 124 gr. de feuilles ont perdu 49"'',2 dans ces se- conds 6 mois, ou 30.4;') Les VOS'', 8 de foin restants ont perdu 27»'^2 dans les derniers G mois, ou 39.20 Les 7d-'",5 de feuilles restants ont perdu 27»'',9 ou ... . 37.0 En résumé, si l'on désigne par A la quantité initiale de matière sèche et par a la fraction qui reste non décomposée après une période dé- terminée, il restera après la première période ka, apfèsla deu.xième A«% après la troisième Aft' et ainsi de suite. De sorte que l'on peut dire qu'une substance organique en décomposition ne disparaît jamais complètement. Deux expériences comparatives ont été faites dans les tubes d'essai, Tune avec du foin en décomposition depuis trois ans, l'autre avec un échantillon de teiTe noire contenant 10.8(S5 p. 100 de matières organiques. On a opéré sur ôôe^TO de foin et sur 50 grammes de terre noire contenant, comme le foin, 50^'',44 de substance sèche. Le dégagement de CO" a été de 1975 dixièmes de milligramme pour la terre noire par jour, pendant 6 jours, et de 2156 dix-milli- grammes pour le foin. Ces deux expériences confirment ce fait im- portant, qu'une matière déjà en décomposition depuis fort longtemps se décompose absolument comme une matière fraîche ou comme une matière en décomposition depuis un petit nombre d'annés. Il est clair qu'il n'est question ici que de décomposition en présence de l'air. M. Kostitscheff relate encore trois autres séries d'expériences faites dans différentes conditions avec des feuilles de bouleau fraîches et des feuilles déjà en décomposition. Nous ne citerons que les conclu- sions qu'il en a tirées. 1" Pour des substances organiques compliUemenl desséchées h l'air, la décomposition ne s'arrête pas complètement, mais se ralentit beaucoup. » « 172 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2° A des températures voisines de zéro, la décomposition peut se produire avec une grande rapidité lorsque les substances sont suffi- samment humides. 3° Une température de 100" non seulement n'arrête pas la décom- position, mais l'active au contraire beaucoup. Le chapitre II est consacré à l'étude de l'influence que peut exer- cer sur la décomposition des matières organiques, leur mélange avec différentes matières minérales. Contrairement à l'opinion établie par les expériences de Petersen, M. Kostitsclieff prouve, par ses pro- pres expériences que le mélange de carbonate de chaux n'active pas la décomposition des matières organiques, en présence de l'air. Le mélange avec du sable ou de la terre glaise ne produit aucun effet non plus\ Le chapitre III est consacré à la détermination des quantités de matières organiques qui peuvent se décomposer en 24 heures sur un hectare de terre. C'est Corenwinder qui, le premier, a sérieusement étudié cette question. Pour trois terres argileuses il a trouvé, dans des conditions différentes, qu'il se décomposait 47 kilogr., 82''8,9 et 150 kilogr de matières organiques par hectare et par 24 heures'. Peters a fait des expériences plus complètes. Il a déterminé à la fois combien il s'est produit de matières organiques par une végéta- tion de trois mois et combien il a disparu de matières organiques du sol pendant ces mêmes trois mois. Ces expériences ont mis en évi- dence ce fait remarquable, que lorsque la terre est suffisamment humide et la température assez élevée, la décomposition des matières organiques du sol peut être assez active pour qu'il disparaisse plus de matières organiques qu'il ne s'en produitparla végétation. Peters a soigneusement pesé les racines et les parties aériennes ; il avait semé un mélange de diverses herbes et obtenu une végétation touffue. A la température ordinaire de l'été, à Tharand, où ont été exécu- 1. I/iiclion indispensable des microbes pour que la décomposition s'effectue active- ment est tout à f;iit en accord avec cette observation. L. G. 2. Les chiffres donnés par Corenwinder sont trop élevés s'il s'agit de cultures. La combustion dans les sols non remués, en place ne paraît guère, d'après les expériences culturales de Boussingault, à lîeclielbronn, donner |)lus de G mètres cubes d'acide carbo- nique par hectare et par 24 heures, ainsi que l'a fait remarquer M. Th. Schlœsing. L. G. LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 173 tées les expériences, l'accroissement par la végétation est plus grand que la déperdition par décomposition qui n'est alors que de 50 à GO p. 100 de l'accroissement. M. Kostitscheiï a repris la question et a fait faire de nouvelles expériences dans son laboratoire, pour déterminer les quantités de matières organiques détruites par hectare et par 24 heures. Il a opéré sur deux terres noires dont l'une a contenait 10.022 p. 100 et l'autre b 10.105 p. 100 de matières organiques. Les terres étaient placées dans des verres profonds ayant une section de 89 à 90 centimè- tres carrés. Ces verres, posés sur des plaques de verre, étaient recou- verts de cloches de verre parfaitement rodées sur les plaques. Une couche de vaseline interceptait toute communication avec l'air exté- rieur. Chaque cloche portait à sa partie supérieure une tubulure par laquelle entraient deux tubes de verre destinés à l'entrée et à la sor- tie de l'air. Le tuyau d'arrivée se terminait un peu au-dessus de la surface de la terre par un coude horizontal, de façon à laisser échap- per l'air sous forme d'un léger courant balayant la surface. L'orifice du tuyau d'évacuation de l'air se trouvait un peu au-dessus des bords supérieurs du verre. L'acide carbonique était dosé comme à l'ordinaire et toutes les précautions étaient prises pour que l'air introduit n'en contînt pas. Le tableau suivant résume les résultats de ces essais. NOMBRE DE KILOOR. de matière noire décomposée par hectare et par 24 heures. Terre (a). Terre (b). I. Terres sous forme de petites mottes, humidité de 'iô à 2'J p. 100. A 8" de température 11. 2 7.3 A 17» de température 23.3 27. G De 25" à 27» de température 3G.2 39.1 II. Mêmes terres, lassées de faron à n'occuper que la moitié de la hauteur, soit 8 centimètres au lieu de 16. Même humidité que dans I. A 17» de température 14.2 15.11 De 25» à 27» de température 2G.C 33 III. Mêmes terres réduites en poudre fine. Même hu- midité que I et II. A 17» de température 11.5 17.5 De 25» à 27» de températui-e 27.9 24.6 174 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lY. Mêmes terres en petites mottes séchées à Tair jusqu'à ne contenir que 11 et 12 p. 100 d'humidité. Il n'y a aucune décomposition. V. Expérience faite avec des tranches de gazon découpées sur un pré et retournées l'herbe en dessous : TRANCIIliS TRANCIIKS de 3 cent, d'épaisseur. dcSceut. d'épaisseur. Kilogr. Kilogr. A Tétat humide 112 par 24 heures et par hectare 92 La surface ayant été desséchée. iG — — il La surface de nouveau mouillée. 63 — — 53 Ces expériences montrent quelles quantités considérables de ma- tières organiques peuvent se décomposer dans le sol et surtout dans ses couches supérieures, lorsque certaines conditions de température et d'humidité se trouvent réunies. En calculant pour sept mois d'une température moyenne de 17°, on trouve qu'un hectare de terre peut décomposer ainsi jusqu'à 24000 kilogr. de matière organique par 24 heures sur un couche de 1 pied de profondeur. Cette quantité dépasse de beaucoup la quantité de matière organique (substance sèche) produite par la végétation annuelle sur les steppes des terres noires. Lorsque le sol est tout à fait desséché la décomposition s'arrête. Entre les limites d'humidité qui se présentent dans la nature, le phénomène varie d'intensité. Pour qu'il puisse y avoir accumulation de matières organiques dans le sol, il faut évidemment que la pro- duction annuelle dépasse la quantité annuellement détruite. Mais, même dans ce cas, l'accumulation n'est pas illimitée. Si nous désignons par A la production végétale annuelle sur un hectare de terre et si nous admettons que la décomposition enlève chaque amiée la moitié de la matière végétale ex.istant au commence- ment de cette année, nous trouverons que la quantité de matière or- ganique ou la réserve organique sera en automne. Après la f* année. . A Après la 2« année . . A-+-AX0,5 - 2 Après la 3"^ année . . A -h A X 0,5 -»- AX 0,5 -2 -(n-i) Après la 4« année .' . A + A X 0,5 -H A X 0,5 — A -^ 0,5 La réserve de matière organique augnicnto chaque année, mais en môme temps augmente aussi la quantité de matière détruite dans le LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 175 cours de l'année. L'accumulation s'arrêtera forcément lorsque la décomposition annuelle sera devenue égale à la production annuelle, — 2 —n — L c'est-à-dire lorsque A + 0,5 A -h 0,5 A H 0,5 A = A. En tirant n de cette équation, on trouve une valeur infinie; mais en prenant n=^H), la dilTércnce entre la somme des termes et A devient déjà petite, A — TM7' Si l'on admet que l'accroissement annuel par la végétation est de oOOO kilogr. par hectare, celte différence devient au bout delOans {n = 10) de o kilogr. seulement et au bout de 20 ans de 3 grammes, et la décomposition peut alors être considérée comme égale à la pro- duction. Si nous admettons maintenant queles conditions de température et d'humidité soient telles qu'il ne se dé'compose chaque année que la centième partie de la production, l'équation deviendra : - s 71-1 A ■+- 0,99j\. -¥■ 0,99A H 0,99 A = A. Au bout de 100 ans, la différence sera encore 0,366 A et au bout de 1000 ans, 0,00004 A. Ce n'est qu'au bout de 1000 ans que l'accumulation cessera de se produire. On peut de même se rendre compte grosso modo du nombre d'années qui a été nécessaire pour produire une terre noire de ri- chesse déterminée en matières organiques. Supposons une terre noire à 10 p. 100 de matières organiques, soit 510000 kilogr. par hectare sur un pied de profondeur. Admettons deux cas, celui d'une production annuelle de 1500 kilogr. de matière organique (subs- tance sèche) et celui d'une production de 375 kilogr. seulement. Un calcul facile montre que dans le premier cas, il a fallu 25000 ans pour amener une accumulation de 10 p. 100 et dans le second seu- lement 11400 ans. On admet pour cela qu'à l'époque actuelle l'accu- mulation a cessé, c'est-à-dire que la décomposition est devenue 11 égale à la production, soit ^pj- et . ,>^., de la (juantité totale. M. Kostitscheff a soin de faire remarquer combien ces calculs sont 176 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. clasti(jiics, basés, comme ils le sont, sur des conclusions tirées d'expé- riences peu nombreuses et de courte durée. Aussi ne leur faut-il demander que des aperçus plus ou moins exacts. En rélléchissantaux considérations précédentes, on arrive à la con- clusion qu'il n'est pas nécessaire qu'une terre soit bien fertile pour devenir noire. Ce n'est pas la quantité absolue de matière végétale produite chaque année qui joue le rùle principal dans l'accumulation ; celle-ci dépend surtout de la fraction de la réserve organique qui résiste chaque année à la décomposition. Un sol qui produirait 15000 kilogr. de matières organiques par an, mais qui en décom- poserait les neuf dixièmes ne pourrait accumuler plus de 18000 ki- logr. à l'hectare et l'accumulation s'arrêterait au bout de 4 ans. Un sol peu fertile, ne produisant que 375 kilogr. de matière organique par an, mais qui ne décomposerait qu'un millième de sa réserve or- ganique par an, finirait par emmagasiner jusqu'à 375000 kilogr. et deviendrait terre noire. Dans le chapitre IV, M. Kostitscheff cherche à déterminer les causes premières de la production des matières noires. Lorsqu'on abandonne à elles-mêmes des matières végétales pour les laisser se décomposer librement à l'air, on reconnaît bientôt ((ue la décomposition ne commence pas toujours de la même manière. Tantôt ce sont des bactéries qui apparaissent d'abord et, dans ce cas, la matière se couvre d'une espèce de mucosité. D'autres fois on voit d'abord apparaître les cryptogames et la mucosité ne se produit pas. Les diverses parties d'un même fragment de substance végétale ne se décomposent pas toujours de la même manière. M. Kostitscheff a bien vite reconnu qu'il lui serait impossible d'étudier d'une façon complète l'action de chaque espèce de bactéries ; il s'est donc borné à observer les changements d'aspect et de couleur produit par les bactéries trouvées dans le sol et isolées par des cultures pures à l'aide de la méthode de Koch. Deux sortes de matières ont été soumises à l'action de ces bactéries : des matières végétales fraîches (fragments (le navets, de raves, de carottes, feuilles fraîches de choux) et des matières préalablement soumise^ à une température élevée (grains de blé, pois, fèves, maïs, sarrasin). Dans tous ces essais, au nombre d'environ 150, les bactéries ont toujours donné des produits de LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 1.77 (Jécoiiiposilioii soit incolores, soit blancs ou jaunes ou inêine rouges, mais jamais bruns ou noirs. M. KoslilschefT a fait aussi des cultures de mélanges de bactéries sur de la gélatine, introduisant ensuite le mélange dans les ballons d'essai. Il ne s'est pas produit non plus de matières brimes, lî^nlîn, des cultures de bactéries, à l'abri du contact de l'air, ne conduisirent pas à un meilleur résultat au point de vue de la production des ma- tières brunes. Des fermentations en présence du carbonate de cbaux et du pbospbate de chaux tribasique, ont aussi donné des résultats négatifs. On peut donc conclui-e que la production des matières or- ganiques noires n'est pas due aux bactéries. Pendant ces essais, il est arrivé que des spores de cryptogames sont tombés accidentellement dans les cultures de bactéi'ies et ont donné lieu au développement de mycéliums. Presque toujours il se produisait autour des mycéliums une tache brun foncé. On a répété plusieurs fois cette expérience avec succès et l'on peut affirmer que si le développement des cryptogames n'est pas toujours accompagné de la production de combinaisons foncées en couleur, il n'y a, par contre, jamais production de composés foncés en l'absence des cryp- togames, M. Kostifscheff n'a pu poursuivi'e plus loin ses expériences dans ce sens, faute de temps. Il émet seulement l'opinion que ce sont les cryptogames (|ui jouent le pnucipal rôle dans la |)roduction des matières noires. L'observation suivante vient à l'appui de cette oj)i- nion. En examinant les silos dans lesquels on conserve, pour l'ali- mentation du bétail, de grandes quantités de matières végétales, il a observé que les matières centrales restent blanches. Il se produit dans l'intérieur de la musse des fermentations lactique, butyrique et autres fermentations bactériques qui s'arrêtent au l)()ut d'un certain temps, parce que les produits de ces fermentations s'accumulent et enrayent toute décomposition ultérieure. Les parties supérieures de ces silos, en contact direct avec l'air, se couvrent de cryptogames et prennent une couleur foncée. La décomposition des matières oigani(jues n'est pas exclusivement produite par les organismes inférieurs ; elle est quelquefois pure- ment chimiijue. ANiN. oClENCE AGUON. — 1887. — 11. 12 178 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Wolny a fait passer à travers une terre riche en matières organi- ques, un courant d'air chargé de vapeur de chlorolbrme; il a pu constater qu'il se produit ainsi heaucoup moins d'acide carbonique que lorsqu'on fait passer de l'air pur. La décomposition est plus lente parce que les organismes inférieurs sont paralysés par le chloro- forme et que les actions chimi(|ues sont les seules à se continuer. M. Dehérain a fait une observation analogue en traitant du fumier de ferme par du chloroforme; il en a conclu qu'une partie de la dé- composition est due à des actions chimiques. 11 a cherché à confir- mer cette conclusion à l'aide d'expériences spéciales qui ne parais- sent pas avoir été concluantes. M. U. Gayon ne décrit pas les expériences qu'il a faites sur ce sujet et se borne à dire que ses expériences confirment celle de M. Dehérain. Nous avons vu que dans les expériences de M. Kostitscheff la dé- composition des substances organiques ne s'est pas arrêtée à des températures voisines de 100°; or, on peut admettre qu'à ces tem- pératures élevées les bactéries sont toutes détruites. M. Kostitscheff . a institué une expérience spéciale pour décider la question. Dans un ballon de 500 centimètres cubes de capacité, on a intro- duit des feuilles de bouleau entières, préalablement desséchées à l'air et ensuite mouillées dans le ballon. Celui-ci fut abandonné pen- dant quelques jours à lui-môme, à la température ordinaire, de façon à laisser la décomposition se bien établir. Le ballon fut ensuite relié à un système assez complexe de ballons et de tubes convenable- ment stérilisés etdisposés.de façon à permettre l'arrivée dans le ballon contenant les feuilles, d'un courant d'air privé de tout germe. Un ballon témoin, contenant une solution de peptone dans du bouillon (solution très favorable au développement des organismes inférieurs) précédait le ballon d'essai et était traversé par le courant d'air avant l'entrée de celui-ci dans le ballon d'essai. Aucune trace d'altération ne parut dans ce ballon témoin, pendant la durée de l'expérience. On commença par doser l'acide carbonique pendant trois jours en maintenant tout l'appareil à la température ordinaire. Il se dégagea ainsi, le premier jour, 473 dixièmes de milligramme, le deuxième jour 536 et le troisième jour 324. Au bout de trois jours, l'appareil fut placé sur un bain-marie de LES TEIIRES NOIRES DE RUSSIE. 179 manière à l'aire eliauller le ballon avec les feuilles, le ballon avec la peploiie et le ballon précédant celui-ci. Pendant le jour, on avait élevé la température jusqu'à 90" à 95", en faisant plonger pendant un mo- ment dans l'eau le ballon avec les feuilles ; ordinairement la tempé- ratuie se maintenait entre 70° et 75°, température sufïîsantc pour stériliser les matières organiques. Les quantités d'acide carboni(pic dégagé furent trouvées : UIXMII^UGRAMMES. Le ■i'^ jour 1346 Le .)<' jour 3483 Le 0*= jour. 5130 Le 7« jour 3540 Le 8'= jour 3870 Le 9'= jour 4200 La tenipcralure était maintenue entre 70" et 75° pendant le jour et l'appareil entier se refroidissait pendant la nuit. Le dixième jour, l'appareil fut enlevé du bain-inarie et on continua encore à observer le dégagement de GO^ à la température ambiante. On trouva ainsi : DIX-MILLIGRAMMES DE CO". Le 10^ jour 732 Le 11* jour 145 Le 1-2^ jour 201 Le 13«jour 173 Le 14« jour 187 Le 15" jour IGO On voit que l'acide carlionique a continué à se dégager sous la seule influence des actions chimi(|ues, toutes les précautions ayant été prises pour empècber le développement des organismes infé- rieurs. 11 est à remar([uer cependant que, dans ce cas, la décompo- sition des matières organiques à la température ordinaire ne se fait que très lentement, en l'absence des bactéries et des cryptogames. Dans toutes les expériences sur la décomposition des matières végétales abandonnées à l'air, on est frappé de ce fait que ces ma- tières conservent en partie leur aspect et leur structure. Ainsi, du foin en d('coin[)Osition depuis trois et (|uatrc ans se reconnaît ton- 180 ANNALES IJE LA SCIKNCK AGUONU.MIQUE. jours pour du foin. 11 n'en est plus de môme lors((ue dans la matière en déeom|)Osition se développent des insectes ou autres petits êtres. Dans ce cas, on voit en très peu de jours toute la matière se transformer en une masse amorphe complètement semblable à la terre noire. Dans une capsule contenant 150 grammes de feuilles de bouleau en décom- position à l'air, on a remarqué un beau jour que les feuilles s'étaient transformées en une poudre noire uniforme dans laquelle on trouva une infinité de petites mouches du gcnreSciaia. Dans les autres cap- sules, les feuilles avaient gardé leur structure ; il suffît d'y transporter quelques-unes des mouches de la précédente capsule pour voir les feuilles se réduire aussi en poudre uniforme en peu de jours. Les observations faites sur la terre noire ne confirment pas celles de Darwin sur l'action des vers de terre. D'après Darwin, les vers ramènent constamment à la surface les parties inférieures du sol ; s'il en était ainsi, les matières organiques devraient être uniformé- ment distribuées dans le sol, ce qui n'est pas. Par contre, les vers et les insectes qui vivent dans les sols secs et bien aérés comme les terres noires, paraissent jouer un grand rôle en divisant à l'infini les végé- taux en décomposition qu'ils transforment en substances amorphes. Il est à remarquer que dans les endroits humides, les matières végé- tales conservent toujours une apparence de structure, comme dans les tourbières. Dans te chapitre F, M. Kostitcheff étudie spécialement les terres sous forêts. On a depuis longtemps observé que les terres sous forêts ne con- tiennent jamais des quantités notables de matières noires. C'est ainsi (jue dans le voisinage de terres noires contenant de 8 à 10 p. 100 de matières organiques, on trouve des sols sous forêts à peine colorés sur une épaisseur de deux à trois pouces. Cette pauvreté en matières organiques des sols sous forêts a été diversement expliquée. M. Kos- titschefi" l'attribue à la rapidité de la décomposition des m,atières végétales sous l'influence des conditions spéciales d'humidité ipii se rencontrent dans les forêts. D'après les observations d'Ebermayer, la (juantité de feuilles et de bois mort qui constitue ce que l'on appelle la couverture an- nuelle, serait d'environ 4100 kilogr. par hectare, dans une forêt de LES TERRES NOIRES DE RI.SSIE. 181 hêtres. Au bout de trois ans, le poids de la couverture s'élève à 8160 kiiogr. et au bout de six ans à 8470 kilogr. FAiCin dans des pai'ties de forêt où la couverture n'a pas été touchée pendant de longues années, son poids total s'est élevé à 10420 kiiogr. par hectare, quantité égale environ à 2 fois et demie la production annuelle. Cela revient à dire qu'il se décompose annuellement 40 j). 100 de la réserve organique. Admettons le poids de 4500 kiiogr. comme poids moyen de la couverture annuelle i)our les forêts en général, ce qui est exagéré; supposons de plus (pie 10 p. 100 seulement de la l'éserve organique se d(V,omposent annuellement. Dans ces conditions, la masse totale de la couverture peut linalemcnt atteindre un poids de 45000 kiiogr. à riiectare. Cette (luantité de matières org;mi(|ucs suffirait à peine pour enrichir de 1 p. 100 la couche supérieure du sol sur une épaisseur de un pied. On voit (ju'on reste encore loin de la produc- tion de la terre noire, quoique l'on ait admis des conditions plus favorables (jue celles cpii se présentent dans la réalité. M. Kostitschefl" a déterminé le poids de la couverture dans une forêt de 30 à 35 ans. Il a trouvé comme poids maximum 14100 kiiogr., et comme poids moyen, 6270 kiiogr. à l'hectare. 11 fait remaif|uer que la couverture était en grande partie formée par des débris de bois mort et contenait relativement peu de feuilles. On pourrait ajouter aux feuilles tout le bois produit pendant une année, sans pour cela arrivci' à d'autres conclusions, (juelles (jue soient les quantités de matièi'es organiques produites par la végétation fores- tière, jamais elles ne seront en quantité suffisante pour enrichir le sol en matières organiques assez pour produire de la terre noire. Le cliapilrc 17 est consacré à l'étude de l'influence qu'exerce le climat sur la production des terres noires. D'après plusieurs savants et surtout d'après M. Dokouischaeff, le climat joue le rôle |)rincipal dans la formation cAh distribution géo- graphique des terres noires. M. Dokoutschaefl", auteur d'un ouvrage très complet sur les terres noires, a même déterminé des lignes et des zones isohumiqucs analogues aux lignes isothermiques. M. Kos- lilscheffue nie pas riullucnce du climat sui- la (lécouq)osilion plus nu moins l'apide des matières végétales, mais, se basant sur les con- 182 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sidéralions et obsorvalions exposées dans les chapitres précédents, il démontre que les conditions climalériqucs de la Russie son! telles, qu'en aucune région de ce pays il n'a pu et il ne peut se produire d'accumulation considérable de matières organiques provenant de matières végétales de la surface du sol. Nous avons vu avec quelle rapidité se décomposent les végétaux, lorsque les conditions de chaleur et d'humidité favorables sont réu- nies. En admettant ({ue cette décomposition n'a lieu que pendant les .50 jours de pluie annuellement observés, il se détruirait encore 1800 kilogr. de matières organiques (substance sèche) par hectare, quantité supérieure à la production annuelle moyenne sur un hectare de steppe. Mais la décomposition ne se borne pas aux jours de pluie ; chaque nuit, d'abondantes rosées couvrent les steppes et l'humidité qui en provient suffit pour entretenir la décomposition qui marche ainsi d'une façon presque ininterrompue pendant sept mois. Aussi, nulle part on ne découvre sur la surface de la steppe de traces de la végé- tation des années précédentes. Si les matières végétales de la surface se décomposent avec une grande rapidité, il n'en est pas de même des racines ou parties végétales souterraines. Le terrain des steppes est en général très dense ; lorsque la couche supérieure est desséchée par les rayons du soleil, elle devient très dure et ne se laisse presque plus pénétrer parles eaux de pluie. Celles-ci coulent à la surface du sol, n'imbi- banl (pie les couches les plus superficielles. On sait (jue la densité de la Icrre noire est due principalement à l'extrême division de ses parties conslituantes. Tant que ces terres ne sont pas labourées, elles ne s'imbibent d'eau que jusqu'à une faible profondeur. M. Is- maïlski a dosé au printemps l'eau contenue dans de la terre de steppe non cultivée. Il n'y a trouvé que 7 p. 100 d'eau, alors que la terre de steppe cultivée en contenait 20 p. 100, au même moment. Sous l'inlluence des journées chaudes, la terre de la steppe se dessèche de plus en plus et, comme les pluies de l'été ne la pénètrent pas, elle ne contient guère plus d'humidité que de la lerre complètement desséchée à l'air. Or, nous avons vu que dans ces condilions toute décomposition s'arrête. Les matières végétales souterraines, les racines, se trouvent donc LES TERIJES NOIRES DE lilSSIE. 183 |)(Miilanl la ffliis graiido partie de l'année dans les conditions les plus dclavorablcs à la décomposition. Les pluies et les rosées qui activent la décomposition des matières végétales de la surface du sol n'ont aucune action sur les racines. Celles-ci n'ont que quelques semaines au printemps et quelques semaines en automne pour se décomposer activement. Elles se trouvent donc dans les conditions voulues pour produire peu à peu une accumulation de matières organiques et par suite de la terre noire. Le climat n'est pas le l'acteur le plus impor- tant : les propriétés physiques du sol, sa densité, sa composition et surtout son relief, jouent le rôle principal. Dans le chapitre VII, l'auteur étudie les raisons pour lesquelles les terres noires sont en général couvertes d'herbes et non de forêts. Celles-ci sont si rares dans les régions de terres noires qu'on a pensé que le climat des terres noires est défavorable à la végétation fores- tière. Nous verrons plus loin qu'il n'en est rien. De l'extrémité sud-ouest de la Russie jusqu'aux parties septen- trionales d'Orenbourg, nous observons, sur tous les terrains élevés et non labourés, une seule flore dont la stipe pennée (Stipapennata) peut être considérée comme le représentant princii)al. La même flore s'étend jusqu'au Caucase. Il serait téméraire d'attribuer à une uniformité de climat cette uniformité de flore. La nature du sol et surtout ses propriétés physiques Jouent un plus grand rôle ici que le climat. En effet, il suflitde labourer la steppe, c'est-à-dire d'ameublir son sol, pour voir aussitôt changer la flore. La Slipa pennata, en russe le koril, disparaît et l'on voit apparaître le chiendent {TrUicum repens), \eBromus inermis, le Legos o\\ Hievochloa borealis. Cela ne vent pas dire que la stipe pennée préfère les terrains durs et secs; cela prouve seulement qu'elle résiste mieux que les autres plantes, ses concurrentes, à la sécheresse des steppes non cultivées. A côté de h Slipa pennata, on observe encore les Stipa capillafa, Fesluca ovina, Kœhleria crislata et Caragana fnilesçens. Ces grami- nées se trouvent dans toutes les régions de steppes. Tanlôt cJeslh Fes- luca ovina qui domine, tantôt Stipa pennala. Lorsqu'on abandoime à elle-même une terre de steppe cultivée depuis plusieurs années, on voit reparaître de nouveau ces graminées au bout de quelques an- nées. Les plantes des steppes de terre noire ne se rencontrent que 184 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. flans les cntlroils où la culture n'est pas encore parvenue (presque toujours sur les terrains en pente raide et non labourés). On a voulu considérer ces plantes comme spéciales aux terres noires. Or, jamais on ne les voit apparaître sur les (erres noires humides et, par contie, elles prospèrent sur tous les sols secs, sur la marne ou la glaise, ainsi que sur des terrains calcaires contenant moins de 2 p. 100 d'humus. Pourquoi les forêts sont-elles si rares dans la région des terres noires? Faut-il admettre avec certains auteurs qu'elles ne peuvent grandir dans ces régions à cause du manque d'humidité? Les forêts résistent au contraire mieux que les herbes aux grandes sécheresses. De nombreuses plantations de forêts ont été faites depuis une (jua- rantaine d'années en pleine terre noire et leur vigoureuse végétation est là pour prouver que les terres noires sont très favorables aux forêts. On compte déjà des dizaines de milhers d'hectares de forets plantées par les soins de l'administration forestière russe. Si les forêts n'ont pas apparu jusqu'ici sur les terres noires et n'y apparaissent jamais spontanément, cela tient tout simplement à ce que les herbes de la steppe sont plus vigoureuses que les jeunes pousses d'arbres et étouffent celles-ci. Les jeunes arbres ne peuvent supporter la concurrence vitale que leur font les herbes. Mais partout où la main de l'homme protège les jeunes plants, les arbres prennent bien vite le dessus et ne cèdent alors plus jamais la place aux herbes de la steppe. Dans le chapitre VIII, M. Kostitscheff examine la possibilité de l'infiltration des matières organiques de la surface pour expliquera coloration des couches infihieures. En 1876, après avoir Iules travaux bien connus de M. L. Grandeau sur les terres noires, M. Kostitscheff avait exprimé l'opinion que les matières organiques produites par la décomposition des matières vé- gétales de la surface du sol, peuvent s'infiltrer dans les couches infé- rieures à l'état de solution dans les sels ammoniacaux. Celte opinion n'a pu résister à une étude approfondie de la question. M. Kosti- tscheff discute les nombreuses expériences publiées sur l'absorption et la décomposition par les couches supérieures du sol, de toutes les matières organiques en dissolution dans l'eau. Une couche de terre LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 185 de un millimètre d'épaisseur suffirait pour absorber les 10 ou 15 ki- logr. d'ammoniaque qui tombent annuellement sur un hectare de terre, en dissolution dans l'can de pluie. On ne peut donc admettre que cette ammonia((iie puisse dissoudre les matières noires de lît surface et les entraîner dans les couches inférieures. De tout ce qui précède, on peut conclure que les matières orga- niques qui se décomposent à la surface du sol ne peuvent en aucun cas contribuer sérieusement à la production des terres noires. On est forcé de recourir aux parties souterraines, aux racines, pour trouver la cause de l'accumulation de matières organiques et de l'origine des terres noires. Lorsqu'on observe une tranchée dans la terre noire, on constate que les racines ne descendent pas au-dessous des .couches de terre encore sensiblement teintées de noir et l'on voit diminuer avec la profondeur le nombre des racines ainsi que l'intensité de la coloration. On doit à Hellriegel des expériences assez complètes sur la distri- bulion des racines dans le sol. Quoique ces expériences n'aient pas été faites sur de la terre noire, les résultats oi)tenus ont un grand intérêt pour la solution de la question qui nous occupe. En divisant le sol en couches d'épaisseur sensiblement égales et en déterminant le poids des racines contenues dans chacune de ces couches, Hellriegel a obtenu un certain nombre de données qu'il a gi'oupées en tableau. En prenant pour 100 le poids des racines dans la couche supérieure, les quantités contenues dans les autres couches ont été : POLK le fromeut. Couche n" 1 100 — n'* 2 79. C — n» 3 3 4.f) — n" 4 27.3 — n" b 22.7 POUR POUK l'avoine. la luzonie 100 100 SJ.G 82.2 ;i0.2 .{7.4 5.9 2.0 0.7 M. Kostitschefla établi un tableau semblable en égalant à 100 la quantité de matières organiques contenues dans 100 grammes de la couche supérieure de plusieurs terres noires. Les couches avaient 186 ANNALES PTÎ LA SGIEXCE Ar.RONOMIQCE. |)oucos d'ôpaissour. Nous ne citerons ((iic trois colonnes de ce t;il)lonn. 12 3 Couche nM 100 100 100 — n° 2 89.1 63.9 80. 3 — n" ;] G6.9 48.3 70.0 — n" 4 47.3 35.0 58,4 — n» 5 47.3 26.0 38.2 — n« 6 34.6 18.1 33.0 — n^ 7 23.9 G. 3 16. 2 — nVS 14.4 — n° 9 6.7 Ces terres conlcnaient en réalité, sur 100 parties (Je terre, les quantités suivantes de matières noires, dans les diverses couches successives : 12 8 p. 100. p. 100. p. 100. Couche n" 1 5.418 8.112 9.636 — n" 2 4.830 5.192 7.706 — n" 3 3.620 3.920 6.714 — n° 4 2.561 2.842 5.605 — n« 5 2.587 2.112 3.565 — n" 6 1.876 1.467 3.175 — n" 7 1.294 0.513 1.555 — n° 8 0.778 0.703 — n'^ 9 0.364 Les expériences de M. Dehérain confirmeraient aussi l'hypothèse qui considère les racines comme les seuls facteurs de la production de la terre noire. 11 résulterait en effet de ces expériences qu'une (erre cultivée chaque année s'appauvrit en matières organiques, quelle que soit la quantité d'engrais qu'on lui donne, et cet appauvrisse- ment ne s'ai'rète que quand on cesse de cultiver la terre et qu'on la transforme en prairie ou en herbage. Dans les célèbres expériences de Uothamstcd, on a observé que sur des prairies naturelles fumées exclusivement à l'aide de sels ammoniacaux, il se développe surtout des herbes à racines courtes. Au contraire , sur des prairies amendées à l'aide de nitrate , les herbes à racines longues prennent le dessus. En examinant le sol au I.DS TKRRES NOIRES DE RUSSIE. 187 l)OiU (le qiu'l(jnes années de cette l'uninro exclusive, on a cunslalé que, sur la parcelle fumée avec les sels ammoniacaux, la couche supé- rieure du sol avait seule noirci, tandis (jue sur la parcelle qui avait reçu le nitrate de soude, la terre avait, au contraire, noirci sur une grande profondeur cori'cspondant à la j)rofondeui- atteinte par les racines. La théorie de la formation de la terre noire donnée par M. Kos- titscheff est la seule, d'après lui, qui puisse expliquer : a) Pourquoi sous les forêts il ne se produit pas de terres noires ; b) Pourquoi dans le nord de la Russie et, en général, sur tous les sols humides, il ne se produit jamais de tschernozème ; c) Pourquoi, sur les sols sablonneux, la coloration s'observe sur des couches plus profondes; t/) Pourquoi la coloration cesse à la limite inférieure atteinte par les racines ; e) Pourquoi la richesse en matières organiques diminue avec la profondeur des couches ; f) Pourquoi à une végétation plus active en un endroit donné correspond toujours une richesse en matières noires plus grande, même lorsque les deux endroits comparés sont à des distances très rapprochées. Le cltapitrc IX est consacré à l'examen des terres noires au point de vue de leur richesse en matières organiques ; cette richesse varie avec la nature de la végétation. M. Kostitschcffa réuni dans ce cha- pitre les résultats de 234 dosages de matières organicjues dans des échantillons de terre noire pris dans toutes les parties de la région du tschernozème en Paissie. Tous ces échantillons ont été préalable- ment desséchés entre 105 et 110 degrés. La matière organique a été déterminée d'après la quantité d'acide carbonique obtenue en oxydant la matière par l'acide chromique en présence de l'acide sulfurique. Cette méthode a l'avantage d'être assez rapide et ra- chète par là ce qu'elle peut laisser à désirer sous le rapport de l'exactitude. Lorsqu'on observe la végétation qui recouvre la steppe, on la voit parfois conserver un caractère uniforme sur des étendues de 10 à ir> kilomètres. D'autres fois, on constate des différences frap|inntes 188 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. dans la nature ou dans la vigueur des plantes, à quelques mètres de distance. Toute variation dans la végétation correspond à une varia- tion de richesse du sol. Ainsi les échantillons de terre noire classés sous les numéros d'ordi-e 118 et 120, dans le tableau des dosages de matière noire, ont été pris à une di^tance de moins de cent mètres l'un de l'autre. Le premier contient 8.4 p. 100 et le second 4.4 p. 100 de matières organiques. Il est clair que ce n'est pas là un effet du climat, L'exphcatioii est donnée par ce fait qu'à l'endroit où a été prélevé l'échantillon 118, pousse le koril, StipapenncUa, tandis que le numéro 120 a été pris en un endroit occupé par L'inos- ijris viilosa. Règle généi'ale, c'est toujours sous la SV/^jap^^-wif/^w que se trouve la meilleure terre noire. Parfois on rencontre au miheu de la terre noire une parcelle de quelques mètres de diamètre for- mée par ce que l'on appelle en iiisse un solonntschek, terrain salé. Sui' ces taches salées, pousse surtout lAnosgns vlllosa. L'échan- tillon i04 a été pris sur une telle tache salée; il ne contient que 2.99 p. 100 de matière organique. Le n" 105 a été pris au centre de cette même tache salée, sur une espèce d'îlot d'à peine un mètre de diamètre recouvert de koril , Stipa pcnnula. Il contient 4.37 p. 100 de matière organique. L'échantillon 174 contient 3.65 p. 100 et le n" 175, prélevé mètres plus loin, contient 9.3 p. 100 de matière noire. A l'endroit où a été prélevé le n" 174, pousse un peu de Stipa pcnnala et de Festuca ovina, mais le Ccralo- carpus arcnarius domine. Le n" 176 a été pris sous une helle végé- tation de Stipa pennata sans trace de Ceratocarpus. On pourrait multiplier les exemples de ce genre. Partout la richesse en matières organiques est en rapport direct avec le développement de la végé- tation. A l'origine, lorsque les plantes ont pris possession d'un ter- rain purement minéral, il n'a pu y avoir de différence dans la végé- tation (jue par suite de différences dans la composition du sol, dans sa profondeur ou dans sa position. Plus tard, à ces différences originelles s'ajoutent celles qui proviennent des quantités différentes de matières organiques accumulées dans le sol. On comprend que ces différences ont pu devenir de plus en plus grandes. L'accumulation de matières organiques, ainsi qu'on l'a vu plus haut, ne se produit que quand la plus grande partie des matières LES TEUUES NOIRES UE RUSSIE. 189 végétales soulunaines échappe à la décomposilioii annuelle. Il esl clair que celle accuniulalion esl d'aulant plus rapide que la i)roduc- lion annuelle de racines est elle-même plus grande. Prenons comme exemple deux sols dans lesquels se décompose annuellement un mil- lième seulement de la réserve organi(pie souterraine, mais dont l'un produit 300 kilogr. de matière végétale par hectare et l'autre 1500 kilogr. Les deux sols s'enrichiront en matières organiques et devien- dront terre noire ; mais le premier ne pourra jamais contenir plus de oOOOOO kilogr. de malières organiques à l'heclare, tandis que le second pourra arriver à en contenir I 500000 kilogr. Dans le chapilre X cl dernier, M. Kostitscheff étudie les modifica- tions qu'éprouve la surface des terres noires sous l'action des eaux. Dans les steppes non touchées par l'homme, c'est-à-dire non cul- tivées, l'action de l'eau sur la surface du sol est presque nulle. La couche d'herbe et l'enchevêtrement de racines innombrables protègent le sol et empêchent tout ravinement. Il n'en est plus de même si, pour une raison ([uelconque, la couche protectrice est entamée. Sous l'influence de la sécheresse, il se produit quelquefois d'assez grandes lentes en été ; si l'automne est aussi sec, ces fentes ne se referment pas et, au printemps, la fonte des neiges les élargit en minant leurs parois toujours dénudées. La partie supérieure résiste et surplombe les parois jusqu'à ce que son propic poids l'entraîne au fontl de la fente, devenue lavin. Dans ce cas, le ravinement se fait avec une rapidité surprenante. C'est ainsi (pie M. Ivostitschefl' a pu voir un ravin de 8 mètres de largeur et de 9 à 10 mètres de profondeur, s'agrandir en un seul printemps de. 12 mètres dans sa longueur tout en gardant la même profondeur. Lorsque la steppe est couverte d'herbes, les pluies les plus vio- lentes ne peuvent attaquer la surface du sol, même sur des pentes très inclinées. On ne saurait donc, avec M. Dokoutschaeff, attribuer à l'action de l'eau les difl'érences de richesse en malières organiijues observées sur des échantillons pris à de faibles dislances les uns des autres. Dans un seul cas, l'action de l'eau peut contribuer à augmenter l'épaisseur de la couche de terre noiie. C'est lorsque le fond d'une vallée se lecouvre successivement de couches minces de matières 190 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMiglJE. minérales détachées par les eaux des flancs des collines non cou- vertes de végétation. Mais, dans ce cjis encore, la terre noire se produit sur place par la décomposition des racines qui se dévelop- pent successivement dans chacune de ces couches. Dans le gouvernement de Karldioff, à côté de collines et de mon- tagnes calcaires complètement dénudées, on trouve des collines scmhlahles, mais recouvertes de gazon. Sur ces dernières collines, il s'est formé du tschernozème sur la craie même, cardans la couche supérieure on observe encore de petits morceaux de craie et le sol est de teinte plus claire que le Ischcrnozèmc. Aussi pourrait-on s'at- tendre à le trouvei' moins riche en matièi'es organiques que la terre noire ordinaire. Mais l'analyse montre qu'il en est tout autrement. p. 100. p. 100. Échelle n* 47. Tschernozème d'une col- line calcaire, couche supérieure. . 7. si de matière organique et 9.7ldeCaO,Co-. Échelle n" -iS. Couche inférieure de la même 4.48 — 21.GÔ — Échelle n° 49. Tschernozème de la même colline, mais sur un sol argi- leux 7.93 — 0.71 — On pourrait multipher les exemples de ce genre ; ils prouveraient tous que sur une terre bien couverte de gazon, le tschernozème est toujours riche en matières organiques, quelle que soit la position du sol. 11 n'en est plus de même lorsqu'on laboure les collines ; dans ce cas, sous l'action répétée de l'eau, une partie des matières orga- niques du sol des terrains inclinés est entraînée vers le pied de la colhne et peu à peu le tschernozème disparaît vers le sommet. M. Kostitscheff n'admet nullement l'opinion des savants qui ne veulent considérer comme terres noires normales que celles qu'on trouve sur des terrains unis. Les observations prouvent au contraire qu'il peut y avoir sur les flancs des coUines et sur leurs plateaux supérieurs du tschernozème tout aussi normal, comme épaisseur de couches et comme distribution des matières organiques dans les dif- lerentes couches. Il arrive même souvent que dans les endroits mon- launeux les vallées basses contiennent du tsciiernozèmc moins riche LES TERRES NOIRES DE RUSSIE. 191 en matières oi'gaiiii|ues ou en couches moins profondes que les flancs des collines ou les plateaux supérieurs. Nous terminerons le compte rendu de la première partie de l'ou- vrage de M. KostitschefT en traduisant le passage suivant de la pré- face qui indique clairement le but que s'est proposé l'auteur et le plan de son travail : « La formation du tschernozème est une question de botanique, a dit Iluprcclit. Cette proposition a aujourd'hui une si- gnification plus profonde et plus vaste que quand elle fut formulée. La géologie n'a qu'une importance secondaire dans la question du tschernozème, parce que l'accumulation des matières organiques se produit dans les couches supérieures du sol, parfois très difl'érentes au i)oint de vue géologique. La question de la terre noire est une question de géographie et de physiologie des végétaux supérieurs et une question de physiologie des organismes inférieurs qui pro- duisent la décomposition des matières végétales. En examinant la question sous ce point de vue, il est facile de voir combien doivent être nombreuses et variées les expériences destinées à élucider la question de la formation des terres noires. Dans cette première partie de mon ouvrage, je n'ai pu examiner que les questions les plus générales et je n'ai cherché à les élucider qu'à gros traits. La com- position des matières organiques du tschernozème, les modifications chimiques et morphologiques des résidus végétaux pendant leur transformation en matières noires, seront examinées dans la troi- sième partie. Ces questions n'ont été qu'effleurées dans le chapitre IV de la première partie. La seconde partie sera consacrée aux recherches sur la composition de la partie minérale des terres noires et sur leurs propriétés physiques. » Orlowelz, juillet 1887. K. Fkltz. LE TANNIN DANS LE CHENE (NOUVELLES lIEGHEKGilElS) Par E. HENRY RKPKTITEUK A l'ÉCOLB NATIONALE FOKESTlÉKJi Nous avons publié dernièrement ' une note relative à la réparti- tion du tannin dans les diverses régions du bois de cliêne. Ces recherches, entreprises dans le but de renseigner les industiiels qui se livrent à la fabrication des extraits de tannin si utilisés aujour- d'hui, ont conduit à un certain nombre de conclusions résumées à la fin de la note et auxquelles nous prions le lecteur de vouloir bien se reporter. Il a paru intéressant de contrôler nos premiers résul- lalsparde nouvelles analyses pourvoir s'ils pouvaient être généra- lisés, s'il y avait une loi de la distribution du tannin, ou si, au con- traire, ils ne représentaient qu'un cas particulier et des variations accidentelles. Les premiers dosages ont porté sur un chêne de 90 anb, crû en taillis sous futaie, comme tous les bois traités à l'usine de M . Luc, à Nancy. Celte usine, l'une des plus importantes qui existent, fa- bri(iuc annuellement plusieurs millions dekilogr. d'extrait et emploie exclusivement les souches et les grosses branches des chênes prove- nant des taillis sous futaie du Nord-Est de la France. Entre autres résultats, nous avons constaté, pour la tige, un taux élevé de tannin t. Annales de la Science agronomique française et étrangère, 1SS6, 1. 1, p. 358- 371. LK TANNIN DANS LK CHÊNE. 193 dans l'écoi'ce et chiiis le bois parfail, une pauvreté remarquable dans l'aubier, les tissus ligneux les plus lannifères étant les couclies exlé- rieures du bois paifail. Mais ces cbifires ne se rapportent qu'à un seul aibre. Il était de quelque intérêt, au double point de vue scienlifiquc et prali(iue, de rechcrcber si ces taux varient suivant les conditions de végétation (sol, climal, mode de Iraitemcnl) et dans (piellc limite, si partout et toujours l'aubier du ( liène est aussi pauvre en tannin, si parfont et toujours les coucbes extéiieures du bois parfait sont les plus riches, etc. '. Pour apprécier l'étendue des variations dues à la double influence du mode de traitement et du sol, nous avons soumis à l'analyse une rondelle de chêne provenant d'une des plus anciennes et des plus belles futaies de France, de la forêt de Tronçais (Allier). Le climat et l'altitude ne dill'èrent pas sensildement de ceux de la forêt de Haye; mais le sol et le traitement sont tout autres. La forêt doma- niale de Tronçais (10000 hectares) est traitée en futaie de temps immémorial. Elle repose sur le système triasique, représenté là par de vastes bancs d'argile entremêlés de grès argileux et de roches conglomérées, provenant de la désagrégation des granits du plateau central. Le sol végétal, dans la parcelle où croissaient les chênes analysés, est frais, argilo-siliceux ; il provient de grès à gros grain, se désagrégeant facilement; il manque de chaux, comme le prouve la végétation spontanée des clairières (fougères, bruyères, genêts à balais). Ce sol est donc aussi différent que possible de celui de la forêt de Haye, autre fraction importante (8000 hectares) du domaine fores- tier de l'Etal. Ici le sot très superficiel repose jiartout sur les cal- caires de l'oolithe inférieure. La végétation y est franchement calci- cole. Le chêne de la forêt de Haye a crû en taillis sous futaie; c'est 1. Ce n'est qu'iiprés avoir multiplié les dosages dans les bois des diverses espèces tannifèies ayant crû dans des conditions différentes et bien caractérisées (en contrôlant les résultats par Texamen microscopique) que Ton pourra formuler les lois de la dis- tribution du tannin dans le bois, préciser les conditions de sa l'orniation. de sa des- truction et arriver peut-être à se rendre compte de sa signification physiologique, si obscure aujourd'hui. an.n. scie.nce agron. — 1S87. — ir. 13 194 ANNALES Dlv LA SOlHNCt: AGUONOMI QUE. dire que sa cime, à pai lir de Tàge de oO ans, a pu se dévelopiier librement en pleine lumière, tandis que le chêne de Troneais a été pris dans un massif de chêne pur très serré, de 170 à 180 ans, mis en coupe d'ensemencement en 18X4.. C'était un des plus petits arbres du peuplement; sa cime, très étriquée, a été constamment i^ênée dans son développement par les cimes des arbres voisins. On peut, du reste, se rendre compte approximativement des difterences dans les conditions de végétation des deux arbres par la dillerence dans le volume de buis formé annuellement. On sait que, toutes choses égales d'ailleurs, plus est graiide la surface foliacée, plus il y a de carbone assimilé et de matière ligneuse constituée. Or, tandis que le chêne de taillis sous futaie, à 90 ans, mesure 0"',50 de diamètre à la base (ce qui donne pour l'épaisseur moyenne d'une couche ligneuse annuelle 2'""',8j, le chêne de futaie, à l'âge de 185 ans, n'a que ^}'",o^^ de diamètre et 0'"'",0 seulement pour l'épaisseur moyenne des accroissements, qui sont trois fois plus minces que dans l'arbre de taillis sous futaie. Il est vrai que le chêne de Tronçais avait uu fût u'uiio longueur totale de 25 mètres sur lesquels 18 sont utilisables comme bois de service, lorsque celui de la forêt de Haye ne mesurait que 20 mètres de hauteur et 8 mètres de bois de service. Si la couche ligneuse annuelle de l'arbre de futaie est plus mince, elle est aussi notablement j)lus longue. On se rend conq)te c|ue son volume est moindre cependant, en calculant l'ac- croissement annuel moyen qui est 17''"'^, 4 pour le chêne de Haye et 7''"'', 7 seulement, soit moins de moitié, puui- celui de Tronçais. Après avoir découpé )ine rondelle à la base de ces deux chênes qui ont ci ù dans (\c<~ conditions si dilïércntes de sol et de traitement, on a séparé, poiu' les râper isolément, l'écorce, l'aubier, le-bois parfait périphéri(|ue, intermédiaire et central. Sur la matière ainsi transformée en poudre fine, on a immédiatement dosé l'eau en des- séchant à l'étuve à 100 degrés. )! o I s r A K F A I r liciipliériqiu'. iiiti'ruicdiane. ceiitral. P. 100. 1'. 100. p. 100. p. 100. p. 100. Haye l.j IG.83 23. U 2G.27 20. GC Tronçais li.TJ J7.70 20. Si 22.32 22.30 LE TANNIN DANS LE CHÊNE. 195 La proportion d'eau va conslanimcnt en augmentant de l'extérieur à riiitérieur '. On a ensuite dosé le tannin sur 20 grammes de matière non des- séchée, suivant la méthode de Lôwenthal, modifiée par le D' J. von Schrdder. Cette méthode, aujourd'hui adoptée dans tous les lahora- toires d'Allemagne, est très supérieure, conmie exactitude et com- modité, à toutes celles qui ont été proposées jusqu'ici ^ Ou a ohtenu ainsi eu tannin [)ur pour 100 de matière sèche dans : K C o U C K. A U li I 10 K. li o I .s 1» A U I' A I T péi'iphériquo. intcrmcdiaire. central 1". 100. I'. 100. 1'. 100. P. 100. I'. 100, Ciiône (io Haye . . 10.. SG 0.90 7.(39 () . 5.) 6.59 Chcnc de Tronçais. 5 . 09 0.87 -4.29 i . 1 ,S Ou voit que, quids (pie soient le sol (calcaire ou siliceux), le trai- tement (futaie ou taillis sous futaie), l'écorce est toujours la région la plus riche en tannin, môme chez les gros arhres qu'on n'a pas l'hahitude d'écorcer; l'aubier est la plus pauvre, le bois parfait a une teneur intermédiaire et ses couches les plus riches sont celles de la périphérie, c'est-à-dire celles (jui viennent de subir le plus récemment l'ensemble des modifications par lesquelles l'aubier se transforme en bois parfait. Ou pourrait expliquer ce fait en admet- 1. En est-il do inèMiie dans Tarbie sur pied i" C'est là un [Kiint qui a une certaine importance et qui, croyons-nous, n'a pas encore été élucidé. iM. (icle.'.no\v a publié, dans les Annales des Sciences ntUurelles, G^ série, t. 11!, p. ;Jii-357, un résumé des expériences qu'il a laites une fois par mois pendant toute une année sur la teneur en eau de l'écorce et du bois de divers arbres résineux ou feuillus. Il les divise, sous ce rapport, en liygroxi/lés (pin sylves(re), xéroxijlés 'ér.iblc) et amrrbéoxijlés (huuleau, tremblei, suivant que le bois est toujours plus liumide ou toujours plus sec, ou tantôt plus bumide, tantôt plus sec que l'écorce. Le chêne serait donc un hijgroxylé, en admettant (|ue les rapports trouvés se inaintionnent pour toutes les époques de l'année. Mais M. Gi'leznow s'est borné à prendre le taux d'eau du bois, sans distinction de ré- gions, et nous voyons déjà, par les dosages précédents, que, du moins pour le chêne et très probablement pour les arbres à aubier et bois parfait bien distincts, il y a une différence sensible dans les taux d'eau de ces deux parties. 2. l'allé est exclusivement appliquée niainteuanl à la Station agronomique de l'Est et au Laboratoire de l'École forestière. On trouvera l'exposé complet de la métbode et des rechercbes critiques qui ont prouvé sa valeur dans le mémoire du D'" Councler inséré au tome I'"' (3" année, 1886) de ces Annales. 196 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tant,. avec beaucoup de physiologistes, que les matières amylacées, sucrées, etc., ahonclantes dans l'aubier avant sa transformation et qu'on n'y trouve plus après, ont émigré en se décomposant et en laissant comme résidu le tannin. Ce corps, qui compte parmi les substances les plus altérables, imprègne les tissus du bois parfait où sa proportion irait en diminuant progressivement par oxydation lente. Pour qu'on puisse vérifier les résultats précédents en se plaçant absolument dans les mêmes conditions, voici le nombre des couches et l'épaisseur moyenne de chacune des zones analysées : BOIS BOIS AUBIER. ■■ lA • -, 1 •• „ BOIS CENTRAL, périphérique. inteniiediatre. Nombre Épaissecir Nombre Epaisseur Noinbie Épaisseur Nombre Épaisseur des de des de des de des de couches, l'aubier. cuiichcs. la zone. eouclics. la zone. coucbes. la zone. Ccnlim. Centim. Cenlim. CentÙH Chèue de Haye . . 15 4 50 5 20 6 35 9 Chêne deTronçais, 25 1 20 2,5 80 7 30 5 Si, dans les deux arbres analysés, la répartition du tannin suivant le rayon est la même, les taux sont fort diflérents. L'écorce el le bois parfait du chêne de futaie sont environ moitié moins riches en tannin que les régions correspondantes du chêne de taillis sous fu- taie. Ces différences peuvent tenir au traitement ou au sol, peut- être à ces deux causes à la fois. Pour résoudre la question, nous avons analysé deux autres ron- delles de chênes de la forêt de Tronçais. L'une (n° 2) a été prise à la base d'un arbre situé dans un perclus pur très serré. L'autre (n° 3) provient d'un chêne voisin du précédent, ayant crû par suite dans les mêmes conditions de sol, mais placé sur le périmètre et com- plètement isolé \ Le chêne n° 2 a 75 ans et un diamètre de 0"',20, correspondant à une épaisseur moyenne de 1""",3 pour l'anneau ligneux annuel. Le chêne n° 3 n'a que les deux tiers de l'âge du précédent (50 ans) et 1. Kous devons ces rondelles et les renseignements qui concernent les arbres dont elles proviennent à l'obligeance de M. Rallignon. in.spettcur adjoint des forêts à Cérilly (Allier). LE TANNIN DANS LE CHÊNE. 197 son diamètre est double. L'épaisseur moyenne de la couche annuelle esl^ millimèlres, plus du double de celle du chêne n° 2. Celte énorme diiïérence dans l'activité de la végétation de ces deux arbres' voisins est due uniquement à la cause dont nous cherchons à étudier l'in- fluence sur le taux de tannin. Elle montre à la fois que le desserre- ment et l'éclairement de la cime ont une part prépondérante dans l'accroissement et que nous avons en présence deux types accusant à peu près le maximum et le minimum de cette hitluence, et par suite des plus favorables pour l'étude de la question. Dans les deux rondelles, l'écorce, l'aubier, les couches périphéri- ques, intermédiaires et centrales du bois i)arfait, ont été analysés séparément et le taux centésimal de tannin pur a été rappoi'té à la matière séchée à 100 degrés, comme dans les dosages précédents. On a trouvé : KCOUC li. AUBIER. BOIS PARFAIT liéripliéri(£iie. intermédiaire. ceutraL P. 100. V. 100. 1'. 100. P. 100. P. 100. Chêne n" 1 . . . . 10.33 3.37 5.78 •i.9l 1 . 04 Chêne n" 2 . . . . 10.09 •-'.07 9. G 3 7.09 G. 41 La répartition du tannin dans ces deux jeunes arbres est la même que dans les deux premiers, beaucoup plus âgés. Le taux va toujours en décroissant, quand on passe de l'écorcfi au bois parfait péi'iphé- rique, puis au bois intermédiaire, au bois central et enfin à l'aubier qui est encore ici la région la \)\ns pauvre. Constatons, cependant, qu'il est notablement plus taiinil'ère dans les jeunes arbres (2 à 3 p. 100) que dans les vieux (moins de 1 p. 100). C'est là un fait analogue à celui qu'a présenté le chêne de Haye où l'aubier des grosses bran- ches contenait 2 p. 100 de tannin et celui du fût moins de 1 p. 100. Il semble que l'aubier s'appauvrisse en tannin, comme il s'appauvrit déjà en matières de réserve, à mesure qu'il provient de parties plus âgées de l'arbre. Mais le point important à signaler est le (aux beaucoup plus fort de tannin dans le bois parfait du chêne qui a crû sur la lisière, isolé et ensoleillé. L'excédent est de 2 p. 100 pour les zones moyenne et centrale, de 4 p. 100 pour la zone périphérique. 198 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Il est donc hors de doute (jiie les arbres dont les cimes pcuvonl se développer librement et recevoir lu plus grande somme possible de chaleur et de lumière, fabric|ucnt plus de lanniti que les autres, et nos résultats justifient pleinement la préierence des industriels pour les chênes soumis au traitement en taillis sous futaie qui con- o\ siliceux (réL;iou ties Maures). Voici les résultats de nos analyses : Sol siliceux, l'rin non dominé; 2'> ans; exposition sud. . So! calcaire. — H) — Différonce en faveur de i'écorce du sol calcaire. Sol siliceuv Brin dominé ; J.j ans ; exposition sud ?ol calcaire. — l'J — Diiïérence en faveur de récorcc du soi calcaire. Sol siliceu.x. Drin dominé; 2.") ans; exposition nord. . . Sol calcaire. — l'J — . . . Dillérence en faveur de fécorce du sol calcaire. T .V X N I .s- 1>. 100 (le matiùioriùci; . 1 S . 74 . 22.7:5 4 11 SG 17 59 73 1.3 G7 15 .12 1.15 aire sont iIoik- Les ccorces des clièiies yeuses venus eu sol cale toujours plus riches (|ue celles des sols siliceux^ et celte .plus-value atteint son maximum, comme on pouvait le prévoir, dans les cir- conslances qui déterminent la production maxima de tannin, c'est- à-dire, dans les taillis non dominés, à l'exposition sud'. Il est très probable que le sol exerce sur les tissus ligneux la môme influence que sur ceux de l'écorce. Déperdition du lunniii. 11 ne suflil pas à l'induslriel de conuaîli'e quelles sont les régions de l'arlire les mieux pourvues du principe qu'il veut extraire et comment les circonstances d'âge, de climat, de sol, de traitement induent sur sa teneur. Comme il est obligé de faire de grands appro- 1. Fi'ùge diffère un peu ; mais, d'après les nombreuses analyses de M. A. Roussel (/of. c/7. , p. 4G), celte inégalité n'entraînerait qu'une diiïérence de 1 p. 100 au plus. 2. 11 importe d'autant plus de noter ce fait que l'opinion contraire a été formulée. .M. de Ivirwan la signale, sans se prononcer du reste sur sa valeur, à la page 11) de sa Soiiie sur l'industrie des écorccs à tan, l'aris, 1S7S. « l'n sol siliceux est. dit-on, plus favorable à l'écorce qu'un sol calcaire et surtout argileux. » '.'>. M. A. Roussel, dans ses consciencieuses Recherches déjà citées, a montré, en effet, qu'aux expo.sitions chaudes les écorces sont plus tanniféres, conclusion que les chiflre> ci- dessus confirment de tous points. 200 ANNALES DK I,A SCIENCE AGRONOMIQUE. visionnements, il lui imporlo de savoir si sa marchandise garde tou- jours sa valeur première ou si elle se déléiiore et dans quelle me- sure. Les écorces, même l'écoltées dans les meilleures conditions et conservées en lieu sec, bien aéré, s'appauvrissent très vite en tannin. Il résulte des expériences de MM. Mi'intz et SchoMi ' qu'elles perdent, on deux ans, moitié environ de leur taux initial. Le tannin disparaît-il dans les bois aussi rapidement que dans l'écorce? Pour s'en assurer, on scia la rondelle de O'",!^ d'épaisseur, prise à la base du cliène de taillis sous futaie de la foret de Haye en deux autres, de 0'",07 d'épaisseur chacune. L'une fut immédiatement analysée et donna les résultats consignés plus haut. L'autre fut aban- donnée à l'air libre, dans l'herbe, pendant un an. Au bout de ce temps, elle fut divisée en autant de zones que la ■ première et analysée. K CO RC B. AUBIER. BOIS BOIS BOIS périphérique, iiiteriiiédiaire. central. p. 100. p. 100. p. 100. P. 100. P. 100 Rondelle saine. . . 10.83 0.9G 7.G9 G..J5 6.Ô9 liondelle avariée . 2.G9 0.2.J 3.7S 4.2G 3.00 Le tannin incorporé au bois parfait se détruit donc bien moins vite que celui de l'écorce ou de l'aubier. La perte n'atteint pas la moitié du taux primitif pour le bois jiarfait; elle s'élève aux trois quarts pour l'aubier et dépasse même cette propoiiion dans l'écorce. Ce résultat était à prévoir. Dans l'écorce et dans l'aubier, le tan- nin se présente en grains amorphes réfringents qui, sous l'action de l'eau, se pulvérisent d'abord en petits globules formant une masse opaque et finalement se dissolvent. On les rencontre dans les cellu- les du parenchyme cortical, dans les tubes cribreux du liber et clans les rayons médullaires. Cette structure grenue disparaît dans le cœur des bois âgés où le tnnnin se présente comme un dépôt homogène imprégnant les mem- branes non seulement des rayons médullaires, mais de tous les tis- 1. Voir Revue des Eaux el ForHs, t. XX, ISSI, p. -219. LE TANNIN DANS LE CHÏ^NE. 201 SUS ligneux. Sous celte dernière forme, nos chiffres montrent rpi'il est moins nltérable. En onli'c, la perméaltililc dos tissus de l'éjorce et de l'aubier, leur faible adhérence qui permet à l'eau de s'intro- duire aisément entre Técorce et le bois, leur lidiesse en matières nutritives, si favorable au développement des cbam[)it;nons(pii vien- nent achever l'œuvre de destruction commencée par l'eau, sont au- tant de raisons qui s'ajoutent à la première pour expliquer la déper- dition considérable de tannm dans l'écorce et l'aubier'. Celui du bois diminue aussi, quoique moins vite, sous l'influence des mêmes causes. Les chiffres précédents montrent que l'eau et l'oxygène détrui- sent, en un an, la moitié du tannin dans le bois d'une londelle de 0"',07 d'épaisseur. Les champignons ont une action analogue. Nous avons (lo>é le tannin dans un chêne de 150 ans, dont le cœur était atteint de pourriture rouge. Cette maladie, due sans conteste à des champignons, transforme le bois en une matière rouge très friable qu'on réduit aisément en poudre fine. Cette portion altérée, dont les ti.ssus avaient été désoiganisés par les lilanients niycéliens, ne ren- fermait plus que des traces de tannin. Au contraire, le bois de chêne, soustrait à l'action de l'oxygène et des champignons, peut conserver, pour ainsi dire indéfiniment, une proportion notable de tannin. Dans des fouilles récentes faites à Nancy, on a trouvé, à plusieurs mètres au-dessous du sol actuel, un gros tronc de chêne enfoui depuis une date| certainement très re- culée. Ce chêne, en décembre 1887, contenait encore, dans son bois parfait, 2.30 de tannin sur 100 de matière sèche. t. Les écorces rentrées sèches dans un magasin sec bien fermé dans la saison iiu- niide et aéré par les temps secs, sont soustraites à doux causes d'altération (eau, chanijiisnons), mais offrent à un troisième agent de destruclion (Toxygène de l'air) une surface d'attaque considérable et c'est par combustion lente que les écorces, môme les mieux einm;igasinées, s'appauvrissent très vite. On comprend dès lors quel intérêt il y a pour le tanneur ù n'employer que des écorces fraîches et à ne pas s'approvisionner outre mesure. Celte obligation gênante, qui empêche de profiter largement des baisses de prix, n'existe pas pour le fabricant d'extraits. Les billes, de r',14 de longueur, conservées sous écorce en lieu sec, aéré, ne s'altèrent que fort peu sur les surfaces de section et peuvent être emmagasinées en grande quantité, lorsque les circonstances économiques se montrent favorables. 20i' ANNALES DE LA SCIENCE AGUONO.MIg UE. Conclusio)is. Kii résumé, ces iiuiivcllos l'oilierclies conliimeiil en tous poinis iius [n'emiers résiillats. r On peut affirmer que, dans le cliène', le lannin se trouve lou- jonrs distribué, sur une section horizontale, d'après une même loi, comme le montrent les courbes ci-dessous : Tronçaisn°2.^ 10 hT rgnçaisn°j f;N 2^ Dans le cbène, la proportion d'eau en hiver va conslammeni en augmentant de l'extérieur à l'intéiieur. o" Toutes autres circonstances égales, un chêne aura un bois d'au- lant plus riche en tannin que sa cime aura été plus ample, plus iso- lée, plus éclairée ou, autrement dit, que ses couches annuelles seront plus larges. ^p Les écorces des chênes yeuses des sols calcaires sont plus riches que celles des sols siliceux, toutes autres circonstances égales d'ail- leurs. Il en est piobablement de même du bois. 5° Le tamiin du bois exposé aux intempéries se détruit beaucoup nioms vite que celui de l'écorce et de l'aubiei- placés dans les mêmes conditions. 0' Sous l'action de l'oxygène et des champignons, le bois perd tout son tannin (chêne atteint de pourriture rouge); il en conserve in léfiniinent une proportion notable quand ces deux causes d'alté- ration sont écartées (chêne fossile). I. Et probablement aussi dans le châtaignier et toutes les essences lannifcres à aubier et bois parfait (iistiiicls. EXAMEN DES w ^ SAUTERELLES CONSIUEUEES COMME ALIMENT ET COMME ENGRAIS' Par M. A. MUNTZ r K O F E s s K U R A b ' 1 X S 1' I T U T N A T I O N A I. A O II O N O M I (i U K Les insectes de la classe des orllioplèrus (jui sont généialcmciil connus sous le nom de sauterelles, sont exlrèmemcnl nombreux tant dans les climats tempérés que dans les régions tropicales. Leur mul- tii»lication rapide en fait de véritables fléaux des cultures et des her- bages. Dans certains pays, comme l'Algérie, leur apparition est une calamité publique, la végétation disparaît sur leur passage. On en déiruit un nombre considérable et il y a lieu d'examiner si Ton peut tirer parti des cadavres de ces insectes. Nous avons examiné au point de vue de sa composition ebimi- que, en opérant sur l'insecte adulte, la sauterelle généralement ré- pandue en France, à laquelle les naturalistes donnent le nom de Stcllilophijma yrossum. Ces sauterelles avaient à l'état frais un poids moyen de 38 cenligiammes, qui se réduisait par la dessiccation ;i celui de 105 milligrammes; elles contenaient donc Hl p. 100 d^- leur poids de matière sèche. 1. Étude faile à la demande do M. le Ministre de .''agriculture. 204 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 1" Sauterelles cncisacjées au poinl de vue alimentaire. — Chez certaines populalions, les sauterelles entrent dans l'alimentation de l'homme ; elles pourraient au même titre être consommées par les animaux de la ferme et notamment par les animaux de basse-cour. Au point de vue alimentaire, leur composition centésimale est la sui- vante : 1" .1 l'état frais. Eau 72. GO Matières azotées 19.70 — grasses 2.52 — minérales 1.5J Substances diverses et déliris 8.G3 Végétaux des intestins Ce qui fait pour les sauterelles considéi^ées à l'état sec Matières azotées 71.9 — grasses 9.2 — minérales G. 4 Substances diverses et débris Végétaux des intestins 12. o La matière azotée est en majeure partie constituée par une subs- tance ayant de l'analogie avec les matières albuminoïdes et sur la- quelle les réactifs chimiques ont une action très marquée ; une solu- tion de potasse notamment la dissout avec la plus giwnde facilité ; elle doit être regardée comme très digestible. Une autre partie de cette matière azotée se trouve à l'état de chitine, c'est-à-dire d'une subs- tance d'une résistance beaucoup plus grande et qui doit être regardée comme non digestible "ou faiblement digestible. La proportion de chitine s'élève, pour les sauterelles : A Pétat frais à 1 . 09 A l'état sec à i . 00 On peut donc regarder la matière azotée de ces insectes comme éminemment digestible, sauf une fraction insignifiante. EXAMEN DES SAUTERELLES CONSIDÉRÉES COMME ALIMKNT. 205 La matière grasse extraite des insectes par un dissolvant tel que rétlicr, le sulfure de carbone, etc., se présente sous la forme d'une huile épaisse, extrêmement onctueuse, d'une couleur verdàtre, d'une odeur qui n'a rien de repoussant. Les sauterelles elles-mêmes, soit à l'état frais, soit desséchées ou grillées, ont un goût auquel le palais s'habitue facilement. A l'état frais, leur composition chimique les rapproche beaucoup de la chair de bœuf moyennement gras, comme le montre la comparaison sui- vante : SAUTUKEiM,!;. CIlAlll DE BŒUF. Matières azotées 19.70 18.00 — grasses 2.52 3.00 — minérales 1.5.j 2.20 A poids égal, on peut donc les regarder comme ayant la même va- leur alimentaire que la viande de bœuf. A l'état sec, leur valeur alimentaire est près de quatre fois plus grande ; sous cette forme concentrée et qui se prête à la conserva- tion et au transport, elles pourraient être utilisées au même titre que la viande desséchée. Dans les localités où il est possible d'en ramasser de grandes quantités et de les sécher pour la conservation, ces insectes seraient d'un grand secours aux populations qui s'habitueraient à s'en nour- rir et leur seraient d'autant plus utiles que les aliments azotés leur font fréquemment défaut, alors que les produits végétaux riches en sucre et en amidon sont en abondance à leur portée. Mais, sans insister davantage sur l'emploi des sauterelles dans l'a- limentation humaine, nous pouvons les considérer comme une subs- tance pouvant être préparée par la dessiccation en vue d'une con- servation prolongée et du transport comme aliment destiné aux ani- maux de la ferme. A ce titre, nous ne croyons leur emploi possible (jue comme nourriture des animaux de la basse-cour, qui en sont très friands; elles joueraient ainsi le même rôle que les hannetons qui servent aux mêmes usages, mais auxquels on reproche de com- muniquer aux œufs et à la chair un goût particulier. 2" Sauterelles envisagées ait poiul de vue ferlilisant. — Si nous envisageons ces insectes uniquement au point de vue des matières 206 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. fertilisantes qu'ils renferment , nous trouvons la composition sui- vante pour la sauterelle à l'état frais : Azote 3.15 Acide pliosphoriqiie O.GO l'otasse 0.28 Chaux 0.06 .Magnésie , 0.02 Ce ((ui fail pour la matière sèche : A/ote 11.. JO Acide piiosphoriqiic 2.18 rotasse 1.02 Chaux 0,23 Magnésie 0.08 Les sauterelles enfouies sur place constituent donc un engrais très riche, surtout au point de vue de l'azote. Si l'on voulait les transporter, il faudrait au préalable leur faire subir une dessicca- tion pour éviter la pourriture cpii se manifesterait rapidement dans la masse humide. Dans cet état, elles constitueraient un engraiscon- centré qui ne serait pas sans analogie avec les guanos les plus ri- ches en azote, et leur décomposition dans le sol, en raison du faible état d'agrégation de la matière azotée qui les constitue, peut être regardée comme très rapide. Kn outre, on y trouve des quantités très sensibles d'acide phosphorique et de potasse (|ui augmentent leur valeur fertilisante. Si l'on voulait concentrer sous la forme la plus réduite les élé- ments fertilisants ([u'elles renferment, on pourrait les immerger à l'état frais dans l'acide sulfurique et dessécher la masse charbon- neuse obtenue qui contiendrait une grande partie de l'azote à l'état de sulfate d'ammoniaque. Cette opération se rapprocherait de celle qu'on fait subir à d'autres engrais azotés, comme les déchets de cuir et laine. Ouoi qu'il en soit, si l'on voulait tirer parti des sauterelles loin des lieux de production, soit comme aliment, soit comme engrais, il y aurait lieu de leur faire subir des préparations parmi lesquelles la dessiccation serait la plus efficace et la plus pratique. MINISTKRK DKS TRAVAUX PrBLICS DIREGTION DES ROUTES, DE LA NAVIGATION ET DES MINES l)l\ ISIOX DES ,\I[Ni:S STATISTIQUE DE LTNDUSTRIE MINERALE Tout ce qui se rattache à l'exploitation, au coiniuercc et aux applica- tions des phosphates présente un grand intérêt pour les cultivateurs. Jusqu'à ce jour, nous ne possédions aucun renseignement, même approximatif, sur les quantités de phosphate naturel que renferme, à l'état de gisements exploitables, le sol français. Cette lacune vient d'être comblée par une publication du ministère des travaux publics, que je crois devoir mettre en entier sous les yeux des lecteurs des Annales de la Science agronomique française et étrangère. La découverte de gisements considérables de phosphate de chaux peut, à bon droit, être rangée parmi les progrès si marqués que l'agriculture doit aux sciences physiques et naturelles. Il y a moins d'un demi-siècle que Berthier (en 1819) signala, pour la première fois, la présence du phosphate de chaux dans les terrains stratifiés du Pas-de-Calais et dans le terrain crétacé du cap de la llève. Dé- couverte en i824, à Bellegarde (Ain), par A. Drongniart, et quelques années plus tard, sous forme d'ossements et d'excréments d'animaux fossilisés (coprolithes), [lar Buckland, en Angleterre, l'existence du phosphate de chaux a, depuis loi's, été constatée dans les forma- lions géologiques les plus diverses des deux mondes. Mais c'est, à proprement parler, depuis 1840, époque à laquelle Liebig, après avoir montré le rôle des substances minérales dans l'alimentation des végétaux, proposa de traiter les phosphates na- turels par l'acide sulfuriijue pour les rendre plus rapidement assi- milables, que l'attention des agronomes et des géologues se porta vers l'étude des gisements de ce précieux engrais. 208 ANNALES DE LA SGIKNCE AGRONOMIQUE. En Angleterre, Sir John Bcnnel Lawes, on fondant la première grande fabrique de superpliospliate (1842) et, en France, M. Meugy, en signalant l;i nature phosphatée des rognons des sables verts désignés vulgairement sous le nom de coquins, ouvrirent à la ferti- lisation de nos sols une ère nouvelle. MM. de Molon et Desailly, dont les noms resteront attachés à la vulgarisation des gisements de phosphates, ont été les véritables promoteurs de l'emploi agricole des phosphates naturels en France. C'est en 1855 qu'ils ont commencé à exploiter les nodules dans les Ardennes : chaque année écoulée depuis a vu grandir cette indus- trie. ÉHe de Beaumont, par son étude magistrale sur l'importance agricole des phosphates naturels, a également droit à la reconnais- sance des agriculteurs. En 1850, xM. R. de Luna découvrit le gise- ment d'apalite de Jumilla (Espagne). Les dépôts du terrain dévonien de la Lahn furent décrits en 1864 par Frésénius et Mohr, et, l'année suivante, M. Poumarède signalait la phosphorite dans la formation oxfordienne du Quercv. Une étude très intéressante des t>isements de phosphate de chaux a été publiée, il y a quelques années, par M. Nivoit, professeur à l'Ecole des ponts et chaussées; c'est le tra- vail descriptif le plus complet que nous possédions jusqu'aujourd'hui. Si les mémoires des savants dont je viens de rappeler les noms ont mis hors de doute la dissémination du phosphate à la surface du globe, ils ne nous renseignent en aucune façon sur les quantités d'a- cide phosphorique que les gisements connus mettent à la disposition de l'agriculture. La pubUcation des tableaux statistiques que la di- rection des mines vient de faire au Journal officiel est donc fort ins- tructive et sera accueillie avec faveur par les savants aussi bien que les praticiens. La direction des mines a prescrit, pour l'année 1886, une enquête détaillée sur les gisements de phosphate de chaux et sur les scories de déphosphoration de la fonte (procédés Thomas-Gilchrist). Les résultats de cette enquête sont réunis dans deux tableaux dont le premier fait connaître, par département et par commune, la situa- tion géologique des gisements de phosphates, leur étendue approxi- mative en hectares, le nombre et l'épaisseur des couches reconnues. STATISTIQUE DE l'iNDUSTRIE MINÉRALE, 209 les quantités présumées de phosphate existant dans les gisements, le nombre et le mode d'exploitation des carrières, et le nondjre des ouvriers. Ces renseignements généraux sont complétés par les indi- cations suivantes : état physique et composition centésimale des pror duits, tonnage et prix moyens des phosphates hruts et des phos- phates préparés pour l'agriculture, principaux lieux de destination. Le deuxième tableau fournit des renseignements analogues sur les scories de déphosphoration de la Ibnte. A l'aide des nombreux chiffres contenus dans ces documents, il est facile de se faire une idée approchée des ressources que l'agriculture française peut at- tendre de Texploilalion des gisements indigènes, pour restituer au sol l'acide phosphorique exporté annuellement, sur une si vaste échelle, par les récoltes. Vingt et un départements français, y compris celui d'Oran, possè- dent des gisements de phosphate, d'étendue et de richesse très variables, au moins dans l'état des explorations actuelles. Les gise- ments de Tarn-et-Garonne et de Vaucluse ne sont pas encore en exploitation régulière, je les laisserai donc de côté dans le tableau récapitulatif (pie j'ai dressé en rangeant les départements d'ajjrès l'ordre d'importance des gisements reconnus : mîPABTr.MENTS. TONNAGK PRODUCTION présume. en 188C. t. 111. I. m. Meuse 24196000 JlSOO Pas-de-Calais 1C38000 GOGOO Lot 1240000 25900 Drôrae 793000 7000 Somme 700000 5000 Cher 600000 2900 Indre 400000 .3000 Haute-Saùnc 328000 2700 Oise 300000 » Ardennes IGlOOO S600 ^ord 154000 » Ardèche 72000 482 Marne 55800 » Aveyron 50000 3900 (iard 48000 13000 Yonne 34500 940 Tarn 30000 433 Vosges 20000 1400 Cran 1200 50 ANS. SCIENCE ACIION. — 18.S7. — 11. 14 210 ANNALES DE LA SCIENCE ACtRONOMIQUE. L'ôtendiie totale des gisenîeiUs reconnus est de 29018 hectares, représenlanl .32 millions et demi de tonnes de phosphates de chaux. Ces minerais appartiennent à trois catégories distinctes: les uns, de heaucoup les plus abondants, sont les « nodules », d'une richesse de 1(i à 26 p. 100 d'acide phosphorique. La Meuse, qui fournil, à elle seule près des trois quarts de la production totale, ne renferme que des nodules. Dans la Somme, le phosphate se présente sous forme de sable, longtemps employé, dans l'ignorance où l'on était de sa composition, pour préparante mortier à bâtir. Les gisements du Lot, du Gard et du Tarn sont principalement constitués par des phosphates en roche \ La richesse en acide phosphorique varie d'un gisement à un autre : ses extrêmes sont 15 et 87 p. 100 de cette précieuse matière ferti- lisant o. Le prix de la tonne de phosphate broyé et livré sur place a varié, en 1880, de 15 à 70 fr. On a vendu, dans cette année, 17 082 tonnes de phosphate brnt, pour la somme de 332710 fr., ce qui assigne à la tonne un prix moyen de 18 fr. 82 c. La vente des pro- duits broyés et tamisés s'est élevée au chiffre de 100 384 tonnes, au prix moxên de 40 fr. 34 c, ce qui cori'espond à la somme de 0740544 fr. On voit que la vente totale s'est élevée à moins de 200000 tonnes en 1880 (exactement à 184000 tonnes, soit 1/170 de la richesse totale présumée des gisements. Cela revient à dire que, si la consommation des phosphates par l'agriculture restait slationnaire, les gisements français pourraient y suffire pendant 170 années consécutives. En doit-il être ainsi et pouvons-nous considérer ces gisements comme inépuisables d'ici à plus d'un siècle et demi? Assurément non. Le jour prochain, il faut l'espérer, où les cultivateurs comprendront leurs véritables intérêts et se trouveront en mesure, par une bonne organisation du crédit agricole ou autrement, d'appliquer les conseils et les enseignements de la science, la consommation de l'acide phosphorique s'élèvera dans des proportions telles que ses gisements iront rapidement vers l'épuisement. Il est facile de s'en convaincre par un calcul très simple. 1. Voir Études agronomiques, 1S85-S6 et 18SG-87, pour plus amples renseigne- ments sur les formes naturelles du phospliate de chaux. 2 vol. in- 12. Hachelte et C*. STATISTIQUE DK l'iNDUSTRIE MINÉRALE. 211 La surface cultivée de la Fiance, déduction faite des vignes, forêts et prairies, est de 26 millions d'hectares environ. Si nous supposons répandues uniformément sur cette surface les 181000 tonnes de phosphates achetés en 1886, cela représente la (juantité tout à fait insiiiiiiliante de 7 kilogrammes par hectare. Or, une fumure moyenne de phosphate naturel doit être de 500 kilogrammes par hectare, pour être efficace et rémunératrice dans les sols insuffisamment pourvus d'acide phosphorique. A raison d'une tonne par hectare, les 32 mil- lions et demi de tonnes de |)hosphate ne suffiraient à fumer que 32 millions et demi d'hectares : à raison de 500 kilogrammes, on en pourrait fumerie double, soit 65 millions d'hectares: cela montre que l'emploi de 500 kilogrammes de phosphate de chaux par hectare absorberait la totalité des gisements en deux fumures el demie. Il va sans dire que tous les sols français n'exigent pas l'emploi des phosphates, mais ce calcul montre à l'évidence, d'une part, la facilité qu'ont aujourd'hui les cullivatears d'améliorer, à brève échéance, les rendements de leurs terres en utilisant les gisements de phosphate, de l'autre, la rapidité avec laquelle ces mômes gi- sements seront épuisés dès que l'agriculture leur demandera cet ac- croissement de fertilité. La direction des mines a eu, comme je l'ai dit, l'heureuse idée de réunir, dans un second tableau, les renseignements statistiques re- latifs à la production des scories Tliomas-Gilchrist, dont j'ai fait connaître à nos lecteurs la valeur fertilisante. Le document officiel nous indiipie, pour 1886, les quantités de scories de déphospho- ralion produites dans les usines françaises, leur teneur moyenne en acide phosphorique et leurs prix de vente. Quatre départements, comptant en tout sept usines, concourent à cette production. Ce sont: Meurlhe-et-Mosclle, avec deux usines: Jœuf el Mont-Saint-Martin. Meuse, deux usines : Commercy et Stenay. Nord, deux usines : Denain et Tritli-Saint-Léger. Saône-el-Loire, une usine : le Creusot. La production et la vente des scories brutes dans ces sept usines se sont élevées en tout, aux chiffres suivants, dans la campagne mé- tallurgique de 1886: 212 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 90325 loniies de scories brûles dont un peu plus du dixième seu- lement a été utilisé par l'agriculture, savoir : 1 195 tonnes ven- dues en morceaux ou à l'état de poudre grossière provenant du délitement spontané des scories exposées à l'air, et 9655 tonnes livrées, après broyage et tamisage, aux cultivateurs. J'ai fait connaître assez en détail la composition et le mode d'ac- tion de ces scories pour n'y pas insister ici '. Je me bornerai à rap- peler que leur teneur en acide pbospboritpie varie de 7 à 17 p. 100 et leur l'ichesse en cbaux de 35 à 50 p. 100. En morceaux ou gros- sièrement délitées, les scories se sont vendues de 3 fr. 50 c. à 4 fr, la tonne : en poudre fine, de 10 à 20 fr. la tonne, suivant richesse. La valeur vénale des 10850 tonnes de scories livrées à l'agricul- (ure, atteint le chiffre de 162095 fr. Les cultivateurs français n'ont donc utilisé que le cinquième envi- ron de la quantité de scories produites dans nos usines en 1880. Je ne doute pas que la statistique ne constate une progression notable dans l'emploi de ce précieux agent de fertilisation pour 1887, mais il ne faut pas s'arrêter là : cette source d'acide phosphorique est la plus économique. Les essais de culture faits dans les deux dernières campagnes sur une grande échelle ont partout confirmé les bons ré- sultats que j'ai cherché l'un des premiers à vulgariser. Il ne devrait pas exister une tonne de scories disponible dans les usines, si les cultivateurs étaient pénétrés des services considérables que peut leur rendre leur emploi. Dans tous les sols, notamment, qui réclament le chaulage et sont presque toujours pauvres en acide phosphorique, les scories de déphosphoration sont l'engrais [)hospliaté par excel- lence. Une scorie tili-ant 8 p. 100 seulement d'acide phosphorique et 45 p. 100 de chaux vaut, prise à l'usine, 4 fr. la tonne au maximum. (Quadruplons celte somme pour avoir la dépense nécessaire pour conduire dans nos champs une tonne de scorie: pour 16 fr., le cultivateur peut répandre dans sa terre 450 kilogrammes de chaux et 80 kilogrammes d'acide phosphorique : il se procure ainsi, eu comptant la chaux fr. 01 c. le kilogramme, de l'acide phospho- rifjue à moins de 15 centimes le kilogramme. 1. Éludes (j'jronomiqaes, 1880-1887, jja5.v/»«. Hacliette cl G''-'. 1887-1888. STATISTIQUE DE l'iNDCSTRIE MINÉRALE. 213 II est biL'ii à souhailer que les ministres de ragriciilLiii'e el du coiuineiTe, s'inspiraiit de rexcellent exemple donné par leur collè- gue des travaux publics, fassent dresser, dans leurs services respec- (ifs, des statistiques concernant la production, l'importation et la consommation des principales matières fertilisantes. A l'heure qu'il l'st, nous manquons complètement de renseignements à ce sujet, et les agricult(^urs verraient avec reconnaissance les ministères com- |)étents les éclairer par des données précises sur les ressources que l'industrie met à leur disposition. L. Grandeau. Les tableaux publiés par la direction des mines, que nous repro- duisons in extenso, sont précédés de la note suivante : « En raison des avantages considérables que présente pour l'agri- culture l'emploi des amendements à base de pliospbate de chaux, le département des travaux publics a fait procéder par le service des mines à une enquête détaillée sur les gisements naturels de phos- phate de chaux et sur les scories de déphosphoration de la fonte. « Les résultats de cette enquête sont consignés dans les deux ta- bleaux suivants, qui donnent la production des phosphates de chaux, en l(S86, dans les départements où cette substance a été exploitée ou obtenue, et contiennent en outre divers renseignements concer- nant la situation géologique et l'étendue présumée des gisements, le nombre et l'épaisseur des couches reconnues, etc., etc. » 214 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. EXPLOITATION DES PHOSPHATI Nota. Les chiffres en Halk 'l DEPARTEMENTS et i.ommuiips où se trouvent les gisements. I ARDECHE Viviers . .' . SITUATION géologique des gisements de phosphate. Grès vert. KTEMilE approxi- mative et prés\imée des gise- ments. hectares. N o M n K E el épaisseui des couclio? reconnues. nii-tres. QIAXTIIE présumée de lilios- phate existant dans les gise- ments. 12 de 0,10 à 0,70/ 4» '] de 1,50 inex-- I ploitablo. ^ ■ I I 72000 C a." S Q -S O. 4 O. C 0. 4 p. 20 1 10 10 o tJ 7 3 7 4 7 10 101500 140 P.O. o. o. o. o. o. o. o.' o. o. o. o. o. NOMBRE des ouvriers 18 10 ET.\.T PilYSlqni des produits. I Roches, filona, nodules ou sable. h Degré apparent de dureté. 12 Sables et iiodule.s Conli Ja nât 10 32 6 18 10 4 10 15 4 4 75 2' I 35 20 Nodules 7, 20I l(il 51 22 20 35! 368 Dur. V( grisi STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINEI'.VLE. 215 CHAUX PENDANT L'ANNEE 1886 îquent aux carrières iuactives. TENEUR P. 100 bsljiicc desséo lé(» ;é 1 20 . en o\ydt! 3 '5 o •e s chaux. de for et autres flé- alu- nifiils. mine. IL. ii; 17 IS 2.20 27.1.; .■»0.05 PRODUITS BRUTS (a). l'I 2 J2 = "S. 1\ (r. •KKPAItl.s. • Mode «paraiio a -'M c _v — 1 ) .i:j .) •( Ion. fr. e. Déliour bas-, 182 ^2,^3 criijlajjc lUTlG l'KINCIl'AUX lieux de (li'siiiiation. Aviguoa. 0BSICUV4T10NS. ■/) Pro luiis expédiés tels i|n'ils sortent cIp la carriiTe ou restés invendus, ei ne fai- sant pas double em- ploi avpc les produits pii''|iai'és. [ i 21 i31 110 :> àl.'.|28àtO 17 110 17 1 .Séchage 6970 ', et > XM mouture. Séchage •> ■- et / i, 'mouture. ' y.5 SéclLige ft ' ;{:)y() mouture. Socht'g.! et mouture. Séchage et moulure. Séchage 1 et ,■ moulure. 6!)70 20) ,sO0 8r.oo 9â.J0.) 2.i,00 20,50 20,5) 21,50 2li,.50 Jo,82 i:J75 \ Le département, 105?;35 > Bretague et Belgique. 39 J 59 H) 2120;) 2.JJ900 La profondeur des car- rières à ciel ouvert ne dépasse pas 3 mè- tres . Il n'est pas question ci- contre des exploita- tions do nodules de la r,ai/.e, qui sont ac- tuellement abandon- nées. 216 ANNALES DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. el coiimiuiies on SI' ti'oiivcnl Ifis giteniHiils. 1 s r T u A r I o X géologiqno lies giseiiieiiis pliosphate. tTESBUE approxi- ' inalive et 1 présumée' (les pise- mi'nis. ;! NOMBRE et épa'sseur des ooiiclies i'eoonnii"s. AVEYRON Naussac. . . Salles - C o i; rba- tiers Iiect. Oolitlio iiifOrieuie. [Poches vorti- cales très ir- régiiliéres etj de profou- (leiif i 11 lié- tenniuOe. QHlliTilÉ Ej3 présumée (le plios- plialc -a 5 < o existant Q dans les gise- ments. E S o y. !i ton. » 4 I Ë ? = o — f" ■ = . Ci " ""• Ë I a - ti i met 30000 î-jo.P Villeaeuve. . . . La Capelli' Bala- guier ].0 L'OOOn Totaux. 2.5 O .P. 50000 PJ! JOMIinF, (les ouvriers 50 10 K T A T I' H Y S I (} C 1 lies produits. 10 — ^u^ .~~ - .mm Hoches, Degié filons, apparent nodules lie ou saille. dureté. Il li Uureté i giinéra- 1 f Koclic."^, 1 lenieiit 1 1 un peu ' ' et fili.U-. supe- ritjure 1 à celle I de la calcite. , IS 16 CHER Vailly, tSury, As Affleu- Jars et Me toii-Katcl ( uuclK? a la par t . 1 . . ' ; rt meut ( , tie supérieure ^^^^. \ dugault. Iiagkll. 1 I ! L 1 'le 0,25 650000 11 ïl O. 3.5 Noiiiiles COTE-D'OR Chazilly. . . . Ci'éancey . . . Cussy-le-<'li:iteL , Essey ' .Macongi Meilly Vainblauc, . . Romrej-strMfillï. . Tlioii?y-lc-De.sert Vandciiesse . . .Aisy-sous-'l'liil. Rrianny. . . . IJorrombles . . Cooroelles-fifoioy . . .| i'.eurcelles-li"^-Sfniur. .' Kpoisses Flije Fontaugy . . . .i Porléaiis I Jcux-lès IJanl . . Millcry Montbeitauli. . . Montiguy .... l'r(;ey-Koiis-'rii)l . Koilly Si!mur Toi-cy Vic-ile-( 'hasseiiay. Naii-.sou.f'riiil . . ïlllfnfiM''-s,-l',li.iri[iii5 . • o o. (*) » 5 3 o. )> » 7 2 o. » » 5 6 o. » » 15 3 o. » 7 4 o. n 1) 2 o. » )) ,1 3 0. » » »i 3 o. ,. J) 7 1 o. » M S 2 o. » u 1 1 !• 0. o. K » 1 20 i:; o. n » G Lias inférieiii-. 5000 1 couclic (le 0,12 15)0000( 0. o. " " yj^ Xoiiulcs l'riabi ;j o. 1. 1) ti. 1 3 o. o. » " 3 7 2 o. u » ;i •> 0. l> u (i 3 o. .. „ 6 ') 0. » » ."i •> o. » ., o 1 o. » u 3 1 o. » 1) 3 3 i; o. o. » » 1 1^, 1 o. » » 31 1 2 o. " 51 1 'l'oiaux. . . 50!J0 1.5001100 ;)i » 21."i STATISTIOUE DE L'INDUSTRIE .MINEll.\LE. 21' TEXKOR P. 100 bstance desséchée î» 120^ en r K O D U I T S riiixcii'.vux OBSEKV.\TIOXS. oxyde BBUTS (a). FRÉPAKKS. (a) l'riidiiils expédiés E. ,1e autros ^ . ^1— ^. tels qu'ils «orient de '= „• la carrière ou restés -a (■«•r a o s invendus, et ne Tai- s ei w O 3 3 ■S 2 •rs - « u sant pas double em- alu- ments. '3 S "3. ." >■ 1 S. o >■ de dcslinuliuu. ploi aveclespioiluits préparés. ^ mine. £ ■'■■ _^ £ ' IH ii> 17 18 19 20 21 22 li 24 a.ï 26 27 lOll. l'r. .V. » » ton. Ir. c. ]> l'r. » Carrières inaclives qui occupaient JJtiouvricis au temjis de leur e\- ^ 1 |iioitaiioii. i (l 111' de ers caniêiTS esl 1 1 iiiuelivc. lillo paiail 1 1 cependant avoir uuc r 8.80 3.5.r,it 17. on 18.00 » U -Mouturo. 2400 30,00 72000 ' certaine iiiipoilance, ,. , ,, 'i piiisqn'elle oiciipail l.ordeaux, .Mur-J ,,(i ouvriers an ni„im.„t ^ veille, TouIou-[ de la cessaiion îles 1 se, Ageu, Pla- travaux. F 1 teau celitral. » » 1) Atouturc. 1500 •■30,00 lôOOO 1 ("arrières inactives. — 1 lo ouvriers v étaient }) » " » " " einplcivés ail temps 1 ou elles étaieiil eu ac- tivité. a " ►) 3900 30,00 117000 iLa iiioiilure des phos- Le départanieiit,) phalps a lieu dans Nièvre, etc. i une usine sise à Cos- f ne (IViévre). „ » » » u n ,j Criblage, lavage. 2900 65,00 159500 (*) La proTcindcur des 1 carrières ne dépasse pas 2 inélres. ' Lava if 0, Les renseij;nenients ci- \ contre s'appliquent à des communes si- 1 . . .. . „ » » 1 broyage, séchage. 321(1 ur»,oo 210G0O 1 criblage. Paris, l>ijon, , Saiiit-Gobain, 'Orléans, Suisse, Italie. [ luees dans 1 arron- dissement de Beanne. 2.i;o 38.00 10.40 20.00 L:iva-e, broyage, séchage, i criblage. Les renseijtneincnls ri- eonlre s'appliquent à des communes si- tuées dans l'arron- dissemeiit de Semur. , \ ■' tJ180 6.-,, 00 121 200 1 '• » J> 9720 t;5,oo tiaiso') 218 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. BTEXBIE N M n U E QUANTITÉ oi VCTION el ouvert. \OUDAE É T A r piiYSiQui es produits. DEPARTEMENTS (H SITUATION géologiiiiie approxi- mative et présumée de -a a. ^ 2 (les ouvriers d et éiiaisseur phos- o d ■- » Roches, Degré communes lies gisements phate œ MOUE d'ex P. Pu G. Galeries, 0. "3 ~*^ -—— fdons, oii se Irouvi'iil les gisemeiils. (le phosphate. présumée des gise- ments. .les (■onclies ri'connues. existant dans les giso- ment.s. a o Ï14 ^ 5 i p- = •A n 3 t.* X nodules ou sable. apparent de dureté. Coul -X • rt 1 2 3 4 S - S f) 10 11 12 1 liect. met. ton. met. DROME Saiut-P,a\il Trois - Châteaux . . . 40 2 de 0,20 à G, no 510000 4 C.O. " 37 31 ' Clausayrs .... 111 2 de 0,10 à 0,80 25200 ) G u.o. „ 17 U ^'^''•«^ T» Les Graagos-LTon- ^ Cirés vert. ( " o i) tardes S 1 de 0,30 16000 1 o.o. " 3 ^ Inodulcs Vallaurie .... Totaux. . . 10 \ 2J000 1 (i.O. 4 Gl 3 46 208 798000 12 GARD Indéter- Tavel 1 ' Nombreuses miuable Épuisée l'D parlip. a V. G. » 120 50 j Bla jan Lirac Argovieu. 5 } poches 1 G. ■• 10 ^' Roches noir 1 1 et cassures. \ Dureté Bru jau Saint-Maxiiiiiu. . 0.1 40000 2 P.G.O » 40 60' au- dessous f hlan do celle Jai Saiut-Julieu-de- du i Peyrolas. . . . Crétacé (gault). M 1 de 0,10 J 3500 1 l'.G.O i) 15 5 Nodules cftlcaire surf Salazac 11 / 4500 1 P.G.O » iy » var àl' téri( Totaux. . . 47 43000 S 19a 117 INDRE Malicornay, Cha- vin, Le Meuoux, / AfiBeure- Caulmoiit , (Je- Couche à la base lueiit S. 3 a. Ion, Bazaiges, > 1 de 0,25 4001)00 c4 î G. a, 5 „ 75 Nodules Tendre e Maillet, (Jour l du lias moyea. sur jaun 1 82 lui. J nay, Cluis, Neu vy-S'-Sépulcre . STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINÉRALE. 219 TENEUR P. 100 astance desséchée à 120" en élé- .§" S o cliaiix. oxyde de fei' et alu- mine. l-i If. 17 2.76 30.13 Ô.31 2.81 32. Ca 4.77 L99 3G.10 4.9) i.SO 30.97 ■1.1)0 mcnts IS PRODUITS HUUTS (a). l'.l 41. ^o I 30. 30 i 31.01 3-<.33 I 2 " S ^ 20 3 21 11'. fr. )) » PREPARES. "^ "î- S. 23 u 29,49 33,73 20,00 20,00 30,04 tr. 100800 ' 38SS5 2560 6000 PRINCIPAUX lii'UX di' dosliiiatioii 26 208245 Ij'> déparlcment, Ardèchc, Vau- cluse, Khône, Bouches - d u - Rhône , Puy - de-Dôme, Loi- ret, Gard, Hé- rault, Isère. OBSERVATIONS. (a) Prodiiiis expédiés tels qu'ils sorteiu de la cariiire ou restés invendus, et ne fai- .saiil pas double em- ploi avec les pi-oduils préparés. Îà7 48 à 50 0.90 9 à 13 » 3à7 48 à 50 0.98 9 à 13 » » 1.88 52.72 0.70 2.30 9.80 53.13 2.30 0.70 » » » 7.16 54.07 1.00 2.1S 42.00 4.23 29.59 » » 1.95 37.00 3.03 37.02 > » )) » » Tritura- tion. 7270 1337 / 4000 373 117 82,50 92,50 56,50 38,00 3S,00 13097 73,92 599775 \ 1 Société 123672 \ de Saint-Gobain, i Vaucluse. 226000 / 14174 4446 9GSU67 Midi de la Franco. ^Criblage, ' lavage. 3000 55,00 Le di'partementjl 165000 { Creuse, Haute- ( Vienne, etc. La mouture des plioi- pliates a lieu dans une usine près Ar- genton (Indre). 220 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l)i;l"A.itTKMRXT.S Cl «■OlUllUItlOS "il M! IlOin IMU les yisciiierils. I LOT l'uyjciuriks . Saint - Jean - do Laur .... r.acli Escamps. . . . s I T t! A T I « > N géologique (l.'.s gisoiiieiUs (le phosphate. (Jajarc Saint- .Atartiii-I,a bouv.-il I^ugagnac, Coii- cots, Uciluer, Vaylats, Saillac, Hlai-s, S'-Sul- pice, (labrcrets, (-'arayac, (riéa- loii, .Marcillac , Saint-Chols . . Oolithe lîoaurogard . . .( iutei-ieurc Laniagol Totaux. ETEMICE iijiproxi- mative et présumée (les gise- ments. hect. 0,5 N O >1 I! I! E et épaisseur des couclies reconnues. QUA5TirK présumée .le lllldS- plialc existant dans les gise- ments. tCiP. 10000 100000 % î a '■j — << u "C ^ ^ ai g^O a a t. t a a '? es Q - a O .l n a -. y, c o. 1'. j i j().i'.(i aoCOOoj 1; {().!'. G Poches verti cales très ir réguliùros et, ' de profon deur iudé- tcraiiiiée. 200000 l\ ■ O.l'.G 20000 I Mo. P. 3,5 3 0,5 300000 ;îO0i»oo t I' ••'••'' O.l'.ti 10000 1 Mo. i'- 31 17,5 1240000 \f,\ o - (les ouvriers met. .')0 .'lO 10 l'O 15 10 20 10 135 10 ETAT P II Y S m des ]>roduils. Uoclies, filous, Mdilules on sable. Il Degré apparent de dureté. li 10 15 lîoches, ^nodules (' et filous. 15 I Dureté i I généra- I 1 Icnieut / I un peu ' supé- i rieure t I à celle I ' de la calcite./ .SU MARNE liraux-Si-lîciny. . Klize Argers Dain lu art i u-la-^ , .,„ • Plai,ig ^ sus^ies argiles Cliaudefoiitaiuo . Sainte-Meneliould Gaize , 15 à :i0\ mètres au-des- du gault. 10 20 i 20 3 ' 1 Couche / .' de 0,35 à 0,40 \ Totaux. 4.i00 itOOO 18000 3600 18000 2700 55800 o. „ (». „ „ » o. )l » » o. .. ), » o. » STATISTIQLK DE L'INDUSTRIK MINÉRALE. 221 'lESEnn 1*. 100 lunce dessi'clii'o à 120" i-n ir, ijwile lie aulics Il'V rlr- el :i'ii; miMils. iiiino. i: IS 1.00 :js.;;;) lU.OO 1- nu 1>U ITS IIKUTS [^a). Kl '20 11.00 i'i:i'.p.\Ri;s. 2:3 / ^.Moulure/, / Ion. "i ISOO 1000 ;!000 i500 ISOO 1200 4800 1800 25900 l'r. r. .i2,00 :!2,00 31,00 3t,00 31,00 32,00 32,00 32,00 Ir. 57600 , 128()',l0 11)2000 •KI.NCU'AUX lieiiN (11' ilc!>liiiulioij. 2ti OlISICltVATlOXS. (a) l'iDcluits (xpé lit's tels qiriU siiiU'iit do la carrière ou n-siès invendus, el ne l'ai- sanl jiiis double em- ploiavi'C lespiodiiils préparés. Jlaisoilic, T.ordcaux, 153010 /Toulouse, Ageu, Plateau oentnil. GI200 32,72 131100 153000 57600 847400 ;> de ces carrières sont inaclives. An mo- ment de leur exploi- tation, elles occu- paient 70 ouvriers. .2 de ces carrières sont i aciuellein.'nt en dlô- inage. Klles eni- I ployaient auparavant ' lOi) ouvriers. 12 de ces carrières sont inaclives; 13'.l ou- vriers y élaient em- ployés avaiil la ces- sation des travaux. 3 < \ I Carrières inexploitées depuis (|uelques an- 222 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. DEPARTEMENTS et • 'omniuiies où se trouvent les gisemenls. 1 SITUATION géologique des gisemenls de phosphate. MEUSE Vareaues . . . Cheppy .... Clermont . . . Aiibréville. . . Avocourt . . . Neuvilly. . . . Véry Lisle-en-Barrois Villotte .... Les Islettes . . Triaucourt. . . Lavoye .... Laheycourt . . Froidos .... Couzancelles. . Andevnay . . . Auzéville . . . Moutzéville etEs- ues Bùthelaiuville . . Dombasle .... Bantheville . . , Canel .Aloutblaiuville. , Vauquois .... Wally Louppy - le - Chà teau Autrecouit. . . , Raréoourt .... ETENDIB approxi- mative et présumée des gise- ments. hect. . ) Sables verts. ( G20 100 625 lO.'SO 500 1200 200 875 1000 1420 19.50 400 2500 2S00 100 250 400 625 170 80 4 5 180 700 650 950 20!J 800 NOMBRE et épaisseur des lOUflies reconnues. met. QUAMIIE présumée de plios- pliiite existant dans les gise- ments. 1 de 0,15 à 0,30 1 de 0,15 à 0,18 1 de 0,17 à 0,18 1 de 0,15 à 0.17 1 de 0,15' 1 de 0,15 à 0,17 1 de 0,18 [l de 0,15 àO, 18 Il deO,17àO,18| il de 0,15 à0,is| I 1 de 0,15 { I 1 de 0,10 I 1 de 0,18 I 1 de 0,17 { 1 de 0,10 1 de 0,17 1 de 0,12 1 de 0,15 1 de 0,17 1 de 0,18 1 de 0,17 Totaux. 20351 ton. 992000 150000 937000 1470000 700000 168000(1 300000 1225000 1500000 198S000 27300,)0 2000UO 3125000 350000 hOOOU 350000 560000 875000 238000 1120u0 2000011 200000 215000 875000 910000 1330000 280000 1120000 241960U0 21 44 9 2 5 18 8 53 18 17 U 10 7 4 5 22 14 8 10 10 3 2 4 3 1 4 8 33F 2 l o „ r; '/3 — a ï a ~ o o O P.G.O P.G.O P.G.O P.G.O O. O. O. P. G. P. G. P. G. t-.G.O P. G. P. G. P. G. O. O. P.G.O O. P. O. O. O. O. O. O. P. G. P. G. P G.O P. G. a » o 3 13 8 10 6 16 6 5 6 7 5 NORD Quiévy . . IJriastre. fTerraiu crétacél au-dessus de la< craie blauche.j Totaux. 25 120 Poches de 0,50 1 à 10 mètres ' ^ r o fo u-/ 115 de pi deur. 30000 121000 154000 lii O. o. 10 10 NOMDRE des ouvriers 8 113 31 12 16 15 9 1 6 14 352 10 ETAT PitYSKJD des produits. Koclies, liions, nodules uu sable. Il / ^Ollules 18\ disséminés 42 j et 56/ couches ^ slraliliées. 12i 4 7 31 8 88 21 22 12 10 7 10 Jt\ Couche ;|J/stratifiù.. "i l.T 15 Degré apparent de dureté. Se laisse riiyer par l'acier. Co gri jSe lais.se ) rayer par l'acier. Il 4' 12 4-S2 ar 30 I Craie yrise f .sablou- / ncuso. ) Friable. ve: 30 OISE Hardivillers [Craie supérieure j (séuonicn) C avec amas ri- ches sous Ici miocène M. 40 I i couche de à 16 mètres. 300000 O. Cohé reut ou ^ Friable, aiénacéi STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINERALE. 223 TENEUR P. (Slaïue Jessécl chaux. 100 lée à 120" en i'o lài; oxyde •le ffi- et alu- mine. 17 .'là31 5 à 15 élé- 18 28 à 40 rKODU I T s BRUTS (o). l'J 15812 15812 20 Ir. c. 17, 2i 17,24, PRÉPARÉS. J726G0 L.=^^'^Se, [ ^^ggg I moulure.) 272t!(jO '2:î 31829 tV. c. 31,31 31,31 PRINCIPAUX lie iletliiiaiion. 20 1023024 11)23024 l'.retague , Ven- dée et dépar- tements liiui- troiibes. OBSKUVATIONS. («) Procliiils expéiliés tels qu'ils sDi'leiU de la canii'ic on restas invendus, ei ni' l'ai- sarit pas douille em- ploi avec les pi-riduils |irèiparé.s. Les carrières à ciel ouvert sont [leu pro- fondes ; dès i|nc les terres de reciiuvri'- nient dépassent 2'",(>0, les exploi- tants ont avantage à attaquer la couche \rjt puits. i.o;; 22.ti5 11.0;; 46.88 1000 1000 40,00 40,00 40000 40000 Seine principa- dé- partement, l'as-de-Calais, Aisuo , Seine- Iiil'éricure. Le minerai indiqué est du phosphate mis en briques et séché. On s'occupe de monter les appareils pour la pulvéri.'^aiion. Carrières ouvertes, mais non exploitées en lâSli. '.00 49.00 4.00 15.00 iLes travaux d'exploita- tion ont commencé / seulement en 18S7. 224 ANNALES DE LA. SCIENCE AGRONOMIQUE. DKPARTKMUNTS et CODlIllUJli'S OU SI? troiiviMil les Hisi''"'''its. I PAS-DE-CALAIS Wissant. . . Landrethiiii . liéty Hardiughi-.i . Uoursiii. . . Colcmbert. . Nabringlioin. IjOnguevilli'. Menuevillo. . Sainl-Uartin-riniciiiel. Sair.er. . . . VicMl-Moutier Quosques . . IjOttiughoiii . Koberguos. . Surques. . . SITUA T 1 o N- géol()gic)ne (les gioeinpiits de pliospliatc. tTtSUlE approxi- iiialive et présumée dis j;isc- mcnls. hect. 1 r.ase de l'argile ^ du gault. — W-) Étage albit'u. \ N o M n R i: e. épaisseur des couclics reconnues. qhstiik g pi-ésnini-e dr 5 piios- ^ w pliale w existant a dans les gise- ments. Ion. É 1 couche / CO(J • deO.U M-')110000( I en moveuue. ' Pcrnes-eu-Ai-tois .Mei-ck-SiLléviu Audincthuii . . Denncmœucq . Kecliiighein . . Oi-ville Pei- Aunierval liailleul-1 lies Nédouclielle. . l'ebvin-l'alfart. Flécliiii . . . . Craie glauco- nieuse. Base diictnomauien'^ reposant sur l'argile du gault. \Albien. Base de) • l'argile du» ' gault. ) ^ lîase du eéiioma-l j nien reposant- sur le gault. f Craie supérieure . (sénonieu) C*/ \ avec amas ri-^' I ches sous loi ( miocène il. Craie glauco- nieuse. IJase ducéuonianieD 50 I 3 6 25 15 1 couche ( de 0,40 ] j 2 couch.s "'^1 Albieu 8 ;i IL'.I 5,51 . \ 2,0) 15 a 20 reposant suri l'argile du gault. Totaux, r 50 20 15 20 95 i l'oches irrûgu-i ) liéres de 1 à' l 15 mètres dcj ' profondeur. ) 1 couche de 0,15 860 J 1 300000 1 2000 l 21100 7500 7500 6 2 2 530000 15 50900 » ùOOOO 50000 » 200000 1638100 96 75 u — a ^ O o. o. p. o. p. o. o. (». P.O. p. o. o. o. o. o. o. (i. o. o. o. o. o. o. o. o. o. X g e .„ ? c !iO)IIIKt des orivriers 4 4 U 12 12 10 K T A r !• H Y S I des produit: Roches, liluns, nodules un sable. Il Degré apparent lie duieé. 12 >Nodules 4 Nodules I2Ô Sa!. le. ) Nodules 175 ( 325 i Trè.s dur Friable. l'ulvé- rulcut. Friable, HADTE-SAONE YitreylS' Slarfo! . , MoDligoi-lts-ClicrlIeu. .J Pusy Auxon Villeminfroy. . . Poiiioy-.Mollai;s. . ïi-lfs-l.nre, Loi Atiiaiis. la Vllleiieiiir, Cuudao";- sur-lanlernc, etc. . . Couches supé- rieures du lias inférieur. Totaux. 1 de 0,10 à 0,20 ('■» 70000 1 de 0,10;i0,is 1 de 0,15 à 0,20 1 de 0,05 à 0,15 •i: ISOOJ 1 ; Gûoooj \ g; 180000 328000 O. O. o. o. 3,0 3,0 2,8 2, .S 2,5 2,5 10 '■KT j , ( Assez : Nodules I ^,,,._ 10 8 4 ^|Nod.ilesj A^^*'' 46 !».,], i Assez I dur. Assez 1 tendre. , STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINÉRALE, 225 ÎNEUR V. 100 ice desséchée à 120» en !• R D f I T s l'KINClPAUX UHSBItVATIONS. oxyde (l.< Ici- auli. .< BRUTS (a). l'RKPARKS. (a) Produits expéiliés tels qu'ils .sortent de lu caniérr on restés c _ li>'ux ch.iiix. .•!,■- -■ o,. :. .■ iiiveiidus, et ne fai- el ■/) o s 3 j. 2 « o • ^ ? .sant |ia.s ilonhle em- = — 5 5 'o = — -^ (If ilustination. ploi avec les produits miius. c- 'Z 3 >- ''■ -ï. a. C .^ ~ > préparés. mine. -5 — 1('> 17 18 li) 20 il "ii 23 24 2!i 26 27 ion. IV. II-, Uin. i2t; l'r. 0. 33 C) fr. 4158 1. Prix des phospha- 2425 33,00 80025 tes rendus en gare de 2841 33,00 93852 lionlogne. 22i'0 33,00 73260 2. L'étendue recon- nos 33,00 3l!56 1 lîrctagne princi- nue s'élève seulement ii 458 33,00 15111 paleuiont. 77 hectares environ. 2360 33,00 77880 Nord, 3. La quantité cons- Lav.ige 443 33,00 14619 1 ras-dtî-Calais. tatée jusqu'ici ne s'é- 30.00 o.OO 35.00 " " " et 210 33,00 6930 r Aisue, Somme, levé (ju'ii 43000 tonnes. mouture. 17i;5 260 080 815 68ii 33,00 33,00 33,00 33,00 3.;, 0^1 58245 8580 22410 26895 22638 Augletcrre, l'ortugal, Espagne. 31. 41 3.77 43.81 )t II » Lavage. 170 33,00 .5610 » " " a )> " Lavage. 400 33,00 13200 45.00 3 à 4 " " " 11 1 Lavage, séchage ' lOtioo 50,00 530000 Nord, Pas-de-Ca- lais , Aisne, Oise, Somme, Seine- et-Oise, » » » » » 1) > et mouture : 80 50,00 4000 ) Marne, Seine, Calvados, Cô- » 39.10 » 8.02 20.29 II im- palpable. ' 1293 400 50,00 oO,00 64650 20000 tes - du - Nord, tiers. Landes, 9 39.10 8.02 20.29 » " Séchage l 233 50,00 U650 Algérie. France, Augle-, Les chiffres en italiques 1 50.00 1,50 al » " II et mouture. 80000 45,00 1350000 terre, AUeuia- gne. ci-contre s'appli- (jiientiiranuée 1887. ) 45.00 3 à 4 " tt l 1 ► » Pas d'ixtr;)ction en 1> .1 m 11 " i 1886. 3 44.46 3.72 24.4.J » ') » » » 2!t576 40,33 1190310 30000 45,00 1350000 Mouture. 900 .58,00 52200 1. Chill'rcs approxi- matifs s'iippliquaut aux (|U:inlités exploitables 45.20 5.(iO 11.. 'iO „ ^, ,1 .Mouture. Monlurr 1020 58,00 59l6i) Le départemout, à ciel ouvert. cl superplios- 100 m, HO 15000 Paris, AUema- Les analvses ne sont phonliua. 52 60 56,00 .5(;,oo 2912 3360 ' gue , Suisse, qu'approximatives en 47.50 3.50 11.. 50 180 2ti UiSO .Mouture. Italie. ce qui concerne le» sidistances autres 47.00 2.35 11.57 1) » » .Mouture. » 50 525 58,00 58,00 2900 30450 " ipu' l'acide phospho- riipie. Carriè.es inexploitées. l.SO 2ti 4680 2707 61,26 1 65982 ANN. SCIENCE AGRON. — 1887. — IL 220 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. DEPARTEMENTS et communes où se trouvent les gisements. SOMME Beauval. . . SITUATION géologique des gisements de pliosphale. ^Craie supérieure (séuoiiien) C ETENDUE apiiroxi- mative et présumée des gise- ments. hect. 200 N O M B U B et épaisseur des couches reconnues. Halleucourt c t> avec amas ri/ communes voi-l ches sous lei sines ' miocène M. f 50 met. 1 couche de 0,18 QUARTIIE présumée de phos- pliaie existant dans les gise- ments. ton. 500000 250000 Totaux. 250 750000 ce , O > X ■« 3 n a O — < < ^ - d - r • a-> ^-c o^ï 6. P O = ai c oxyde BUUTS {a). tÉS. 3 de autres — -» 1 — -™» lieux tels qu'ils sortent de ^^^ a fer • la carrière ou restés Xi chaux. élé- H _o a . invendus, et ne fai- es ot alu- mine. tH Zt Mode e prépara ■A fl 3 O de destination. sant pas double em- ploi avec les produits es ments. .- 3 > f- >• préparés. -o 15 16 i: IS 19 20 21 li ii 24 2:-) fr. 2 fi 0- ion. fi". Ir. ton. fr. 0. j France, A ngle- 1 Séchage, mouture. \ terre, AUema- 2.00 54.00 1.00 6.00 » " « 5000 70,00 350000 ' gne, Belgique, 1 Italie, Espa- gne. iL expluiuilion des car- 3.00 49.00 4.00 15.00 " " " » u » i> » riiTes n'a cumnicncé qu'en 1887. )) a M 5000 70,00 350000 1. Les carrières de Bordeaux , .Mar- Penne n'ont pas donné 12.32 10.07 15.00 12.00 „ » jj Mouture . (') 435 33,00 74355 seille, Toulou- de produits en 1886; se et a u t r e s les quantités vendues villes du -Midi. proviennent de stocks antérieurs. 1 Carrières qui n'ont pas donné de produits en ISSli Leur im- portance peut être jugée par ce fait qu'elles occupaient environ 700 ouvriers au moment de la ces- sation des travaux. La j>lnparl de ces carrières, ainsi que celles également en i chômage dans les dé- H.OO 38.39 16.00 14.00 » i> ') » » » ( parlements de l'A- \ vcyron pt du Lot, paraissent devoir i''lre remises en acli- vité dans 1-' courant de l'année !S88, il la suite de la transfor- mation des ancien- nes entreprises et de leur fusion en une seule, sous la déno- mination de Société des phosphatis fran- » n » " )) » 1 çai$. 1 Les travaux d'a- menagemeni ne sont pas assez développés » H » » )) » tritur;i- ) 100 50,00 5000 France, Allemagne. pour permettre d'ap- 300 35,00 lOôUU précier l'étendue et l'imporlance des con- ciles. » j> 403 38,75 15500 228 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tTEMICE NOMBRE QDiSîlTÉ « H ACTION el ouvert. M>Ultlt£ É 't'A r l' Il Y s I Q l DÉPABTEMBKTS SITUATION géologique approxi- mative 01 présumée de a 'S 5 Si > B M des ouvriers el » communes lies gisemeiils et épaisseur phos- ]iliate < Qo-' S ~ ta — — Roches, liions. Degré présumée (les existant a i; S ^" '- apparent où se tronvem de (les couches dans les a g. S X _aj nodules de Co les giseraenls. phosphate. gise- gise- S 2 o es c 4i ou ments. reconnues. ments. o S! ■a -« sable. ilurelé. 1 2 3 ■i ri () 7 8 10 Il 12 hect. met. ton. met. VOSGES Aingeville. ■ • -^ 1 de 0,50 ' 4 O. (i),. J, 16 Dombasle .... 1 de 0,25 j 2 0. » >i 5 Haguéville . . . 1 de 0,30 2 o. >. 2 Houécourt. . . A Lias moyeu. (') 60 1 de 0,2.5 > (') 30000 2 0. ;> n 9 Nodules Tendre Cl Oëlleville . . . .[ Id. j 2 o. » n ô Totaluville. . . .1 j Id. 3 0. >, )) 10 UrviUe ' Totaux. . . 1 de 0,40 1 2 16 o. » 6 .53 60 30000 YONNE Pourraîn .... , rfer^v-la-Valiéé etT ''^'"'''^ supérieure) sV/al^rtiu sur' des sables de la,' Ocre Puysaye (grès Saint-Aubiii-Chà-( '^'erts). teauueuf. . . . ) Totaux . 1,5 2 1 de 0,20 24000 1 de 0,15 j-of, ' 6000 Totaux généraux . 9,5 29623 34500 32435900 ( 796 I 124 O. P.O. (t. 2,3 6 0,1 >G ravier Celle 1 I du (15 J calcaire / f dur. 1 gn 10 866 2294 3160 ALGERIE ORAN Commune mixte de Nédroma . •| Étage tithonique. '100 met. ) eu \ diree- I tion. Une veine p r i n cipale avec des ra-^ mifications. ) 1200 l'.C.O 22 i^ -5 1 33 Uochos filon ■'> Moyen ■ a' ^ ' j fil 'col Nota. — La production de la France en phosphate est notablement plus forte on 1887, par i STATISTIQUE DE L INDUSTRIE MINÉRALE. 229 TKNEUIS P. 10) bstaïu-e dessécliéi' à 1 ■20" en IMl D n I T s OBSBKVAT10:RÉI>AR l'UlKCIl'AUX (o) l'ro lois qu'ils soiti'llt de C la ean'Iéro on restés o l>r B = . inviiidiis, .'t ne l'ai- cl]au\. élé- t «>" .■.aiit pas double em- ploi avi'clcs produits el «3 3 S 4 S i i A B - S CL 3 lie di'^linalion. '3 ea ulu- iiiine. ineiUs. ^ 3 > "3 'Z = > préparés. 15 16 17 IS l'J liiri. il) 21 -1) 23 2-1 2:i •20 27 Ir. r. IV. Ion. Ir. 0. fr. 1. Cliiffies absolu- ment incertains, pou- vant seulement donner une idée île l'impor- 70 30,00 2100 ■ 400 35,00 14000 Angleterre, Suisse, Italie, tance des gisements. 70 30,00 2100 100 ,35 , 00 3500 2. La profondeur des ■> ■• •• » 70 » 30,00 » 2100 Pulvéri- sation. \ 60 1 300 i 90 35,00 35,00 35,00 2100 10500 3150 Belgique, Bavière, Aube, Loiret, Oise, Somme. carrières varie de l">,aO à 3 mètres. 70 » 30,01) 2100 8400 ' 250 , 200 35,00 35,00 8750 7000 280 30,00 1400 35,00 49000 Les gisements de Parly paraissent épuisés. » „ 210 15,00 3150 Ils ont été abandon- » » » 540 15,00 8100 nés soit à la fin de 2.63 ou 19.25 ou 10.23 ou .04.00 ou 'Criblage. ,Le département, ^ Orléans, Paris. 188G, soit au com- mencement de 1887. 1.00 23.51 2.24 .55.45 )) » " 1 140 15,00 2100 Exploitations abandon- l nées en 1S87. » " >J ; 50 15,00 750 Idem, en 188lj. » " ') 910 15,00 11100 17682 18,82 332710 16G484 40,54 07 16544 Les destinations indi- quées sont les desti- nations lialiitucllcs, car aucune expédi- tion n'a été faite l'n 1880. 3.35 51.80 0.57 5.77 " " )> Triage. 50 40,00 2000 .\gou, Loudres, Hambourg. loppemeiit coiisiili; •ablo qi l'oat reçu les exploitations d'Orville € t de 1 îeauval. 230 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. O Ci -a « u o Xi a. te O ,a '<» -a o 13 03 O O co a> "B a u o S O «1 oo 00 ^< s V to 03 u s m s en « Xi A tn O sa o M •«1 « O '^- "Z '^ :^ ï^ 5' « _^ a £ S o ?■= S 3 ^ s = S a; ^ — s r-^ « c s oj O) •-; 3 M = .H"-- c en E — — oj O p ■ ?- s-= « 9 -i g 9 ~ ï^ - M O i w) p O -3 — s-s c c s a< cr 7 - £.5; = = i o OJ OJ i Q.-3 ^ : g n o ^■5.go ~= CJ o c 5 ~ ï ,, - ' o t- ce : :^ o aj := ë -- :=; ^1 ■ 4) o; r3 '" n^ • — ^ "^ gj .îï i. OI _3 1«! O 0. 3 e« o « M 3 -C c3 !3 es ca O m o o o o (M to O c/? o s •H Eh P ÎZ! < P C en poudre t^ « o o a A a o o o" 1-1 O o o" CM , 1 3 J •-■ o o O a o o a a o O o t- O o o o o o o o M S o es •!» a a B ° a> O n es 3 0) a o o o o cS 9!2 S Q O S o >4 s o LES LOIS FRANÇAISE ET BELGE SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS La stalislique agricole de la France montre riiisuffisance absolue (la fumier de ferme pour la restiluLion des principes minéraux enle- vés par les récoltes. Nous exportons, au bas mot, de nos terres, sous forme de produits alimentaires, textiles ou industriels, des quantités d'azote, de potasse et d'acide pliospliorique doubles de celles qu'y peut ramener la production actuelle du fumier. 11 faut combler ce déficit ; les engrais chimiques ou industriels nous en ollVent le moyen. Pourquoi, reffîcacité de ces derniers étant aujourd'hui hors de doute, l'extension de leur emploi est-elle si lente, les quanlités qu'on en appli(jue au sol si minimes par rapport aux besoins que nous constatons? Deux raisons principales se sont opposées jusqu'ici au développement de la consommation des engrais commerciaux : d'une part, les fraudes dont ils ont été et sont encore l'objet de la part de négociants peu scrupuleux; l'insuffisance des ressources pécuniaires du cultivateur de l'autre. Ces deux causes exercent leur influence maximum dans la petite culture. Cette situation préoccupe depuis longtemps les meilleurs esprits, le pays tout entier étant intéressé au premier chef à la prospérité de l'agricuUui-e. Ouels remèdes peut- on opposer à ce double ennemi de l'amélioration de nos terres par les fumures complémentaires, la fraude et le défaut de capital? C'est ce que je voudrais examiner. La fraude dans le commerce des engrais prend les formes les plus diverses; le préjudice qui en résulte pour l'agriculture pi'ésente, lui 232 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. aussi, un aspect multiple. La fraude, au fond, se résume toujours, pour le cultivateur, dans l'absence de proportion entre le prix de la matière qu'on lui vend et la valeur fertilisante de cette matière. Tan- tôt l'acheteur est trompé sur la teneur des engrais en principes utiles pour la végétation ; tantôt c'est l'origine et l'état de ces principes utiles sur lesquels il est induit en erreur par le vendeur. Dans d'autres cas, enfin, le dol porte à la fois sur la nature, sur la quan- tité et sur le prix des éléments fertilisaleurs que le fraudeur lui livre. Finalement, c'est toujours sa bourse qui en pàtit et, la plupart du temps, dans une limite bien supérieure au chiffre du déboursé du prix de l'engrais. Il est aisé de s'en rendre compte. Un cultivateur a résolu, d'après le conseil d'un de ses voisins, d'essayer dans ses terres l'emploi des phosphates, par exemple, associés, en vue d'une récolte de céréales, à une substance azotée. Il sait que la première condition de succès est la mise en état de propreté du sol auquel il va confier le grain. Il prépare donc la terre par l'extirpation des mauvaises herbes, par des labours répétés, etc., à recevoir l'engrais et la semence. S'il est trompé dans la livraison de l'engrais; si, par suite de la fraude, il introduit, avec une dépense de 100 fr., par exemple à l'hectare, un mélange dont la valeur réelle, d'après sa richesse en acide phos- phorique et en potasse, n'est égale, pour fixer les idées, qu'au tiers, à la moitié du prix d'achat, souvent à moins, la perte qui en résulte pour lui dépasse de beaucoup ce quantum. En effet, la perte réelle du cultivateur, dans ce cas, se compose, outre la dépense d'engrais demeuré sans efl'et, en raison de sa pauvreté, des frais généraux or- dinaires de la culture, des frais supplémentaires de labours et autres, faits en vue de l'épandage de l'engrais et de la réussite de l'essai. Enfin, le préjudice causé par le fraudeur s'augmente encore de la valeur du supplément de récolte qu'eût donné l'appUcation au sol de matières fertihsantes que le cultivateur a cru acheter et qu'il aurait eu, pour la somme dépensée, en s'adressant à une maison honnête. Tous ces déboires, — ce n'est pas le tort le moins grand qu'ont infligé à l'agriculture les agissements éhontés de certains commerçants — , ont pour résultat presque constant, de rebuter le cul'ivateur. Con- cluant du particulier au général, sans rechercher les causes réelles LOIS SUR LA RÉPRESSION DK LA FRAUDE DES ENGRAIS. 233 (le son insuccès, il déclare à ses voisins que les engrais clnini([ues ne produisent rien, il en déconseille l'emploi autour de lui, et voilà un village où, avant de longues aimées peut-être, il sera impossible d'améliorer les rendements par l'introduction des engrais cliimi(|ues de bonne qualité. La loi du 7 février 1888 a pour objet la répression de la fraude. Elle aura pour résultat certain, si les intéressés veulent et savent en réclamer l'application, de faire disparaître la bande noire de fabri- cants d'engrais sans probité qui ont impudemment, depuis une vingtaine d'années, porté un si grand préjudice aux petits cultiva- teurs. J'ai fait connaître ailleurs les manœuvres frauduleuses aux- quelles ont recours ces négociants, qui ne sont étrangers à aucune des rubriques familières aux escrocs. J'ai montré , pour les avoir maintes fois vus à l'œuvre, leurs émissaires parcourant les cam- pagnes, s'attablant au cabaret avec le paysan, le ferblantier, le maîti-e maçon ou le boulanger de la localité, et profitant de l'igno- rance de ces derniers pour leur vendre ferme, sous prétexte de dépôt, un ou deux wagons de poudre plus ou moins inerte, au prix des meilleurs engrais. Ces malheureuses dupes deviennent ainsi les intermédiaires inconscients d'un trafic dont le résultat est de faire payer au cultivateur deux, trois et quatre fois plus que leur valeur réelle' des engrais dont l'insuccès les éloigne pour longtemps de tout essai sérieux de fumures complémentaires. La loi nouvelle punit d'un emprisonnement de six jours à un mois et d'une amende de 50 à "lOOO fr. ceux qui, en vendant ou en met- tant en vente des engrais ou amendements, auront trompé ou tenté de tromper l'acheteur, soit sur leur nature, leur composition ou le dosage des éléments utiles ((u'ils contiennent, soit sur leur prove- nance, soit par l'emploi, pour les désigner ou les qualifier, d'un nom qui, d'après l'usage, est donné à d'autres substances fertilisantes (art. 1"). Les peines, en cas de récidive, peuvent être élevées à deux mois de prison età iOOO fr. d'amende. Le jugement peut être pu- blié et affiché. Toutes les indications relatives à la composition et la valeur agri- 1. htudes agronomiques, r« série, 1885-lSSC, 4« édition; librairie llaciiette et G'=. 234 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. cole des engrais doivent être fournies à l'aclieleur au moment de la vente, soit dans le contrat, soit dans le double de commission, soit dans la facture remise au moment de la livraison. La teneur en prin- cipes fertilisants (art. 4) sera exprimée par les poids d'azote, d'acide phospliorique et de potasse contenus dans 100 kilogr. de marchan- dise facturée telle qu'elle est livrée, avec l'indication de la nature ou de l'état de combinaison de ces corps, suivant un règlement d'admi- nistration publique qui sera annexé à la loi \ En Belgique, où les engrais chimiques ont pris une grande exten- sion, la fraude a, comme en France, porté une atteinte grave aux intérêts des cultivateurs et nécessité la promulgation d'une loi (7 jan- vier 1888), très voisine dans son esprit et dans sa teneur de la loi française. La sévérité des peines édictées par la loi belge est plus grande que celle de la loi française. Tout vendeur qui n'aura pas fourni à l'acheteur les indications sur la provenance et sur la teneur de l'engrais peut être puni de un à sept jours de prison; la loi fran- çaise ne frappe le vendeur, pour ce fait, que d'une amende de 11 à 15 fr. La fraude est punie en Belgique d'une amende de 100 à 2,000 fr. et d'un emprisonnement de quinze jours à six mois. Ces peines peuvent être élevées au double, en cas de récidive. Un arrêté royal, correspondant à nos règlements d'administration publique, accompagne la loi. En France, comme en Belgique, les stations agronomiques sont appelées à exercer une influence salutaire en ce qui concerne l'ap- plication de la loi. Leurs directeurs sont les guides naturels des cul- tivateurs, qu'ils éclaireront sur les moyens de se soustraire désormais à l'action malfaisante des fraudeurs. Examinons rapidement le bénéfice que le commerce honnête et les cultivateurs, dont les intérêts sont solidaires, au cas particulier, peuvent attendre de l'application de la loi du 7 février 1888 et le rôle des stations agronomiques vis-à-vis des vendeurs et des ache- teurs. 1. C'est en vue de ce règlement que le ministre de l'agriculture a demandé au Co- mité des Stations agronomiques de rédiger les méthodes à appliquer à Tanalyse des engrais. Nous avons publié le rapport de ce comité. Voir ces Annales, t. l", 1S87, p. 274 et suivantes. L,- Ga,VNDEAo. LOIS SUn LA RÉPUESSION DE LA FRAUUli DES ENGRAIS. 235 Les négociants honnêtes el, j'ai liàte de le dire, le coininerce des engrais en compte beaucoup, se conformeront avec empressement à la loi, malgré les petits inconvénients prati(iues qu'entraîne loute réglementation un peu sévère. De ce côté donc, il n'y aura aucune diflicullé, et l'aclielcur recevi'a désormais, en s'adressant à une mai- son qui se respecte, un certificat constatant la pi'ovenance, la nature et la quantité de chacun des principes ierlilisiuits qu'il achètera. L'ellicacité de la loi du 7 levi'ier dépendra, avant tout, du soin que le principal intéressé, c'est-à-dire le cuUivalcur, mettra à en récla- mer et à en poursuivre l'application. Pour le petit cultivateur, le mieux sera de l'aire partie d'un syndicat agricole qui achètera pour son compte, avec toutes les garanties que lui donne la loi, les engrais dont il aura besoin. Il est de toute nécessité, en elïét, pour que la loi ne reste pas lettre morte, qu'un contrôle incessant des stations agro- nomiques et des laboratoires agricoles s'exerce sur la conformité des livraisons avec les indications du vendeur prescrites par les arti- cles 1 et 4. Or, les analyses faites pour le compte des syndicats, sur des lots importants d'engrais, entraînent pour cette vérification des frais à peu près nuls, tandis que, répétés sur des livraisons de 100 ou 200 kilogi'., ces analyses viennent grever le prix de l'engrais d'une somme très inférieure, il est vrai, au dol, (ju'en leur absence le cultivateur s'expose à subir, mais qui cependant deviendraient onéreuses en se multipliant lors de chaque achat isolé. L'associa- tion, sous une forme ou sous une autre, pour l'achat des engrais, est donc le mode le plus sur et le plus économique à la fois. Le rôle des directeurs des stations agronomiques, pris comme arbitres dans les transactions entre fabricants d'engrais et cultiva- teurs, demande quelques explications. Le chimiste auquel s'adres- sent l'une des deux parties ou toutes deux, d'un commun accord, pour être éclairées sur un marché d'engrais, doit comprendre son mandat de la manière suivante : s'il est en présence d'un marché fait conformément aux prescriptions de la loi nouvelle, il procédera à l'a- nalyse de l'engrais, el, suivant que les garanties de diverses natures exigées du vendeur au moment de la livraison seront ou non rem- plies, il agira comme je vais le dire. L'examen et l'analyse de la matière livrée confirment-ils la garantie doimée par le vendeur, le 236 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. bulletin de la station le constatera purement et simplement. Le prix auquel l'unité de substance fertilisante est compté, paraît-il, d'après les cours, par exemple, beaucoup trop élevé, le chimiste n'a pas à s'en occuper. Le prix a été débattu entre acheteur et vendeur, la teneur garantie par le dernier existe réellement, la provenance in- diquée est exacte, le marché est parfaitement régulier et le chimiste n'a qu'à le constater. Si, au contraire, les principes fertilisants con- tenus dans l'engrais vendu n'y existent pas en quantité conforme à la garantie du vendeur, ou s'ils sont d'une origine et à un état autres ({ue ceux indiqués par le contrat ; si les teneurs et prix par kilo- gramme ne sont pas portés sur la factiffe ; si, en un mot, le marché n'est pas conforme aux conditions expHcitement indiquées par la loi, le rôle du chimiste sera différent. Il devra mentionner tous les man- quements à l'observation de la loi sur le bulletin d'analyse, engager l'achelcur à porter plainte et, au besoin , transmettre au parquet de • son ressort le duplicata du bulletin d'analyse. Le parquet appréciera la suite à donner au marché. De l'énergie que les cultivateurs mettront à réclamer, le cas échéant, l'application rigoureuse de la loi, dépendra, avant tout, le bénéfice que l'agriculture pourra en retirer. C'est donc à l'initiative privée des cultivateurs qu'incombe le soin de veiller à leurs propres intérêts: faute de le faire, la loi resterait lettre morte et les frau- deurs pourraient continuer à s'enrichir en vidant la poche de leurs dupes. Les syndicats agricoles, les stations agronomiques, aideront de tout leur pouvoir à l'application de la loi, mais il faut pour cela que les intéressés eux-mêmes ne s'abandonnent pas. Il ne suffit pas, pour que l'emploi des engrais chimiques prenne le développement si nécessaire à l'accroissement de nos rendements, que la loi vienne soustraire le cultivateur aux agissements éhontés des fraudeurs. La certitude de pouvoir échapper à la fraude ne met pas d'argent dans la poche du cultivateur, et le défaut d'argent est un obstacle capital à la propagation des engrais chimiques. Comme le dit fort justement l'honorable M. Maxime Lecomte dans l'exposé des motifs du projet de loi qu'il a présenté le 22 février 1888 à la Chambre, les foui'uisseurs d'engrais qui peuvent tomber sous le coup des sévérités de la loi ont également droit à sa protection. On ne LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 237 peut, en effet, exiger des fournisseurs honnêtes, vendant à des prix raisonnables des produits bien fabriqués, qu'ils fassent à tous leurs clients, sans distinction de solvabilité, l'avance des engrais. Un grand nombre de petits cultivateurs, fort honnêtes, laborieux, assez intelli- gents pour comprendre l'importance de l'emploi des engrais chimi- ques, sont dans l'impossibilité, faute d'argent et de crédit, de réahser cette amélioration dans leur exploitation. M. Maxime Lecomte, pour remédier à ce fâcheux état de choses, propose de modifier le paragraphe 4 de l'article 2102 du Code civil de la façon suivante : « Néanmoins, les sommes dues pour les se- mences, les ou/rais ou pour les frais de la récolte de l'année sont payées sur le prix de la récolte, et celles dues pour ustensiles sur le prix de ces ustensiles, par préférence au propriétaire dans l'un et l'autre cas. » Il est à souhaiter (jue le Parlement adopte le plus tôt possible le projet de M. Lecomte, et que, assimilant les engrais aux semences, en ce qui regarde le privilège du vendeur, il constitue ainsi un élé- ment de crédit i[uï permettra aux fabricants d'engrais de fournir au cultivateur, avec toute sécurité ponr le vendeur, les matières fertilisantes dont il aura besoin. Il y a lieu d'espérer qu'une amélioration très notable dans la fu- mure de nos terres et, par conséquent, dans l'augmentation des rendements du sol, résultera de l'application stricte de la loi du 7 fé- vrier et du crédit que créerait l'adoption du projet de M. Lecomte, à la condition, c'est toujours là le grand point, que l'initiative privée, d'une part, et l'esprit d'association, de l'autre, viennent en aide au législateur, dont l'action, en dehors de ces deux facteurs essentiels de tout progrès, risquerait fort de demeurer inefficace. L. GUANDE.4.1'. 238 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. LOI DE RÉPRESSION DES FRAUDES SUR LES ENGRAIS. Le Journal officiel du 7 février 1888 promulgue la loi concernant la répression des fraudes dans le commerce des engrais. Cette loi est dès aujourd'hui en vigueur. En voici la teneur: p^Yl^ 4 Cl- — Seront punis d'emprisonnement de six jours à un mois et d'une amende de 50 à 2 000 fr. ou de l'une de ces deux peines seulement: Ceux qui, en vendant ou en mettant en vente des engrais ou amendements, auront trompé ou tenté de tromper l'acheteur, soit sur leur nature, leur composition ou le dosage des éléments utiles qu'ils contiennent, soit sur leur provenance, soit par l'emploi, pour les désigner ou les quaUfier, d'un nom qui, d'après l'usage, est donné à d'autres substances fertilisantes. En cas de récidive, dans les trois ans qui ont suivi la dernière condamnation, la peine pourra être élevée à deux mois de prison et 4000 fr. d'amende. Le tout sans préjudice du paragraphe 3 de l'ar- ticle 1" de la loi du 27 mars 1851, relatif aux fraudes sur la quantité des choses livrées, et des articles 7, 8 et 9 de la loi du 23 juin 1857 concernant les marques de fabrique et de commerce. Art. 2. — - Dans les cas prévus à l'article précédent les tribunaux peuvent, en outre des peines ci-dessus portées , ordonner que les jugements de condamnation seront par extraits ou intégralement publiés dans les journaux qu'ils détermineront et affichés sur les portes de la maison et des atehers ou magasins du vendeur et sur celle des mairies de son domicile et de celui de l'acheteur. En cas de récidive dans les cinq ans, ces publications et affichages seront toujours prescrits. Art. 3. — Seront punis d'une amende de 11 à 15 fr. ceux qui, au moment de la livraison, n'auront pas fait connaître à l'acheteur, dans les conditions indiquées à l'article i de la présente loi, la provenance naturelle ou industrielle de l'engrais ou de l'amende- ment vendu et sa teneur en principes fertilisants. En cas de récidive dans les trois ans, la peine de l'emprisonne- ment pendant cinq jours au plus pourra être appliquée. LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 239 Art. 4. — Les iiidicalions dont il est parlé à railiclc 3 seront four- nies, soit dans le contrat même, soit dans le double de commission délivré à l'acheteur au moment de la vente, soit dans la facture re- mise au moment de la livraison. La teneur en principes fertilisants sera exprimée par les poids d'azote, d'acide phosphorique et de potasse contenus dans 100 kilo- grammes de marchandise facturée telle qu'elle est livrée, avec l'in- dication (le la nature ou de l'état de combinaison de ces corps, suivant les prescriptions du règlement d'administration publique dont il est parlé à l'article C^. Toutefois, lorsque la vente aura été faite avec stipulation du rè- glement du prix, d'après l'analyse à faire sur échantillon prélevé au moment de la livraison, l'indication préalable de la teneur exacte ne sera pas obligatoire, mais mention devra être faite du prix du kilogramme de l'azote, de l'acide phosphorique et de la po- tasse contenus dans l'engrais, tel qu'il est livré, et de l'état de com- binaison dans lequel se trouvent ces principes fertilisants. La justili- cation de l'accomphssement des prescriptions qui précèdent sera fournie, s'il y a lieu, en l'absence du contrat préalable ou d'accusé de réception de l'acheteur, par la production, soit du copie de lettres du vendeur, soit de son livre de factures réguhèrement tenu à jour et contenant l'énoncé prescrit par le présent article. Art. 5. — Les dispositions des articles 3 et 4 de la présente loi ne sont pas applicables à ceux qui auront vendu, sous leur dénomi- nation usuelle, des fumiers, des matières fécales, des composts, des gadoues ou boues de ville, des déchets de marchés, des résidus de brasserie, des varechs et autres plantes marines pour engrais, des déchets frais d'abattoirs, de la marne, des faluns, de la tangue, des sables coquillicrs, des chaux, des plâtres, des cendres ou des suies provenant des houilles ou autres combustibles. Art. 6. — Un règlement d'administration publique prescrira les procédés d'analyse à suivre pour la détermination des matières fer- tilisantes des engrais, et statuera sur les autres mesures à prendre pour assurer l'exécution de la présente loi. Art. 7. — La loi du '21 juillet 1807 est et demeure abrogée. Art. 8. — La présente loi est applicable à l'Algérie et aux colonies. 240 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat. Fait à Paris, le 4 février 1888. CARNOT. Par le Président de la République : Le Ministre de l'agriculture, ViETTE. LOI BELGE DU 7 JANVIER 1888 SUR LA FALSIFICATION DES ENGRAIS. Art. l'^'. — Toute livraison de matières simples ou composées, renfermant au moins un des principes fertilisants essentiels (azote, acide phosphorique, potasse), sera accompagnée d'une facture. Si la facture ne peut être jointe à la livraison, elle devra être expé- diée dans le délai à déterminer par arrêté royal. Elle sera certifiée exacte par le vendeur ou cédant et devra com- prendre les indications suivantes : 1" Le nom ou la nature de la matière livrée, suivant que celle-ci est simple ou composée ; 2" Son dosage. Celui-ci exprimera le nom et la (juantité pour cent de chacun des principes fertilisants essentiels, ainsi que l'état chimique sous lequel il se trouve, le tout au moyen des dénominations et de la manière qui seront déterminées par arrêté royal. Si la livraison a pour objet des tourteaux, la facture exprimera, de la manière qui sera réglée par arrêté royal, la nature delà graine ou des graines dont ils proviennent. Art. 2. — L'article précédent n'est pas applicable aux livraisons ayantpour objet soit les matièresfertilisantesprovenanldes ressources naturelles de la ferme ou constituant des produits spontanés du sol, LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 241 soit les gadoues, cendres, suies, déchets du ménage, des marchés, abattoirs, industries agricoles, soit les simples amendements, si ces diverses matières sont livrées sous leur dénomination exacte et dans leur état naturel. Art. 3. — Toute infraction à l'article i" sera punie d'une amende de 1 à 25 fr. et d'un emprisonnement d'un à sept jours, ou de l'une de ces peines seulement. En cas de récidive cndéans l'année de la dernière condamnation pour les mêmes infractions, ces peines pourront être élevées au double. Art. 4. — Le vendeur ou cédant est admis à prouver, par toutes voies de droit, qu'il s'est conformé à l'article 1". Art. 5. — Seront punis d'une amende de 100 à 2,000 fr. et d'un emprisonnement de 15 jours à six mois ou de l'une de ces peines seulement, tous ceux qui auront trompé soit sur un des éléments du dosage, soit en employant, pour désigner ou qualifier une matière, une dénomination qui, dans l'usage, appartient à une autre matière fertilisante. Ces peines seront applicables à ceux qui auront falsihé un échan- tillon prélevé en vertu de la présente loi, ainsi qu'à ceux qui, à l'occasion d'une livraison de tourteaux, auront trompé sur leur com- position. En cas de récidive endéans les deux ans de la dernière condamna- tion pour la même infraction, ces peines pourront être élevées au double. Art. G. — Outre les désignations à employer relativement au titre ou au dosage des engrais, un arrêté royal déterminera les mesures d'application et le mode de contrôle à exercer pour assurer l'exécu- tion de la présente loi. Art. 7. — Le Gouvernement est autorisé à prescrire les mesures nécessaires pour que les matières soumises au régime de la présente loi ne soient pas importées sans être accompagnées de la facture prescrite par l'article 1" ou d'un écrit équivalent. Promulguons la présente loi, ordonnons qu'elle soit revêtue du sceau de l'État et publiée par la voie du Moniteur. (Moniteur du 7 janvier 1888.) ANN. SCIENCE ACiRON. — 1S87. — II. 16 242 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Loi du 29 décembre iSSl sur la falsification des engrais. Arrêté royal d'exécution. Art. \". — Lorsque la facture exigée par l'article l" de la loi du 29 décembre 1887 sur la falsification des engrais ne peut être jointe à la livraison, elle doit être envoyée dans les quatrejours qui suivront la remise ou l'expédition de la marchandise. Art. 2. — Cette facture doit indiquer soit le nom, soit la nature de la matière livrée ; suivant que celle-ci est simple ou composée, on emploiera les dénominations suivantes : A. Pour les matières simples : Sulfate d'ammoniaque. Phosphate d'ammoniaque, Nitrate dépotasse, Nitrate de soude, Nitrate double de potasse et de soude, Nitrate de chaux, Chlorure de potassium. Sulfate de potasse, Phosphate de potasse, Phosphate de soude. Sulfate de magnésie, Sulfate double de potasse et de magnésie, Kaïnite, Sels potassiques et magnésiens bruts. Phosphate minéral, Phosphate guano, Cendres d'os. Noir animal, Scories de déphosphoration, Phosphate précipité, Superphosphate minéral, Superphosphate riche, Superphosphate de guano, Superphosphate d'os. LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 243 Superphosphate de noir animal, Plâtre phosphaté, (iiiano hrut, Guano moulu, Guano dissous (guano traité par l'acide sulfurique), Poudrettes, Poudre d'os verts, Poudre d'os dégélatinés, Farine d'os dégélatinés, Farine d'os dégraissés non dégélatinés. Guano d'engrais de poisson (engrais fabriqué exclusivement à l'aide de déchets de poissons dégraissés), Poudre de sang. Poudre de viande, Poudre de cornes. Poudre de cuir désagrégé, Poudre de cuir torréfié, Déchets de laines. Laine dissoute, Soie dissoute (ou autres matières dissoutes) ; B. Pour les matières composées : Engrais composés (mélange soit des engrais prénommés entre eux, soit d'un ou plusieurs de ces engrais avec des matières non nuisibles à la végétation, jouant le rôle de substances divisantes ou dessé- chantes, telles que : plâtre, cendres, tourbe, sciure de bois, sable et terre). Tout autre engrais doit être désigné par son nom spécifique com- mercial et, si ce nom n'existe pas, par son nom scientifique. Art. 8. — Le dosage d'un engrais doit indiquer, pour l'état dans lequel il est livré, sa teneur pour cent en éléments fertilisants spé- cifiés de la manière suivante : Azote ammoniacal. Azote nitri(jue. Azote organique, Azote total. Acide phosphoriipje anhydre soluble dans l'eau, 244 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Acide phospliorique anhydre soluble dans le citrate d'ammonia- que, Acide phospliorique anhydre soluble dans les acides minéraux, Acide phosphorique total. Potasse anhydre soluble dans l'eau, Potasse anhydre totale. Pour l'azote organique, l'acide phosphorique soluble dans les acides minéraux et la potasse, on indiquera la provenance si le mar- ché le demande. Les mots « pour cent » dans l'indication du dosage doivent être exprimés en toutes lettres. Art. 4. — Si la livraison a pour objet des tourteaux, la facture doit spécifier l'espèce et la provenance de la graine ou des graines qui les composent, en se servant des dénominations ci-après, aux- quelles on ajoutera les mots « pour engrais » : Tourteaux de colza, Tourteaux de navette. Tourteaux de ravison. Tourteaux de lin, Tourteaux d'arachides décortiquées, Tourteaux d'arachides brutes. Tourteaux de coton décortiqué, Tourteaux de coton brut, Tourteaux de pavot, Tourteaux de cameline. Tourteaux de chanvre, Tourteaux de palmier. Tourteaux de cocotier. Tourteaux de sésame, Tourteaux de ricin. Tourteaux d'olives, Tourteaux de mowra. Tourteaux de maïs. Tourteaux de germes de maïs, Tourteaux de tournesol. Tout autre tourteau doit être désigné par son nom spécifique com- LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 245 mcrcial et, si ce nom n'existe pas, par le nom botanique de la i^raine ou des graines dont il provient. Art. 5. — Les directeurs des laboratoires agricoles de l'Étatetdes laboratoires agricoles provinciaux ou communaux subventionnés par le Gouvernement, sont tenus d'aider de leurs conseils les acheteurs d'engrais. Les agronomes de l'Etat et leurs adjoints sont tenus des mêmes devoirs et, s'il y a lieu, ils feront ou ils surveilleront la prise d'échan- tillon quand ils en seront requis par l'une des ])arties ou par toutes deux. Art. 6. — La loi sur la falsification des engrais et le présent arrêté seront afficliés, d'une manière permanente et visible, dans toutes les communes rurales et publiés, au moins deux fois par an (au mois de février et de septembre), par les journaux des sociétés agricoles agréées par l'État. Art. 7. — Notre ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté. Commerce des engrais. — Service des laboratoires agricoles de l'Etal. Les laboratoires agricoles sont institués dans le but de permettre au public de faire exécuter dans des établissements convenablement outillés et dirigés par des spéciaHstes, l'analyse des terres, de ma- tières fertilisantes, de produits agricoles, de substances alimentaires pour le bétail et l'essai des semences. (Ar^. 2 du règlement organique des laboratoires agricoles de l'État.) Une commission est chargée d'administrer les laboratoires agri- coles suivant un règlement à arrêter ])ar le ministre del'agi'iculturc, de l'industrie et des travaux publics. Elle exerce une haute surveil- lance sur ces établissements et prend les mesures nécessaires pour en assurer la marche régulière. Elle envoie chaque année au ministre de l'agriculture, do l'indus- trie et des travaux publics, un compte rendu de sa gestion, avec ses observations sur l'ensemble des opérations, ainsi que ses proposi- tions en vue des améliorations à apporter, le cas échéant, à l'organi- 246 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. salion des laboratoires. (Art. 4 du règlement organique des labora- loires agricoles de l'État.) L'État n'assume aucune responsabilité quant à l'exactitude des opérations chimiques exécutées dans les laboratoires agricoles. Cette responsabilité incombe entièrement aux directeurs. Ceux-ci sont également responsables envers l'Etat des sommes que la commission administrative met à leur disposition et de celles qu'ils encaissent pour les analyses. (Art. 5 du règlement organique des laboratoires agricoles de l'Etat.) Les analyses faites par les laboratoires sont payées d'après un tarif arrêté par le minisire de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics. La commission administrative est autorisée à passer, avec les marchands de matières fertilisantes ou de substances alimentaires pour le bétail, des conventions assurant aux acheteurs le contrôle gratuit de la marchandise fournie. {Art. 6 du, règlement organique des laboratoires agricoles de l'État.) En conformité de l'article 6 ci-dessus, la commission administra- tive des laboratoires agricoles de l'État a modifié comme suit le texte de la convention à passer avec les marchands de matières ferti- lisantes et de substances ahmentaires pour le bétail qui placent leurs ventes sous le contrôle de ces étabhssements : Convention relative au contrôle des matières fertilisantes et des substances alimentaires pour le bétail. Entre soussignés : M. domiciUé à , d'une part, et la commission administrative de la station agronomique et des laboratoires agricoles de l'État belge, représentée par son président et son secrétaire, d'autre part, il est convenu ce qui suit : Art. 1". — Le contractant de première part place ses ventes de matières fertilisantes ou de substances alimentaires pour le bétail sous le contrôle des laboratoires agricoles de l'Etat. Art. 2. — 11 garantit sur facture à ses acheteurs de matières ferti- LUIS SUU 1,A UÉI'UKSSIUN DE LA KRAUDl:: DKS ENGIIAIS. 247 lisantes, suivant la nature des produits, la teuiMU- pour cent de ceux- ci en : Azote ammoniacal, Azote nitrique. Azote organique, Azote total. Acide pliosphori(|ue anhydre solubie dans l'eau, Acide plios|>horique anliydre solubie dans l'eau et le citrate d'am- moniaque, Acide pliosphorique anhydre solubie dans les acides minéraux, Acide phosphorique anhydre total, Potasse anhydre solubie dans l'eau, Potasse anhydre totale. Pour l'azote organique, l'acide phosphori(iue solubie dans les acides minéraux et la potasse, il indiquera en outre la provenance, si le marché le demande. Il garantit à ses acheteurs de substances alimentaires pour le bétail la pureté du produit, ainsi qu'un titre minimum en matières grasses et en matières albuminoïdes et un titre maximum en matières miné- rales (cendres). Les mots « pour cent > dans l'indication du dosage seront exprimés en toutes lettres. Art. 3. — Il s'engage à placei- en tète de ses factures et autres imprimés les mots : « suus le contrôle des laboratoires agricoles de l'État bebje » et à reproduire au verso de ces pièces les articles 4, 5, 6, 7, 8, 9 et iO de la présente convention. Art. 4. — Toute personne domiciliée en Belgique ayant acheté au dénommé de première part au moins 500 kilogrammes d'une même espèce de matières fertilisantes ou au moins 5000 kilogranunes d'une substance alimentaire pour le bétail, aura le droit, en adhérant à la pré- sente convention, d'en faire analyser un échantillon, sans frais, par le laboratoire agricole de l'Etat qui exerce le contrôle dans la pro- vince où elle réside. Les personnes qui veulent acheter des quantités moindres peuvent s'associer pour bénéficier de l'analyse içratuite du contrôle. Art. 5. — Le prélèvement des échantillons de contrôle est 248 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. une opération importante et délicate , qui doit se faire de manière à donner aux intéressés les garanties qu'ils sont en droit de réclamera Pour être considérés comme réguliers, ces échantillons doivent avoir été pris, avec les précautions indiquées plus loin, soit de com- mim accord avec les intéressés, c'est-à-dire en présence du vendeur et de l'acheteur ou de leurs délégués respectifs, soit par le vendeur au lieu de départ du chargement ou par l'acheteur au lieu d'arrivée de celui-ci, en présence de deux témoins honorables sachant lire et écrire ^ Quand les parties assisteront à l'opération personnellement ou par délégués, il sera prélevé trois échantillons ; lorsqu'elles opéreront séparément, chacune prendra deux échantillons. On doit procéder avec le plus grand soin à la prise des échantil- lons. Pour les engrais et les substances alimentaires à l'état pulvérulent, il convient de sonder plusieurs sacs ou colis au moyen d'une sonde assez longue pour atteindre le milieu de ceux-ci et de mélanger inti- mementles diverses portions extraites; si le sondage n'est pas possi- ble, il faut vider plusieurs sacs ou colis sur une aire sèche et propre et prélever les tillons dans le tas, après que celui-ci aura été recoupé un grand nombre de fois à la pelle. Les échantillons de l'espèce doivent peser au moins un demi-kilo- gramme chacun. Pour les tourteaux, il faut casser au moins vingt-cinq pains en très petits morceaux, mélanger ceux-ci et en prendre ensuite des échantillons du poids d'environ un kilogramme chacun. Chaque échantillon sera mis dans un flacon en verre bien nettoyé et bien sec pour les engrais, dans un sac sans couture ou- dans une boîte en métal pour les substances alimentaires, et scellé à la cire ou au plomb, au moyen de deux cachets diftérents qui seront respecti- vement fournis par les parties ou par les témoins. Les trois ou les 1. La loi sur la falsification des engrais punit d'une amende de 100 fr. à 2000 fr. et d'un emprisonnement de quinze jours à six mois ceux qui auront falsilié les échan- tillons dont il s'agit. 2. Les agronomes de l'État et leurs adjoints sont tenus de faire ou de surveille!' la prise d'échantillons quand ils en sont requis par Tune ou l'autre des parties. LOIS Sun LA RÉPRESSION DE LA FRAUDE DES ENGRAIS. 249 quatre échanlillons prélevés comme il est dit plus haut seront expé- diés franco, dans le délai de quatre jours, an diiccteur du labora- toire qui doit faire l'analyse. Art. 6. — Les échanlillons doivent nécessairement être accompa- gnés d'un procès-verbal qui sera dressé conformément an modèle arrêté par la commission administrative de la station agronomique et des laboratoires agricoles de l'État, ou qui constatera tout au moins que ces échantillons proviennent d'une marchandise fournie par une maison placée sous le contrôle desdits laboratoires et qu'ils ont été prélevés dans les conditions prescrites par l'article précédent. Ce procès-verbal reproduira, sur cire, l'empi'einte des deux cachets apposés sur les échantillons et sera signé, suivant le cas, soit par les intéressés ou leurs mandataires, soit par les témoins. Le procès-verbal doit indiquer l'élément ou les éléments à doser. En l'absence de cette pièce, ou en cas d'irrégularité dans la prise des échantillons, ceux-ci ne seront pas admis à l'analyse gratuite du contrôle. Toutefois, si l'acheteur le demande, l'un des échantillons ({u'il aura fournis sera analysé à ses frais, à titre de renseignement, sans qu'il puisse baser une réclamation sur le résultat de cette opéra- tion. Le bulletin d'analyse portera la mention suivante : Analyse faite à litre de renseir/nement et ne pouvant servir de base à réclamation, par suite d'irrégularité dans la prise d'échantillon, Ai't. 7. — L'analyse de contrôle portera sur l'un quelconque des échantillons s'ils ont été prélevés de commun accord entre le vendeur et l'acheteur et sur l'un des échantillons fournis par l'acheteur, s'il n'y a pas eu entente piéalable entre les intéressés. Dans le premier cas, l'une des parties aura toujours le droit de faire analyser un second échantillon à ses frais, pour vérification, par un autre laboratoire agricole de l'Etat. Si l'écart entre les deux analyses ne dépasse pas une demi-unité pour les engrais, ou une demi-unité en matières grasses et deux imités en matières albiuni- noïdes pour les substances alimentaires, leur moyenne sera prise pour base de la transaction; s'il est plus considérable, une analyse gratuite du dernier échantillon pourra être demandée à un troisième 250 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIOUE. laboratoire agricole de l'État et l'on adoptera le titre intermédiaire, en écartant le plus faible et le plus élevé. Dans le second cas, si l'analyse de l'échantillon pris par l'acheteur à l'ariivée de la marchandise constate une différence avec la garan- tie, le vendeur aura le droit de faire analyser à ses frais, par un deuxième laboratoire de l'État, l'un des échantillons qu'il aura pré- levés ; si les parties n'arrivent pas à une transaction au moyen de deux analyses ainsi effectuées, elles feront analyser à frais communs le mélange des deux échantillons restants par un troisième labo- ratoire agricole de l'État, et l'on adoptera, comme ci-dessus, le titre intermédiaire pour le règlement de la facture. En prévision des diverses analyses dont il vient d'être question, les échantiUons tenus en réserve seront conservés par le directeur du la- boratoire qui les aura reçus, pendant trois mois s'il s'agit de matières fertilisantes et pendant deux mois s'il s'agit de matières alimentaires. Art. 8. — L'intéressé qui veut obtenir une analyse contradictoire par un second ou, le cas échéant, par un troisième laboratoire agri- cole de l'Etat, est tenu d'adresser à cet effet une demande au prési- dent de la commission administrative (rue Latérale, n" 1, àBruxelles), en y désignant le laboratoire qui doit être chargé de l'opération. Ladite commission réclamera alors, au directeur de l'étabhssement qui a fourni la première analyse de contrôle, l'échantillon à soumettre à l'analyse contradictoire et le fera parvenir au laboratoire indiqué. Art. 9. — - Le bulletin de l'analyse sera envoyé à l'acheteur et au vendeur, autant que possible dans la huitaine, à partir du jour de l'arrivée des échantillons au laboratoire pour les matières premières et dans la quinzaine pour les engrais composés. Si le vendeur n'est point connu, le duplicata qui lui est destiné sera remis à l'acheteur, qui devra l'expédier au premier endéans les quatre jours de la réception, sous peine de perdre son droit à récla- mation. En ce cas, il sera fait mention, en tête dudit duplicata, de celte obligation imposée à l'acheteur. Tout directeur de laboratoire, après qu'il a expédié les bulletins d'analyse relatifs à une fourniture contrôlée, est en droit d'exiger de l'acheteur communication de la facture qui s'y rapporte. Art. 10. — Dans le cas où le titre donné par l'analyse de contrôle LOIS SUR LA RÉPRESSION DE LA FRAUDK DKS ENCRAIS. 251 serait inférieui' au dosaye i;aiaiiLi de plus d'une demi-unité poul- ies engrais ou de plus d'une denu-uiiili' en matières grasses et de plus de deux unités .en matières albuminoidos ])our les subs- tances alimentaires (écart admissible ou latitude d'analyse), le con- tractant de première i)art s'enyoge à faii'e, pour le surplus, une diminution de prix calculée d'après la valeur facturée des élé- ments ipii manquent. La réduction peut être lixée de commun accord par les parties intéressées ou, si l'une des deux parties le demande, par le directeur du Ial»oratoire dans le ressort duquel l'acheteur se trouve. Art. 11. — Pour couvrir les frais du contrôle, le dénommé de première part payera en deux termes, dans le courant du mois de janvier et du mois de juillet de chaque année, la somme de \ entre les mains du secrétaire de la commission administrative de la station agronomique et des laboratoires agricoles de l'Etat. Il est accordé au contractant de première part une réduction de 25 p. 100 sur les prix du tarif officiel pour toutes les analyses qu'il demandera à ces laboratoires en dehors de celles qui se rapportent aux opérations du contrôle. Art. 12. — Si le contractant de première part vient à être déclaré judiciairement coupable do vol ou de concurrence déloyale, ou s'il ne remplit pas les obligations stipulées dans la présente convention, le contrôle lui sera retiré, sans que cette mesure entraîne aucune responsabilité pour la commission administrative qui l'aura prise ni pour aucun de ses membres. Art. 13. — La présente convention peut être résiliée de part et d'autre au 31 décembre de chaque année, moyennant un préavis de quinze jours. Fait en double, à Bruxelles, le 188 . Le Conlradanl de première part, Pour la commission administrative de la station agionomique et des laboratoires agricoles de l'Etat belge : Le Secrélaire, Le Président, 1. Cette somme sera (ixée eu égard à rimportance des ventes et au nombre pré- sumé d'analyses à Taire. STATIONS AGRONOMIQUES BELGES EXTRAIT DU PROCES-VERBAL DE LA REUNION ANNUELLE DES DIRECTEURS DES LABORATOIRES AGRICOLES DE L'ÉTAT Méthode de convention pour le dosage de l'acide phospho- rique « soluble dans l'eau et le citrate d'ammoniaque » dans les engrais. MM. Grispo, Mercier, de Molinari, Glasmacher, Warsage, Claes et Masson, respectivement Directeurs des laboratoires agricoles de l'État à Anvers, Hasselt, Liège, Gand, Mons, Louvain et Gembloux, se sont réunis le 21 février et le 29 mars 1888, sous la présidence de M. Petermann, directeur de la Station agronomique de l'État à Gembloux, délégué de la Commission administrative desdits établis- sements et ont rédigé de commun accord la marclie suivante pour le dosage de l'acide pbosphorique « soluble dans l'eau et le citrate d'ammoniaque ». Celte convention modifie celle passée d'abord en 1877 et renou- velée en 1884 \ La marche adoptée étant basée sur le même principe que celle usitée jusqu'à présent, modifiant celle-ci seulement dans les détails opératoires et fournissant d'ailleurs des résultats sensiblement les mêmes que l'ancienne méthode, sera appliquée dès maintenant: 2 grammes de superphosphate ordinaire ou 1 gramme de super- phosphate riche (titrant au delà de 20 p. 100) sont triturés dans un mortier sous l'eau; on jette sur un filtre et on continue le lavage jusque environ 200 cenlim. cubes; on ajoute au filtrat environ 1. Voir Bulletin de la Slatlnn agronomique de Gembloux, n" 33, et Bulletin du Ministère de l'agriculture, t. I. MÉTHODE POUR LE DOSAGE DE l'aCIDE PHOSPHORIQUE, 253 i centim. cube d'acide nitrique et le volume de la solution est porté à 250 centim. cubes. Le filtre et l'insoluble sont introduits directement dans un ballon jaugé de 250 centim. cubes avec 50 centim. cubes de citrate d'am- moniaque alcalin (formule Petermami ') ; on met digérer pendant une heure dans un bain-marie dont la température est maintenue de 38" à 40" C. Après refroidissement rapide, on remplit à la marque avec de l'eau distillée. De cette liqueur filtrée, on prélève 50 centim. cubes auxquels on ajoute 50 centim. cubes de la solution aqueuse ; ce mélange rendu acide est précipité par une quantité suffisante, soit environ 100 cen- tim. cubes de nilro-molybdate d'ammoniaque ^ Le reste de l'analyse se continue comme pour un dosage ordinaire d'acide pliospliorique, soit dissolution du phospho-molybdate dans l'ammoniaque et précipitation par la mixture de magnésie ^ Pour les engrais composés titrant au-dessous de 10 p. 100 d'acide phosphoriquc, la prise d'essai est de 4 grammes; pour ceux dont le titre est supérieur à 10 p. 100, la prise d'essai reste fixée à 2 gram- mes comme pour les superphosphates ordinaires. Pour les phosphates précipités, un gramme est traité avec 100 centim. cubes de citrate d'ammoniaque alcalin. 1. Préparation du citrate d'ammoniaque adoptée en 1877 : 500 grammes d'acide ci- trique sont dissous dans l'ammoniaque concentrée (D. 0, 92), jusqu'à réaction neutre. 11 faut environ 700 centim. cubes et il est recommandé, pour éviter un trop fort échauf- fement, de recouvrir au préalable, d'oau distillée, les cristaux d'acide citrique. Ou amène la concentration du liquide à la densité de 1.09 à 15° cent, et alors on ajoute par litre 50 centim. cubes d'ammoniaque concentrée (D. 0, 92). 2. Préparation du nitro-molybdate d'ammoniaque: 100 grammes d'acide niolybdique, 450 grammes d'aiiinioniaquo, d'une densité de 0,90, 1250 grammes d'acide azoti(|ue, dune densité de 1,20. On laisse reposer 4S heures et on filtre. (Convention du 27 jan- vier 188G.) 3. Préparation de la mixture de magnésie : 100 grammes de chlorure de magnésium cristallisé, 200 grammes de chlorure d'ammonium, lOO grammes d'ammoniaque, d'une densité de 0,9G. On porte le volume à 1250 cent, cubes avec de l'eau distillée et on filtre après repos. (Convention du 27 janvier 188G.) RECHERCHES SUR LA CULTURE DE LA BETTERAVE A SUCRE Par A. PETERMANN DIRECTEUU DE LA STATION AGKONOMIQOE DE l/ÉTAT A GEMBLOUJC Essais sur l'application du chlorure de potassium à la betterave à sucre en terre forte. Une récolte de 40000 kilogr. de betteraves à sucre enlève au sol qui l'a produite environ 64 kilogr. d'azote, 32 kilogr. d'acide phos- phorique et 156 kilogr. de potasse'. La proportion considérable de ce dernier élément a, dès les pre- mières étapes de l'emploi des engrais artificiels, attiré l'attention des agronomes sur la nécessité de restituer sous forme de sels alcalins la potasse enlevée au sol. Mais les résultats obtenus n'ont guère été conformes aux prévi- sions ; il suffit, en effet, de parcourir les traités spéciaux et d'exa- miner surtout le résumé si complet, publié par Marcker^ de pres- que tous les essais de fumure à l'aide de sels de potasse exécutés en Allemagne, en France et en Angleterre, pour se convaincre qu'il n'existe peut-être pas de question de chimie agricole sur laquelle l'accord soit si peu fait que sur celle de l'application comme engrais des sels potassiques. 1. La Composition moyenne des principales plantes cultivées, par A. PETEdWANN, o" édition. 2. Die Kalisalze und ihre Anwendung in dcr Landwirthschaft. CULTURK DE LA BETTERAVE A SUCRE. 255 Malgré toutes les conti-adictions dans les résultats obtenus pailes divers expérimentateurs, un fait est néanmoins fréquemment ob- servé dans ces recberches : c'est l'effet nuisible exercé par les sels de potasse et particulièrement par le clilorure de potassium sur la production de la fécule dans la pomme de terre et sur celle du sucre dans la betterave. « Il faut, dit Wolff, être circonspect lors de l'em- ploi des engrais potassiques, tout parliculièi'cment à la betterave à sucre, afin d'éviter leur action nuisible sur la qualité du produit principal '. » Il ressort aussi de beaucoup d'études publiées sur la question qui nous occupe que ce n'est pas chez les plantes de la grande culture les plus riches en potasse, que la végétation est le plus favorisée par ra[>plication de sels potassiques. La richesse naturelle en potasse du sol arable ne suffit pas pour expliquer cette contradiction entre les déductions de la théorie et les résultats de la pratique. Il est vrai, d'une part, que la majorité des terres afleclées à la culture de la betterave à sucre sont relati- vement riches en potasse : Miircker a constaté dans la province de Saxe 0.97 à 2.34, Jouhe dans l'Oise et le Nord 0.G6 à 3.6, Nantier dans la Somme 1.000, Grandeau et nous dans les terres noires de Podolie 1.3 à 3.3 de potasse pour mille et le sol sablo-argileux de Gembloux nous en a donué 0.7(i pour mille. Mais on sait, d'autre part, que ces titres représentent la proportion de potasse soluble dans l'acide chlorhydrique, réactif énergique qui met naturellement en solution non seulement la partie immédiatement assimilable, mais aussi une partie au moins de la réserve du sol. Les chimistes agricoles — et Wagner insiste beaucoup sur ce point dans ses écrits — ont donc été amenés par la force des choses à attribuer à certaines plantes une aptitude toute spéciale à l'etirer la potasse qui leur est nécessaire, même des combinaisons les plus insolubles et de dissolutions très diluées. Dans ce cas, une fumure directe avec un engrais potassique peut donc être inutile et il serait plus rationnel d'applif|uer les sels de potasse en excès à la récolte précédente. Tout en évitant l'action nuisible de certaines combinai- 1. Les Engrais. Traduction de A. Daniseaux. 256 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sons potassiques, on respecterait la loi de la restitution. Ceci est en effet indispensable : les besoins de la betterave en cet élément sont très grands et M. Kohlrausch et nous ^j avons reconnu, dans des es- sais de culture établis dans un sol artificiel exempt de potasse, que la formation du sucre est en rapport avec la quantité de cet élément ajoutée. L'utilité de la potasse comme élément nutritif n'est donc pas en cause, mais la question est de savoir quels sont l'état chimique et le mode d'application le plus convenables pour fournir à la bette- rave la potasse qui lui est nécessaire pour sa croissance normale. Tel était à peu près l'état de nos connaissances en cette matière depuis la publication du travail de Miircker cité plus haut. L'importance que possède cette question pour la production de la betterave en Belgique, où cette culture se fait presque exclusive- ment en sol argilo-sablonneux et sablo-argileux, nous a engagé à contribuer par des essais personnels à élucider les doutes qui exis- tent sur l'efficacité des engrais potassiques. La première question que nous nous sommes posée est celle-ci : Le chlorure de potassium convient-il pour être employé directement à la betterave à sucre en sol s ahlo -argileux en bon état de cul- ture ? Ces essais ont été entrepris en 1883 et 1884. Quoique les résultats auxquels nous étions arrivé pendant ces deux années fussent suffisamment concordants, nous avons voulu, avant de les pubfier, les contrôler par une troisième année d'expé- riences. C'est ce qui a pu être fait seulement en 1887, les champs d'expériences étant occupés en 1885 par l'étude d'autres questions. Expériences de 1883 ^ Champ d'expériences établi à Gembloux, sol sablo-argileux. Sur- face des parcelles : 6'",-40/14'",60 = 93'"^44. 16 lignes à 58 poquets, soit 928 plants, nombre qui a été main- 1. Organ des Vereins fur Rûbenzucker- Industrie, 1872. 2. ÎN'ous avons exécuté les expériences de 188^ et 1884 avec le concours de M. Warsage, actuellement directeur du laboratoire agricole de FÉtat, à Mons, et de M. de Marneffe, préparateur-chimiste. Le premier a été chargé de la surveillance des opérations culturales, le second, des analyses. CULTURE DE LA BETTERAVE A SUCRE. 257 tenu pendant toute la durée de l'expérience, en procédant à deux reprises dilTérentes au rej)iquage des quelques betteraves man- quantes. Variété : Breslau acclimatée par Vilmcu'in. Dose et composition des engrais à l'hectare (point de fumier de ferme). Fvmuvc principale : 500 kilogr. de nitrate de soude (15.53 p. 100 d'azote nitri(jue). 800 kilogr. de superphosphate de chaux (14.51 p. 100 d'acide phosphorique anhydre solubledansle citrate d'ammoniaque alcalin). Fnmurc addilionnelle : I" série. — \W^,1 de chlorure de potassium (51.84 p. 100 de potasse anhydre soluble dans l'eau) = 75 kilogr. de potasse à l'hec- tare. — IP série. — 289''^,4 de chlorure de potassium = 150 kilogr. de potasse à l'hectare. Les engrais ont été semés à la volée le 24 avril et enterrés ensuite à la bêche à la profondeur de 20 centimètres. La disposition des carrés d'essais est figurée sur le plan suivant : Sans engrais. Azote -f acide phosphorique. Azote -f acide phosphorique -f faible fu- mure de po- tasse. Azote + acide phosphorique -\- forte fu- mure de po- tasse. Azote 4- acide phosphorique -\- forte fu- mure de po- tasse. Azote -f acide phosphorique + faible fu- mure de po- tasse. Azote + acide phosphorique. Sans engrais. 25 avril : Plantation. — 8 mai : Commencement de la levée. — 10 mai : Levée complète. — 22 mai : Premier binage. — 8 juin: Second binage et démariage. — 10 octobre : Récolte. Eau tombée du 20 avril au 10 octobre: 404'"'",5. — Durée de la ANN. SCIENCE AGRON. — 1887. — II. 17 258 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. végétation : 155 jours. — Les racines sont restées un jour étalées sur le sol, elles ont été soigneusement nettoyées et pesées ensuite. La quantité de terre restée adhérente, malgré le nettoyage, a été déterminée pour chaque parcelle isolément et l'on a tenu compte de l'inlluence exercée par les betteraves des bords des parcelles, qui sont toujours plus fortes que celles de l'intérieur \ Rendement en kilogr. et richesse saccharine des betteraves du champ d'expériences de 1883. RAPPORT SUCRE des s^CRE prytjuit racines P- *^*^ à l'hectare aux Je on feuilles, betteraves, kilogr. FEUILLES RACINES par par hectare. hectare. l--- Sans L-ngrais 25G85 47S27 !" Moyennes .... 237.J8 50792 24722 49310 oa Azotft -4- acide phosphorique. . 40203 G6027 Ob Moyennes .... 3G210 61873 38207 63950 3" Azote -4- ac'.de phosphorique -h faible fumtirc de potasse. . . 34835 66074 3" Azote -+- acide pliosphorique -4- faible fumure de potasse. . . Moyennes .... 321 OG 64554 33471 65311 0.54 11.26 » 0.47 11.67 » 0.51 11.47 5656 O.Gl 12.G6 » 0.58 12.51 O.GO 12.59 8051 0.53 .11.48 0.50 11.90 4" Azote -I- acide phosphorique forte fumure de potasse. . 4'' Âzole -+- acide phosphorique forte fumure de potasse . . Moyennes . . . 0.52 11. G9 7G3i 33G04 66748 0.50 10.62 31571 65871 0.48 10.40 32588 66310 0.49 10.51 G969 EXPÉRIENCES DE 1884. Les essais de 1884 ont été disposés absolument comme ceux de 1883. Les parcelles se trouvaient dans le même champ à côté de l'emplacement occupé par l'expérience de l'année précédente. Variété : Klein Wanzleben originale (Rabbethge et Giesecker). Mêmes engrais et même proportion qu'en 1883. 1. Nous avons établi, lors des expériences antérieures, que cette influence produit pour des parcelles d'une are une augmentation d'environ 2 p. 100 de la récolte totale. Cl LTURE DE LA BETTERAVE A SUCRE. 259 19 avril : Les engrais ont été semés à la volée et enterrés ensuite à la bêche à la profondeur de 20 centimètres. — 21 avril : Planta- tion. — mai : Levée des parcelles sans engrais. — (S mai : Levée des autres parcelles. — 14 mai : Premier binage. — 26 mai: Se- cond binage, éclaircissage. — l.^juin : Dernier binage et démariage, — Récolte le 27 octobre, après une durée de la végétation de 174 jours. Eau tombée du 21 avril au 27 octobre : 401 millimètres. Rendement en kilogr. et richesse saccharine des betteraves du champ d'expériences de 1884. 1' Sans engrais 1" - FEUlIiLES par hectare. 25620 2 4 2 1 2 2* Azote Moyennes .... acide pliosphorique. . Moyennes .... 3^ Azote -h acide phosphorique -+- faible fumure de potasse. . . H*" Azote -1- acide phosphorique -+- faible fumure de potasse. . . Moyennes .... 4' Azote ■+- acide phosphorique -4- forte fumure de potasse . . . ■i'' Azote ■+■ acide phosphorique •+■ forte fumure de potasse. . . Moyennes .... 41163 38940 40205 37500 43004 44884 43944 UACINES par hectare. 52711 '^^^^"'^ SUCRE «'^^Z^, (les produit racines P- ^^^ à l'hectare aux de en feuilles, betteraves, kilogr. 1 : 0.49 49320 0.49 11.55 11.81 G9829 65185 0.59 G. GO 12.42 12.45 40053 67507 0.60 12.44 70953 67481 0.57 11.78 0.5G 11.94 6890G 0.62 11.57 72629 70768 0.62 11.37 24916 51016 0.49 11.68 5959 8398 38S53 69217 0.57 11.86 8209 0.62 11.47 «117 EXPÉRIENCES DE 1887*. Le champ est celui qui a servi précédemment aux essais de 1884. Depuis, il a porté, sans engrais, en 1885 des féveroles et en 1880 1 . Nous avons été assisté dans les essais de 1 887 par M. de Marneffe, qui s'est occupé particulièrement du champ, et par M. Graftiau, qui a exécuté les analyses des engrais et des betteraves. 260 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. du froment, afin d'épuiser le sol en arrière- engrais et de rendre les parcelles homogènes sous ce rapport et partant comparables. Tout le champ a été bêché en novembre 1886. — Surface des parcelles: 6"\40/14'",84 = 95"'-. Dose et composition des engrais à l'hectare (point de fumier de ferme). Fumure principale : 400 kilogr. de nitrate de soude (15.51 p. 100 d'azote nitrique). 819 kilogr. de superphosphate (12.21 p. 100 d'acide phosphorique anhydre soluble dans le citrate d'ammoniaque alcahn). Fiimure additionnelle : 75 kilogr. de potasse anhydre à l'hectare donnés, dans deux essais, à l'état de chlorure de potassium (titrant 48.39 p. 100 de potasse anhydre soluble dans l'eau) ; dans deux autres, à l'état de sulfate de potassium (titrant 47.54 p. 100 de potasse anhydre soluble dans l'eau). , Les engrais ont été apphqués le 4 avril; semés à la volée, ils ont été enterrés ensuite à la bêche à 20 centimètres de profondeur. Le champ a été ensuite hersé et roulé. La disposition des carrés d'es- sais était la suivante : Sans eugi-ais. Azote + acide phosphorique. Azote -)- acide phosphorique -f potasse à l'état de chlo- rure. Azote 4- acide phosphorique + potasse à l'état de sul- fate. Azote + acide phosphorique + potasse à l'état de sul- fate. r Azote + acide phosphorique + potasse à l'état de chlo- rure. Azote + acide phosphorique. Sans engrais. 19 avril : Plantation à raison de 36 kilogr. de graine à l'hectare. Variété : Impériale blanche, reproduction de MM. Montois et Minet, CULTURE DE LA BETTERAVE A SUCRE. 261 à Lille. Chaque parcelle ilc \)j'"' comptail 15 lignes à 40 cenlimètres lie distance et 79 poquets à O'",18o de distance moyenne, soit 1,185 plants par parcelle. — 2 mai : Commencement de la levée. — •4 mai : Toutes les lignes sont bien marquées. — C mai : Levée complète et très régulière. — 10 mai : Premier binage. — l'^'juin : Deuxième binage et démariage. La longue période de sécheresse ([ui a régné en 1887, à partir de cette époque, a arrêté le dévelop- pement des betteraves, mais elles ont traversé heureusement celte crise et, vers la mi-juillet, l'essai pouvait être considéré comme réussi. — M octobre : Récolte après une végétation de 175 jours ; hauteur de pluie pendant l'expérience : 300 millimètres, donc moins qu'en 1883 et qu'en 1884. La pesée des betteraves ayant dû être laite [)endant une période de pluie, nous avons été obligé de renon- cer à prendre le poids des feuilles, celles-ci étant trop mouillées. L'analyse des betteraves a été faite par l'épuisement alcoolique. Rendement en kilogr. et richesse saccharine des betteraves du champ d'expériences de 1887. RACINES SUCRE SUCRE p. 100 produit P»'" de à hectare. betteraves, l'hectare. P Sans engrais 423G9 » » l*» — .... ; 45i'J4 I) ■) Moyennes 43932 Ii.53 G384 2" Azote ■+■ acide phosphorique 46764 » » 2" — — 49365 » » Moyennes 48066 15.00 7210 :>" Azote ■+- acide phosphorique ■+■ potasse comme chlorure 48664 » » 3" Azote ■+■ acide phosphorique -I- potasse comme chlorure 49465 ' » Moyennes 49065 14.03 6884 4* A/ote ■+■ acide phosphorique ■+■ potasse comme sulfate 49116 » . 4'' Azote -h acide phosphorique -»- potasse comme sulfate 19211 « « Moyennes 49164 14.32 7040 262 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Discussion des expériences de 1883, 1884 et 1887. En examinant les chiffres des trois tableaux précédents, on cons- tate tout d'abord, comme dans toutes nos recherches antérieures, l'excellent effet produit sur la betterave à sucre par un mélange de nitrate de soude et de superphosphate de chaux ; le rendement comme la richesse ont été des plus favorablement influencés. 1883. 1884. . ^^^l- , Anuee sèche. Augmentation du rendement en kilogr. à l'hectare. 14G40 16491 4133 — de la richesse en p. 100 de la bet- terave i.l:^ 0.76 0.47 Passons maintenant au point pi'incipal que nous avons cherché à élucider dans cette étude : Quelle a élé l'influence de l'addition de chlorure de potassium à la formule-type de superphosphate azoté? La comparaison des parcelles « azote + acide phosphorique » avec les parcelles a azote + acide phosphorique + potasse » nous fournit les résultats suivants : 1QDQ 1SS4- loo/. Année sèche. Augmentation du rendement en kilogr. à l'hectare pro- duit par 75 kilogr. de potasse 1364 1710 1000 Augmentation du rendement en kilogr. à Thectare produit par 150 kilogr. de potasse 2360 3261 » Le surcroît de récolte obtenu par l'emploi de la potasse est peu important; il atteint pour la faible fumure de potasse respectivement 2.1, 2.5 et 2.2 p. 100 et pour la forte fumure 3.7 et 4.8 p. 100. Mais, quoique ces augmentations de poids tombent encore dans les limites des écarts que l'on observe dans des expériences de culture pour des parcelles identiquement traitées, nous n'hésitons pas à les attribuer à la potasse, vu la régularité avec laquelle elles se sont produites dans tous nos essais. Nous rencontrons, en effet, cette majoration de la récolte dans toute la série des expériences pour les trois variétés de betteraves employées et dans trois années d'essais. Si un effet favorable du chlorure de potassium sur la production CULTURK DE LA BETTERAVE A SUCRE. '2{î?> nous paraît indiscutable, Tapplicalion de cette matière fertilisante a produit, d'autre part, une dépression de l'élaboraiion saccharine. Le relevé suivant l'établit nettement: ISSi. ISSl. 1«87. liichesse saccharine des betteraves sans engrais 11. -17 ll.tiS li.â;{ — — au superphosphate nitrique sans fumure potassique au chlorure 12. 59 12.41 l.j.OO lUchesse saccharine des betteraves au superpiioiphate ni- trique avec faible l'umure potassique au chiurure . . . . 11. cy U.SG ti.03 Kichesse saccharine des betteraves au superphosphate ni- trique avec forte fumure potassique au chlorure .... 10.51 11.17 » La ùimiiuiliou de la riclicsse sous l'innucnce de l'engrais potas- sique est ti'cs sensible. La fumure de 150 kilogr. de chlorure de po- tassium a même, pendant les aimées humides, complètement annulé l'elTet favorable exercé sur la formation du sucre par une application de superphosphate azotée à dose raisonnable. Porté àoOO kilogr. à l'hectare, le chlorure de potassium fait même descendre le litre en dessous de la richesse de la betterave produite ^ans aucun engrais. En 1887, année excessivement sèche, une dose de 150 kilogr. de chlorure de potassium a déjà occasionné le même (-'U'et nuisible : abaissement de la richesse en dessous de celle des betteraves sans engrais. Le chlorure de potassium a donc été dans nos essais manifestement nuisible à la formation du sucre. Celte dépression de la richesse saccharine constatée dans tous nus essais est-elle compensée au moins par l'acci'oissement en poids de la récolte ? Nullement. Le but de la culture betleravière étant évidennnent de produire au plus bas prix possible le plus de sucre à l'hectare, c'est naturel- lement à ce point de vue surtout que nous devons apprécier les ré- sultats de nos recherches. Kilogrammes de sucre produit à l'hectare. 18S3. I88t. lfS7. Moyenne des parcelles sans engrais ôGôG — au superphosphate nitrique. 80.jl — au superphosphate nitrique •+■ 7j kilogr. de potasse . 7G;JJ .Moyenne des parcelles au superphosphate nitrique ^- l.jO kilogr. dépotasse G9C9 5969 G38i S39S 7210 8209 G881 8117 a 264 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Il est donc incontestable que dans nos expériences la fumure po- tassique a constitué en perte, que l'on peut aisément traduire en argent lorsqu'on compte le chlorure de potassium à 20 fr. les iOO kilogr., frais de port et d'application compris, et la betterave au prix de 20 fr. les 1000 kilogr. titrant 41 p. 100 avec majoration ou diminution de 3 fr. par kilogramme de sucre en plus ou en moins. Essais avec 150 kilogr, de chlorure de potassium à l'hectare. 1883. 1884. 1887. Frais de fumure 30^00= 30^,00'= 30^,00 Dépréciation de la récolte 142 5G 78 85 110 78 c Perte totale 172^,56= 108^,85'= li0f,78<' Ces chiffres sont naturellement plus élevés encore pour les deux séries à 300 kilogr. de chlorure de potassium. Nous avions au commencement de 1887 l'intention d'étendre nos recherches à d'autres sels de potasse, particulièrement au sulfate et au phosphate. Ces essais doivent nécessairement être établis à côté d'essais au chlorure, mais notre champ étant occupé par une étude sur les scories de déphosphoration, commencée déjà avant l'hiver de 1887, nous n'avons pu consacrer que deux parcelles au sulfate de potasse. L'effet produit ne diffère guère de celui obtenu parle chlorure: légère augmentation du rendement, mais diminu- tion de la richesse saccharine, un peu moins sensible pourtant que celle produite par la potasse à l'état de chlorure. Gomme nous n'a- vons encore que l'expérience d'une seule année, nous ne nous y arrêterons pas et nous ne citons l'essai qu'à titre de simple rensei- gnement. Nous pensons pouvoir résumer de la manière suivante les conclu- sions à tirer des recherches dont nous venons de rendre compte : Dans le sol sablo-argilcux du champ d'expériences de Gemhloux, renfermant 0.78 pour mille de potasse anhydre soluble dans l'acide chlorhydrique, le chlorure de potassium, additionné au superphos- phate nitrique, à la dose de 15 et de i50kilogr.de potasse à l'hectare, a faiblement augmenté le poids de la récolte de la betterave, et cela CULTURE DE LA BETTERAVE A SUCRE. 2i)5 tUms trois années d'expérlmenlallon avec diverses variétés. Main cet engrais potassique a exercé une dépression de la richesse saccharine si sensible que, malgré V augmentation du rendement, le poids du sucre produit à l'hectare s'est considérablement abaissé et a consti- tué cette culture en perte. Conformément à nos recherches antérieures, la fumure de 4(J0 à 500 kilogr. de nitrate de soude et de 800 kilogr. de superphosphate de chaux a été aussi, dans ces nouveaux essais, une source de béné- fice, même très considérable dans les années relativement humides de 18S3 et 1884. Les résultats des recherches que nous venons de résumer sont assez concordants et conckiants pour engager le producteur de het- teraves à sucre, se trouvant dans les mêmes conditions de sol et de culture, à répéter nos essais. Préoccupés de la teneur en potasse de la hetterave que la chimie leur renseigne et gagnés à la doctrine de la restitution, beaucoup de cultivateurs appliquent directement à la betterave à sucre des doses plus ou moins élevées de chlorure de potassium. Mais il me paraît maintenant plus (pie probable que dans beaucoup de cas celtn i'umure les constituera en perte sérieuse. Le chlorure de potassium est-il nuisible également lorsqu'on l'applique avant l'hiver ou même à la récolte précédente, pratique qui permet d'espérer des doubles décompositions ayant pour ré- sultat la descente vers les couches profondes des chlorures de so- dium, de calcium et de magnésium, et l'absorption par les particules terreuses de la potasse à l'état de carbonate, de phosphate ou d'hu- mate? Faudra-t-il s'imposer l'achat de la potasse à l'état de sulfate, de carbonate, de phosphate ou même de nitrate, combinaisons dans lesquelles elle est cotée à un prix plus élevé (jue dans le chlorure? Ce sont là des questions dont la solution est l'objectif de nos recher- ches actuellement en cours. LE FUMIER DE TOURBE Par A. PETERMANN UiKECTRUR DS Ij.\ STATION AGRONOMIQtJE DB l'ÉI'AT A C.EMBL.O(;x On sait depuis longtemps que la lourbe sèche convient fort bien à l'absorption des excréments des bommes et des animaux. De toutes les matières employées comme litière, c'est la tourbe qui, pour un même poids, absorbe le plus grand volume d'eau. Le tableau suivant nous donne à cet égard des chifiires intéressants : 100 kilogr. de genêt retiennent 111 lilres. , — de bruyère retiennent l'JO — f ,, . ■' f l'eteriiiann. — de fougère retiennent 212 — i — de paille de froment retiennent. . 254 — / — — de seigle retiennent. , . 389 — | ,,. ., — de tourbe retiennent S'jj — ) — — — 7 à 900 — Wolff. Le pouvoir absorbant de la tourbe pour les gaz n'est pas moins considérable. L'atmosphère de deux écuries de l'école vétérinaire de Hanovre, offrant les mêmes dimensions, 3™, 40 de long, 4 mètres de large, sur 4'", 20 de haut, dans chacune desquelles étaient logés deux chevaux se trouvant dans les mêmes conditions, renfermait par litre les quantités suivantes d'ammoniaque exprimées en gi^am- mes: I"^* ÉCUUIE. II ÉCUltIK. Litière de puiUe. Litière de tourbe. 1er jour 0.0012 0.0000 2« — 0.0028 0.0000 3*= — 0.0045 0.0000 4« — 0.0081 0.0000 ;j<^ — . . . 0.0153 Traces. 6^ — O.OIGS 0.0010 LE FIMIER DE TOURBE. 2GT En ajoutant à la propriété précieuse que possède la tourbe de re- tenir fortement l'ammoniaque liquide et gazeuse, cet autre avantage ((u'elle renferme déjà elle-même une assez forte proportion d'azote (0.^ à 2.0 p. 100), on comprend que le fumier de tourbe doi! être plus riche que le fumier à base de litière paillcuse. Si, malgré ces excellentes qualités, l'emploi de la tourbe coiuiu!' btière — en dehors des cas spéciaux de quelques fermes possédant elles-mêmes des tourbières — n'a progresse que lentement et n'a pris un développement quelque peu important (jue depuis trois ou (piatre ans, il faut en trouver la raison principalement dans les trois causes suivantes : 1° toutes les tourbes ne conviennent pas; 2" la tourbe, pour fournir une bonne litière, exige une préparation spéciale; 3" le cultivateur a des doutes sur l'efficacité du fumier de tourbe. Les deux premiers points sont entièrement résolus depuis que l'on se borne à l'utilisation de la tourbe « mousseuse » et depuis que des fabriques spéciales soumettent celle-ci, après dessiccation, à un cardage mécanique. La tourbe-litière préparée industriellement se présente en effet maintenant à l'état spongieux; elle est tibreuse, sèche sans être poussiéreuse. Comprimée fortement en balles, comme on le fait pour le transport du foin, la tourbe-litière n'est pas encombrante. Son prix, 3 à 4 IV. les 100 kilogr., est très abordable lorsqu'on tient compte de ce que, d'après les chiffres cités plus haut et les enseignements de la grande pratique, 100 kilogr. produisent le môme effet comme litière que 210 à 225 kilogr. de paille et de la grande supériorité de la tourbe comme matière absorbante de l'ammoniaque. L'efficacité du fumier de tourbe est constatée par de nombreux expérimentateurs. Résumant les recherches faites à cet égard, M. Fleischer, directeur de la station agronomique de Brème, a net- tement étabh que le fumier de tourbe peut être employé aussi bien que le fumier ordinaire en terre légère, sablonneuse, calcaire, ar- silo-sablonneuse et sablo-argileuse. Pour le moment, en al tendant des essais plus nombreux, on ne doit pas l'appliquer aux terres ar- gileuses proprement dites, terres « lourdes », suitout lorsqu'elles ne sont pas drainées. Le pouvoir absorbant excessivemenl énergique de la tourbe pour l'eau rendrait ces terres encore plus humides et 268 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. compactes, entravant ainsi la nitrification, et paralyserait les bons etlets sur lesquels on a le droit de compter en enterrant une forte quantité de matières organiques sous forme de fumier. Quant à la composition du fumier de tourbe, on consultera utile- ment le tableau ci-après donnant les résultats des analyses faites à la station agronomique dans les dernières années. Ces chiffres montrent le bon emploi que l'on peut faire de la tourbe-litière lorsque l'on veut ou doit réduire l'application des pailles, soit pour cause de pénurie, soit que l'on trouve plus écono- mique leur utilisation dans l'industrie ou comme fourrage, question sur laquelle M. Lecouteux a insisté dernièrement, avec beaucoup de raison, dans le Journal d' agriculture pratique. Le second tableau démontre qu'en moyenne le fumier de tourbe est plus riche en éléments fertilisants que le fumier à litière de paille. La propagation de l'emploi de la tourbe-litière constituerait par conséquent un progrès réel. Malheureusement, elle se heurte contre cette difficulté : les baux interdisent généralement la vente des pailles. Il est cependant hors de doute que le grand principe de la conservation de la fertilité du sol serait parfaitement garanti par le rachat d'un poids de tourbe sèche, moitié de celui de la paille ex- portée. Composition du fumier de tourbe à l'état frais. Kau. , , > 1. H. III. IV. V. VI. VII. » )> » » 5.50 3.90 2.10 VIII. i.\. (j95.15 273.09 31.76 787.00 183.08 29.92 553.09 345.75 101.16 648.50 278.50 73.00 705.10 218.90 76.00 719.50 225.00 55.50 » )) )> 1) 6.10 7. -10 3.40 » 3.67 2.64 2.31 l\Iatièi-es organiques'. . — minérales - . . 1. Konfermant: Azote ammoniacal. . . . — organique soluble. — — insoluble Azote total . . . 2. Kenfennaut: Potasse anhydre totale. . Acide pUosphor. anhydre total 1000.00 1000.00 1000.00 1000.00 1000.00 1000.00 1.37 1.43 3.71 1.43 1.62 2.25 1.03 1.60 7.01 6.00 G. 10 3.60 7.20 4.60 3.90 5.10 9.30 4.60 6.51 4.05 3.54 5.30 4.98 2.83 9.64 8.19 5.40 LE FUMIER DE TOURBE. 269 Comparaison entre le fumier de tourbe et le fumier ordinaire. Eau Matières organiques — minérales Azote total Potasse anbydre totale . . . , Acide phosphor. anhydre total FUMIER F U M I E K K D 1 N A 1 K E. de toinlie. D'après Petermanii'. D'après Knop. à. ^ ^ 1 ■-1 il «5 = ■ Cl n b 2 G84.7 760.0 793.0 760.0 750.0 730.0 251.1 180.0 » .. )> » 61.2 60.0 » " " 1000.0 1000.0 n » » » G.l 5. y Ll 6.4: 3.9 3.2 5.7 3.0 » 3.2 4.5 8.2 3.5 1.5 2.0 2.3 1.8 3.6 C i 764.31 182.35 53.34 1000.00 6.75 5.23 4.02 1. Moyenne de 9 analyses. 2. — 2 — NOTE ADDITIOMELLE AU MÉMOIRE SUR LE DOSAGE RAPIDE DU CARBONATE DE CHAUX ACTIF DANS LES TERRES De M. Paul de MONDESIR' M. Gagnebien a eu l'idée heureuse d'emboîter mon flacon d'essai dans une monture en bois très analogue aux supports pour un seul entonnoir. La pièce mobile le long de la tige verticale au lieu d'être percée en cône est taillée de manière à laisser passer le goulot et à épouser la forme de la partie supérieure du flacon. On secoue en- semble flacon et support en tenant ce dernier avec les deux mains, et si on a soin de prendre la terre et l'eau à la température ambiante, l'échaufTement pendant l'opération est si faible qu'on peut le né- gliger '. Un mètre pliant est fixé par son extrémité à la planchette de base, et une petite pince adaptée à la pièce mobile du support maintient le bout du tube quand on ne s'en sert pas pour mesurer le niveau. Ces dispositions peuvent également être appliquées au flacon à tube entièrement en verre sauf que ce tube doit alors être vertical et fixé contre le mètre. On remplit d'eau la poche de caoutchouc et le tube, beaucoup plus aisément que ne l'indique le mémoire, en opérant comme suit: La poche et son tube étant en place, on ferme le goulot du flacon par un bouchon muni d'un tube qui permet de souffler ou d'aspirer dans le flacon. L'extrémité libre du tube de la poche est plongée 1. 'So'iv Annales de la Science agronomique française et étrangère, 188G, t. 11, p. 313. 2. La figure ci-contre représente l'appareil pour les dispositions duquel nous ren- verrons il la description donnée dans le V mémoire. DOSAGE RAPIDE DU CARBONATE DE CHAUX ACTIF. 271 dans de l'eau ; on soiiHlant dans le flacon on aplatit la poche pour expulser son air, puis on aspire jusqu'à ce que l'eau qui arrive dans la poche lui ail donné une tension élastique; on abandonne le tube 1l,|iii!lllili:iillll!illliiiiiliiiilitiiiiiiiiiiiiii;iiiiiiii!ii:i!iiii^ Appareil pour le dosage rapide du carbonate de chaux actif dans les terres. aspirateur, en tenant le flacon dans une position telle que la tubulure de la poche soit dirigée en haut, la poche se conlraclc et expulse 272 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tuir par le tube. Au besoin on recommence. Le même procédé s'applique au flacon à tube de verre en plaçant le flacon de manière que le tube soit à peu près horizontal et en adaptant à son extrémité un bout de tube de caoutchouc qui plonge dans l'eau. L'eau mise dans le flacon pour chaque opération doit être saturée d'air avant toute mesure de niveau dans le tube. Lorsqu'on opère sur un poids de 50 ou 100 grammes de terre, l'agitation nécessaire pour délayer cette terre opère la saturation, mais il n'en est pas de même dans les tarages, les analyses de calcaires ou les essais sur des terres dont on n'emploie qu'une très petite dose qui se délaye d'elle-même. Dans ces cas divers si l'agitation que j'ai recommandée pour uniformiser la température et la tension de la vapeur d'eau est négligée , ou n'est pas suffisante pour saturer l'eau , celle-ci absorbe plus tard un peu de l'atmosphère du flacon. 11 en résulte des discordances qui, sans entraîner des erreurs bien considérables, troublent l'esprit de l'opérateur qui peut être très longtemps à en reconnaître la cause. Il est donc essentiel d'agiter toujours pendant une minute après avoir versé l'eau. Il est encore préférable, surtout si on a plusieurs essais à faire, de mettre sa provision d'eau dans un flacon à moitié rempU qu'on agite pendant une minute. L'eau dis- tillée des laboratoires est généralement très éloignée de la saturation. Je conseille de supprimer les tarages pour les flacons à tube de caoutchouc et de les remplacer par l'emploi de la table ci-dessous : CONTENANCE 125 CENT. CtIB. 150 CENT. cnB. CONTENANCE 125 CENT. CUB. 150 CENT. CUB. du flacon d'eau. d'eau. du flacon d'eau. d'eau. en cent. cub. 15». 494 20". 517 25°. 541 l5o. 20». » 250. en cent. cub. 15°. 417 20°. 435 25". 453 15°. 416 20". 436 25°. 480 570 456 490 484 506 529 » 1) 580 410 427 445 409 428 448 500 474 49G 518 II » 590 403 420 437 402 421 440 510 4G5 486 508 II I) 600 396 413 430 395 414 432 520 45G 17 7 498 1) 11 610 390 40G 423 389 407 425 530 448 4G8 488 II II 620 384 400 416 383 400 418 540 440 4 GO 479 439 460 482 630 378 394 409 377 393 411 550 4.32 451 470 431 451 473 G40 II I) 11 371 387 404 5G0 424 443 461 423 443 4G4 650 u » II 365 381 398 DOSAGE RAPIDE DU CARBONATE DE CHAUX ACTIF. 273 Pour se servir de cette table, le flacon étant monté, sa poche et le lube remplis d'eau, l'extrémité du tube fermée par le petit bouchon, on pèse le flacon, puis on le repèse rempli d'eau jusqu'au bouchon du youlot. La différence des deux poids, en grammes, donne la contenance du flacon en centimètres cubes. Supposons qu'on ait trouvé 580. S'il s'agit d'un essai sur du calcaire, de l'eau, un car- bonate, une quantité minime de terre, ou de toute autre oj)éralion pour laquelle on ne met pas dans le flacon un corps solide d'un volume notable, on prendra pour contenance 580. L'essai élaiil l'ait par exemple avec 125 centimètres cubes d'eau et à 20 degrés on suivra la ligne horizontale qui commence par 580 jusqu'au chiffre 427 ([ui est au-dessous du titre 125 centimètres cubes d'eau, dans la co- lonne 20 degrés. Ce chiflVe représenle, en millimètres, l'élévation de niveau produite par 100 milligrammes de carbonate de chaux pur. Si dans l'essai on a obtenu une élévation du niveau de 200 milli- mètres, il faudra en conclure que dans la matière essayée il y avait 260 %7Sr. X 100 = 61 milligrammes de carbonate. 427 Cent grammes de terre ont pour volume 37 à 39 centimètres cubes, déduction faite des vides. On peut compter en chiffres ronds 40 centimètres cubes. Si on fait une opéiation sur 50 grammes de terre qui occupent dans le flacon 20 centimètres cubes eflbctifs, la contenance de celui-ci est réduite de 580 centimètres cubes à 560. C'est la ligne de 560 (ju'il faudra prendre, la quantité d'eau employée étant, je suppose, 150 centimètres cubes et la température 25 degrés le chifl're de tare sera 464 et on poursuivra le calcul comme dans l'exemple précédent. On remarquera que de 125 centimètres cubes à 150 centimètres cubes d'eau les différences de lare, même à 25 degrés, sont insigni- fiantes puisqu'elles ne dépassent pas 2 à 3 millimètres. Ainsi que je l'ai déjà dit dans mon mémoire, il est donc absolument inutile de mesurer l'eau avec une grande exactitude. Acidilé des terres. — J'appelle terre acide celle qui à froid dé- compose le carbonate de chaux, en s'emparant de sa base et mettant en liberté l'acide carbonique. Une terre peut être acide et contenir néanmoins une petite (|uan- AN.N. .SCIfc;.\CE AGItU.N. — 1S87. — II. IS 274 ANNALES DE LA SCIENCE AGROiNOMIOLE. lilé de calcaire, qui est alors en grains de gi'osseur notable, proba- blement empâtés dans de l'argile. Dons les essais pour reconnaître le calcaire, lorsqu'après la première agitation avec l'acide il ne s'est pas produit de dénivellation notable, l'opérateur éprouve générale- ment une forte tendance à continuer et il y cède. Mais alors le petit exbaussement obtenu après plusieurs agitations est dû, soit à un léger écliauffement, soit à l'attaque de petits grains comme ceux dont je viens de parler. On est donc exposé dans les deux cas à porter un jugement erroné sur l'état de la terre. Pour éviter cette erreur, si on n'obtient pas très rapidement l'élé- vation de niveau, indiquant au moins un dixmilbème de calcaire en opéiant sur 100 à 150 grammes de terre et à plus foite raison en opérant sur un poids moindre, je recommande expressément de l'aire la contre-épreuve par un essai d'acidité. Les essais de ce genre étant plus longs que ceux de la mesure du calcaire exigent plus de précautions pour éviter les changemejits de température. Il faut placer le flacon dans une pièce qui ne soit pas cbauffée, qui ne reçoive pas les rayons du soleil, dans laquelle, en général, il n'y a pas de cause de variations rapides de température. On met dans le flacon 100 à 150 grammes de terre et 125 à 150 cen- timètres cubes d'eau bien saturée d'air. Après agitation, on vérifie que la température du mélange ne diffère pas notablement de celle de la pièce ou, ce qui dispense de mesure, on attend au lendemain. On ajoute alors quelques grammes de blanc d'Espagne bien écrasé, et après fermeture du flacon on prend la première mesure de niveau. Inutile de se presser, la réaction est lente. On agite une minute ou davantage pour bien mélanger et on revient ensuite agiter à des intervalles de temi)s à la convenance de l'opérateur, mais qu'il est inutile de réduire au-dessous de un quart d'beure. Lorsque l'acidité est notable on observe souvent une dénivellation marquée après la première agitation, mais l'essai complet exige au moins une heure. Lorsque le niveau ne monte plus que très lentement, on prend une dernière mesure et il ne reste plus qu'à calculer le résultat. La terre, en attaquant le blanc d'Espagne, a rendu libre de l'acide carbonique qui s'est divisé en deux parties, l'une produit la pression, l'autre a formé du bicarbonate. Le carbonate de chaux correspo;i- u cent, d' eau. eu m: illigra l 74 2 100 3 118 ■i 131 ô 142 6 152 7 8 162 171 DOSAGE RAPIDE DU CARBONATE DE CHAUX ACTIF. 275 (Jant à la première partie se calcule exactement comme dans les essais pour la mesure du calcaire : pour la seconde partie on se ser- vira de la table suivante dressée d'après les résultats du mémoire de M. Schlœsing sur le bicarbonate de chaux: IF.SSIONS CAEUONATB DK CHAUX TENSIONS CARHONATK DE CHAUX lie l'aciile carbonique par litre d'eau, de l'acide carbonique par litre d'eau, en cent, d'eau. en milligrammes. 9 179 10 ISG 15 220 20 245 25 2GC 30 283 50 3i.) 100 444 Supposons qu'on ait obtenu une élévation du niveau île l'eau (pression ou tension) de 13 centimètres, avec 125 grammes d'eau et à 15 degrés, la capacité du flacon, déduction faite du volume de la terre, étant 550 centimètres cubes. La ])remière partie sera I ''0 7^ X 100 = :29 milligrammes. Pour la seconde, la tension 13 centimètres étant comprise entre les deux tensions 10 et 15 portées dans la table on fera la propor- tion entre 186 et ^20, ce (pii donnera 201. Le tlacun contenait 125 centimètres cubes d'eau, soit le huitième d'un litre, il faut donc prendre le huitième de 201, ce qui donne 25 milligi-ammes. La quantité de carbonate décomposée par la terre est donc 29 H- 25 = 54 miUigrammes. C'est un peu plus de un demi mil- lième si l'opération a été faite sur 100 grammes de terre. Ces mesures d'acidité sont notablement inférieures à la réalité parce que la terre ne se sature pas entièrement dans l'essai. Mais au point de vue pratique cela n'a pas grande importance (;ar on est toujours obligé de mettre en calcaire trois ou quatre fois la dos*; qui serait strictement suffisante si le calcaire était pur, en poudre impalpable et parfaitement réparti dans la terre. RECHERCHES EXPERIMENTALES SUR LA GOirOSITION DES ANIMAUX A L'ENGRAIS ET DES ANIMAUX DE BOUCHERIE PAK Sir J. Bennet LAWES et le D^ H. GILBERT (') Le 17 juin 1858, Sir J. Lawes a lu devant la Société royale de Londres, en son nom et en celui de J. II. Gilliert, son collaborateur, \m Mémoire résumant les recherches entreprises par eux dès 1848 et poursuivies, dix ans durant, sur la composition des plus importants des animaux élevés et abattus en vue de la consommation de l'homme: veau, bœuf, mouton, porc. 1. rk. Truns. of the R. Sock'f/j, t. II. ISôU. In-i", 188 pages et tableaux : pas- sim. J. of the Roij. agr. Society qf Eiujlaad. ISiO à 18G0. Les recherches de Lawes et Gilbert sur la coa)|)Ositioa et sur ralimentation des animaux de la ferme ont mis à la disposition des éleveurs et des expérimentateurs, un ensemble considérable de documents de la plus haute importance. Ce travail magistral n'a reçu en France, à ma connaissance, d"autre publicité que celle que je lui ai donnée depuis vingt ans dans mon enseignement à la Faculté des sciences et à TÉcole forestière. J'ai pensé être utile aux lecteurs de ces Annales en leur présentant une analyse suth- samment détaillée de l'ensemble de ces vastes recherches expérimentales et en ex- trayant des mémoires des savants anglais un certain nombre de tableaux qui résument et mettent en lumière tous les résultats importants. Plus que jamais, dans la phase difficile que traverse l'agriculture, il importe de poursuivre l'accroissement des rendements pour diminuer le prix de revient des pro- COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 277 Ce Mémoire capital résume dix années de laborieuses et difficiles recherches dont il faut tout d'abord indiquer l'objet précis et l'ordre. Je ne puis mieux faire pour cela que de donner la traduction m ''xtenso de la lable des matières du Mémoire. iSkction I. Objet el plan général des recherches. Section II. Méthodes d' expérimentation, d'analyses, etc. 1 . Détermination du poids (h Tétat frais) du corps entier et de tous les organes iiiîernos et autres parties isolées des veaux, bœufs, agfieaux , moutons el porcs. 2. Dosage de l'eau et de la substance sèche des animaux analysés. 3. Traitement de la substance sèche brute. •l. Dosage de la matière minérale ou cendres. ."). Do.sage de la j,'raisse que n'a pas enlevée la fusion ou Tcxpression et restant dans In substance sèche. G. Dosage de Tazote. 7. Composition des cendres. Section III. La inatière minérale : dans les diverses parties et dans le corps entier de 10 animaux analysés : I veau, 2 bœufs, 1 agneau, 4 moutons et 2 porcs. Section IV. La graisse, dans diverses parties et dans le corps entier des 10 animaux. Section Y. L'azote, dans diverses parties et dans le corps entier des 10 animaux. Section VI. Récapitulation de la composition des 10 animaux analysés: matière ini- iicrale, substance azotée sèche, .uniisse, substance sèche totale, eau. Section Vil. Composition de raccroissement en poids des animaux à l'engrais. Section VIII. Relation des principes assimilés dans l'accroissement avec les principes du fourrage consommés dans Tengraissement. I. Totaux des matières minérales, des composés azotés, des substances non azo- tées et de la substance sèche totale assimilés p. 100 parties de chacun de ces principes immédiats contenus des fourrages censoinmés. duits; cette nécessité n'est pas moins évidente en ce qui concerne le bétail que pour ce qui regarde la production végétale. L'un et l'autre sont solidaires et tout progrès dans l'art d'alimenter les animaux de la ferme profite à l'accroissement du rendement (lu sol. Pour ceux de nos lecteurs qui seraient désireux de recourir aux mémoires originaux je donnerai, à la fin de celte étude, la liste complète des sources auxquelles ils pour- ront s'adresser. Bien que remontant aujourd'hui à ;J0 ans, les recherches expérimentales et analy- tiques de Lawes et (lilbert ont conservé toute leur valeur et pour les lecteurs français toute leur nouveauté; il est d'ailleurs peu probable qu'ils soient jamais repris par d'autres savants, car ils ont exigé des recherches matérielles, un personnel et une or- ganisation que l'installation de Rothanisted a seule jusqu'ici mis à un pareil degré à la disposition de la science agronomique. L. Giunuead. 278 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2. Totaux (le la matière minérale, des composés azotés, de la graisse et de la substance sèche totale assimilés dans l'accroissement et de la matière expirée, perspirée ou rejetée pour 100 parties de substance sèche du fourrage consommé. 'à. liappoit entre la graisse formée dans Pengraissement, la graisse existant toute formée dans le fourrage et les autres principes constituants de Fali- mentatioii. Section IX. l'oids moyen effectif et taux centésimal moyen du corps entier des différents organes et de toutes les autres parties des différents animaux dans des conditions diverses d'alimentation et de croissance. Section X. Hésnnie et conclusion. Rapport entre les principes non azotés et azotés dans r.ilimentation animale et dans le pain, i'iiis un appendice contenant 64 tableaux de résultats d'analyses et d'expériences. En 1883, Sir J. B. Lawes et M. H. Gilbert ont publié, égalemenl dans les Pliilosophical transactions of the Royal Society, un mé- moire complémentaire du pren'iier. Ce travail est relatif à la compo- sition des cendres des animaux de la ferme. (Animal entier et diffé- rentes parties de l'animal.) 21 pages de texte et six tableaux numé- riques contenant les résultats analytic{ues '. Section I. — Objet et plan général du travail. Lawes et Gilbert commencent par un hommage aux fondateurs de la chimie agricole. Les travaux de Boussingault, Liebig et Mulder ont, disent-ils, imprimé aux applications de la chimie et de la physiologie à l'étude de la nutrition animale une impulsion considérable : de leurs re- cherches date une ère nouvelle pour cette branche importante de l'agriculture. Il importe aujourd'hui au cultivateur de posséder des données lui permettant d'établir: 1" la proportion probable des aliments con- sommés et celle de chacun de leurs constituants principaux que fixe l'animal sous forme de viande ; 2° sur quelle quantité de fumier l'exploitant peut compter d'après l'alimentation donnée au bétail; 1. Supplément to former paper , entitled : « Expérimental inqu/njinto the com- position of some of the animais fed and slaxightered as human food. » Composi- tion of the ash of the entire animais and of certain separated parts. Ph. trans. of the lioy. Soc. Part. III. 1S83. COMPOSITION Di:S ANIMAUX A l'eNGRAIS. 279 3° (]uelle est, dans rengrnissemeiil, la dépordition de matière nutri- tive rapportée au poids d'aliments consommés. Se plarant spécialement au point de vue agricole, Lawes et Gilbert ont eu pour but, dans la première partie de leur travail (détermina- tion de la composition de l'animal), d'établir les faits et rapports sui- vants : ]" La quantité totale d'aliments consommés (et de chacun de leurs principes constituants oi rapport avec un poids vif donné d'ani- mal, dans un temps donné); 2° Le rapport entre l'accroissement en poids vif de l'animal, et le poids d'aliments ou de leurs principes consommés par lui ; S° Le développement comparalif des divers organes ou parties de l'animal soumis à l'engraissement; la composition immédiate ultime de ces divers oj'ganes; enfin la composition probable des produits ré- sultant de leur accroissement en poids vif, durant l'engraissement; 4° La composition des excréments solides et liquides; c'est-à-dire de la i.)ase de fumier en rapport avec l'aliment consommé. 5" La perte, en principes constituants des aliments, par la respi- ration et par la perspiration cutanée, correspondant à l'entretien pur et simple du poids vif de l'animal considéré comme machine à engrais. Le plan général d'expériences adopté par Lawes et Gilbert peut se résumer en ceci : plusieurs centaines d'animaux, bœufs, mou- lons et porcs ont été nourris pendant de longues semaines consécu- tives avec des quantités déterminées de fourrages de composition connue. Les poids des animaux ont été pris au commencement et à la fiii (les expériences. Les données relatives à la fixation du poids total d'aliments et de chacun de leurs constituants ont été recueillies de manière à permettre d'établir le rapport du poids d'aliment con- sommé, en un temps donné, à l'accroissement du poids vif. Pour établir les rapports et Vaplilude cm développement des dif- férentes parties et organes des animaux, les poids de ces parties et organes ont été déterminés directement sur quelques centaines d'animaux. Pour fixer la composition finale et, en quelque sorte, la composi- tion immédiate des bœufs, moutons et porcs, et réunir des données 280 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. suffisantes pour servir de point de départ de l'évaluation de la compo- sition probable de leur accroissement, Lnvi^es et Gilbert n'ont pas pu opérer sur un nombre aussi considérable de sujets. Ils ont cboisi un petit nombre d'animaux types dans diflerenles conditions bien déterminées et les ont soumis à l'analyse. 10 animaux ont été complètement analysés dans ce but, savoir : 1. Veau gras, race Durliam, âgé de 9 à 10 semaines; pris ;'i la mère nourrie dans le pâturage ; abattu le 12 septembre 1849. 2. Bœîif demi-(jras, race d'Âberdeen, âgé de 4 ans, mis à la ra- tion d'engraissement (a plus vite crû qu'engraissé), tué le 14 novem- bre 1849. 3. Bœuf gras ([idis extra-gras, plus tle chair que de graisse for- mée), race d'Aberdeen; 4 ans; à la ration d'engraissement; tué le 30 octobre 1849. 4. Agneau gras, Hampsbire down; un an; tué le 28 février 1850. .5. Mouton maigre, Hampsbire down; un an; tué le 28 février 1850 (le terme maigre indique l'animal qui n'a pas encore été sou- mis à la ration d'engraissement). 6. Vieux mouton demi-gras, Hampsbire down Kwo; 3 ans et 3 mois ; tué le 3 mai 1 849. 7. Mouton gras, Hampsbire down; un an et 3 mois; tué le 7 mai 1849. 8. Mouton très gras, Hampsbire down ; un an et 9 mois ; tué le 18 septembre 1848. 9. Porc maigre, tué le 12 mai 1850. 10. Porc gras, delà même portée que le précédent; engraissé pendant 10 semaines; tué le 18 juillet 1850. Tels sont les types choisis avec grand soin pour l'analyse complète des animaux. Ils représentent tous les cas importants qui peuvent se présenter pour l'éleveur, le producteur et le consommateur. Section II. — Méthodes expérimentales, analyses, etc. Lawes et Gilbert, en abordant l'immense travail qui nous occupe, ont suivi pour la détermination du poids réel et du poids propor- tionnel (composition centésimale) des organes et diverses parties de COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 281 nombreux animaux, ainsi que pour l'analyse complète des dix types (iioisis par eux, l'ordre indiqué dans la table ci-dessus. Nous allons entrer en quelques détails sur les divisions de ce travail. 1° Délcrminalion du poids à l'élat frais du corps entier, des organes internes et des diverses autres parties isolées des veaux, bœufs, agneaux, moulons et porcs. Après un jeune de 18 à 20 heures, on pèse l'animal immédiate- ment avant de l'abattre. C'est ce poids que les auteurs désignent sous le nom de poids à jeun ou poids vif à jeun. C'est en les rapportant à ce poids vif ù jeun que les proportions centésimales des organes, parlies isolées et tout autre élément des animaux ont été calculées. L'abalage de l'animal étant lait, le sang qui s'écoule a été entière- ment recueilli et les diverses parlies du corps ont été séparées avec tous les soins désirables, par un boucher expert, conformément, pour la division, aux habitudes de la boucherie anglaise. (Voir tableau I.) Immédiatement après le débit, le poids de chacun des organes a été noté, afin de réduire autant que possible la perte par évapora- tion. Les poids ainsi obtenus directement constituent les poids à l'état frais réel; lorsqu'ils sont rapportés au poids vif à jeun pris pour 100, on les nomme taux centésimaux. Dans les tableaux, pour en simplifier l'étude, les différentes par- lies des animaux ont été classées, suivant la coutume de la boucherie anglaise, en carcass et ojfal. Je vais indiquer le sens à donner aux ternies quartiers et issues par lesquels je les ai traduits. Pour les veau, bœuf, agneau, mouton : Les (offal) issues comprennent la tète, les pieds, la peau, la tota- lité des organes et parties intérieures, à l'exception des reins (ro- gnons) et de la graisse qui les entoure. Les (carcass) quartiers comprennent la totalité du squelette (tète et pieds exclus) et tous les muscles, vaisseaux, membranes et graisse <|ui y adhèrent, ainsi que les reins avec leur graisse. Chez le porr, les issues ne comprennent ni la tète, ni les pieds, ni 282 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. la peau, ni les reins et leur graisse, ces organes étant pesés avec les quartiers. Les issîies se composent exclusivement des divers organes et parties du corps, à l'exclusion des reins. Cette division est arbitraire, mais elle facilite les applications éco- nomiques et pratiques qu'on peut faire des nombres obtenus dans les pesées. Le jwids frais (réel ou centésimal) a été déterminé sur : 18 veaux, génisses et bouvillons. 2i9 moutons. 59 porcs. Au total, sur 326 animaux. Le Mémoire contient des tableaux récapitulatifs, que je reprodui.^ plus loin; l'appendice renferme toutes les données numériques in- dividuelles auxquelles les tableaux récapitulatifs dispensent de re- courir à moins qu'on ne veuille faire l'étude d'un point spécial. [MM. J. Lawes et Gilbert n'ont pas publié, sur l'alimentation des animaux de la ferme et sur les rapports de l'accroissement avec le fourrage consommé, moins de 19 mémoires parus de 1849 à 1883. Pour simplifier l'examen critique de ces immenses recherches, j'ai suivi l'ordre des matières traitées dans ces mémoires et non l'ordre chronologique, m'attachant particulièrement au mémoire pu- blié en 1860 et à son annexe de 1883. L'exposé de l'œuvre des savants de Rothamsted peut se résumer dans l'analyse détaillée des deux grands mémoires intitulés : Expcri- mcnlnl inquiry into the comjjosition of animais. Phil. trans. 1860 et i883. Les l"'', 2% 3^ et 7" mémoires, par ordre chronologique, sont con- sacrés à l'engraissement des moutons de races diverses (Hampshirc, Sussex, Downs, Costwold 1849-1852). Les 4" et 6'' traitent de la composition du fourrage, dans ses rap- ports avec la respiration et l'engraissement (1852), et l'équivalence de l'amidon et du sucre dans le fourrage. Le 5" est relatif à l'engraissement du porc. Le 11" a pour objet les aliments du bétail fournis par les déchets industriels. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'enGRAIS. 283 fx's mémoires Kt" et 12' offrent un résumé syiillK'liquo de toute la |tremière période des travaux de Rothamsted. Toutes les données numériques des expériences sont publiées dans les premiers mémoires ; les deux derniers ne renferment que des réca|)itulalions que j'ai presijue entièrement reproduites dans les tableaux qu'on trouvera plus loin.] J'ai indiqué ce qu'il faut entendre par iftstics et quarliers, comment on a procédé pour préparer les diverses parties et en prendre le poids. J'arrive à la description des méthodes analytiques a])pliquées à la détermination de la composition immédiate des animaux. 2" Dosage de l'emc et de la substance sèche brute dans les animaux anali/sés. On a opéré, dans tous les cas, sur la moitié des quartiers , el sur h totalité de chacun des organes isolés, dont l'ensemble forme ce que j'ai appelé les issues. La moitié des quartiers a été divisée en : a) Chair et graisse. b) Os. c) Rognons (reins) et leur graisse. A[)rès avoir été convenablement découpées isolément, ces diverses parties des quartiers et chacun des organes internes constituant les issues ont été placés dans un vaste bain-marie et disposés de telle façon que la graisse se séparant par fusion pouvait, à volonté, être recueillie pour chaque partie ou organe et pesée séparément dans des vases préparés pour cet usage. Après avoir été maintenus à iOO" pendant plusieurs jours, les parties qui, dans ces conditions, retiennent toujours une proportion considérable de graisse, ont été enfermées soigneusement dans des toiles à claire-voie (étrindcUes) et soumis à l'expression, sous une presse à Vis.. La graisse ainsi retirée a été ajoutée à celle qu'on avait obtenue directement par fusion. Après exposition, pendant un certain temps, à la températiu'e de l'eau bouillante, la graisse était pesée; la toile et la presse étant pe- 284 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sées avant et après l'opération, on connaissait la quantité de graisse retenue par l'appareil et on en ajoutait le poids au poids précédem- ment trouvé. C'est ce poids total qui représente la graisse inscrite dans les tableaux sous la rubrique obtenue par fusion et expres- sion. La substance sèche brute restant retient encore, en général, des quantités notables de graisse. Mais, à part les os qui avaient d'ail- leurs été broyés auparavant, toules les autres substances sèches étaient dans un état tel, qu'à l'aide d'un mouUn en acier on pouvait les réduire en une poudre qui, bien que grossière, se prête à tous les traitements ultérieurs qu'on aura à lui faire subir pour l'ana- lyser. Cette poudre est ce que nous appellei'ons substance sèche brute (gi'aisse de fusion et pression exclue). 3° Traitement de la substance sèche brute. Des quantités de substance sèche brute de chacune des parties isolées, convenablement prélevées et pesées avec soin, ont été em- ployées comme suit : a) Tour la détermination des cendres de chacune des parties. Il) Pour constituer, par leur mélange proportionnel, un échantillon moyen des quar- tiers, destiné à l'analyse. c) Pour constituer un échantillon moyen des issues. (1) Pour constituer un échantillon moyen de l'animal entier, c'est-à-dire formé des parties des quartiers et des issues, à l'exclusion de la graisse de fusion et d'expression. Le reste de la substance sèche a été conservé à cet état. 4° Détermination de la matière minérale ou cendres. Des poids proportionnels de chacune des substances sèches iso- lées ont été pesés à part et incinérés dans une nacelle en platine de :25 centimètres de long sur 13 de large placée dans un moufle en fer chauffé au coke. Les poids des cendres ont été déterminés à part COMPOSITION DES ANIMAUX A i/eNGHAIS. 285 pour chaque écliuiilillon ; on a ciisiiiLc fait, par pailics pi'oporlioii- iielles de chacune des cemh'os, les mélanges suivants : fl) Cendres de loutos les parties des quartiers. 6) Cendres de toutes les parties des issues. c) Cendres de tout ranimai (aniinul entier). Le l'esté a été consei'vé isolément. ->" DctermincUion de la (graisse qui n'a pas été isolée par fusion el par expression, restant, par conséquent, dans les échantillons obtenus par le melanije proportionnel des différentes parties de la substance sèche. La graisse restant a été dosée par extraction avec l'éther. 4 à 5 grammes de snhslance sèche hrute sont pesés dans une large cap- sule à fond plat et l'eau hygroscopiquc déterminée par fusion au hain-marie à 100°; la suhstance, ainsi desséchée à nouveau, est transportée dans un petit flacon et la capsule lavée à l'éther. On ajoute de l'éther; on fait digérer et l'on filtre. On lave le filtre à l'éther. On évapore, par distillation, dans un flacon taré qu'on peut peser directement après avoir chassé tout l'éther. Le filtre contenant la matière insoluble dans l'éther est séché et pesé à nouveau, à tili"e de vérification. L'eau hygroscopiquc, la graisse et la matière insoluble dans l'é- ther sont alors rapportées, par le calcul, au poids de la substance sèche primitivement employée. Il a toujours été fait deux dosages pour chaijue essai. 6" Dosage de l'azote. Dosage fait par chaux sodée el pesée du chlorure double de pla- tine el d'ammonium. On a déterminé l'azote, [)ar cette méthode, dans les échantillons suivants : a) .Mélange des quartiers (os exclus). b) Mélange des os des quartiers. c) Mélange des issues (os compris, s'il s'en Iroiivc qiu'lqucs-uns). d) l'oil et laine. e) Mélange de toutes les parties de l'animal (laine et poil exclus). 286 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les plus grands soins ont été apportés dans les mélanges, les pri- ses d'édiaiitillons et l'analyse. On a fait deux dosages d'azote dans chaque cas. Lawes et Gilbert se sont servis pour tous leurs calculs du multi- plicateur 6.0 (]ui correspond à une teneur de 15,88 p. 100 d'azole. 7" Principes consliluants des cendres. Les substances déterminées ont été les suivantes : 1" Taux des cendres pures ; 7" Chaux; 2° Acide phos]ihorique ; 8" Magnésie; 3° Acide sull'urique ; 9" Peroxyde de fer ; 4° Acide carbonique 5 10° Chlore; 0° Potasse; 11 "Silice. 6« Soude; Les résultats de ces analyses sont résumés dans les deux der- niers tableaux qui accompagnent cette étude. Examinons maintenant les principaux résultats de ces longues tl minutieuses déterminations. Proportion et développement relatif des différents organes et par- ties des bœufs, moulons et porcs à l'engrais. Avant d'étudier la composition chimique du corps des animaux, il est utile d'examiner le rapport de chacun des organes avec le corps entier, suivant les difiérentes espèces et l'aptitude au dévelop- pement de chacune de ces parties, dans le croît et dans l'engraisse- ment des animaux. Ce point de vue pratique importe beaucoup en ce qu'il llxe In qualité et la valeur de la chair obtenue par les éleveurs. 2 veaux, 2 génisses, 15 bouvillons, 1 agneau, 249 moutons et 50 porcs ont servi à établir les cbiiïrcs moyens des tableaux I, II et IH. COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 2S7 s 3 !5 'S o o A u a> M •O u> < w Oi J pq <^ c es H 05 S •o c s » >> o ci S en •03 C 0) o s o o Cl* o u eu < n B c a^irîîiwoNOOOco— o ooo~ o ooi^m-no Ml-^ 5^ r^COO-Jlr-i O OOOOOOC:OH-.Û--000 = c Ji c -O) — ^ te > E "" J= COX>©fl»--> •:i !^ ^^ o o O CO Cl ,^ « uO >C O Cï O -- "M 00 "M »C O -M t- ^ -^ ^ -^ O Tf N t- CO O -J -* M c: « Ci t- rt o o o — ^.-iî^THrHOO^' «o N o o >5 O 2 s 2 îj 5 g 3 a 3 ;_, ^ _w 3 ..H '-i^ O ♦^ «< -■ O •- — t^ ^ — C a tfi ,^ .rt yj J3 a tn .2 S .2 a «;d c3 te o 3 O a TS ^ a i^«" 2 s» 0/ a - S ta Q 4^ ^ '^ CJ *f ■ t» PhHO0J>CIiO Jr-Oi-C^Oa 'saassi saa saiiHVd sasHHAia ■r 3 M) « o X • r. a • /, a • ô 288 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. < pq 03 T3 O P. o o S s « 03 « ;-! o tu ■O ta 0) F— t •QJ O o o u r-l Ï3 co ..-5 -M -^ M in CO 3-. o — CO CT. 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S' '^^05COt-T**5^C'-(r-0.-i s .—OC m « = a - 01 c OS >^ d GO d ^-<_;_|ri'dor-|.rt(r^OO K 'sasjSAip saaBJ ap rH ^ 10 w a suomotu 001 •uosiB.iEduioo ap X HMoJ OtlHMOa ■r+^'^c^i-M-ocosOTir^— ^t-c^ cDi~kC-3^ rï ce u-î î-1 « 1 •sajSiEiu s,).i) o: rt~. C032Wl-^Mr-GOCOOi-l ^Ot-iC'^ _ OT -1 10 -il c 'soiuaiHjyip saani jaciî^nîl-HCO-^'n^woo OCO" -f OC 1-1 U-i « -H •T ep '"' \ saoïnoiii <; • • 5) ■ "H . S . H O , , • '. 1 i. . . .a ce -■^ -g" ^ ::.= ;i.r"Oci>E- z.^x::ip ^ -^ r? Tî •sonssf sop sajïjvà sasaaAif I c 0^^ COMPOSITION DKS ANIMAUX A L ENGRAIS. 289 a 3 Ta • 1-4 O &. O o s na (fl 03 V> S^ «S — 'f -A C • o o = o = v: T t- t.- t^ .r; -M — — :c "/: r- x >-" c^ 71 ri :■: TO Tj -? o ■** U-: '^ o "M -^ -^ ^ ir. t'a t— w r^ C TI -? — = -■oossocoo = > - ï < o H tn <î ît3 H XJ co (1) T3 >> o s •03 S 33 O O eu o K i a S ' =- 2 S3 — ^ ■- o c a- a. — i 3 — -M -S » r- :r, -J t- -o ri X '~. 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Nous allons aborder maintenant l'examen de la coniposilion chi- mique des bœufs, inoulons et povcs dans les diverses condilions d'accroissement et d' engraissement ('). 1. Section III à Section Vi. Philos, trans., p. 502 à ô27. Section III. On Ihc composa., p. 2 j, n** XII du tome II des Mémoires de RoUiamsled. Section III, p. J02. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 2 )" Section III. — La matière minérale. Coiiiiiieiiçoiis })ar éliulicr la réparlilioii des matières miuéialcs : 1° dans les (juaitiers; 2" dans les issues; 3" dans ranimai enlicir. (Voir Tableau IV.) 1° Qiiurlkrs. Le taux maximum des matières minérales se rencontre dans les os qui sont de beaucoup plus riches en cendres que les parties mol- les des quartiers : ces dernières renferment 1/5 à 1/7 seulement du jtoids des cendres qui entrent dans la constitution de la irame os- seuse. L'iniluence de la maturité ou de rengraissemenL se lait sentir très nettement sur le taux des cendres. Les parties molles des animaux gras sont nujins riches en cen- dres que celles des animaux maigres. Dans les bœufs, moutons et porcs maigres, le taux des cendres s'élève dans les parties molles souvent à plus du tiers du taux pour cent des cendres des os. D'autre part, flans les animaux gras, le taux des cendres des par- lies molles n'atteint pas 1/7 chez les bœufs et moulons et 1/4 (chez le porc) du taux des cendres des os. D'a])rès cela, il semble que les matières minérales soient associées dans les tissus aux 'principes azotés des parties molles. Lawes et Gilbert, sans résoudre la question de l'état chimi(|ue de cette association, regardent comme probable que les acides sulfu- rique et phosphoiicpie décelés par l'analyse sont des produits d'in- cinération. Il y a lieu, en effet, de penser que c'est à l'état de soufre et de phosphore que ces corps simples sont engagés dans les combi- naisons azotées. Les incinérations ont été faites à basse température, pour éviter les pertes; le taux des cendres peut dépendre, en effet, beaucoup de la marche de l'incinération. On admet généralement que le taux Oolal) des matières minérales contenues dans les produits végétaux et animaux est représenté par 298 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Pu < O co X o p a a; C/7 a SU m Q. X c O T3 O >< m c« 3 c 03 â t« 0) ♦J C es '^ a> « Z/i TS o ffl H s o <1 « •-:] £=J tn H i^ o. eu C CO «s o CO -K co S .s •iBiiiiuB,! ino) 8(1 ce o 35 a> ^ iH X a CD CO iH si 1 co T* CO IN CO CO c-l M IN " CO 10 « co W , co Si C3 _ lO tH r^ r^ c:3 o «O cr. lO Tl ■o en e— ^ ■sjnssi,(] o o Cl t^ co y:) »H OC uO m ii j -' »H o o o o o »H o O o o o IN co m « o -* ■N 00 on IN (N co 5S (_: » ■jspjBnb af[ '-Jj o t- 5^ m -f o co c2 > t- o o -1 CO î-1 Oi t— !>• o =:- 1 ^1 ^o co ■N Tl "N T-t mH T-t ^ OI "M M / ,4j i-t o O O t>- C-ï ■D »H CO m t— -o C^ H4 lO -n o in CO rH ■M 03 co •so sop |B10I_ o ri co co ^ -^x '-' 03 O îl iC co co co *1 IN !N ■N 1-1 (N T-f la ^ co co O n co Oj ■^ •N o CD c:c r- (M Cï ;-: co -* 03 O co !M ,H rj ^ Ol i-i IN i-t tH '^ < " \ ■'!'"I3 O o o o o o o o = o C O ^ , ^_^ lO 1-73 CA 03 iH O CO ce P> o fn T^i co >r. b- O 'K r- .C oo « \ 'SO co o C£> co o 00 l^ lO T-l Q H 1 Tl co (M 7-i »H tH w iH »H O -H w tH B ' -'■ - Cm Pi sauBaquidiu t 1^ iH 1-< 04 m co 02 co ■O œ IH o oo C>1 O .» co r^ -^ ■^ »o M* a-x co CO -N !N ^ eo co co \ «y \ .iiBip o o O o o O O O O O O o ■= ^^ 1-i •-D -1> ^H co o co ,H co <-> ■m X iH ■M r- ICI i?l W •S3|i!10i sanss] -!)< o •^ Mjl _l C^ CO O 03 o '— K o co -* CO »J (N M ^ CO co IN co CO eo l ■^ •n tH -# ^ ^■1 X :n ^N >o 00 o t- co OJ •* C C3 lO •il Ol IN c- N 1 -auiBi no iioj o o o 1 t^ ^. 'l •O y-i I-t CO N o- O — . S ai ^ CO ») rH mH W ^ ^ 03 ••^ IN •H •013 Oi -* 'tl CO C5 t^ >o tX -n O t* .n r- n CO r- CO 7-1 -H en IN r- oc ^ •^ " 'sauEiquiatu )3 c- t^ t£> C- CO lO »CÎ lO CD co CD CD co l J!Bq3 o o o o o o O O O o o O O Cl -* - •M O -H C5 OJ ■M ■VD •N OC -M ce 'O fr CO Z£ CO ^ t- r^ 03 O •Hl 00 M "sisniia sJapJBnjj '^ o «o CD CO r-* T* c^ >o CO co t^ CO " -a l ■* m -* CO -* -^ CO IN « tH co CO co j b- o co lO CD *H co r* O O lO OT 71 o o ir *o C O r^ -^ !>■ o •D O Oi ■^o ■so t- c^ Ol iH T- lO Oï -H OC tH O IN 00 «o CO -* co « eo co ri !N iH co 1 ^ •N •313 lO ^ r— t- -t co CD O CO 00 t~ t^ O O' 'saiiBJquisiu j.i t-M o 1- t- ir co r- •M T1 r- lî ~K oc t- co •J= ■* IN CO ~K CO CD Ol CD uO -tl •'!CMD o o O = tH o O O O c C O o (» X • S S ■" 9 ^ >< • 0) >^ ^^ ** < X ï ■X ^ • •A M 5) 1^ : ■S tjo _«<1 B «1 a ce a «'i ■ iJ 03 cS ce ce o ■-^ " ta a c- u c; 1- a £ o 01 c3 6c ci +M 9. 17 5 •4 ■î t a -s- y] 0) S o Sa i ■> s ? > X d £ ) c ^^ §5^ c^ d ' s t •M 3 d c c. a Sï>2 ^•5 2 a W ? bo = O o r r ) c o = O -=. bO > W fC 1 < ^ ; > rt ^ p. . 0. ë s 1^ COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 299 la quantité de cendres laissées par la combustion de ces substances; il ne faut pas attribuer à celte assertion une rigueur qu'elle ne comporte pas. 2" Dans les issues. Les auteurs ont fait 3 divisions de ces matières : 1" Matières minérales des parties molles (moins poil ou laine). 2" Matières minérales des os. 3° Matières minérales de la laine et du poil. 11 y a quebjues incertitudes sur les chiffres de cette dernière caté- gorie, tenant à la difficulté de débarrasser la laine pt le poil des substances étrangères, riches en cendres. Dans les issues, comme dans les quartiers, il existe un maximum très notable dans les os. Le taux pour cent total des cendres des issues est aussi considé- rable que le taux pour cent des quartiers. Le sang est assez riche en substances minérales. On en peut tirei- la même conséquence que plus haut, à savoir qu'il existe une rela- tion entre le taux des cendres et celui de la substance azotée. 3" Animal entier. Dans la troisième partie du tableau, les ([uantités de cendres sont rapportées à 100 du poids de l'animal entier, tant pour les quartiers (|ue pour les issues, au lieu d'être rapportées à 100 de quartiers cl à 100 d'issues, comme dans les deux premières parties du tableau. Celte disposition des résultats moyens obtenus met en évidence ce fait important ([ue le taux des cendres de toutes les parties molles du corps est bien inférieur à un demi p. 100 du poids vif à jeun dr l'animal entier. D'autre part, il résulte de ces analyses que, pour les os, le taux des matières minérales est toujours supérieur à 1 p. 100, souvent à "2, et, dans certains cas, à 3 et 4 du poitls vif entier de l'animal. RAPPORTS au poids vif. Les os du porc contiennent environ. ... 2 p. tOO de matières minérales. Les os du mouton contiennent environ .. 2 à 2 1/2 — — Les os du bœuf et veau contiennent environ ;î à 1 — — 300 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les rapprochements des analyses permettent encore de faire;, en- tre autres, une remarque intéressante. Dans le porc gras, le taux des cendres des parties molles ou co- mestibles de l'animal s'élève seulement à 0.211 p. 100 du poids vif de l'animal entier; dans les 3 moutons gras de 0.205 à O.oâO p. 100 du poids vif de l'animal entier; dans les mômes parties du bœuf gras à 0.402 p. 100, tandis que le poids des cendres rapporté au poids vif total s'élève pour les os aux quantités suivantes : p. 100. p. 100. Bœuf gras 3.35 Bœuf maigre 3.93 Mouton gras 1.916 Mouton maigre .... 2.10 Porc gras 1.298 Porc maigre 2.021 4^ partie du tableau. Uécapllulation. Cette partie du tableau met en évidence la décroissance du taux pour cent de la matière minérale dans Vanimal entier, si l'on com- pare l'animal maigre à l'animal gras. Cette décroissance est visible, non seulement pour le corps pris dans son ensemble, mais encore, isolément, pourMes quartiers et les issues. L'exception apparente pour le mouton gras s'explique par l'adhé- rence à la laine d'une quantité de matières étrangères qui n'a pu être enlevée par le lavage. En résumé : CBSDBES CENDRES p. 100 p. 100 de l'animal de l'animal entier. entier. Bœuf gras 3.92 Bœuf maigre (demi-gras) . 4.665: Mouton gras 2.811 Mouton maigre o.lGi Porc gras 1.6i9 Porc maigre 2. 609 Conclusion : dans l'engraissement, la substance minérale, considé- rée dans son ensemble, ne s'accumule ni dans les parties molles, ni dans les os : elle n'a, dans l'accroissement, aucune part comparable à celle des autres principes immédiats des animaux. Voyons maintenant quels principes immédiats s'accumulent durant l'engraissement. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'kNGRAIS. HOl Section IV. — La graisse. — Dans les diverses parties iso- lées et dans le corps entier des dix animaux analysés. (Voir Tableau V ) J"ai dit (|iruiic grande partie du la graisse avait clii extraite pai' fusion et expression ; le reste a été obtenu pur dissolution dans l'é- Iher. Les déterininaiions par fiifilun et expression ont été faites sur : fll Heiiis et gnisso enveloppanto. b] Aulres parties des quartiers (os inclus). c) Tôtc et diverses parties attenantes des issues. (/) Cœur el son enveloppe graisseuse. e) Épiploon. /) (iraisse intestinale, mésentère. La détermination par l'éther a été faite sur les matières sèches (résidu de la fusion et l'expres-sion) et classée dans l'ordre suivant : «) Total des quartiers (os inclus). b) T6te et total des issues (os inclus). c) Poil et laine. Les dosages par l'éther ont donc porté sur un mélange représen- tant la moyenne du corps (quartiers et issues), après dosage par ex- pression et fusion d'une partie de la graisse. Le tableau V donne la récapitulation. Le tableau YI indique les résultats des dosages par l'éther. 11 m'est impossible de reproduire tous les tableaux des mémoires de Lawes et Gilbert, mais je crois nécessaire d'indiquer le taux de graisse contenue dans les rognons (reins) pour chacun des animaux analysés en le comparant à la graisse totale. liltAISSE aiîAISSK TOTAI.f, dos reins eu p. 100 ou p. 100 des quarticiv, dos quartior.s. tableau V. Veau gras l'.t .1 IG.G Bœuf demi-gras 3.07 22. G Bœuf gras 5.41 3i..S Agneau gras G. 21 30.9 Mouton maigre 1.69 23.8 Veau, -Mouton demi-gras 3. GO 31.3 Mouton gras S. 38 45.4 Porc maigre 1.G7 28.1 l'orc gras 1.32 49. G 302 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pq c4 -, 3..; u 0) ^ ■-. _- S -3^ ■a> _ i) * *-i a> .r; 'O ^ a. «*— s "^ «j S» .2 j! â cy5 ':t. o a> TS :: Ti a O '= =: 03 ^ . :-> ^ Ôj '■S 2 •»-> .^^ s (-» o £ î^i œ < !«! •,-ii =^ 03 Cî 1/1 1 p'à P 1 i* ^ r^ m en S s Cl4 S t« Cfl — 03 :« E u ■f^ ce c^ a> m 0) u aj ■4^ ••-' — . o [/) 'A m !«i ^ O ta S c o Si fl (rt 03 es t« 5-^ !«! M "3 OJ ■O o ^ =3^ — O «3 O = " (D r- tJ ■a o -^ r ^ 03 c -s ce « 1^ ->j 43 o S •^ 1/3 m ■o 0) aj ^ -a 03 •fi CJ -s (0 il m -X ■" a C3 nj ,'":; œ 3 03 13 o (M "5 s S o (m 1 s o 53 u E-i •as uî •§.2 2^ '■Z3 2 -=3 EH 1— 1 re U4 60 -j < rt il) U •M •^ a :3 -ors (x: CAj Q o ^ M 3 o s s J -"' a.S£ PQ ;> t- :3 <î Sri; fc- ■a c o M ^ C !£ •" o ^ 9 y^ -^ — lO t~- 'O -J CO ce CI -* c: O 0/3 X) "TO '^ 'O fC Cl — — TT (M --1 et ro ~* CI ^T< (M CM C-» O o •ro C5 c» ..-3 r^ rc --H — --H 70 Cl — IM TO «!i< c( -«f Cl a:' -5^ c» o :C oo (M îC -.-1 ce o CO — C5 Ci -1 '^ -* C3 o iQ ~j< -^ 'O iCi cr> -o C2 o ---^ --t" «3 r-5 0-- — 1— t ^r^i^io O~*"ooctci0:^"«*"00r~ — I — . Cl Cl -^ -^ C" ÎO — ro 1^ Cl Ci or--TO-^^''-^'.c*^»JO ft X — " -H Cl Cl — ■■— ' Ci co »-■ Cl Cl Ci «ot^cCCsccrC-^-^-i — ns '-T* '-"î Cl -^ 03 ■ ï; '5 f3 03 — C tO O Ç3 S» i; 03 i 6/3 13 te 3 P 5 3 ê*- - S '■" s- o t/3 03 -P m S - ^ 5 S "" S a 6c — o o S S 8 Si^ .ï o o 5 s s o i3 X 03 CS C es -03 03 o 03 o O c I CCI ■-0 o Cl 03 ■rci c/3 _03 c/1 03 X X s en' .= &J3 C .1, S^ S O COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 30^ TABLEAU VI Détermination directe de la graisse A GKAISSI': n slam dans la siibsluiice .sèche Ijiiile. |i' ilosaire. i'^ dosage. I. — Ensemble des quartiers (os compris). Veau gras Bœuf demi-gras Bœuf gi-as Agno.Tu gras Mouton maigre Vii'ux mouton demi-gras Mouton gras Moutou extra-gras Porc inaigro Porc gras Porc maigre (tète et pieds moins la langue et le cerveau) Porc gras ;têtc et pieds moins la langue et le cerveau) 1.5. OS 21.G7 1!'.99 L'5 . G l jy.34 27.13 17.01 :n.3i lS.i)8 18.70 18.02 21.72 II. — Ensemble des issues (os inclus). Veau gras Bœuf demi-gras Bœuf demi-gras (sans os) Bœuf demi-gras (avec os des issues seulement) . lîœuf gras Agneau gras Jfouton maigre Vieux mouton demi-gras Mouton gras Mouton extra-gras Porc maigre Porc gras 10.52 13.. 54 15.78 9.16 17.24 23.89 22.38 18.40 20.93 22.90 15.47 13.41 m. Laine. Agneau gras Mouton maigre Vieux mouton demi-gras. Mouton gra.< Mouton extra-gras. . . . IV. — Anima! entier (à l'exclusion de la laine) Veau gras B. (■^■■dosage. 2i' rtosagc. Moyennes. I. Quartiers entiers (os uon comp Veau gras Bœuf (lenii-gras Bœuf gras Bœuf gras (avec os Agoeau gras Mouton maigro Vieux moutou demi-gras Mouton gras Mouton extra-gras Porc maigre (os compris) Porc gras 'os compris) Porc maigre (tète et pieds moins la langue et le cerveau). Porc gras (tète et pieds moins la langue et le cerveau). . II. — Os des quartiers. Veau gras Bœuf demi-gras Bœuf grus Agneau gras -Mouton maigre Vieux mouton demi-gras Mouion gras .croûton rxtragras ris). 12 10 12 9 10 1.3 10 12 9 11 11 8 8 5. 1, 4, ■ô, III. — Issues totales (y compris les Veau gras Bœuf demi-gras . . . l?œuf gras Agneau gras Mouton maigre. . . . Mouton demi-gras . . Moutou gras Mouton extra-gras . . Porc maigre (sans os). l'orc gras (sans os). . 4. 4. ■l. os). 11. 11. 11. 10. 10. 10. Kl. 10. 12. 13. .49 .90 .20 .62 .63 .04- ..33 .65 .55 .3.S .81 .70 .68 94 88 95 17 08 62 92 97 IV. — Poil ou laine. Veau gras Bœuf df-mi-gras Rœufgras Agneau gras Mouton maigre Vieux moutou demi-gras , Mouton gras Mouton extra-gras . . . . Veau gras. . . , Bœuf demi-gras . Bomfgras. . . Agneau gras. . Mouton maigre. . Vieux mouton demi-gras. Moutou gras Mouton extra-gras. l'orc maigi'6. . . . Porc gras 10. 16. 16. 14. 14. 16. 14. 12. Animal entier (laine et poil exclus), 10. 10. 10. 9. 10. 9. 8. 9. 10. 8. 9. 11. 11. 4(i 74 16 80 30 52 49 49 79 04 15 24 33 33 85 92 69 71 10 10 12.44 10.86 12.05 9.59 10.72 13.09 10.43 12.73 9.45 11.26 11.. 05 8.8S 8.66 6.06 4.90 5.02 5.02 5.09 4.65 4.94 4.93 16.60 16.90 16.82 14.97 13.86 14.38 13.. 56 11.83 10.70 10.08 10.18 9.22 10.02 9.23 9.26 10.05 10.24 8.72 9.13 11.16 11.77 35 11.30 11.36 95 11.71 11.87 25 11.29 11.28 21 9.89 10.02 51 10.60 10.51 52 10.35 10.46 61 10.60 10.. 00 5S 10.33 10.40 y 13 12.82 12.89 10 13.23 13.17 12.47 10.88 12.13 9.60 10.68 13.07 10.38 12.69 9.50 11.32 11.64 8.79 8.67 6.00 4.89 4.99 5.10 5.09 4.64 4.93 4.95 16.. 53 16.82 16.52 14.89 14.35 15.20 13.43 12.24 10.75 10.05 10.14 9.23 10.23 9.2S 9.20 9.99 10.56 8.72 9.15 11.13 11.62 ;io ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. o S M ^« p s» ce S T3 O CL ce X ^ c:» M -o hH 0) M •a "r? > E o t4 c u re '< < o 1 W ^ < O t/l H OJ O) _C ta •0) tS m o o U3 Si s « S e o B M 1 >] M »H -M -M rH i~< -M CT' O *H TO Ci -H — I O ri' CO —.■!>■ o w o —. XI 'O o::^oor-ii-iooô si.îdiuoD non spoKÏ la aî9X o W rj< o fM o 00 CO :n -?? O O ^ to "M r; 1- ce t— o ^ >c iT; -TTi 00000000 -r:< es •^ CM 00' r ^ IN :^ tr- CO t— iC ^ I"" *# -xi >o -+* O t- O y^ COOCO-^-^-a**^ 00000000 cC'Xr--^'^îr;riO '-(o — ( o iC ^1 ir^ (M 'M "Z'' -+< o o ce >o o ^» -î-i o y? m co ^T-Hi-Hi-lTHlHrHO T-l t-l 'M os o H* (M lO -ti -^ \ 005QOO-t- ?1 ■Tï M CD -!T' I— — ce -^ X' O c~- Cï> co t- T-t co M ce tî-l CO 5»! "M "N Cl î-ï -M O -f O :r> r* -^Jt o Tf^ r— c; 'O (M c^ ce gc> «o 'ÎT' rH ^O Cl r- >0 -^ i-"^ ^ — f t* r- o o o I- co G-1 oi o Ci o^ -+< c:ï o -t* -r< w os O- -f (M Ti i-H (N -M O '-I CO îl '>! X. — I COOOiHGrî cr> '^-l O OOOOOOOO C5 î-l ■* « ta ce ce co »-( (M fM 7) "* >o co eo — «H -i< »Q (M co CO r-i iH -- ^ CO -^ t^ ce G-1 ^, 05 -* ÎT w' Ç3 îM m ce *-» M (M fN C>1 CO co W -. >.3 r ^ I? 1^ 0) *J -w ai m GJ SB '5 S •a g « m tS E _ c COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 311 Le sommaire est résumé dims le tableau IX. (Voir page 313.) Examinons d'abord ces deux derniers : Ces tableaux rendent facile la comparaison du taux p. 100 relatif de l'azote dans les diverses parties de dia(|ue animal avec les résul- tats cal.ndés par différentes métliodcs ; ils permettent, en outre, de compni'cr le taux p. 100 d'azote, d'un animal à l'auti'o. Les rapprochements entre les teneurs en principes azotés seront plus instructifs quand, dans les dix animaux analysés et dans leurs différentes parties, nous aurons d'abord comparé les teneurs en ma- tière minérale, substances sèches, matière grasse et eau. Nous avons vu qu'il y a 4 à 5 fois plus de matière minérale dans les os, pris dans leur ensemble, que dans les parties molles totales des (juartiers. Uji regard jeté sur le lableau VIH montre que, d'autre part, le (juantum de l'azote est 4- à 5 ibis plus élevé dans les parties molles des quartiers que dans les os et dans les parties dures. Il en résulte que toutes les fois qu'on n'a pas recours aux os comme aliment, un ciiKpn'ème à un sixième seulement de la substance azotée totale des quartiers est perdu pour l'alimentation humaine. Si l'on compare d'abord le taux p. 100 de l'azote dans les quar- tiers du même animal à différentes périodes d'accroissement, on voit (pTil diminue considérablement avec les progrès que l'animal fait vei"s l'engraissement. On verra plus loin que l'engraissement et la maturation sont accompagnés d'une diminution considérable dans le taux p. 100 de l'eau du corps. La matière sèche ((ui s'accumule consiste surtout en une propor- tion de substance grasse plus grande que celle des produits azotés, fait en accord avec la diminution parallèle du taux de l'eau. ïl semble probable que, moins la production de nulière azotée est considé- rable, plus faible est également la quantité d'eau nécessaire à son hydratation. Arrivons aux chilTrcs du tableau VllI relatifs aux quartiers : Les quartiers (lu bœuf demi-gras renferment . . 2.793 p. 100 azote. nœiif. , „ ■ ' Ceux (lu bœut moyennement gras 2.331 — DifTeronce en moins I/o en matières azotées . 0.i42 — 312 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. p. 10 A7.0TK. Mouton nv.ùgrc {(lunvlkr) 2.350 2.3)0 2.3;)0 — demi-gras 2 . 289 Différence 0.061 — gi'as I.T'JI Différence 0.ôa9 — très gras 1 .397 Du maigre au très gras, près de ,jO p. lOO de différence. 0.903 fo/-c maigre 1.319 p. iUU azote. — gras 1.712 — Différence 0. 007 soit plus de 1/3. V(;(ni. — Minimum de graisse cliez cet animal, qui renferme plus d'azote qu'aucun animal, excepté le hœuf demi-gras, soit 2. (308. Le veau est, en effet, l'an des animaux les moins gras. Examinons maintenant l'azole des issues totales. Au premier coupd'œil, on voit qu'à part ce qui existe chez le porc uiaigre, elles sont plus riches en azote que l'ensemble des quartiei's. Mais chez l'agneau et chez les quatre moutons, plus d'un tiers de l'azote des issues est contenu dans la laine. Déduction faite de celle dernière, le taux d'azole des issues est inférieur à celui des quartiers correspondanis. La moilic de droite du tableau Vllî indique les quantités d'azote de chacune des parties des animaux, rapportées au taux p. 100 de leur poids vif total, dans les quartiers et dans les issues considéi'és séparément. J'appellerai tout spécialement l'attention sur le tableau IX ré- capitulatif de l'azote de l'animal entier ; les colonnes 3 et 4 donnent respectivement les taux p. 100 d'azote dans les quartiers et dans les issues. Les trois dernières colonnes sont particulièrement intéressantes. Llles indiquent la teneur totale centésimale en azote de l'animal entier, délerminée par trois méthodes dilférentes. En raison de l'im- portance de ces données, il est utile d'indiquer comment Lawes et Gilbert les ont obtenues. Colonne ï. Par addition : COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 313 TABLEAU IX Taux moyen pour cent d'azote dans les dix animaux. 1° Dans les quartiers frais; 2° dans les issues fraîches (parties égales, estomac et intestins exclus) ; o" dans l'aniinal entier (poids vif ii joiin, estomac et intestins compris). le taux pour cent d'azote de tout ranimai est donné : 1° par addition des taux de chaque partie isolée; 2° par détermination directe du mélange proportionnel de toutes les parties sèches (laine exceptée, le taux de la laine en azote ayant été ajouté par un calcul 1 ; 3° par un calcul effectue en déduisant du poids total de la substance sèche la graisse et la matière minérale, et divisant par (5,3 la différence. 0,3 corresjjond à la quantité centésimale de 10,873 d'azote dans les substances azotées. natii:r des anlmaux. Vean gras . . . Bœuf demi-gras H œuf gras. . . Agueau gras . . Pour cent de quar- tiers frais. 2.608 2.793 2.3.Ô1 1.712 Moutou maigre 2.350 Vieux inoutou demi-grap , Moutou gras. Mouton extra-gras l'ore maigre. Porc gias . . Moyennes générales. . . . Moyennes des 8 animaux, exclus moutons et porcs maigres. . . . Moyennes des G animaux, exctas 1; s animai! X maigres et d -mi-gras. 2.289 1.791 1.397 2.319 1.712 2.132 2.082 1.928 Pour leiU d'issues esto- macs et intestins exclus. 2.81i 3.1315 2.872 3.0.'2 2.920 2.928 2.fi09 2.771 2.172 3.313 2.78(1 2. 84.-) 2.733 POUB CENT DB I.'aKIMAL. ENTIEIi poids vif à jeun dans les quar- lilTS. 1.618 1.808 1.5.57 1.024 l.'.;54 1.226 ].0^9 0.880 l.ôtl 1.300 1.324 1.30.5 dans l.'S issues. 1.235 0.838 0.900 0.761 0.913 1.119 1.034 0.9:J1 0.880 0.679 0.457 0.854 0.831 de l'ensemble des parties 0.802 2.036 1 i) détermi- par nation cMilion. directe. 2.45i; 2.471 2.708 2.781 2.318 2.3.33 1.967 1,974 2.373 2.380 2.267 ; 2.260 2.282 ^ ;i par al.'iil. 1.960 1.760 2.220 1.757 ^ 1.917 , I 2.035 i 2.178 2.148 M .814 1 ' 1 747 \ 2 196 1 773 4 194 2 170 2 052 2.121 2.635 2.304 1.919 2.3.53 2.226 1.9U 1.7.36 2.180 1.7.'5 2.147 2.018 314 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'azolo (voir tableau YIl) a été dosé isolétnenl sur cinq ciUégo- lies de parties animales : 1° Ensemble de tous les quartiers (os exclus); 2" Mélange des os des quartiers; 3" Issues, parties molles et os, s'il s'en trouve quelques-uns; 4° Laine et poil ; 5" Mélange de toutes les parties de ranimai (laine et poil exclus». En ajoutant les taux obtenus dans ces cinq séries de dosages, on a les résultats indiqués sous le titre azote par addition. Colonne II. Par détermination directe. RUe donne le cbiffi^e trouvé en ajoutant au résultat du dosage direct sur le mélange proportionnel des quatiers et des issues de l'animal entier, moins la laine ou le poil, le taux d'azote trouvé pour la laine ou le poil analysés à part. Colonne IIL Par calcul. On a diminué le poids de la substance sècbe brute de celui de la gniisse, enlevée par fusion, expression, et par l'éther {graisse totale) ; on a déduit ensuite le poids des cendres. Le reste (l'eau, graisse et matière minérale déduites) consiste en principes azotés de diverse nature. « Nous avons en vain, disent Lawes et Gilbert, pour évaluer l'azote sur une base certaine, cherché des données positives résultant d'analyses immédiates des différentes parties du corps » ; en l'absence de chiffres indiquant les proportions relatives d'albumine, de fibrine, de gélatine, de chondi^ne, etc., dans le corps des animaux, ces savants ont admis, un peu arbitrairement, ils le constatent, le chiffre de 6,3 comme celui, en nombre rond, qui se rapprochait le plus de l'exactitude, et l'ont pris comme diviseur de la substance sèche trouvée pour la réduire en azote. Ce nombre 6,3 suppose un taux p. 100 moyen de 15,873 d'azote dans le mélange des composés azotés. 15.873: 100:: 1 : a; a;=j^-^ = 6.3. H est un peu plus élevé que celui de l'albumine et de la fibrine, mais considérablement plus bas que celui de la gélatine. Ce chiffre représente une moyenne aussi exacte que possible et suffisante pour le but que se proposaient Lawes et Gilbert. Boussingault avait pris 15 p. 100 = 0.660 azote pour ses déter- minations de la composition des végétaux. Plus tard il a adopté 16=6.25 azote. COMPOSITION DES ANIMAUX A [/eNC.RMS. 31Ô S il y a lieu de supposer tpie les délermiuatioiis expérimenlules sont plus près de la vérité (pie les calculs, il faut aduiellre que les substances azotées du corps, prises dans leur ensemble, présentent un Inux plus élevé que 15,873 (correspondant à G,o p. JOO). Mais counne partout, la différence dans le taux d'azote obtenu par les dlIVérenles méthodes s'accuse invariablement dans la deuxième dé- cimale seulement ; que de plus, cette différence est un peu infé- rieure, dans tous les cas, pour la méthode par cr/ic«^ seul, il y a lieu d'être très satisfait de celte concordance. Il serait facile d'indi(pier diverses sources possibles d'inexacti- tudes dans le mode de calcul consistant à fixer le taux de l'azote à 15,873 p. 100. Par exemple: dans quelles limites les matières mi- nérales déterminées par incinération- et déduites par le calcul con- tiennent-elles du soufre et du phosphore oxydés provenant des substances azotées elles-mêmes? Quelles sont les proportions relatives des différents composés azotés dans le mélange qui les comprend toules, el ainsi de suite. Ces causes d'erreurs sont, au cas particulier, absolument indéterminées, mais sans importance. 11 y a lieu, au contraire, de s'étonner d'un accord aussi parfait dans des chiffres obtenus par trois méthodes différentes entourées de difficultés con- sidérables dans leur application. Le choix des prises d'essai a été fait avec le plus grand soin ; les dosages (tableau Vil) d'azote faits en double ou en triple sont très concordants. Les résultats généraux concordent dans la limite de 0,01 à 0,03, soit de 1 à 3 dix-millièmes! Ces chiffres peuvent donc être considérés comme tout à fait suffi- sants sous le rapport de l'exactitude. Ils fourni.ssent, en tous cas, des indications du plus haut intérêt sur les rapports de l'azote contenu dans les différentes parties des divers animaux, à des états et à des régimes variés. Les animaux de resjirce bovine contiennent dans l'ensemble de leur corps : I)(Eiif " Kau (complément de la substance sèche pour obtenir lOO). \)q ^\\xs, pour f animal entier, le taux p. 100 de l'estomac et de l'intestin et de leur contenu. QUARTIF:nS. 1" DIVISION DU TAliLEAU X. — RÉSULTATS l'RINCIPAUX. 1. Cendres et substances azotées. Cette partie du tableau met en évidence l'existence : 1" D'une relation entre l'accroissement de la substance minérale et de Vazote. — 2° D'une relation entre la décroissance de la subs- tance minérale et de Vazole. — 8" D'un rapport des cendres à l;i substance protéitpie, rapport qui oscille autour de une parlie do matières minérales pour quatre parties de matières azotées. 2. Graisse et sulislanees azotées. Dans tous les cas, excepté celui du veau, où il y a égalité, le taux de la matière grasse l'emporte de beaucoup sur celui de hsubstauce azotée sèche. .^. = .;, / Mouton maigre. . i/ne/owe^ (/e»i/c plus de graisse que de substance azotée. ^ î E ^^^^ demi-gras. . Ihi quart — — •i .ïP= i Porc maigre. . . Deux fois — — = -a Moutons demi-gras Deux fois — — lîœuf gras Deux fois el demie — — Mouton gras Quatre fois ■ — -- — très gras Six fois — — l'orc moyennement gras . . Cinq fois — — De l'ensemble de ces résultats, on peutinférer vraisemblablement 318 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. C8 U •05 0} u « •OJ H • PN o « c« s 1-^ OJ o. « s o « o f3 •(-( 0} ^ .s • (U ■>-> ■ •' o 03 -Cï Si - 0} a O w a> 4^ ' — j o 0> c> rt J3 o 4-> •0) £m S M cd 03 C X O" O < •a a ce <-> t/3 Xi s ai 1 o es a 09 I w C8 (8 fc4 < X & H 0) J3 en o o •OJ a «-a o 0) lU •Q> tn • FN o u O :3 o N S Ci 0} _o o o u a n lA a •j" s U3 E o H^ r-^ H O J n <: 3 H •—^ o o >f; x îc ?i ■^ ^ iH Tc - 1 " -, « rH 1^ t~ r- o M o o -H Ci r- co ^. o ..-5 -3. •* «5 i.-5 «* « m -i< -^4 1< -f 3 -^ -, ■- ■^ « x; = „ S -S :i :; :^ 5 -ë 3 - i :=^ S t~35a3-"OOTÏ»»>t- co cr> ■jO y W-HCl.OOOO-l'NCi Ti -t* cocoirtcç'-ûotOirîors co co uo ^ ;;3 — >c u *a({.id) x^?îicr^r-b-0«it-t* Ci •^ m « o ce co -.2 o o C-. o 1 ■0 co r -< -T3 a|Cioi aoiiEisqnt; co -î* -+ -r ?? -f K* to r: «r -* ■* •^ •/:> .H -H lo t~ m -js M rs î» 1 O) o ce Ci •ossiK.iy -i ■M .~i-im'Mi-(M:o-*M'^ Oi ^ CO ■,i\\:\a'i w îr o :o VD o -îi Cï r~- 05 ir co t>- >r -c -t< -M -" -»< "M o to o eo co ^, Li a^ioïiî aniiB] qng 1-1 -^ o '^ -M -« :0 :^ ^ o t^ >J^ 1 r— ^^ o •aiBiauuu 0.13 ieiv; cc' ts Ci :r5 ^ »H X r; -.1) — f-t 3-1 o \ :■: -t* co -M ^5 rs 31 -M -M -H oo CO :o 3 M C3 cr O) lO t- rt IN rt ers -T* oo ^ o rjl ■<#r:)'ri-rr:-"<'-?'ioi:^r- 00 t- co ■J2 u: iPiOO>c»-^m-*:3^ uo ■o ■o •s;cioi ^■*»iinr505co«w-j Ol Ci o w o uo o t^ — ' to co -i< -* 3^ o tH (M .• a CO-:)l'!X-««y5-*>.OCO-? ^ Tll hj »-^oo» 1 o -4H '- -< - < •assa-jg -f o îo o ts co '.r -t* te ■^ OJ -H Q .-H-lCvl-M-(^-M50.-lî (M IM S-1 &, « w •aqaas -H " 1- Ci O 1^ -H 30 O OC Ol -)< Ci ;^ l^ O t^ CO ■/' r- '^ CD -f -+ 1^ t— co — rtSlr-l-iWrtrt-<.-,i- F- &î tj ^ o w»?5c-^.OCi045fl-fr-r^ -M '>l -o •8|i!jau!ui .ia3iiB[ï •^OTj(-f— «i-cO'iïOC- OO -* —' îi •>! -31 ri n co w o CO o j :o a; / 3 co o -c -i co r- t^ o co -j: -:!< ^:^ co Ol — 'C; co t- ri o co lO X fr^ CO -^ co .o t f o -? co CQ o co -f -!« -* •aiBioi t^o-«-r'r-cocoob--^* «0 CO -f h-'"-^-JOl — ^^r~-4<»- ^, co »c co -n o iO -r o «o es ■* te u" lO .c ] J / es ce co Ci co m -il -■ T-i >.- H WO I— ' "assiBJf) CD "M -^ co ÎO -- >C »^ 30 — -* ,£ Ci ;^ rtMcoeooico^uorj-s vz co :o •ai|,ia>- co co o Ci 1(0 Ci 1.0 -< o u- »c* co co S5 a^lozG aaiiBisqng COI-lOO-td-tlwCS-fC ^ 1-i r^ w^ ^ ^ ^ W»- > 0- i-i oj ai co co co M -oi co uo r- t- c ) c- 1 '"■ 00 p ■aicjauuu a laiiBri; -3. iT O :o :o 1-t -^ t* >r -i co \ -t< K- Tji 'TD --*< -î< co 3^ 5^ '■ r- co co s eu o . ^ * «5 ■ -5 < w . lî a M . ^ to o -^^ • s >i 3 -u 71 2"^ ;3 D J to 2 .2 5) .g s a: 9 a 5 c3 .1 1. «1 G a igres to V •? 2 s £ « « F- e8 "^ 1- — — — « Vn £ ^2 ■" 2 ^ !5a«6iiSOtDo.i',/ « =3 » oau gr œuf de œuf gr gneaii outon ieux m outon outou orc ina s c > 1 X o o — o ra >.;::;<;p;>S:^^^ f— f. t^, COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. .UU ([lie tliiiis les (juarliers de bœuf réputés de bonne qualité, il y a laie- ment moins de deux fois et fréquemment près de trois fois aiilaiiL (le graisse (jue de substance azotée. Cliez le mouton, de trois à quatre fois autant. Chez le porc, (jualrc fois et plus. Quelle quantité de la (jraisse totale des animaux de boucherie est utilisée dans l'alimenlalion humaine? Celte question de stalistiipie intéressante a été, de la part de Law^'s cl Gilbert, l'objet d'une enquête spéciale; en voici les résultats i;(iii''- i-aux {Lellrc de M. John Elvart, p. 521) : Bœuf. — M. Elvart admet que toute la graisse des quartiers, et liO ]). 100 de la graisse des issues sont utilisées comme aliment ; le reste va aux fonderies. Mouton. — Toute la graisse des quartiers est consommée; il n'end-c pas de graisse des issues dans ralimentation humaine. Afjneau et veau. — Toute la graisse est utilisée. Pore. — Graisse des quartiers : celle des issues est consommée à part, — pâtisseries, cuisine; une partie sert aux pharmaciens, — pommades, etc. (La plus grande partie de la graisse d'ours, vendue en Angleterre par la di'oguerie, est de la graisse de porc.) Les autres renseignements recueillis par Lawes et Gilbert concor- dent avec les précédents. En résumé, la proportion de graisse con- sommée, par rapport à la proportion de substance azotée ingérée est, en moyenne, plus considérable dans la pratique que ne l'indi- (juent les rapports de la graisse totale à la substance azotée totale dans les quartiers, parce qu'une pai'tie de la graisse des issues sert à l'alimentation. 3. Variations de l'eau. La dernière colonne du tableau X nous montre que tandis que le taux p. 100 de substance minérale et celui des matières azotées décroissent avec la maturation et l'engraissement, celui de hf/raisse croit : mais cette augmentation dans le taux p. 100 est supérieure au décroissement de la matière azotée et de la matière minérale. Gela veut dire qu'il y a, dans l'engraissement, accroissement définitif de substance sèche, grasse surtout, de l'animal (en centièmes) et par 320 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. conséqiuinl,, une diminution dans le taux p. 100 de l'eau, pendant l'engraissement. L'examen de la dernière colonne du tableau met ces diflerences en relief de la manière la plus nette : on voit de plus, en comparant les colonnes 5, 10 et i 6 du tableau X, que les os, comme les parties molles , sont plus riches en substance sèche chez les animaux maigres que ciiez les animaux gras. Conclusion générale : il y a augmentation dans le taux p. 100 de la substance sèche, variable avec les espèces animales. ISSUES. 2" DIVISION DU TADLKAU X. Dans les issues, la tendance à la diminution entre les taux de ma- tière minérale et de substance azotée n'est pas si manifeste ni si régulière que pour les quartiers (ne pas oubUer que les matières minérales adhérentes à la laine jouent un rôle perturbateur). La plus grande partie des issues n'étant pas comestible, les rap- ports sont d'ailleurs moins importants à noter. 11 y a exception pour le porc dont presque tout le corps est con- sommé : il en résulte (pe c'est cet animal qui fournit la part la plus considérable de sa substance azotée à l'homme, les issues équivalent, et au delà, aux os. Ueau est plus abondante dans les issues que dans les quartiers. 3° ANIMAL ENTIER. Variations de la matière minérale, de la matière azotée et de la uraissc. Récapitulons l'apidement lès faits importants de cette belle série d'analyses relatives à la composition des animaux. 1" Siihslance sèche totale (estomac et intestin non compris). • Le corps enlicr du veau gras en renferme . . 3i p. 100 environ. i — (Ju bœuf gras 4S.ô — ] — de l'agneau gras 44 — Animauxgras, ( , , j — du mouton gras oO — I — — très gras., ... 60 — \ — du porc modérément gras . . 5ô — i — du bœuf demi-gras 40. "20 Animaux ' i maigres, j du mouton maigre 3G.TÔ du porc maigre 39 .7J COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 321 2° Substance azotée séclic (corps entier compiciiaiit chair, Iniiie, poil, os, organes internes). Veau gras 13.5 p. 100 environ. Bœuf gras 14.5 — Agneau gras 12.5 — Mouton gras 12.5 — — très gras 11 — Porc modérément gras 1 1 — Les animaux maigres contiennent 2 à 3 p. 100, en plus, Je subs- tance azotée sèche que les animaux gras correspondanis. 3° Graisse débarrassée de l'eau. Veau gras 11.5 p. 100 environ du poids entier. Bœuf gras 30 — — Agneau gras 28.5 — — Mouton gras 35.5 — — — très gras 45 . 5 — — Porc modérément gras .... 42 — — 4" Matières minérales : A l'étal maigre, le corps entier du veau contient probablement 3,5 à i p. 100, celui du bœuf 4,5 à 5 p. 100, celui du mouton 3 à 3,5 p. lÛOet celui du porc 2 à 3 p. 100 de ma- tière mhiérale. 5" A l'état (iras, les taux de matières minérales sont i\y} : 3 1/2 à 4 p. 100 Veau et bœuf. 2.5 à 2.75 p. 100 Agneau et uiouton. 1 .25 à 1 .75 p. 100 Porc (matière minérale). ()° La matière minérale du corps entier des animaux peut être considérée comme renfermant, en moyenne, environ 40 p. 100 d'acide phosphorique et 6 p. 100 de potasse \ 7° La composition moyenne des six animaux (analysés), dans de bonnes conditions pour la boucherie, peut être considérée comme élant la suivante : Matière minérale 3 p. 100 i Matières azotées 13 — . 49 p. 100 substance sèche. Graisse 33 — ' Eau 51 Tota! TÔÔ 1. Nous donnons plus loin, en détail, la composition chimique des cendres des dix animaux analysés. (Mémoire publié en 18S3.) [V. tableaux XXV et XXVI. ANN. SCIENCE AGRON. — 1887. — II. 21 322 ANNALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. S" Graisse. Dans les animaux rcpiilés maigres (non engraissés) le corps entier des bœufs, moutons, porcs, contient toujours plus de graisse que de substance azotée sèche. 9° Le corps entier du bœuf, modérément gras, contient plus de deux fois plus de graisse que de substances azotées. Celui de l'agneau gras plus de 2 lois plus de graisse ; — du uiouton très gras A fois plus de graisse, — du porc modérément gras i fois plus de graisse. lU" La proportion de matière minérale dans le corps des bœufs, moutons et porcs, augmente et diminue parallèlement aux taux des substances azotées. i\° Substance sèche totale. Les quartiers du bœuf modérément gras et autres animaux contiennent : l'œuf modérément gras 50 à 55 p. 100 de substance sèche. Mouton modérément gras .... 55 à GO — — — très gras G 5 — — Porc modérément gras GO à Gô — — — très gras plus encore — — Agneau 50 — — Veau 35 à 40 —, — 1:2' Les quartiers du bœuf modérément gras renferment 2 à 2 1/2 fois plus de graisse que de substance azotée sèche ; Ceux du mouton modérément gras 3 à 4 fois; — — ti'ès gras 5 à G fois ; — du porc (tué pour porc frais) 4 fois ; — — gras beaucoup plus, pour 1 de substances azotées. Les rapports nutritifs peuvent alors se représenter de la manière suivante pour les trois premiers animaux : MA _ ^ _ 1 _1 Mil Az ~ 3 à 4 ~ 5 à I) ~" 4 Le mot engraissement est donc très bien choisi et très juste: c'est la graisse qui forme surtout l'accroissement. Le résultat final de l'engraissement est donc : augmentation de substance sèche et de graisse : diminution relative du taux de subs- tance azotée. C'est ce qui nous reste à établir en étudiant la compo.sition chimi- «jue de l'accroissement durant l'engraissement. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 323 Section VII. — Évaluation de la composition de l'accroissement en poids dans l'engraissement des animaux. Les immenses recherches de Lawes et Gilbert ofl'rent un double point de vue également important, La (juestion de l'alimentation humaine et la théorie de l'alimentation pour l'engraissement. Nous avons successivement examiné les parties des travaux de ces savants relatives : i° A la détermination du poids moyen effectif et du taux centési- mal des organes et des diverses parties des animaux; 2" Aux méthodes analytiques appliquées à l'examen chimique des animaux ; 3° A la composition chimique : azote, matière minérale, graisse, substance sèche des dix animaux types. Nous arrivons à l'application de ces données à l'engraissement. L'examen des dernières parties des travaux de Rothamsted n'est pas moins intéressant que celui des précédentes. Le problème dent Lawes et Gilbert ont cherché la solution expé- rimentale peut s'énoncer ainsi : i" Déterminer la composition en principes azotés, gras et miné- laux de l'accroissement en poids des animaux dans l'engraisse- ment ; 2" Déterminer la relation existant entre les principes fixés, pour constituer l'augmentation de poids dans l'engraissement, et les prin- cipes consommés dans le fourrage. La solution importe directement, on le voit, à la question de l'é- levage et de l'engraissement. Une vue d'ensemble résumant tous les travaux de Lawes et Gil- bert terminera celte étude. Les tableaux XI et XIl renferment les principaux résultats des recherches consignées dans six mémoires publiés de 1849 à i855 sur les questions suivantes : Quantités des principes azotés, non azotés et de la substance sèche totale consommés : 1" Pour un poids vif donné d'animal en un temps donné; 2° Pour produire un poids donné d'accroissement en poids vif. 324 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. X ai ta O c o es <^ S *-a G tf3 CJ o ^ t— S o a ^-> tn -qj C8 o .h 3 o ■^ - Ç3 " = C -a- « •S. °-è \ ;; = = Sa S ° o m — ' . ; — ' o ..-; -^ X -H -* -■: ^ _ ., O «-H lO •-t -M " " " " es lO .. ri r; « rs »! CI 71 /; ^^ -41 Cl •-t —• «o r. ■r. t- t^ r- COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 325 o O m •H " •N iC «-• Ci S-l r- O •^ -> ?1 C\t ou Zi T-l ô t- -^ '^ '3 jD QC X CO CO 00 O "M —s ■M co X) CO C5 ■ *• ^H --^ n •r> 00 eo Cl t- :a b- co t- — V ^ ■^ O' c:. o -,i ^ '^ ic '■^ rt ■^ t^ l.-î 71 -^ — ^ î^ y; QO =^ "M _ .^ X GC ^1 1-": "" - ■^ —1 _^ O -~ " — ( _ o ■-O ?ï 51 r. — Cï — rï 35 1-- c© ~^ ^ ^ "M —t l-( »n i- r-5 -^ ^1 »r Tt -ri CO "^ — ( '^ O -M _ -î< -1< 71 lA -^ '-* -• "-■ "• 71 1-H u j- • 't. > •- >< A cï . rt , cî s o ic . -0 . bO . = 2 >> a ;; ^ o c; . s 3 3 3 s ijo . «J r: a. . x j_, X » ï ■t. •« =^ V» • '•ù • "^ .c — X. •3.2 O s o ^ •Si: *D s •hJ? ~ "2 ^-5 - > 'o aj .M a 3 « ,= fli o« IS -. :; ^q K ^ !« "l a « « •/! =- =5 o X •3 > ■o s •3 S î2 2x il s « r^ =^ i^ r^ a (0 p< a> S es o n a (S •a o s o a as •M -D W O ^■5 Tl •O O O t- •i '^ o O 71 o ^ .-1 1-1 >o t- O M r- ■-T' o t>- -^ '"' îl "^ ^^ "^ 2 tj) o > a o s o ■a ^^1 -- .— -.^ T-( o C(5 s-î W î'î Î'S « •3 •» D S « c ' * ïï » -O '*« -s a> a *a m m SJ -i> •0) a -C o *a a " o ^j tX) •^ o s f-% a o >> o > es -H 03 ■A •s S a C^ -Tl 77 5- m «^ 05 M M O a c8 s 2 ai — X ■u en 42 ^ i p OT ■S S3 u < O tf w -3 O o >-\ "o ô Ht pq a c: < o ■w c H o .:; ■tj o ^ 13 O £ f o Q, 0) " t. o s S- S es o ce O- o. w o o Xi ^ (M P co (D "O m •0) ••-> •f-4 *J a a !3 O) ■a '^ SI. o ^ ' o c : Si; ^^ I 2s en 2 3 5 .S 0)* fc o >5 S5 C Q B o <1 K Q O l« C !5 3 "° 73 :: '■° ■£ o'ii ^ -, - - aj ? Il lo o o t^ 3S -t -^ -T î^ r— >o c^ t^ -M ?î --; — • •* -r -r -?• "^ ^ •* ^ •^ X («H ce M 0) .. a< - 5'§ a S.*E ^-1 O Ci ;: 'jo 'S' wf w _. CJ r^ 1 O Ci ;: 'Jo -O S 3 « ^ a) iB~ O r-. -• O rs M irt ^i « r: rî rs -44 lO CO 30 o -5 --O ■ ? O « => - ■« ic oo IC o 2 •--*•■= -i- g o ^ J3 «j IC o ^^ vD 'O <3J 3:3 t- ^ „, _ O o TO C<1 t>- oo co t- c^ 3^^ ^i > o ai a a> 01 o (1 cd A o a w cd a es •a O ■M "c3 9 en w •C c« q 2-5J 1) .- M "O 'S -2 a> ® ad p » « c3 60'^ ^'•-i O (N.= a ■"■='"H ■^ y .2 0! 'D .- 1^? h4 OJ « OJ J3 j3 ja O le turncps r^» le navet de Suède j- . les pommes de 1 terre t- 4 «„ » I iMAz 1 1 1 I . p . . . o° Avec le rapporter; — i- = r our., k^ chair lormee est 1res grasse ' ' MnAz o b ° 334 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. (l'accroissement est probablement très gras surtout) chez le bœuf, le mouton et le porc. Dans les premières périodes de croissance et d'engraissement la teneur doit être moindre en principes non azotés : [ Rapport- ou ^ ]• 4" En tenant compte de la dépense en fourrage, de la plus-value, (hi fumier (aliments azotés riclies) , l'éleveur a presque toujours intérêt, même à la fin de l'engrais, à employer une plus forte propor- tion à'azote qu'il n'est nécessaire pour obtenir le maximum d'ac- croissement en poids vif, pour un taux donné de substance sèche du fourrage. Nous arrivons maintenant à l'examen de la composition du croît des bœufs, moulons et porcs dans l'engraissement. 11 faut entendre par là, les proportions de chair, d'os, de graisse, d'eau et de ma- tières minérales qui forment le croît. Évaluation de la composition de V accroissement en poids des animaiix engraissés. Tableaux XXIII, XXIV et XXV. Il est évident que, connaissant la composition d'un animal pesant un poids donné, 100 kilogr. par exemple, et celle du môme animal pesant, après engraissement, un poids plus élevé, 150 kilogr. par exemple, il serait très facile de calculer la composition réelle et le pourcentage de l'accroissement (50 kilogr.). La difficulté pratique réside dans ce fait que nous ne pouvons connaître la composition exacte de l'animal, ni au moment où on commence à l'engraisser, ni lorsqu'il s'est accru d'un poids déter- miné. Substituant le calcul à l'analyse impossible, Lawes et Gilbert ont appliqué respectivement aux animaux maigres (avant l'engrais- sement) et aux animaux gras, la composition trouvée expérimenta- lement pour les deux types (maigre et gras) précédemment analysés, en choisissant des animaux aussi identiques (dans les deux cas) que possible aux types choisis. C'est cette méthode que Lawes et Gilbert ont appliquée à la déter- mination de la composition de V accroissement sur 9S bœufs \ :ji'J moutons > soumis à Peni'raisseriient bO porcs ) COMPOSITION DES ANIMALX A l'eNGRAIS. 335 et divisés en de nombreux groupes d'après la race, l'étal de matu- rité, l'âge, la nature du fourrage. Les tableaux XIII, XIV et XV donnent toutes les indications nu- mériques de CCS expériences : Tableau XIII pour les bœufs; Tal)leau XIV j)Our les moutons ; Tableau XV pour les porcs. Il est évident que l'exactitude des évaluations de la composition de Vaccroissemenl inscrites dans ces tableaux dépend entièrement du degré d'identité de composition des animaux types analysés avec celle des animaux auxquels s'appliquent les données analytiques qui ont servi à ces calculs. Les résultats, en efl'et, ne doivent être considérés que comme des approximations ; ces données constituent cependant les bases le mieux applicables à de semblables calculs. Lawes et Gilbert ont expérimenté eux-mêmes sur les porcs et sur les moutons; les nom- bres des tableaux que nous avons précédemment exposés avec quelque détail sont les résultats de ces recberches. Quant aux bœufs, Lawes et Gilbert ont pris, pour bases de leurs évaluations sur la composition de Y accroissement, les essais les mieux suivis en Angle- terre sur le passage des animaux de l'espèce bovine de l'état demi- gras à l'étal gras. Pour évaluer la composition de l'accroissement des porcs à l'en- grais, Lawes et Gilbert ont choisi comme terme de comparaison la différence entre la composition du porc maigre et celle d'un porc (de la même portée) engraissé : l'analyse des porcs maigre et gras leur a servi pour calculer l'accroissement chez les autres porcs. Bœuf: L'expérience qui fournit, selon toute probabilité, les cbif- fres les plus exacts est celle qui porte sur 50 bœufs, engraisses pen- dant :29 semaines et 3/i et qui a donné l'accroissement centésimal maximum. La moyenne des 98 animaux donne pour la composition de l'ac- croissement : I Graisse GG.2 Substances sèches 75. i p. 100 formée de • Matière azotée sèche . . 7.G9 ( Gendres 1 .19 •> •■» <•■" ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. X a. a es C3 • t: . & es s 3 'V: cz o ^ ■t: tn 8 ■t: H) T3 ^ 5 J2 ■>J a •^ o g C (U O 03 o •*— > ry; O r- o u o Cl. u ^ s o es 73 o <— » V « « •^ •a tr. o a> ^ ■03 "O -OJ O , , C8 O .:3 =c M — O — &• ..» s '/3 o u O £1» en OJ C ar; ^^^ ^^^^ c -XI c.^ '5 Cm d aj ^ '^ T3 u. cT (-■ 'TS o « bo -SJ ^ C C cï 3 s b c/i u 'o es « s t.» vT c» c/5 B o O) _« Cl. ^ (^ -o ■b >j~ X >- ■^ a. « r3 3 '<Û ^ 2 K c "n :_i ^ ^ ■ ■ s -a ». L. Q. =3 ai 3 OJ ' f^ f^ O O n oo s •A 35 j ÎJ D. a ë -o c »• •T3 C4 9 1 " ^ a œ =" &? cr. «O Z 05 ■= <3.' '_• ?« et u a >; )-• '-', < »« ti c y. ■S 5 "^ 5 Cl o tr ■a o S '5 ■ o " J5 O . . cr. 'T. i. X 'r. C = - rt C3 ï/3 _c _o a 2 « z^ :^ o -< -3 ^ s > ^ o 5 « c= ■ >^ >•. ^ « CQ c; "3 o ô cr ». O) O .■^ 3 -— a. c C3 C3 < C a. C O ^■■■" ^■^^ ^^^^ COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 337 Ces chifTres peuvent êlre considérés comme représentant très exactement la composition moyenne de l'accroissement, pour la pé- riode de six mois, ou plus, d'animaux soumis à un bon régime d'en- graissement et amenés à la fin de l'expérience à un bon état de maturité et de graisse. Lawes et Gilbert remarquent que la tendance à de légères erreurs peut être une évaUiation un peu trop élevée pour la graisse et la substance sèche totale, et un peu trop basse pour la matière azotée. Moutons. — Examinons le tableau XIV. Il comprend différentes classes d'animaux suivantes : 1° Nourris avec des fourrages différents ; 2° Pendant des périodes de temps inégales. Il y a eu, par conséquent, des accvoksements, jmur cent, différents, et le taux p. cent des quartiers rapportés au poids vif varia également. Il a été tenu compte des conditions diverses de ces expériences, dans le choix fait des données à adopter pour calculer les accroissements. Classe I. — Un grand nombre d'animaux nourris pendant une période considérable. Pris à l'état maigre, conduits à l'état gras. Bases du calcul. — Composition de l'animal maigre et de l'animal gras analysés, comparés. Classe IL — Animaux pris à l'état gras conduits jusqu'à l'état très gras (Christmas mutton). Bases du calcul: Animal gras, animal extra gras analysés. Classes III et IV. — Animaux pris à l'état demi-gras et conduits à V engraissement modéré. Dans la classe III la période d'engraissement a été relativement courte. Dnns la classe IV le fourrage n'était pas bien adapté à l'engrais- sement. 11 suit de là que la proportion de l'accroissement rapportée aux poids originaires moyens atteint seulement la moitié de ce qu'elle a été dans la Classe I. lui égard à ces circonstances, les bases du calcul sont, pour les classes III et IV : La moyenne entre la composition du mouton ??ia/(7re et du mouton gras pour point de départ ; la composition du mouton gras pour point d'arrivée. ANX. SCIliXCK AGllON ~ 18S7. — II. 22 338 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XIV Composition de l'accroissement (en poids vif) du mouton à l'engrais. CONDITIONS GÉNÉRALES DES KXPÉBIBNCKS. £■= o a X u C as o Natuic du fourrage. :; En quantité limitée. ad lib/tum. c "5 a Classe I. — Poids à l'origine : Composition du mouton maigre. Poids final : Composition du mouton gras. Cotswold Leicester Crosbred Wether. Cros-bred liwes . Haut dowii. . . . Sussex down. . . 46 40 40 40 40 40 s. j.| 19. 5\ 20.0/ 20.01 20. 0( 26 o) 26.0/ Tourteaux et foiu de tièfle. I Turneps do Suède. MOÏENNES. 53.1 44.0 46.8 46.0 61.4 59.9 52.0 ôit.O 57.2 .i« . 58.6 59.5 58.9 2.14 7.31 (;7.5 2.01 0.31 74.2 2.0G 6.70 71.8 2.05 6.67 72.0 2.2.» K.Ol 63.2 2.22 7.90 7.16 6 5.9 2.12 68.8 77. 82, 80. KO, 73, 74, 78.0, Classe II. — Poids à l'origine : Composition du mouton gras. Poids final : Composition du mouton extra-gras. Cotswold. . . Leicester. . . Cros-bred Wether Cros-bred Ewes H.aut down. . . Sussex dowu. . 34.6 34.4 34.4 34.4 31.5 31.5 Tourteaux et foin de trèfle. Turneps de Suède. Moyennes. . (39.5 141.0 J4O.2 I33.2 34.0 38.3 64 1 (U 6 64 8 61 3 63 2 63 2 61 3.13 3.13 3.09 3.10 3.17 3.13 sTïï 7.86 70.0 8.02 68.7 7.95 69.3 8.07 68.5 7.18 75.;'. 7.41 73.5 70.9 7.75 81. 0; 79.9, 80.4 79.6 ,S5.61 81.1 81.8 Classe III (série I). — Poids à l'origine : Moyenne de la composition du mouton maigre et du mouton gras. Poids final : Composition du mouton gras. Haut down. 13 6 13 6 13 6 Tourteaux . Avoine. . . Trèfle. . . . Turneps de Suède. MOÏBNNES. 23.3 56.6 2.00 25.8 56.5 2.12 27.8 53.3 2.19 25.6 65.5 2.10 6.69 7.21 7.59 7.16 72.0 68.5 66.1 68.8 80.7, 77.8 -7- Fft 7o.7j TSTÎ Classe IV (série II). — Poids à l'origine : Moyenne de la composition du mouton maigre et du mouton gras. Poids final : Composition du mouton gras. Haut down. . . 5 19.1 5 19.1 5 19.1 5 19.1 Tourteaux . Lin Orge. . . . Malt .... :( Trèfle. Moyennes. 25 . 1 56.6 2.10 7.08 69.4 23.6 57.5 2.10 (i.7I 71.6 23.1 58 5 2.01 6.62 72.4 20.1 59 . 2 1.90 5.78 77.8 2t. 57.9 2.03 6.55 72.8 78.5 80.3 81.0 85.4 81.3 Classe V (série IVi. — Poids à l'origine : Moyenne de la composition du mouton maigre plus ^/3 de la différence entre mouton maigre et mouton gras. Poids final : Composition du mouton gras. Haut down. 4 10.0 5 10.0 4 10.0 4 10.0 5 10.0 Orge concassée . .\ /15.6 Malt concassé eti I déchets I 116.1 Orge concassée et| Mangold. ' trempée > ' ■18.9 Malt concassé etl (Betteraves)! trempé 1 113.9 Malt concassé et] [ déchets de malt./ 16.2 Moyennes. . . Moyennes généraf.es. 16.1 58.3 .57.9 57.1 58.6 55.9 57T5 2.10 2.10 2.17 1.92 2.01 2.07 2.31 6.67 6.86 7.68 5.90 6.94 6.81 7.13 71.8 70.7 65.4 76.1 70.5 70.9 70.4 80.6 79.7 75.3 81.2 79.4 f9T8 79.9 COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 339 Classe V. — Par des considérations analogues, les poids primitifs pour la classe V ont été établis : j)oiir ledépart, mouton maigre plus 2/3 de la composition du mouton gras ; pour la fin, la composition du mouton gras. Le taux p. 100 des quartiers rapportés au poids vif montre très bien l'état final comparatif dans les divers lots ; il n'y a pas de diffé- rences bien sensibles dans les classes I, III, IV et V. D'après les chiffres du tableau XIV, la matière minérale entreiait pour 2 à 3 p. 100 dans l'accroissement; l'une et l'autre de ces déter- minations sont indubitablement trop élevées. L'erreur est due à la saleté de la laine qui retient toujours beau- coup de substance minérale (suint) et matières accidentelles. En écartant les cendres de la laine du calcul, le taux de la matière minérale s'abaisse certainement au-dessous de '1 p. 100 et tombe même au-dessous de 1 ,5 dans certains cas. L'accroissement du moiUon correspond, en moyenne, à > Matières azotées , . . 7.13 Substances sèches: 79.9 p. 100 composées de ■, Graisse 70.-10 ( Cendres l AO Cola montre que dans l'accroissement pendant l'engraissement, le pourcentage des matières azotées est un peu moindre et celui de la substance sèche et de la graisse un peu plus élevé chez le mouton que chez le bœuf. Porcs. — Tableau XV. Accroissement (passant du maigre au gras) d'après les analyses. 1 Composés azotés .... 7. 7 G Substance sèche: 71.-i p. 100 < Graisse 63.1 ' Matières minérales. ... 0.53 Accroissement sur l'ensemble des animaux soumis à l'expérience. . Composés azotés 6.44 .^uitstance sèche: 78.0p. 100 ^Graisse 71. .j ); Matières minérales. ... O.OG Dans l'ensemble des animaux de cette série, il y a moins de ma- licre azotée, beaucoup moins de matières minérales et p. 100 340 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XV Composition de l'accroissement en poids vif du porc à l'engrais. Nota. — Daus tous les cas, pour le poids à l'origine, on a pris la composition du porc maigre, et pour le poids final, la composition du pure gras. CONDITIONS GÉNÉKALES DES EXPÉRIENCES. Parcs. Iletl2 1 3 2 3 3 3 4 3 5 3 G 3 7 3 8 ô 9 et 10 G 1 3 2 3 4 3 5 3 6 3 7 3 8 3 12 3 24 Nature du fourrape. En quantité limiiée. ad libitum. — te Ç 3 *> •5, "> Porc maigre et porc gras, réellement analysés. s. j. 10.0 >8. 0< Mélange de 1 partie sons, 2 parties farine de lentilles, 3 parties farine d'orge, aà libitum SÉRIE I. Rien Farine de maïs Farine de ma'is et sons Kieu Farine de fèves et lentilles. ... Sons Farine de fèves, lentilles et sous. . Farine de fèves, lentilles, mais et .sons; de chacun ad libitum. . . Moyennes. SÉRIE II. 85.4 82. s 75.7 0.53 7.76 63.1 Farine de fèves et lentilles. Farine de maïs. (68.9 {79.6 81.9 0.16 6.73 69.6 83.0 0.33 7.29 65.9 (59.0 82.:; 0.07 6.03 74. L' (51.3 67.0 74.5 85.4 0.36 5.29 79.0 84.4 0.10 6.61 70.1 83.7 0.26 7.02 67.5 80.3 83.5 0.37 7.32 65.7 59.7 8 i . '.! 0.04 6.0,i 73.9 67.5 83.3 0.09 6.54 70.8 / Rien. /8. Farine d'orge ' Farine da fèves Sous I et lentilles. Farine d'orge et sons ) Rien i Farine de fèves et de lentilles. . .V Farine d'orge. Sous \ Farine de fèves, lentilles et sons . Mélange de 1 de .sons, 2 do farine d'orge et 3 de farine de fèves et lentilles, ad libitum Jlélannfe de 1 de sous, 2 de farine de fèves et lentilles et 2 farine d'orge, ad libitum Moyennes. (45.0 |63.7 » 0.66 4.56 84.1 i) 0.03 6.37 71.» J59.7 (55.7 n 0.01 i;.o7 73.8 » 0.17 5.71 76. 1 161.9 » 0.07 6.46 71.6 ].^8.6 M 0.08 5 . 98 74.4 '65.0 » 0.07 6.46 71.3 41.6 )l 0.64 4.40 84.4 i;3.7 )> O.O.i 6.38 71. S 74.6 61.1 » 0.27 7.05 67.4 0.10 5.95 74.6 1 4 2 4 8 1 3 2 3 3 3 4 3 8. I""! SERIE III. iSons et farine de maïs p. égales. Farine de maïs. Moyennes SÉRIE IV. 51.1 tiO.l 55.7 84.6 0.37 5.26 79.1 87.3 86.0 0.05 6.12 0.21 5.69 73.6 76.3 Farine de lentilles et fèves . . . . LeutiUes, sons, sucre, fécule, de chacun ad libitum { Sucre. Fécule. I Sucre et fécule. 12 Moyennes Moyennes oénékales. 103.8 94T3 83 1 80.1 81.7 80.8 81.4 0.48 0. 18 0.,iS 0.70 0.,56 0.01; 7.. 53 7.58 ?.98 8.17 7.81 6.44 (i4 . 1 1)3 . 9 62.0 .59.9 Ii2 . ô 71.5 71.4 76.5 73.6 SO.l vl.O 77.1 74.9 73.4 79.8 88.0 78.3 79. S 81.7 77.8 80. i 77.8 8^.2 78.3 ■4.8 8'ÔT5 81. 1 79.7 81.8 72.1 72.0 70.6 68 . S 70.9 78.0 COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 341 (le plus de gi'aisse et de matière sèche totale dans le porc engraissé comparé au porc maigre. Cela tient à ce que dans le nombre des porcs, il y en avait de plus avancés que le porc maigre type, dès le début de l'engraissement, ce qui élève également le taux p. 100 de quartiers rapportés au poids vif. Le taux moyen de matière minérale est, dans tous les cas, très faible dans l'accroissement. Dans plusieurs cas, il y a perte apparente de matières minérales durant l'engraissement. La tendance connue du porc à s'engraisser plutôt qu'à former de la chair, quand il est bien nourri, permettait d'attendre ce résul- tat, montrant que la trame osseuse, véritable réceptacle des subs- tances minérales, s'accroît moins chez le porc que chez le bœuf et le mouton. Mais il n'est pas possible d'affirmer sur deux aiialijses qu'il y ait diminution réelle de substances minérales dans l'engraissement. Tableau XVL — Récapitulation de l'accroissement en poids vif par bœuf, mouton et porc. Ce tableau résume les résultats moyens de la composition de l'accroissement chez ces trois espèces. TABLEAU XVI Moyenne de l'accroissement en poids vif des boeufs, moutons et porcs à l'engrais. ESPÈCES. COMPOSITION KVAI^UÉE eu centièmes du poids d'accroissement peiidaut l'engraisscmont. Matières minérales. Cinidres. Substauco azotée sèche. Graisse. Substance sèche totale. Moyenne de 98 bœufs — de 318 moutons .... — de 80 porcs Porc gras analysé Moyenne 1.47 2.34 O.OG 0.53 7. 09 7.13 G.4i 7.7(i 6G.2 70.4 71.5 63.1 75.4 79.9 78.0 71.4 I.IO 7.2G G7.S 7G.2 On peut conclure, avec très grande probabihté d'être dans le vrai, que le bœuf, durant 6 mois ou plus de période finale d'engraissé- 342 AXNALES DE LA. SCIENCE AGRONOMIQUE. ment, présente avec une alimentation large et convenable un accrois- sement de 70 à 75 p. 100 en substance sèche totale consistant en : Graisse UO à G5 p. 100. Chair, substance azotée 7 à S — Matières minérales 11/2 — Le mouton, dans l'espace de plusieurs mois, s'accroît de 75 p. 100 de substance sèche totale consistant en : r.raisse GO à 70 p. 100. Giiair 7à8 — Matières minérales 1.75 — Le porc (destiné à être consommé comme porc frais) durant 2 à 3 mois s'accroît, linalement, de 67,5 à 7:2,5 en substance sèche totale consistant en : Graisse CO à 65 p. 100. Chair G.5 à 8 — Matières minérales 1 au plus — L'accroissement, dans les quelques mois de la fabrication du porc très gras (destiné à la salaison), consiste plus en graisse et moins en chair et en matières minérales que l'accroissement du porc frais. Le tableau XXll, page 358, fait connaître en détail la formation de la graisse et sa répartition dans les diverses parties des porcs soumis à des alimentations différentes ; nous l'examinerons plus loin. L'accroissement moyen durant la vie totale de l'animal doit être très sensiblement celui de la période nécessitée pour l'abatage dans de bonnes conditions. A cet état de l'animal, il y a probablement plus de substances protéiques et moins de graisse que dans la •moyenne de la vie. Dans l'enfance, le rapport entre la matière pro- téique et la matière grasse est sans doute plus élevé que dans toute autre période de l'existence. En résumé 100 kilogr. d'accroissement en poids vif des animaux de la ferme durant l'engraissement consistent, en moyenne générale, en : i Graisse 67.8 Substances sèches: 70. 2 p. lOolchair 7.2G (Cendres. I.lO COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 343 Nous avons maintenant à étudier les rapports qui existent entre les principes nutritifs du fourrage et ceux de l'accroissement en poids vif. Section VIII. B((pporls entre les principes constituant V accroissement en poids vif et ceux que renferme le fourrage pendant l'engraissement. Nous avons établi approximativement la composition de l'accrois- sement (poids vif) dans l'engraissement du bœuf, du mouton et du porc. Il est intéressant de chercher à fixer maintenant la relation approximative existant entre les principes assimilés par l'animal et ceux des fourrages consommés. Les tableaux XI et XII indiquent, pour le cas du mouton et du porc, les quantités des principaux constituants des fourrages con- sommés pour produire 100 kilogr. d'accroissement en poids vif ou par 100 kilogr. de poids vif d'animal, par semaine, A l'aide de ces données nous allons déterminer : 1° La quantité probable de chacun des principes fixés durant l'ac- croissement, pour 100 de chacun d'eux consommés ; t2" La quaniitc probable de chacun de ces principes assimilés pour une consommation de 100 parties de substances sèches totales du fourrage ; 3° Le rapport entre la quantité de graisse formée et celle existant déjà dans les fourrages. Examinons successivement ces trois questions. I. — Qymnlilés de matière minérale, composés azotés, substance non azotée et substance totale sèche, assimilées dans l'accroissement pour 100 de chacun de ces principes consommés. Les tableaux XVH et XVIII contiennent les données relatives à différents lots de mou- tons et de porcs soumis à des alimentations diverses. Observations générales. — Toutes choses égales d'ailleurs, une alimcnlalion riche en azote tend à produire proportionnellement un accroissement plus fort en charpente osseuse et en chair. 344 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XVII Quantités de matière minérale, de substance azotée, non azotée, et de substance sèche fixées dans l'engraissement du mouton, pour 100 de chacune d'elles dans le fourrage consommé. COKDITIONS GENERA LES DES EXPERIENCES. Haut down. Haut down. Haut dowii. s. J. Cotswold 4G 19.5 Leicester .... 40 20.0 Cros-bicdWether. 40 ■MA) Cro.s-bred Ewes . 40 20.0 Haut dowu. . . . 40 ZGM Sussex down. . . 10 26.0 ( ^ 13.6 { 5 13.6 ( ^ 13.6 Natine dis fouriages. CLASSE I. Tourteaux et trèfie. Turneps de Suède. Mot: NNES. CLASSE III. (Série I.) Tourteaux | Avoine 'Trèfle de Suède. Trèfle ( •'' ii).i ; s 19.1 1 •'' 19.1 l ^ 19.1 Moyennes. CLASSE IV. (Série H.) Tourteaux Lin Orge Malt Trèfle. QUANTITE dedhaciin des principes ass miles dans l'accroissemc it, lappoilée à 100 de cesinènips print'iprs consommés dans les l'ouirages. II- « ^ » (ù ï^ ^ 1 2 "^ s S t. i, J3 -t x: 3 — 3 = (9 .X- 3.r8 3. 5 3.21 3.25 3.!0 3.o0 3.39 4.43 11.6 3 .9 12.0 3.00 11.0 3.(;o 11.8 l.:8 10.3 4. 10 3.91 10.3 U.3 9.60 0.48 9.31 0.40 8.4J| 8.44 4.10 5.73 4.01 7.07 3.98 7.14 4.62 6.17 9.12 11.1 9.33 10.0;9.:5 9.0,8.49 10.0 '9.09 I 1.69 |l.8 U.75 |l.4b Moyennes 11.68 2.20 2.32 2.82 2.17 2.38 6.3 H. 2 5.7 5.3 5.9 5.07 5.19 5. Ou 4. Cl 4 10.0 5 10.0 4 10.0 4 10.0 5 10.0 CLASSE V. (Série IV.) Orge concassée. . . . Malt concassé etdécliet. I Orge concassée et tremp . > Betteraves. Malt concassé et trempé. \ Malt concassé et déchet. Moyennes. . . Moyennes genebai.es. (3.8( J4.0^ .80 .04 (3.72 [3.41. 3.59 5.65 9.8 6.18 10.4 6.35 8.9 4.34 9.3 5.4(5 9.1 5.60 9.5 1.41 9.4 4.97 8.91 9.49 8.i8 8.23 8.25 .(i.j 8.0o COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 345 TABLEAU XVIII Quantités de matière minérale, de substance azotée, non azotée et de substance sécha fixées dans l'engraissement du porc, p. 100 de chacune d'elles dans le fourrage consommé. CONDITIONS GENERALES DES EXPERIENCES. l'aies. as u c a ■«, rs X ji CJ Ut TS jQ ^ È: ^ ~. . l 3 i 3 3 3 4 ;i 5 3 ti 3 7 3 8 3 UetlO () Ilrlli s. j. lO.U 8.0 Nalurc des foiiiiages. 3 >10.(» 3 En quantité llmiléL\ ad libitum. QUANTITE DE CHACUN dis piini i; PS .issini lés s con-ooiniés duns les l'oiirrages. oÔ Oj J3 2 Matières minérales 0.11 Les moyennes de 80 animaux donnent : accroissement sec (eau déduite) 17.27 parties, consistant en : Graisse 15.81 Substances azotées l.ii et quantité insiijniliante matières minérales. 350 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XIX Quantités de principes assimilés, expirés, perspirés ou éliminés dans l'engraissement du mouton, p. 100 de substance sèche du fourrage consommé. CONDITIONS OENEBALES DES EXPERIENCES. aj =^:ï ^ " Cl X fT ~i. ■a Nature du fourrage. ;fi En quantité limiléo. Costwold. , . . Leicester. . . . Cros-bred Wether Cros-bred Ewes. Haut dowu . . . Sussex do^vn . . Haut down Haut dowu . Haut dowu . 46 40 4,0 40 40 40 ad libitum. Classe 1. s. il 19.5 20.0 20.0 20.0 2f 26.0 :o.or 16. o\ 1/? rt ' Tourteaux et trèfle. Turueps de Suède. Moyennes. Classe ni (série I). 13 6 13 6 13 6 Tourteaux . Avoiue. . . Trèfle. . . . I Tnnieps de Suède. Moyennes. Classe IV (série II). 19 1 19 1 19 1 19 1 I Tourteaux Lin. . . . Orge. . . Malt . . . Trèfle. Moyennes. 4 10.0 5 10.0 4 10.0 4 10.0 ô 10.0 Classe V (série IV\ Orge concassée . Malt concassé et] déchets. . . . Orge concassée etf trempée > Beiteiaves. Malt concassé etj treuipé et déch.l Malt concassé et] déchets de malt., Moyennes, jioyennes génékalk.s. 100 DE MATIÈRE SECHE du fourrage donnent : Assi nilés 1 dans l'accroissement. 1 , O) 0) OJ S ^ a o 0.1, Ê 2 o « et o ^s ^„ '^ £ t« ^ ë Xj.S ^^~ ^~~ 0.92 8.41 0.73 8.53 0.77 8.29 0.78 8.39 0.93 7.30 0.90 7.29 0.81 8.03 9.60 9. 48 9.31 9.41 8.49 8.14 9.12 0.24 0.25 ';0.24 |o.l9 'o.21 0.23 0.21 1 0.23 0.25 0.24 0.77 0.88 0.85 0.83 S. 32 8.32 7.40 8.01 9.31 9.45 8.49 9.08 0.24 1 i0.13 lo.ii 0.46 4.4S 5.07 0.43 4.62 5.19 10.12 0.41 4.47 5.00 'o.io 0.31 4.20 4.61 0.12 0.40 4.44 4.97 0.74 7.93 8.91 0.82 8.42 9.49 0.84 7.20 8.28 0.58 7.45 8.23 0.72 7.33 8.25 0.74 7.(i6 7.13 8.63 8.06 0.72 COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 351 TABLEAU XX Quantités de principes assimilés, expirés, perspirés ou éliminés dans l'engraissement du porc, p. 100 de substance sèche de fourrage consommé. CONDITIONS G ENEKALBS DES EXPEUIBNCBS. Nalurc du fourrage. Parcs. a.* c ^ = il 3 — ^^ X ^. ^ ■" - a^ •o 1 '•» 2 3 3 3 ■l .3 5 ;j 6 a 7 3 8 3 9 et 10 G llell2 ». j. 10.0 8.0- 8.0' 4 \ s.o En quantité limitée. ad libitum. 100 DE MATIÈRE SBCIIE ilu founaire donnuiil : Assimilés 1 ilaiis l'accroissoment. , « 0. :. «s ? £■»; ^ ^ s S " S C3 O V « c -^ N Jî „ 3 S ^ c V3 t« o t« ï ~ '■ = -r *< Porc gras réellement analysé. Mélange do 1 p. do .cous, 2 p. de farlue de lentilles, 3 p. de farine d'orge, ad nfiitwm Série I. Rien Farine de maïs Farine de maïs et sous Rieu Farine de fèves et lentilles . . .* Suus I Farine de fèves, lentilles et sons. Farine de fèves, lentilles, maïs et Farine de fèves et de lentilles. Farine de maïs. sous : de ciiacun cui libitum. 0.11 10.01 "jO.oy /o.oi 10.08 . 02 0.07 0.09 0.01 Moyennes 0.03 1.G2 L.'il 1.77 1.21 1.17 1.57 1.75 1.85 1.27 1.51 13.20 15.93 1C..0K 1 1 . i'5 17.48 16.76 11). 83 16.59 15.59 16.27 11.91 17.51 17.86 16. :5 ]8.."i8 18.:!5 18.68 18.53 16.81 17.81 85 . 06 82.19 «-'.14 83.85 81.12 81.65 81.32 81.17 83.16 Série II. Rien Farine d'orge •Sons ' Farine d'orge et sons Uion Farine de fèves et de lentilles . . .Sous Farine de fèves, lentilles et sons. Mélange de 1 de sous, 2 de farine d'orge et 3 de farine de fèves et lentilles, ad lilitum Mélange de 1 de sous, 2 de farine de fèves et leutilles et 2 de fa- rine d'orge, ad libittwi )f de lentilles. arine de fèves et \ç.' h. |o. )S: 0. 0. Fariuo d'orge. Moyennes 13 0.94 01 1.19 01 1.15 03 1.09 02 1.40 02 1.30 01 1.40 13 0.91 01 1.31 .06 1.66 02 ,1.23 17.37 18.18 13.49 14.6'.i 14.06 15.20 14.50 15.56 15.45 16.87 16.21 17.49 15.. 50 16.91 17.18 17.96 14.77 16.11 15.88 17.60 15.44 16.66 Série III. Morue sèche Sons et farine de maïs, part, égales. Farine de maïs . . Moyennes 0.08 0.01 0.04 \ \ •lO.o' ! ( Série IV. iSacre. Lentilles, sons, sucre, fécule, de chacun ad It&t'^um ..Fécule .... fSucre et fécule Moyennes . . Moyennes généuales. 0.11 0.11 0.13 0.19 0.13 1.13 1.60 1 36 1.7G 1.78 1.82 1.96 17.05 19.27 0.02 1.41 18.16 15.01 15.04 14.13 14.36 18.12 20.86 14.63 15.81 19.19 16. SS 16.91 16.08 16.50 82.19 81.82 8.J.31 81.80 81.44 83.13 S2.51 83.09 82.04 83.89 H2.40 83.34 81.88 79.14 h;.i;o 17.L'7 80.51 .S3.12 S3.06 83.92 s:!..-)0 85.40 82.73 352 A.NNALES DE LA SCIENCE AGUUXUMKJUE, Les porcs, bien que soumis jeunes à l'engraissement, s'accroissenl peu en tissus Ooseux, on l'a vu; c'est l'inverse de ce qui a lieu chez les moutons. Le taux p. 100 de la matière minérale dans les quartiers du mou- ton gras (au même âge) est sensiblement plus élevé que chez le porc. Le système osseux du mouton s'accroît beaucoup plus que celui du porc. On remarquera les rapports frappants entre les taux de matière minérale et de substances azotées fixées dans l'accroissement chez le mouton et chez le porc. Dans le porc, non seulement le taux réel de matière minérale est moindre, mais la proportion de principes azotés semble décroître à mesure qu'augmente l'engraissement de l'animal. Pour 1 de matière azotée sèche, les différents animaux contien- nent : Bœuf maigre (quartiers) 0.31 matières minérales. — gras 0.30 — Mouton maigre 0.30 — — très gras 0.30 — l'orc maigre O.IS — — gras 0.133 — Il semble qu'il faille conclure de là que le taux de matière miné- rale dans l'accroissement du porc à l'engrais est moindre que chez le mouton, différence en rapport, à la fois, avec la proportion de l'accroissement total et avec le taux de matière azotée fixée. Si l'on se rappelle que l'alimentation du porc, consistant princi- palement en graines sèches, renferme moins de substances fibreuses indigcstibles que celle du mouton, on ne s'étonnera pas que 100 parties de substance sèche du fourrage donnent un accroissement pour 100 en substance sèche plus considérable chez le porc que chez le moulon. 91 p. 100 sont rejetés chez le mouton ; 85 p. 100 d'après la composition du porc analysé ; 82,7 p. 100 d'après la moyenne des essais sur 80 porcs. Remarquer que les produits expirés, perspirés et éhminés par le rein et les fèces sont donnés en bloc. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 353 m. Iklation entre la graisse fixée durant r accroissement, la graisse déjà formée, la graisse des aliments, la graisse consommée, etc. (V. tableaux XXI^ XXII et XXIII.) Le taux de graisse existant dans le fourrage du mouton n'a pas été déterminé. Les faits suivants sont relatifs au porc seulement, dans l'alimentation duquel on a dosé la matière grasse. Le résultat général est que l'animal engraissé contient 400 à 500 parties de graisse pour 100 de cette substance existant toute formée dans son fourrage. Pour le porc analysé, on a trouvé 405 pour 100 parties de graisse consommées. La moyenne de toutes les autres expériences a donné 472 parties pour 100 parties de graisse toute formée dans le fourrage; il n'y a aucun lieu de douter de l'exactitude de ce dernier cbifl're. Il est évident, d'après cela, que la plus grande partie de la graisse des animaux provient de principes immédiats autres que la graisse des fourrages \ Nous avons déjà dit qu'en supposant la graisse formée à l'aide de la fécule, il faut 2 1/2 parties fécule pour produire 1 partie de graisse. Il est clair, dans cette hypothèse, que la quantité de principes non azotés du fourrage qui concourt directement à la production de substance non azotée (graisse) du croît, est bien supérieure à la quantité totale de la graisse formée. Il n'est pas moins évident que la proportion de la substance sèche totale du fourrage consommé qui a (s'il est permis de faire cette distinction) servi directement à former les matières sèches du croit, y compris la graisse produite, doit être bien plus considérable que ne l'indique le chiffi'e de la quantité totale de la substance sèche du croit. 1. A répnque où Lawes et Gilbert ont publié leurs recherches sur ralimentation, la lormation de la graisse chez les animaux, à l'aide de la fécule, du sucre, etc., contenus dans les aliments était encore contestée par beaucoup de physiologistes. On ne saurait plus avoir aucun doute aujourd'hui au sujet de la Jabr/cation de la graisse, par 1rs animaux, à l'aide des principes immédiats des fourrages. La théorie de la nutrition directe des animaux et l'idée de l'antagonisme existant entre eux et les végétaux, sous le rapport du mode de nutrition, ont été définitivement écartées par les résultats des travaux de Claude Bernard. L. G. ANN. SCIENCE AGllON. — 1887. — II. 2-3 354 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Moyenne générale des expériences sîir le porc. 100 matière sèche du fourrage ont donné : Accroissement total en substance sèche 17.40 Accroissement total en graisse 1 6 . 04 Graisse toute formée dans le fourrage 3.96 Graisse produite par la fécule 12.08 Fécule nécessaire pour produire la graisse formée 30.20 Graisse formée et fécule du fourrage contribuant à la formation de la graisse du croit 34.16 Substances azotées et matières minérales fixées 1.3G Rësîinié. Matière sèche du fourrage fixée ou ayant contribué à l'accroissement . . 35.62 Matières expirées, perspirées, éliminées 64.48 Les faits pratiques et chimiques paraissent indiquer que la graisse peut aussi être produite dans le corps de l'animal à l'aide des prin- cipes azotés, mais il semble que la source la plus abondante de la graisse produite se trouve dans les principes non azotés du fourrage. Parmi ceux-ci, le plus important, dans les aliments du porc, est la fécule. On peut donc prendre la fécule comme base des calculs sur le taux probable des principes qui se transforment pour produire la graisse dans les expériences en question. Abordons cette question importante : combien de fécule est néces- saire pour produire un poids donné de graisse ? On possédait peu de données chimiques en 1857 sur la compo- sition des différentes graisses animales. Lawes et Gilbert partent d'une moyenne ai^bitraire, dont les tra- vaux de Reinecke, dix ans plus tard, ont confirmé l'exactitude, ainsi que le montrent les chiflYes suivants : AiAdON. graisse. GR.4.ISSE. (Lawes et Gilbert) (Reinecke, 1867) C=44.4 Carbone 77 G = 76.6 H=6 Hydrogène 12 H= 12.03 = 49.6 Oxygène 11 0=11.36 Supposant que l'oxygène éliminé de la fécule, dans sa transforma- tion en graisse, se combine à une partie de son hydrogène pour COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. o55 former de l'eau et que le reste s'en aille à l'état d'acide carbonique, il faudrait au moins 2.45 de fécule pour donner 1 de graisse, plus l'eau et l'acide carbonique correspondants. C'est un minimum. Lawes et Gilbert adoptent 2.5 comme chiffre moyen. C'est le coefficient par lequel il faut multiplier le chiffre de la graisse du croît du porc, déduction faite de la graisse toute formée du fourrage, pour avoir le poids de substance sèche non azotée (fécule) qui a concouru à produire la graisse de l'animal. Tout en adoptant comme suffisante et juste cette interprétation (transformation de fécule en graisse), on doit remarquer que si la graisse provient aussi des composés azotés, il faut moins de substance sèche de fourrage que si l'on compte toute la graisse comme prove- nant de la fécule. D'autre part, si le sucre est une source de graisse (ce qui n'est plus douteux aujourd'hui), il faut, au contraire, une plus forte pro- portion de substance sèche. Quant aux composés protéiques, qui entrent pour une part no- table dans les betteraves, turneps, etc., il en faudrait plus encore que de sucre. Nous avons précédemment vu, qu'en admettant ces bases de calcul, les 15 parties d'accroissement solide sec fourni par 100 de substance sèche du fourrage, dans l'engraissement du porc analysé, ont exigé pour leur formation 30 parties environ de substance sèche du four- rage consomme. Pour 100 de matières sèches du fourrage, l'accroissement en matières sèches du porc analysé a été de 14.94; pour l'ensemble de tous les autres porcs, 17.40. Sur ce poids, 13.2, sont de la graisse dans le porc analysé; 16.04 dans tous les autres. Sur les 13.2 de graisse, 3.26 seulement viennent directement du fourrage ; 9.94 cm moins ont une autre origine. D'après notre hypothèse, 9.94 graisse correspondraient à fécule sèche, sur 100 de matière sèche du fourrage 24.86 Ajoutant la graisse formée du fourrage 3.26 On arrive à 28.10 sur 100 matière sèche consommée, pour représenter les 13.2 parties d'accroissement. 350 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Si ron ajoute à ces 28.10 les matières azotées et minérales i.7o ou a une quantité de matière sèche totale 29.83 sur 100 qui a contribué directement, dans notre hypothèse, à la production de 14.94 seulement d'accroissement en maiière sèche. 11 y a donc, dans cette manière de voir, 70.17 p. 100 seulement, au lieu de 85.06 de substance sèche éhminée, perspirée et rejetéc ; différence entre 14,94 de substance sèche formée et 100. Même réflexion pour la moyenne des autres expériences : Sur 10.04 d'accroissement en graisse p. 100 de substance sèche de fourrage consommé, il y a 3.96 de graisse toute formée; 12.08 au moins viennent d'autres substances. Or, 12. 08 degraisse=:30. 2 fécidc. La graisse toute formée, plus la fécule transformée en graisse, égalent 34.16 p. 100 de sul)slance sèche du fourrage, plus 1.36 de substance azotée et matière minérale, soit en tout 35.52 p. 100 de matière sèche de fourrage correspondant à un accroissement réel de 17.4 de substance sèche seulement. Il est à remarquer qu'en admettant l'hypothèse (2.5 fécule = 1 graisse), 2 de substance sèche dans le fourrage = 1 de substance sèche dans le croit : 1/3 seulement de la matière sèche totale est donc éliminé et les 2/3 restants contribuent à la formation du croît. Il y a tout heu de penser que les choses se passent sensiblement de la même manière chez les moulons et les bœufs. Lawes et Gilbert ont constaté que la plus grande partie de l'azote assimilé du fourrage se retrouve dans l'urine à l'état d'urée, quelle que soit la richesse en azote de l'aliment (graines de céréales ou légumineuses). Conclusion {dédnction) importante : La teneur en azote des ali- ments ne peut pas servir seule à déterminer leur valeur nutritive relative; de plus, l'idée généralement reçue que les aliments ne sont pas assez riches en azote ne semble pas juste à Lawes et Gil- bert. C'est bien plutôt la substance non azotée assimilable cpii leur ferait défaut. Ces remar(|ues, tout à fait neuves en 1860, ont reçu une consécration complète des expi'riences ultérieures. Les tableaux XXI, XXII et XXIII mettront sous les yeux du lec- leur tous les éléments essentiels de cette intéressante étude sur la formation de la graisse à l'aide des principes non azotés des fourrages. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. TABLEAU XXI. 357 Tableau indiquant: 1» La quantité de graisse formée pur le porc à riiigrais, p. 100 de substance sèche du fourrage consommé; 2" la proportion de graisse toute formée dans le fourrage ; 3" la quantité de graisse qui a dû être formée par les principes autres que les matières grasses des fourrages; 4" la quantité de fécule qui aurait été nécessaire pour loi'uier la graisse si cette dernière s'est constituée aux dépens de la fécule. CONDITIONS aENEUALES DES E X P E K I lî N C BS. Pa IfS . 1 3 2 ;i 3 à 4 3 5 3 (> 3 7 3 8 3 9 01 10 y lletl2 p. 100 DE SUBSTANCi; sèche de loiirrajre. Ç3 - '- a. S "=5 2 Porc gras réellement analysé. s. j. 10.0 Mélauge de 1 p. de son.s, 2 p. farine de lentilles, 3 p. farine d'orgo, ad libitum Série I. Rion ^ Farine de maïs Farine de maïs et sons \ Rien 1 Farine de fèves et de lentilles . . . . ' Sons Farine de fèves, lentilles et sons. . . Fari lie de fèves, leuli lies, maïs et sons; de chacun ad libitum Farine de fèves et de leutilles. Farine de maïs. 13.20 15.93 IC.Od 11.95 17.48 76 16.83 16.59 3.26 9.91 l^^. !}'^ Moyennes . 15.59 16.27 2.89 13.01 3.66 12.34 4.59 10.36 6.15 11.33 5.43 1 1 . 33 6.31 10.52 5.64 10.95 4.65 10.94 4.92 11.35 21.85 32.60 30.85 i!5.90 28.32 i'8.32 26.30 27.37 27.35 :\r.. 8.0' Série II. Rien '. Farine d'orge ( Farine de fèves Sons i de lentilles. Farine d'orge et sons ) Kien Farine de fèves et de lentilles ....(„. ,, Sons \ Farine d orge Farine de fèves, lentilles et sons. . . Mélauge de 1 de sons, 2 de farine d'orge et 3 de farine de fèves et lentilles, ad libitum Mélange de 1 de sons, 2 de farine de fèves et leutilles et 2 de farine d'orge, ad libitum Moyennes et (17.3 )l3.11 37 10 14.06 14.r,0 15.45 16.21 15.50 17.18 14.77 15.88 Série III. 8.0 Morue sèche Sons et farine de maïs, part, égales. Farine do maïs . . Moyennes . Moyennes générales. 15.44 17.05 19.27 2.40 14.97 2.55 10.94 2.85 11.21 3.08 11.42 2.83 12.62 2.81 13. 4U 3.27 12.23 3.16 14.02 2 99 11.78 3.08 12.80 2.90 12.51 28.38 37.42 27.35 28.02 28., 55 31.. 55 33.50 30.57 35 05 29.45 32.00 18.16 16.04 5.40 5 48 5.44 3.96 11.65 13.79 12.72 12.08 31.. 35 29.12 31.47 31.79 30.20 358 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEi Quantités et taux de graisse et de parties maigres dans les is! (Moyenne de 3 porcs NOS des parcs. 9 10 11 1 2 C 7 8 12 1,-! 14 COKDITIOKS GÉNÉRALES DES EXPÉRIENCES. Nombre des porcs. 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 Nature des fourrages. En quantité limitée. 906 gr. farine de lentilles et de fèves 906 gr. farine de maïs \ 906 gr. farine de lentilles et de fèves ( 906 gr. farine de maïs Rien 906 gr. farine de maïs 906 gr. sous 906 gr. sons, autant de farine de maïs. Rien 906 gr. farine de fèves et lentilles . . 906 gr. sons 906 gr. sons, autant farine de fèves et lentilles Rien 906 gr. morue sèche 906 gr. morue sèche Ad libitum. J " ' 2 ^ t. p ,o Sons. Farine de fèves et de lentilles. Farine de maïs. Farine de lentilles et de fèves de maïs et sons. Sons et farine de maïs, parties égales. . . . Farine de maïs . . , . 2.64 4.77 3.43 1.99 2.43 2.31 2.91 6.61 1.65 5.69 4.26 3.2.S 3.13 3.80 13.0 12.7 18.5 22 9 24.3 17.7 20.2 22.1 23.8 24.9 21.1 21.6 26.2 s y- « X 23.3 27.4 42.1 68.9 79.6 47.4 59.0 51.3 67.0 74.5 80.3 59.7 .51.1 60.1 Parcs 9, 10, 11. . Parcs 1,2,3,4. . Parcs 5, 6, 7, 8,12. Parcs 13, 14. . . MOYENNES. Sons avec quantités limitées de fariuo de fèves et de lentilles ou de maïs, ou de tous deux Farine de fèves et de lentilles, avec quantités limitées de farine de maïs ou de sons, ou des deux Farine de maïs, avec quantités limitées de farine de fèves et de lentilles ou de sons, ou le tout à la fois Morue sèche avec farine de maïs et sons Moyennes générales. 3.61 14.7 30.9 2.41 21.3 63.7 4.90 23.4 66.6 3.46 23.9 .55.6 3.71 21.0 56.5 COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 359 XII. dans les quartiers des porcs soumis à des alimentations différentes. qui' cns particulier.) l'OIDS AUSOI.U DES DIFFÉRENTES PARTIES .sé]iaiées des quarliers. Pallies grasses. îraisse Btenie, rein ompi i-. kil. 4. Isa 4.7(4 •5. SOI 4. 84(1 4.r.TG 5..")S I •6.551 5.970 5 r,5 ; 5.7-'t f>.GO:j ("■laisse exleine, fléchd do laril. kil. 18.. 1-21 ■J 1.737 •25.081 3i.au 37.210 25.109 29.0-18 31.854 36.729 34.117 37.261 34 . 176 40.127 51.915 Tolal des parties grasses. kil. 21.508 25.929 29.788 36.981 43.102 29.953 33.722 37.434 42.309 40.127 43.952 39.531 45.794 58.517 Tolal tes parues maigres, jambons, côles, épaules, poilrine, lète pl pieds. kil. 37.774 36.860 39.824 45.596 45.599 39.875 31.334 43.244 48.629 45.571 48.362 42.675 51.032 .56.688 Perte par évapo- ralion. kil. 1.927 2.040 2.040 4.. 363 3.400 2.573 2.550 2.323 2.550 2.522 2.550 1.332 2.295 2.465 Quartiers, Tolal. kil. 59.C81 62.611 58.309 87.983 91.423 74.218 79.. 523 83.003 90.963 88.092 96.373 85.015 99.198 117.774 p. 100 DE TOUS LF.S QUARTIERS. Parties grasses. Graisse interne, rein compris. 5.46 6.45 6.45 0.32 6.21 0.53 5.76 6.73 5.94 6.62 0.92 6.30 5.76 5.60 Flèche de lard. 29.7 33.4 34.4 35.1 39.4 33.8 35.8 33.4 39.3 37.8 38.6 40.2 40.3 44.1 Tolal. 35.2 39.9 40.8 41.4 45.6 40.3 41.6 45.1 45.2 44.4 45.5 46.5 46.1 49.7 Tolal des parties maigres, jambons, côles, épaules, poilrine, tète et pieds. 61.7 57.0 .56.4 53.7 50.8 56.2 55.3 52.1 52.0 52.8 51.8 51.9 51.6 48.2 Perte par évapo- ralion. 3.15 3.15 2.80 4.90 3.60 3.40 8.14 2.80 2.72 2.78 2.63 1.57 2.30 2.03 MOYENNES. 4. ''■il .5 271 :. ^ ( 'i i; 178 5 .311 21.650 30.662 31.827 45.992 32.419 25.730 35.932 40.665 52.170 37.740 37.024 45.367 39.798 .53.860 2.012 3.201 2.267 2.352 49.055 2.494 65.303 82.436 88.033 116.287 85.979 6.12 6.21 0.50 5.08 6.22 32.5 30.0 38.9 42.2 37.2 38.6 42.2 45.4 47.9 43.4 58.4 51.0 52.1 49.9 53 . 7 3.03 3.77 2.50 2.19 2.93 360 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. X c o 3 T3 Cl. O) — o •a O < ur 10 âge; "aide ( ■c po fouri e à 1 '^ 2 pq g. -F _« <1 « « o H N =2 m J= -j ■" ■" o o iS <= t- OJ •o O) - -QJ o sa ■- CJ « i^ t. = o. i:^ cr 3 «^ en q;) CB CA t/3 c/3 c3 n es ^ s- ^ bo fec 6Ki ■u i- « - Cî co co ;o ?^ CO CO (M •»t -.« :5 c^ M î-i O co « co o^ iC ce d a M ta o ■— * ho CO(>ÏOWt-iOO o 3^co.^:Diftçro -H :;> • •01 V c 3 œ ci a ;: J3 ■3 s 9 V a > Cl-l •- ci c3 .- PJ fcl fM P3 rt o Pu ce '.:- Ci xiieniiuB sap ajqiuoj^ îO rs M CO CO T7 :o -H IN ^ lo '^ 1- t: -m COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 361 ■01 es ^5 O •-4 O CD S Ci (M 0» g ■* = -* 3^ ta 00 •n « 00 o ^H ^^ ^H ^H -H »-( o ■M 00 S 00 2 S 00 -H 91 ^ co o :0 « M O ■* es co 00 •o o J.^ -^ ^ •>ï (M O ?0 '^^ 00 O _^ W -"1" ÎD -«If Cfl o l— 00 iC •* o ^ »-l (M CO (M ■^ w 04 N .-* i-H 1-1 •-< *-t iH vH 1-1 i-H te »> 2 ■a ta . •O o «2 o OT3 d p _2 o a> „ « S -^ T3 « " © — ' o -^ -1 > l; ^2« iS a « .2£ » -aj-C-O SB S; S^ S<2 o •à o es d o o 4.» a o o •^ ■« p œ e QQ 00 o lU > >■ <) 5? o •a o g ci 02 a o o PS •M CO 00 in ■* p s> >> o o «o ■< es fa » o « ■g s rs CO ?^ M o 362 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Un certain rapport entre les taux de matière azotée et de matière non azotée est nécessaire, mais c'est bien plutôt la digestibilité des fourrages que leur composition proprement dite qui peut déter- miner leur valeur comparative : c'est elle qu'il faut étudier. Dans ces dernières années, de nomjjreux travaux sont venus dé- montrer l'exactitude de cette assertion. On connaît aujourd'hui le coefficient de digestibilité des principaux éléments des fourrages et l'on doit en tenir compte désormais dans le calcul des rations des animaux de la ferme. Le tableau XXII fournit des renseignements complets sur là ré- liartition de la graisse dans les dilTérentes parties du porc soumis à des alimentations diverses et montre l'influence considérable du mode d'alimentation sur la formation de la graisse. Le tableau XXIll complète le tableau XXI et fait connaître la répartition de la subs- tance sèche consommée, entre l'accroissement en poids vif et les produits d'élimination. Résumé des rapports entre la constitution des fourrages et celle de l'accroissement. L'ensemble de la dernière partie du travail de Lawes et Gilbert peut se résumer en quelques propositions importantes : 1" Les moutons préparés pour la boucherie, avec une bonne alimentation mixte, assimilent rarement plus de 3 p. 100 de la ma- tière minérale du fourrage. La proportion exacte des principes minéraux assimilés dépend beaucoup des relations de la matière minérale avec la substance organique assimilable du fourrage et notamment de la teneur de cette substance en composés azotés. Rarement moins de 5 p. 100 de l'azote est assimilé si le fourrage est riche en matières azotées, rarement plus de 5 p. 100 s'il est pauvre. Pour 100 parties de substances non azotées assimilées, il y a 10 parties de graisse formée. 2° Les porcs bien nourris assimilent de 6 à 10 p. 100 de l'azote consommé. La proportion d'azote assimilé est minima pour les four- rages riches en azote, maxima pour les fourrages pauvres. 20 p. 100 de graisse au maximum sont formés par 100 de subs- tances non azotées consommées. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 363 S" Les moutons bien préparés pour la boucherie, avec une bonne alimentation mixte, donnent environ 9 parties p. 1 00 d'accroissement consistant en 8 de graisse, 0.8 à 0.9 de substance azotée et O.il de matière minérale pour cent de la substance sèche totale coiisonunée. Plus de 90 p. 100 de la substance consommée sont éliminés p;ii' les dillércntcs voies digestives, pulmonaires et cutanées. 4° Les porcs bien nourris donnent 15 à 18 de substance sèche en accroissement, consistant en 13 à 1G de graisse, 1 1/2 à 2 de subs- tance azotée, et moins de 0.2 de substance minérale jwur coït de la substance sèche tolale consommée. 82 à 85 p. iOO des substances consommées sont éliminés. 5* Les porcs fabriquent 4 à 5 fois plus de graisse qu'il n'en existe de toute formée dans le fourrage. Si la graisse vient de la fécule, 1 partie exige pour se constituer 2,5 parties de cette substance. Si la graisse est ainsi formée, 1/3 environ de la substance sèche du fourrage contribue à la formation d'environ moitié en poids de substance sèche de l'accroissement. Dans ce sens, il n'y aurait que 2/3 (au lieu de 82 à 85 p. 100) de la substance sèche du fourrage d'éliminé. La valeur comparative des fourrages, comme source d'accroisse- ment marchand de l'animal, dépend plus de la quantité de principes non azotés digestibles que de celle des principes azotés. Mais, comme source d'engrais, la valeur des aliments est d'autant plus grande qu'ils sont plus azotés. Il nous reste à examiner le dernier chapitre relatif à la valeur nutritive de la viande comparée à celle du pain. Section X. — Relation entre les principes non azotés (non fabricateurs de chair) et les principes azotés dans l'aliment animal et dans le pain. (Voir tableau XXIV.) H a été bien établi, par l'analyse, que le corps entier de queUpies- uns des animaux les plus importants pour l'alimenlation humaine, considérés même à l'état dit maigre, contient plus de graisse sèche que de substances azotées sèches. (Tableau X, page 318.) 364 ANNALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. C'est le cas du bouvillon 1/2 gras, du jeune mouton maigre, du vieux mouton 1/2 gras, et du porc maigre. Les deux derniers (vieux mouton et porc maigre) renferment, pour le corps entier, i fois et 8/4 autant de graisse que de subs- tances azot('es sèches. Parmi les animaux bons pour la bouciierie, un bœuf contient plus de 2 fois autant de graisse que de matières protéiques ; un mouton modérément gras, 3 fois autant; le bœuf très gras, 5 fois autant. Le porc gras 4 fois autant; L'agneau gras lui-même 2 fois autant. Le veau gras est le seul qui renferme moins de graisse que de inaîière azotée. Les types de mouton et de porc maigres analysés par Lawes et Gilbert sont certainement dans un état beaucoup plus maigre que ceux qu'on abat d'ordinaire pour l'alimentalion. L'une des plus importantes applications des travaux que nous avons exposés jusqu'ici consiste dans la détermination des principales diffé- rences existant entre l'alimenlation animale et l'alimentation végé- tale, dans le régime mixte de l'homme. Parmi les aliments végétaux, Lawes et Gilbert prennent comme type le pain de froment, c'est lui qu'ils vont comparer à la viande en établissant les proportions respectives de principes azotés (plas- tiques) et de principes non azotés (respiratoires) qu'ils renferment. Cette division, groupant tous les éléments nutritifs en bloc sous ces deux dénominations, est encore la plus pratique dans l'état de nos connaissances. Il y a des principes azotés qui ne concourent pas à la formation de la chair (chondrine, gélatine, etc.), mais comme on n'en connaît pas la proportion dans les animaux, on n'en peut, pour l'instant, tenir compte dans ce genre de calcul. Étant donnée, comme point de départ, cette classification en deux groupes plaslique, respiratoire, il faut évaluer quel est dans cha- cun des animaux le quantum comestible de ces substances. Il est évident que ce que les tableaux indiquent comme corps en- tier de l'animal ne peut être pris comme ne représentant que les parties comestibles. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eXGUAIS. 365 On se rappelle en efl'el que deux groupes ont élé faits : quartiers, issues, li ne faut pas oublier qu'une quantité considérahle de l'azote des quartiers se trouve dans les os; une très faible partie seule de celle-là entre dans la consommation. D'un autre côté, une proportion considérable des issues, organes internes, riches en azote, sert à l'alimcnlalion. Enfin la graisse des quartiers ne peut pas toujours être considérée comme représentant la proportion de toute la graisse du corps qui est consommée. Il y a donc lieu de discuter les quantités réelles approximatives de matière azotée et de graisse qui entrent dans l'alimentation hu- maine. Voici comment Lawes et Gilbert procèdent. Veau et bœicf. Matière azotée. Dans les veaux et bœufs analysés, les 2/3 environ de la substance azotée totale du corps se trouvent dans ce que nous avons appelé les quartiers. Par conséquent, (16 p. 100 de l'azote sont contenus dans les quartiers, dont 12 p. 100 dans les os de ces quartiers. Supposant que les os ne sont pas du tout consommés, il reste dans les parties molles comestibles 54 p. 100 des substances azotées de tout le corps. Sur les 33 p. 100 de matières protéiques accumulées dans les issues, dans le veau 7 à 8, dans le bœuf 4 à 5, sont consommés par l'homme. Ajoutant les taux des quartiers et des issues, on trouve (pi'il y a : dans le veau un peu plus, dans le bœuf un peu moins de 60 p. 100 de l'azote total des animaux qui sert à l'alimentation l'homme. Matières grasses. D'après les analyses citées précédemment, on peut conclure aux taux moyens suivants comme représentant les quantités consommées par l'homme : Dans les quartiers: 70 p. 100 de la graisse toiale du veau. — 7ô — — bœuf. Des 30 p. 100 de graisse des issues du veau '.'5 environ. Des 2J — — bœuf ;"> — Soit 9.") p. 100 de graisse totale du veau. Soit SO — — bœuf. o66 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ayncau cl nioulon. Eu égord à la l'orte teneur en azote de la laine, 52 à 53 p. 100 seulement de la substance azotée totale de l'animal se trouvent dans lesfjuartiers, iO environ sont associés aux os, ces derniers n'entrant que pour une très faible quantité dans l'alimentation humaine. Les issues fournissent à l'alimentation 4.7 ou 48 p. 100 de tout l'azote qu'elles contiennent, soit 6 à 7 parties d'azote pour 100 d'issues consommés. En nombres ronds, on peut dont admettre que 50 p. 100 de la totalité des matières azotées du mouton et do l'agneau entrent dans la consommation humaine. Graisse. 75 p. iOO de la graisse totale du corps se trouvent dans les quartiers. Le tout est consommé par l'homme : pour le mouton c'est la seule graisse qu'il fournisse à l'alimentation, les issues n'étani pas comestibles. Pour l'agneau, 95 p. 100 de la graisse lolale du corps, selon Lavves et Gilbert, sont consommés par l'homme. Porc gr^as (matière azotée et graisse). Les 3/4 de l'azote total sont contenus dans les quartiers. Sur les 74 à 75 p. 100 qu'ils renferment, 4 à 5 se trouvent dans les os. Les parties molles comestibles des quartiers contiennent donc en- viron 70 p. 100 des composés azotés du porc. Mais 8 p. 100, au moins, provenant des issues, entrent dans la consommation, soit 78 p. 100 de lout l'azote. De la graisse, 90 p. 100 se trouvent dans les quartiers et peuvent être regardés comme comestibles. Le tableau XXIV donne la récapitulation de ces estimations. Adoptant ces évaluations, on voit que : Dans les veaux et agneaux surtout, dans les bœufs et moulons aussi, le rapport de la graisse aux composés azotés, dans les parties consommées par l'homme, est plus élevé que leur rapport dans les quartiers entiers (os compris) [tableau X, p 318]. COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 367 TABLEAU XXIV. Rapport entre les principes non azotés et les principes protéiques dans les animaux de boucherie et dans le pain. K s P È C E s ANIMALES. PROPORTION de substance grasse pour 1 de matières protéiques dans les quartiers (os inclus). dans l'ensemble des pallies servant à l'alinien- tation humaine. Animaux maigres ou demi-gras. Moutou maigre Porc maigre Bœuf demi-gras . . . . , Vieux moutou demi-gras , l.tU 2.01 1.27 2.11 Animaux gras et très gras. Veau gras. . . . Bœuf gras . . . . Agneau gras. . . Mouton gras. . . Mouton très gras. Porc gras . . . . 1.00 2.31 3.39 3.96 G. 07 4.71 Moyennes d'animaux maigres et demi-gras, d'animaux gras et très gras. . . des dix animaux analysés. , . . 1.76 3.57 2.8.5 1.53 2.51 1.54 2.76 4.40 4.37 6.28 4.48 2.02 3.97 3.48 Pain de froment. Pain entier, croûte et mie ensemble. PROPOIiTlON de fécule ou d'équival. de fécule (graisse; pour I de matières protéiques dans les quartiers (os inclus). dans l'ensemlile des pallies seivaiii à l'alimeii- latiun humaine 4.09 5.02 3.17 5.27 2.49 5.78 8.49 9.89 15.18 11.77 4.39 8.93 7.11 3. 83 6.:.'S 3.8j G. 91 11. Ûi 10.93 15. C9 11.20 5.05 9.93 8.71 6.8 ANIMAUX. Veaux. . Bœufs. . Agneaux Moutons. Porcs . . TAUX P. 100 DE MATIÈRES CONSOMMÉES dans ralinieniatloii humaine du total des matières protéiques du corps. du total de la giaiff e. 60 95 60 80 50 95 50 75 78 90 368 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Dans les porcs, d'autre part, c'est l'inverse (lui est vrai: le rapport de la graisse aux matières azotées dans les quartiers (tète et pieds compris) est plus étroit que leur proportion dans les parties utilisées par l'homme pour son alimentation. Les proportions exactes de chacun de ces constituants dans les quartiers entiers et dans les parties consommées respectivement par chaque animal se trouvent dans les deux dernières colonnes du ta- hleau XXIV sui- lequel nous allons revenir. Avant d'établir la comparaison entre la viande et le pain, il faut fixer les rapports qui existent entre la graisse de l'une et la fécule de l'autre. D'après ce que nous avons vu précédemment, 2^,45 ou 2^,5 de fécule correspondent à 1 gr. de graisse formée dans le croît; 2.5 représentent donc le poids d'amidon du pain correspondant à 1 de graisse de la viande. En multipliant par 2.5 la quantité de graisse des quartiers ou celle de la graisse totale consommée par l'homme, on a l'équivalent en fécule (amidon) et congénères non azotés du pain. L'équivalent en fécule ainsi trouvé, divisé par le taux des matières " . . . MAz azotées du pain, domie le rapport nutritif ^i — r- du pain. Voici la composition moyenne du paiti de bonne qualité adoptée par Lawes et Gilbert, croûte et mie (tout compris) : G4 p. 100 substances sèches totales. 3G p. 100 eau. p. 100. Matières minérales I.ô — azotées contenant Az = 1 .3 p. 100 8.2 Amidon et autres matières non azotées 53.3 Matière grasse 1.0 Eau 36 100 En multipliant le taux p. 100 de graisse par 2.5 d'amidon, on a 2.5 à ajouter, pour avoir son équivalent en amidon, à 53.3, soit = 55.8 pour l'équivalent de fécule rapporté à la graisse. 55.8 di- visé par 8.2 donne pour la valeur du rapport nutritif du pain de bonne qualité, 1 de matière azotée pour 6p,8 de matière non azotée. 64 COMPOSITION DES ANIMAUX A L ENGRAIS. 369 Voilà le rapport type qui servira de comparaison avec le rapport nutritif des diverses catégories de viande. J. Forbes Watson a communi(|uc à Lawes et Gilbert, après l'achè- vement de leur travail, les résultats de l'analyse de Ao pains de Lon- dres, pris dans diverses boulangeries ; la moyenne donne : Matières minérales 1.41 — azotées 8.23 (1.30G azote). Graisse 1,00 Matière sèche 63 . 63 Soit : MAz _ 1 Mn Az~6.74 \ Odling, comme moyenne de 25 analyses, a trouvé le rapport : j=r-=^. Le nombre admis par Lawes et Gilbert est donc exact. Le tableau XXIV indique le rapport nutritif pour les différentes viandes, savoir (graisse et matières azotées) : i''" division : 1" pour les quartiers analysés ; 2° pour les portions tolales consommées de l'animal entier. 2" division : Rapport, calculé en équivalent de fécule, 1° dans les (|uartiers (os inclus) ; 2° dans les parties totales consommées de l'animal entier; 3" dans le pain, croûte et mie, tout compris. Ce calcul met en évidence ce fait frappant que le rapport nutritif entre la graisse et la substance azotée, variant entre 5^ et ^> est donné par les animaux en bonne condition, tant dans les quartiers que dans l'animal entier. Pour l'ensemble des parties consommées, on a sensiblement : Veau 1 1/2 fois autant de graisse que de matières azotées. liœuf. 2 3/4 — — — Agneau \ Mouton / -i 1/2 — — — l'orc ) Mouton très gras. ... 6 — — — Il est bien remarquable que la denrée principale de notre alimen- tation animale, la viande, à laquelle on attribue généralement une si ANN. SCIENCE AGUON. — 1887, — II. 24 370 ANNALES DE r.A SCIENCE AGRONOMigUE. haute valeur comme aliment plastique destiné à former la chair, contiemie,àrétatde graisse, une si forte proportion de matière non azotée par rapport à la substance azotée. La comparaison des résultats de l'analyse de la viande et du pain n'est pas moins intéressante. En examinant la seconde division du tableau qui donne la graisse de la matière animale calculée en fécule et congénères respiratoires du pain, on est frappé de l'analogie extrême de ces rapports ; tout physiologiste y verra presque une identité. Au point de vue pratique, comme au point de vue scientifique, la graisse et les composés de la série de l'amidon peuvent être (disent Lawes et Gilbert) considérés comme se remplaçant mutuellement dans nos aliments. Le rapport r^ — r- dans le pain = ^. Dans les animaux analysés le total des parties comestibles donne un rapport inférieur dans un seul cas, le veau (^). Dans le bœuf il y a identité ~; il y aurait plutôt excédent en faveur de l'élément non azoté. Dans l'agneau, le mouton gras, le porc gras, le rapport nutritif est 1 fois 4/2 plus élevé que dans le pain. Dans le mouton extra-gras, 2 fois plus environ. Dans la moyenne des animaux mi/r5 pour Ja boucherie, le rapport est ^. Dans les animaux maigres, l'aliment est moins féculent que ^e pain {—, veau) [~, mouton) ! Si de l'examen de l'animal entier, nous passons à celui des quar- tiers, nous trouvons que, dans la plupart des cas, le rapport des matières respiratoires aux matières azotées est plus élevé que dans le pain. Excepté le veau gras et le bœuf gras f^ et ~\ D'un autre côté, dans les quartiers de l'agneau gras, le rapport est g^, dans le mouton gras^, dans le porc grasjj^, dans le mouton extra gras t^.. La moyenne pour les animaux gras = ^ et celle des dix animaux COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 371 = t\i, c'est-à-dire partout plus de matières féculentes, par rapport aux matières azotées, que dans le pain. En ce qui concerne l'accroissement produit par ralimenlalion chez l'homme (par l'usage des aliments animaux) il peut rester quel- que doute. En général, l'alimentation animale (comparée au pain) renferme plus de matières respiratoires que le pain ; mais la viande donne une vigueur et possède d'autres avantages pour la santé qui ne semblent pas appartenir à l'alimentation végétale. La grande différence qui existe, sous le rapport de la composition, entre le pain et la viande n'est pas tant dans les quantités de matières respiratoires que dans leur nature : graisse dans un cas, amidon dans l'autre. Concentration dans la viande sous forme de graisse; dilution dans les aliments végétaux, fécule, amidon; la graisse est formée dans un cas, elle est à former dans l'autre. il faut noter aussi la facile digestibilité de la graisse ; les autres substances non azotées ne se digérant pas aussi facilement, la graisse aide à la digestion. Il y a une part très large à faire à la physiologie dans ces questions, mais la chimie e^t un auxiliaire indispensable de l'étude de la nutrition. APPENDICE Taux et composition des cendres des animaux de boucherie J'ai fait connaître (tableau IV, page 298) les quantités de cendres fournies par les quartiers, les issues et le corps entier des dix ani- maux type, analysés par Lawes et Gilbert, Au moment de la publi- cation de leur grand travail, ces savants avaient dû se borner à ces notions sommaires. Depuis cette époque, ils ont procédé à l'analyse complète des cendres des diverses parties du corps des bœufs, veaux, moutons et porcs qui ont servi à leurs études sur l'alimentation. En 1883 a paru (dans les Phil. transactions ofthc Roy. Soc, t. \\\) un travail d'ensemble sur les matières minérales des dix animaux étudiés. C'est ce mémoire complémentaire que je me propose d'ana- lyser ici. Les analyses ont porté sur trois lots de cendres de chacun des dix animaux, savoir : i" Mélange proportionnel de toutes les parties des quartiers; 2" Mélange proportionnel de toutes les parties des issues ; 3° Mélange proportionnel de toutes les parties des quartiers et des issues, représentant les cendres de l'animal entier. La répartition des organes et parties du corps, en quartiers et issues, est celle que nous avons précédemment indiquée pour chaque espèce animale, (Voir page 281.) Il a été fait douze analyses distinctes et complètes des cendres des (juartiers ; une pour chaque animal et deux en double pour vérifi- cation (bœuf gras et mouton gras). Il a été fait dix-sept analyses complètes des issues ; une par ani- mal, deux pour les têtes et les pieds des deux porcs et cinq analyses pour vérification. Pour l'ensemble du corps, on a fait onze analyses, dont une de vérification. COMPOSITION DES ANIMAUX A l'eNGRAIS. 373 Lawes et Gilbert ont donc exécuté en tout quarante analyses com- plètes de cendres, sans compter les dosages faits en double pour certains éléments. Le mémoire de 1883 et son appendice ne l'cnfermcnt pas moins de 13 tableaux numériques, la plupart en mesures anglaises. Je me borne à reproduire (voir les tableaux XXV et XXVI) les tableaux V et VI du mémoire original qui résument toutes ces analyses. Le premier fait connaître les taux cenléshnaux des dix animaux en cendres brutes et cendres pures et la composition centésimale des cendres pures. Le deuxième (tableau XXVI) indiipie la teneur de 1,000 kilogr. de poids vif à jeun de chacun des dix animaux en cendres pures et en chacun des principes de ces cendres. Ces deux tableaux suffisent pour tous les calculs qu'on peut avoir à faire sur la composition probable du bétail d'une exploitation, dont on a préalablement déter- miné l'état et le poids vif. La composition centésimale des cendres des animaux de la ferme (tableau XXV) met en évidence un certain nombre de faits intéres- sants. J'en relèverai quelques-uns. Par ordre d'importance, les élé- ments minéraux des cendres des animaux se classent de la manière suivante (animaux entiers) : p. 100. Chaux (maximum) 46.62 bœuf gras. — (minimum) 38.40 porc gras. Acide phosphorique (maximum). , . 40.37 veau gras. — (minimum). . . 3S.68 mouton très gras. Ces deux corps constituent à eux seuls les 4/5 des cendres des animaux. Ensemble des quartiers et des issues : p. 100. Potasse (maximum). 8.ô7 porc gras, les quartiers en renfermant jusqu'à 9.68 p. 100. — (minimum). 4.41 Bœuf demi-gras. Ensuite vient la soude, avec un maximum de 4. 30 p. 100 dans le porc gras et un minimum de 3.0-4 p. 100 dans le bœuf gras. La magnésie figure pour 1.5-2 p. 100 (bœuf gras) à 2.20 p. 100 veau gras. 374 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XXV Taux p. 100 des cendres brutes et des cendres pures. (Sable et charbon déduits.) Taux p. 100 des principes constituants des cendres pures. C E K n K E s el principes consliuianls des Ci^iulres. u — V) ■J) es Ut M 03 — s <9 to 1 5 S " te ^S» .^ es ce œ g — CQ =3 S S s f^ s s ô 3 C S 3 M, o « Si u o eu ta u c fr. ^^ 1« Quartiers. Condies brutes. . . . Ct^'iidies pilles. . . . PiToxyde île fer . . . ChauT Magnésie Potasse Soude Acide phosphorique . Acide sulfuriiiiie. . . Acide carboniiiue . . Chlore Silice Totaux Os.'gi'De corresp. au clilore, a déduire. Totaux. 4.48 5. 50 4.56 3.63 4.3,i 4.13 3.45 2.77 2.. 57 4.46 0.3'J 5.51 4.53 3.61 0.43 4.34 4.12 3 43 2.76 2.56 0.li2 o..5(; 0.36 0.49 0.40 0.39 . 63 43.93 46.89 47.02 46.83 45.43 46.21 46 . 65 47.36 40.35 2.09 1.71 1.70 1.79 1.86 1.76 1.8i 2.05 2.13 T) . 00 4.87 4., 54 4.62 5.18 5.07 4.65 3.78 8.47 3.08 2.(i0 2.59 2.47 2.97 2 . 65 2.80 2.74 3.72 41.. 54 40.00 40.40 40.37 40. 3(; 40.62 40.84 41.00 40.02 1.03 O.UtJ . (;9 0.81 1.21 O.ôO 0.53 0.47 1.96 1.14 1.81) l.()8 1.82 1.40 1.84 1.47 1.6! 1.17 1.02 0.7.5 0.88 0.93 1.46 1.02 0.93 0.70 1.81 0.11 0.27 0.14 0.14 0.07 1.07 0.13 0.04 0.15 100.23 100.17 100.21 100.21 100.3:: 100.23 100.21 100.16 100.4i 0.23 0.17 0.21 0.:il 0.33 0.23 0.21 0.16 0.41 100.00 loo 00 10). 00 100.00 100. Oj 100.00 100.00 100.00 100 . 00 1.4) 1.39 0.64 ■j8..59^ 2.08 9 . 68 4.4il' 40.19 1.26 1.26 2.25 0.17Î lOii.52 . 52 2" Issues. (Contenu de l'estomac déduit.) Cendres brutes. . . Coudre s pures. . . Peroxyde de fer . . Chaux Magnésie Potasse Soude Acide phosphorique Acide sulfuriquo. . Acide carbonique . Chlore Silice Totaux. ... OiTjèDe corresp. au chlorr, à déduire Totaux. 3.41 4.05 3.40 2.45 2.19 2.72 2.32 3.64 3.07 3.37 3.98 3.33 2.31 1.95 2.40 1.96 3.54 3.04 1.10 1.32 1.78 2.41 3 . ('8 3.73 4.87 2.09 0.90 41.39 44.51 41.16 35.91 36.42 37.35 35.22 36.97 41.77 1.68 1.42 l.'.;8 1.67 1.77 1.57 1.81 1.69 1.79 4.46 3.10 4.80 9.28 7.25 7.37 7.89 8.23 5.6!) 6.53 5.56 6.41 6.91 6.99 5.58 6.03 7.29 4.81 39.26 38.12 39.27 34.86 33.60 35.24 33.15 35.07 40.87 1.19 1.23 1..59 3.42 2.87 3.17 3.36 1.82 1.23 1.14 1.76 0.90 o.:i9 0.92 0.99 1.07 1.81 0.67 3.80 3.30 3.07 4.74 5.31 3.38 3.72 4.76 2.-58 0.31 0.41 0.43 1.48 2.40 2.38 3.72 1.34 0.34 100.86 100.73 100.09 101.07 101.21 100.76 100.81 101.07 100.56 0.86 0.73 0.69 1.07 1.21 0.76 0.81 1.07 0..56 100.00 100.00 100.00 100. 00 lOJ.OO 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 i.97 i.93; 1.31 11.07 1.59 5.99' 4.86 39.85 1.50 1.40' 2.99 0.28 100.84 0.81 30 Animal entier. Poids vif déterminé à jeun. (Contenu de l'estomac déduit. Cendres brutes. . . . Cendres pures. . . . Peroxyde de fer . . . Cluiux Magnésie Potasse Soude Acide phosphorique . Acide sulfurique. . . Acide carbonique . . Chlore Silice Totaux Oiigeoe corresp. su ehlorr. i déduire Totaux. 3.80 3.77 0.53 43.95 2 . 20 5.40 3.82 40.37 1.08 1.34 1..55 0.12 100.36 0.36 100.00 4.66 4.61 0.97 45.26 2.03 4.41 3.08 40.22 0.86 1.97 1.24 0.24 3 . 02 3 . 88 100.28 0.28 100.00 0.41 46.62 1.53 4.46 3.04 39.80 0.79 2.13 1.47 0.08 100.. 33 0.33 lOil.OO Î.94 i.8S .81 .57 .82 .71 .58 .96 .18 ..53 .86 .33 3.10 3.06 1.24 13.12 1.82 5.64 3.90 38.96 1.78 1.09 2.31 0.67 100.41 100.. 53 0.41 0.53 100.00 100. «0 3.17 3 06 1.35 44.39 1.72 5.27 3.35 39.15 1.06 1.83 1.61 . 63 100.36 0.36 KiO.OO 2.81 2.69 l.Oii 44.61 1.79 5.53 3.. 56 38.72 1.01 1.67 1.61 0.86 100.36 0.36 2.90 2.86 1.05 43.29 1.90 5.53 4.52 38.68 0.99 1.70 2 . 30 0.56 1011.52 0..52 100.00 100.00 2.67 2.65 100.00 1.65 1.04 0.91 40.58 2.01 7.39 4.16 40.12 2.33 0.60 2.22 0.18 100.. 50 0.50 100.00 0.76 38.49' 2.01 8.. 57 4.36 40.14 2.1.5 I 20 2.78 0.14 100.63 0.1 luO.OO COMPOSITION DES .\X1MAU.X .A. L ENGRAIS. 375 TABLEAU XXVI Quantités exprimées en kilogr. de cendres pures et de chacun des constituants des cendres par 1,000 kilogr. de poids vif des animaux à jeun. I K X D K K s et leurs conslitunnts. ty. 0; a es V) te » ô ■y. ce ^ .ûi bc 3 ta t£ - tÙ - ti. . te 2 «i '~ n *< 1 5 s U > -3 = >■ ~ s I*oid.s à l'état frais. Coudres pures. . . Pcr.jxyde de fer . . Chaux .Magnésie Potasse Soude Aci'li' phospliorique Ai'iJi> sulfiii'ique. , Acide Carbonique . Chlore Silice Totaux. . . . Oi.'j. forr. 3DCbl«r«, il déduire. TOTADX. Poids à l'état frais Cendres pures. . Peroxyde de fer. Chaux Maguùsie .... Potasse S(;udP Aiidi; phosphoriqu Acide sulfurique. Acide carbonique Chlore Silice 1" Quartiers. kilogr. kilofrr. kilfpfcr. kih)};r. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. b-2 1.000 iU7.0l)0 6(12.000 .•.98.000 533.000 536 . 000 .575.000 630.000 ()64.(K)0 27.742 3,5. (113 29.!I73 21.6S2 23.1,58 22.091 19.715 17.402 17.003 0.104 0.223 0.lG:i 0.095 0.082 0.105 0.079 0.0(17 0.10(1 12.187 1<;.713 14.093 10.148 10.514 10.201 9.200 8.210 6.8(13 O.ÔSO 0.(111 0.,')12 0.39i 0.430 0.391 0.354 0.35(i 0.362 l.Glill 1 . ir.C) 1 . .'Kl 1 1 . 000 I.IIIS 1.115 0.9l1 0.65(; 1.436 0.8.'>."i 0.!l2.-> 0.77U 0.5.13 0.(i8il 0.581 0.551 0.47.'-) 0.638 11.02.; 14.2.'>l 12.103 8.7;-.l 9.347 8.974 s. 051 7.136 6.810 0.286 0.238 0.208 0.178 0.287 0.114 0.102 0.0.83 0.330 0.317 0.(141 0..504 0.391 0.328 0.410 0.291 0.285 0.202 0.282 0.2GG 0.21)3 0.201 . 338 0.22!) 0.181 0.123 0.31 y 0.031 . (j98 0.1)42 30.03 1 0.035 0.0.:0 0.019 0.024 0.0 i8 0.021 27 . 80 1 3.'). 704 21.729 23.230 22.142 10.754 17.429 17.o;t 0.0li2 0.061 o.om 0.047 0.072 0.048 0.039 0.027 0.071 27.742 35.613 29.973 21.682 23.1.58 22.094 19.715 17.102 17.003 kilogr. 760.000 1 . 53".) 0.065 4.06( 0.22. 1.0.2 0.400 4.231 0.135 0.135 . 238 O.OK 2o Issues. (Contenu de l'estomac et de l'intestin déduits.) Totaux. Uitg.rorr.iD chlore, i déduire Totaux. . . . i9S.0o0 10.063 0.112 4.162 0.170 0.448 0.657 3.949 0.120 0.116 383 0.031 10.148 0.08". 10.063 !(12.()00 10.447 0.138 4.650 0.148 . 324 0.580 3.982 0.130 0.18t . 34") 0.042 10.523 0.076 10.447 265.000 8.824 0.157 3.631 O.lll 0.424 0.565 3.4(jJ 0.141 0.080 0.271 0.038 8.885 0.001 8.824 312.000 7.145 0.177 2., 571 0.118 0.(1(14 0.498 2.4^8 0.249 0.024 . 332 0.107 7 . 228 0.083 7.145 383.000 7.4(19 276 722 13.1 512 52 J 496 215 072 399 184 7.5(11 . 092 7.469 353.000 8.476 0.314 3.1(18 0.133 0.628 0.476 2.987 0.266 e.08S 0.285 0.200 8.. 543 0.067 8.476 3ÔÎ.O00 « . 99.'^ 0.338 2.461 0.126 0.550 0.425 2.319 0.23(1 0.079 0.2.59 0.259 7 . 052 0.054 6.998 117.000 11.231 0.234 4.1.55 0.19) 0.926 0..d19 3.911 0.202 0.202 fl..534 0.150 11.3.53 0.119 11.234 311.000 9.488 10.59 0.051 0.0 11) 3.960 0.170 0..532 0.4.57 3.878 0.117 0.0(;4 . 245 0.0.32 9.511 0.0.53 9.488 10.53! 197.00 5.75 0.0 2.3(13 0.09 0.3U 0.281 2.291 0.08 O.OS 0.17 0.01 5.801 0.048 3" Animal entier. Poids vif à jeun. (Contenu de l'estomac et de l'intestin déduits. Poids à l'état frais '. Cendres pures. , . Peroxyde de fer . . Chaux Magnésie Potasse Soude Acide phosj)horique Acide sulfurique. . I Acide carbonique . Chlore Silice TOTAl-X. . . . Ot.'j. torr. an chlore, à déduire. 919.000 909.000 927.000 910.00.1 916.00,1 889.000 932 . 000 947.000 978.0001 37.759 4(1.091 38..S2(1 28 . 87(1 30.615 0.369 30.(134 20., 830 28.(i3() 26.501 1 . 207 0.105 0.244 0.261 0.419 0.343 0.301 0.218 16.463 21.114 17.919 12.808 13.214 13.. 503 11.814 12.395 10.792 0.788 0.84(1 0.611 0.515 0.558 0.524 0.484 0.516 0.532 2.061 2.045 1 . 759 1.661 1.735 l.(>81 1.483 1.582 1.963 1.477 1.461 1.261 1.030 1.197 1.013 0.968 1.294 1.101 15.349 18.390 15.514 11.257 1 1 . ,'<83 1 I . 988 10.404 11.077 10.660 0.40(1 0.382 0.328 0.381) 0.522 0.352 0.307 0.285 0.532 0.470 0.867 0.708 0.427 0.3119 0.529 0.409 0.487 0.213 0.625 0.592 0..552 0..533 0.722 0.,505 0.437 0.657 0.570 0.054 . 1 2(1 0.0.5(1 0.119 0.205 0.204 0.2.55 0.158 0.053 37.900 46.228 38.. 592 29.000 30.774 30.748 211.934 28.782 26.ti34 O.lll 0.134 0.126 0.121 0.1,59 0.114 . 098 0.146 0.133 37.759 46 . 094 38.82(i 28.876 30.615 30.634 26.S36 28.636 26.. 501 Totaux. . I livaporallon et contenu des estomacs et des inteslini non compris. 157.00 1(1.32 0.133 G.. 359 0.321 1.3S0 0.727 6.514 0.288 . 20.1 0.432 0.02.i 16.42.1 0.10:i 1(1.32 1 376 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tous les autres corps n'entrent que i)Our des taux inférieurs à 2 p. 100 dans la constitution des cendres, sauf le chlore (associé au fluor qui n'a pas été dosé) qui figure jusqu'à près de 3 p. 100 (lUS p. 100) dans les cendres du porc gras. Le tableau XXVI permet de calculer les quantités de principes minéraux exportés d'une exploitation par le bétail vendu sur pied. Les chiffres qu'il contient m'ont souvent servi dans les études de statique chimique des exploitations rurales dont la comptabilité in- dique le poids vif des animaux achetés et des animaux nés et sortis de la ferme. Conclusion. En résumé, la magistrale étude de Lawes et Gilbert met à la dis- position des agronomes, des chimistes et des économistes les seuls documents complets que nous possédions sur la composition pro- bable du bétail vivant et sur la composition du croît des animaux soumis à différentes alimentations. Je n'ai pu, dans le court résumé que j'ai présenté des recherches des savants expérimentateurs de Rothamsled, donner qu'une idée sommaire des résultats acquis. Je me suis cependant efforcé de ne laisser de côté aucun point capital de cet intéressant travail. Pour ceux de nos lecteurs qui . désireraient étudier spécialement tel ou tel des mémoires d'où j'ai extrait le résumé qui précède, je crois utile d'indiquer, en terminant, la nomenclature des publications de Lawes et Gilbert, de 1849 à 1883, sur la question du bétail et les sources auxquelles on peut recourir pour l'étude des mémoires originaux. L. Grandeau. COMPOSITION bES ANIMAUX A l'enGRAIS. 377 ROTHAilSTED MEMOIRS l'ublished. 1. Agriciillural Cliemistry ; Shecp-Fccdiiig aiid Manare. l'art 1. (Witli Ta- bulai- AppcMidix ia 1856.) (Jour. Roy. Ay. Soc. Eng., Vol. X.., p. 276) lSi9 ■2. Report of Experiinents on tlic Comparative Fatteiiing Qualities of diiïe- reut Ih'cedri of Slieep ; llampshire and Sussex Downs. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XII., p. 414) IS.'jl 3. Report of Exporiuieuts ou tlie Comparative Faltening Qualities ofdiffe- reut Rrecds of Slieep; Gotswolds. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. Xlll., p. 179) 1852 4. On tlic Composition of Foods in relation to Respiration and tlie Feeding of Animais. (Report of tlie Rritisli Association for tlie Advancement of Science for 1852) 1852 5. Agricnltural CliLMiiistry ; l'ig Feeding. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XIV., p. 45'J) 1853 G. On tlic Equivalcncy of Starch and Sugar in Food. (Report of tlie Britisli Association for tlie Advancement of Science l'or 1854) 1854 7. Experimeuts on the Comparative Fattening Qualities of différent Rreeds of Slieep; Leicestcrs and Cross-breds. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XVI., p. 45) 1S55 8. Expérimental Inqiiiry into the Composition of some of tlic Animais fed and slaughtcred as Human Food. (Proceedings of tlic Royal Society of London, Vol. IX., p. 348) 1858 9. Observations on tlie recently-introduced Manufactured Foods for Agri- cultural Stock-. (Jonr. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XIX., p. 199). . . . 185S 10. On the Composition of Oxen, Slieep, and Pigs, and of tbeir Increase whiist Fattening. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XXI., p. 433). . . 18G0 11. Fifth Report of Experiments on the Feeding of Sheep. (Jour. Roy. Ag. . Soc. Eng., Vol. XXII., p. 189) 1861 12. Report of Experiments on the Fattening of Oxen at Woburn Park Farm. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng,, Vol. XXII., p. 200) 1861 13. Experiments on the question whethcr the use of Condiments increases the Assimilation of Food by Fattening Animais, or adds to the Prolits of ihe Fceder. (Edinburgh Veterinary Review and Annals of Compara- tive l'athology, July, 1862) 1862 14. Supplementaiy Report of Experiments on the Feeding of Sheep. (Jour. Roy. Ag. Soc. Eng., Vol. XXUI., p. 191) 1862 15. On the Cliemistry of the feeding of animais for the production of méat and Maniire. (Roy. Soc. Dublin) 1864 378 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pnblished. 16. Relative value of unmaUed and inalted Barley as Food for Stock. (Roy. Agr. Soc. of England.) 1866 17. Food iii its relalions lo tlie various exigencies of the animal body. (Phis. Magazine) 1866 18. On the source of the fat of the animal body. (l'his. Magazine) .... 1866 II). Ou some points in connection with animal nutrition, by D'' Gilbert. (Conférence du South-Kcnsington) 1876 20. Supplément to former paper eutitled expérimental inquiry into the composition of some of the animais fed and slaugliteied as liuman food. (l'h. trans. of the Roy. Soc. Part III) 1883 RESUME DES RECIIEHCHES DE GKIFFITHS SL'It L'EMPLOI DU SULFATE DE FER EN AGRICULTURE' I. Les premières recherches de Grifïilhs concernant l'ianiience des sels de fer sur le développement des végétaux sont décrites dans « Journal of the Chemical Society » année 1883, page 4-9G. L'auteur a choisi trois jeunes chous, sensiblement de même poid et bien vigoureux. Deux d'entre eux fuient plantés l'un à côté de l'autre ; le n° I ne reçut point d'engrais; le n" II reçut un engrais composé de noir animal, de phosphates et de sulfate de fer du com- merce ^ Le nMlI fut planté dans un sol différent du précédent; il reçut même poids d'engrais que le n" II, mais il élait moins ex- posé que lui à la lumière. Ces trois plantes séjournèrent en terre de février à décembre. Elles furent alors arrachées avec leurs racines et pesées, après que toute la terre qui y était adhérente eut été en- levée par le lavage. Le n" I pesait 2''',512 Le n° Il pesait 4 ,1G1 Le n° m pesait 3 ,792 1. En attentiant que nous puissions faire connaître les résultats des essais institué dans les champs d'expériences de la Slulion agronomique de l'F.st à TÉcole ])r;itiqne d'aijricuUuri; .Mathieu de Dombasle, nous avons pensé qu'il était intéressant do uicltre sous les yeux des lecteurs des Annales un résumé des recherches do M. Grillilhs dont notre collaborateur, M. Margottet, professeur à la Faculté des sciences de Dijori, a bien voulu se charger. L. G. 2. Le mémoire ne contient point la couiposition de cet engrais. 380 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'analyse des cendres ol)teniies séparément avec les tiges et les feuilles a conduit aux résultais suivants : Sesquioxyde de fer . .Vcide phosphorique . Tiges. I. Feuillea. Tiges. n. Feuilles, Tiges. 1 iji. Feuilles. 1.502 li.4G3 8.323 , 12.931 3.531 18.944 12.290 1G.210 3.005 18.891 11.832 10.123 Griffiths tire de ces résultats les conclusions suivantes : i" Les plantes qui, comme les différentes variétés de choux, con- tiennent un grand nombre de cellules chlorophylliennes, en croissant dans un sol riche en fer et en acide phosphorique à l'état soluble, deviennent plus volumineuses et plus robustes que si le sol qui les a nourries manque de ces composés solubles ; 2° Dans les sols contenant de tels engrais, ces plantes paraissent absorber de plus grandes quantités de fer et de phosphates solubles que dans les sols où ces éléments font défaut ; o° Les rayons du soleil et la pluie paraissent favoriser cette absorp- tion. IL Dans un deuxième mémoire inséré au recueil cité ci-dessus, 1883, page 1G5, Griffiths expose les expériences qu'il a exécutées en vue de savoir sous quelle forme le fer se trouve, en proportion souvent très élevée, dans les tissus d'un végétal. Des coupes minces faites dans les feuilles fraîches des choux II et m, ci-dessus décrits, lui ont permis de constater, dans le proto- plasma des cellules contenant des corpuscules de chlorophylle, l'exis- tence de cristaux de petite dimension. Par leurs réactions sur le feriicyanure de potassium et sur le chlorure de baryum, ainsi que par la considération de leur système 521 12 024 2 13.5 3 C34 5 412 G 4 846 ■i 424 4 511 493 100 000 2.000 12.501 2.410 3.710 5 . 334 61.724 4.524 4.222 0.514 yy.'J99 II. GRAINES avec sulfale. 1.142 31.024 2 . 504 10.503 3.670 1.937 46.222 1.300 0.692 100.000 sans sulfate. 1.124 32.392 2.497 10.66S 3.7S4 1.96i 45.2G9 1.294 1.007 99.999 Les feuilles du blé provenant de la parcelle qui avait reçu du sul- fate de fer contenaient 3.81-4 p. 100 de sesquioxyde de fer, et on n'a trouvé que 1.64-2 p. 100 de sesquioxyde de fer dans les feuilles pro- venant de l'autre parcelle. S° Racines. Les deux parcelles de terre choisies pour les expériences sur les racines furent ensemencées de navets; l'une des deux seulement 387 EMPLOI DU SULFATE DE FER EN AGRICULTURE. reçut, comme dans les expériences précédentes, G2'',700 de sulfate de fer à l'hectare. Voici les rendements de ces deux parcelles: TARCELLE avec sulfate. sans sulfate. Kilogr. Récolle totale (racines et feuilles) . . 22730 liacines 10704 Kilogr. 200G0 13208 L'excédent de récolte dû au sulfate de fer est ici très notable. Analyses des cendres fournies par les racines et les feuilles de navets. Sesqiiioxyde de fer. Potasse. KO. . . . Soude. iN'aO . . . Chaux Magnésie Silice Acide phospiiorique — sulfurique. . Chlore RACINES avec sulfate. 1.210 43.. Si 3 3.802 12.962 1.900 0.81G 17.910 5.010 3.487 100.000 sans Kulfate. 0.321 Ô0.124 3.G21 13.024 2.000 1.215 1G.412 G. 954 0.328 99.999 U. FEUILLES avec sulfate. 3.202 20.124 0.210 34 2, 1. G. 541 462 943 13.910 5.154 99.998 sans sulfate. 0.9SG 27.921 7.024 35.G20 4.199 2.13i 4.218 11.999 5.898 99.999 Il résulte des deux tableaux précédents que l'addition de sulfate de fer a quadruplé la teneur en sesquioxyde de fer trouvée dans les racines, et triplé celle qui correspond aux feuilles. Azote contenu dans les diverses récoltes. /. Fève (vicia faba). Grain Paille AVEC SItLFATB. SAK.S SULFAÏK P. 100. P. 100. 4.920 4.8G9 2.188 1.198 108 6.007 38S ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. JI. Blé iTrilicum vulgare). AVEC SULFATE. P. 100. Grain 1.899 Menue paille 0.820 Paille 0.G74 3.393 SANS SULFATE P. 100. 1 .802 821 363 2.986 ///, Navet (Brassica râpa). AVEC SULFATF,. P. 100. Racine 2.189 Feuille 4.280 6.4G9 SAKS SULFATE P. 100. 2 181 3 265 6.446 Les deux tableaux suivants renferment les proportions en cen- tièmes d'hydrate de carbone (solubles dans les acides étendus), de cellulose (insoluble dans les acides étendus), et de graisse contenues dans les dilTérentes récoltes. I. Avec addilioa de sulfate de fer. Hydrates de carbone solubles . Cellulose Graisse FÈVES. PAILLE de fève. BLÉ. PAILLE de blé. NAVETS. 55.81 10.21 2.94 44.23 39.91 1.82 72.14 5.53 3.41 30.00 49.25 2.00 8.97 2 . 54 0.81 II. Sans addition de sulfate de fer. Hydrates de Cellulose carbone solubles . FÈVES. PAILLE de fève. BLÉ. PAILLE de blé. NAVETS. 49.32 7.93 1.G5 38 . 24 33.07 1.03 G6.21 2.98 1.32 31.95 43.69 1 . i8 6.29 1.45 0.32 Graisse EMPLOI DU SULFATE DE FER EN AGRICULTURE. 389 Évaluation faite par le docteur Russel des proportions relatives de chlorophylle contenues dans les feuilles. FEUILLES. A POIUS ÉGAUX. A SURFACES ÉGALES. Fèves avec sulfate (le fer 100 100 — san.s — 7 6 7'J .Navets avec — Gl ô'J — sans — 30 50 Blé avec — 72 115 l'.lé sans — 81 100 Toutes les feuilles soumises à rexpérieiicc avaient été cueillies le même jour et elles avaient le même âge. 11 résulte des nombres de ce dernier tableau que l'engrais au sulfate de Ter augmente fortement la ])roportion de chloropliyllc aussi bien « à égalité de surface », (jue « à égalité de poids» — sauf toutefois pour le blé. — Grilfitlis en conclut comme ci-dessus, paragrapbe 11, (pie le fer contribue à l'alimentation des grains de cblorophylle. Conclusions. I. — Les engrais contenant du fer sont très favorables aux plantes qui produisent beaucoup de cblorophylle, comme les fèves, les choux et les navets. {Jotuiud of tite Chemical Society, 1884, pages 71-75.) II. — Ces mêmes engrais augmentent la proportion des hydrates de carbone solubles, de la cellulose et de la graisse dans certaines plantes ; ce (pii est la consécpience de l'accumulation de la chloro- phylle dans les feuilles ; car la chlorophylle forme de l'amidon, qui se transforme ensuite en hydrates de carbone, cellulose, etc. (Re- cueil déjà cité, 1885, page, 53.) m. — Lorsqu'on examine au microscope, avec un très fort gros- sissement, des coupes faites dans les feuilles des plantes citées ci- dessus, on y découvre des cristaux monocliniques sur lesquels on peut constater les réactions chimiques de l'acide sulfuri(jue et des sels de protoxyde de fer. Ce sont donc des cristaux de sulfate de protoxyde de fer hydraté. {Même recueil, 1883, pages 125-197.) 390 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. IV. — Dans certains cas, la teneur en acide phosphorique dans les cendres des plantes s'accroît, sous l'influence de l'engrais ferreux, en même temps que celle du sesquioxyde de fer. (1884, pages 74-75.) V. — Mais si le sulfate de fer est susceptible d'accroître les ré- coltes, il devient un poison pour les plantes lorsqu'il est employé en excès; en particulier, une solution contenant 1/5 p. 100 de sulfate de fer est fatale à la plupart des végétaux. {Chemical News, tome 50, pages 167 et 193.) VI. — Le soufre du sulfate de fer active la formation du proto- plasma des cellules ; el le fer de ce même sel favorise le dévelop- pement de la chlorophylle. {Chemical News, tome 49, pages 237 et 265 ; tome 50, page 32.) VII. — Le sulfate de fer augmente, dans une certaine mesure, la teneur des plantes en azote. (Voir ci-dessus.) VIII. — Ce même sel accroît la proportion de chlorophylle dans les feuilles. (Voir plus haut les déterminations du-D' Russel.) IX. — Enfin le sulfate de fer agit dans le sol comme un antisep- tique de certains parasites qui altèrent les récoltes. (Voir ci-dessus.) X. — La partie de la lumière blanche la plus favorable à l'absorp- tion radiculaire est comprise entre les raies D et E de Fraunhofer. {Journal ofthe Chemical Society, 1884, pages lA-lb.) RÉSUMÉ DES RECIIEROIIES DE M. E. WOLFF SUR L^ALIMENTATION DU CHEVAL (EXPÉRIENCES D'HOHENHEIIVI : 1876 A 1885)' PAR J. DUGAST DIPLÔMÉ DE l'institut AGEONOUIQUE, KX MISSION D'ÉTL'DES A L'ÉTRANGER Jusqu'en 1876, les expériences physiologiques entreprises sur le bétail avaient eu principalemenl pour objel les ruminants. Le pro- fesseur E. Wolfï pensa alors à appliquer au cheval les méthodes qui avaient été déjà employées avec succès pour les autres animaux de la ferme et des expériences furent immédiatement instituées duns cette voie. Le cheval étant essentiellement un animal de travail, un moteur animé, il était indispensable de pouvoir mesurer sa force motrice afin d'être en mesure d'établir une relation entre l'effort développé et les aliments digérés, à Tinstar de celle qu'on avait précédemment déterminée chez les animaux soumis à l'engraissement, entre la pro- duction de la viande et la partie utilisée de la ration. Après bien des tâtonnements, E. Wolff s'arrêta à un appareil qui lui parut mesurer avec une exactitude suffisante la traction du chevaL Cette difficulté étant surmontée, il put commencer ses recherches sur le rôle des éléments des fourrages dans la production de la force 1. Dans nos Études expérimentales sur l'alimentation du cheva- de trait (voir ces Annales, t. Il, année ISSi), nous avons résumé dans l'hisloriqu». qui précède l'exposé de nos recherches personnelles, les premiers travaux de M. le pri.. E. Wolff. Quelques passages du travail de M. Ougasl ferment donc double emploi avec n<: rc étude, mais j'ai pensé utile, en raison de limporlance du sujet, de ne rien modifie:, sur ce point, à l'étude de M. Dugast. L. Guandeac. 392 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. el sur la clélorniinalion des cucflicients de dii^eslibilité des divers principes immédiats. Il ré^^ollU en outre d'entreprendre des expériences comparatives de (ligcs(il)ilité avec le mouton. Des moutons furent installés dans les compartiments voisins des stalles occupées par les chevaux en expé- rience et nourris avec les mêmes fourrages. L'ensemble de ces recherches considérables, à la fois, par leur étendue, par l'importance de la question et par le nombre des déter- minations numériques, présente un intérêt de premier ordre pour les personnes qui s'occupent de l'ahmentation des animaux. Les résultats obtenus dans ces nombreux essais sur l'alimentation, par E. Wolff et ses collaborateurs, ont fait l'objet de nombreux mé- moires insérés dans les journaux allemands. E. Wolff les a récemment discutés et résumés dans un ouvrage qui a paru comme a programme » du soixante-septième anniversaire de l'Académie agricole d'Hohenheim ^ Dans son livre, il s'est attaché à grouper les résultats des expériences, en réunissant les faits de même ordre, de manière à faire mieux l'essortir les renseignements qui peuvent en découler, tout en ayant soin d'indiquer qu'en dehors de celles établies expérimentalement, les conclusions qu'on peut on th^er doivent être considérées comme provisoires et ne sauraient être généralisées. Des recherches ultérieures pourront ou les confirmer, ou les modiher. Les expériences (|ui se poursuivent actuellement à Hohenheim avec une remarquable activité font espérer que bien des points euiore imparfaitement éclaircis seront, dans un avenir prochain, éclairés d'un jour nouveau. Je veux simplement essayer d'analyser ici très succinctement le livre de l'éminent professeur Wolff, résumant les recherches exécu- tées pendant neuf années consécutives, de 1876 à 1885, J'espère ainsi donner une idée nette, bien que forcément incomplète, de l'ensemble des remarquables travaux de la station d'Hohenheim. Ce résumé, si incomplet qu'il soit, suilira pour montrer les diffi- cultés expérimentales que soulève leur étude et le chemin qui reste encore à parcourir. 1. Grundlagcn fur die FiUlerung des P/erdes, von \i. Wolff. RECHERCHES SUR l'aLI.MENTATION DU CHEVAL. 393 I. — Plan général des expériences. Tous 1(3S essais entrepris depuis 1870 à Iluliciilieim ont porté sur trois chevaux hongres. Le premier (cheval u" I) était un cheval ilo gros trait, âgé de iO ans et d'un poids vil' de 5o4 kilogr., au début lies expériences. Il avait riiahilude de ne jamais se coucher; pour se reposer pendant la nuit, il s'appuyait contre les parois latérales de la stalle. La digestion se faisait bien et très régulièrement. Au mois de janvier 1881, il mourut d'une attaque de colique. Un nouveau cheval fut alors acheté (n° II) ; ce dernier était âgé de 8 ans, d'un poids vif de 500 kilogr. environ. Pendant la nuit, il se cou- chait irrégulièrement si on lui mettait l'wn»^//. L'état de santé de l'a- lùmal est resté constamment bon. Il fut vendu au mois d'août 1884. En février 1882 on se procura un troisième cheval (n° III) qui est encore actuellement utilisé à Hohcnheim. Cet animal, très doux, se prête parfaitement à des recherches exactes sur l'ahmentation. Ex- cellent mangeur, il est en outre un sujet précieux en ce qu'il sup- porte sans être incommodé l'urinai et le tablier ; il se couche et se lève sans que les appareils soient dérangés ou déchirés. Attelé au manège il lire régulièrement, sans secousses. Il était âgé de G ans 1/2 au moment de son acquisition et d'un poids vif de 475 kilogr. Les stalles aménagées pour recevoir les chevaux en exjiériences sont dallées en bitume dur, légèrement en pente d'avant en arrière (ît de gauche à droite. Une crèche en fonte émaillée reçoit la ration, et sa disposition permet de n'en rien perdre. La ration donnée était exactement pe- sée ainsi que l'eau consommée. Chaque période d'expérience a duré, en général, au moins 14 jours consécutifs. L'urine était complètement recueillie dans une poche en caout- chouc {urinai) attachée contre la paroi abdominale par une sorte de sous-ventrière, et de là se lendait par l'intermédiaire d'un tube en caoutchouc dans une grande bonbonne en terre, placée dans une excavation pratiquée derrière la stalle et recouverte d'un planchci- pouvant à volonté s'enlever pour retirer la bouteille. Pour le travail au manège on ne mettait l'urinai que lorsque le 394 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nombre des tours dépassait 300; on avait alors soin de vider la poche après la miction. Avec un nombre de tours ne dépassant pas 300, le cheval n'urinait jamais pendant le travail. Les excréments solides étaient recueillis, chez le cheval au repos, à l'aide d'un tablier en toile, large de 0'",60, fixé à la croupe du cheval, un peu au-dessous de l'anus, et mainlcnu flottant par des cordes sur poulies convenablement disposées pour que ce tablier ne se dérangeât pas par les mouvements de l'animal. L'extrémité infé- rieure de ce tablier se prolonge au-dessus d'une caisse en zinc qui occupe à peu près toute la largeur de la stalle, de telle sorte que les excréments solides se rassemblent sans perte dans cette caisse. Deux barres rigides fixées aux colonnes terminant les parois latérales de la stalle empêchent le cheval de reculer jusqu'à celte caisse, et l'ensemble de l'appareii permet au cheval de se mouvoir à droite et à gauche, même de se coucher, sans qu'on ait à craindre de perdre une partie des excréments. Pendant le travail au manège, la partie inférieure du tablier est fixée au brancard même du manège et maintenue, à l'autre extré- mité, à la croupe du cheval comme dans la stalle ; on a ainsi une sorte de poche dans laquelle viennent s'accumuler les excréments. Les chevaux faisaient 3 repas par jour, constitués par des rations égales en poids, savoir: 1" à 6 heures du matin ; 2" à 1i heures; 3° à 5 heures 1/2. Ils buvaient également trois fois par jour : à 8 heu- res 3/4 du matin, midi 1/2 et 6 heures du soir. L'eau leur était donnée à volonté dans un seau, mais la quantité d'eau bue était dé- terminée par deux pesées successives du seau, avant et après boire. Les chevaux étaient pesés régulièrement à 8 heures 3/4 du matin, après le premier repas et immédiatement avant qu'on les fit boire. Le poids vif indiqué pour chaque période est toujours la moyenne des pesées exécutées pendant les trois derniers jours de la période. Lorsque les chevaux étaient attelés au manège, ils travaillaient deux fois par jour ; le travail commençait à 8 heures du matin et à 1 heure de l'après-midi. La tempéi'ature était notée à 7 heures du matin et à 2 heures de l'après-midi. Pendant l'hiver, la pièce où se trouvaient les animaux en expérience était chauffée avec un poêle et maintenue à environ 12°. RECHERCHES SUR i/aLI.MENTATION DU CHEVAL. 395 Le travail était mesuré à l'aide du manège dynamométrique ima- giné par le professeur Kankehvifz, de Stutigart, et construit par J. M. Voilh à lleidenlicirn ^ Le cheval est attelé à la tète / d'un levier coudé dont l'axe de ro- tation est ajusté verticalement dans un archet U vissé à l'extrémité du bras li du manège. La piste E est circulaire et mesure 8'", 40 dans son diamètre moyen. (Voir ces Annales, t. Il, 1884, j). 347 et suiv.) Le tiavail du cheval est le résultat d'un frottement engendré ])ai- la rotation du couvercle bombé A sur la plate-forme lîxeB. Le poids du couvercle A presse d'abord sur le disque en fonte G, celui-ci presse à son tour des disques en fer forgé mn, m'n' , etc., pouvant s'agencer isolément. En ajoutant des poids sur le couvercle et en fai- sant varier la disposition des disques, l'eflbrt de traction du cheval peut être porté de 17 à 168 kilogr. Pour l'endre le frottement aussi uniforme que possible, les disques plongent dans un mélange d'huile et de pétrole: 16 poids de 40 kilogr. chacun servent à surcharger le couvercle. Un contrepoids maintient le centre de gravité de tout l'appareil sensiblement dans l'axe de rotation. L'autre extrémité du levier est mise en relation par une tringle avec un second levier coudé qui porte à son autre extrémité une tige, un plateau circulaire et un piston ajusté dans le vase. La traction du cheval a pour effet de faire mouvoir l'extrémité du levier de gauche à droite. Si l'on charge, au contraire, à l'aide de poids suffisamment lourds, le pla- teau D, le levier se meut en sens inverse; en ajoutant des poids en quantité convenable, il est facile d'amener l'extrémité du levier à osciller hbrement devant l'indicateur ; les poids qu'on ajoutera en- suite permettront de déterminer expérimentalement la grandeur de l'eflbrt de traction du cheval. La somme des poids de la tige, du piston et du plateau repré- sente un effort de traction de 33 kilogr. Une surcharge de 1 kilogr. 1 . Ce manège a déjà été décrit par M. L. Ciiandeau (voir Rcclierclie.s expérimentales sur l'alimentation du cheval de trait et Annales de lu Science agronomique, t. il. 18S4), aussi je n'indique ici sommairement que ce qui est indispensalde ponr qu on puisse se rendre compte de la manière dont le travail a été mesuré et je renvoie pour les figures au travail de MM. L. Grandeau et Leclerc. .1. D. 390 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sur le plateau correspond à un effort de traction de ^ kilogr. Pour (jue l'extrémité oscille à des distances égales à droite et à gauche de l'indicateur, il ne faut imprimer au piston qu'un mouvement lent. On atteint ce but en remplissant le vase d'un liquide : on emploie le pétrole qui a en outre l'avantage d'empêcher la rouille de se produire et d'éviter la congélation pendant l'hiver. Les poids qui servent de surcharges sont des disques pesant chacun 5 kilogr., pourvus d'une large encoche permettant de les disposer l'un sur l'autre, autour de la lige, sur le plateau; pour étabhr l'équilibre linal, on se sert de poids plus faibles. ^- L'animal tirant dans la direction ah, la traction T du cheval est plus grande, par suite de la direction >\^ oblique, que la force G perpendiculaire au levier '/'"'^ nécessaire pour le mouvement de la charge. /"^ 0. Kellner calcule comme suit la traction T : 6 \.__ Pj^i^ On mesure directement sur le manège lui-même la force G, et Ton a : G~bc or, ab ao ao uo lao ^' 'l^ \/{aoY-{daY l/^^^^y._fahX \/ \ {aof - {abf En substituant dans la dernière formule les données numéri([ues on obtient : ■J=: 1.0037. u Pour obtenir l'intensité de la traction du cheval, il suffisait donc de multi|)lier par l.OOo la force mesurée directement au manège'. A cela il faut encore ajouter la force que le cheval déploie pour son propre transport, savoir: 1" translation horizontale du corps; I. iJans le cours des six années d'expériences que nous avons faites au laboratoire de la Compagnie générale des voitures à l'aris, nous avons eu Foccasion de taire (riiu- portantes observations sur la mesure du travail efl'ectué au manège de Kaukehvit/. Nous aurons occasion d'en parler ultérieurement: cette note a pour objet de faire nos réserves sur les résultats obtenus à Faide de ce manège pour la mesure du travail utile effectué par le cheval. F. G. RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 397 'îL" soulèvement vertical du corps. . Kelliier emploie les formules des frères Weber pour calculer la grandeur du travail ainsi déve- loppé. Ce calcul est basé sur les deux hypothèses suivantes: V pour le transport du corps en avant, il n'y a qu'à poser la force vive que o-agne la jambe soulevée pendant le temps cpi'clle se soulève et qu'elle reperd au moment où elle louche le sol ; pour le soulèvement du corps, la hauteur à laquelle s'élève le centre de gravité est celle à laquelle il s'élève au moment où la jambe de devant, arrivée à la position verticale, est subitement levée. Pour la vitesse que la jand)e soulevée possède au moment du sou- lèvement, les frères Weber donnent la forninlo suivante : 1 + rnt ^J c. c = la vitesse du centre de gravité du corps : (0'",733 en moyenne dans les expériences). r = le rapport de la longueur de la jand)e entière à la distance entre le centre de gravité m du corps et le centre de gravité m' de la jambe : la longueur de la jambe de devant étant de 0'",95 et celle de la jambe de derrière l'",45 ; en moyenne 1'",20. 1-20 0-24 r=^^= 5 n .y^i^^l^tzJL, 1i = hauteur verticale de la jambe = l'",15. s, soulèvement vertical du corps dans le temps / = 0"',0225 ; (/ = 9.808. / = longueur de la jamlte lors de la [)lus grande extension = 1"\325. t, le temps où le cheval pose sur une jambe = 0"^%80. T = la durée du mouvement oscillatoire (un pas) = î2 secondes ; T. = 3,l/M5iC). Le poids moyen d'une jambe, pour un poids vif total de 500 kilogr., étant évalué à oO kilogr., la masse m est alors : m' = — = 3.0G 9 398 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. OU pour les qualrc jambes = 12.24. LwV* = 5''"™,20 2 pour un pas, ou, en nombr(> rond, 100 kilogr. pour un tour (18 pas) au manège. Le travail j)Our le transport du corps en avant pendant 100 tours s'élève, d'après cela, à 10000 kilogrammètres. A cela s'ajoute encore le travail pour le soulèvement vertical qui se monte, en moyenne, à 0"\045 pour un pas complet. Pour un poids vif de 500 kilogr., 100 lours (1800 pas) exigent alors un travail de: 500 X 0.045 X 1800^=40000 kilogrnmmètres en nombre ronrl. Le travail total de 100 tours de manège, sans aucune traction, se monte donc, en chiffres ronds, à 50000 kilogrammètres. Cette éva- luation, ajoute 0. Kellnei-, ne prétend qu'à une exactitude approxi- mative, les données relatives à la position du centre de gravité, au poids des jambes, etc., ne reposant elles-mêmes que sur une évalua- lion approchée \ Dans les fourrages et les excréments solides on a dosé l'eau, la substance sèche, les cendres brutes et pures, la graisse, la protéine et la cellulose brutes, les extractifs non azotés, par la méthode de Weende (Weender-Mélhode) \ Dans un certain nombre de fourrages, on a aussi séparé les corps azotés protéiques des corps non protéiques. Ces derniers sont, comme on sait, de nature très différente : des amides, asparagine, glutamine ; des acides amidés, leucine, tyrosine ; des peptones ; de l'ammonia- que ; des nitrates ; etc. A ce propos je ferai remarquer que l'état actuel de la science ne permet pas de doser séparément et exacte- ment tous ces principes, aussi se borne-t-on à séparer les matières 1. D'après les expériences exécutées au Laboratoire de la Compagnie générale des voilures, le manège dynamométrique ne mesurerait pas exactement le travail déve- loppé, la traction pour un même nombre de tours de manège variant avec la vitesse. Je ferai cependant remaniuer que pour les expériences faites à liohenbeim, toujours à la mémo allure, par conséquent avec une vitesse sensiblement égale, tout au moins pour le même cheval, cette cause d'erreur n'a pas dil modifier notablement les résultats. 2. Cette méthode, connue de tous les chimistes agricoles, se trouve décrite dans l'excellent Traité d'analyse des matières agricoles de M. L. Grandeau. .1. H. RECHEnCHES SLU l'aLIMENTATION DU CHEVAL. oUO prutéiqucs, parle procédé de A. Slulzer', et à doser l'azolc dansées matières parla méthode de Kjcldalil modiliée par IL Willarth -'. Le tableau suivant résume les résultats obtenus à Holicnlieim avec les fourrages employés aux essais. AZOTE SOS PROTÉIQUE p. 100 de l'azote tot.il. Foin (le prairie (7 sottes) H. 93 — de Irène (4 sortes) I-. .70 — de luzerne (2 sortes) 17.o0 l'oiimies de terre iO.lO Carottes 45.10 Féveroles 9 . GO Pois 1.80 Orge l.iO De ce tableau, il ressort que parfois une notable proporlion de l'azote total peut se présenter sous la forme non proléi(jue''. Dans certains essais on a aussi dosé l'azote dans l'extrait d'étber et l'extrait d'alcool des excréments solides : et, dans la solution aqueuse, le soufre combiné à la matière organique (taurine). Dans les urines, on a dosé l'urée sur 200'"' d'urine filtrée par le procédé de Liebig ; l'azote total par évaporaiion d'un demi-litre d'urine dans une capsule d'ilofmeister après addition d'acide oxali- que, le résidu étant brûlé avec de la chaux sodée. A partir du mois de janvier 1885, on a remjilacé ce procédé par la méthode de Kjcldahl. Enfin on a exécuté le dosage des matières minérales dans les four- rages et dans les excréments solides et liquides. Les excréments et l'urine des 5 derniers jours d'expérience de chaque période éîaient recueillis exactement, pesés et analysés \ 1. Repcrtoriam der Analytischen Chenue, \\° 10, V. Jahrgang. 2. Chemisdu's Central- Dhiff, n"* 7, XVI, Jahrgang. 3. Voir pour celle question les résultais insérés dans la table ill du livre de K. WollV, jAiitdw. Fûtterunijslehrc, 4" cdit. 4. Malgré riniperfection des procédés de dosage employés, on peut tirer de ces expé- riences comparatives des conclusions importantes, car on a eu soin d'opérer toujours dans des conditions identiques, par les mêmes méthodes, de fac^'on à rendre les résul- tats comparables entre eux. J. 1). 400 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. I. — Essais comparés sur la digestion des fourrages chez le cheval et chez les ruminants. i. La ration journalière peut èlre faible ou forle, varier en quanlilé, sans que pour cela la digestibililé des fourrages soil influencée. La (ligeslibilité des divers fourrages qui entrent dans la ration, c'est-à- dire le tant p. 100 de chacun des principes nutritifs de ces fourrages utilisés dans la digestion, paraît indépendante des quantités de cha- cun d'eux. Ce fait qui avait déjà été signalé chez les ruminants se retrouve chez le cheval. Il se reproduit aussi bien avec les ahments concen- trés, avoine, féveroles, maïs, qu'avec les fourrages bruts, paille, foin de prairie, de luzerne, du moins dans les limites de variation (jui se présentent dans la pratique. Ce point est d'une grande impor- tance, car il permet de calculer les rations. Une alimentation exclusive au foin de luzerne a donné les résul- tats suivants pour le cheval et le mouton : F OIX de luzerne COEFFICIEXTS DE DIGBSTIBILITÉ Substance Substance Protéine Matière Cellulose Extractifs eu kilogr. sèche. orga- nique. brute. grasse brute. brute. non azo:és. Kilo-r. 1 '"^ ' 12 55.20 55.94 73.51 » 32.97 6 y. 9 4 Clieval . . . 55.47 57 . 97 73.25 I) 37.115 70.91 GO.Gi 61.07 77.03 H 42.88 71.83 ( 0''?.8 5S.S4 GO. 80 72.12 26.34 43.58 70.61 Mouton . . .( 1 ,0 GO. 34 61.87 74. 7G 30 . 84 48.46 68.28 ! 1 ,2 60.96 62.43 73.94 31.72 47.46 70.53 Les essais ont été faits simultanément et avec le même foin. Des essais comparatifs exécutés en donnant une quantité constante de foin de prairie et des quantités variables de féveroles ont fourni des résultats analogues. RECHERCHES SUR L ALIMENTATION DU CHEVAL. 401 PÊTE- ci>srr:c:E5Ts .-i. :■: S'iTIBILÎTÉ. i FOIS. Sabs- Subs- Pro- Matière CeUa- Elxtrac- , BOUCS. Unee sèche. tance org»- ciqae. têine bmte. grasse brote. lose bmte. t-t~ non Kilogr. Kilogr. 1 ■ 1 , 7k«,5 id.. ! id. 2'k,5 S5.32 87.98 83.70 13. 7S 96.22 91. S3 Cheval . . . 4 S5.03 SS.22 S7.0S 12.46 60.26 93.93; i^Si &3.61 Sô.70 84. àl 13.35 50.00 94.15, 87.97 [0*^,7S 0^,25 $S.63 91.47 87.16 100.00 100.00 1 Mouton. . . ''■ ,40 90.38 92.07 89.73 88.55 83.07 94.33 ' ii. .so S-2.49 S3.19 84. 4- •::;;.:! 3 2.52 91.21 La quaiitilé de travail exécuté par jour nintîue pas sur la digesli- bililé, pourvu qu'on ne demande pas à Taninial un effort exagéré. Cela résulte du moins d'un travail variant du simple au triple et exécuté au pas au manège. C'est ce mode de travail que nous trou- vons chez le cheval de labour de gros trait. M. ^yolff fait des réserves pour le travail de vitesse au trot et au galop à cause de la vivacité des mouvements, le mode de mouve- ment suivant lequel le travail est produit pouvant exercer une no- table influence. Dans 5 périodes successives , dont chacune avait une durée de 15 jours, la ration du cheval est restée invariable, le travail journalier seul a yarié. Voici les résultats obtenus : SOMBKX KILOO&iK- c K r t- i c lEXTS DS DIGES T IBI LIT E. 1 PERIODES. de tours. KÈTKES. Subs- tance sèche. Subs- tance orga- nique. Protéine bmte. Graisse brute. Cellaloee brute. Extrac- tàfs non azotés. 1 300 CTtJOùO 56.63 58.73 70. S4 52.05 31.24 6,> . 2 - •■> 600 1340000 56.46 58.62 67.63 52 . 55 29.03 69 . i 3 900 2010000 56.28 58.66 69.95 45.90 32.33 68.27 i 600 1340000 54.02 56.41 66.62 48.73 25.82 67.65 ■'• S'O 670000 52.55 54.82 68.21 45.99 26.95 64.41 A>X. iCIEXCE AGBuN". — 1S8T. — ;:. 402 .A.NN.4.LES DE L.\ SCIENCE .AGRONOMIQUE. La charge clait. de 60 kilogr. et la l'alion se coinposaiL de kilugr. d'avoine, 5 kilogr. de foin, 1''^,5 de paille de blé d'hiver hachéi; cl de 'li2 grammes de sel \ Dans un autre essai, comprenant 8 périodes, les résultats obtenus ont été idenli(|ues comme le montre le tableau suivant. La charge était de 70 kilogr. et la ration composée de 1^^,5 de foin de i)rairie rt de 4 kilogr. de féveroles. N(j.\iui:k KlLOf'.KAM- COEFFICIENTS DE DIGESTIBILIT É. i'ÉBiOUE.S. de Subs- Subs- riotéiuc Graisse Cellulose Extrac- tifs tours. Mlil'KES. laiico sùclie. orga- niqui!. brute. brute. brute. non azotés. I 300 80S000 68.17 CO . 01 77. 4G 24.00 38.55 GG.80 -) DOO 2124000 56.31 58. 48 75.00 12. Gl 34.73 G7.30 t 3 300 808000 .>:">. G 2 57. G',) 7i.G0 10.12 34 . 54 6G.05 La concordance ressort encore plus clairement si on calcule, comme l'a fait M. Wolff, la (juantité journalière de chacun des principes digérés. On a, par exemple, pour la protéine, les chiffres suivants: PERIODES. 1 2 3 PROTÉIKR BRUTE DIGÉKÉE. 1390S',9 1355 ,2 1355 ,1 Les diflérences individuelles paraissent encore, chez le cheval, influer davantage sur la puissance de digestion que chez les autres espèces animales agricoles. Le cheval n" 3 mangeait très vite et digérait moins bien que le n" 2. Entre le n" 1 et le n" 2 se trouve aussi une différence en faveur du n" 1, mais moindre. Les différences sont plus marquées avec une alimentation riche en protéine. Deux essais exécutés avec le n" 1 et le n" 2 ont donné, en moyenne, les résultats suivants : 1. Les 12 giaiiimes de sel entrent dans la composition de toutes les rations. RECHERCHES SUR 1, .\LI MENT.A.TION DU CHEVAL. 403 Cheval n" 1 Diflcreiicc . . . . Différence p. 100. C0KFKICIENT8 DE DIGESTIBILITE. Substance sèche. .')9.29 36.54 2.7o i . 6i Substance oi-ga- uiiiue. 60.93 58.21 2.72 4.46 Protéine bnite. 01.44 58 . G9 2.75 G raUsc brute. 32.64 29.43 3.21 9 . 84 Cellulose bi'ute. 44.80 37.85 G . '.i5 15.51 Extrac tifs non azotés. 70.07 68.84 1.23 1.75 Dans l'un des essais, les chevaux recevaient chacun 7''^,5 de foin (le itrairic et 4'''*,5 d'avoine ; dans l'autre, la ration était exclusive- ment composée de foin: 13 kilogr, au n" 1 et 10'''^, 5 au n" î2. Une série de 12 essais exécutés avec le clieval n° 2 et le n" 3, recevant une ration identiijue et composée exclusivement de foin de prairie et d'avoine avec addition, dans certains cas, de féveroles et d'amidon, a fourni les résultais suivants: Cheval n" 2 . . . . — n" 3 . . . . Différence. . . . Diflerence p. 100. COEFFICIENTS DE D I G K S T I B 1 1, I T É. Substance sèche. Substance orga- nique. Protéine brute. flraisse brute. Cellulose brute. Extractifs non azotés. 57.88 53.13 59.34 55.01 66.66 61.02 46.97 39. 2S 41.39 35.40 67.56 64.12 4.75 7.72 4 . 33 7.17 5.62 7.89 7.09 16. Oi 5.99 13.75 3.44 5.10 M. Wolff estime que les coefficients moyens résultant de ces nom- breux essais peuvent représenter ceux qu'on obtiendrait avec un cheval d'un ài^e moyen et en bonne santé. Le cheval n" 2 buvait en moyenne, par jour, toutes choses égales d'ailleurs, moins que le n° 3 et celui-ci moins que le n" i. C'est avec une alimentation exclusivement composée de foin île prairie que le maximum d'eau a été absorbé sous forme de bois- 404 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. son, alors que la teneur en matière sèche des fèces se montre la plus faible. La quantité d'eau ingérée croît aussi avec le travail développé par l'animal, comme le montre le tableau suivant : NOMBRE DE TOURS, L\ TRACTION ÉTANT I)K GO KJI^OGB. 300 600 900 «00 300 Cheval iiM, eau ingérée. . 3G''',17 39''', 3S 44''?, 09 ■iO'"-',3J 32''», OG Pendant l'expérience, la température est restée à peu près cons- tante ; la ration était la même. Il faut remarquer que la moitié environ de l'eau bue se retrouve dans les excréments, un quart dans l'urine et un quart est perdu par évaporation, comme l'indique le tableau ci-dessous qui résume les 12 essais déjà cités. Cheval n« 1 . Cheval n" 2 . EXCRÉMENTS. URINE. ÉVAPORATION. BOISSONS. Eau. . . . 11G41 gr. 5406 gr. 5373 gr. 22420 gr. Eau. . . . 51.9 p. 100 27.5 p. 100 23.6 p. 100 100 Eau . . . . 13742 gr. 793G gr. 6852 gr. 28530 gr. Eau . . . . 48.2 p. 100 27.8 p. 100 24 p. 100 100 3. Les recherches exécutées avec trois espèces de foin de prairie ont montré que le taux des matières azotées des produits de désassi- milation (sécrétions déversées dans l'intestin et expulsées avec les excréments, bile, mucus, etc.) reste assez constant et, proportionnel- lement au poids vif, plus élevé chez le cheval que chez le mouton, comme- on le voit à l'inspection du tableau suivant : Les essais comparatifs exécutés en même temps sur le cheval et le mouton, avec des foins de qualité différente, se trouvent aussi résumés dans ce tableau. Le cheval recevait iO kilogr. par jour et le mouton 0''^,100: 1° foin coupé le 14 mai; ^1° — — 9 juin, au moment de la floraison; 3" — — 26 juin, après la floraison. Le poids d'un mouton était le 1/10 de celui du cheval. RECHERCHES SUR L ALIMENTATION DU CHEVAL. 405 i 1" coupe. . Cheval . . 2*= — 1 -y _ Moyenne . F« coupe. . Mouton. . 1 2« — f 3« — .Moyenne AZOTE DES PRODUITS désassimilatiou AZOTE daus lo fourrage. TOTAL daus les excréments. extmit d'alcool ot d'étlier. tau ri ni'. en tout. gramiiiGS. 5,064 3,977 4,280 1.533 1.431 1.265 6.597 5.408 5.545 213.76 150.43 117.25 66.72 51.06 44.74 4,440 1.410 5.850 160.48 54.17 0,164 0,245 0,223 0.096 0.083 0.138 0.260 0.328 0.361 22.10 15.04 11.73 5.75 3.94 5.12 0,210 0.105 0.316 16.29 4.94 Il ne faut pas cependant en conclure que le coefficient de digesti- bilité de la protéine brute soit moindre chez le cheval que chez le mouton. Par l'emploi de la méthode usitée jusqu'ici, c'est-à-dire: analyses du fourrage, des déjections, de la substance digérée : ce serait plutôt l'inverse, comme nous le verrons plus loin *. Foin. Le foin de prairie est moins bien utilisé par le cheval que par les ruminants. Pour le cheval, comparé au mouton, la diminution en substance organique digérée est de 10 à 12 p. 100 de la masse du foin sec. Gela résulte des expériences que nous allons relater. 1. Je crois utile de présenter quelques observations à ce sujet. La différence entre ce qui constitue la ration et ce qui reste dans les excréments solides ne donne des coeflicients de digestibilité exacts qu'autant que Tétat de l'animai reste constant; car, on peut alors supposer que les produits de désassimilation mélangés aux excréments ne changent pas. Pour la cellulose, une autre cause d'erreur consiste dans la fermen- tation qui se produit dans le gros intestin, avec dégagement de gaz des marais, d'acide carbonique et formation d'acides gras volatils. L'inlluencc perturbatrice de la bile est encore plus grave pour la graisse, si surtout on se rappelle qu'elle se trouve souvent en assez petite proportion dans les fourrages. J. D, 40G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La protéine est en moyenne aussi bien digérée par le cheval que par le mouton. Au contraire, il y a une difïërence très im|)ortante en faveur du mouton pour la graisse et la cellulose. Cette diiïérence est de 30 en moyenne pour la graisse, soit 0.8G en calculant la por- tion digérée par rapport à la substance sèche totale du fourrage, de 20 pour la cellulose, soit 0.61, calculée comme précédemment. La quantité des substances solubles dans l'éther dans les excré- ments du cheval est donc proportionnellement plus grande et l'uti- lisation de la graisse paraît faible ; pour le foin de prairie elle s'élève en moyenne à 52 p. 100 chez le mouton, et seulement à 22 p. 100 chez le cheval, de la quantité totale se trouvant dans le fourrage. 10 sortes de foin ont été employées aux essais, 12 simultanément avec le cheval et le mouton, et 4 avec le cheval seulement. Voici la composition des foins consommés : PUOTÉINE G li A I s s B CEI.liULOSE EXTRACTJFS UOU CENDUES. brute. brute. brute. azotés. Moyenne des 12 sortes. . 11.10 2.87 32.7(5 •44..J:; 8.74 — 10 sortes. . 11.11 2.89 32. 5ô 44.90 8.55 Maximum is.fiy 3.96 38.15 47.iO 11.02 Minimum S.-iG 2 22 2 G. 82 43.17 G. 38 Je laisse ici de côté un foin coupé de très bonne heure, le 14- mai, et qui ne saurait être comparé aux autres. Tous les résultats obtenus dans l'utilisation des principes immé- diats sont consignés dans le tableau suivant : TahleaL'. RECHERCHES SUR L .VLIMENTATION DU CHEVAL. 407 (Cheval. . . Moyenne . ■, ,, ^ ( Mouton. . . Diirérence. . . . \ maximum. . Cheval. . { . . l minimum. . NOMBRE dos essais. COEFFICIENTS DE DIGESTIBII.ITÉ (12 SOrtes). Subs- tance sèche. Subs- tance org.a- iiique. Pro- téine, lirute. Graisse Cellu- lose. Kxtrac- lifs. l.j 27 iS.ÔG 59 . 2<.)* 50.37 62.11 50 . Si GO. 13 21.78 51.92 40.58 60.75 5,S.G7 65.59 10.73 11.74 0.29 30. li 20.17 G. 9 2 12 ■13 G2 5i G'.l 10 12 33 57 49 G 7 Mouton. \ iiiaxiiiium. . ■ \ minimum. . (ij 57 7 G i o ■}3 65 51 SO 5 G 7 G Coefficients ue dicestiiîilité (IG sortes'). 1 moyenne . . . 1 minimum. . ' maximum . ' -iy.ts 50. 7S 59.17 19.75 41.32 58.67 Cheval. ' 23 13 51 42 33 5G G 2 G 9 7 57 76 Pour les exlractifs non azotés (amidon, sucre, etc.) la puissance (le digestion, chez les deux espèces, est plus voisine, la différence, toujours en faveur du moulon, est d'environ un tiers; calculée par rapporta la substance sèche elle égale à peine la moitié : 3.13 p. 100 (voir le ^^ tableau qui suit). Il résulte de cette dépression dans la (ligestibilité de tous les principes immédiats non azotés, chez le cheval, tandis que la protéine est également bien digérée, que le rapport nutritif est plus étroit dans la substance digérée par le cheval que dans celle digérée parle mouton : en moyenne, pour les 12 foins de bonne qualité (pii ont servi aux essais, y^ et ~, soit une dif- férence de 1.74. Le rapport nutritif, c'est-à-dire la relation entre la protéine et les principes non azotés, se calcule de la manière suivante : la graisse X par le facteur 2.44 H- la cellulose -h les cxtractifs, donnent une somme qui est divisée par la protéine. Cela fait, pour exprimer le rajiport nutritif, on se sert d'une fraction dont le numérateur repré- sente la protéine égale à l'unité et dont le dénominateur est formé par le quotient de la fraction, en désignant chacun des principes di- 408 ANN.^LES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, gérés par les lettres G, G, E et P, le rapport nulrilil' peut s'exprimer par la formule suivante : R= 1 P FH-C + Gx2.4i Si l'on réunit les 12 et 10 sortes de foin employées dans les essais en 4 i;r()upes, d'après leur plus ou moins grande richesse en protéine, on trouve que le coeflicient de digestibililé de tous les principes du foin, chez le cheval comme chez le mouton, diminue avec la teneur en protéine, à l'exception de la graisse, chez le cheval. Mais la dimi- nution pour la protéine est plus rapide que pour la cellulose et sur- tout les extraclifs. SORTES I>E FOIN. a) N° 3. b) N°' 1, A, 7, 11. c) N°^ G, 9, 10, 12. d) N"' 2, 3, S. PROTÉINE P. 100. 17. C5 11.2 à 12.9 9.9 à 10.9 S . ô à 9 . 5 NOMBRE dos essais. COEFFICIENTS DF, DIGESTIBILITÉ. Subs- tance sèche. Subs- tance orga- nique. Protéine brute. Graisse lirute. Cellu- lose brute. Kx trac- tifs ; non azotés. (a) Cheval . . . Mouton . . . 2 1 10 G S •l i 4 G.J.IG 54.03 75.81 62.03 73.29 GS.80 65.44 13.43 79.30 57.01 75.65 65.77 1 Différence. ib) Cheval . . . 11.11 13. 7G 4 . 19 32.01 22.49 9.SS G2.46 .■)0.18 64.23 31.31 64.62 G2.00 53.82 20.04 63.15 42.12 65.08 57.25 Mouton . . . Différence. (c) Cheval . . . 12.28 12.92 2.G2 33.78 21.03 7.83 3G.4Ô 4G.GS 38.72 47.71 56.76 57.40 51.41 24.07 55.70 36.19 61.55 55.37 Mouton . . . Différence. [fl] Cheval . . . Mouton . . . Différence. 9.79 11.01 — 0.G4 27.34 10.51 G. 18 37.03 47. OG 59.19 47.22 54.18 57.22 45.54 23.49 58.01 38.90 61 .65 55.92 9.97 11.97 — 3.04 22.03 1 9 . 1 1 .•;.73 RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 409 En calculant la quotité digérée d'un principe, par rapport à la subs- tance sèche du fourrage, on voit bien que cette partie, pour les principes non azotés, reste presque constanle dans les 4- groupes et que la dépression, pour la substance organique totale, dépend seu- lement de la diminution de la protéine digestible. la) Mouton . . Cheval . . DifTérence. . \l)) Mouton. . . . Clieval . . . . Différence. . c) Moutnn . . . . Clieval . . . . Différence. . {(l) Mouton. . . . Cheval . . . , Différence. . Mouton. . . . Cheval . . . , Différence . COEFFICIENTS DE DIGESTIBILITE. rrotéino brute. 12.9i 12.14 0.80 Graisse brute. 2 . 09 0.-13 l.fiG Cellulose brute. 18. 2G i:j.io .s. iC Hxtractifs non 30. Ul 2 G. 87 •i.Oi 7.G8 7.37 . 3 1 5.SG 5 . 92 — O.OG 4.82 1.G8 0.G3 1.0c 0.64 20.80 13.87 G. 93 18.83 12.23 1.2G 5.09 0.G5 — 0.27 O.Gl 28.91 2Ô.43 3.48 Î7.G1 24.83 0.7 2 G. GO 2.78 19.97 13.39 G. 58 28.03 25.4 2 2.GI MOVENXE DES 12 .SORTES DE KOIN. G. G 8 6.G4 . 01 1.49 0,G3 0.8G 19.90 13.29 CCI 29.21 2G.08 3 . 1 3 Substance orga- niiiue. Rapport nutritif. -- 1 r^ 52.54 1 3.40 1 1 . 6G 0.79 l 1 (i 07 : _ — ( 7.01 1 59.0 47.30 5.46 11.7' )3.G6 43.62 i 8.49 (i .;,2 10.04 1 .9: ,08 \ 1 10. G ''■'' ! r^ 9.43 2.G7 ) 7.9 ( 1 4G.G4 J — G 10.58 1.74 410 ANNALES DE LA SCIENCE AGIIONOMIQUE. L'examen tics chiflVes de ce tableau conduit aux conclusions sui- vanles: Dans les catégories de foin de praiiie les plus riches en matières azotées et qui sont le plus facilement digestibles, la difîérencc dans la digestibilité de la protéine est en faveur des ruminants; pour des foins de teneur moyenne elle est sensiblement la même pour les deux espèces animales; enfin, pour les foins pauvres en protéine, cctie dernière est même mieux digérée par le cheval, cependant les dilTé- rences sont faibles. Pour la graisse au contraire la différence diminue dans les sortes de foin les moins digestibles, de même pour les extractifs, mais à un moindre degré, tandis qu'elle reste assez constante avec la cel- lulose. Par suite de cette divergence entre la protéine et les principes non azotés, les diflërences dans le rapport nuLi-itif chez le cheval et le mouton doivent aller en augmentant avec la diminution de la teneur en azote du foin. Ces difiérences sont en effet, pour les 4 groupes, de 0.79, 1.55, 1.97 et 2.67. Trèfle rouge. Dans le phénomène de la digestion, le foin de trèfle se comporte chez le cheval et chez le mouton un peu difleremment que le foui de prairie. La protéine est aussi ici également bien digérée par les deux es- pèces animales, la différence pour la graisse brute est presque aussi grande qu'avec le foin de prairie, mais pour la cellulose elle est moindre : 1"2 au lieu de 20 p. 100. Les extraclifs non azotés sont également et môme mieux digérés par le cheval que parles ruminants, en moyenne 2.3 p. 100 (63.-48 au lieu de (H. 16 p. 100). Un certain écart entre les rapports nutii- lifs existe toujours, mais il est moindre, 0.60 au lieu de 1.74. ■4 sortes de trèfle ont été essayées simultanément avec le cheval et le mouton. La composition moyenne des quatre sortes était la suivante : RECHERCHES SUR L ALIMEXTATION DU CHEVAL. 411 Moyenne. . . . . . Maximum Minimum l'KoTÉl.NI'; bi-utp. OItAl.S.SR. CELLUr.OSE. KXTKACTIFS. CENDKES. I 4 . 2 1 14.92 12.91 2 . 53 2.85 oo 3 . 8 J 3S.89 3 2. G 3 39.91 43.29 38 . 1 G 7.50 8.19 G. 50 Si l'on rapproche les sortes d'après leur leiiciir en protéine on n'observe ici aucune dillérence. .Mouton. } Moyenne Cheval . \ des 4 sortes. Différence. . . des essais. COEFPICIKNTS DE DIOBSTIBILITÉ. Subs- tance sùchc. Subs- tance orga- nique. Pro- téine, brute. (iiMissc brute. Cellu- lose brute. Extrat- tifs. 1 5 54 . 74 50.56 55.98 51.25 5G.29 55 . G7 5 G. 32 28.73 49.78 37.38 G I . 1 G G 3.4 s 1.1 s 4.73 0.G2 2 7.50 12.49.27 58.14 71.2G 73.44 41.19 14.32 45.03 39.59 GG.35 69.74 0.00 1.13 — 2.IS 2 G. 87 5.44 — 3.39 En calculant les coefficients de digestibilité, par rapport à la substance sèche, on obtient : Mouton Cheval DifTérence. COEFFICIENTS DE DIGESTIBILITE. Protéine. 1 2 . 01 12.40 — 0.3G i.o: 0.3- 0.68 Cellulose. 14.74 12. 9G 1.78 Extrac- tifs. 26.70 28. OG Substance org.-i- uique. Uapport nutritif. o4.d3 53.79 ( 4.35 ) 3.95 —1.36 0.74 0.34 On peut donc dire qu'en général le foin de luzerne est aussi bien digéré par les deux espèces. Paille des céréales. Quant à la paille, M. Woliï pense qu'il faut encore d'autres expé- riences pour pouvoir tirer des conclusions. Si elle est donnée en petite quantité (sousforme de paille hachée), 1 kilogr. ai'', 5 par jour, avec du foin ou de l'avoine, l'utilisation est médiocre, et l'avantage principal réside dans une meilleure insalivation du fourrage. Elle donne aussi à l'animal cet état de satiété agréable, d'aise, que pro- cure un estomac plein. 414 ANNALKS DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tout au plus les hydrates de carbone de la paille des céréales d'hiver sont uliliscs dans la digestion et contribuent à l'alimentation du cheval. La protéine et la graisse de la paille ne doivent pas être prises en considérai ion. Composition moyenne des trois sortes de paille. PKorÉiNE. GUAISSK. CELLULOSE. EXTKACTIFS. CENDliES. 4.00 1.2.S l.s.Tl 3S..S9 7.12 Cheval NOMUKE des ossai.s. COEFFICIENTS DE DIGESTIBILITÉ. Subàtauce sùclio. Substance organique. Cellulose. Exti'actifs. G ic. to 17. Gl 11. G 2 1 ■.•3.7S ! La paille était donnée concurremment avec du foin et de l'avoine. Donnée seule au mouton on a obtenu des coefficients de digeslibiliti'; bien plus élevés et qui sont les suivants : Mouton NOMBRE (les essais. COEFFICIENTS DE DIGESTIBILITÉ. Substance sèche. Substance organique. Cellulose. Extractifs. 2 •44. 9G 47. Ù9 .JS.98 37.41 11 est évident que ces coefficients ne peuvent être comparés. Avoine. Le plus important de tous les aliments concentrés pour le cheval, l'avoine, est presque aussi bien digéré par lui que par les ruminants, cela est surtout vrai pour la protéine et les extractifs ; la graisse est aussi assez facilement digérée par le cheval. La cellulose présente d'assez grandes variations chez les deux espèces animales et en gé- néral est peu digestible. RECHERCHES SUR l'.AlLIMENTATION DU CHEV.VL. 415 La digestibilité moyenne de la substance organicjue totale, calculée |t. 100 de l'avoine sèche, s'élève chez le cheval à 05.0 p. lOOetchez le mouton à 08.2 p. 100, soit une dillerence de 2.0 p. 100. En moyenne, avec les huit sortes d'avoine consommées parle che- val, elle est de 05.1, ou, si l'on porte en compte la graisse digérée (4.20 p. 100) avec son équivalent en amidon, 70.20; et p. 100 de l'avoine séchée à l'air avec 14- p. 100 d'eau, 00.4. Composition des avoines. Moyenne des 3 sortes employées pour le clieval et le mouton. . Moyennes de 8 sortes (cheval seul) l'BOTÉiNE. GRAISSE. CEI^LU- LOSK. EXTKAC- 'l- 1 1 S . CEN'DRES. 13.10 12.85 14.03 10.56 5.79 6.01 7.41 5.35 12.07 12.71 15.67 11.38 63.53 64.14 66.35 6? . s s 3.93 4.26 6.34 3.67 Maximum Minimum Mouton Cheval Différence. . Cheval (8 sortes) . Maximum . . . Minimum . . . >J(JMHRE (les essais. COEFFICIENT DE DIGESTIBILITÉ Subs- tance sèche. Subs- tance orga- nique. Pro- téine. Graisse. Cellu- lose. Extrac- tifs. 13 8 70.37 66.49 71.28 67.97 79.92 85.83 82 . 98 71.38 29.88 21.04 75.99 73.53 3.88 3.31 — 5.91 11.00 8.. s 4 2.40 6i.S9 09 59 07.11 71 02 79.36 89 08 70.43 78 00 20.06 38 1 74.05 70 72 En réunissant les différentes sortes d'avoine d'après leur teneur en azote, on ne remarque aucune différence sensible. On aurait pu croire, à priori, que la digestibilité de l'avoine doit toujours être plus grande, avec une teneur en azote plus élevée. Au 416 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. contraire, souvent une avoine plus pauvre en azote, avccun tau.\. d'amidon relativement plus élevé, est plus fniMlcnient digérée qu'une avoine plus riche en azote, si avec Ui." enveloppe plus épaisse et un grain moins plein se trouve en même temps un taux de cellulose plus considérable. En calculant par rapport à la substance sèche, on obtient les nom- bres suivants : Mouton Cheval Différence. . Cheval (moyenne des 8 sortes) . PROTÉINE. GUAISSE. CELLULOSE. EXTRACTIFS. SUBSTANCE organique. RAPPORT. 10.47 11.24 4. SI 4 . 1 .3 3.G1 2 . 54 49.28 47.68 G7.17 65.59 1 G. 17 1 5.42 — 0.77 O.GS 1.07 I .GO 2 . .VJ 0.70 10.00 4.23 2.40 47.50 64.13 1 6.02 Les autres aliments concentrés, le maïs, les féveroles et l'orge, se sont montrés particulièrement digestibles, et les petites inégalités observées entre le cheval et le mouton peuvent être négligées. Les différences trouvées avec les pois et le lupin sont plus grandes ; elles se rapportent, ici aussi, principalement à la cellulose brute et à la graisse; à un beaucoup moindre degré à la protéine et aux extractifs qui prédominent et sont les principes les plus importants. De nouvelles recherches réduiront encore probablement ces dif- férences. Pour le lupin, il est à remarquer que par une torréfaction conve- nable et l'enlèvement du principe amer on élève encore la digesti- bilité. Tableaux. RECHERCHES SUR L .ALIMENTATION DU CHEVAL. Composition des grains employés dans les essais. 41' Mais PROTÉINE. GRAISSE CELLU- LOSE. EXTRAC- TIFS. CENDRES. 13.34 33.31 29.88 53.11 53.31 14.67 42.73 43.16 47.87 4.76 1.64 1.59 6.04 5.14 1.37 5.86 6.01 6.66 1.75 7.99 6.61 19.85 21.89 4.77 16.43 17.62 20.91 78.45 53.33 58.33 19.01 17.61 74.95 29.62 28.53 22.91 1.70 3.73 3.59 2.00 2.05 4.24 5.56 4.68 1.65 1 Féveroles . l'ois Lupin jaune 1881 — 1883 Ome Lupin jaune 1880 — torréfié — débarrassé du principe amer Les coeflîcieiits de digestibilité obtenus sont résumés dans le ta- bleau suivant : ( Mouton . Mais . • ( Cheval. . DilTcrence . . Fcve- i Mouton . rôles. \ Cheval. . Diiïérence . l Mouton . Pois. . ^, Cheval. . Diflércnce . . l Mouton . ^"'^'"îchevaL. DitTérence . . Orge . Cheval. . NOMBRE des essais. COEFFICIENTS D •: DIGESTIBILITÉ Subs- tance sèche. Subs- tance orga- nique. Protéine. Graisse. Cellulose. Ex trac- tifs. -) 1 5 2 1 2 1 1 87.80 90.31 88.47 90.93 78.54 77.64 81.58 63.04 61.89 100.00 91.32 93.93 — 2.51 — 2.46 0.90 2 1 . 54 — 38 . 1 1 — 2 . 6 1 87.17 84.81 89.58 87.07 87.12 85.84 84.15 12.90 78.53 65 . 40 91.17 93.17 2.36 1.91 1.23 71.25 13.12 — 2.39 88.26 77.21 89.54 80.33 88.92 82.97 74.70 6. 89 65.67 8.04 93 . 32 89.03 11.05 9.21 5.95 67.81 57.63 4.29 88.48 70.03 87.56 72.29 87 . 82 94.16 77.64 27.32 96.73 50. S2 77.72 50.79 17.85 15.27 — 6.34 50.32 45.91 26.93 83.48 87.03 80.27 42.37 100 87.32 ANN. SCIENCE ACRON. — 1887. — '1. 27 418 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Racines et tuhercides. Des essais exécutés antérieurement avec des moutons, à Hohen- heim, ont montré que les pommes de terre et les carottes sont pres- que complètement utilisées. Gela a été établi chez le cheval par des recherches directes, on a constaté que la protéine et les extractifs dans ces plantes sont, à un haut degré, digérés. Composition des racines et tubercules. Pommes de terre. . . Carottes PROTÉINE. GRAISSE. CELLULOSE. EXTRACTIFS. CEKDRES. 1 1 11.90 12.23 0.46 1.35 4.00 10.63 80 . 02 67.48 1 3.62 S. 31 i Pommes de Icrre Caroites. COEFFICIENTS DE DIGESTIBILITÉ. Substance sèche. Substance orgcanique. Protéine. Extractifs. 90.46 84.66 93.28 87.23 88.00 99.31 99.36 93.81 La carotte est donc un fourrage que le cheval peut utiliser presque en totalité. Nous avons vu précédemment que le taux de l'azote non prutéique était très élevé dans les pommes de terre. Des essais exécutés à Proskau sur des moutons, lapins, oies, ont montré que l'asparagine serait un véritable aliment, en diminuant la destruction de la protéine dans l'organisme. Matières minérales. Enfin, pour ce qui concerne la digestion et l'élimination des subs- tances minérales chez le cheval, il est particulièrement caractéris- tique, pour cet animal, que de la chaux prise avec le fourrage, un tiers, jusqu'à la moitié, et maintes fois encore plus, se retrouve dans RKCHERCHF.S SUR l'.A.LIMENTATION DU CHEVAL. 419 les urines, pendant, que dans l'urine des ruminants (chez le moiiton) on trouve, à peine, plus de 5 p. 100 de la quantité existant dans le fourrage. La potasse se comporte inversement ; dans les excréments du mouton, on trouve seulement 3 à 5 p. iOO de celle existant dans le Iburrage ; le reste passe dans l'urine. Par contre, chez le cheval, on rencontre la potasse en quantité variable suivant la constitution du fourrage, mais toujours très importante, en moyenne environ un liers ou encore plus de celle du fourrage dans les excréments. Pour l'acide phospliorique, on n'en trouve chez les deux espèces animales le plus souvent qu'une trace dans l'urine; presque tout passe dans les excréments. Quanta l'élimination de l'acide sulfuricpic et du chlore, il n'y a non plus aucune différence à remarquer. La magnésie est toujours éliminée en quantité considérable par l'urine, en plus grande quantité cependant chez le cheval que chez le mouton, 40 p. 100 contre 20, 30 p. 100 de la quantité existant dans le fourrage. Le tableau suivant résume les résultats obtenus. A C I D F, ACIDE POTASSE. CHAUX. MAGKÉSIE. phos- phoriquf . sul- furique. CHLORE. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. 1" AUIMEH TATIOX AU FOIN DE 1 RÈFLE. Foin de trèfle. . . . 172, SG 132.71 47.33 39.30 13.10 8.03 Excréments solides . 59,04 70.80 3 1 . i 39. k; 8.68 1.63 Urine 110,70 95. iO 1 5 . 00 1) 7.01 5.29 2» RATION CO MPOSÉB DR FOIN' DE P KAIRIR, n'A VOINE ET DR P.IILI.E. Foin 67,l.j 70.97 22.48 21.46 14.50 20.03 Avoine 35,50 4.55 16.86 61. 2G 1.19 0.82 Paille Somme. . . . Excréments solides . 15, .'.2 6.05 O.GO 4. 9 G 1.84 2.61 IIS, 07 81.57 39.94 87.68 «7.53 23.49 79,58 39. 2 i 23. 4G 86.57 G. 72 1.17 Urine 56,86 33.82 6.85 )} 2G.48 23.70 420 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Des essais exécutés à Weende, sur des moutons adultes, avec une alimentation exclusive au foin de prairie, avaient donné les résultats consignés dans le tableau suivant : ACIDE ACIDE phos- POTASSE. CHAUX. MAGNÉSIE. sul- CHLORE. phorique. furique. Excréments .... 98.8 i.3 110.8 82.1 35.0 )> Urine 1.7 84.7 4.7 25.5 53.2 8G.i Laine Total .... 0.2 3. G 0.4 0.2 l.G 0.5 100.07 93. G 115.9 107.8 100.07 8 G. 9 II. — Relation existant entre le fourrage consommé et le travail produit. Valeur dynamique des aliments. Le travail était mesuré à l'aide du manège dynamométrique que nous avons précédemment décrit '. Pour évaluer le travail, on mul- tipliait la force directement mesurée au manège par le coefficient 1.0037 et par le chemin parcouru, et on ajoutait à cette somme, pour chaque 100 tours, 10000 kilogrammètres pour le transport du corps en avant et 40000 kilogrammètres pour son soulèvement ver- ti.^al. La traction a varié de 60 à 120 kilogr., mais la plupart des essais ont été exécutés avec une traction de 76 kilogr., le nombre des tours restant toujours compris entre 300 et 900 et la longueur de la piste étant de 26'",39. Le travail régulier exécuté au pas, au manège, ne saurait être assi- milé complètement, comme le fait remarquer Wolff, même à celui exigé pour la traction sur une route ou pour le labour, à cause des variations d'efforts nécessités par des arrêts plus ou moins brusques, des démarrages fréquents. La distribution du travail peut aussi in- fluer. A plus forte raison pour un mode de travail différent, comme cela 1. Un appareil analogue est installé au laboratoire de la Compagnie générale des voilures, à Paris: il y en a un aussi à Tinstitut agricole de Halle; on a essayé d"y atteler des bœufs, mais jusqu'ici sans succès. J. D. RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 421 se présente chez les chevaux de diHgence, de voiture, de selle, de course, doit-on rencontrer de notables divergences. Les résultats obtenus dans cetle direction ne sauraient donc, (juant à présent, être généralisés, mais ils n'en constituent pas moins un notable progrès. Les fourrages mis en consommation pendant les expériences au manège avaient la composition suivante: 18S1-1SS2. PKOTÉINK. GRAISSE. CBLLULO.su. EXTIt.A.CTIF. CENDRES. Foin : 1 sorte 9.94 2.9G 32.50 47.64 6.96 — 2 sortes 10.11 2.81 31. §9 48.60 G. 4 6 .Vvoine : 1 sorte .... 11.71 5 . 50 12.13 66.35 4.31 — 2 sortes .... Ii.38 5.36 12.70 63 . 63 3.93 Amidon de riz 0.56 0.21 » 98.28 0.95 1882-1883. Foin de prairie 11.40 3.14 34.19 43 . 59 7.G8 Avoine: 1 sorte . . . . 13.12 (i.OG 13.19 62.67 4.36 — 2 sortes .... 12.85 6.05 12.81 64.65 3 . 64 1 Graine de lin 20.85 39 . 54 9.74 24.45 5.42 Féveroles 31.40 2.42 8.80 53.37 4.01 Amidon de riz 0.28 i> » 98.95 0.77 1883-1884. Foin de prairie 10.78 3.03 34.19 4 i.OG 7.94 Avoine : l sorte 11. G9 5.21 15.67 63. GO :! . 84 — 2 sortes .... 10. 5G 7.41 12. G7 65.69 3. 67 Paille de céréales d'hiver. 3.G6 1.28 51.17 35.71 8.18 Amidon de riz 0.62 0.21 » 98. 6G 0.51 1 La ration d'entretien d'un cheval au repos, d'un poids vivant de ôOOkilogr., dans un état moyen d'entretien et n'exécutant aucun travail extérieur, s'élève à 4200 grammes de substance nutritive par jour avec une quantité de substance sèche de 8 à 10 kilogr. Par substance nutritive, il faut entendre tout ce qui est digéré delà pro- téine, de la cellulose, des extractifs, et de la graisse x 2.ii. 422 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Gomme minimum en protéine, on peut accepter 500 gr., soit 80 gr. d'azote, et le rapport nutritif est alors ■~-^- Ce chiffre de 4200 gr. est la moyenne des nombreux résultats obtenus par M. Wolff. Il a de plus trouvé que, pour exécuter 100 tours de manège avec une traction de 76 kilogr., la ration devait contenir un supplément de 315 grammes de substance nutritive. Si donc on multiplie chaque 100 tours de manège effectués avec une traction de 76 kilogr. par 315 gr. de substance nutritive (nous verrons plus loin comment M. Wolff a obtenu ce chiffre) et qu'on retranche le produit obtenu de la substance totale digérée, la diiïe- rence représente la ration d'entretien, c'est-à-dire celle nécessaire au cheval au repos, son poids vivant restant invariable. En partant de ce principe, le tableau suivant résume les chiffres calculés par E. Wolff, en se basant sur les résuhats de l'expérience. SUBSTANCE POIDS TOURS TOURS nutritive RAPPORT. a RESTK. Cheval n" 1 . Moyenne des totale. vivaot. 76 kilogr. X 3,15. Grammes. 1 4 essais . 6305,6 522 600 1890 4410 5. 79 \ [1881-1882. 5831,1 1 G. 04 477 546 17 20 4111 Cheval n° 2.^1882-1883. "•"•^ î ùi ' 4SG 662 2085 4663 11883-1884. Moyenne 5920,2 1 7.26 457 567 1780 4134 6078,4 1 6.8 473 577 1818 4260 / 1881-1882. 5313,8 1 ( 7.16 454 404 1273 4041 Cheval n» 3. < 1882-1883. =»°''Ho.88 ' 469 683 2152 3909 1883-1884. Moyenne . . . . ™"^-!,'55 1 473 1 580 1827 3908 1 1 j 465 1 553 1742 3959 RECHERCHES SLR l'aLIMENTATIOX DU CHEVAL. 423 Soit en moyenne pour les 3 chevaux employés : SUBSTANCE NO.MBKK TOURS X3,15 SUIIKTANCK KAPPORT POIDS ou uutritivo nutritive du .'ubstiince nutritive restée nutritif. viv.^ut. employée pour futaie. tours. pour le travail. l'ontretifii. Crranimes. Cheval Il" 1. . . G305,(3 1 0,79 522 600 1890 44 Ki — 2. G078,4 1 G. 80 \ 473 .')77 1S18 42G(i 5701.3 1 i 7.1G 46ô 553 1742 3959 M. Wolfî fait icmaïqucr qu'il n'y a pas concordance, mais que si on calcule la ration d'entretien pour des poids vivants correspondant à un état normal de nutrition, savoir: Cheval n" 1, 533 kilogr,, n° 2, 500 kilogr., etn° 3, -475 kilogr., on obtient pour la ration d'entretien de 500 kilogr. de poids vivant les nombres suivants : ORAMSIëS. Cheval n» 1 4143 1 — 2 4260 [ Moyenne : 4190 — 3 4167) Avec un animal un peu gras la ration d'entretien est plus faible ; au contraire, si l'animal se trouve au-dessous de son état moyen d'entretien, la ration est plus forte, comme cela se présente dans le tableau précédent avec les poids respectifs de 473 kilogr., 522 kilogr. et 465 kilogr., on obtient alors : ORAMMBS. Cheval n" 1 4230 i — 2 4520/ Moyenne: 4335 — 3 4256] Le facteur 315 a été obtenu dans deux séries d'expérience. La 424 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. première, comprenanL 3 essais exécutés avec de l'avoine, du foin et de l'amidon de riz, a donné les résultats suivants. La traction était de 76 kilogr. dans les 3 essais. PORTION DIGÉRÉE, CHEVAL N ' 2. RATIONS. NOMBRE de Subs- Subs- tance tance Protéine. tîraisse. Cellulose. Extractll's. tours. sèche. organi- que. 7 kilogr. de foin 3 — d'avoine .... 250 481C.9 4572.0 588.6 142.3 821.4 3019.6 7 — de foin 3 — d'avoine .... 450 5523.4 5327.8 557.7 128.5 800.3 3842.8 1 — d'amidon. . . . , Différence . . . + 200 + 706.5 + 755.8 — 30.9 — 13.8 — 21.1 + 82 3.2 CHEVAL NO 3. 7 kilogr. de foin i — d'avoine .... 350 51G5.7 4988.8 674.3 U5.2 753.5 3145.9 7 — de foin 1 4 — d'avoine .... 575 5828.5 ,5587.6 636.0 13G.7 960.5 3851.3 1 — d'amidon. . . . Différence. . . . + 225 + 550.4 + .563.8 — 26.2 + 4.7 — 117.2 + 702.3 CHEVAL NO 2. 7 kilogr. de foin 4 — d'avoine .... 350 5086.1 4872.0 076. 1 130.6 1134.0 2931.3 7 — de foin blô 4 — d'avoine. . . . 5828.5 5587 . 6 636.0 136.7 960.5 3851.3 1 — d'amidon. . . . Différence. . . . Moyenne dos trois essais. -y 225 + 742.4 4- 715.6 — 40.1 + 6.1 — 173.5 + 923.0 + 217 + 6GG.4 + 678.4 — 32.4 — 1.0 — 103.9 + 81G.2 Soit pour 100 tours 312 gr. de substance nutritive ^677.4^ 217 = 312. 11 faut remarquer ici la dépression exercée par l'amidon dans la digestion de la cellulose et de la protéine, comme cela a déjà été si- gnalé chez les ruminants. RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 425 D'après les reclierches de Stohmann, l gramme des corps suivants dégage en calories ' : Amidon illG Cellulose 4146 Dextrose-lévulose 3G92 Sucre (le canne 3959 Acide stéarique 0412 Huile de lin, de col/a, de pavot, d'olive 9431 Albumine par son dédoublement en urée 1720 Donc '31 ^2 X 4110 = 128 4000 calories ou 544500 kilogram- iiiètres. D'autre part, 100 tours correspondent à 260 000 kilogram- mètres (20.30 x 100 x 70 x 1.0037 x 50 000). Il résulte de ces chilTres (jue 49.4 p. 100 de la chaleur dégagée dans l'organisme par la ration de production ont pu être transformés en travail mécanique. Si l'on tient compte de la chaleur dégagée par la protéine, la cellulose et la graisse, on obtient un chilTre un peu plus élevé, i9.8 p. 100. Les deux tableaux qui suivent résument les conditions dans les- (luelles a été effectuée celte première série d'essais, c'est-à-dire, durée de chaque essai, la traction et la variation de poids des che- vaux. Essais avec ou sans amidon (durée des expériences). Période 1 . :i()0 tours, du i au 23 janvier 1S82 (20 jours). Cheval a" 2 . • \a 300 tours, du 2i janvier au 6 mars (39 jours). — 11 Cheval n" 3 b 500 tours, du 7 au 24 mars (18 jours). \ — I . 400 tours, du 1" au 20 mai 1882 (20 jours). ( — II . GOO tours, 21 mai au 11 juin (22 jours). 1 — I . 400 tours, 27 janvier au 13 lévrier 1884 (is jours). Cheval n" 2 . ■ i « 500 tours, 2 1 décembre 1 883 au 1 2 janvier 1 884 (23 jours) / - " b GOO tours, 13 au 26 janvier 1884 (14 jours). (^n peut voir que, sous l'influence de la ration a, 2*= période, le chc- 1. Kalorimetrische Inlersucliungen, von V. Stohmann, C. v. Kcchcnberg, etc. Lamliv. Jahr. M. XIII. S. 513-581. 188i. 426 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. val n" 2 a augmenté notablement de poids par suite de l'addition de 1 idlogr. d'avoine à la ration. 'O' Cheval n° 2 .1 Cheval n° 3. II- Cheval u» 2 ) 1 ai Essais avec ou sans amidon (variations de poids). |I"pénode. . 487,2 487,2 485,3 483,2 483,2 482,5 483,5 485,7 487,7 489,2 491,0 491,8 492,7 494.7 495,8 495,8 498,3 499,5 499,2 500,2 b 496,7 485,5 480,7 481,3 481,2 479,7 454.8 454,3 453,3 452,0 451,2 451,5 451,3 453,7 454,7 456,2 455,5 455,5 454,3 449,6 453,5 450,8 451,5 453,7 453,3 453,7 454,3 454,0 456,0 454,8 453,7 455,3 455,2 455,3 b 457,0 456,7 455,5 455,2 455,3 (.. a< Tels sont les résultats des pesées pendant les essais exécutés avec ou sans amidon de riz. Il faut se rappeler que tout changement de régime amène une diminution momentanée du poids du cheval. Dans une 2^ série d'expériences, où la quantité d'avoine a seule varié, la traction restant toujours de 76 kilogr., les résultats obtenus dans 14 essais ont été les suivants : TableaO. RECHERCHES SUR i/aLIMENTATIOX DU CHE\AL. 42- RATION-. NOMBRE de tniirs. PORTION DIGÉRÉK (CllEVAI. K» 2). Subs- taiico srclie. Subs- tance oigaiii- qiie. Protéine. Graisse. Cellulose. Exlraclifs. 7 kilogr. de foin i — d'avoine. . . .) 7 — de foin 5 — d'avoino. . . . Diflërence .... 7 kilogr. de foin , 5 — d'avoiue . . . .[ 7 — de foin 6 — d'avoine .... Différence .... 7 kilogr. de foin 4 — d'avoine .... 7 — de foin 5 — d'avoine .... Différence . . . . 7 kilogr. de foin 1 — d'avoine .... 7 — de foiu 5 — d'avoiue .... Différence . . . . Moyenne des quatre essais 500 tJ75 ,5740.7 6208. G .5511.4 6001.5 787.4 804.8 1.58.1 174.4 1026.2 lui 7. 2 3539.8 3915.1 + 175 + miA-, 4- 490.1 + 77.4 + 16.3 — 9.0 + 4U5.3 550 750 5717.8 6179.6 5585.7 6288.5 847.8 959.0 168.1 207. S 735.1 767.4 3834.8 4354.3 + 200 + 731.8 + 702.8 + 111.2 + 3:1.7 + 32.3 + 519.5 350 475 5086.1 5110.1 4872.0 5264.4 676.1 747.0 130.6 164.4 1134.0 968.0 2931.3 3324.7 + 125 350 550 + 321.0 5165.7 56S5.3 + 332.4 c 4988.8 5505.6 + 70.9 HEVAli N 674.3 788.1 + 33.6 " 3. 115.2 162.6 — 165.4 753.5 713.0 + 393.4 3145.9 3812.0 + 200 + 519.6 + 516.8 + 113.8 + 47.4 — 40.5 + 396.1 + 175 + 510.8 + 510.5 + 93.3 + 31.2 — 48.7 -+■429.1 Il résulte de ces chiffres qu'à 100 tours correspondent 318 gr de substance nutritive '557x100 175 = 318 En adoptant la même valeur calorifique pour la protéine, la cel- lulose, les exlractifs et la graisse, c'est-à-dire pour la substance nu- tritive totale, comme l'indique Wolff et comme nous le verrons plus loin, on a : 318 X 4116 = 1 308 900 calories. soit en nombre rond 555 000 kilogrammètres. 428 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le travail développé dans 100 tours étant de 269000 kilogram- mètres, il en résulte que 48.5 p. 100 représentent l'effet utile de la ration d'entretien. En se servant des nombres de Stohmann, on ob- tient : 1 329 800 calories = 503 870 kilogrammètres, soit 47 p. 100. Donc, en moyenne des deux séries d'essais : 312 4-318 2 = 315 2rammes de substances nutritives pour produire 269000 kilogrammètres et le rendement en travail utile est de 49.4+48.5 48.95 p. 100 et de 49.8+47.7 ,o __ .„„, r=:.48. i'> p. 400'. Le tableau suivant indique les conditions de cette 2'* série d'ex- périences : Essais avec l'avoine (variations de poids). 178,2 477,0 479,0 478,0 477,7 478,3 479.7 478,2 478,2 474,5 476,2 475,9 471,2 473,0 472,8 473,0 473,3 475,6 475,7 475,0 470,8 457,3 459,3 458,2 456,3 457,2 459,5 454.8 454,3 453,3 452,0 451,2 451,5 451,3 449,8 448,0 444,5 443,0 441 , 8 (niojeunede 2ioiirs). 453,5 450,8 451,5 453,7 453,3 453,7 4GG,3 465,2 463,5 461,3 459,0 460,0 458,8 458,5 Cheval n" 2 Cheval n" 3 , Cheval n° 2 P^ période lie _ IIIF — IV« — jlre jlre Cheval n° 2 . Cheval n» 3 . Cheval n" 2 . Période \ - m. IV. I. 11. i - I. ) - II. Durée des essais. 500 tours, du 25 mars au 13 avril 1882 (20 jours). 700 tours, du 14 au 29 avril 1882 (IG jours). 500 tours, du 21 mai au II juin 1882 (22 jours). 900 tours, du 12 juin au 3 juillet (22 jours). 400 tours, du V au 20 mai 1882 (20 jours). 600 tours, du 12 au 21 juin 1882 (10 jours). iOO tours, du 27 janvier au 13 février 1884 (18 jours). GOO tours, du 1 1 novembre au 2 décembre 1883;(22 jours). 1. Chez les machines à vapeur les mieux construites, 16 à 17 p. 100 seulement. RECHERCHES SUR l' ALIMENTATION DU CHEVAL. 429 Le tableau suivant résume les conditions des deux séries d'expé- riences et permet d'en embrasser l'ensemble. CHEVAUX. K AT IONS. Substauce nutritive totale RAP- PORT nu- tritif. NOMBRE de tours à 16 kilog. POIDS vivant. E A V bue. 1 ■■* série. 7 kilogr. foin ■+• 3 kilogr, avoine . riramiiies. 487G,9 1 7 S 250 Kilogr. 485 I8S50 N" 2 . . 1 7 liilogr. foin -t- 3 iiilogr. avoine -h 1 ^•^^^''^•(8.87 1 kilogr. amidon 450 488 21320 7 kilogr. foin -h 4 kilogr. avoine . ''''^' G.63 350 452 25590 JS°3. .. 7 kilogr. foin ■+- 4 kilogr. avoine •+- 1 kilogr. amidon 575 452 32G80 N" 2. .■ 7 kilogr. foin -h i kilogr. avoine . c) 56/0.9 , |N.2,S\ 1 \ 350 550 45G 455 16950 19G00 7 kilogr. foin -+- -4 kilogr. avoine b) 5893,2 ' f 575 455 19200 7.92i 2 ^ série. 0740.2 — '• G.30\ 7 kilogr. foin -f- 4 kilogr. avoine. 500 478 21030 iN" 2. .' 7 kilogr. foin -H 5 kilogr. avoine. G252,7 1 G75 478 27040 6.24 7 kilogr. foin •+■ 5 kilogr. avoine . ''''^' 5.891 550 473 25010 7 kilogr. foin 4- G kilogr. avoine. ^^'^'^Lssî 750 467 31600 i\° 3 . . , 7 kilogr. foin -4- 4 kilogr. avoine. 5l5i,s| • ! |G.G3^ -39,7. i \ ( ' kilogr. avoine. 550 415 32580 K° 2 . . 1 7 kilogr. loin ■+■ 4 kilogr. avoine. ••■»«»■- !«.'«| 350 456 16950 1 7 kilogr. foin -+- j kilogr. avoine. 1 1 47 5 455 22500 •iSO ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. IL La ration d'entretien est constituée comme suit : foin de prairie avec une addition d'une petite quantité de paille de céréales. Avec une alimentation exclusive de foin de prairie, il en faut iO^,!) avec 85 p. 100 ou 8'', 9.3 de substance sèche. D'après la moyenne obtenue avec les 16 sortes de foin — un peu au-dessus de la qualité moyenne — employées aux expériences sur le cheval, on trouve que ces 10'',5 contiennent -4 262 grammes de substance nutritive (rapport nutritif ^ chez le cheval et ^ chez les ruminants) avec 586 grammes de protéine brute (93.7 d'azote). Avec les 5 sortes de trèfle rouge, la même chose se retrouve. Dans 10\5 séchés à l'air, on a 8^93 de substance sèche, 4323 grammes de substance nutritive (~^ avec 823 grammes de protéine (131^%,7 d'azote). Avec le foin de luzerne moyenne de 4 sortes, 9 kilogr. ou?'', 65 de substance sèche suffisent à cause de la plus grande teneur en subs- tances nutritives. Ils contiennent 4156 grammes avec un rapport nutritif très étroit ^,- m. Il faut, pour rendre possible une certaine quantité de tiavail, sans changement dans l'état d'entretien de l'animal, ajouter un supplé- ment, ration de production ou de travail ^, à la ration d'entretien. Une addition de 300 grammes de substance nutritive produit 260000 kiloorammètres. Dans de certaines limites, cette addition peut se composer exclusi- vement d'amidon ou d'une quantité correspondante de graisse ou encore d'un fouri-age consistant en un mélange d'hydrate, de car- bone, de graisse et d'albumine. Dans l'évaluation approximative de la chaleur dégagée dans l'or- ganisme par dédoublement et oxydation des principes immédiats 1. Cotte ration se compose de la ration de travail proprement dite, plus de la ration de transport. RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 431 digérés, M. AYolff porte en compte les hydrates de carbone el l'al- bumine avec la même valeur calorifique, en se basant sur les consi- dérations que nous allons développer. Max Rubner, par des recherches directes sur des animaux vivants (chiens), a trouvé des nombres se rapprochant beaucoup de ceux de Stohiiiann'. Le tableau suivant donne les équivalents dynamiques pour KKl parties de graisse : Albumine CALCCLÉS d'après l'expérience. CAIXDLKS d'après la chaleur de combustion. DIFFÉRENCE p. 100. 211 232 234 256 19 S) 228 237 254 -1-5.7 -4- 1.7 — 1.3 -1- O.S Amidon. Sucre (le canne Dexirosc On peut donc dire que les matières ayant la même quantité d'é- nergie potentielle peuvent se remplacer dans l'organisme, sont iso- dynamiqiics. Rubner a aussi déterminé la chaleur de combustion par des re- cherches calorimétriques et a trouvé des nombres presque identi- ques avec ceux de Stohmann. 1 GRAMME DES CORPS SUIVANTS DÉGAGE en calories : STOHMASN. 1 KUBXEli. 1 1 Albumine 5715 9431 41 IG 5751 0423 •i 1 1 5 1 ("ifiiissc Amidon 11 faut remarquer, à ce sujet, que le rapport entre la valeur calori- fique de l'amidon et de la graisse est de 2.29, et que le facteur 2. i4, employé jusqu'ici, est un peu trop haut. 1. Max Rubner, Zeitschr. fur Biologie, 1883-1885. 432 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Rubner a prouvé expérimentalement que le chiffre 4 720, calculé par- Stohmann pour l'albumine, en considérant seulement l'urée, est trop fort, parce que dans l'urine, en dehors de l'urée, il y a d'au- tres produits d'éUmination d'une valeur calorifique plus élevée, acide hippurique, etc. Il a trouvé, en effet, en alimentant un chien exclusivement avec de l'albumine : pour 1 gramme de la substance organique totale dans l'urine, 2 706 calories, tandis que 1 gramme d'urée donne seulement 2 523, soit une différence de 183 calories ou 7.20 p. iOO. De plus, il faut une certaine quantité de chaleur pour l'expulsion des excréments : 100 parties d'albumine forment en moyenne 3.24- parties d'excréments à l'état sec (fèces), de sorte que, d'après Rub- ner, il reste seulement 4 474 calories ou 77.8 p. 100 de la chaleur brute de combustion (5 754 calories). En outre, pour i gramme de viande sèche, débarrassée autant que possible des matières extractives, on obtient seulement 4 047 calo- ries (4 233 pour la substance organique de la viande). Pour 1 gramme d'albumine végétale (pain de seigle ou de blé), on a seulement 3 960 calories ; mais d'autres matières albuminoïdes ont une puissance ca- lorifique plus élevée et on sait, de plus, que le coefficient de digesti- bihté de la protéine est plutôt déterminé trop bas que trop haut à couse de l'influence des principes de désassimilation. Pour ces divers motifs, Wolff admet le même chiffre pour l'albumine que pour l'ami- don, 4116 ou, en nombre rond, 4100 calories. Il fait cependant remîrrquer que ce chiffre, pour l'albumine végé- tale, est plutôt encore trop élevé que trop bas, attendu que nous comptons comme albumine différents corps : amides, acides amidés, etc., qui n'ont pas la même valeur calorifique. De plus, l'urine des ruminants contient des substances organiques d'une valeur calori- fique plus élevée que celle des carnivores : acide hippurique. La teneur de l'urine des herbivores en matière organique varie du reste beaucoup avec l'alimentation. Henneberg a trouvé les ré- sultats suivants dans l'urine du bœuf, par 24 heures : 1. Henneberg, Neue BeUnige zur Begrûndung einer rationellen Futterung des Wiederkuuers, 1872. S. 19 und 303. RECHKRCHKS SUR L ALIMENTATION DU CHEVAL. 433 Alimentation intensive, rapport-— ^ . . Alimentation exclusive au foin de prairie, rapport — AZOTE. CARBONB. c A un ON F. corres- poudaut à l'azote pour former de l'urée. EXCÉDBNT en carbone. 170 7.00 220 23. 2i Grammes. 7i 3,29 Grammes. 14G 19, '.)G C'est-à-dire, dans le premier cas, 2:5 p. 100 du carbone du four- rage et 4.50 p. 100 de celui digéré; dans le deuxième, 4,3 p. 100 et 7.8 p. 100. Quant aux principes non azotés (la graisse exceptée), Woiir leui- affecte aussi le chiffre 4 1 16, comme pour l'amidon pur, tout en re- marquant qu'ici encore il est trop élevé, quoique la composition élémentaire des principes non azotés digérés chez les ruminants soit à peu près celle de l'amidon, d'après les observations d'Ilcnneberg et Stohmann. U y a aussi une plus ou moins grande quantité de prin- cipes (acides organiques, cellulose), dont la valeur est moindre que celle de l'amidon et même douteuse. Pour la cellulose, parexemple, une partie subit déjà la fermentation dans l'inteslin, avec formation de gaz des marais, sans produire d'elfet. Cela a surtout de l'importance pour les fourrages bruts et les four- rages verts, beaucoup moins pour les ahnf&nts concentrés, presque exclusivement constitués par l'albumine, la graisse et l'amidon. En résumé, si on a préalablement multiplié la graisse par le fac- teur 2.44, on a la même valeur, 4100 calories pour la substance nutritive totale. Donc avec 300 grammes de substances nutritives, on obtient : 4100 X 300 = 1 230000 calories ou 521 000 kilogrammètres. Si on admet qu'il y a 50 p. 100 environ de la chaleur produite par la ration de travail utilisée par le corps de l'animal, il reste, en nombre rond, 200 000 kilogrammètres de disponibles pour le travail mécanique utilisable. ANi\. SCIENCE AGItON. — 1887. — II. 28 434 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pour l'homme, Riibiier calcule, pour 100 parties d'albumine, 60 parties d'albumine animale et 40 parties de protéine végétale, d'où la chaleur développée, par 100 parties, serait de : 60 X -^2-23 + 40 X 3060 = 2540 -h 1584 = 4 124 calories. D'après lui, la chaleur produite par les matières digérées, déduc- tion faite de la chaleur de combustion des excréments, s'élève, en 24 heures, pour notre climat, chez un homme du poids de 67 ki- logr. et fournissant un travail modéré de 9 à 10 heures, à 3 121 000 — 253 000 = 2 868 000 calories. La ration serait ainsi composée : Albumine 117 grammes. Graisse 60 — Hydrates de carbone 469 — Le rapport nutritif étant d'environ 1/5. D'après la valeur calorifique on obtient : Albumine 1/6 ou mieux 16.70 p. 100 Graisse 1/6 — 16.30 — Hydrate de carbone 2/3 — 66.90 — Le travail mécanique développé par un travailleur, s'élevant d'après les observations en moyenne à 201 600 kilogrammètres ou 474 000 calories, 50 p. 100 dans les cas les plus favorables comme le remarque Rubner (mais d'autres fois seulement 1/4, d'après Danilewski ^) de l'énergie peuvent être transformés en travail. Prenons 1/4, on obtient 4 x 474 000 = 1896 000 calories, l'énergie totale étant 2 804 000, il reste 2 864000 — 1 896 000 = 968 000 calories qui ne sont pas utilisées en travail. La quantité de chaleur produite par un homme vigoureux à l'état déjeune étant de 2303 000 calories, après soustraction de celle né- " cessaire au travail, il ne reste pas la moitié de l'énergie totale pen- dant le jeune. L'homme à jeun et celui au repos possèdent l'énergie chimique nécessaire pour résister au refroidissement ; mais s'ils travaillent, une grande partie de la chaleur dégagée pour parer au refroidisse- ment disparait pour aider à couvrir la perte de chaleur du corps. \. PJlugef s Archiv fur die gesammte Physiologie, t. XXX, s. 182. hkcheuches sur l'alimkntation du cheval. 435 Nous avons vu (juc la ralion d'entretien d'un cheval de 500 kilogr. t'iait de 4.:^00 gr. de substance nutritive; c'est à peu près la même (pianlité cpie colle trouvée i)nr llenncbcrg et Stohmann, soit pour 500 gr. poids vivant, 285 gr. d'albumine et 3700 de matières non azotées, soit 3985 gr. et si on convertit en amidon, 4105 gr. La quantité moyenne de travail par jour que peut fournir un che- val de trait ou de labour du poids vivant de 500 kilogr. et suffisam- ment bien nourri est d'environ 2 millions de kilogrammètres ou A lii) 000 caloi'ies. 11 faut alors (jue l'animal puisse digérer 4200 + "^^^(IQ^^^ X 300 = 4200 + 2310 = 0510 gr. de substance nutritive. Si , une telle ration est composée avec du foin de prairie, de l'avoine et une petite (juantité de paille hachée, le rapport nutritif varie ordinairement entre -J. et |- S'il correspond à la moyenne, soit ^> la ration contient alors 808 gr. de protéine digestible ou 138^' ,9 d'azote. Si, au lieu de la moitié, 1/4 seulement de la force se change en travail connue nous l'avons vu chez l'homme, il reste ici aussi à peine la moitié de l'énergie nécessaire pendant le repos : G510 — 2310x2=^181)0 ou, d'après la valeur calorifi(jue, 20 091 OUO— 18 942 000 = 7 719 000 calories. • On trouve donc des rapports identiques pour la production de la force dans l'organisme humain et chez le cheval. Avec une alimentation exclusivement composée de foin de qualité moyenne, un cheval d'environ 500 kilogr. })oids vivant ne peut guère en digérer plus de 12 kilogr. par jour, à cause du volume (soit, avec 85 p. 100 d'eau, 10'^", 2 de substance sèche), s'il n'est pas habitué dès sa jeunesse ou depuis longtemps à un fourrage volumineux. Dans 12 kilogr. de foin de [)rairie d'une telle constitution, moyenne des 16 sortes de foin enqjloyées aux expériences d'IIohen- heim, il y avait 4808 gr. de substance nutritive (substance organique digérée avec la graisse x 2,44) avec un rap{)ort nutritif de ^^^• Dans \il kilogr. de foin de trèlle, un peu plus, soit 4038 gr. {j-^ 436 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Par contre, dans 12 kilogr, de foin de luzerne ou 10''", 2 de substance sèche on a 5541 gv. ^• Le cheval peut seulement fournir par jour, avec une ahmenlation exclusive de foin de prairie ou de foin de trèfle, s'il doit rester dans le même étal moyen d'entretien, c'est-à-dire sans variation de poids vivant, un travail très restreint, environ le quart de celui qu'on exige ordinairement. Au contraire, un cheval peut, avec lefoinde luzerne (12 kilogr.), déjà produire un travail bien plus élevé, plus de la moitié du travail ordinaire exigé, 1341 gr. de substances nutritives = 1 162 000 kilogi'ammètres. Si le foin ou les fourrages verts sont particulièrement tendres et facilement digestibles, naturellement alors, la quantité des principes digérés sera plus élevée et l'effet nutritif sera plus grand. Sur une bonne prairie, un cheval peut se nourrir sufTisamment et fournir une quantité moyenne de travail, en supposant qu'on lui laisse le temps qu'il faut pour prendre le fourrage qui lui est nécessaire. A Hohenheim, par exemple, de l'herbe de prairie qui, par ses propriétés, était comparable à celle d'un bon pâturage, fut coupée le 12 mai ; après un séchage soigné, elle fut donnée au cheval en expé- rience. Ce cheval pouvait en absorber 12 kilogr., soit 10'''', 2 de subs- tance sèche et même 11 kilogr. (5891 de substances nutritives g^ et 6â52 gr. dans le dernier cas). Cette dernière quantité correspond presque à celle nécessaire pour un cheval de labour exécutant un travail moyen; la différence est seulement de 158 gr. La ration ordi- naire du cheval consiste en foin de prairie et en avoine qui, suivant les circonstances, sont distribués en quantité variables. Pour exécuter un travail élevé dans un temps court, il faut donner un fourrage concentré, présentant, sous un poids égal et avec un moindre volume, une grande quantité de matières nulrilives. Le poids total de la ration séchée à l'air peut, en général, rester assez constant et s'élever à 12 kilogr., soit 10'''', 2 de substance sèche. Les essais exécutés avec les chevaux n° 1 et n° 2 à Hohenheim, pendant plusieurs années, ont, en effet, donné les résultats suivants : RECHERCHES SUR L ALIMENTATION DU CHEVAL. 437 KA.T10N' JOUKXALIKRE. FODKRAQE SUBSTANCE HYDRATE RAPPORT i.i ^ III nutritive PROTEISE. GRAISSE. de Foin. Avoine. sec. totale. carbone. net. Grammes. 1 0.1 7 5 10.416 5832 820 100 •1608 « i; 10.107 C3GG s 31 ■207 ■1885 \ 1 1 G. 7 ô 7 10.350 f)()04 780 3il 4970 1 7.4 Moy enne. . . 10.333 02 G 7 810 250 ■1824 1 G. 7 Si un (ravail énergique est exigé, la ration, cela se comprend, se constituera en augmentant la quantité d'avoine et en diminuant la quantité de foin. Le cheval, dans cette circonstance, est disposé à prendre un plus grand poids de fourrage total sous un volume moindre. Le plus souvent, avec un travail moyen, si on mélange à l'avoine 1 à 2 kilogr. de paille de céréale hachée, on obtient, avec une aug- mentation du poids du corps une plus grande quantité de travail; cela résulte des essais faits à Hohenheim, même alors qu'une très petite (juanlité de la substance de la paille est digérée, tout au plus une certaine quantité des hydrates de carbone qu'elle contient. Les résultats obtenus montrent clairement que, dans l'alimen- tation normale chez le cheval, les hydrates de carbone sont de beaucoup les substances nutritives les plus importantes, considérées comme source de chaleur et production de force. Gela est encore le cas à un plus haut degré que chez le travailleur, chez l'homme. En moyenne, il résulte des expériences mentionnées que les hydrates de carbone entrent pour 76.4 p. 100, soit environ les 3/4, dans la totahté de la chaleur produite, l'albumine seulement pour 13.5 et la graisse pour 10.1. M. Miintz est arrivé à des conclusions analogues dans ses expé- riences sur l'ahmentation. « Comparons, entre eux dit-il, une avoine de qualité moyenne et un foin ordinaire, tels qu'ils contiennent tous les deux 9 p. 100 de 438 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. matières azotées, le cas se présente fréquemment dans la pratique. On a donc deux aliments qui sont identiques au point de vue de la richesse en matières azotée, et cependant quel est le praticien qui hésiterait entre des poids égaux des deux denrées, qui ne préfére- rait 1 kilogr. d'avoine à 1 kilogr. de foin, surtout s'il voulait faire travailler son cheval. «Dans l'exemple actuel, il yadoncautre chose que la matière azotée qui motive cette prédilection. Le principe excitant de l'avoine, prin- cipe dont l'existence peut être admise jusqu'à plus ample informé, ne suffit pas pour expliquer la valeur si notablement supérieure do cette denrée. Car ce principe ne saurait être qu'un stimulant momen- tané, dépourvu, en raison de sa faible quantité, de valeur alimentaire réelle et ne pourrait ainsi entrer dans l'équation qui règle l'équiva- lence de la force et de la matière alimentaire. «En poussant plus loin qu'on ne le fait généralement l'analyse des deux denrées que nous comparons ici et en nous servant des résul- tats que nous avons obtenus dans nos recherches sur la digestibililé des fourrages, nous voyons que l'avoine se distingue surtout du foin par une forte proportion d'amidon, substance intégralement diges- tible. » Et plus loin : « Enfin, et c'est le point sur lequel nous croyons devoir le plus appeler l'attention, les rations dans lesquelles on a diminué la pro- portion de la matière azotée, autant qu'il était possible par l'emploi de fourrages usuels, ont donné un résultat aussi avantageux que celle dans laquelle la matière azotée était en proportion plus notable K » J. R. Mayer avait déjà dit: « Le muscle est l'instrument au moyen duquel se métamorphose la force , mais il n'est pas la substance qui produit la force. y> Il faut donc considérer les matières azotées comme jouant un rôle secondaire dans la production de la force chez les moteurs animés. C'est aussi l'opinion émise par MM. L. Grandeau et A. Leclerc à la suite de leur remarquables recherches sur l'alimentation du cheval. 1. A. Mùntz, Annales de l'insliliil U(ironomique, 8^ année, n' 9, p. 73 et 89, 1886. RECHERCHES SUR l'aLIMENTATION DU CHEVAL. 439 « Les substances protéiques nous paraissent avoir pour rùle prin- cipal d'entretenir dans son intégrité l'instrument du travail qui, chez l'animal, est le muscle », et plus loin : c mais la source de l;i force musculaire réside pour la plus grande partie, sinon entière- ment, dans la chaleur développée par la combustion des matières amylacées et grasses des aliments (carbone et hydrogène) ^ » L'addition de 1 kilogr. d'avoine séchée à l'air à un autre fourrage convenable, d'après les recherches d'IIolienlicim, peut proiluire un supplément de travail de 500 000 kilogrammètres par jour, ou plus exactement 008 gr. de substance nutritive (moyenne des 8 sortes d'avoine employées), ~-, sont capables de produire 530 400 kilo- grammètres (300 gT. = 200 000 kilogrammètres). D'après les résultats d'essais directs, l'clTct produit par les maïs pauvi'es en azote et riches en amidon est encore plus grand L\)- Dans 1 kilogr. séché à l'air, il y a 79i«'",5 de substances nutritives et le supplément de travail produit peut s'élever par jour à 700 000 kilo- grammètres (d'après la teneur en substances nutritives, 080400 kilo- grammètres). Il faut se rappeler qu'il s'agit toujours d'un cheval de trait ou de labour exécutant le travail au pas d'une manière lente et régulière. Le maïs convient excellemment pour ramener à son état normal un cheval tombé dans un état de dépérissement, dont le poids a diminué. Parmi les fourrages concentrés riches en azotes, les féveroles concassées ou préalablement licmpées dans l'eau ont surtout été essayées avec le cheval. Elles sont presque aussi facilement digérées par le cheval et les ruminants que le maïs. D'après les recherches d'IIohenheim le cheval peut retirei* tic 1 kilogr. de féveroles, en moyenne 716 gr. de substances nutritives; mais l'effet produit ne s'est pas toujours montré correspondant à cette teneur, tout au moins d'après ce qu'on peut en juger par le poids du corps et par l'apparence extérieure de l'animal, après un travail déterminé. Pour le travail mécanique, l'effet produit est à peine aussi grand qu'avec une égale quantité d'avoine. 1. fi. Uranfleau et A. f-cclcrc, Recherches sur l'alimentation du cheval de trait, 1^ mémoire. (Voir ces Annales, t. I, ISS.j. 440 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Les lupins, préalablement privés de leur principe amer, se com- portent de la même manière; ils sont volontiers acceptés par le cheval. On doit toujours être prudent avec un aliment aussi riche en azote et n'en donner c[ue de petites quantités au cheval. L'addition de graisse ou d'un aliment riche en graisse paraît relever l'utilisalion de la fève rôle pour le travail musculaire. RECHERCHES SUR L^ADMINISTRATION DE L'ARSENIC AUX RUMINANTS SOUMIS A L'ENGRAISSEMENT ET SUR QUELQUES POINTS DE L'ACTION DE CE CORPS Par M. Ch. CORNEVIN PROPESSEUK A l'École vétérinaire de lyon L'acide arsénieux dont, les propriétés toniques sont révélées par la pratique de l'aisenicophagie, dont les vertus anti-asthmali(pies et antivermineuses ne sont pas contestables et qui est qualifié par les auteurs de matière médicale de « puissant stimulant du tube diges- tif », ne pouvait manquer d'attirer l'attention des zooteclmistes, des agriculteurs et spécialement, parmi ces derniers, des engraisseurs. En effet, l'engraissement, quand on veut le pousser un peu loin, est une opération des plus difficiles. Les animaux, pleins d'appétit au début du régime d'abondance auquel on les soumet, peu à peu lais- sent une partie de leur ration, ils sont sous le coup d'une sorte de satiété contre laquelle on lutte par des changements dans la compo- sition des rations et par l'administration de condiments de diverses sortes. On a été ainsi amené à essayer, il y a quelque temps, l'em- ploi de l'arsenic à petites doses pendant l'engraissement. C'est sur- tout en Italie qu'on s'est livré à cette pratique qui n'a pas été sans soulever quelque émotion parmi les consommateurs. Dès 1875, il a été fait en Allemagne, à la station agronomiipie de Proskau, par M. Weiske et ses collaborateurs, des expériences sur 442 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l'influence de l'acide arsénieux sur l'assimilation des fourrages et sur la nutrition ^ Ces expériences, à coup sur fort intéressantes, ont un point faible : elles ne portent que sur deux moutons. Ce chiffre trop limité ne permet guère de dégager l'influence de l'individualité qui est dominante dans toutes les recherches et observations faites sur l'alimentation du bétail et qu'on ne peut annihiler qu'en opérant sur un nombre plus considéra])le d'animaux. — Quoi qu'il en soit, Weiske a conclu de ses essais, qu'à petites doses, l'acide arsénieux, administré en solution aqueuse, favorise l'assimilation des aliments, particulièrement celle de la cellulose, conséquemment l'augmen- tation de poids des sujets d'expérience. Mes recherches, exécutées en 1885, 1886, 1887, 1888, sur le bé- tail de la ferme d'appHcation de l'École vétérinaire de Lyon, avec le concours du fermier, M. Caubet, avaient pour but de voir si l'acide arsénieux, administré : 1° à l'état pulvérulent ; 2" à l'élat liquide, et cela aux doses qui seront indiquées ultérieurement, a une influence quelconque sur l'engraissement du bétail de rente. Incidemment, on a recherché quelle influence ce corps pouvait avoir : a) sur la marche de la cachexie aqueuse ; 6) sur l'accroissement des sujets malingres et souffreteux ; et enfin, quelle est la dose toxique pour les oiseaux de basse-cour et les moutons. I. Administration de l'arsenic à l'état solide. Nous avons profité des opérations d'engraissement exécutées sur des bœufs et des moutons pendant l'hiver de 1878 pour étudier l'in- fluence de l'arsenic dans cette occasion. Bœufs. — Un lot de cinq bœufs, dont le tableau ci-contre indi- quera l'âge, la race et le poids vif, est soumis au régime de l'engrais- sement : après tâtonnement, la ration quotidienne de chaque bête est arrêtée de la façon suivante : graines de foin 13 kilogr. , tourteaux de coprah 1 kilogr., son 1 kilogr. 1. Journ. fur Landw., t. XXUl, p. 317. SUR l'administration de l'arsenic aux ruminants. 443 L'arcroisscmcnt journalier on poids étanl toujours plus considé- rablo au début de l'cng-i'aisscnieiil que dans la suite, nous avons in- tentionnellement laissé de côté celui qui survint pendant les "10 pre- miers jours et nous ne l'avons compté qu'à partir du i^l' jour. Quand, par des pesées répétées, on se fut rendu un compte exact de l'accroissement hebdomadaire, on administra à chaque sujet, tous les matins, pendant (juinze jours, i gr. d'acide arsénieux en poudre dans du son frisé. Les résultats de ces opérations sont condensés dans le tableau snivant : POIDS VIP GAIN jouriKilior GAIN- joui'iialior rEItTK jounialiùi'e au début peudant pendant poiidaut RACES. A CF.. do la (luiuzaino ({ui procùdo la (luinzaine de laiiuinzaine de l'cngraisse- l'adiiii- l'adiiiinis- l'adiniiiis- meiit. nistration ti-ation f ration de l'arsonic. de l'arsenio. de rarsunic. Kilogi'. Kil„Si-. Kilogr. Kilogr. Cliarolaise 30 mois. 538 0,46G » 1,000 Ajr-Taix'ntaise. . . . Iti. 5i8 0,533 » 0,333 Tarcntaise 1(1. 570 0,GGr. l,i00 ); Hollandaise IS mois. ■580 0, 133 0,8GG » Tarenlaise i ans. 725 1,000 0,533 » Il est impossible, on le voit, de tirer de cette expérience une con- clusion ferme relative aux elTels de l'acide arsénieux dans les condi- tions où il a été administré, c'est-à-dire sous forme pulvérulente. Sur ibuix animaux, il a eu des elTels déplorables, produisant un mouvement de dénutrition (pii s'est traduit par une perte allant à 1 kiloi^r. par jour sur un sujet et à 333 gr. sur l'autre alors que dans la période précédente, ces deux animaux avaient gai^né chaque jour un demi-kilogr. en moyenne. Sur un autre Ijœuf, l'accroissement qui précédemment, en l'absence d'arsenic, avait été de 1 kilogr. pai- jour est tombé à 533 gr. lors de son administration. En regard de ces résultats, il faut opposer ce qui s'est passé sur un bœuf tarentais du même âge que les deux premiers, dont l'accroissement quotidien est passé de COG gr. à 1''*'',-400 et sur un bouvdion hollandais de 18 mois, qui de 133 gr. a passé 80G gr. de croît cbaiiue jour. Evi- demment, l'individualité joue un rôle prépondéi'ant ici : tel organisme 444 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. s'accommode de l'arsenic, tandis que tel autre en éprouve des effets aussi défavorables que possible. Ne semble-t-on pas autorisé par ces faits, — et les thérapeutistes dans leur domaine en ont observé assez souvent de semblables, — à dire que, dans la même espèce et dans la même race, les individus ne sont pas des terrains absolument identiques ? Moutons. — Il a été pris quatre moutons du même âge, dont deux appartenant à la race de Southdown et deux métis Dishley-Merinos, il leur a été distribué une même ration composée pour chaque bête de : tourteaux de colza 500 gr. ; carottes 500 gr. ; et graine de foin 1 kilogr. Pour se renseigner sur leur puissance assimilatrice indivi- duelle, on les a maintenus à cette ration, sans addition d'acide arsé- nieux pendant 27 jours, du l^ décembre 1877 au 10 janvier 1878. Les pesées, faites au commencement et à la fin de cette période, ont donné les chiffres suivants : NUMÉROS. RACES. AGE. PISSÉE du début PESÉE de la fin GAIN GAIN (14 dé- cembre). (10 janvier). total. journalier. Kilogr. Kilogr. Kilogr. Grammes. Southdown . . . 10 mois 19,2 21,3 2,1 77,77 Id. ... — 9':» ') 24,5 2,3 85,18 Dishley-Merinos . — 21,7 24,3 2,6 96,29 Id. — 26,2 29,8 3,6 133,33 Après avoir ainsi tàté nos sujets, ils furent divisés en deux lots, dont l'un reçut de l'arsenic en sus de la ration indiquée plus haut et l'autre en resta privé et servit de témoin, en recevant rigoureuse- ment la même ration. Dans le premier, on fit entrer les n°' 1 et 4 et dans le second les n°' 2 et 3. Nous avons débuté le il janvier au matin en donnant 15 centigr. d'acide arsénieux pulvérulent dans un peu de son frisé, à chaque bête du premier lot; la semaine suivante, du 17 au 24, la dose a été doublée et portée à 30 centigr. Du 24 au 34, suspension ; la semaine suivante, du 1" au 6 février, administra- tion quotidienne de 60 centigr. A ce moment, les résultats compa- ratifs obtenus sur les deux lots étaient les suivants : SUR 1,'admixistration de l'arsenic aux ruminants. 445 POIDS POIDS GAI.N G AIN au début de à la fin de O A I s journalier journalier NUMÉROS. RACES. l'adraiuis- tratiou l'admi- nistration pendant l'adminis- avant radminis- de l'arsenic de l'arsenic total. tration tratlon (11 janvier). (7 février). de l'arsenic. do l'arsenic. Kilogr. 1 Kilogr. Kilogr. Grammes. Urammes. ■ A . — Tm( soumis à l'arsenic. 1 Southdown. . . 21,3 22,5 1.2 48 77,77 4 Dishley-Merinos. 29,8 32,7 2,9 11(3 133,33 B. - — Lot non soumis à l'arsenic 2 Southdown. . . 24,5 28,1 3. G 144 85,18 3 1 Dishley-Merinos. 24,3 25,8 1.5 GO 9 G. 29 Il ne semble guère nécessaire de faire remarquer que l'influence de l'arsenic administré ainsi, à faibles doses, a été nulle ; tous les animaux dans cette seconde période de l'expérience, sauf le n" 2, ayant perdu du poids, comparativement au gain journalier d'avant l'administration de l'arsenic, parce que intentionnellement on n'avait point louché à la ration pour en modifier la nature ou les rapports. Avions-nous donc été trop timide dans l'admiiiistration de l'acide arsénieux? Nous raugmentàmcs dans les proportions qu'on va voir, en l'entrecoupant de su.spcnsions ; les résultats furent les suivants: Tablkao 44G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. DATES DES l'ESEKS. 7 février 14 février (on avait administre 1 gramme d'arsenic par joui' pendant la semaine) .... •21 février (on avait suspendu Tadministration de l'arsenic cette semaine) 28 fevi'ier (on avait administré 1 gramme d'arsenic par joui cette semaine) 7- mars (on avait suspendu l'ad- ministration de l'arsenic celte semaine) li mars (on avait administré l'^^30 d'arsenic par jour cette semaine) l'OIDS. Nol. Kilogr. 22,5 Nj i. Kilogr 32,7 î2,y 2-i,G 23 1^ ',1 32,9 3 1 , .5 3.j,0 33,0 l'EKTES jouriia'.ières. No . 0,71 N"4. o,y.: 0,57 0,155 0,28.: GAINS journaliers. X" 1. K" i. 0,5 0,31. 0,111 0,500 Les résultats furent d'une netteté qui fit juger inutile de pousser plus loin; à chaque semaine où l'arsenic était donné, correspondait une diminution de poids des plus frappanles et quand on arriva à 1^'',30 par jour, on obtint, sur le n^A', une éruption à la face comme on en a signalé parfois dans l'espèce humaine à la suite de l'usage de la liqueur de Fo'wler. Ces doses sont donc trop élevées pour le mouton, elles entravent la nutrition, sans pourtant irriter le tube digestif, puisque les semaines suivantes, les sujets reprenaient du poids. Il faut conclure de ces expériences que l'administration de l'acide arsénieux sous forme pulvérulente, n'est point à recommander pour les animaux polygastriques, moutons et bœufs. En effet, si les doses restent modérées, comme elles doivent l'être dans le cas particulier que nous envisageons, l'arsenic est noyé dans la masse alimeiiiaire toujours si considérable chez les ruminants et n'a pas d'action. Si les doses sont augmentées, en raison de sa densité, l'arsenic tombe au fond du réseau, l'irrite et peut même le perforer ainsi que la paroi abdominale elle-même et provoquer une fistule. SUR l'administration de l arsenic aux ruminants. 447 Les observations déjà anciennes des professeurs de l'École vété- rinaire de Dresde ont appris (pie le bétail des régions de la Saxe où l'on exploite des mines d'arsenic présentent parfois de pareilles lésions. Un de mes anciens élèves, aujourd'liiii vétérinaire à Paray- le-.Monial, M. Detroyc, a publié il y a quebjue temps une intéressante observation, conlirmalive de ce qui vient d'être dit; il s'agissait d'une vadie atteinte de pneumonie qui reçut, à titre tbérapeutique el cbaque jour, 1 gr. d'acide arsénieux en poudre. Après o7 jours d'ad- ministration, M. Detroye constata au niveau de l'épigaslre une listule de grandes dimensions. II. Administration de l'arsenic à l'état liquide. La conclusion tirée de cette première série d'expériences m'amena à rechercher si, à l'état liquide, l'arsenic pouvait être avantageuse- ment donné, à litre de condiment, aux ruminants qu'on engraisse. Ce sont les résultats des recherches exécutées dans cette direction que je me propose de faire connaître maintenant. Lorsqu'on veut introduire un corps liquide dans l'organisme ani- mal et lui faire produire des eiTets spéciaux, on peut l'administrer par le tube digestif, par la voie hypodermique ou par la voie intra- veineuse. Le dernier mode exige une petite opération chirurgicale (ju'on ne peut renouveler quotidiennement, comme cela est néces- saire quand il s'agit d'une substance telle que l'arsenic, qu'il faut injecter chaque jour pendant un laps de temps plus ou moins long. 11 n'y avait donc pas à y songer dans le cas présent. Restaient les deux premiers; je les ai utilisés l'un et l'autre en commençant par la voie hypodermique qui permet mieux de se rendre compte des elfets d'une substance médicamenteuse ou toxique que l'administration par la bouche. J'avais d'ailleurs, pour m'en- gager de ce côté, l'exemple de ce qui se pratique en médecine hu- maine où l'on injecte aux personnes atteintes de chlorose, à l'aide de la seringue Pravaz, deux à quatre gouttes de liqueur de Fowler dans les muscles du bras, chaque jour de la durée du traitement. On ou 448 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. obtient de bons résultats et les accidents sont à peu près nuls au point d'injection si l'on s'entoure de toutes les précautions antisep- tiques nécessaires. § 1. — Administration de la liqueur de Fowler par voie hypodermique. Je me suis servi pour ces recherches de la liqueur de Fowler, préparation arsenicale très usitée et consacrée par l'usage dans les deux médecines. Cinq moutons au sujet desquels on trouvera les renseignements nécessaires dans le tableau ci-après, choisis dans des conditions d'égalité aussi approximatives que possible, furent pris dans la ber- gerie de la ferme et destinés à suivre l'expérience en cours. On les divisa en deux lots, l'un comprenant les deux sujets mar- qués des lettres B et G destinés à servir de témoins et ne recevant pas d'arsenic, l'autre renfermant les trois moutons A, D etE à qui on en injecta comme il va être dit. Ces animaux, placés dans le même compartiment de la bergerie, reçurent une ration composée de foin, pulpe de betterave, orge et tourteau de coton. On les pesa chaque semaine et le résultat de ces pesées indicatrices des changements qu'ils éprouvaient dans leurs poids respectifs, est également consigné dans le tableau suivant: Tableaux. SUR l'administration de l'arsenic aux ruminants. 449 nojH-'.iisiaiiupu,! snjili: iiai'ivxaaof Nivo OQ •saabaTK •jirii'ivxaiiof Tvj.o.r, mvi) C5 OUIOSJUJ îatîAB a a I '1 V N a Q o f k i v o ^ •3j.iouonoci VI rf j, a N .L N a n SI a .1 n a 15 •savK i;t. •SlIVK I I ^> •saviv f 5 ■aaiHA^d çz S ■aaiHAnj pi '> •aaïaAa.'i 11 i^ •aaïaAaj f s "aaiAXvr uz. • îlIIIANVr 1? '"> •aaiANVf fi ïï •aaiAKYf i 5 •aaaKaoaa ds S • H ■«1 Si S o (M OC Cl - = c-t (M — Ci .-■5 o 10 o s o c .--5 .0 ers *-0 ..-5 î-5 05 CO ^'î* ri VJ c-i en o ■53 S A m C2 CJ tS o o A s « 4 ce 00 - & T 1 = a zj s A ■? * A a = _5 c = ft rs Vi CO .-5 ce C( o ce CI .23 c (M o os ••— 1 CO o S >1 < =. ce O ~5" ce • e ce (M ce AN.N. SCIENCE AURUX. — 1 S87 . — H. 29 450 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Après avoir laissé tous ces animaux au régime de l'eng-raissement simple jusqu'au 29 janvier, afin de voir comment ils se comporte- raient, on commence ce jour-là à injecter à la cuisse des trois moutons A, D, E, deux gouttes de liqueur de Fowler. A partir du vendredi 5 février, on injecte quatre gouttes. Des plilyctènes se déclarent à chaque piqûre ; elles sont larges comme une pièce de 20 centimes et douloureuses. Le 6 lévrier, le mouton E a la cuisse énorme; il reste continuellement couché et paraît soull'rir hcaucoup. Comme il refuse de ni.mger, le fermier le vend de suite pour la basse boucherie. A partir du 13 février on injecte six gouttes aux deux moutons res- tants A et D. Le plat de chaque cuisse est garni de petites eschares allaiiL de la largeur d'une pièce de 50 centimes à celle de i fr. et cor- respondant à chaque injection. A partir du 19, on fait injecter sept gouttes. Le mardi 23 février, mort du mouton A. L'autopsie faite immédiatement montre une très vive endocardite avec cœur en dias- tole, le foie est friable et de teinte noir plombé, les reins sont en- flammés et ramollis, le poumon droit est engoué et du sang est épanché dans la poitrine ; quelques caillots dans les ventricules elles gros vaisseaux. L'autre mouton, qui pèse 10 kilogr. de plus, ne semble pas, à en juger par les apparences, incommodé par l'arsenic, mois, contrarié par la perte du sujet A, le fermier se refuse à conti- nuer l'administration de la liqueur de Fowler. Cette expérience nous apprend que la voie hypodermique n'est pas à recommander pour l'administration de la liqueur de Fowler au mouton, puisqu'il y a irritation locale et production d'eschares. Elle démontre la susceptibilité de l'espèce ovine pour l'arsenic et prouve ' combien est erronée l'affirmation c{ui, basée sur l'administration de cette substance par les voies digestives, présente le mouton comme peu sensible à son action. Cette preuve est fournie par ce fait expérimental qu'un mouton de 38 kilogr. a été empoisonné mortellement pour avoir reçu sous la peau, dans l'espace de 25 jours, 110 gouttes de hqueur de Fowler ou 5''%5 (si l'on admet que 20 gouttes équivalent à 1 centimètre cube), représentant 53 milligr. d'acide arsénieux dissous, quantité qui correspond à 13 dix-milligr. {0^'',00I3) par kilogr. de poids vif du mouton qui a succombé. 6UR l'administration DE l'aRSENIC AUX RUMINANTS. 451 Entin, notre expérience nous a montré — et c'est ce qui nous préoccupait lout particulièrement — qu'administré de la façon qui vient d'être décrite, l'arsenic n'a pas eu d'influence favorable sur rengraissement, puisque mémo en faisant abstraction des animaux A et E et en ne considérant que le mouton I) qui, objectivement, n'a jamais paru incommodé, on voit que son gain journalier a été de .300 gr. avant les injections de liqueur arsenicale et seulement de l()0 gr. après. La production d'eschares à la peau du mouton, mise en regard de l'innocuité des piqûres faites sur les bras dans l'espèce bumaine, me fit faire (luehpics recliercbes comparatives sur les effets des injec- tions bypodermiques cbez quelques (espèces animales. Ces expé- riences ont porté sur le cliat, le chien et le pigeon. Elles ont montré que l'injection de quantités très minimes de liqueur de Fowler amène sur les pigeons des escbares analogues à celles qu'on voit sur le mouton ; une goutte suffît pour en produire une de la dimension d'une pièce de 20 centimes. Sur le chien et le chai, tant qu'on reste dans les doses thérapeutiques, on ne constate rien de semblable. Pour clore cette série de recherches, il restait à voir si en pous- sant d'emblée sous la peau d'un mouton 0. 13 milligr. d'arsenic, à l'étal (le liqueur de Fowler, par kilogr. de poids vif, on le tuerait. 11 n'en est rien ; en opérant sur un lot de hôtes ovines, il m'a fallu injecter hypodermiquement 25 centimètres cubes de liqueur de Fowler pour tuer un mouton de 21 kilogr. J'ai cherché concurrem- ment quelle est la quantité de liqueur de Fowler qui, administrée également par la voie hypodermique, est susceptible de luer le chat et le pigeon. Pour un chat du poids de 2''8,()00, il a fallu en in- jecter 2", 5 sous la peau ; pour un pigeon de 290 gr., 5 gouttes ont amené la mort au bout de 3 heures. En synthétisant le résultat de ces divers essais, on voit qu'il faut : 860 milligr. de liqueur de Fowler pour tuer 1 kilogr. de poids vif de pigeon. 971 milligr. de liqueur de Fowler pour tuer 1 kilogr. de poids vif de chat. l^'j'iOO milligr. de liqueur de Fowler po\u' tuer 1 kilogr. de poids vif de mouton. 452 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Et en dégageant la quantité d'arsenic, on obtient les chitîres sui- vants : 80 di\-niilligr. pour tuer 1 kilogr. de poids vif de pigeon; 97 dix-milligr. pour tuer 1 kilogr. de poids vif de chat ; 119 dix-milligr. pour tuer 1 kilogr. de poids vif de mouton. Si je ne m'abuse, il me paraît que les chiffres que je viens de citer ne sont pas sans intérêt pour la pratique vétérinaire et qu'ils expli- quent bien la gravité et la rapidité des accidents qu'on voit survenir de temps à autre dans l'application des bains antipsoriques de Teis- sier, de Clément ou de iMathieu, puisque la proportion d'acide ar- sénieux vis-à-vis de l'eau qui lui sert de véhicule principal est la même dans ces préparations que dans la liqueur de Fowler. En tous cas, mes essais montrent une fois de plus et avec une grande netteté qu'autre chose est introduire dans l'organisme chaque jour une quantité, si minime soit-elle, d'une substance toxique et autre chose en donner une dose équivalente en une seule fois. On ne saurait trop se pénétrer de cette vérité, sorte d'axiome thérapeu- tique, particulièrement applicable à l'arsenic. L'accumulation de ce métalloïde dans l'organisme et son action spéciale sur les organes circulatoires et particulièrement sur l'endo- carde, tiennent à ce que l'élimination rcinale se trouve entravée dans le cas où l'administration est continuée sans interruption pen- dant quelque temps. Il y a une désorganisation progressive et con- tinue des reins (l'autopsie du mouton A de notre série nous en a donné la preuve) qui empêche l'élimination et amène l'intoxication. Le conseil donné depuis longtemps d'interrompre de temps en temps l'administration des arsenicaux est des plus judicieux et ne devra jamais être perdu de vue par le praticien. Ou dira également ici, incidemment, (jue les lésions de l'appareil digestif qui sont signalées au premier rang par les toxicologistes, font défaut quand l'administration de l'arsenic a été faite par la voie sous-cutanée. Si elles existent réellement, à la suite de l'administra- tion par la bouche, il ne paraît pas qu'elles puissent être bien éten- dues quand ce corps a été donné à l'état soUde, car nous avons vu qu'il s'accumule dans le réseau et ne va pas au delà et que les ani- maux d'expérience se remettent à manger avec grand appétit aussi- SUR l'administration de l'arsenic A'JX RUMINANTS. ' 453 lot qu'on on cesse l'usage. Ce serait donc (juand il a été donné à l'état liquide: mais l'irritation (ju'il provoque est toute locale et de contact ; elle n'est point consécutive à une irritation générale ou la mar({ue de l'élimination par la voie digestive comme on le voit, par exemple, à la suite de l'intoxication par le colchique. Les lésions générales et constantes portent sur les organes de la sanguilication. § 2. — Adminislrallou de la liqueur de Fotuler par les voies di(/cs(ivcs. On choisit dans la bergerie un groupe, composé de huit antenais, apj)areillés deux par deux quant à la race, et aussi semblables (jue possible. Un seul fait exception, il est inscrit sous le n° 6 ; n'ayant point tété sa mère, il est resté rachiticjuc, arrêté dans son dévelop- pement, sans appétit et d'un poids presque moitié moindre que les sujets de sa race et de son âge. On pense que l'expérience le con- cernant n'en sera que plus intéressante. Ces aniuiaux sont divisés en deux lots de quatre sujets chacun, (ju'on nourrit exactement de la mémo façon. Chaque lot reçoit S^oOO de regain, 1'',330 de son, •i^OâS de betteraves et 825 gr. de tourteau de colza. Du 15 décem- bre 1887, date du début de l'expérience, jusqu'au 25 janvier 1888, on ne fait aucune administration de liqueur de Fowler, cette pé- riode étant consacrée à voir comment ces animaux utilisent les ali- ments qui leur seront donnés. A partir du 27 janvier, on fait distribuer 25 centimètres cubes de li- queur de Fowler à chacun des moutons n°' 2, 3, Cet 7. Pour éviter toute perte, on imprègne un peu de pain [)ar la liqueur arsenicale et on présente ce i)ain aux sujets d'expérience qui le mangent sans difficulté. Les moutons n"* l, 4, 5 et 8 servent de témoins et ne reçoivent pas d'arsenic. Rien n'est changé à la ration des deux lots, A partir du 17 février, on distribue 50 centimètres cubes à chacun des quatre moutons ii"* 2, 3, 6 et 7. Cette quantité est portée à 1 gr. le 23 février, à gr. le P'" mars et à 12 gr. le 8 mars. L'administralion en fut continuée jusqu'au 1 i mars, date à laquelle l'opération a pris lin. On trouvera dans le tableau suivant l'indication des variations de poids sur les deux lots pendant toute la durée de l'expérience. 454 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ■aTvaJixso axNaAOK -J ■* 1^ o «* •* 1^ o ce co TO -* X 1— 1 ^ ' — ' a; 2i c "^ S S 2 ^ 2 •:3 :^ b^ Cx. OO Cl ce «D SUR l'administration de l/AnSENlC AUX RUMINANTS. 455 Les commentaires se déduisent d'eux-mêmes à la lecture de ce tahicau. Dans le lot des sujets soumis à l'action de l'acide arsénieux, il en est un qui se détache très nettement. C'est le n° 6, antenais de race mérinos, que nous avons signalé pailiculièremeut loul à l'iieuic et qui à l'âge d'un au ne pesait que li) kilogr. Soumis à un régime d'engraissement, son poids augmenta de 150 gr. par jour, mais lorsqu'on lui administra en plus la liqueur de Folwer, son accrois- sement (piotidien doubla et monta à 300 gr., cliilIVes qu'aucun autre sujet d'engraissement n'atteignit. Le mérinos qui lui servait de té- moin, doté pourtant d'un grand appétit, ne gagna que 192 gr. chaque jour de la même période. Nous pouvons donc conclure que, dans le cas spécial d'arrêt de développement, (piaiid les animaux sont restés malingres, souftVe- teux, l'administration de la liqueur de Fowler peut être ordonnée à à l'intérieur; on en retirera d'utiles eflets. On peut débuter pour le mouton par 25 cenligr. et arriver graduellement jusqu'à 5 gr., dose qu'il importe de ne pas dépasser, car ainsi (pie le montre très bien le tableau ci-dessus, l'accroissement en poids s'arrête elja uulrilion est entravée lorsqu'on va au delà. Quant aux trois autres animaux qui, pleins de vigueur et d'appé- tit, ont été soumis également à la liqueur de Fo^vler, on ne peut conclure que cette administration ait eu quelque influence sur leur accroissement en poids et conséquemment sur leur engraissement. En efl'et, l'un d'eux, le cliarollais n" 3, qui, avant de recevoir de l'arsenic, avait gagné 150 gr. chaque jour, n'a plus augmenté que de 127 gr. quand on lui en distribua, et son gain moyen pendant toute la durée de l'engraissemment fut de 137 gr. par jour, exactement le même chiiïre que fournit le charoUais n" 4 qui lui servait de té- moin et ne reçut jamais d'arsenic. La hèle de Millery n" 2, a augmenté de 14-0 gr. chaque jour, pendant la durée de l'administration de la li(|ueur de Fowler, mais la bête n° 1, de même race, qui lui servait de témoin et ne recevait pas d'arsem'c, s'accioissail(piotidiennement, dans le même temps, de 212 gr. Il est vrai que le troisième sujet d'expérience, métis dishley- barbarin, a présenté le maximum d'augmentation quotidieniic, puis- qu'il a gagné 255 gr. De nombreuses expériences sur l'alimentation 456 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. et l'engTaissement faites depuis douze ans m'ont constamment mon- tré que le sang disliley introduit par croisement on mélissnge, amène toujours le maximum de puissance d'assimilation sur les mé- tis. Dans le cas qui nous occupe, il en est vraisemblablement de même; le sang dishley doit jouer le rôle principal, c'est à lui rpi'il faut en rapporter le bénéfice plutôt qu'à la li(|ueur de Fowler. Aussi bien, si l'on voulait faire jouer quelque rôle à celle-ci dans le ré- sultat obtenu, on serait toujours forcé de reconnaître que l'arsenic n'agit pas sur tous les sujets, mais sur quelques-uns seulement en veitu de l'individualité, et comme l'appréciation de l'individualité nous échappe, notre conclusion n'en serait pas modifiée, à savoir : que d'une façon générale, dans les opérations d'engraissement, il n'y a pas avantage à administrer l'arsenic aux ruminants. III. Sur quelques points de l'action de l'acide arsénieux. L'exécution des expériences précédentes m'a fourni l'occasion d'examiner quelques points de l'histoire toxicologique ou thérapeu- tique de l'arsenic. Je vais faire l'exposé des recherches qui y sont relatives. § 1 . — L'emploi de l'acide arsénieux jjendant l'engraissement pour- rail-il rendre la viande dangereuse pour le consommateur? La question de savoir si l'acide arsénieux employé pendant quel- que temps dans le cours de l'engraissement soit à l'état liquide, soit à l'état solide ne serait pas capable de rendre tout ou partie de la chair des animaux auxquels on l'a administré, dangereuse pour les consommateurs, estimportante pour l'hygiène publique et l'inspection des denrées alimentaires. Dans une revue analytique des travaux scien- tifiques d'Italie publiée dans le Journal de médecine vétérinaire et de zootechnie ', en divulguant l'emploi que quelques agriculteurs ita- 1. Yoy. Journal de médecine vétérinaire et de zootechnie, année 1882, p- 497. SUR l'administration de l'arsenic aux ruminants. 457 liens avaient fail de cette substance tlans rengraissciiient do leurs bestiaux, j'ai dit que, l'opinion publique s'étant émue de cette pra- tique, le ministre de l'agriculture avait cliargé Ercolani et Selmi de rechercher si la consommation du lait on de la viande provenant d'animaux ainsi engraissés présentait (|aclipie danger pour la santé publique. La conclusion (bi rapport de ces savants fut que le lait, le l'oie, les poumons, la raie, les reins et la chair musculaire d'animaux, soumis môme pendant plusieurs mois à des doses quotidiennes, mais modérées d'acide arsénienx, ne contiennent que des quantités mi- nimes et conséquemmentinoflensivesdumétalloïde en question. Mais l'émotion ne s'apaisa point à la suite de la publication de ce rappoil cl j'emprunte à une publication italienne, // Zoolecnico, numéro d'août 1884, de nouveaux renseignements sur ce sujet. En voici la traduc- tion analytique : La question revint de nouveau devant le conseil su- périeur de santé du royaume à l'occasion d'un arrêté du syndic de la commune d'Orbitello, qui prohibait formellement les viandes d'a- nimaux engraissés par l'arsenic et d'une délibération du conseil sani- taire de la province de Grossetto qui réclamait la cessation de l'arse- nic deux mois avant la vente pour la boucherie. Le conseil supérieur, se basant sur les expériences d'Ercolani et de Selmi, se prononça pour l'innocuité des chairs, du lait, du sang et des viscères, mais il réclama de nouvelles expériences pour jugei' ce qui se rapporte aux centres nerveux, se basant sur l'affîmialion de Scolusnboff disant que l'acide arsénienx s'accumule dans l;i ma- tière nerveuse plus que dans toute autre partie de l'organisme, attendu qu'il se substitue peu à peu au phosphore dans la lécitine. Le ministre de l'agriculture, au reçu de la délibération du conseil supérieur de santé, alloua une subvention à l'École vétérinaire de Bologne pour que de nouvelles expériences d'engraissement de ru- minants fussent reprises avec adjonction d'arsenic à la ration. M. Cocconi, directeur de cet établissement, fut chargé de suivre ces expériences, en remplacement d'Ercolani décédé, et on confia à M. Strappa l'analyse des centres nerveux des animaux d'expériences. On expérimenta sur une vache et une brebis en se servant, non d'acide arsénienx j)ulvérulent comme dans la première série d'expé- riences, mais d'une solution d'arséniate de soude, afin de se mettre 458 ANNALES DE L.V SCIENCK AGRONOMIQUE. à l'abri des perforations du tube digestif qui sont à craindre quand on force les doses d'acide arsénieux en poudre. La solution était titrée de telle façon qu'elle contenait 4 cenligr. d'acide arsénieux par centimètre cube. On commença par administrer à la vache 5 centimètres cubes de solution, soit 10 centigr. d'arsenic, et on augmenta graduellement la dose de façon à arrivera 50 centigr. de solution, soit 1 gr. d'a- cide arsénieux. On ne put dépasser cette dose quotidienne sans faire ap[)araître l'inappétence, la fièvre et d'autres signes de malaise. Pendant toute la durée de l'-expérience, la vache reçut ;22-''" ,00 d'acide arsénieux. Pour la brebis, on débuta par 2 centimètres cubes de solution, soit 5 centigr. d'acide arsénieux et on augmenta graduellement la dose de façon à arriver à 30 centigr. ; chiffre qu'on ne put dépasser sans provoquer de malaise. Cette brebis reçut en tout 4s'',85 d'acide arsénieux. M. Gocconi fait remarquer incidemment que cette expérience conlirme ce qui était acquis depuis quelque temps déjà, l'activité plus grande de l'arsenic en dissolution qu'à l'état pulvéï'ulenl. Après l'abalage, les centres nerveux de ces deux animaux furent remis à M. Strappa pour faire la recherche quantitative de l'arsenic qu'ils pouvaient contenir. Le cerveau de la vache pesait -iiS gr. et la moelle épinière 175 gr. M. Strappa trouva que les deux parties de l'appareil nerveux analysés par lui contenaient à peu près la même quantité d'arsenic, soit 5 milligr. par 100 gr. de tissu ner- veux. Le cerveau de la brebis lui en décela O'''',000o et la moelle épi- nière 0»% 00001. Ces résultats conduisirent MM. Gocconi et Strappa à conclure (juc la matière nerveuse, pas plus que les viscères et la chair musculaire provenant d'animaux qui reçoivent, à doses modérées, de l'arsenic pendant le cours de l'engraissement, ne contient une «piantité suffi- sante du métalloïde vénéneux pour nuire à la santé publi([ue. Leurs conclusions, confirmatives de celles de Johnson etGhittendan(1880), de Ludwig et Wagner{1881), de Guareschi (1883), infirment celles de Scolusnboff qui les avait provoquées. SUR l'administration de l'arsenic aux ruSiinants. 459 De telles conclusions sont tout à l'ait rassurante. S'il y avait eu quelque avantage dans l'usage de l'arsenic pour rongraissement des bêtes de boucherie — ce qui n'est pas, nous l'avons prouvé, — et que IVmploi s'en fût généralisé, les consommateurs auraient pu bannir toute crainte d'empoisonnement et l'inspection de la bouche- rie n'aurait pas eu à se tenir en éveil de ce côté. On aurait eu d'ail- leurs à se demander s'il n'y aurait pas d'énormes inconvénients à laisser cet agent devenir d'un usage courant dans le monde agricole, et si les vétérinaires n'auraient pas dû réfléchir à deux fois avant de signer des ordonnances pour le faire délivrer aux engraisscurs. Il me semble inutile de développer les craintes qui s'élèvent dans l'es- prit à cette occasion, tout le monde les di'vine. § 2. — L'arsenic et la cachexie aqueuse des moulons. Pendant l'automne de 1877, le troupeau de la ferme de l'École vétérinaire de Lyon fut ravagé par la cachexie aqueuse ; toutes les races, aussi bien celles d'origine anglaise que les indigènes, payèrent un large tribut au distome. Les loxicologistes enseignant que l'arse- nic s'accumule dans le foie à la suite de son administration prolongée, il était indiqué de rechercher si cet agent n'aurait pas une influence favorable sur la maladie en tuant les parasites dans leur habitat ou en gênant considérablement leur développement. Pour juger la question, nous avons choisi dans le troupeau 4 bêtes manifestement cachectiques, 2 moulons southdowns et 2 brebis de Millery. Nous les avons divisées en deux lois comprenant chacun une brebis et un mouton. Chaque lot reçut la même alimentation composé de tourteaux de colza, de graines, de foin et de carottes, distribuées en (|uanlité égale; de plus, aux animaux du premier lot on fit prendre de l'acide arsénieux en poudre. On débuta par 15 centigr. qui furent adminis- trés pendant 8 jours à chaque bêle, on passa à 30 centigr. qui furent également donnés pendant 8 jours ; suspension du médicament pen- dant la semaine suivante, puis administration de 60 centigr., avec suspension puis reprise à 1 gr. qu'on continua pendant 15 jours. Nouvelle suspension et administration de 1",30, quantité qu'on iir 460 ANNALES DE LA SCIKNCE AGRONOMIQUE. dépassa point, d'autres e\péi'ieiices parallùlcs sur des sujets sains ayant prouvé qu'on ne le pouvait sans danger. Malgré ce traitement secondé par une nourriture choisie et abon- dante, la maladie n'a cessé de progresser, la dénutrition s'estacccn- tuée de semaine en semaine, le 30' jour après le début du traite- ment arsenical, alors qu'elle recevait chaque matin 60 centigr. d'acide arsénieux, la brebis mourut. L'autopsii3, faite avec soin, ne montra aucune lésion du tube digestif, rien qui trahît une action nocive de l'acide arsénieux, mais le foie était bourré d'un nombre énorme de distomes qui ne paraissaient nullement avoir été incom- modés par le traitement. Le mouton continua à recevoir l'acide arsénieux aux doses pro- gressives indiquées plus haut. Quatre-vingt-quatre jours après le début du traitement, ne voyant aucune amélioration, aucun arrêt dans l'amaigrissement, on en suspendit l'administralion. La mort survint 16 jours après et l'autopsie lit voir également que le tube digestif n'avait point souffert de la longue administration de l'arse- nic et ne présentait aucune lésion, mais que les canaux hépatiques étaient obstrués par des paquets de distomes vivants. Quant aux deux sujets cachectiques témoins, l'un mourut le iO'' jour après le début de l'observation, l'autre, encore vivant au mo- ment où le deuxième mouton du premier lot succomba, fut immé- diatement vendu par M. Caubet pour la basse boucherie. L'administration d'acide arsénieux en poudre, prolongée et pous- sée jusqu'au point extrême de tolérance de l'organisme, n'eut donc aucune influence sur la marche de la cachexie aqueuse du mouton. Il restera à rechercher si l'on serait plus heureux en employant l'arsenic à l'état liquide, sous forme de liqueur de Fowler par exem- ple. Jusqu'ici l'occasion ne s'est pas présentée à moi d'exécuter ces recherches, mais je me propose de n'y point manquer si de nouveaux cas de cachexie se déclarent sur le troupeau de la ferme. § 3. — Doses; (l'acide arsénie\ix toxiques pour la volaille. Les motifs qui avaient poussé queNjucs engraisseurs à se servir l'arsenic pour leurs bœufs et leurs moutons, pourraient aussi se présenter à l'esprit de ceux qui se livrent au gavage de la volaille. SUR l'administration de l'arsenic aux RIMINANTS. 401 C'est pourquoi j'ai cherché à être renseigné sur la susceptibihté (les gallinacés pour l'arsenic, susceptibilité au sujet de laquelle les Irailés de matière médicale ou de Ihérapeuliquc vétérinaire sont muets. On a choisi dans la basse-cour de la ferme deux poules bressanes, l'une du poids de 85^ gr. et l'autre de 1,201 gr., que l'on enferma en volière en leur laissant de l'eau, du pain et des graines à discré- tion. Le lendemain matin, on fait prendre à l'une de ces poules 2 centigr. d'arsenic pulvérulent enrobé dans de la mie de pain. On continue cette administration chaque matin pendant 14 jours, puis on pèse les deux volailles ; elles ont diminué de poids l'une et l'au- Ire, sans doute par suite du maintien en captivité, alors ((u'elles étaient habituées à vagabonder dans les cours de la ferme. Mais la poule qui a reçu l'arsenic n'a perdu que i grammes, tandis que sa compagne a diminué de 30 gr. Si l'on pouvait poiter un jugement à la suite d'une expéiience faite sur un si petit nombre de sujets, on conclurait qu'ici l'administration de l'arsenic a été favorable et a empêché la dénutrition : nous nous contenterons de dire qu'à celle dose, il n'a pas été nuisible. Après avoir suspendu l'arsenic pendant 8 jours, on en reprend l'administration sur la môme poule cette lois à la dose deocentigr.; dès le 3" jour de l'administration, on est convaincu par la tristesse, l'inappétence, la soif de la poule d'expérience, que la dose est trop élevée; mais il peut n'être pas dépourvu d'intérêt de déterminer la dose toxique pour les gallinacés, on poursuit donc l'administration pendant 8 jours. La pesée faite alors donne pour celte bête une diminution de 182 (^w, tandis que sa com{)agnc qui sert de té- moin a augmenté de 8 gr. Après cette pesée, on cesse toute admi- nisl ration d'arsenic, ce qui n'empêche point la mort de survenir 4 jours après. A l'autopsie, on trouve la bouche, l'arrière-boucheet l'œsophage à l'état normal, mais le jabot présente 7 à 8 ulcérations rondes, blanches, du diamètre d'un pois à celui d'une pièce de 20 centimes. Ventricule succenturié sain. Gésier présentant une seule mais large et profonde ulcération qui a rongé la membrane cornée et la médiane, mais la couche externe n'est pas perforée comjtlèteincnt. Intestin grêle vivement irrité, l'irritation s'efface peu 462 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, il peu dans Ici parlie médiane du tube digestif pour reparaître à la portion terminale distendue i)ar des fèces très ramollies, nageant dans un liquide biliaire extraordinairemcnt abondant. Foie normal, mais vésicule biliaire distendue au maximum ; rate, reins, pancréas, cœur et poumons normaux. Pour savoir s'il y avait un dépôt abondant d'arsenic dans le foie ou les reins de cette bête, on les fait avaler à la poule témoin après avoir eu soin de la tenir deux jours à la diète afin d'en affiner la susceptibilité et de favoriser l'absorption. Observée ce jour et les suivants, elle n'a jamais manifesté aucune trace de malaise et s'est jetée avec avidité sur les aliments quand on les lui a présentés. Ainsi une dose de 5 centigr. administrée pendant 8 jours de suite tue la jtoule ; quelle dose minimum serait toxique d'emblée? On mélange 10 centigr. à delà mie de pain et on fait prendre à la poule survivante. Les deux jours suivants, rien d'appréciable, le 3^ jour, tristesse et diminution d'appétit qui continue jusqu'au 8° ; puis le mieux se manifeste et le 12^ jour l'oiseau ne se dislingue en rien de ses compagnons de basse-cour au milieu desquels on le met en li- berté. On prend alors une autre volaille à laquelle on administre 15 centigr. d'acide arsénieux en [)oudre de la même façon qu'aux précédentes. Le lendemain matin, profonde tristesse, plumes héris- sées, immobilité et retraite dans un coin de la cour. Le soir on cons- tate une perforation du jabot et la sortie des graines prises la veille. Mort dans la nuit. Pas d'autres lésions constatées à l'aulopsie, si ce n'est l'extrême distension de la vésicule biliaire. En résumé, 15 centigi'. d'acide arsénieux pulvérulent administrés en une seule fois suffisent pour tuer une poule de poids moyen, 10 centigr. la rendent 1res malade, mais ne la tuent pas. 5 centigr. administrés pendant 8 jours amènent la mort, 2 centigr. donnes pendant le même temps ne produisent aucun eflet fâcheux. ClU/rURE PERMANENTE DU BLÊ ET DE L ORGE DANS LES CHAMPS D'EXPERIENCES DE STACKYARD, WOBURN PAU Sir John LAV/ES Bart L'intérêt si considérable qui s'allaclie aux expériences "de sir J. Lawes et du docteur Gilbert, tient notamment à ce que les expériences cultu- rales de Rotliamsted ont été poursuivies avec une persévérance inébran- lable dans une direction déterminée. Depuis un demi-siècle bientôt, Lawes et Gilbert cultivent dans les mômes cbamps, fumés régulièrement de la m(*me manière (pour cliaque parcelle), les mêmes espèces végétales : céréales, plantes fourragèios, prairies, etc. Ces savants et patients expérimenlaleurs sont arrivés ainsi à constater d'une manière précise les écarts considérables dans les ren- dements, dus, d'une année à l'autre, aux conditions climatologiques et à l'influence de la niture de la fumure sur la productivité du so' ; grâce à ces longues séries de récolles de blé sur blé, etc., ils ont pu éliminer, par l'obtention de moyennes, les actions météorologi(iues et indiiiuer au cultivateur les rendements probables sur lesquels ils peuvent comptei", pour une période d'années, en employant telle ou (elle fumure. Les mémoires concernant l'ensemble des expériences exécutées à Ro- tliamsted depuis l'origine, 1847 jusqu'en 1870, ont été résumés synlbéti- quement par M. A. Ronnusous le titre : Trente années d'expérienves agri- coles, par iMM. Lawes et Gilbert (grand in-S", Paris, 1877). Dans mon élude sur la Production agricole en France (voir ce^ Annales, t. II, 1884), 464 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. j'ai résumé, en ce qui concerne le blé, les résultais de la culture de cette céréale pendant quarante années consécutives sur le même sol avec ou sans fumure. Je renverrai nus lecteurs à l'ouvrai^e de M. A. Ronna et, [)our les dix dernières années, à l'étude dont je viens de rappeler le titre. L. Grandeau. Les expériences de culture permanenle de blé et d'orge ont clé commencées dans les champs d'essais de Stackyard en 1877, et les résultats obtenus dans la décade de 1877 à 1888 ont été publiés dans le Journal de la Société royale d'agriculture : mais il nous a paru intéressant d'en présenter une vue d'ensemble. L'influence des conditions climalériqucs sur nos récoltes est si considérable et les différences, de saison à saison, si grandes, qu'on peut toujours craindre des mécomptes en tirant des conclusions ba- sées sur les rendements obtenus dans le cours d'une ou deux années. Bien que le climat moyen d'une dizaine d'années ne soit pas néces- sairement celui des dix années qui les ont précédées ou des dix qui les suivront, on est cependant en droit de tirer, des faits constatés dans une telle période , quelques conclusions importantes pour l'agriculture, étant donné que les dispositions adoptées au début des expériences n'ont pas subi de sérieuses modifications. En ce qui concerne les expériences des champs de Stackyard, le plan arrêté, dès l'origine, était convenablement adapté à l'étude comparative des engrais sur blé et orge; par suite, ces essais de- vaient jeter quelque lumière sur l'accumulation de fei tilité dans le sol où ils ont été faits. Ce plan a été suivi sans modifications ou, quand il en a été introduit quelques-unes, leurs résultats ont mis en évidence plusieurs faits intéressants. Le tableau suivant résume les résultats de dix années (1877-1886) de culture permanente de blé et d'orge sur le même sol. Il donne les rendements maxima et minima pour chacune des récoltes ; la moyenne des rendements maxima et mi- nima; la moyenne générale des rendements des dix années, le poids par hectolitre ' du grain récollé et le poids en (juintaux métriques de la paille. 1. J'ai transformé toutes les mesures anglaises en mesures métriques; ces récoites sont donc indiquées en hectolitres et en quintaux et rapportées à l'hectar»}. L. G. CULTl HE PERMANENTE DU BLE ET DE L ORGE. 405 Moyennes des rendements obtenus à Stackyard dans la période décennale 1877-1886. (Uendements rapportes à l'iiectare.) 1 7 4 •2 3 5 86^ 8 a- 86* 9a3 N Al- ru F, DES l'U MURES. Ou MM ItliCOLTK : 0) r Hecl. Hect Hecl. Blé. Sans fumure Sans fumure Engrais iiiiuùral ' ■J2l kilogr. sols ammoniacaux ;iii8 kilogr. nitrate d(> soude Engrais minéral + 22t kilogr. sols ammonia- caux ou couverture (au printemps; Engrais minéral + 308 kilogr. nitrate Je soude en couveituri' (au printemps) Eugr.uR minéral + 1*'^ kilogr. sels ammoniac. Engrais minéral Engrais minéral + GlG kilogr. nitrate soude . Engrais minéral 62 l.-i.OO 74 15.35 34 17.34 33 '23. 20 13 23.17 41. 4U 11.67 2tf.û'J 2ii.5a 33.01 20.57 34. G7 15.35 Orge. Sans fumure Sans fumure Engrais niiuéral' 224 kilogr. sels ammoniacaux 303 kilogr. nitrate de soude Engrais minéral -f 22 1 kilogr. BeU ammonia- caux en couverture (au printemps) Engrais minéral -f 308 kilogr. nitrate de soude eu couverture (au printemps) Engrais minéral -f 418 kilogr. sels ammoniac. Engrais minéral Engrais minéral + G16 kilogr. nitrate soude . Engrais minéral 30.54 29.01 17.14 11.68 30.18:10.60 45.97 24.34 4G.34 1U.30 46.70 52.30 5o.l9 41.68 6). 00 .13.41 23.89 20.83 20.39 35.21 32.87 36.20 38.26 27.06 41.9.". 23.80|32.78 33.23 46.02 33.86 24.19 25.78 .'4.50 •w o » '/■< o Hect. 15.09 15.. 53 15.90 22.81 21.65 23.29 29.10 34.85 18.32» 33.41 15.36' 24.14 20.66 20.93 35.39 36.28 38.62 Kil. y. m. 70.4 70.2 70.9 70.5 68.6 72.1 72.1 72.6 73.0 72.1 72.6 22.14 21.50 22.91 31.07 31. (i9 40.17 43.48 32.88 22.24 55.55 21.50 61.6jl9.(!l 63.6 17.10 61.6Jl6.95 64.0 29.1!) Cl. 4 31.54 6().5,3-'.80 41.32 66.1 37.82 45.98 j 64.9 42.05 33.23^66.8 26. .52 47.87 |(;5.3|3l.:i6 30.98<|67.1,20.7S 1. Par engrais minéral, Il faut entendre le mélange suivant employé depuis liO ans, ii llothunisied, par sir l.awes ei Gilbert dans leurs expériences de cul lure : 224 kilogr. siilfale de potasse; 112 kilogr. «ull'ale de suude; I 11 kilngr. suU'.ile de magnésie et 440 kilogr. superpliosplialc de chaux. i. Se forinaienl (pi'un lot jus léger, sans végétation depuis le mois d'août d'une année jusqu'au printemps de l'année suivante et (jui retient une (junntité de sels solubles suffisante pour produire 10 hectolitres et 12''', 5 d'orge a l'hectare. Combien plus grande doit être celle réserve dans le cas d'autres récoltes dont la période de végétation dure plus longtemps et ([ui possèdent un appareil radicnlaire plus puissant que les céréales? C'est impossible de le dire exactement. Mais il est évident que c'est la un sujet d'étude d'un grand intérêt qui touche de lout près à la question de la valeur des engrais résiduaires et (jue la science, d'une faron ou d'autre, doit prendre en main. Dans une conférence sur les plantes-racines qu'il a donnée récem- ment à Cirencester, le ïf Gilbert a examiné l'inlluence des engrais azotés sur l'accroissement de rendement des récoltes en substances non azotées. 11 a montré que dans les champs de Holliamsted, de- puis longtemps cultivés en racines, nous obtenons un excédent de y kiiogr. de sucre environ dans les betteraves, par livre (4S3"') d'azote appliqué en fumure. Dans les grains des céréales, c'est de la fécule et non du sucre qu'on rencontre , mais il est probable qu'un calcul du même genre montrerait que l'accroissement d'ami- don, par l'emploi d'une livre d'azote, ne diffère pas beaucoup de l'excédent de sucre produit dans la betterave. 472 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'accroissement considérable de rendement du blé, celui plus élevé encore de l'orge, sous l'influence des sels ammoniacaux et du nitrate, montrent combien doit être grand l'approvisionnement du sol en matières minérales. Nous ne devons, cependant, inférer de là que ces récoites enlèvent une même quantité de potasse et d'acide phos- phorique que les plantes dans les conditions ordinaires. A certains égards, les plantes ressemblent aux hommes et aux animaux : lorsque l'alimentation est abondante, elles y puisent ce qu'il y a de mieux et parfois elles en prennent plus qu'elles n'en peu- vent utiliser : lorsque les aliments sont rares ou de qualité inférieure, elles font comme elles peuvent et pour le mieux. Dans quelques- uns de nos essais sur l'orge, où l'azote, l'acide phosphorique et la potasse et les mêmes quantités d'azote et d'acide phosphorique, sans potasse, ont été employées pendant un certain nombre d'années consécutives, la récolte a été la même dans les deux cas. Mais, tandis que la paille, dans un cas, contenait 22 kilogr. de potasse, dans l'autre elle en renfermait moins de 3 kilogr. Si la plante n'était pas économe, nos sols constamment cultivés, sans une restitution sufïîsante des principaux aliments du végétal, seraient bien plus vite épuisés qu'ils ne le sont en réalité. Quoique ce large accjoissement des récoltes de blé et d'orge, obtenu dans les expériences de Woburn par l'emploi des sels am- moniacaux et du nitrate, ne puisse être atteint dans la pratifjue ordinaire de nos fermes, il est cependant absolument certain qu'avec plus de soin et d'attention, relativement aux conditions nécessaires pour assurer le succès, on pourrait obtenir de beaucoup plus forts rendements, pour une quantité donnée d'engrais, qu'on ne le fait aujourd'hui. Maintenant que' nous possédons dans différents comtés d'importantes expériences placées sous la direclion de praticiens éclairés, nous pouvons espérer une diffusion beaucoup plus rapide des connaissances relatives à l'action des engrais et du bétail. Cette courte analyse de dix années d'expériences soigneusement suivies à Woburn ne saurait manquer d'ajouter beaucoup à nos connais- sances sur la valeur des engrais et pourrait servir de guide à ceux qui cultivent la science dans ses rapports avec la pratique agricole. BIBLIOGRAPHIE Moniteur scientifique du D»" Quesneville. TOME XXIX (18S7). G. fiûLDSCHMioT. Rcclicrclies sur la l'apavériiie, p. 10-15. — Sur l'alcoolisation du vin; séances de l'Acadômie de médecine, p. 66-89. Voir sur \e mémo su]ot \c Moiiileiir scienlifif/ue do 1S8G, p. 997-1032; p. 1201- 1212; p. 1368-1359 et p. Ii03-li09. — Sur le dosage de l'azote d'après Kjeldahl, p. 141-148. Cet article, traduit de l'allemand, indique les diverses modifications proposées jusqu'à ce jour pour ce procédé nouveau et donne la marche à suivre pour ces sortes de dosages. A. Stltzeh et G. RErrHAiR. Détermination des huiles empyreumatiqucs dans les spiritueux, p. 149-153. — L'acide salicylique, son emploi dans les substances alimentaires ; séance de l'Académie de médecine, p. 203-215. \y G. I'ennetier. Heclierche de la farine dans le chocolat, p. 249-250. N. Anderson. Sur la purilication do l'eau, p. 423-430. M. Walter-Tate. Sur la redondite et sa valeur pour la fabrication des phosphates, p. 438-441. Gii. Malot. Titrage de l'acide phosphorique par l'azotate d'uranc, p. 487. L'auteur propose de supprimer le procédé à la touche avec le ferro-cynure de potassium et de le remplacer par la teinture de cochenille employée comme in- dicateur. Après avoir précipité l'acide phosphorique à l'état de phosphate ammo- niaco-magiiésien, on dissout le précipité dans l'acide azotique étendu. Dans cette dissolution on verse quelques gouttes de teinture de cochenille (préparée par le traitement des cochenilles par l'eau bouillante) puis de l'ammoniaque jusqu'à co- loration violette et deux ou trois gouttes d'acide azotique pour aciduler de nou- veau. Ce liquide, porté à 100°, est additionné de cinq centimètres cubes d'acétate de soude et titré avec l'azotate d'urane. L'azotate d'urane produit, dans le liquide à essayer, une tache vert bleuâtre ([ui disparait par l'agitation en laissant apercevoir la couleur rose de la coche- nille ; on reconnaît que la précipitation est achevée au moment où la teinte vert bleuâtre devient persistante. D' .1. Effront. Contribution à l'étude des produits de la saccharification de l'ami- don, p. 513-541. Reischauer. Recherche analytique de la saccharine, p, 5G4. On laisse digérer à froid, avec 200 cent, cubes d'éther, une centaine de grammes du sucre pendant quelques heures. L'éthcr syphonné et filtré dissout une partie de la saccharine qu'on retrouve dans le résidu de la distillation de l'éther. 474 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ou caractérise la saccharine en cliaullant doucement le résidu dans un creuset do platine avec six parties de carbonate de soude pur et portant ensuite au rouge sombre. La saccharine renferme du soufre qui se transforme en acide sulfurique. \V. 0. Atwaïku et E. W. Rockwood. Sur la perte de l'azote par les plantes pen- dant la germination, p. 6il-653. W. 0. Atwateiî. Sur la mise en liberté de l'azote (dans ses composés) et l'ali- soi'ption de l'azote atmosphérique par les plantes, p. 653-069. G. HuRST. Sur la méthode Valenfa pour l'essai des huiles, p. 6(j'J-()73. — Nouveaux procédés d'anal jse des matières alimentaires. — Ueclierche de traces d'aldéhyde dans les alcools et esprits, p. 769. — Coloration artificielle des vins et analyse des vins vieux, p. 770-779. — DLlTérences entre le beurre na- turel et ses substituts industriels, p. 779. R. Wauuington. Sur la distribution du ferment nitrique dans le sol, p. 801 -S 10. Clii'fard-Richardson. Analyse des engrais commerciaux, d'après les procès- verbaux de l'assemblée des chimistes agriculteurs de Washington, p. S89-90ii. Fr. ScHWAKHOFEu. La falsification et la fabrication de la bière, p. 1017-1026. Henri Fischiîr. Les bactéries dans les brasseries, p. 10"26-1033. l)"" Haxse.n. La culture pure de la levure, p. 1 033-1 03S. LixDo. Réactions nouvelles du sucre, p. 1087-1090. H. Lkplay. Endosmose de IJutrochet, analyse osmotique ou osmose de Uubrnii- faut, dialyse de Graham, p. 1401-1416. E. Fischer et J. Tafel. Synthèse de la glucose, p. 147.J-1477. Die Landwirthschaftlichen Versuchsstationen. TOJiE XXXIY (1887). ])'■ A. Emmerlixg. Étude sur les matières albuminoïdes dans les plantes, p. l-9i . L'objet principal de ce travail est l'étude de la répartition des acides amidés et des antres principes azotés dans les plantes aux diverses périodes de la vé- gétation. Les analyses très complètes. publiées à l'appui de ce mémoire ont porté sur des fèves. .loHx Sebelien. Sur l'influence de l'acidité de la crème sur le rendement eu beurre, p. 93-108. On trouve que moins la crème est acide et plus vite elle se prend en beurre ; que, de plus, l'acidité de la crème diminue la proportion de matière grasse. ])'■ .1. RiTZEMA Bos. Contribution à l'étude des animaux nuisibles à l'agriculture, p. 109-1 2G et p. 3.J.J-37 8. Adolphe Mayer. Importance physiologique d'un dégagement d'oxygène observé sur des plantes grasses en l'absence de l'acide carbonique, p. 127-143. F. Be.n'egke. Emploi du tourteau de ricin pour la falsification d'autres tourteaux ; avec 6 planches, p. 145-162. D"" J. Ganxersdurfer. l'hénomènes d'empoi.sonnement observés sur des plantes, par les sels de lillune, aves 3 planches, p. 171-206. BIBLIOGRAPHIE. 475 M. Weii.andt. Action d;' l'acide pliospiiorique libre et des supcrpliospliatcs sur les cnrbonates alcalino-terreux, p. 207-21."). 1)'' Otto I'itsch. Hecliei'clies entreprises eu vue de savoir si les nitrates sont ou non indispensables pour le développement des cultures agricoles, avec 3 liguies, p. 217-2Ù8. I)'" A. Baumann. Sur le dosage de l'auiiuoniaque dans K; sol, p. 25;i-27(). D"" E. FuicKE. Dommages causés à diverses cultures par des fumiers d'établisse- ments métallurgi(|ues, p. 277-283. le H. WKrsKK. Sur rimporlancc de l'asparagine comme aliment pour les animaux, p. 303-310. \y 1". W. l).\i'i:i!T. Contribution à l'étude du procédé de Ivjeldalil. pour le dosage de l'ammoniaciiie, avec 4 flguros et 1 planclie. p. 311-353. \y 11. Immkndiiuff. Détermination quantilalive de la chaux dans les scorie- de déplinsplioralion, les i)liospliorites cl d'autres matières minérales, p. 37 9. I)'' l,. UiGHTEn. Sur l'huile de Ldlh'iiKiHlin ibericu, p. 3S3-390. L. Hiltm:i!. Les bactéries dans les fourrages et les semences. |i. ;)9 1-402. K. ScHui.zE et Th. Seliwanoki". Sur la présence du sucre de canne avant matu- rité dans des tubercules de pomme de terre, p. 103-107. E. ScHUt.zE. Sur la recherche du sucre de canne dans les substances végétales, p. 'lOMlS. Th. Sei-iwanoit. Contribution à l'étude de la composition de germes étiolés de pomme de terre, p. iU-ilT. L. iiUHiuxu. Sur le dosiige de la matière grasse dans les fourrages, p. ■4l'.>-423. V. DincKS et F. VVeuenskiold. Sur la détermination de l'acide pliosphorique ré- trogradé, p. ■42:)-i53. Landwirthschaftliche Jahrbùcher. {Annales arjronomiques publiées par le D"" Thiel.) TO.ME XVl (1.SS7). Kd. Stoessnek. Influence de la profondeur des ensemencements sur le dévelop- pement des céréales, p. 1-133. D" \V. Ellenbergeh et D'' V. Hof.meisteu. Étude sur la digestion des animaux do- mestiques, p. 201-280. Cette étude comprend : l'exposé des phénomènes mécaniques de la digestion. la description des propriétés physiques et chimiques des sécrétions et leurs actions sur les aliments et l'analyse comparative des excréments. .1. Koenig. Recherches statistiques sur la valeur marchande d.es fourrages. p. 281-31.-). K. Bexecke et E. Schlt.ze. Recherches sur le fromage d'Emmenthal et sur quel- ques autres fromages suisses, p. 3t7-i00. Les auteurs donnent l'analyse qualitative du fromage d'Emmenthal ; on trouve dans l'extrait éthéré, des graisses neutres (triglycérides), des acides libres vola- tils, comme l'acide butyrique, de l'acide lactique et de la cholestérine. Les matières azotées solubles dans l'éther se trouvent en petite quantité : il est probable qu'on y retrouverait la lécilhine. Le résidu privé de matières grasses 476 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. renferme de la leucine, de la tyrosine très probablement, aussi de l'acide phé- nylamido-propionique, ainsi que d'autres matières azotées solubles dont on n'a pas encore déterminé la nature. On trouve encore de l'ammoniaque, des iactates, de la caséogiutine, matière albiiminoïdc analogue à la paracaséine, un peu de nucléine, et finalement du phosphate de chaux, ainsi que du sel marin. Le se- cond chapitre est consacré à l'analyse quantitative très complète de ces divers fromages et à l'étude des transformations qu'ils subissent en vieillissant. B. Frank. Nouvelle maladie observée sur les cerises douces, p. 401-436. F. Temme. Sur les champignons qui se développent sur les saules, p 437-445. D'' H. Thiel. Emploi des engrais chimiques en Prusse, d'après les renseignements recueillis par les stations agronomiques, p. 447-479. 1)'' J. MoRiTz; et P. Seucker. Essais d'engrais sur des vignes, p. 549-554. D"^ E. WoLFF et D'' C. Kreuzhage. Action des nitrates (azote nitrique), sur la cul- ture de diverses plantes, faites dans du sable de rivière, p. 659-698. U. Kreusler. Observations sur l'assimilation et la respiration de Tacide carbo- nique par les plantes, p. 711-755. D"" A. Atterberg. Détermination de la fertilité d'une terre, d'après l'analyse d'une récolte d'avoine, p. 757-761. D''.!. FiïTROGEN. Culture comparative de graines de trèfle de Silésie et d'Amé- rique, p. 763-769. D"" J. FiTTBOGEN et D' R. Schiller. Influence de l'effeuillage des betteraves sur les rendements et la composition de la récolte, p. 770-776. — Détermination de l'augmentation du taux de matières sèches pendant la végé- tation des betteraves fourragères, p. 777-778. D"" Stutzer et D'' Werner. Sur la valeur des tourteaux d'arachides et de la farine de coco pour la production du lait, p. 819-830. H. Plath. Sur la nitriflcation de l'ammoniaque et de ses sels, p. 891-915. D' Frank. Remarques sur ce sujet, p. 916. Br. Tagke. Sur le dégagement d'azote pendant la putréfaction, p. 917-939. Forschungen auf dem Gebiete der Agriculturphysik. Recueil des recherches de physique ar/ricole, par M. E. Wollny. TOME Vlil (1885). 1. Physique du sol. .1. Soyka. Observations sur la porosité du sol, p. 1-17. E. W. HiLGARD. Importance de l'humidité hygroscopique du sol pour la végéta- tion, p. 93-100. E. WoLLNY. Rechei'che sur le pouvoir d'imbibition des terres par l'eau, p. 177-205. 2. Physique de la plante. C. Kraus. Circulation du suc dans les racines, notamment dans les parties jeunes, p. 33-50. E. WoLLNY. Influence des causes artificielles sur la croissance intérieure des végétaux ; influence de l'écimage des plantes sur leur développement, p. 105-127. BIBLIOGRAPHIE. 477 3. Météorologie agricole. D"' E. Ramann. Himiidité du sol sons les fulaios et les (aiilis sous futaies, p. G7-7C. J. Breitenlohneu. Action du froid sur les arbres dans les Alpes, p. 137-lGO. TOME XIX (1S8G). 1. Physique du sol. E. WoLLw. Recherclies sur l'humidité du sol et sa température suivant diverses inclinaisons des terrains à l'horizon : I. Humiditô pour diverses inclinaisons du sol, p. 3-10. II. Température du sol pour diverses inclinaisons, p. 10-70. E. WoLL.NY. Recherches sur l'inlluence des propriétés physiques du sol, sur la proportion d'acide carbonique libre qu'il renferme, p. 165-190. R. Hei.^rich. Essais de mesure du pouvoir d'imbibilion du sol et de son aération, p. 259-275. E. WoLLXY. Recherches sur le pouvoir d'imbibltiou des terres par l'eau, p. 361-379. 2. Physique de la plante. C. Kraus. Développement des pousses de pommes de terre sous l'inlluence de l'enracinement, p. 78-100. E. WoM.xY. Influence de la densité des semences sur le développement des plantes, p. 207-217. — Action des méthodes de culture sur le développement de la force de résis- tance qui permet aux plantes de ne pas succomber au.v mauvaises conditions atmosphériques, p. 290-304. 3. Météorologie agricole. C. TcHAPowiTZ. Inlliicnce des actions cliniatériques sur la croissance des plantes. p. 117-146. E. Kbeujiayer. Dosage de l'azote atmosphérique dans l'air des forêts, p. 229-244. C. Ferrari. Sur la protection des cultures contre la grêle, p, 244-247. S. SiKuRSKi. Recherches sur l'apport d'eau aux terres par l'hygroscopicilô, p. 413-434. Comptes rendus de l'Académie des sciences. TOME CV (18b7). Th. ScHLOESLNu. Rapport sur le mémoire de M. l'. Moudesir, relatif au dosage rapide du carbonate de chaux actif dans les terres, p. 49-52. M. Hanriot et Cli. Richet. Relations du travail musculaire avec les actions chi- miques respiratoires, p. 70-79. L. GonKFiiOY. Sur la rectification des [dilegmes d'industrie, p. 122-124. J CH.vriN. Sur les kystes bruns de l'anguillule de la betterave, p. 130-132. P. DniTEAU. Sur les mœurs des phylloxéra et sur l'état actuel des vignobles, p. 157-159. E. pRiLLiEux. Apparition du bliick rot aux wivirons d'Agen, p. 243. 478 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. F. JoLVET, J. Bkrgonié. g. Sagalas. Appareil pour l'étude de la respiration de l'homme, p. 380-383. J. Raulin. Expériences de chimie agricole, p. 411-414. L. ScHuiBNER et P. VuLA. Le Greeneria fuUgiiiea, nouvelle forme du Rot des fruits de la vigne, observée en Amérique, p. 473-474. l\ r. Dehéraiv. Observations sur les assolements, p. 483-486. ToNY-GAUcrN. Procédé général d'acidimétrie des vins rouges ou blancs, des moûts et des cidres, p. 557. A. et l'. BuisixE. Sur une nouvelle source d'acide cuprique, p. 614-G17. BuNDONNEAU et Fouet. De la saccharification directe^ par les acides, de l'amidon contenu dans les cellules végétales; extraction du glucose formé par la diiîu- sion, p. G 17-6 19. 1'. ViALA. Le White Rot ou Rot blanc [Coaiotliijriani diplodicUa) aux Éuits-Unis d'Amérique, p. G24-625. M. Beuthelot. Recherches sur le drainage, p. G40-646. (1. Lkghartier. Du chaulfage des cidres, p. 653-G55. — Sur la congélation des cidres, p. 723-726. Ed. Gh. MoRiN. Formation d'alcool amylique normal dans la fermentation de la glycérine, par le Bacillus imt//iicus. BuRTHELOT et ANDRÉ. Sur l'état de la potasse dans les plantes, le terreau et la terre végétale et sur son dosage, |). 833-840. E:l. Gh. MoRiN. Sur la composition chimique d'une cau-de-vie de vin de la Clia- rente-Inférieure, p. 1019-1022. G. Gonanon, F. Henxeguy et E. Salomon. Nouvelles expériences i*elatives à la désinfection antiphylloxérique des plantes de vignes, p. 1029-1032. E. Prillieux. Sur le parasitisme du Coniothyriam diplodiella, p. 1037-1038. iN. de iMergey. Sur la position géologique de la craie phosphatée en Picardie, p. 1083-1087. U. Gayon. Sur la recherche et le dosage des aldéhydes dans les alcools commer- ciaux, p. 1182-1183. Berthëlot et André. Sur l'état du soufre et du phosphore dans les plantes, la terre et le terreau et sur leur dosage, p. 1217-1222. J. RiSLER. Bibliothèque de l'enseignement agricole Publiée sous la direction de M. A. Mùntz, professeur à l'Institut national agronomique. Volumes publiés chez Firiniu-Dldot, Paris. Prairies et herbages. Un volume, par M. Boitel, inspecteur général de l'ensei- gnement agricole. Les Plantes vénéneuses. Un volume, par M. Cornevin, professeur à l'École vété- rinaire de Lyon. Les Engrais. Tome l*^ par MM. MOxtz et A. Girard. Les Méthodes de 7-eproductio?i. Un volume, par M. Baron, professeur à l'École vétérinaire d'Alfort. Le Cheval. Un volume, par M. Lavalard. administrateur de la Compagnie des omnibus. TABLE DES MATIÈRES DU TOME DEUXIÈME (iS87) Pages. A. Ronna. — Travaux et expériences du D' A. Vœlcker (fm) ... 1 D' Shinkizi Nagai. — L'ai;riculture au Japon. Son état actuel et son avenir, traduit de rallcmaiid par M. H. Grandeau (fin). . . 7*.» E. Schulze. — Uecherches sur les éléments azotés des plantes. . 153 E. Feltz. — Les terres noires de Russie, leur origine, leur compo- sition et leurs propriétés, d'après un ouvraiio récent de M. P. Kos- tilscheir ^^'> E. Henry. — Le tannin dans le chêne (nouvelles recherches). . . l'J'2 L. Grandeau. — La statistique de l'industrie minérale en France. ^07 — Les lois française et belge sur la répression de la fraude des engrais -31 Stations agronomiques belges. — Dosage de l'acide phosplio- rique dans les engrais . -i>'^ A. Petermann. — Uecherches sur la culture de la betterave à sucre. 25 i — Le fumier de tourbe -('<| P. de Mondesir. — Note additionnelle sur le dosage rapide du car- bonate de chaux actif dans les terres (avec une figure). . . . 270 Lawes et Gilbert. — Recherches expérimentales sur la composi- tion des animaux à l'engrais et des animaux de boucherie (Ré- sumé analytique par L. Grandeau) 270 480 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pages. Griffith's. — Recherches sur l'emploi du sulfate de fer en agricul- ture. (Résumé par M. Margottet, professeur à la Faculté des sciences de Dijon 379 E. WolfF. — Recherches sur l'alimentation du cheval (Résumé par M. J. DuGAST, diplômé de l'Institut national agronomique) . . , 391 Ch. Cornevin. — Piecherches sur l'administration de l'arsenic aux ruminants soumis à l'engraissement 441 Sir J. Lawes. Bart. — Culture permanente du blé et de l'orge dans les champs d'expériences de Stackyard (Woburn). 1871-1886. Traduit de l'anglais, par L. Grandeau 463 Bibliographie 473 Nancy, imp. Berger-Levrault et C'''. K.-:S«; New Yoiit Botanical Garden LIbrar 3 5185 00258 6343 1 ^ m r^ A. ^^ ^ ■sv.„, \.V %'^,«^ >^